guitarist-acoustic — GA54

Le ...dans tous ses états ! (GA54)

Le ...dans tous ses états ! PEDAGO Blues... De Robert Johnson à Eric Clapton, du Delta blues au style New OrleansShuffles, turnarounds, pentatoniques et plans typiques... Tous les secrets des 12 mesures 35 paGes de partitions Masterclass americana Gaëlle Buswel - Jazz - “Gallito” de Santiago Lope - Flamenco

LÉGENDE INTERVIEWS

Bert Jansch Tryo Le parrain The Devil Makes Three du folk Juan Carmona Max Robin Ezra Hesper L'autre histoire du STORY Le fabuleux destin d'Henry Padovani Le premier guitariste de Police Blues Vraies révélations et fausses légendes Tricone et cigar-box la Disco qui colle le blues Godefroy MARUEJOULS MJS J-78Chez François VENDRAMINI

MATOS

TAKAMINE GD 30CE BLK - YAMAHA FG850 NT - CORT Grand Regal CRAFTER GAE6N - JM FOREST A130E - Mandoline OVATIONPARLOR SALOON Thaïs Grand Concert - ALVAREZ AP70 ESCHERTLER Magnetico - TC ELECTRONIC WireTap …DITO de « Guitarist Acoustic »,Pour joindre la rédaction SOMMAIRE une seule adresse :ACOUSTIC@EDITIONS-DV.COM News 4 Les Nuits de la Guitare Antoine Boyer & SamuelitoSteveíní Seagulls 108 Maudit Blues ! 12 le blues. Les codes des douze mesures sont gravés dans les portées ; les thématiques(existences au rabais, rédemption) archi-connues. A long train runnin'. Même quandS'il est un style musical qu'on a l'impression d'avoir entendu mille fois, c'est bien RÈcit et rÈvÈlations sur les grands oubliÈsDossier : Líautre histoire du Bluesdu blues,rÈsonateurs), qui fit le son de cette musique et inventaire du matÈriel (des cigar-boxes aux de la lÈgende 14 on ne le veut pas, on l'a le blues, omniprésent sur les ondes, en filigrane dans les musiquesactuelles. Le diable, lui-même, a marché sur ses plates-bandes divines pour nous le coller, Makes Threele blues+ Interview des nouvelles g‚chettes du bluegrass. disco qui colle le blues. De quoi ne plus pouvoir la voir en peinture cette fameuse note bleue. . The Devil souvent rocambolesques, des destins brisés, des talents rayés des manuels d'histoire. Pourtant, il existe encore des pans entiers de son histoire à découvrir, extraordinaires, Juan CarmonaRencontre avec le maÓtre du ìduendeî, au carrefourdes mondes modernes et des traditions flamencas. 30 Tout se chante, tout ne s'écrit pas apparemment. Voilà pourquoi nous avons vouluvous proposer une autre histoire de cette musique, avec d'autres artistes,des personnages, qui ont participé sans qu'on le sache à la légende du "12 bar blues". Entretien avec le guitariste Manu Eveno, ‡ líoccasionTryo Max Robinde la sortie du nouvel album de Tryo. 32 Avec d'autres couplets pour changer de refrains, à l'image de notre dossier spécialpédagogique, qui vous permettra à travers un nouvel éclairage sur les "sacro-saintes"techniques du blues de le jouer différemment. Turnarounds obligent, certains pourraient Confidence du compositeur adepte des jeux de jazz. 34 craindre de tourner en rond, qu'ils se rassurent : du style New Orleans au jazz, du Deltaacoustique au griffures électriques de Chicago, pas question de faire du neuf avec du vieux, DÈcouverte du laurÈat 2016 des ìRÈvÈlations GuitaristAcousticî.Ezra Hesper 36 mais plutôt de dépoussiérer le "old style" avec du neuf. Comme le font remarquer lesnouvelles gâchettes du bluegrass The Devil Makes Three, le blues s'écrit au quotidien. Plus qu'un style musical, il est une bande-son. Vous l'aurez compris, il reste beaucoup Retour sur la carriËre du parrain du ìBritish folkî.LÈgende Bert Jansch 38 de pages et de partitions à écrire. La rédaction AccompagnÈes díun CD-ROM audio-vidÈo, 35 pagesCarnet de notesde pÈdago pour aborder tous les styles ‡ la guitare. 42 Toute reproduction des pages et du contenu pédagogique du magazine, style technique, une plongÈe dans le New Orleans BluesAvec unune masterclass americana de GaÎlle Buswel & Michaal dossier spÈcial Blues, comprenant une Ètude de sans autorisation préalable des éditions Duchâteau-Voisin, Benjelloun,Chez le luthier et toutes les rubriques habituelles. , est interdite et susceptible de poursuites judiciaires. Reportage dans líatelier de FranÁois Vendramini 82 Coordination Èditoriale :CrÈation et rÈalisation maquette :RÈdacteurs :Directeur de la publicationDirectrice de la rÈdaction Jacques Balmat, Olivier Rouquier, Jean-Marie Raynald, Alexis SÈnart, Ben, Jacques Carbonneaux, BenoÓt Merlin : :ValÈrie Duch‚teau (06 03 62 36 76) Jean-Jacques Voisin Guillaume Lajarige (galerija@wanadoo.fr) Au menu, guitares de luthier et de sÈrie.Bancs díessai 84 Chris Lancry, Jimi Drouillard, GaÎlle Buswel et Michaal Benjelloun. Romain Decoret, Jean-Pierre Sabouret, Milo Green, Youri, FranÁois Hubrecht, Christian SÈguret, Olivier Bride. Partitions et tablatures :Cahier pÈdagogique : ValÈrie Duch‚teau, Antoine Tatich, Eric Gombart, FranÁois Sciortino, Jean-Baptise Marino, AbonnementGive Away Tanger Prises de son, conception CD-ROM et montage vidÈo : Chef de publicitÈ :Prises de vues vidÈo :Romain Bouet - Sophie Folgoas - sophie.folgoas@guitarpartmag.com ñ 06 62 32 75 01 BenoÓt Merlin Dominique Charpagne ´ Guitarist Acoustic / UnpluggedRCS OrlÈans : 794 539 825.Photographe :SiËge social : 9 rue Francisco Ferrer - 91300 Montreuil Photo couverture : ª est une publication trimestrielle ÈditÈe par la SARL Blue Music au capital de 1000 euros Lightniní Hopkins © DR Dominique Charpagne Zoom sur le fabuleux destin du musicien corse,Henry Padovani 103101 premier guitariste du groupe The Police. 104 TÈl. 06 03 62 36 76 (acoustic@editions-dv.com)Abonnements :TÈl. 05 65 81 54 86 ñ e-mail : contact@bopress.frVentes et rÈassorts (dÈpositaires uniquement) : Back Office Presse ñ Service clients, 12350 Privezac Líessentiel des sorties de ces derniers mois.CD 108 que la seule responsabilitÈ de leurs auteurs. Les documents ne sont pas renduset leur envoi indique líaccord de leurs auteurs pour leur libre publication.Mercuri Presse ñ 9 et 11, rue LÈopold-Bellan, 75002 Paris. NumÈro Vert: 0 800 34 84 20La rÈdaction níest pas responsable des textes, dessins et photographies qui níengagent Pour vous procurer les anciens numÈros du magazine.Collection Guitarist AcousticCourrier des lecteurs 112 © 2016 by Editions Blue Music. Distribution : PresstalisImpression : LÈonce Deprez. Commission paritaire 0410K86315. (Printed in France) Club lecteurs60 lots ‡ gagner ! 113114 Retrouvezsur le net et sur application mobile Guitarist Acoustic Unplugged

AC #54 • 3

NEWS

GIVE AWAY TRI YANN

N∞53 45 ans et quelques misËres Le gagnant de la guitare À l'occasion de ses 45 ans de carrière, le groupe de folk- Alvarez rock celtique a sorti cet été un nouvel album, La Belle Masterwork A6 est M. Lapeyre, Enchantée (Believe). Une bonne nouvelle un poil ternie résidant à Aix en Provence par la pudibonderie des plateformes de téléchargement, (13) dont iTunes, qui ont bloqué dans un premier temps la commercialisation de l'album à cause de la présence d'une • Du 15 octobre au 5 mars 2017 se tiendra paire de fesses sur la pochette de l'album, tirée d'une "Déshabillez-moi ! Les costumes de la pop et œuvre du peintre et sculpteur Georges Lacombe repré- de la chanson", au Centre National du Costume de Scène à Moulins, une exposition des tenues sentant un couple tendrement enlacé. Believe, maison de scène d’Alain Bashung, Johnny Hallyday, de disque entièrement digitale, a confirmé que "la repré- Renaud, Joséphine Baker, Edith Piaf etc. sentation de fesses, sexes et tétons féminins étaient des motifs • Popa Chubby se produira le 16 novembre à de blocage". Désenchantée, la Belle a donc été priée de la Cigale, dans le cadre de la sortie de son nouvel se rhabiller d'un costume de bain typé années 1890-1900 album, The Catfish. et est désormais disponible. Pour admirer la pochette originale, les fans pourront se rabattre sur la version • À 82 ans, Leonard Cohen vient de sortir un nouveau disque, You Want it Darker (Columbia physique. Records).

SOUTIEN

Nous sommes tous des Petits Joueurs Fief des amoureux du swing et du blues-rock, le fameux bistrot-concerts de la rue de Mouzaïa est menacé de disparaître. "Suite à des mouvements de terrain et à d'importantes infiltrations qui touchent le toit, nous sommes en procès avec les propriétaires depuis maintenant six ans. Alors que le procès évolue en leur défaveur, nos propriétaires essayent de nous avoir à l'usure, en repoussant les échéances et en tentant de nous couler financièrement avant l'issue du procès", explique Olivier, le gérant de cette institution parisienne, à la recherche de 150 000 euros (frais de justice). Pour que l'aventure continue, une cagnotte en ligne a été ouverte. Les musiciens, eux, se mobilisent en donnant des concerts de soutien, no- tamment le 23 octobre (à partir de 16h) avec Laurent Cokelaere et Jimi Drouillard aux manettes pour une journée soul-blues-rock. Venez nombreux également au concert d'anniversaire des Petits Joueurs le 30 octobre pour fêter ses huit années d'existence et celles à venir ! + d'infos : 59, rue de Mouzaïa 75019 Paris / www.auxpetitsjoueurs.com © DR

LA D…CLA

"Ce sera quoi sa prochaine collaboration ? Robbie Williams qui paraîtra sur son prochain disque ? Je devrais lui envoyer les flics dans ce cas. Noel vit dans une maison à 17 millions de livres? Cela change une personne, j’imagine…Vous avez le mobilier approprié, la cuisine appropriée, le vin rouge recommandé par Bono approprié. Et Damon Albarn devient votre meilleur ami.". Sortie de Liam Gallagher, interviewé fin août par © Jean-Baptiste Millot le magazine Q. L'ex-chanteur-tête de lard d'Oasis n'apas perdu le sens des punchlines, surtout lorsqu'il s'agit d'évoquer son frangin. La "gallaguerre" continue.

LOUIS WINSBERG

Paco et Jaleo Un peu de chaleur flamenca cet automne ! Le virtuose marseillais sort début novembre un nouvel album, intitulé For Paco (Label Bleu). Il s'agit du troisième volet de la trilogie Jaleo, projet né en 2000 de la fusion du jazz et du flamenco. "Je dédie la musique de cet album à Paco de Lucía, lui qui a su ouvrir le monde du flamenco au jazz et à l’improvisa- tion… et mener son art à un niveau de pureté et de puissance très rare. Durant toute ces années sa lumière a éclairé ma quête d’un jazz méditerranéen", explique l'explorateur des musiques, qui y joue de la guitare, du oud, de la mandoline, du saz et du bouzouki. "Un jour, j’ai repensé à l’introduction de "Solo Quiero Caminar", se rappelle-t-il, et ça m’a comme transpercé. S’il n’y avait pas eu ça, pas eu Paco, je n’aurais jamais monté Jaleo. J’adore des guitaristes de jazz comme George Benson, Wes Montgomery ou Pat Martino. Mais Paco n’a pas d’équiva- lent, des musiciens comme lui, on n’en voit pas un par siècle." Louis Winsberg entamera une tournée nationale, avec un concert au Studio de l'Ermitage le 7 décembre. + d'infos : www.winsberg.com © DR

4 • AC #54

JOHN SCOFIELD

revisite la country Dans son nouvel album, Country for Old Men, le guitariste américain revisite les plus grands standards de la musique country en forma- tion quartet avec Larry Golding à l'orgue, Steve Swallow à la basse et Bill Stewart à la batterie. John Scofield sera en tournée en France, le 20 octobre au New Morning, le 21 à Clermont-Ferrand, le 29 au Festival d’Issoudun et le 12 novem- bre à Nevers. © SimonaGhizzoni Session de rattrapage

ILARIA GRAZIANO &

FRANCESCO FORNI

Le charme folk de l'Italie Un gars, une fille, une guitare, un ukulélé... Ça sent bon la dolce vita. Dans son second opus, Come 2 Me (Agualoca Records/L'Autre Dis- tribution), le duo italien continue ses pérégrinations dans les complaintes blues, les folks songs et les chansons napolitaines, avec parfois des in- cursions dans le tango. Un duo qui mériterait une plus large audience ! + d'infos : www.ilariagrazianofrancescoforni.com

MATON

Un bijou aux couleurs celtes Cet été, le célèbre luthier australien s'est paré des couleurs du monde celte. Dans le cadre de la 46ème édition du Festival Interceltique de Lorient, qui s'est déroulée le premier week-end du mois d'août, Maton a réalisé un modèle unique pour récompensé le "guitariste le plus méri- tant". Un instrument collector construit avec des bois provenant d'Australie, de Tasmanie et d'Inde, le manche et les frettes étant décorés du symbole doré des nations celtes. C'est le Japonais Hajime Takahashi, 27 ans, diplômé d'un master de musique à l’université de Limerick, en Irlande, qui a décroché le gros lot. Malade après son passage, il est retourné se soigner au Japon et n'a © DR pas encore récupéré le bijou.

NEWS

EVÉNEMENTS

ACOUSTIC BAZAR :

NOTRE GUITARE ¿ DADI

Mardi 8 novembre ‡ líEntrepÙt Il y a vingt ans, Marcel Dadi disparaissait. Compositeur surdoué, virtuose de la guitare acoustique, briseur de murailles ayant fait connaître bien des talents à travers son festival d’Issoudun, infatigable pédagogue avec ses tablatures et ses méthodes, il a exercé une influence majeure sur le monde de la guitare en France. Née précisément de rencontres à Issoudun, l’association Acoustic Bazar anime des scènes ouvertes à la guitare instru- mentale et d’accompagnement. Institution du genre (depuis 1992!), elle se devait d’honorer ï DICK ANNEGARN la mémoire de celui dont elle perpétue chaque mois l’esprit d’ouverture. Autour de LES SORTIES Twist (Musique Sauvage/PIAS) L'auto-proclamé "plouc du picking" Jean-Félix Lalanne, Michel Haumont, Jimi Drouillard et bien d’autres, cette soirée sort le 18 novembre un nouvel album (20h) "Notre guitare à Dadi" permettra donc aux instrumentistes (morceaux de Dadi plus pop et enjoué que les précédents. exclusivement) et aux chanteur(euse)s-guitaristes, inscrits le soir-même, de se produire, "Un disque du matin", dit-il, à l'humeur en fonction des places disponibles. Entrée gratuite, possibilité de dîner devant le légère et aux guitares sautillantes. Il sera au New Morning le 8 décembre spectacle (sans réservation). et entamera une tournée nationale + d'info : L'Entrepôt - 7, rue Francis de Pressensé (14ème) / www.acoustic-bazar.fr dès le mois de janvier. ï TALISCO Capitol Vision (Roy Music) FESTIVAL LES GUITARES Prévu pour janvier 2017, le 2ème du 17 novembre au 3 dÈcembre album du songwriter parisien, illustre ses trois dernières années, ‡ Villeurbanne et agglomÈrationPlus qu'un festival, la 28ème son immersion californienne, la love édition des "Guitares" proposera un Story avec L.A., les tournées un peu véritable marathon de la six-cordes, qui se déroulera dans une partout dans le monde et les plongées douzaine de villes de l'agglomération de Villeurbanne ! 100% plus intérieures en studio. En concert à la Cigale le 9 novembre. guitare et tous styles, comme le proclame l'organisateur :siques populaires originales de notre planète mondialisée cèdent peu "Les mu- ï DAVID BOWIE à peu la place aux tubes éphémères du web et des médias. Pourtant Who Can I Be Now ? © Jerome Ghern (Rhino/Parlophone) nombreux sont les musiciens inventifs, porteurs d’originalité ou d’une Après un premier coffret de tradition vivante et rebelle. Les "Guitares 2016" font le pari de célébrer rééditions allant de "Hunky Dory" cette richesse et sa diversité." À l'affiche : la nouvelle musique orientale à "Pin Ups", voici la suite titrée de Bab Assalam, le flamenco de Manuel Delgado, le blues de Who Can I Be Now ? (1974-1976), comprenant "Diamond Dogs", Joanne Shaw Taylor et de Lorenzo Sanchez, l’inventivité du qua- "David Live", "The Gouster", "Young tuor à cordes manouche du nouveau Samarabalouf, l'hommage Americans", "Station To Station", rendu à Paco de Lucía par le Jaleo de Louis Winsberg et par "Live Nassau Coliseum" et "Call 2". Raphaël Faÿs, celui de Jean-Félix Lalanne à son mentor Marcel Dadi, ou encore le ï GILDAS ARZEL surprenant duo contemporain des mandolinistes Vaillant et Chagnard. Pour les plus Greneville (www.gildas-arzel.com) fêtards, le ton sera rapidement donné par le BUS, un orchestre déjanté et explosif Produit et réalisé par Christian composé de ces petites guitares hawaïennes au son caractéristique, relayé par l’extrême Séguret, le nouvel album de Gildas Arzel aborde le côté roots de la diversité des cordes vénézuéliennes et brésiliennes. + d'infos : www.lesguitares.org country et du bluegrass avec des reprises de Tim O'Brien, Bill Monroe, Merle Haggard et Ralph Stanley, mais aussi les Bee Gees, Creedence Clearwater et Chuck Berry. GUITARES ï CYRIL ACHARD& G…RALDINE LAURENT AU Visitation (ACM Jazz) Dialogues entre les guitares BEFFROI acoustiques de Cyril Achard Les 24, 25 & 26 mars ‡ Montrouge et le saxophone alto de Géraldine Laurent, entre le lyrisme de l'écriture Ce festival de trois jours avec ses concerts de prestige et son salon international de la du guitariste et la fougue de lutherie d’art s’est imposé en quatre ans comme l’un des principaux rendez-vous la saxophoniste, dans un album de européens. L’ouverture à la musique classique en 2016 avec son concours international jazz aux accents tantôt hispanisants, tantôt "Méthéniens". "Révélation Guitare Classique" (en partenariat avec la revue Guitare Classique) se con- firme comme un point fort de ce festival ouvert à tous ceux "qui en pincent pour les © DR ï JEAN-CHARLES GUICHENLe Solo de l'Ankou cordes", qu’ils soient classique, rock, blues, jazz ou country. Les premiers noms de (www.nevez-productions.bzh) l'édition 2017 sont tombés, et c'est du lourd ! Le vendredi 24 mars, deux soirées excep- "Guitar-hero de la gavotte ou de tionnelles : "Ma guitare à Dadi" avec Michel Haumont et Jean-Félix Lalanne (salle la gigue effrénée", Jean-Charles Moebius, 20h30) et concert de Roland Dyens (Salle Lucienne et André Blin, 21h). Guichen tourne actuellement avec Cette soirée classique sera suivie de la Finale du Concours "Révélation Guitare Classique" un nouveau spectacle, Le Solo de l'Ankou, dans lequel le rockeur à 22h puis du concert du lauréat 2015, Antoine Boyer, à 23h. Le lendemain, place aux celtique propose des compositions Ten Years After pour une nuit pop-rock (Salle Moebius, 20h30), après une première originales et d'inspiration partie avec nos amis des Neck Bros, duo 100% acoustique. Enfin, le 26 mars, Michael traditionnelle, où virtuosité et Jones invitera Dan Ar Braz pour une soirée de clôture rock et celtic blues (Salle © DR énergie rock se côtoient. Moebius, 18h). En mars prochain, rendez-vous sous le beffroi ! + d'info : www.guitaresaubeffroi.com

6 • AC #54

REPORT Yamandu Costa

© DR

NUITS DE LA GUITARE

DE PATRIMONIO

l'équipe des Nuits de la Guitare pour... d'été meurtrier. Il en a fallu du cran à Le 19 juillet, Marianne Aya Omac Trio fit le show.Dès 21h, La songwriteuse montpelliéraine, à la jours seulement après l'attentat de Nice... ÀPatrimonio, tous lorgnaient le continent et s'in-P maintenir son festival, qui débutait deux tête du groupe Ginkobiloba durant près de dixans, embarquait la foule avec sa voix puissante et quiétaient pour leurs proches, à l'image de Jean-Bernard Gilormini, habitant de la cité azuréenne. chaleureuse, ses rythmiques latines et flamencasendiablées et sa poésie humaniste. Un talent qui On avait beau scruter la Méditerranée, cette non-chalante mer d'huile, on entendait que des avis de n'échappa pas à Joan Baez :talent… J’ai la chance de faire partie de sa vie et de "Marianne a un immense tempête. sa musique"dure était chauffé à blanc pour les têtes d'affiche,. C'est peu dire que le Théâtre de Ver- attendu de l'enfant de Balagne,le directeur du festival, passablement ému, rendaitEn ouverture du festival, avant le concert très Thomas Dutronc, Souchon-Voulzy. Pourtant, c'est à quelques cen-taines de mètres de là, dans les hauteurs du village, un hommage vibrant aux frères niçois. Pas de minute de silence, la musique,plus que jamais, devait résonner. Ce à quoi les jeunes gâchettes de jazz braser définitivement : Yamandu Costa était convié à une soirée informelleau restaurant le Bartavin, que la soirée allait s'em- manouche du Corsican Trio s'employaient avec brio. Puis, avec dignité etbeaucoup de générosité de la part de Thomas Dutronc, plus que jamais le par Antoine Tatich, une nuit pour le moins étoilée (avec Eric Gombart etSylvestre Planchais) qui allait se terminer en bœuf jubilatoire autour des cœur au sud, luiJérôme Ciosi, avec en guest star le "qui n'aime plus Paris". Entouré de Rocky Gresset et de musiques latines et du Rio Grande do Sul. Le lendemain, Yamandu, gurude la guitare à sept cordes, en remettait une louche devant quelques cen- guitariste corse Jean-François Orioli,l'ex-élève de Tchavolo Schmitt al- taines de festivaliers véritablementsubjugués. Beaucoup se rappelaient ternait tubes, reprises de standardsgypsy et blagues entre deux titres. de son passage caliente avec son com-patriote Hamilton de Holanda en Un pot pas pourri pour une premièrenuit moins triste qu'elle ne débuta. 2010. En seconde partie de soirée,Sylvain Luc et Luis Salinas, accom-pagnés de Dédé Ceccarelli et Rémi nio opère surtout lors des premièresparties, certaines têtes d'affiche visantAvouons-le, la magie de Patrimo- Vignolo, donnaient une leçon d'im-provisation et démontraient que les à attirer le grand public pas spécia-lement "guitarophile", à l'image du dialogues, quels que soient les réper-toires, sont toujours possibles tant trio girl power de L.E.J., parfait pourles reprises à destination des ados. qu'on choisit de les inventer. C'estl'esprit de Patrimonio. 8 • AC Yamandu Costa, Eric Gombart & Antoine Tatich Youri #54

PORTFOLIO

© Jaakko Manninen

© DR STEVE'N'

SEAGULLS

nautes !, les viking hillbilly se sont attaqués à Iron Maiden avec un "AcesHigh" qui sent bon la tourbe.F Steppenwolf proposé au banjo, accordéon et flûte traversière, ou unchampêtre "Thunderstruck" d'AC/DC, vu par 26 millions d'inter-ÍlÈs, ces Finlandais ! Après un bucolique "Born to be Wild" de prairies sont toujours grasses et vertes pour Steve et ses Mouettes, etquelques cordes acoustiques leur suffisent pour faire parler la poudre,de leur deuxième album,Foo Fighters, Guns'n'Roses... Les métalleux sont convoqués pour desdiablement déjantée de standards chevelus et saturés : Metallica, Nirvana, Brothers in Farms, une compilation country et à l'image avec ses danseuses folkloriques plus très graciles,en guise d'effets pyrotechniques et les avions en plastique pour remplacerles bombardiers. Qu'elles soient scandinaves ou nord-américaines, les Bruce aurait apprécié. les explosions de barbecues Surtout son clip potache travaux à la ferme d'un nouveau genre. Rockeurs pas si ballots que ça, cesgars-là n'aiment pas les feux de paille. Milo Green

10 • AC #54

ZOOM

© DR

ANTOINE BOYER

& SAMUELITO

laurÈats de "RÈvÈlations Guitarist Acoustic" (2012 et 2013), crÈent un pont imaginaire entre jazz manouche et flamenco,Dans leur premier album en duo, CoÔncidence ¿ L'UNISSON (Doctor Heart Music/Harmonia Mundi), Antoine Boyer et Samuelito, rock et classique. Deux jeunes talents mais dÈj‡ grands. Comment est née l'idée de ce duo autour de la rencontre des guitares jazzmanouche et flamenca ? Quand Antoine est venu répéter chez moi ("Zyryab" de Paco de Lucía), onle fait d’être deux "Révélations Guitarst Acoustic" qui nous a rapprochés ! la classe de guitare classique de Gérard Abiton, mais c’est véritablement aufestival d’Issoudun que l’on a joué la première fois ensemble. C’était d’ailleursSamuelito : Nous nous sommes rencontrés au Conservatoire de Paris dans a tout de suite vu que le contact passait bien et qu’il fallait qu’on continue àjouer ensemble. pour la soirée "Révélations Guitarist Acoustic", donc on peut dire que c’est Antoine Boyer :tives, on a donc décidé de continuer pour monter un projet entier. Oui, après "Zyryab", les réactions avaient été plus que posi-

12 • AC #54

En plus de "Zyryab" de Paco de Lucía, quel sera le répertoire de Coïncidence ? Et pourquoi ce titre ? Samuelito : Dans l’album, nous avons choisi quatre arrangements et quatre compositions. Le répertoire est varié : David Bowie, Roland Dyens, Paco de Lucía et Django Reinhardt. Le titre "Coïncidence" nous a plu parce qu’il correspond bien à notre duo : nos deux personnalités coïncident, c’est-à-dire qu’au-delà de se compléter artistiquement, nos deux univers s’imbriquent pour en créer un troisième. Concrètement, quels sont les écueils à éviter quand on marie deux répertoires, deux mondes si différents ? Samuelito : Ne pas tomber dans les clichés du jazz manouche et du flamenco, ni dans la facilité de faire ce que l’on a l’habitude de faire seul… Avez-vous des rôles déf inis ? Samuelito : Pas vraiment, on apprend beaucoup l’un de l’autre. Par moments, Antoine écrit des passages pour les deux guitares ; d'autres fois, c'est moi qui écris la deuxième guitare, et vice-versa. On trouve des mélodies, des idées, on se les envoie et on travaille. Qu'est-ce qui vous plaît dans le jeu et la vision de la musique de l'autre ? Samuelito : Tout ! Antoine a une liberté d’expression et d’improvisation que j’admire totalement. Il a aussi un son incroyable et une technique très virtuose. Antoine : J'admire la maîtrise technique, la précision rythmique, la musicalité de Samuel, il entend tout ! Ce qui me plaît le plus, c'est que nous avons des techniques et des visions totalement différentes, mais quoi qu'il arrive, quand nous jouons ensemble, ça marche ! Vous sortez cet album sur le label allemand Doctor Heart Music. Un mot sur cette collaboration ? Samuelito : Nous avons remporté en avril dernier le quatrième European Guitar Award de Dresde, ce qui nous a donné la possibilité d’enregistrer notre disque avec leur label partenaire. Nous avons adoré travailler avec eux, ils sont tous artistes et extrêmement compétents. Milo Green © Mathilde Lauridon

L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

© DR

14 • AC #54

MAUDITS

Èvident que la vie d'un musicien comporte une part de malÈdiction, psychologiqueDepuis les concertos dÈmoniaques du violoniste virtuose NiccolÚ Paganini, il est

BLUESMEN !

ou rÈelle. Bien avant les excËs des pop stars, le club des 27 et autres destins brisÈs,les bluesmen du XXs'enveloppent aujourd'hui leurs descendants proches ou lointains. Voici quelques cas extrÍmes et mÈconnus, rayÈs du grand songbook du blues.Ëme siËcle ont vÈcu cette rÈalitÈ sans la bulle protectrice dont Romain DÈcoret

AC #54 • 15

L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

PEETIE

WHEATSTRAW

(1902-1941) Prémonition NÈ Willam Bunch dans le Tennessee et ÈlevÈ dans l'Arkansas, puis ‡ St Louis, Missouri, Peetie Wheat- straw enregistre dËs 1930. Le public noir est alors divisÈ en deux : ceux qui jouent et Ècoutent la musique du diable - le blues - et les autres. Peetie a fait son choix et force le trait en jouant sous les noms de scËne "The Devil's Son in Law" (le gendre du dÈmon) ou "The High Sheriff From Hell" (le grand sheriff de l'enfer). Il est extrÍmement populaire entre 1930 et 1941, avec des textes originaux humoristiques, cyniques ou dÈs- enchantÈs, tels "Banana Man" ou "Suicide Blues". Un de ses ex-partenaires, Harmon Ray, arrive mÍme ‡ faire carriËre sous le nom de Peetie Wheatstraw's Buddy. Nul doute que Peetie W. utilisait son image ‡ des fins promotionnelles, mais la rÈalitÈ est toujours plus Ètrange que la fiction : il meurt en 1941 des suites TOMMY JOHNSON d'un accident de voiture. (1896-1956) Le vrai pacte avec le diable La lÈgende du pacte avec le diable de Robert Johnson est posthume. On sait maintenant que ARTHUR Robert amÈliora son jeu de guitare avec Ike "BIG BOY" CRUDUP Zinnerman et que son empoisonnement par un (1905-1974) mari jaloux dÈclencha les rumeurs occultes. Mais Anti-royalties ces lÈgendes sur Robert ne furent que transfÈrÈes La seule damnation de Big Boy Crudup est d'avoir ÈtÈ sur lui ‡ partir de la rÈputation de son prÈcurseur un excellent compositeur, mais un trËs mauvais busi- Tommy Johnson. NÈ ‡ Crystal Springs, Missis- nessman, comme beaucoup d'artistes. Il naÓt dans le sippi, Tommy rencontra Charley Patton et Willie Mississippi et enregistre ‡ Chicago ‡ partir de 1941. Brown. TrËs tÙt portÈ sur l'alcool et le sexe, il s'en- Ses disques originaux - "Mean Old Frisco", Rock Me fuit ‡ l'‚ge de 18 ans. ¿ son retour, deux ans plus Mama" et "I'm Gonna Dig Myself a Hole" - deviennent tard, il est un guitariste et chanteur accompli ; sa des standards du blues, alors que "That's All Right famille parle "d'un deal avec le dÈmon" dËs 1920. Mama", "My Baby Left Me" et "So Glad You're Mine" Sans doute ‡ cause de sa tendance ‡ jouer seul seront repris par Elvis Presley. Mais Crudup, occupÈ ‡ dans les cimetiËres au clair de lune... Il joue avec jouer avec Elmore James ou Sonny Boy Williamson, les Mississippi Sheiks avant d'Ítre signÈ par HC nÈglige de dÈposer le copyright. RedÈcouvert en 1967, Speir en 1928. Il n'enregistrera que 14 titres entre il tourne dans le monde entier. J'ai eu la chance de le 1928 et 1930, mais presque tous sont devenus voir ‡ Londres, au 100 Club en 1971, et de lui demander des classiques, tels "Big Road Blues", "Canned ce qu'il pensait des ses royalties impayÈes. RÈponse Heat Mama", "Cool Drink Of Water", "Slidin' Delta", laconique et enveloppÈe d'un blues mÈlancolique : "They qui influenceront Howlin' Wolf, Robert Johnson, can have it, manÖ" Floyd Jones et Muddy Waters. Le succËs est Ènorme, Tommy Johnson mËne une vie de star, mais il dilapide son argent dans le jeu et l'alcool. Pat Hare enregistre Incapable de construire sa carriËre, il perd le "I'm Gonna Murder My Baby". copyright de "Big Road Blues" et finira sa vie comme un alcoolique misÈrable, avant de mourir Peu de temps aprËs, d'une crise d'Èthylisme en 1956. il est rÈÈllement inculpÈ du meurtre de sa compagne.

PAT HARE

(1930-1980) Le blues du pénitencier Auburn "Pat" Hare est nÈ ‡ Parkin, Arkansa, et apprend la guitare dËs l'‚ge de 10 ans. En 1948, il joue dans le groupe de Howlin' Wolf, puis en 1952 avec l'harmoniciste James Cotton. Il dÈveloppe un son heavy en distorsion naturelle sur son amplificateur, qui le place avec Link Wray parmi les pionniers qui ouvrirent la porte au blues-rock. Il remplace Jimmy Rodgers auprËs de Muddy Waters et s'installe ‡ Chicago. Pat Hare enregistre en solo un blues Ètrangement intitulÈ "I'm Gonna Murder My Baby". Peu de temps aprËs, il est rÈellement inculpÈ du meurtre de sa compagne. IncarcÈrÈ pour 99 ans au pÈnitencier de Stillwater, Minnesota, il tient la guitare dans l'orchestre de l'Ètablissement. En 1974, sa demande de mise en libertÈ est rejetÈe.

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FENTON ROBINSON

(1935-1997) Un roi sans royalties Guitariste dans la lignÈe de B.B. King, Fention "Fenton" Robinson fait ses dÈbuts professionnels aux cÙtÈs de Bobby Bland, Roscoe Gordon et Buddy Ace. En 1957, il enregistre un premier single, mais prÈfËre s'associer au guitariste-chanteur Larry Davis. Le duo enregistre "Texas Flood". Cette chanson sera reprise en 1983 par Stevie Ray Vaughan et se vendra ‡ plus d'un million d'exemplaires. Mais c'est le chef d'orchestre Larry Davis qui a dÈposÈ le copyright et qui touche les royalties. La mÍme chose Ètait arrivÈe avant avec son titre "Somebody Loan Me a Dime", signÈ de Fenton Robinson, repris par Steve Miller. La justification rÈsidait dans le changement de prÈnom, Fenton pour Fention. En 1975, il est emprisonnÈ ‡ Joliet pour ho- micide involontaire lors d'un accident de voiture. Il tourna ensuite en Europe. Fenton Ètait un guitariste inventif, avec un sens aigu de la mÈlodie et des phrasÈs bien articulÈs.

SPADE COOLEY

(1910-1969) Meurtre et crises cardiaques Le fait de jouer du western swing et de la country music sur sa pedal-steel ne prÈserva pas Donnel Clyde "Spade" Cooley, mÈtis de sang Cherokee, de la malÈdiction de l'alcool. TrËs populaire ‡ Hollywood avec son groupe entre 1947 et 1960, il avait d'abord jouÈ avec les Sons Of The Pionneers, puis avec Tex Williams. En 1961, il tue son Èpouse Ella Mae Evans, qui voulait divorcer. Pendant le procËs, il est atteint d'une crise cardiaque au moment o˘ le juge prononce la sentence. LibÈrÈ sur parole en 1969 pour un concert de charitÈ, il est accueilli dans une soirÈe organisÈe backstage par ses amis et souffre díune autre crise cardiaque, cette fois fatale. Le film "Shame on you" de Dennis Quaid lui a ÈtÈ consacrÈ. Son petit fils, Mike Cooley, joue actuel- lement avec le groupe psychobilly Drive By Truckers.

LUCILLE BOGAN

(1897-1948) La militante Les chanteuses de blues furent les premiËres ‡ enregistrer dËs le dÈbut des annÈes 20, telles Mamie Smith, Ida Cox, Ma Rainey, Bessie Smith, etc. Bien qu'elles aient cÈlÈbrÈ sans fard la pros- titution, le lesbianisme ou la drogue, c'est Lucille Bogan - adoptant parfois le surnom de Bessie Jackson - qui alla le plus loin pour exalter une sexualitÈ affranchie de tout carcan. Et qui recËle encore aujourd'hui le pouvoir de surprendre les vÈtÈrans de la rÈvolution sexuelle. Des blues comme "Shave'Em Dry" (Rase les ‡ sec), "BD Woman's Blues" (BD pour "Bull Dike", lesbienne), "Alley Boogie", ou le charge sociale sur la crise Èconomique "They Ain't Walking No More" (Les clients ne montent plus). Ces faces non-expur- gÈes (elle enregistrait souvent deux versions) sont rares et recherchÈes. Lucille Bogan partit plus tard s'installer ‡ Los Angeles et fut ÈcrasÈe par une voiture une semaine plus tard.

SONNY BOY WILLIAMSON I

(1914-1948) L'harmonica ou la vie ? John Lee "Sonny Boy" Williamson vient de Jackson, Tennessee. Il apprend l'harmonica avec Hammie Nixon puis en jouant avec Sleepy John Estes & Yank Rachell, Homesick James, John Henry Barbee et Big Bill Broonzy. Il enregistre pour Bluebird ‡ Chicago, sa popularitÈ est monumentale dans les annÈes 40 avec "Bad Luck Blues", "Elevator Mama" et "Check Up On My Baby Blues". Il est le prÈcurseur du blues moderne de Little Walter. D'aprËs tous ceux qui l'ont connu, il rÈpÈtait : "Ne volez pas, venez me de- manderÖ". En juin 1948, il est attaquÈ par des inconnus et meurt ‡ l'hÙpital des suites de ses blessures. Ses harmonicas ont Ègalement volÈs. Rice Miller reprendra la suite, sous le pseudonyme de Sonny Boy Williamson II.

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

CHUCK WILLIS

(1928-1958) Les démons de l'alcool Natif d'Atlanta, Harold "Chuck" Willis chanta avec le Red McAllister Band, avant de signer en solo chez Okeh/Columbia en 1951. Son succËs est immÈdiat : "Going to the River" sera repris plus tard par Fats Domino et "I Feel So Bad" par Elvis Presley et de nombreux autres bluesmen. En 1956, Chuck Willis passe chez Atlantic et devient un artiste majeur avec des succËs intemporels tels que "Betty & Dupree", "Hang Up My Rock'n'Roll Shoes" (repris par Jerry Lee Lewis), "What'cha Gonna Do" (qui fut un succËs pour Vince Taylor en Angleterre) et "What Am I Living For", une chanson ancienne, favorite de l'acteur James Dean. D'autres interprËtes des chansons de Chuck Willis sont les Drifters ou Buddy Holly. Mais le succËs a un prix, Chuck Willis n'arrive pas ‡ renoncer ‡ l'alcool et s'effondre avec un ulcËre ‡ l'estomac. Il dÈcËde peu aprËs, le 10 mars 1958.

LITTLE WILLIE JOHN

(1937-1968) Pas vraiment passe-partout William Edward Jones vient de Camden, en Arkansas. DËs l'‚ge de 16 ans, il chante avec le Paul Williams Orchestra, puis enregistre pour le label King en 1956 des hits devenus classiques : "Fever" (repris par Peggy Lee et Elvis Presley), JOHNNY ACE "Talk to me", "Need Your Love So Bad" (repris (1929-1954) par Fleetwood Mac). Il chante avec la ferveur du L'as de la gâchette gospel et le rythme du blues, comme peu d'autres NÈ ‡ Memphis, John Marshall "Johnny Ace" savent le faire. Son seul concurrent est James Alexander fait d'abord partie des Beale Streeters Brown, pÈriode prÈ-funk. Sa súur Mable Jones avec B.B. King, Bobby "Blue" Bland et Roscoe fait partie des Raelettes de Ray Charles. AprËs Gordon. Vers la fin de annÈes 40, ils Ècument les un show bien arrosÈ au Magic Inn de Seattle clubs, surnommÈs "The Headhunters" (chasseurs le 17 octobre 1964, Little Willie John et son chauf- de tÍte) parce qu'ils peuvent faire mieux que n'im- feur se rendent dans une maison de passe de porte qui. En 1952, Johnny Ace enre-gistre un Seattle. A líentrÈe, un videur costaud, Kenneth premier succËs "My Song". Il est nommÈ "artiste Roundtree, veut l'Èjecter. John, qui est de petite le plus programmÈ de 1954" dans la revue Cash taille, le poignarde ‡ mort. Il est condamnÈ et Box. Le soir de NoÎl 1954 ‡ Houston, il est dans enfermÈ au pÈnitencier de Walla Walla. Il meurt la loge de Big Mama Thornton et joue avec un re- d'une pneumonie quatre ans plus tard. volver. Devant les tÈmoins impuissants qui se demandent si c'est une plaisanterie ou non, il commence une roulette russe. HÈlas, le barillet est engagÈ et Johnny Ace se tire une balle dans la tÍte. Sorti de maniËre posthume, "Pledging my Love" est un hit qui lui assure l'ÈternitÈ. Il aurait pu Ítre Sam Cooke.

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

THE DEVIL

MAKES THREE

20 • AC #54© Piper Ferguson NEW BLUEGRASSLe trio de ragtime, hillbilly et bluegrass a ÈtÈ le premier d'une nouvelle vague d'artistes, qui inclut Pokey Lafarge, Old Crow Medicine Show et JP Harris & The Tough Changes.Nous avons rencontrÈ leur leader Pete Bernhard lors de leur rÈcent show parisien. e trio réunit Cooper McBean (banjo, scie (guitare, chant). Ils sont originaires du Vermont,L musicale et autres instruments), LuciaTunno (contrebasse) et Pete Bernhard de Bill Monroe, nous avons donc inclus une chan-de Tom Waits, nous avons repris "Come on up tothe House". Cooper McBean est un inconditionnel sur la côte Est des Etats-Unis. Après maintesaventures dans les clubs et les saloons de Boston son de son frère Charlie Monroe, "What would yougive (in exchange of your Soul)". La redemption,c'est "Peace in the Valley", l'hymne du bluesman- Qui sont vos invités ?Le mandoliniste bluegrass Tim O'Brien, mais il au Texas, ils ont fini par s'installer à Santa Cruz,paradis des surfeurs, où ils ont officiellement créé prêcheur Georgia Tom Dorsey. joue en réalité du bouzouki qui sonne comme unemandoline baryton sur "I am the Man, Thomas" le groupe, le baptisant du nom deThree, une citation détournée d'un standard, The Devil Makes Hank Williams pour terminer l'album, c'est l'idée dequi ? de Ralph Stanley. Duane Eddy joue sur "The Angelof Death" et échange son solo avec Jerry Douglas "Between the Devil and the Deep Blue Sea".Depuis 2002 et six albums, ils ont créé un intérêt Nous sommes tous Hank Williams ! "The Angelof Death" est l'une de ses chansons à la fois la plus au dobro. Duane avait préparé d'autres chansonspour nous faire une surprise, mais nous n'avons pas nouveau pour les musiques traditionnelles, maisjouées avec un feeling absolument actuel. Ce qui tragique et la plus sereine. eu le temps de les finaliser, avec la pression de laproduction. Elles ne sont pas perdues pour autant. a ouvert la voie à nombre de nouveaux groupes etartistes s'exprimant dans ce langage musical. Leur Emmylou Harris est venue chanter sur "Waitin'around to Die" de Townes Van Zandt. Elle l'a nouvel album est un mix adroit de blues, country,jazz, ragtime et gospel, avec des invités bien choisis, connu et nous a tout dit sur lui, entre autres queTownes ne pensait pas que ses compositions étaient tels Duane Eddy, Emmylou Harris et Jerry Dou-glas. Mais il suffit d'assister d'assister à l'un de leurs déprimantes : à ses yeux, elles étaient des catas-trophes suivies d'un effet de catharsis. Quand tout concerts pour comprendre que toute classifica-tion est superflue. Ils sont passés des saloons aux s'est écroulé, le soleil se lève à nouveau... salles de plusieurs milliers de spectateurs. C'estdésormais à l'Europe de les découvrir. Pensez-vous appartenir à cette nouvelle vague dubluegrass ?Nous avons été parmi les premiers à rejouer cette Pour ce nouvel album, le thème est la rédemption etla ruine comme l'indique le titre. Pourquoi cela ? musique, mais nous avons ce sentiment que beau-coup de portes se sont ouvertes ces dernières années L'idée nous est venue en écoutant des coffrets pour une musique plus naturelle, plus acoustique c'est de là que vient notre reprise de "Champagnede blues, surtout The Chess Box de Muddy Waters, et authentique. Quand quelqu'un est déprimé, illui est difficile d'écouter de la techno ou de la mu- & Reefers" avec Cooper Mc Bean à la guitareélectrique et Micky Raphael du Willie Nelson Band sique virtuelle, ce serait comme essayer de sauverun noyé en lui montrant la photo d'une bouteille à l'harmonica. Nous avons aussi écouté lesSessions de Robert Johnson, dont nous avons repris Complete d'oxygène ! Cela dit, je n'aime pas le terme d'ame-ricana pour décrire notre musique, cela me semble "Drunken Hearted Man", ce qui nous amené letitre "I gotta get drunk" de Willie Nelson et "Chase dérisoire et peut si facilement se terminer commeTaylor Swift ou quelqu'un de ce genre. the Feeling" de Kris Kristofferson. J'avais aussice coffret de Tampa Red, qui contient toutes ses Comment avez-vous commencé la guitare ? versions originales de chansons reprises par ElmoreJames ("It Hurts Me Too"), B.B. King ("Sweet Dans le Vermont, à l'âge de 14 ans. Mon père etmon grand-père étaient musiciens, comme mes Little Angel") et Chuck Berry ("Don't Lie to Me").Mais nous avons choisi "I'm gonna get High" parce © Piper Ferguson oncles et tantes, dans des groupes ou en solo. J'étaisd'abord un fan de blues, Lightnin' Hopkins, Muddy qu'elle pouvait être jouée avec une section de cuivresNew Orleans. Nous avons toujours été des fans du "Quand quelqu'un est Waters, alors que Copper McBean écoutait lesSwing Bands des Carolines, Reverend Gary Davis, regretté Townes Van Zandt, il nous fallait une bal-lade tragique comme "Waitin' around to Die". Ce dÈprimÈ, il lui est difficile Gus Cannon Jug Band, Bob Wills & The TexasPlayboys. J'écoutais du jazz aussi, New Orleans et sont les six premières chansons de l'album. d'Ècouter de la techno Chicago. Mon frère, lui, écoutait Led Zeppelin, et Ce qui constitue, je suppose, la partie "Ruine". Et ou de la musique virtuelle, à cause de lui,allés à Boston dans des groupes punk, pour l'énergie j'y ai échappé! Cooper et moi sommes ensuite pour la "Redemption" ?C'est la seconde partie, avec le gospel "There'll be ce serait comme essayer sur scène, mais la musique acoustique constituait a Jubilee" des Sunset Jubilee Singers et notre version de sauver un noyÈ en lui notre principal centre d’intérêt. Nous sommes allésjouer partout où c'était possible, de "I am the Man, que nous avons formé le groupe dans sa forme et c'est à Santa Cruz décédé récemment. Comme nous sommes des amis Thomas" de Ralph Stanley, qui est montrant la photo d'une bouteille d'oxygËne !" actuelle. Romain Decoret

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

LA DISCO QUI COLLE

LE BLUES JOHN LEEHOOKER

Tous les albums conseillÈs ont ÈtÈ rÈÈditÈs en CD. Choix parfois difficile.En espÈrant n'avoir pas laissÈ de cÙtÈ vos influences roots les plusimportantesÖ R.D. Specialty Sessions 49-54Un accord suffit pour le bluesincantatoire de John LeeHooker, mais le feeling estinimitable. On consultera“The Vee Jay Years 55-64” LEADBELLYKing of the 12 stringsGuitar (Sony Legacy)Il est conseillé d'écouter aussi pour l'entendre chanter avecdes cuivres. son album sur Capitol, avec"Rock Island Line" et"Grasshoppers in my Pillow". BLIND LEMONJEFFERSONComplete Recordings BLIND WILLIEJOHNSON SON HOUSE (4 CD/Sony)Le Texan aveugle a enregistréplus de 80 titres entre 1926 et Complete Recordings(2CD/Sony Legacy)Le prêcheur texan est aussi le Folkways + Complete 65sessions (Sony Legacy)Grand créateur du blues 1930. Les plus marquantssont "Matchbox Blues" et"See That My Grave is Kept grand maître du jeu en slide.Ses 30 faces gravées entre1927 et 30 ont été reprises du Delta, il a influencé RobertJohnson et Muddy Waters.Redécouvert dans les années Clean", qui influencèrent tousles bluesmen suivants. LIGHTNIN' maintes fois. Gospel et blues, 60. HOPKINSGold Star Sessions (Arhoolie)Après une seule visite en une fusion fabuleuse. Europe en 1965, le bluesmantexan choisit de rester danssa ville natale, Houston, où sa SKIP JAMESCoffret 2 CD sur BD BluesLe créateur de "Devil Got réputation mondiale continuade grandir. My Woman" et "I'm So Glad"n'a enregistré que 18 titres entout, qui influencèrent RobertJohnson.

MISSISSIPPI

CHARLEYPATTONComplete Recordings MISSISSIPPI SHEIKS (3 CD Vol 1, 2 et 3) JOHN HURT

1930-34 (3 CD)

Patton est le premier 1928 Sessions (Yazoo) Lonnie, Bo et Sam Chatmon bluesman du Mississippi Guitariste picker agile et montent ce groupe de “hokum à avoir enregistré. Il fait le songster prolifique, d'une music” dès 1926. Influencemajeure sur le blues avec"Sittin' on Top of the World" lien entre les "songsters"(raconteurs) et le blues.Titres marquants : gentillesse clairvoyante,John Hurt a lui aussi étéredécouvert en 1964. "Spoonful" et "34 Blues". AMERICAN FOLKBLUES FESTIVAL62(Frémeaux) BLIND BLAKERagtime Guitar's Foremost Enregistré live en Europe, onretrouve ici tous les grands :Sonny & Brownie, Big Joe Picker (Arhoolie)Fondateur du blues etragtime du Piedmont. Picker Williams, T.Bone Walker, JohnLee Hooker, Memphis Slim et extraordinaire, il joue à laguitare des mélodies de piano.Incontournable ! 22 • AC #54Photos © DR Willie Dixon. Indispensable ! ROBERTJOHNSONComplete Recordings (2CD/Sony)LA légende éternelle du blues.

ALBERT KING

Laundromat Blues (Stax) Albert Nelson était gaucher T.BONE WALKER mais jouait avec les cordes T.Bone Blues (Atlantic) montées en droitier sur sa Aaron Thibaux Walker fut le Flying V, ce qui donnait à ses premier musicien à éléctrifier tirés un son special. Grand sa guitare et influença tout le HOWLIN' WOLF inspirateur de Stevie Ray monde, de Gatemouth Brown Memphis Days Vaughan, avec qui il enregistra FREDDY KING et Chuck Berry à Duke (2CD/Bear Family) le CD/DVD “In Session”. Robillard. Texas Sensation Chester Burnett révolutionna (King/Federal Sessions) le jeu des bluesmen, avec ses

OTIS RUSH

2 m de haut, sa Les Paul guitaristes Willie Johnson, puis ressemblant à un ukulélé dans Hubert Sumlin. Peu de gens So Many Roads ses mains, le Texan était le roi ont remarqué qu'il était né (The Cobra Sessions) des instrumentaux rapides et quatre ans avant Robert Créateur du "West Side du blues lent chanté. On Johnson. Sound" de Chicago, avec écoutera aussi ses séances Buddy Guy et Magic Sam, Shelter des années 70 avec Otis Rush est l'un de ces Leon Russell. guitaristes constamment nerveux. Ses solos peuvent faire froid dans le dos, tant son blues est profond.

PAUL

JOHN MAYALL BUTTERFIELD

Blues Breakers BLUES BAND Le père du "Blues Boom" Born in Chicago (Warner) britannique, avec Eric Clapton, Le père du "Blues Boom" US, puis avec Peter Green sur avec Mike Bloomfield à la l'album suivant, “A Hard Road”. guitare. La pierre d'angle MUDDY WATERS des sixties. The Chess Box (3 CD) McKinley Morganfield donna JIMI HENDRIX au Nord le feeling du Sud, avec Blues (CD/DVD/Sony des musiciens tels que Jimmy Rodgers, Otis Spann et Little Experience Hendrix) Walter. A écouter également : EARL KING Les blues hendrixiens réunis “The Real Folk Blues”, album Trick Bag (Imperial) ici sont rares ("Born Under a Chess où Buddy Guy est à la Le guitariste de New Orleans Bad Sign", "Mannish Boy", seconde guitare. est à l'origine de titres repris "Catfish Blues") ou bien par Jimi Hendrix et bien connus ("Red House", d'autres. Ecoutez également "Voodoo Chile Blues"). aussi “Sexual Telepathy”, Le DVD est un documentaire, JIMMY REED son album sur Black Top "Hendrix & the Blues". The Best of Jimmy Reed datant des années 90. (Vee Jay) Personne d'autre ne savait utiliser ainsi les riffs de walking-bass. Inoubliable.

BUDDY GUY JOHNNY WINTER

Stone Crazy The Johnny Winter Story Le nouvel ambassadeur du (4 CD/Sony Legacy) blues et principale influence Le Texan né dans le aujourd'hui. Un autre de ses Mississippi jouait plus vite que

STEVIE RAY

grands albums est passé B.B. KING son ombre et était prompt à

VAUGHAN

inaperçu : “Slippin' out, Slippin' King of the Blues dégainer son slide. Inimitable. Texas Flood (Sony) In” avec Tommy Shannon et Stevie Ray réussit à ramener

(4 CD/MCA)

Chris Layton, ex-musiciens de le monde au blues dans les L'ambassadeur du blues ELMORE JAMES Stevie Ray Vaughan. doit aussi être écouté sur années 80. Une performance Complete Fire Chess Sessions inégalée encore aujourd'hui. “The Electric B.B. King”, qui (4 CD/Chess) influença Eric Clapton et Peter Le spécialiste du slide Green. “Live at the Regal 65” électrique. Des riffs indis- est tout aussi important. pensables pour jouer dans le style.

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

© DR

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TAMPA RED

Tampa Red fut un des musiciens les plus prolifiques du circuit blues, enregistrant plus de 700 titres dans sa carriËre,avec ce style de bottleneck dont il fut un des initiateurs. Il fut le premier artiste noir ‡ utiliser un Tricone National,un exemplaire unique, dorÈ et gravÈ, qui connut un parcours rocambolesque que nous retraÁons ici.ET SON TRICONE son slide sur une corde ou deux sur la longueur duT Chicago au milieu des années 20, après desannées passées à jouer de la guitare dans lesampa Red mit la première fois le pied à Style 4, au lieu de se prolonger et de traverser laplaque, présentait des groupes de fleurs séparés. Latête était plaquée de celluloïd imitation nacre, le manche, en ponctuant ces lignes de basses jouéessur les autres cordes. Il utilisait un bottleneck posérues. Il avait mis au point un style de jeu, balayant manche paré de repères de touches en diamants.Tampa Red fit l’essentiel de sa carrière avec cetteguitare singulière, qui le suivait partout. Son emploidu temps était régi par sa femme, qui faisait office trémité de goulot, il était très court."généralement en accord ouvert de Ré (Vestapol),utilisant souvent un capo pour finir en Mi ou ensur son auriculaire, comme le précise Johnny Shines,qui l’a bien connu : "Son slide était fait avec une ex- Il jouait le plus de manageuse. Lorsqu’elle disparut en 1953,Red fut très affecté et se laissa emporter par sesdémons, en particulier celui de l’alcool. Il entama Tampa Fa, tonalité qu’il affectionnait pour sa tessiture devoix. Son jeu très mélodique, qui allait influencerBig Bill Broonzy, Muddy Waters et Elmore James, une lente descente aux enfers, qui s’acheva par sondécès dans le dénouement le plus total à l’âge de77 ans, en 1981. Quelques années avant sa mort, allait lui valoir le surnom de "Guitar Wizard" (lemagicien de la guitare).mières stars de la radio, et d’une certaine manière, le National doré lui avait été dérobé, dans des cir- son succès mit à mal les singularités locales du jeu Tampa Red fut une des pre- LE PHÉNIX constances qui restent mystérieuses à ce jour. des musiciens.sèrent en effet tous les guitaristes à jouer commelui, annihilant ces disparités. Il était lui-même un Les enregistrements de Tampa pous- © DR La guitare fut retrouvée au milieu des années 90dans une caravane infestée de rats en bordure deChicago. Le manche n’était pas d’origine, il avait été excellent chanteur, dans le style de Lonnie Johnsonqu’il vénérait, et produisit plus de 78 tours que tousses confères bluesmen de l’époque, dans un style "líhomme ‡ la guitare díor",Tampa Red fut surnommÈ remplacé par un manche à 14 cases de Silvertone,pas en état d’être utilisé. La femme qui l’avait re-trouvée entra dans la boutique d’instruments d’un abordable et commercial, qui allait préfigurer lamusique des trente années à venir. Ry Cooder le car il avait achetÈ certain Ray Clemon, située à Belleville dans l’Illi- instrument dont on a ditNational Tricone, résume très bien :style vocal, il avait le rythme. Il y a une ligne directe un des premiers nois. Elle portait avec elle la guitare en sale état, entre Tampa Red et Louis Jordan et Chuck Berry". "Il avait les chansons, il avait un qui portait l’inscription "Tampa Red" en caractèresgothiques sur la plaque de protection du résonateur.Elle avait visiblement été entreposée sans qu’on s’en inquiète,entreprit de lui redonner un aspect présentable.Il passa trois semaines à la polir jusqu’à lui redonner et était verte de corrosion. Ray Clemon LA GUITARE EN ORTampa Red fut le premier artiste noir à enregistreravec un National. Et il fut l’un des rares (après lui, construit en or massif !longtemps quíil Ètait un lustre proche de celui d’origine. Il remplaça ce lui privilégiant le son d’un simple résonateur. LeOscar Buddy Woods ou Black Ace) à choisir un manche inadéquat par un manche de Style 1, sur Tricone offrait moins de punch mais plus de sus-Tricone pour s’exprimer, la plupart de ses confrères lequel il fit apposer de fausses incrustations deStyle-4.pas valu grand-chose, mais dans la mesure où c’était tain, et Robert Brozman, qui en connaît un rayon la guitare de Tampa Red, je suppose qu’il y aura tou- "Un instrument lambda dans cet état n’aurait sur la question, estime que le Tricone se prête plusà un jeu en slide en open tuning. Tampa Red futconnu à cette époque comme "l’homme à la guitare jours un riche imbécile pour lequel ça vaudra beaucoupd’argent"zine anglais de l’époque. Ce dernier examina néan-moins la gravure du nom de Tampa sur la plaque, déclara alors Bob Brozman à un maga- d’or", car il avait acheté un des premiers NationalTricone, dès 1928, un instrument dont on a ditlongtemps qu’il était construit en or massif ! En fut authentifiée par d’autres experts et fut qualifiéeet certifia alors qu’il s’agissait bien de la main del’artisan qui s’occupait alors de cela à l’usine. Elle fait, il s’agit plus probablement d’un maillechortcouvert d’un placage doré. C’était un rarissimeStyle 4 avec les dessins de chrysanthèmes ; il est à l’Experience Music Project, à Seattle, pour la co-quette somme de 85 000 dollars.par George Gruhn denal en existence". L’instrument fut vendu plus tard à "plus importante guitare Natio- noter que, sur ce modèle, la gravure typique des © DR Christian SÈguret

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

Son House © Dick-Waterman

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Cigar box Gretsch G6138

CHEESY DU BLUES

des guitaristes de blues ont dÈbutÈ (et parfois continuÈ !) sur des instruments de facture trËs modeste. Ces grattes rustiqueset sans charme sont un peu devenues la marque du genre. Tour díhorizon de ces guitares "cheesy" dopÈes ‡ la note bleue.Síils ont souvent fini leur carriËre avec des guitares des plus grandes marques, il faut garder ‡ líesprit que la plupart Diddley Bow Ede peau, s’inventaient des supports à leurs ébatsmusicaux. Ce fut d’abord le plus primitif d’entre,même Gibson restaient à créer, des musi-ciens démunis du grand Sud, souvent noirsn ces temps immémoriaux où Fender et Kalamazoo de Robert Johnson le "diddley bow",ou un poteau, et une bouteille ou un goulot quel’on glissait en tendant la corde pour en modifier une simple corde tendue à un arbre l’intonation.la tradition, née à l’époque où les guitares étaientinabordables, se perpétua même lorsqu’il leur Difficile de faire plus simple. Pourtant, devint possible de les acquérir. C’est ainsi que SonHouse,James débutèrent leur carrière de guitariste avec cet ersatz rudimentaire qui alimenta l’imaginaire de Robert Johnson, Muddy Waters ou Elmore CIGAR BOXPuis, toujours aussi démunis, les musiciens com-mencèrent à se construire des guitares à partir detous les "sliders" de la planète. © DR pièces de bois et de métal qu’ils braconnaient. Ils’agissait d’instruments spartiates et inesthétiquesparfois construits autour d’un ustensile de cuisine, sur ce type d’instrument dont il figea le profiltypique dans son modèle de Gretsch rectangulaire(la G6138). Lightnin Hopkins, B.B. King et même mais le plus souvent d’une boîte à cigares (d’où leurnom de "cigar box guitars"), équipée d’une à troiscordes. Les boîtes à cigares étaient apparues vers le subtil Charlie Christian passèrent leurs annéesde jeunesse à tirer le meilleur parti d’une "cigarbox", dont on notera, si l’on en juge par les com- 1840 ; vidées de leur contenu, elles furent rapide-ment détournées pour construire banjos et violons, pétences acquises par les musiciens cités, à quelpoint elle constituait un bon outil d’apprentissage. © DR qui avaient alors la faveur des musiciens noirs, puisguitares. Une tradition qui allait se prolonger jus-

ENFIN LA GUITARE

qu’aux années 50 ; Bo Diddley lui-même s’initia Dans les années 20, les catalogues de vente commecelui de Sears & Roebuck, diffusés dans les coinsles plus reculés du pays, permirent aux musiciens © DRCigar box

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L'AUTRE HISTOIRE DU BLUES

Memphis Minnie et guitare National

© DR

populaires de l’époque, utilisée par de nombreux musiciens sur les premiers 78 tours de blues, en particulier par Blind Willie McTell, Leadbelly, Charlie Patton et surtout Robert Johnson que l’on a vu également, sur la célèbre photo une cigarette Harmony Monterey aux lèvres, avec une Kalamazoo KG-14, une ligne économique produite par Gibson (il semble dé- sormais acquis que la Gibson L-1 avec laquelle il apparaît sur un autre célèbre cliché ne lui appar- tenait pas). La compagnie Harmony (qui racheta Stella en 1939) fournit à son tour nombre de mu- siciens en guitares bon marché, parmi eux et non des moindres Muddy Waters, qui utilisa une Har- mony Monterey (modèle H1325), avec laquelle il Blind Willie McTell et sa Stella Decalcomainia se produisit au festival de Newport, souvent équi- pée d’un micro flottant DeArmond, autre outil © DR important du blues cheesy, "une grande partie de isolés et indigents d’acquérir une guitare, et l’explication du son de Muddy", selon Duke Ro- l’instrument s’imposa dès lors comme l’outil billard qui en connaît un rayon. Kay, Silvertone, privilégié du blues. Souvent des guitares de Airline, Teisco, National et quelques autres com- petit format (baptisées "Concert" à l’époque, pagnies désormais mythiques fournirent également qu’on qualifierait, souvent à tort, de "Parlor" cette armée de bluesmen en guitares électriques aujourd’hui), en plaqué, au barrage en échelle, Leadbelly et sa Stella bon marché… à l’époque ! Car snobisme vintage au son très médium, bref autant de caractéris- et "retro nostalgia" aidant, ces instruments souvent tiques qui conféraient à ces instruments un son approximatifs s’arrachent désormais à des cotes rustique se prêtant parfaitement au genre. Les dont personne n’aurait rêvé il y a trente ans. guitares Sovereign & La Scala étaient distri- buées par la compagnie Oscar Schmidt, de Christian SÈguret même que Stella, une des marques les plus Howlin' Wolf avec sa Teisco © DR © DR © DR Muddy Waters et Harmony Monterey

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ENTRETIEN

© Molina Juan

CARMONA

le Vieux Continent avec un album,Guitariste sans frontiËres, au carrefour des mondes modernes et des traditions flamencas, Juan Carmona revient surUn nouveau carnet de voyage, au fil duquel le gitan vagabonde sur les chemins du "duende", tout en lorgnant les rivesCONTINENT FLAMENCO 30 • AC #54 mÈditerranÈennes. Ses perles d'un Orient imaginaire. Perla de Oriente (Nomades Kultur), enregistrÈ live lors de sa derniËre tournÈe en Asie. "JíAI VOULU FORGER Vous avez également tenu à dédier cet album à Paco musique brésilienne sur la rumba "Antonio" ou le MON ALPHABET de Lucía. Pourquoi cet hommage à cet artiste ? jazz sur "So" par exemple. Dans le passé, vous aviez Comme tous les guitaristes de flamenco, je suis déclaré : "Etre gitan, c'est être libre". On le sent dans AVANT DE PARTIR très attaché à ce génie qui a révolutionné le genre. votre musique... VERS D'AUTRES C'est grâce à Paco que les guitaristes de flamenco Aujourd'hui, nous vivons dans un monde cosmo- actuels se permettent de sortir des traditions et de polite, on voyage énormément, c'est ce qui m'in-

VOCABULAIRES."

lorgner d'autres horizons musicaux. Paco a été un téresse. J'aime enrichir mon jeu d'autres cultures pionnier, sa formation, si atypique, l'une des pre- musicales, d'autres philosophies ou modes de vie, mières à inclure la basse, les percussions, la flûte. notamment nomades, puis tout ramener sur mon Comme j'étais en tournée avec le même type de terrain, comme si je jouais un flamenco avec une formation, cet hommage coulait de source. palette de couleurs différentes. A l'origine, le gui- tariste flamenco était là pour accompagner le chan- Comme Paco, vous aimez repousser les frontières du teur ou la danseuse ; c'est seulement à partir des flamenco. On vous connaît pour votre volonté de années 1930 que la guitare soliste a commencé à moderniser le langage du flamenco, notamment en voir le jour dans le flamenco. Avant, elle n'existait fouillant tout autant les harmonies que les rythmes. pas, d'où le fait qu'on jouait sur des guitares en Cela fait partie de mon histoire. À l'âge de quinze- cyprès, un bois qui donnait un son beaucoup plus seize ans, je tournais avec Baden Powell ; à vingt criard, plus percutant. C'est bien après que le palis- ans, je jouais avec Larry Coryell ; j'ai tourné avec sandre est arrivé dans la lutherie pour proposer un Wynton Marsalis, Sylvain Luc, Philip Catherine, son de guitare plus rond, qui correspondait plus à Biréli Lagrène, Al Di Meola etc. Je suis un grand un soliste, comme dans la guitare classique. passionné de jazz, des musiques classique et brési- lienne, je vais d'ailleurs monter un projet avec le En septembre, vous étiez en résidence au Hangar 94 guitariste Nelson Veras cette année. Même si j'ai à Ivry-sur-Seine, pour créer un spectacle de châabi- vécu en Andalousie pendant dix ans, au cœur du flamenco. Pouvez-vous m'en dire plus ? flamenco, j'ai toujours eu cette ouverture musicale, De par son histoire, le flamenco a un lien très fort ce qui explique que je sois invité aussi bien dans avec le Maghreb et l'Orient, la musique l'illustre les festivals de flamenco que de jazz. À l'époque, notamment dans certains modes assez proches. en Espagne, mis à part Paco qui voyageait énor- Quant à moi, je suis fils de Pieds-Noirs d'Algérie, mément, les guitaristes flamenco étaient cantonnés un pied sur les rives méditerranéennes, l'autre en à des scènes dédiées au style et n'avaient donc pas Andalousie. J'ai voulu raconter cette histoire. Il la possibilité de s'ouvrir à d'autres musiques car il s'agit d'une rencontre entre ces deux mondes, entre existait peu de festivals de jazz par exemple. la guitare flamenca et la mandole de Mohamed Abdennour, "Ptit Moh", un maître de la musique Les puristes vous ont-ils reproché votre propension à châabi. La première représentation a eu lieu le 17 sortir des sentiers battus ? septembre lors du Festival Nomades de Bordeaux Il y a quelques années, j'étais parti vivre à Jerez de et continuera cette année. la Frontera, je voulais retourner à la source, dans Ben le berceau du flamenco traditionnel, "La mineur, En concert le 25 octobre au New Morning Sol, Fa et Mi". Or, j'ai eu la chance d'accompagner des piliers de cette musique, comme Aguejetas et Duquende. Durant dix ans, je me suis dédié à la tradition à l'état pur, du coup les puristes ne m'ont jamais tenu rigueur de chercher d'autres voies. Ce retour en Espagne était une volonté, celle de forger mon alphabet avant de partir vers d'autres vocabu- Vous avez enregistré cet album dans les conditions du laires. Il faut savoir marcher avant de courir... live, lors de votre dernière tournée en Asie. Pourquoi ce choix ? Malgré son titre et son lieu d'enregistrement, cet album Avec mon septet, nous avons donné un spectacle penche plus vers les musiques du Proche-Orient que en Corée du Sud, à Taiwan et en Chine ; durant de l'Asie. cette tournée, nous avons joué dans des théâtres Oui, il n'y a aucun lien entre l'Asie et le flamenco, magnifiques et de très grande envergure. Or, un mais j'ai appelé cet album "Perle d'Orient", car c'est jour, derrière la scène de l'un deux, je découvre un le surnom de Shanghai, une ville fascinante. En superbe studio d'enregistrement dernier cri, très fait, je voulais rendre hommage à la Chine et non prisé par les artistes locaux. Cela m'a donné l'idée à sa musique. de graver notre spectacle, exactement comme si nous le jouions sur scène. Cela faisait trois semaines D'où le titre de cette pièce "Bulerias prohibidas" ? que nous tournions ensemble, je voulais laisser une Exactement, c'était un clin d'œil à la Cité interdite. trace de cette belle aventure. Auparavant, j'avais Dans ce titre, je prends beaucoup de risques har- tendance à proposer des albums très produits, alors moniques et rythmiques, qui risquent de déconte- que pour ce projet, il s'agissait d'être dans l'énergie nancer les puristes du genre. du moment ; il n'y a pas de clic, de re-recording, on a juste allumer les micros, d'où le côté moins Comme dans vos disques précédents, cet album pro- aseptisé de ce disque. pose de nombreux métissages, avec notamment la © Molina

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ENTRETIEN

TRYO

© Yann OrhanLE QUATRE V…RIT…S (il y a toujours comme une deuxiËme couche ‡ l'intÈrieur). Ce qui reste Èvident, c'est que, vingt ans aprËs ses premiers Èbats,Tryo a renouÈ avec la simplicitÈ des dÈbuts et cette veine caustique encore plus appuyÈe, qui Èvoque les fameux "doubitchous"ou dÈbats, le quartet reste toujours aussi atypique, pour le plus grand bonheur de ceux qui les suivent toujours aussi fidËlement.Avec ce septiËme album, Vent Debout, on a l'impression de retrouver un vieil ami qu'on avait un peu perdu de vue. 32 • AC #54 Entretien avec líhomme au chapeau et guitariste soliste, Manu Eveno. Sans dire que vous vous êtes fait oublier, on a le sen- À l'écoute de Vent Debout, on se dit, qu'aujour- Il y a malgré tout une continuité, certaines des timent que, depuis l'album de reprises, Né Quelque d'hui comme hier, vous ne correspondez à rien ou pas nouvelles chansons font clairement écho à d'autres, Part, Tryo a fait prof il bas... grand-chose d'autre... Quoi qu'il arrive, vous restez surtout aux premières... C'était une volonté. Quand on fait une pause, on à "contre-courants", tout en rassemblant un public Il y a clairement un retour aux sources et des thé- ne cherche pas à remplir l'espace et à envoyer du nombreux, varié et f idèle. matiques qui reviennent, c'est vrai. Pour faire une contenu pour qu'on ne nous oublie pas. Si on n'a Quand on est arrivés, on a, effectivement, pris une généralité, je crois que dans le développement de rien à dire, on ferme notre gueule, quoi... On fait place que personne n'avait prise. Mais ce n'était tout artiste, il y a des racines et après des branches d'autres choses, on est sur d'autres projets. Et, pour pas calculé, c'est le résultat de notre rencontre. qui vont chercher ailleurs. Ça part dans toutes les la plupart, il y a une vie de famille. C'est tout aussi Le succès du groupe, après trois ans d'existence, directions, et c'est ce qui est arrivé à Tryo. On a important, voire plus que Tryo. Même si le groupe on l'a pris comme un raz-de-marée dans la gueule. pris en assurance, en curiosité. Il y a eu des voyages est aussi une histoire de famille. Guiz, lui, n'arrête On n'a rien compris à ce qui nous arrivait... C'est et, en ce qui me concerne, je me comportais comme jamais parce qu'il a toujours des choses à dire. Il peut-être là qu'il y a eu les plus grosses prises de un décorateur de cinéma. Une fois qu'on avait la fait partie du projet Collectif 13 ; moi, je suis un fan bec entre nous. Nos egos n'étaient pas encore placés, chanson, il fallait voir de quoi elle parlait et rajouter de Zappa et, depuis deux ans et demie, je suis sur chacun se cherchait encore. Je me souviens que, le décor. La musique a pris plus de place dans les le projet ZBMF (Zappy Birthday Mister Zappa). pour moi, faire 200 dates par an était une souf- deux albums précédents (Ladilafé et Ce que l'on sème), Cet été, on a fait une date géniale au festival Zappa- france. Je jouais dans cinq groupes et j'ai dû tout mais ça a détourné de l'identité sonore de base du nale (sur le circuit de Bad Doberan en Allemagne). lâcher, l'un après l'autre. J'étais un boulimique de groupe. Pourtant, ça restait dans le même esprit, © Yann Orhan Extraordinaire, un grand moment ! Christophe "Quoi qu'il arrive, des chansons engagées et humanistes, mais, pour fait aussi plein de choses, il écrit pour d'autres beaucoup de gens, le ressenti n'était plus le même. artistes et il est intervenant au chantier des Franco- un groupe, Áa reste un peu Pour eux, Tryo s'écartait de son identité. Ça peut folies depuis des années. Il a aussi ce regard sur la un truc de sales gosses se comprendre. Sur Vent Debout, nous sommes mise en scène avec toutes sortes d'artistes, tout en restés dans la musicalité originale de Tryo. On écoutant des styles de musiques différents. Quant Èpris de libertÈ." voulait travailler encore avec Dominique Ledudal, à Daniel, en dehors de sa vie de famille, il fait aussi qui est avec nous depuis longtemps. Mais on avait partie du Collectif 13. Mais, même quand nous ne musique et je me retrouvais dans un groupe où on une exigence, on lui a dit : "Dom, voilà, c'est un sommes pas en activité avec Tryo, on se voit et on était tous des têtes de lard en même temps que des retour aux sources, avec les guitares, les voix et les per- se parle, parce que nous sommes patrons de notre mecs passionnés. J'ai beaucoup appris sur le rela- cus en avant. On ne va pas se perdre dans les arran- histoire, à tous points de vue. tionnel et les rapports humains dans l'histoire de gements, on veut un truc super pur et efficace." On ne Tryo. Quoi qu'il arrive, un groupe, ça reste un peu voulait pas de pièges, rien qui vienne brouiller les Si vous aviez dignement célébré vos dix ans, vous un truc de sales gosses épris de liberté. pistes. avez été discrets sur votre vingtième anniversaire... En fait, c'était l'an dernier et on ne met pas cet La plupart des groupes ou artistes, surtout en vingt En même temps, il y a de tout dans votre public, aspect en avant. On s'est posé la question et, en ans, ont plus ou moins des successeurs, mais il n'est pas depuis ceux qui apprécient votre musique sans trop même temps, on n'avait rien à dire à ce moment-là. évident de trouver quels sont les "enfants" de Tryo. écouter ce que vous racontez, jusqu'à ceux qui enten- On ne voulait pas remonter sur scène si on n'avait Si je te disais le nombre d'artistes, tu serais impres- dent les chansons sans faire attention aux arrange- pas quelque chose de neuf. On a pris le temps et, sionné. Par exemple, les jeunes rappeurs Bigflo & ments... à la fin de l'année dernière, on s'est dit que ce serait Oli nous ont confié qu'on faisait partie de leur cul- C'est comme pour le cirque, il y a des gens qui pour l'été suivant, avec de nouvelles chansons. On ture musicale. Comme d'autres, ils nous ont dit viennent pour les fauves, d'autres pour les clowns, a écouté ce que chacun avait fait, on avait matière qu'on leur avait donné envie d'écrire des chansons. d'autres pour les magiciens... Chacun prend ce qu'il pour faire un disque et on a commencé à enregistrer. Mais c'est vrai que Tryo reste inclassable. Si tu te veut. C'est très bien, c'est la liberté de la musique. C'était un joyeux bordel, on a été la tête dans le dis "chanson française", tu te goures ; si tu classes guidon pendant sept ou huit mois. "reggae-ragga", pareil... Jean-Pierre Sabouret

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ENTRETIEN

Max et les Ferrailleuses © Didier Portal sur les chemins buissonniers d'un jazz sans frontiËres. Entre rÍveries urbaines et manifeste esthÈtique.de subtils motifs mÈlodiques et d'intrigues harmoniques, Max Robin embarque ses FerrailleusesDans son album Passage des Soupirs JEUX DE JAZZ (Label Ouest/L'Autre Distribution), tissage

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Pour commencer, pourquoi ce clin d'œil au f ilm de Claude Sautet pour nommer ton groupe ? Vu mon prénom et la nature du projet que j'avais avec la violoniste Mathilde Febrer, puis par rela- tion, avec la batteuse Elisabeth Keledjian, ce clin d'œil au film de Claude Sautet s'est rapidement imposé. Il y a une explication moins anecdotique : j'aime beaucoup la période de la fin des années 60, entre 1965 et le début des années 70, date de la sortie du film. J'aime cette époque à tous les niveaux : son bouillonnement intellectuel et musi- cal - on ne va pas citer tous les grands groupes qui sont nés à ce moment -, l'ouverture qui a marqué ces années-là, cette espèce d'électricité, d'euphorie (on n'avait pas encore traversé les crises écono- miques qui ont suivi…). Enfin, j'ai beaucoup traîné mes bottes dans la musique dite "manouche", dans laquelle on utilise fréquemment le terme "ferrailler" à la guitare. C'est d’ailleurs une simple "allusion" à cette histoire, car la musique de cet album ne se situe pas du tout dans cette esthétique. Pour en revenir à Claude Sautet, un bon ami a eu l’idée de proposer une formule "concert-projection du film" dans des petites salles de cinéma ou d'art et d'essai. On va creuser la piste ! L'une des forces du disque réside dans tes jeux sur les motifs et les trames harmoniques, les "juxtapositions © Didier Portal d'accords" comme le dit Philip Catherine. Je me reconnais dans cette formule : dire le plus avec mes compositions, je devais trouver des solutions, "QUAND JE COMPOSE, le moins. C'est à la fois conforme à mes capacités quand j'étais soliste par exemple, pour pallier le fait JE NE SUIS PAS DANS guitaristiques, qui ne sont pas celles d'un virtuose, de ne plus avoir d'harmonie en soutien. Il fallait et en accord avec mes choix esthétiques. J'ai com- trouver des protocoles, des manières de fonctionner, L'EXERCICE DE STYLE, mencé ce travail sur les mélodies et les arrange- pour trouver l'équilibre. Par exemple, écrire des JE CHERCHE ¿ TRADUIRE ments au début des années 90, avec mes premiers lignes communes pour Mathilde et moi, qui ne disques. J'ai beaucoup développé cet aspect de la sont pas le thème, mais des sortes de chorus joués UNE …MOTION." musique, mais ayant d'autres activités, notamment à l'unisson, comme dans "Passage des Soupirs". De dans la presse musicale comme tu le sais, pas mal manière générale, je dirais que c'est "tissé", dans avait pointé un "manque", en l'occurrence un accord de compositions dormaient dans mes cartons... les textures et les motifs, j'essaie aussi de faire dis- de transition ? Quand j'ai décidé de me lancer, il a fallu que je paraître le rôle de chacun, soliste ou accompagna- Florin et moi nous étions chargés de la production reprenne toute cette matière et que je trouve des teur, à travers les thèmes, en laissant la musique se de cet album. J'étais très impressionné par Babik, solistes qui puissent porter ma musique à la bonne développer d'elle-même. qui était un véritable auteur de thèmes, avec une hauteur. D'où la présence de Mathilde Febrer et patte originale. J'en avais écrit un, plus ou moins d'Antonin-Tri Hoang (clarinette, saxophone alto), Tu proposes un jazz métissé aux accents orientaux, inspiré par son style, que je le lui avais montré. En que j'ai connu tout gamin, et qui est devenu un brésiliens, celtes, tu évoques le hard bop et le funk sur le jouant, il avait un tiqué sur un passage : "Là, il formidable musicien. J'ai composé la pièce "Château "More Raï's Idea". Quelle était ta direction artistique? manque un accord !". Ce n'était pas grand-chose, des Brouillards" en pensant à lui comme soliste. Je ne peux pas vraiment parler de "direction" au juste une petite articulation pour aller du A au B, départ, car certaines compositions remontent à une une virgule harmonique. Pressés par le temps, nous Tu te dévoiles beaucoup dans cet album, notamment quinzaine d’années. Mais j’espère qu’il y en a une sommes passés à autre chose, mais cette énigme m'a en évoquant ta compagne ("L'Algérienne"), le décès de "à l’arrivée" ! Surtout, la manière dont mes parte- poursuivi jusqu'à ce que je trouve la solution ! ton père ("De père en f ils"), tes points d'ancrage, Paris naires se sont investis dans le projet a eu beaucoup et la Bretagne. Envie de briser un peu l'armure ? d'importance, spécialement Mathilde, car il y a Tu dédies le titre "Château des Brouillards" au poète C'est vrai que la musique est le domaine où je me eu un travail régulier en duo avant de répéter en breton Paol Keineg (auteur, entre autres, du "Poème livre le plus... Quand je compose, je ne suis pas quartet. Elisabeth s'est aussi beaucoup investie, du pays qui a faim"). Pourquoi cet hommage ? dans l'exercice de style, je cherche à traduire une tout comme le contrebassiste Blaise Chevallier Malgré mes études de lettres, j'ai découvert ce poète émotion. (remplacé depuis par Antonio Licusati, ndlr). Je leur par hasard, lors d'un séjour à l'Île-Tudy chez une suis très reconnaissant d'avoir accepté de s'engager, amie. Sa poésie m’a beaucoup touché. Je me suis Dans le livret, tu expliques que le titre "Passage d'accepter les heures de répétition alors que nous ensuite plongé dans son œuvre, cela m'a d’ailleurs des Soupirs" est une sorte de "manifeste esthétique des faisions des "gigs" dans des cafés-concerts. C'est inspiré un projet de lecture musicale de l'un de ses Ferrailleuses, pour faire sonner l’orchestre !" On sent très rare ! poèmes de jeunesse, "Vent de Harlem", écrit juste en effet que tu réfléchis plus en termes de groupe que après la mort de Malcolm X (Paol Keineg a vécu purement "guitarististiques". Tu rends hommage à Babik Reinhardt dans le titre trente ans aux Etats-Unis, ndlr), où il est un peu J'ai toujours eu le goût de faire sonner un orchestre. "Dedicated to Babik". Peux-tu nous parler de ce thème question de jazz… Ben C'est aussi quelque chose que j'ai appris en tant que tu lui avais proposé pour l’album du violoniste qu'accompagnateur. Il y a beaucoup d'accords dans Florin Niculescu Gipsy Ballad, mais dans lequel il En concert le 17 novembre au Sunset

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ENTRETIEN

© DR

Ezra

HESPER

LaurÈat des derniËres "RÈvÈlations Guitarist Acoustic", le jeune songwriter perpignanais d'origine nÈerlandaise, dÈsormaisde ballades folk sur le fil, de mÈlopÈes soul et de refrains pop, avec une touche d'Èlectro pour les transes, sans oublierinstallÈ ‡ Bruxelles, nous avait conquis avec un premier E.P. bluffant,NOUVELLE FOLK STAR ? 36 • AC #54 une voix androgyne qui n'est pas sans rappeler celle d'Asaf Avidan. Une rÈvÈlation, assurÈment. White Paper Land (Blackbird), une compilation Ta musique penche vers la folk des années 70 (tu as Parlons guitare. Comment l'as-tu travaillée ? d'ailleurs repris "The Boxer" de Simon & Garfunkel), J'ai pris des cours pendant cinq ans en école de mais aussi vers la scène indie-folk à l'image de Bon musique, avec solfège et tout le tralala, puis j'ai Iver ou Damien Rice. Quelles sont tes influences? arrêté car j'avais d'autres préoccupations. Je n'ai Je n'en ai pas vraiment... Je n'ai pas d'idoles mais jamais cherché à être un virtuose de la guitare, mais j'écoute beaucoup de musique. J'adore la mélodie j'aime maîtriser mes parties instrumentales. Et sur- et les voix typées : quand j'entends une chanson, tout j'adore ces moments où j'entends des choses il faut que la première phrase me prenne, qu'il n'y que je ne sais pas jouer (rire) ! ait pas de round d'observation. Avais-tu des guitar-heroes ? La tienne ressemble à s'y méprendre à celle d'Asaf Non, mais j'ai des sons de guitare qui m'ont beau- Avidan ! coup marqué, de beaux strummings ou des pickings J'ai une anecdote : lors du premier casting de la délicats. Au niveau des courants musicaux, j'ai eu "Nouvelle Star", une personne m'a fait cette re- plusieurs périodes, le folk, le rock, le punk, je me Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? marque : "Tu devrais travailler ta voix car elle est suis même passionné un moment pour le jazz J'ai vingt-trois ans, je suis né aux Pays-Bas avant trop nasillarde". Mais quel intérêt de faire ce type manouche. "The Promise" de Tracy Chapman est de partir vivre à Perpignan. Je joue de la guitare de commentaire ! On chante comme on a envie de l'une des mes chansons favorites. Je suis une véri- depuis l'âge de neuf ans, car ma mère pratiquait chanter, non ? Cet épisode m'a rappelé l'histoire table éponge : j'absorbe un peu de tout, jamais tout l'instrument, et j'ai voulu faire comme maman de Janis Joplin, quand on lui disait qu'il n'y avait d'un même artiste. Au niveau du matériel, j'adore (rire) ! Mais ce qui me passionne, c'est d'écrire des pas de carrière possible pour une artiste qui crie ! l'univers Martin, je me suis acheté une Martin 000, chansons : dès que ma mère m'a appris mes trois "Nous, on veut de la grâce avec des femmes qui ont de en acajou, un bois mat, elle est superbe ! premiers accords, j'ai composé cinq chansons. Je jolies voix suaves". J'ai une voix un peu nasale, c'est ne me destinais pas spécialement à une carrière mon timbre, ma patte, voilà tout ! Attention, je ne Quelle est ton actualité : un projet de premier album ? artistique, j'étais étudiant en audiovisuel, voué à suis pas un grand chanteur, je n'ai jamais pris de Je sors un deuxième E.P. entièrement acoustique, faire une prépa en école d'ingénieur, mais au dernier cours, mais j'aime chanter comme quelqu'un qui ne guitare-voix, avec un peu de contrebasse et de piano, moment je me suis dit que je voulais faire quelque sait pas chanter. que j'ai enregistré cet été dans un appartement à chose qui ait plus de sens à mes yeux. Je viens de Bruxelles, où je me suis installé. Des titres live, en monter mon dossier d'intermittence, j'ai fait le De manière générale, tes chansons sont d'une grande une seule prise, tu entends d'ailleurs les bruits de choix de ne vivre que de la musique, même s'il est douceur, comme des tableaux impressionnistes, les cordes la ville alentour. Cet appartement est un endroit toujours compliqué de savoir ce qu'on veut faire en guise de coups de pinceaux... qui m'a inspiré, je voulais en faire une photographie de sa vie. C'est une description qui me plaît beaucoup, elle sur le moment, mes "Brussels sessions" en quelque est assez juste je trouve. Je suis quelqu'un d’assez sorte, il y a d'ailleurs son adresse sur la pochette. J'ai lu que tu avais participé à l'émission "La Nou- partagé : je suis à la fois très perfectionniste mais L'E.P. s'appelle The Appartement, il est disponible velle Star" en 2014. Qu'as-tu tiré de cette expérience ? j'adore tout ce qui est brut. Poser, plaquer, ne pas depuis septembre sur certains sites et sera vraiment C'était un épisode plutôt sympa, même si ce n'est retoucher... C'est ce mélange qui fait ma musique. dans les bacs fin octobre. Milo Green pas mon univers, je ne regarde pas ce type d'émis- sion. Un jour, une amie m'annonce qu'elle m'a acheté un billet de train pour aller passer le casting à Montpellier. C'était avant tout pour déconner mais avec l'idée qu'on verrait bien ce qu’il se passe. Je lui ai dit "chiche !". J'ai passé le casting de Mont- pellier, suis passé devant le jury à Marseille et j'ai "fait" tout le théâtre à Paris. Une expérience inté- ressante, même si cela reste de la télé... Tu as sorti ton premier E.P. White Paper Land en novembre 2015, une compilation d'arpèges acous- tiques délicats et de ballades folk. Quelle était ton envie de départ ? J'avais plusieurs chansons que je traînais depuis des années, je voulais que le projet Ezra Hesper prenne corps, montrer ma musique aux gens. Du coup, j'ai repris ces compositions, je les ai réarran- gées avec trois musiciens - Patrick Felice à la basse, Clément Pernet à la batterie et aux percussions, Julien Lebart au piano - et Sylvain Philipon comme ingénieur du son. Ce travail a permis d'illustrer mes années d'apprentissage et de composition. Sur les sept titres sélectionnés, nous n'en avons gardés que trois, puis j'ai écrit deux autres chansons, car à cette période ma sœur est tombée enceinte. Cet événement m'a inspiré la chanson "White Paper Land", c'est la chanson du tonton ! De manière générale, j'aime raconter des petites histoires, des tranches de vie. © DR

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LÉGENDE

© DR

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BERT

je serais toujours jardinier.""Sans Brownie McGhee,

JANSCH(1943-2011)

LE PARRAIN DU FOLK

Living in the Shadowsde ses albums, dont le superbeles gÈnÈrations, de Jimmy Page, Paul Simon et Neil Young, jusqu'‡ Johnny Marr,Alors que le label londonien Fire Records a rÈcemment rÈÈditÈ plusieursest aujourd'hui considÈrÈ comme une influence principale par toutes et On the Edge of a Dream Avocet, et s'apprÍte ‡ sortir deux coffrets intitulÈs, le guitariste Ècossais Bert Jansch Bernard Butler ou les Fleet Foxes. Un gÈnie pompÈ par nombre d'artistes,mais mÈconnu du grand public. Voici son histoire. DE GLASGOW...Herbert "Bert" Jansch est né le 3 novembre 1943,dans le quartier de Springburn à Glasgow. Sa ... À EDIMBOURG famille s'installe ensuite à Edimbourg. À 13 ans,il se construit une guitare lui-même. Deux ans plustard, encore lycéen, il achète une Höfner à caisse, Bert Jansch quitte le foyer familial et commencepar visiter le Howff, un club folk d'Edimbourg.Le propriétaire, Roy Guest, l'engage au noir pour qu'il échange pour une Zenith modèle LonnieDonegan, le roi écossais du "skiffle", égalementnatif de Glasgow. Il est intéressant de noter qu'au s'occuper du club, Bert y dort et fait tout ce qu'ily a à faire. C'est là qu'il rencontre le chanteur defolk écossais Archie Fisher, ainsi que Jill Doyle. même moment,ney des Quarrymen joue également sur une Zenithsemblable, selon les photos d'époque. en 1958, à Liverpool, Paul McCart- Cette dernière est la demi-sœur du guitariste DaveyGraham ; elle lui fait découvrir le blues de BrownieMcGhee, Big Bill Broonzy et les disques de PeteSeeger et Woody Guthrie. Bien plus tard, BertJansch déclarera : copié que trois personnes dans ma vie : Big Bill Bro-toujours jardinier"onzy, Archie Fisher et Davey Graham"rencontre Davey Graham, il est impressionné par, avant d'ajouter : "Sans Brownie McGhee, je serais "Je n'ai jamais sa fusion du blues, du jazz, du folk celtique et dela musique orientale. Il est également contaminépar l'addiction de Graham aux voyages lointains,. Lorsqu'il en stop ou en train, jouant aux terrasses de café pourréunir un peu d'argent. ON THE ROADÀ partir de 1961, Bert Jansch commence à visiterles clubs folk de Londres et du reste du Royaume- Uni, où il rencontre Martin Carthy, Ian Campbellet surtout Anne Briggs, dont il apprend les chan-sons, comme "Reynardine" ou "Blackwaterside". Il voyage dans toute l'Europe, joue à Paris, rue dela Huchette ou au Vert Galant en pleine époquebeatnik, puis à Amsterdam, en Allemagne, en Italie et en Espagne. Il va plusieurs fois au Maroc, dontil est rapatrié après une sérieuse crise de dysenterie,à Tangers. De par ces toutes influences et ces nom- unique.la tonalité, la dissonance, ses progressions d'accords, breux voyages, son jeu de guitare acoustique est ses accentuations et son timing, tout est absolumenttotalement différent du style conventionnel. Dans

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LONDRES, 1965

Il s'installe à Londres qui est devenu le spot Avec Led Zeppelin, Jimmy Page reprend le mor- de la folk-music. Il joue au Troubadour sur ceau à l'identique, d'abord en concert sous le titre PENTANGLE Old Brompton Road et au club Les Cousins "White Summer", puis "Black Mountainside" sur Bert Jansch et John Renbourn jouaient en duo et dans Soho. Il y rencontre Roy Harper, Wizz l'album Led Zeppelin I. Bert Jansch laissa faire : étaient avec Davey Graham les créateurs du "folk Jones, John Renbourn, Ralph McTell et des "Transatlantic voulait aller en justice pour le copy- baroque", mélange de musique élizabethaine, telle artistes de passage tel Paul Simon. Après une right, mais il aurait fallu que je partage les frais que jouée par le guitariste Julian Bream, avec le rencontre avec l'ingénieur du son et producteur d'avocat et je n'en avais pas les moyens". Jimmy Page folk moderne, le blues et le jazz, de Charlie Mingus, Bill Leader, Bert emprunte à Martin Carthy récidivera sur Led Zeppelin III avec "Bron-Yr-Aur entre autres. Après un album en duo, ils fondent le son modèle Martin 00028 et enregistre une Stomp", lifté d'après la trame de "Waggoner's Lad" groupe Pentangle, qui obtient un énorme succès, bande sur un magnétophone installé dans la de Jansch. Il faut souligner que Led Zep avait alors mais doivent beaucoup tourner pour rester au som- salle de séjour de Bill. Celui-ci revend la bande un manager légendairement redouté et redoutable, met de la scène folk-rock. C'est difficile pour Bert, pour 100 livres au label Transatlantic, qui la Peter Grant. Un autre "copieur" de renom est Paul habitué à papillonner de club en club, plus ou moins sort en disque telle quelle, sous le titre Bert Simon, qui calqua sa version de "Angie", rebaptisée au hasard. Il doit abandonner sa carrière solo. Il Jansch. Il en vendent 150 000 copies ! La chan- "Anji". D'après Bert, "je n'arrivai pas à croire qu'il ait joue alors sur une guitare du luthier John Bailey. son "Do You Hear Me Now" est reprise par pu copier même mes erreurs…" Malgré le succès, qui ouvrira la voie à plusieurs Donovan sur son album Universal Soldier, n°1 autres groupes comme Fairport Convention ou en Angleterre. Donovan dédiera aussi deux Lindisfarne, Pentangle se sépare en 1973, mais titres à Bert Jansch, "Bert's Blues" et "House proposant de nombreuses reformations, tournées et of Jansch". Ce premier album de Bert contient enregistrements ponctuels jusqu'en 1995. aussi "Needle of Death", dont s'inspirera plus tard Neil Young, autre fan de la première heure, AVOCET pour "The Needle & The Damage Done" et Après quelques années de repos dans sa ferme, "Ambulance Blues". Bert Jansch revient à la musique avec de nouveaux musiciens, notamment Pick Withers, futur batteur BLACK MOUNTAINSIDE de Dire Straits, ou Albert Lee, sur l'album Heart- Jansch enregistre ensuite, coup sur coup, les break. Puis, en trio avec Martin Jenkins et le bas- albums It Don't Bother Me et le monumental siste Danny Thompson, il enregistre le merveilleux Jack Orion, dans lequel il réarrange avec brio Avocet, dédié aux oiseaux de Grande-Bretagne. le "Blackwaterside" de son amie la chanteuse "The Cuckoo", "Kingfisher" (le martin pêcheur), Anne Briggs, en instrumental. Jimmy Page, "Lapwing" (le vanneau) etc. Malgré la vogue du qui est alors guitariste de studio, déclarera : punk rock et la new wave, le disque enregistré en "J'étais totalement obsédé par Bert Jansch, il était 1977 et sorti deux ans plus tard, est apprécié des tellement en avance sur tous les autres. Personne critiques. Bert joue sur des guitares du luthier Fylde, ne pouvait jouer comme lui, même aux Etats- comme le fait Eric Bibb aujourd'hui. Il travaille Unis". © Alissa Anderson ensuite avec Geoff Bradford, premier guitariste

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des Rolling Stones avant Keith Richards et Brian Girls". Pour son 60ème anniversaire, Bert Jansch se Knight des Blues By Six, sur des disques où figure produit au Royal Festival Hall. A cette occasion, ses son épouse, la chanteuse Loren Auerbach. Bert a endorseurs de chez Yamaha lui offrent une guitare toujours été un grand buveur, mais en 1987, il tombe custom évaluée à environ 3000 livres, qu'il juge sur scène. La doctoresse lui explique qu'il doit "trop bonne pour jouer sur scène et en tournée". Après choisir entre l'alcool et la mort. Il lui écrira une une chirurgie cardiaque en 2005, il enregistre avec chanson : "The Lady Doctor From Ashington". Beth Orton, puis les Babyshambles de Pete Doherty Sa créativité et la qualité de son jeu seront sauvés sur leur album Shotter's Nation. Il a de nouveaux par sa décision de devenir sobre. problèmes de santé en 2009, mais tourne l'année . suivante en première partie de Neil Young sur le GODFATHER OF FOLK Twisted Road Tour. D'après ce dernier, "Bert Jansch En 1992, le documentaire "Acoustic Routes" de la est le Jimi Henrix de la guitare acoustique…". L'une BBC le remet en lumière, en compagnie de ses de ses dernières séance d'enregistrement concerne invités Al Stewart, Ann Briggs, John Renbourn et le disque de Paul Wassif, Looking Up, Feeling Down, Davey Graham. Il se produit souvent au 12 Bar avec Eric Clapton. Le guitariste de folk Gordon Club sur Denmark Street à Londres, où il enre- Giltrap lui consacre un album entier, intitulé Jan- gistre un album live en 1996. En 2001, il est le seul schology. Enfin, en 2011, une réunion de Pentangle à écrire une chanson factuelle et réaliste sur la des- est organisée avec une apparition au festival de truction des Twin Towers, qu'il décrit comme un Glastonbury et un dernier show au Royal Festival autre naufrage du Titanic. Sa biographie, "Dazzling Hall. Bert Jansch est décédé le 5 octobre 2011 à Stranger", écrite par Colin Harper, amène les jeunes Hampstead, après une longue bataille avec un cancer guitaristes à le (re)découvrir. Il joue avec Bernard du poumon. Il est, vous l'aurez compris, irrempla- Butler (du groupe Suede) et Johnny "Guitar" Hodge; çable. l'un de ses titres figure dans le film anglais "Calendar Romain Decoret © DR "Bert Jansch BERT LE PICKER est le Jimi Henrix Le style de Bert Jansch se situe entre le folk celtique, de la guitare le blues, le jazz et des influences venues du MoyenOrient et de l'Afrique du Nord, acquises lors de ses acoustique." premiers voyages au Maroc. Sa main droite joue unpicking classique avec le pouce et trois doigts, mais Neil Young sa main gauche se distingue par des accords de substitution inhabituels, avec des voicings diffÈrents, des altÈrations et des notes supplÈmentaires. Son plus grand succËs, "Needle of Death", une chanson anti- drogue, est jouÈe en picking simple, mais avec des neuviËmes ajoutÈes aux accords, non pas sur les notes les plus hautes comme l'on pourrait s'y attendre, mais dans le registre mÈdium des arpËges en fingerpicking, crÈant ainsi un son ‡ la fois plus consistant et plus "roots", qui influenÁa beaucoup Jimmy Page et dans une moindre mesure, Donovan. Une autre de ses ca- ractÈristiques rÈside dans sa faÁon de garder un accord en rÈsonance sur les cordes graves, tout en tirant les cordes aiguÎs un demi-ton au-dessus de la note fondamentale. On peut l'entendre jouer ainsi dans sa version de "Angie" de Davy Graham ou dans "Reynar- dine". InfluencÈ par le jazz et la musique orientale, Bert pou- vait aussi utiliser des rythmes diffÈrents sur quelques mesures, afin d'adapter la musique aux paroles. Par exemple sur "The First Time I Ever Saw Your Face" d'Ewan McColl, o˘ il passe du 4/4 au 3/4 et 5/4, ou encore dans "Light Flight" de Pentangle qui va du 5/8 au 7/8 et des sections en 6/4. ¿ noter qu'il fut l'un des tout premiers utilisateurs en Europe du DADGAD, en open de RÈ. Enfin, son jeu Ètait singuliËrement puissant, sa main droite attaquant les cordes avec force, particuliËrement son pouce, comme me l'a fait remarquer Donovan lors de sa venue ‡ l'Olympia l'ÈtÈ dernier. Bert Jansch jouait aussi du banjo, du Dulcimer, de la fl˚te et du concertina.

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SOMMAIRE PÉDAGO

Etude de style 44 Le blues dans tous ses Ètats par Florent Passamonti Masterclass Blues & Americana GaÎlle Buswel & Michaal Benjelloun 54 Blues Story 58 par Chris Lancry Acoustic Blues 62 par Jimi Drouillard Le Jazz par le Blues par Eric Gombart 66 Style picking 70 par FranÁois Sciortino La leÁon de Flamenco 73 par Jean-Baptiste Marino La Partition ImprovisÈe 74 par ValÈrie Duch‚teau & Antoine Tatich Tracklist 80

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ETUDE DE STYLE

PAR FLORENT PASSAMONTI

Le Blues dans tous ses états Síil y a bien un style qui ne vieillit pas et qui fÈdËre les guitaristes de tous horizons, cíest le blues ! 1-6 tel a ÈtÈ notre second objectif. De Robert Johnson ‡ Joe Bonamassa en passant par Eric Clapton, ces grandsa ÈtÈ au cúur de notre rÈflexion. SíÈloigner des sentiers battus mais aussi rester fidËle au base du style,Dans ce numÈro de Guitarist Acoustic, nous vous avons concotÈ un dossier spÈcial o˘ le mot "plaisir" 1-6 noms de la guitare níont jamais cessÈ de faire vivre les sacro-saintes douze mesures. ¿ votre tour ! "Dust My Broom" est un standard du blues. Ses premiers accords, immédiatement reconnaissables, sont traditionnellementjoués au bottleneck (avec une guitare en open-tuning). À partir de la meure 14, la progression change (départ sur l’accord¿ LA MANI»RE DíELMORE JAMES - TONALIT… DE MI © DR de La) pour apporter un peu de contraste aux douze mesures habituelles. 1 1

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ETUDE DE STYLE

1 1

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ETUDE DE STYLE

LE TURNAROUND : 5 EXEMPLES - TONALIT… DE MI

2 Le turnaround est un motif mélodique situé sur les deux dernières mesures de la grille. Si le dernier accord est celui du cinquième degré (B, ici), alors on repart pour un nouveau tour de grille. À l’inverse, s’il s’agit du premier degré, le morceau est fini. 2 ï EXEMPLE 1 ï EXEMPLE 2 ï EXEMPLE 3 ï EXEMPLE 4

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ETUDE DE STYLE

ï EXEMPLE 5 2 2

LE SLOW BLUES DE 8 MESURES - TONALIT… DE LA

Le "blues lent" est implicitement synonyme de battue ternaire. Celui présenté ici ne déroge pas à la règle. La grille de base est parfois agrémentée d’effets de jeu, comme aux mesures 3, 6 et 7. Certaines notes de basses sur la corde Mi grave sont bloquées avec le pouce de la main gauche de façon à libérer les autres doigts. Si vous souhaitez improviser dessus, utilisez les gammes majeures ou mineures pentatoniques de La. 3 3

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ETUDE DE STYLE

LE SHUFFLE

¿ LA STEVIE RAY VAUGHAN

4 Guitariste texan qu’on ne présente plus, "SRV" a inventé une façon d’accompagner, où l’esprit du shuffle se mêle à une énergie brute de décoffrage. Un petit temps d’adaptation sera sans doute nécessaire avant d’être à l’aise avec cette technique. La deuxième grille mélange accompagnement et ponctuations mélodiques.

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ETUDE DE STYLE

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LE JAZZ-BLUES - TONALIT… DE SOL

À mi-chemin entre le jazz et le blues, ce style est une porte de sortie obligée pour aller chercher des couleurs plus riches (accord diminué, sixième degré, septième, etc.). En deux parties, cet exemple expose déjà la grille sans artifices avant de faire entendre un développement à bases de walking bass. Pensez à faire swinguer les croches. 5 5

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ETUDE DE STYLE

5 5

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ETUDE DE STYLE

CINQ PLANS BLUES - TONALIT… DE MI

Voici cinq plans blues mélangeant les gammes de Mi majeur et Mi mineur pentatonique. Appréhendez ces plans comme des exercices mélodiques et essayez de visualiser en avance les déplacements main gauche. 6 6

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ETUDE DE STYLE

6 6 Pour continuer l’exploration de ce style, nous vous invitons à découvrir les livres pédagogiques écrits par Florent Passamonti : • "Plans Blues à la guitare" (Hit Diffusion) • "Voyage en guitare : Eric Clapton" (Hit Diffusion) • ""8 petits Blues" (Henry Lemoine) • "Guitar Part, La méthode ultime du Blues" (Editions Duchâteau-Voisin)

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MASTERCLASS

GAÀLLE BUSWEL

La ballade Blues-Americana AccompagnÈe de Michaal Benjelloun, la "songwriteuse" folk-rock franÁaise,adepte de Bonnie Raitt et Jonny Lang, est passÈe par nos studios © Guillaume Eymard "I dreamed" tirÈ de son premier albumpour une masterclass dÈdiÈe ‡ l'americana, ‡ travers son titreOu comment faire groover une ballade blues. Yesterday's Shadow (2012). 7-8 Transcription Eric Gombartwww.gaelle-buswel.fr 7

GUITARE 1

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MASTERCLASS

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MASTERCLASS

GUITARE 2

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MASTERCLASS

7-8 7 © Philippe Bacchini

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BLUES STORY

PAR CHRIS LANCRY

Up & Down Blues phrases "solo". Cíest un blues standard en 12 mesures, mais notÈ en 24 pour Èviter leVoici un morceau jouÈ au mÈdiator, qui mÈlange une rythmique en accords avec destrop plein de double-croches (pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des Premiers Prix de conservatoire). Et ce dans le style de Lonnie Mack et Stevie Ray Vaughan. 9-12 mais le troisième reprend des phrases des deux premiers tours.Il n’y a que deux tours écrits pour ce morceau qui en comporte trois, écrits - on n’est pas obligé de faire exactement ce qui est joué (ou pas) -,Bien entendu, tous les accords joués "entre" les notes ne sont pas 8 et la gamme blues en Mi avec les cordes à vide (cf. exemple 2).gamme dite "Blues" est la pentatonique mineure, à laquelle on rajouteTrois accords - Mi, La et Si -, tous septièmes en position basique, La mais l’exercice consiste à être assez à l’aise avec ce principe de jeu pourpouvoir marquer ces accords là où on les sent le mieux. Il faut également la quinte bémolTrès peu de notes et d’accords écrits, mais le "groove" du morceau. bien respecter les allers-retours pour ne pas être perdu au niveau durythme. certaines doubles-croches en position d’accordsconsiste en cette main droite qui ne s’arrête pratiquement jamais de. Même dans les mesures marquer à travailler très lentement, mais le résultat en vaux la peine je crois Pour ceux qui ne sont pas familier de cette manière de jouer, c’est 18 et 20, où aucune note n’est écrite (à part la note liée avec la mesured’avant), il convient de continuer ce mouvement de main droite. (cf. exemple 1). Keep on groovin’

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Stevie Ray Vaughan et Lonnie Mack

GAMME EN MI

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BLUES STORY

MORCEAU D'APPLICATION

9-12 8

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BLUES STORY

9-12 8

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ACOUSTIC BLUES

PAR JIMI DROUILLARD

New Orleans Blues Aujourd'hui, nous allons travailler un petit blues teintÈ de New Orleans.Essentiel ‡ tout musicien, ce style est un mÈlange de blues et de jazz. La tonalité générale est en A. 13-14 L'intro est en composé d'une "anatole". Sur le quatrième A (mesure 45), vous verrez un petit effet un peu country. accord majeur enrichi de la sixte.On note aussi que le A ne commence pas par un accord 7ème, mais par un N'oubliez pas que la country vient du phrasé New Orleans et est rigoureu-sement identique (bonne nouvelle !). Nous finissons avec une bonne fin blues classique. 9 composé de sixtes très employées dans ce style.Attention aux "blue notes" en mesure 21 (Fa bécarre et Fa# sur le D7) !Le 7ème n'arrive qu'à la 4ème mesure du A. Le deuxième A (mesure 17) est Bon blues New Orleans !A voir, la série "Treme" de HBO pour infuser l'ambiance Sur le troisième A (mesure 33), ce sont les tierces qui sont utilisées. de ce blues caractéristique.Pour + d'info, n'hésitez pas à me contacter : jimid@free.fr

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ACOUSTIC BLUES

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ACOUSTIC BLUES

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LE JAZZ PAR LE BLUES

PAR ERIC GOMBART

Swing & shuffles Je vous propose ce mois-ci un blues standard en douze mesures.Les variations durant les quatre grilles vous emmËnent du blues au jazz et du jazz au blues. 15-16 10 mais avec turnaround (en mesures 12 et 13, puis 15 et 16).en single note peuvent se jouer pouce index ou index majeurLe 1er tour (après l'intro, en mesure 5) utilise les trois degrés habituels Les phrases notes de basses placée sur les temps 2 et 4. l'envie. Ne pas utiliser le même doigt pour deux notes consécutives. selon La phrase rapide de la mesure 37 se joue avec p, p, p, i, m, i...La dernière grille vous montre comment imiter les cuivres grâce à Les accords à quatre sons se jouent avec p, i, m, ajoue généralement le chant dans ces accords (la note aiguë), donc ne. Attention, l'annulaire un phrasé des accords bien choisis.En mesure 43, utilisez i et m pour jouer ce riff à doubles-notes puis négligez pas son attaque. en mesure 44, le pouce joue le contretemps. accord 7 son 2mesures s'oriente alors vers le jazz. Les basses se jouent avec le pouceDans le deuxième tour (mesures 17 à 28),ème degré (exemple Em7 devant A7). Le blues en douze j'ai placé devant chaque À noter : les "dead notes" sont indiquées sur la portée. Respectez-les et sont parfois en contretemps. Respectez bien les positions indiquées. mieux.pour donner plus de swing. Pas de tempo trop rapide, ça sonnera encore avec accordsLe troisième tour vous montre comment. Vous pouvez également "slapper" (pouce main droite) les jouer un "walking bass" Bon blues et/ou bon jazz !

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LE JAZZ PAR LE BLUES

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LE JAZZ PAR LE BLUES

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STYLE PICKING

PAR FRAN«OIS SCIORTINO

Le Blues du picker on n'y verra pas la mÍme chose. Il peut Ítre rustique, sophistiquÈ, jazzy, country...Le blues, c'est comme une montagne : suivant l'angle par lequel on le contemple,Telle est la force de cette musique. Le blues est camÈlÈon ! 17-18 Pour cette leçon, je vous propose un extrait de mon prochain album, avec des harmonies jazz, quelques clichés blues et un gros travail sur les appogiatures,qui apportent un feeling très "vocal" à l'interprétation.Pour le reste, le blues n'aime pas la précipitation, donc keep cool ! 11 Bon blues ! f.sciortino@wanadoo.fr - www.francois-sciortino.com

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STYLE PICKING

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STYLE PICKING

17-18 11

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LA LEÇON DE FLAMENCO

PAR JEAN-BAPTISTE MARINO

Variation por Buleria Voici une variation "por bulerias" traditionnelle que j'ai arrangÈe pour vous. Cette "falseta" (variation) se joue avec le pouce, avec un tempo ternaire. Accentuez toujours le premier des trois temps de la mesure.A travailler lentement avant d'atteindre la vélocité nécessaire. Commencez à 80 à la noire pour arriver à 100. A vos guitares !Elle est assez emblÈmatique du style, tant au niveau harmonique que rythmique. 19-20 12

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LA PARTITION IMPROVISÉE

PAR VAL…RIE DUCH¬TEAU & ANTOINE TATICH

"Gallito" de Santiago Lope (1871-1906) 21-22 harmonie municipale, "una banda" en Espagne. Il est alors ‚gÈ de six ans lorsquíil y fait ses dÈbuts ‡ la fl˚te.Comme beaucoup díartistes díune Èpoque, Santiago Lope Gonzalo dÈcouvre la musique en jouant dans une 13 apprend la composition et la direction díorchestre. Il devient directeur de "banda" et le "maestro" du paso doble.Cíest ainsi quíil se distingue et quíil poursuit ses Ètudes musicales au conservatoire royal de Madrid, o˘ il C’est également une danse (pas double) issue de la marche, où le danseur prend le rôle du toreroet la danseuse celui de la "muleta".Le paso double est une musique de corrida jouée par des "bandas" (orchestre à vents) dans les arènes. pièce. Cependant elle est bien moins claironnante qu’une trompette ou un trombone. Alors votrejeu va devoir être affirmé, appuyé, engagé…Le paso doble, de par sa racine latine, s’associe aisément à la guitare comme au travers de cette en accélérant progressivement chacun d’entre eux. Puis assemblez le premier au second, le secondau troisième, puis les trois premiers ensemble et le quatrième etc.Pour cela, entraînez-vous séquence par séquence (riff par riff), lentement pour commencer puis elle viendra avec le temps.Dans la lenteur, vous ne rencontrerez aucune difficulté particulière, soyez patient pour la vitesse, avec Antoine et à bientôt.Une musique ensoleillée en plein hiver, c’est toujours bon à partager, alors bonne partie d’improValérie Duchâteau © DR

"GALLITO" - GUITARE 1 PAR VAL…RIE DUCH¬TEAU

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LA PARTITION IMPROVISÉE

"GALLITO" - GUITARE 2 PAR ANTOINE TATICH

Le paso-doble semblerait voué aux thés dansants kitch et désuets. Ne vous Interprétez les diagrammes : 21-22 y fiez pas, il est lié aux décharges d’adrénaline ! Pathétique, il s’apparente Les notes en blanc sont des notes de passage ou une gamme autour d’un aux musiques du cirque, émotionnelles, d'ailleurs ses accords dans la tradition accord (exemple en mesure 83). du flamenco rythment la corrida. Les notes d’un accord en blanc entourent une note mélodique marquée 13 Le paso est une musique de l’âme et de l’élégance. en noir, comme en mesures 102 et 104, idem en mesure 113. "Gallito" de Santiago Lope est l’un des plus beaux exemples du genre, sophistiqué, que nous avons le plaisir d’emprunter aux cuivres en Si et Mi Eléments techniques : bémol pour l’offrir à vos guitares. - Mesures 29 et 30 : accords arpégés en double-croches. - Mesure 85 (A et Amaj7) : gardez en position les troisième et deuxième doigts (seul le premier bouge, case 5 à 4). Pour commencer, jouez la rythmique de base par groupe de deux mesures - Mesures 20, 102-103 et 106-107: doublage à la tierce ou à la sixte. comme au début du thème, mesures 12 et 13, sur toute la grille, à tempo lent. Eléments de compréhension : La correspondance accord-mélodie, accord-gamme demande de l’anti- La structure : cipation. Intro, puis trois parties dans trois tonalités différentes (comme dans le - Mesure 101 : repérez bien l’accord C#/F (case 8) et anticipez l’accord musette) : de F#m en case 9, puis en mesures 102 et 103, repérez la gamme - A en La mineur, premier accord E7 (dominante de Am) majeure (cases 9-12). - B en Do majeur, premier accord G7 (dominante de C) - Idem en mesure 109, repérez l’accord D (et E) en cases 10-9 pour - C en La majeur, en Fa#m (premier accord C#7), fin à nouveau en bien passer le trait mélodique suivant, gamme majeure de La en mesures La majeur. 110 à112. GRILLES DíACCORDS

PAR SOUCI DE PLACE, VOUS POURREZ CONSULTER LES PARTITIONS D'ANTOINE TATICH

SUR : HTTP://WWW.ACOUSTICMAG.FR/ACOUSTICMAG/ACOUSTIC/

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TRACKLIST PÉDAGO

Etude de style : Le Blues dans tous ses Ètats par Florent Passamonti 1- A la manière d'Elmore James 2- Cinq exemples de turnaround 3- Slow 8 bar blues 4- A la manière de Stevie Ray Vaughan 5- Jazz blues 6- Cinq plans blues Etude de style : Le Blues dans tous ses Ètats Masterclass Blues par Florent Passamonti & Americana : 1- A la manière d'Elmore James 2- Cinq exemples de turnaround GaÎlle Buswel & Michaal Benjelloun 3- Slow 8 bar blues 7- Comment faire groover 4- A la manière de Stevie Ray Vaughan une ballade blues à deux guitares 5- Jazz blues 8- Explications 6- Cinq plans blues Blues Story Masterclass Blues par Chris Lancry & Americana : 9- Tradition et blues rural 10- Mélange phrasés et accords GaÎlle Buswel & Michaal Benjelloun 11- Rythmique 7- Comment faire groover 12- Gamme une ballade blues à deux guitares Acoustic Blues Blues Story par Jimi Drouillard par Chris Lancry 13- New Orleans blues 8- Tradition et Blues rural 14- Explication Acoustic Blues Le Jazz par le Blues par Jimi Drouillard par Eric Gombart 9- New Orleans blues 15- Swing & shuffles 16- Explication Le Jazz par le Blues par Eric Gombart Style picking 10- Swing & shuffles par FranÁois Sciortino 17- Le blues du picker 18- Explication Style picking par FranÁois Sciortino 11- Le blues du picker La leÁon de Flamenco par Jean-Baptiste Marino 19- Variation por Buleria La leÁon de Flamenco 20- Explications par Jean-Baptiste Marino 12- Variation por Buleria La Partition ImprovisÈe par ValÈrie Duch‚teau & Antoine Tatich La Partition ImprovisÈe 21- "Gallito" de Santiago Lope par ValÈrie Duch‚teau & Antoine Tatich 22- Explication 13-"Gallito" de Santiago Lope

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CHEZ LE LUTHIER

FRANÇOIS

VENDRAMINI

le bois en fabriquant des pièces assez complexes comme des bâtis de moteurs,Avec un BTS de modeleur en poche, François Vendramini a appris à travailler

SCULPTEUR DE SONS

culasses, hélices de bateaux ou collecteurs d’échappements. Il découvre lalutherie en 1991 à travers un article de magazine de guitare sur une plage il réalisera sa première guitare électrique avec Fred.de Bretagne, qui le mènera tout droit dans l'atelier de Fred Kopo. Un an après, Les mois suivants, la guitare sous le bras à Paris,il frappe à beaucoup de portes d’ateliers en faisant Jacques Carbonneaux des petits stages. Parallèlement, il suit des coursdu soir en lutherie pendant un an avec Joël Dugot (luthier et restaurateur à la Cité de la Musique deParis) au conservatoire de Nanterre. Il réalise alors sa deuxième guitare électrique qu'il décide d'expo-ser dans un magasin de Pigalle. La rencontre avec le guitariste Marc Ducret va booster la carrière duluthier et créer un lien entre les deux hommes, qui reste encore aujourd'hui une forte collaboration etune amitié. Il lui réalisera plusieurs modèles. quelques années,recherches et son travail autour des instruments François Vendramini accentue ses Depuis acoustiques. Passionné également par les instru-ments du quatuor qu'il réalise à son rythme, il n'hésite pas à faire le lien avec la guitare archtop,qui devient alors un univers de travail qu'il aime aborder. 82 • AC #54 Archtop Table Modèle Bluenought découvre des nouvelles techniques de travail avec des outils et gestes spécifiques à ses facteurs d’ins- truments, et toute cette lutherie italienne qu'on ne peut pas ignorer puisqu’environ 90% des musiciens demandent à leur luthier une copie Stradivari, Guarneri et autres grands luthiers italiens. Quand je m'installe en 1999, j’apprends à faire des finitions faussement vieillies (patine) sur mes guitares élec- triques, en utilisant des produits naturels. J’ai com- mencé la guitare archtop très récemment parce qu’il me paraissait essentiel de bien comprendre l’incidence de la forme des voûtes de table et fond sur l’équilibre et la puissance de la guitare, ensei- gnement que j’ai suivi avec les luthiers Sébastien Seixas et Régis Bury. "Le trafic de bois exotique génère le même chiffre d’affaires que le trafic de drogue, ça doit nous faire réfléchir, non ?" On parle de plus en plus d'éco-responsabilité, une vraie nécessité pour l'avenir. Quelle est ta position ? Le trafic de bois exotique génère le même chiffre Modèle folk d’affaires que le trafic de drogue, ça doit nous faire réfléchir, non ? Les forêts d’Afrique sont dépouil- et instruments du quatuor, mais les mentalités lées et peu de forestiers replantent. Depuis trente (également celles des musiciens) sont longues à ans, le palissandre indien que nous utilisons en faire évoluer. Fred Kopo, Maurice Dupont et bien lutherie vient de forêts maîtrisées et contrôlées. d’autres utilisent le cormier, qui pourrait être assi- Madagascar est un des pays les plus pauvres au milé à notre ébène de France (hormis sa couleur monde, il ne reste que 20% de la forêt, ceux qui le naturelle, crème ) ; sa stabilité dimensionnelle est peuvent se chauffe au bois… Depuis environ sept bien meilleure que celle des bois exotiques. ans, je fabrique mes guitares avec des noyers, érables et épicéas qui viennent de France ou d’Europe. Tu as la chance, en tant que luthier, d'être distribué Après la guitare électrique, la manouche, te voilà Nous sommes de plus en plus de luthiers à proposer par le magasin Guitare Village, à Domont, rare reparti sur l'acoustique folk à travailler une signa- ces bois, qui offrent des caractéristiques acoustiques enseigne à proposer des guitares d'une dizaine de ture sonore que l'on retrouve dans chacune de tes gui- exceptionnelles. Le bois d’ébène est surtout utilisé luthiers. Comment inciter d'autres magasins à faire tares. Quels sont les principaux axes de ton travail pour faire des touches de guitares classiques, swing de même dans ce climat de crise particulièrement lourd pour obtenir un tel résultat ? de cette profession de revendeur ? En 2003, j’ai commencé la guitare acoustique folk La première qualité que l’on attend d’un revendeur, et swing en utilisant les mêmes techniques de c’est l’accueil. La clientèle est bien conseillée par construction des violons italiens avec un moule de toute l’équipe de Guitare Village, et parfois, sui- forme intérieur. L’instrument terminé, ça ne se vant l’état, le magasin fait des reprises de matériels. voit pas au premier coup d’œil, on sent une légère Etre revendeur d’instruments de luthiers, aujour- dissymétrie dans la forme de caisse due à sa mé- d’hui, serait aussi une manière de s’opposer au sys- thode d’assemblage. Aucune personne n’a un visage tème de grande distribution imposé par les grandes symétrique, c’est bien ce qui fait son charme. En marques américaines, qui piétinent leur espace de discutant entre luthiers, je me suis aperçu que ma liberté allant jusqu’à leur imposer la couleur de leurs gamme de fabrication était différente de celle de murs. Recevoir des artisans et partager avec eux mes confrères. Je passe deux à trois jours par se- une passion commune c’est faire de leur lieu de maine à la recherche, dans son terme le plus large : travail un lieu de rencontre et c’est aussi rester traitement de bois, choix des colles, vernis, prépa- décisionnaire du produit qu’il souhaite vendre. ration des couleurs avec des produits naturels, Cela leur permet aussi d’attirer une clientèle dif- incidence de l’emplacement des barres d’harmonie férente, de créer avec elle une relation différente, (leurs formes, volumes, poids). Dès le début, j’ai en offrant pour chaque instrument une histoire, pris conscience qu’il fallait être rigoureux, prendre des anecdotes, petits secrets de fabrication, un suivi, des mesures, fabriquer des gabarits, contrôler les l’appartenance a une sorte de famille. Ces mêmes bois, leur nature et leur provenance... Toutes les clients reviennent bien souvent en amis plus qu’en caractéristiques de mes guitares découlent de ce consommateurs. La part de risque est en fin de travail. compte assez faible puisque l’on vend mieux ce que l’on aime. J’ai rencontré Laurent Murelli en 1995, Que t'apporte les instruments du quatuor dans ton un an après l’ouverture de son magasin, j’ai attendu travail, particulièrement sur l’archtop ? une dizaine d’années avant de lui présenter une En arrivant à Orléans pour apprendre à fabriquer guitare. Etre revendeur d’instruments de luthiers, un violon et compléter ma formation, en 1996, je c’est comparable à une sorte de commerce équitable. Modèle Bomba Solista

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www.mjsguitars.net/fr

GODEFROY

MARUEJOULS

MJS J-78

Installé en 2013 à Parisot dans le Tarn-et-Garonne, Godefroy Maruejouls a suivi une formation de luthier à l’université deLondon Guildhall (ancien London College of Furniture), sous la supervision de Dave Witheman, Norman Mayll et Dave King.UN OUTIL PERFORMANT POUR MUSICIEN EXIGEANT compte en 2005 pour réaliser des acoustiques et des électriques. Il s'est fait remarquer dernièrement avec un projet réalisétiques et électriques) et Bernie Goodefellow (basses électriques) qu'il fera un bout de chemin avant de s’installer enfin à sonIl travailla parallèlement à temps partiel chez Hanks Guitar Shop (Londres). Plus tard, c'est avec Dave King (guitares acous- avec un autre luthier, Sébastien Gavet, autour d'une guitare électrique à micros interchangeables. Tout autant passionné parl'acoustique, Godefroy réalise des folks très étonnantes, dont ce modèle MJS J-78. Texte & photos : Jacques Carbonneaux

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mais a plutôt retenu l'influence d'un manche en érable sur la durée du sustain. De la même façon, • Prix : 3650 euros (avec étui) et 3800 euros il n'a pas choisi un ébène pour le chevalet mais un (avec le système d'amplification Mi-Si en plus), prix public conseillé palissandre. Là aussi, les couleurs ne s'assemblent • Table : épicéa pas avec l'ébène de la touche, mais là encore, c'est • Fond/éclisses : palissandre indien un choix purement acoustique de la part du luthier. • Manche : érable La tête est fine et élégante avec une plaque en • Touche : ébène • Chevalet : palissandre palissandre estampillée du logo en nacre MJS du • Plaque de tête : palissandre luthier. Pour la finition, Godefroy a minimisé • Mécaniques : grover statite 18:1 bouche-pores et vernis pour éviter les couches • Largeur du manche au sillet : 43 mm • Espacement des cordes au chevalet : 56 mm épaisses et ainsi donner plus d'expressivité à l'ins- • Site : www.mjsguitars.net/fr trument. Concernant le barrage de la table d'har- monie, le luthier nous confie : "C'est un barrage en X classique, dont les dimensions sont inspirées de celui présentes, avec plus de dynamique mais moins de d'une Gibson Southern Jumbo de 1944. Ce n'est pas profondeur de caisse. L'équilibre est donc res- une copie, le tout a été adapté pour essayer de trouver pecté note à note, mais avec des basses moins ce "fameux" ratio poids/structure avec des tables en envahissantes quand un accord est joué. La pro- épicéa d'Europe. La modification importante (par jection et la puissance suivent la dynamique de rapport à une Gibson d'époque) est de faire un bar- l'instrument mais avec modération. Le sustain, rage avec les branches du X, qui sont assemblées en quant à lui, et on sait pourquoi, est ici particuliè- demi-tenon (comme sur une Martin), alors que les rement long. La richesse harmonique et la durée Gibson (surtout les L-00) d'époque avaient une des notes font de cette guitare l'instrument rêvé pour un jeu délicat aux doigts ou au médiator. Les UN CHOIX DES ESSENCES rythmiques plus prononcées seront plus dans les AU SERVICE DU SON hauts-médiums, et en poussant l'attaque, note à Au premier coup d'œil, on reconnaît la forme note, on perd des basses dans les bas-médiums. mythique de la J-45 (1942) avec ses courbes de Cependant, quand on trouve l'attaque idéale à la "round shoulder" personnalisées "Gibson" par ses main droite sur cette guitare, elle devient un outil épaules tombantes, tout comme les premières particulièrement précis et d'une jouabilité exem- dreadnought Ditson 12 frettes, réalisées en 1924 plaire. On sent, toutefois, une guitare encore un par Martin, juste avant la naissance, en 1934, de la peu fermée. Normale, c'est une encore gamine ! D-28 14 cases, aux épaules carrées. La similitude Avec ses qualités acoustiques et ce rebond, je n'ose avec la J-45 s'arrête là, et il ne s'agit pas ici d'une imaginer ce qu'elle donnera dans dix ans ! copie, ni même d'une interprétation, comme nous Pour conclure, je vous invite à faire comme moi, le confirme le choix des bois. En effet, une J-45 branche du X, qui recoupait de part en part l'autre aller découvrir le son des guitares de Godefroy standard est réalisée en épicéa (table), acajou (dos/ branche ; ce qui pose un gros problème structurel qui Maruejouls, qui se révèle être un luthier à suivre éclisses, manche), palissandre (chevalet, touche) est le point faible de ces guitares, dont les tables ont de très, très près ! avec un manche en V et un chevalet inversé. tendance à s'affaisser entre le chevalet et la rosace Godefroy a choisi des essences traditionnelles avec le temps." mais en a réalisé un assemblage assez original. Epi- céa pour la table avec un dos et des éclisses en UNE PERSONNALITÉ SONORE palissandre, jusque-là, on retrouve un classique du SCULPTÉE PAR LE LUTHIER genre, mais ce qui l'est un peu moins, même si on La prise en main de la MJS J-78 s'avère instan- le voit parfois, surtout dans la production artisa- tanée, le confort du manche excellent. Très fin de nale, c'est le manche en érable. Si le contraste des profil et avec 43 mm de largeur au sillet de tête, couleurs qu'impose l'érable sur le palissandre peut on retrouve typiquement le confort d'un manche choquer les puristes de guitares folk, Godefroy ne d'électrique, domaine que Godefroy connaît par- s'est pas arrêté à ce critère purement esthétique, ticulièrement bien. C'est en abordant les sonorités de cette guitare que l'on comprend les choix du luthier sur l'as- semblage des essences, d'un vernis moins épais et d'un barrage repensé. La première chose qui sur- prend aux premiers accords, c'est le rebond excep- tionnel de cette J-78. Associé à un manche très confortable, la rencontre est explosive et l'inspi- ration ne tarde pas à venir. Godefroy m'a confié avoir volontairement minimisé les basses, trop imposantes selon lui sur ce type de format de gui- tare. Pari réussi, mais qui change l'approche du • CE QUE J’AI AIMÉ : le confort, la jouabilité, la personnalité et la projection sonore d'un guitariste qui doit adapter son jeu à cette tessiture. instrument résolument innovant. L'action est assez basse sur la guitare testée, ce qui • CE QUE J’AI MOINS AIMÉ : le pickguard, oblige également à calmer sa main droite. Si la le contraste esthétique des bois qui aurait pu être tessiture générale de l'instrument est en effet évité avec une teinte de l'érable par exemple et ne pas avoir osé le chevalet en érable... teinté ! moins représentée en basse, c'est surtout lorsque Mais là, c'est un clin d'œil. cette guitare est jouée en strumming, car aux doigts ou au médiator flat-picking, les basses sont bien

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PARLOR

SALOONThaÔs Grand Concert

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Parlor Saloon est une toute nouvelle marque française de guitares, que l’on doitau dynamisme d’un très talentueux luthier dont nous avions évoqué le travail il yREMARQUABLE ! www.guitare-luthier.com a quelques années. Installé au pied du Mont Blanc, Jean-Pierre Picard a en effetchoisi de lancer un projet de grande envergure, en parallèle de son travail de lutherie"à l’unité". Avec un nom qui renvoie clairement à l’histoire des Etats-Unis, la marque française annonce la couleur. La Thaïs, premier modèle disponible, affiche de soncôté un sacré niveau de qualité. Texte : Jacques Balmat / Photos : Pascal Tournaire pourrait plus favorablement trouver sa place : elleest en effet d’une totale polyvalence, permettant l’expression de tous les désirs musicaux. Certes,pour les sons "compacts", ce n’est pas la guitare à envisager. Si vous êtes amateur de picking biendroit, avec des notes écrêtées, passez votre chemin ! Mais pour tout le reste, c’est un instrument irrésis-tible. Le système Misi assure l’équipement électro: aucun contrôle et un préampli à batterie rechar-geable par un simple cordon jack, du manche dépasse largement les mensurations efficace, mais qui ne rend que partiellement compte pour une sonorité affichées sur le papier ; l’agrément de jeu et sonconfort naissant d’un ensemble d’éléments conver- de l’excellence acoustique de l’instrument. C’esttoutefois un équipement très sérieux et pratique geants (ou non) vers l’intérêt de l’instrumentiste. pour le live, et un choix "écologique" !Proposée à un prix qui entre en concurrence direct Puissant et bénéficiant d’un généreuse projection,COMMENT DIRE … avec des modèles de grande série,Saalon présente un intérêt évident. Comparée à la Thaïs de Parlor le son se révèle racé, propice à toutes les nuancesde jeu, la précision du timbre épargnant totalement de célèbres références américaines ou japonaisesvendues à des prix similaires, la marque française la Thaïs d’un quelconque effet de méli-mélo sonore.Les basses assurent une assise exemplaire aux har- réussit un exploit et remporte haut les cordes l’exer-cice. Bravo ! monies, dans lesquelles les registres médiums etaigus jouissent d’une cohésion parfaite, assurant Concert. Sorti de son étui, l’instrumenta Thaïs est une guitare de taille Grand une grande homogénéité au son. C’est rond etbrillant, mais sans aucun excès. La tenue des notes Lthousiasme : voilà qui laisse présager une belledégage un parfum de grand cru. Il y ad’abord la légèreté qui étonne et en- est très généreuse, elle prolonge beaucoup la ron-deur initiale. Perlée, la couleur des hauts médiums aventure vibratoire. L’équilibre entre le manche etla caisse s'avère remarquable, avec un poids central et des aigus à l’attaque de corde donne une impres-sion de plénitude sonore. parfaitement homogène entre les deux partiesprincipales de l’instrument. Après avoir eu la guitare en main un mois durantINDÉFINISSABLE L’instrument sent la belle ouvrage, sur tous lesLES SENS EN ÉMOI pour ce test, il nous est impossible de définir desstyles plus que d’autres dans lesquels la Thaïs plans : métaphorique, olfactif et sensoriel. Desincrustations de manche aux filets de caisse, en • ON AIME : la grande qualité de la lutherie. passant par les lignes de la tête et les barrages in-ternes, • ON REGRETTE : bien que totalement justifié, le prix suffire à décrire la multitude de détails et la qualité une page entière supplémentaire ne pourrait n’est pas à la portée de tout le monde. de leur mise en œuvre. Une vraie leçon de lutherie.Le manche présente un profil doux et facile à • Lutherie : 10• Confort de jeu : 10 aborder."à la maison", et on se surprend à jouer en oubliant On se sent immédiatement à l’aise, comme • Son acoustique : 10• Son électro : 8• Rapport qualité/prix : 9 la pièce de bois placée entre nos mains pour dé-rouler, morceau après morceau, notre répertoire • Prix : 3590 euros, prix public conseillé "test". Tout coule de source, aucune entrave nevient contrarier le déroulé du jeu. La Thaïs permet • Style : Grand Concert• Table : épicéa massif des Dolomites au guitariste de jouer selon ses habitudes person-nelles, mais en mieux, avec un sentiment d’aisance • Fond et éclisses : acajou massif• Manche : acajou• Touche : ébène inhabituelle.mage, cela limite un peu le champs des possibilités, Pas de pan coupé sur ce modèle, dom- • Largeur au sillet de tête : 44,5 mm• Largeur à la 12• Mécaniques : Schaller Grand Tune dorées• Préampli : Misième case : 54,5 mm mais il y a tout de même de quoi faire, et gageonsqu’une version pan coupé sera également bientôt • Etui /housse : étui disponible. Tout cela témoigne du fait que le confort • Version gaucher : oui• Site : www.guitare-luthier.com

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www.cortguitars.com Grand Regal GA5F WHCORT place dans les magasins. Baptisés d’une appellation illustre, ces modèles répondent en tous points aux demandes des guitaristesCort a présenté cet été une nouvelle gamme de guitares électro-acoustiques, dont les premières unités commencent à prendre

ON S’EST RÉGALÉ !

modernes. Revue de détails de l’une de premières unités disponibles en Europe ! Alexis Senart magnifique réalisation saute aux yeuxoilà une guitare de grande classe ! La témoignant d’une certaine rigueur du cahier des V et aux doigts, rapidement confirmée charges. Le manche en acajou présente un dosassez plat, laissant seulement ressentir une forme therie,et souvent sujets à approximation. Issue de l’unité notamment dans ses points les plus sensiblespar l’inspection minutieuse de la lu- rondeur qui s’évanouit rapidement pour laisserde rondeur en début de pièce, du sillet à la case 3, de fabrication chinoise de la marque coréenne,la Grand Regal jouit d’un remarquable rapport naître une surface aux inclinaisons nettement moinsmarquées. Conjugué à une largeur modeste mais qualité/prix grâce à l’excellence de la fabricationsur la base de matériaux sérieux. point étriquée, il en résulte un galbe fort bien pro-portionné.

UNE BONNE INTONATION

L’ensemble de la guitare reçoit une lumineuse fi-ELLE JOUE EN BLANC Le pouce peut tout à loisir être placé sur la trancheou alors en appui au centre du dos avec la même contours de la caisse ; l’abalone illumine vérita-blement la rosace au cœur de la surface blanchenition blanc brillant ; les filets noirs surlignent les quenter le palissandre jusqu’à la case 18, ensuite,facilité. Il peut même venir "fretter" des notes surla corde de Mi 6ème. Il est ainsi possible de fré- immaculée, qui rappelle les pentes enneigées d’unhiver en montagne. Le chevalet est sculpté sous il faut faire preuve d’une technique nettement plus l’effet de chanfreins aux courbes fluides et douces.Il est équipé d’un sillet en os et de chevilles en bois, spécifique pour aborder les dernières notes de cemanche 20 cases, qui offre un beau terrain de jeu.Pour définir le timbre et ses notes, les barrettes

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insérées sur la touche palissandre sont larges mais Le velouté tapisse délicatement nos conduits au- peu hautes, avec une surface sommitale relative- ditifs, c’est beau et efficace à souhait. Le préampli ment plates. Pour s’accorder rapidement et effi- Fishman Presys assure les services électro du mo- cacement (et le rester !), la Regal est équipée de dèle. Volume, EQ 3 bandes, phase, accordeur, il mécaniques à bain d’huile munies de boutons propose un tableau courant et assez complet. Nous imitation ébène. avons obtenu la sonorité "idéale" en plaçant les basses à 13h00, les médiums à 11h00, les aiguës DU VELOURS DANS L’OREILLE à midi. Chaud et "boisé", le son s'avère très réaliste Le jeu au médiator à visée rythmique produit une et place la Grand Regal GA5F WH dans la caté- réponse acoustique très dynamique, avec des basses gorie des "électro" efficaces et sérieuses pour la peu profondes mais puissantes et très présentes. scène. Le son est d’ailleurs d’une manière générale marqué d’une forte présence, on peut cependant raisonna- UN BON REGAL ? blement tabler sur une certaine atténuation de La GA5F WH est la première Grand Regal que cette tendance sous l’effet du mûrissement des bois. nous testons de cette série éponyme. Cela laisse Le strumming rock y est pour l’instant favorisé, présager d’autres excellents moments ! Le coloris au détriment du blues par exemple, en raison d’un blanc est magnifique et la tête assortie ajoute encore manque de rondeur si ce n’est de chaleur. En ar- à l’esthétique du modèle. Une version noire devrait pèges, le rendu est tout autre : le jeu aux doigts être également disponible, tout comme une sage fait apparaître la rondeur qui faisait défaut précé- version naturelle. Quelle que soit sa couleur, cette demment. Superbement équilibrée, la sonorité GA5F WH est une totale réussite ! possède un petit caractère orchestral fort séduisant. • ON AIME : l’ensemble des prestations. • ON REGRETTE : ni housse ni étui, dommage... • Lutherie : 9 • Confort de jeu : 9 • Son acoustique : 8 • Son électro : 9 • Rapport qualité/prix : 9 • Prix : 499 euros, prix public conseillé • Style : Grand Auditorium, électro, pan coupé • Table : épicéa massif • Fond et éclisses : acajou • Manche : acajou • Touche : palissandre • Largeur au sillet de tête : 44,8 mm • Largeur à la 12ème case : 53 mm • Mécaniques : bain d’huile chromées, boutons imitation ébène • Préampli : Fishman Presys. Volume, EQ 3 bandes, Phase, Accordeur • Etui/housse : non • Version gaucher : non • Site : www.cortguitars.com

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http://fr.yamaha.com YAMAHAFG850 NT

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Présentées au Namm en janvier dernier, les nouvelles séries 800 de la marque auxtrois diapasons sont désormais disponibles. Entièrement bâtie autour d’un boisLE SANS-FAUTE ? pas de s’étendre, celle des folks tout acajou.unique, la FG850 ajoute donc une unité supplémentaire à une famille qui n’en finit Alexis Senart anniversaire dans l’univers de la guitareamaha célèbre cette année son 50ème la mise en œuvre d’une essence de belle qualité, Y acoustique folk. La maison japonaise si l’on considère le prix de l’instrument. La finitionest brillante pour l’ensemble de la caisse, un filet une bonne partie de ses gammes.est désormais remplacée par la 800. Mais au-delàprofite de l’occasion pour renouveler Ainsi, la série 700 en acajou naturel vient compléter les traditionnelscerclages noirs et blancs, c’est joliment fait et très d’un simple changement de numérotation,en a profité pour opérer quelques modifications, Yamaha agréable à l’œil. Le chevalet est assez imposant,mais les lignes ergonomiques et profilées "cassent" dépassant le simple toilettage cosmétique. sensiblement la masse de palissandre, ainsi collésur la table.la meilleure justesse possible pour chaque corde. Le sillet est sculpté de manière à assurer La 850 reçoit un nouveau barrage allégé de table.Grâce à l’analyse spectrale par ordinateur, un nou-INNOVATION INTERNE Réalisées dans une pièce d’ébène, les chevilles ontfière allure et participent à la classe indéniable de veau positionnement des tasseaux a été réalisé,ainsi qu’une modification de leur sculpture. Il en ce modèle. À l’extrémité de tout ce petit monde,les mécaniques à bain d’huile chromées assurent résulte, au moins sur les schémas d’analyse, desbasses mieux définies et des médiums à la richesse correctement leur rôle. harmonique accrue. Si le format dreadnought n’estpas vraiment une nouveauté dans la maison nip- Selon la pratique désormais bien instaurée chezPOUR TOUTES LES MAINS pone, la fabrication entièrement réalisée en acajou,oui ! La série 800 innove donc en la matière, pour la plupart des fabricants afin d’éviter d’importantespertes de bois, le manche est fabriqué à l’aide de un genre très prisé depuis quelques années par laplupart des fabricants. La table est massive, avec trois pièces distinctes. La largeur s'avère relative-ment modeste, malgré la première impression.Son dos est plutôt plat, et même très plat sous la 1la même rectitude qu’au dos de la tête. Voilà unère case, puisque l’acajou conserve à cet endroit galbe très étudié pour ne pas décourager les mainsdébutantes, plus aguerris et exigeants. Le pourtour de la toucheest cerné d’un séduisant filet noir et blanc, qui sur- tout en séduisant les organes nettement ligne avec élégance la surface de palissandre. Defines pastilles d’abalone, assorties à la rosace, cons- tituent de discrets mais efficaces repères de touche.Dans la tendance actuelle du genre, les barrettes sont fines et étroites,totalement plate. L’agrément de jeu se révèle ex- avec une surface de jeu presque cellent, on en vient rapidement à oublier l’aspect"matériel" du manche pour se consacrer aux notes possède une dynamique modérée, avec une notequi ne saute pas à l’oreille, mais vient s'y poser et à la sonorité, ce qui témoigne du bien fondé dela réalisation nippone. plus délicatement. La sonorité est douce, un légervoile venant tempérer le timbre métallique originel.La résonance des trois cordes graves frôle l'excel- • ON AIME : la lutherie de belle qualité• ON REGRETTE : elle devra affirmer son tempérament sonore au fil du temps.et le confort de jeu. lente, avec ce fameux effet "rebond" du phénomène La caisse tout acajou produit les caractéristiquesacoustiques typiques de l’essence unique retenueÇA COULE DANS L’OREILLE vibratoire. Le jeu en accords ouverts donne à en-tendre un ensemble riche en harmoniques, pour • Lutherie : 9 pour ce modèle. Il ne possède pas la brillance del’épicéa ni la profondeur du palissandre. L’attaque un ensemble sonore très homogène. Comme c’estsouvent le cas, les arpèges magnifient le potentiel • Confort de jeu : 9• Son acoustique : 8• Rapport qualité/prix : 9 sonore de la FG850. • Prix : 480 euros, prix public conseillé Yamaha ajoute un élément de choix dans le grosGARDONS-LÀ ? • Style : dreadnought• Table : acajou massif• Fond et éclisses : acajou flight-case des très bonnes guitares tout acajou.La FG850 est un modèle très appréciable, doté de • Manche : nato• Touche : palissandre• Largeur au sillet de tête : 42,8 mm nombreuses qualités susceptibles de convenir à untrès large public. C’est qu’on appelle un sans-faute,non ? • Largeur à la 12• Mécaniques : bain d’huile chromées• Préampli : non ème case : 53 mm • Etui/housse : non• Version gaucher : non• Site : http://fr.yamaha.com/fr

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OVATIONMM68AX-DS www.ovationguitars.com Après de puissants soubresauts économiques, la marque américaine a disparuquelques mois de nos écrans radar, pour revenir en pleine forme grâce à l’actionMODERNE ET EFFICACE d’un nouveau propriétaire. Acteur historique du monde de la guitare moderne, ileut été impensable qu’Ovation ne connaisse une seconde jeunesse. Nous avons choisi de vous présenter un modèle un peu à part du catalogue en plein renouvellement dela marque, puisqu’il s’agit d’une mandoline. Jean-Marie Raynaud La mandoline reçoit une caisse formée d’une tablemassive en épicéa, qui repose sur un fond et éclissesDOS ROND spécifique pour la MM68AX, est tout de mêmespécifiée "Mid bowl" sur la fiche technique. Peut- unique en lyrachord,spécialité de la maison. La profondeur de caisse, ce fameux matériau composite êre la marque se laisse-t-elle ainsi la possibilitéd’ajouter d’autres références de mandolines avecdes profondeurs de caisse diverses ? La fabrication est soignée et même très propre, eu égard auxformats réduits des différents éléments, comparés à une guitare. Les détails sont fort bien menés,conjuguant précision et soin de réalisation. La teinte, nommée "distressed sunburt", sied vraimenttrès bien à ce type d’instrument. Outre le dos rond en lyrachord, on retrouve parmi les caractéristiquesde la marque, les épaulettes à ouïes multiples en guise de rosace,traversantes, qui assure précision et sécurité du ou encore le chevalet spécial à cordes maintien de la corde. À l’autre extrémité, des mé-caniques dorées ouvertes typées "deluxe" assurent leur rôle avec efficacité et douceur. Le manche possède 12 cases hors caisse, pour unensemble qui monte jusqu’à 21 barrettes pour laIL N’EN MÈNE PAS LARGE corde de Mi. Il faudra toutefois une techniqueappropriée et des doigts fort menus pour aborder ELECTRO-MAISON ces ultimes notes. Le manche de la MM68AX estmagnifiquement dessiné, tant sur le plan physique bandes, avec médiums semi paramétriques, offreLe préampli OP24+ de la maison est embarquésur le pan supérieur de la caisse. L’égalisation à trois et esthétique que sur le plan des sensations de Le vernis satiné, qui recouvre une très belle teintejeu. Son profil n’est qu’aisance et facilité de jeu. une vraie souplesse d’usages, bien qu’il soit im-possible de faire fi du son Ovation originel, mais • ON AIME : la qualité générale de l’instrument et• ON REGRETTE : le prix élevé.son originalité. assortie à celle de la table, accentue encore leconfort et le plaisir du toucher. La largeur au sillet(28 mm) est conforme aux standards de l’instrument. on choisit bien évidemment ce modèle aussi pource caractère à la fois précis et chaud, précis dansl’attaque de la note, et chaud dans sa tenue. Dubluegrass au rock en passant par le folk et la world • Lutherie : 9• Confort de jeu : 9• Son acoustique : 8 C’est étroit,À titre de comparaison, un ukulélé (type concert) oui, mais il en est ainsi de la mandoline. music, cette mandoline fait merveille en live. Cen’est pas étonnant qu’on la rencontre sur les plus • Son électro : 9• Rapport qualité/prix : 8 présente une largeur d’environ 34 mm, une guitarefolk 44 mm. grandes scènes du monde, dont celle de Spring-steen ou sous les doigts de Steven Van Zandt.Pratiques,d’origine. les boutons attache-courroie sont montés • Prix : 972 euros, prix public conseillé• Style : électro• Table : épicéa massif La sonorité est joliment timbrée, dans un espritPUISSANTE • Fond et éclisses : Lyrachord• Manche : érable "hard rock"• Touche : ébène bluegrass, avec un piqué marqué et un long, mêmetrès long sustain.les registres, pour un ensemble fort homogène. On entend un bon équilibre entre Sortant des traditions, Ovation propose une man-doline à son image, innovante et spécifique. LesMODERNE • Largeur au sillet de tête : 28 mm• Largeur à la 12• Mécaniques : ouvertes dorées deluxe, boutons imitation nacreème case : 36,9 mm Cette mandoline ne manque pas d’à propos côtépuissance, elle "envoie" un sacré volume sonore, puristes n’y trouveront sans pas doute pas leur il y a de quoi se faire entendre sans difficulté en compte, peut-être rebutés par la forte personnalité,qui plus est très moderne, du modèle. Soit exac- • Préampli : Ovation OP24+. Volume, EQ 3 bandes• Etui/housse : étui • Version gaucher : nonavec mid. shift, by-pass usage acoustique pur au sein d’un trio ou mêmed’un quatuor. La justesse, talon faible des petits tement ce qui nous a séduit ! À noter que la man- instruments à cordes, est bonne sur toute la pre- doline Ovation MM68AX-DS est livrée dans uncharmant étui à la finition type "crocodile". Au- • Site : www.ovationguitars.com mière moitié du manche, ensuite, l’intonation estmoins précise,cela reste acceptable. avec une petite fausseté parfois, mais delà de l’agrément esthétique, c’est un contenantsolide et pratique pour les transports que noussommes ravis d’obtenir d’origine avec l’instrument.

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ARTWOOD000-187S

www.custom-guitar-shop.fr De taille "000", cette guitare s’inscrit dans la longue tradition du genre, initiée par Martin. Mais c’est à Guy Oudenot, luthierDU GRAND ART ! plan financier.de renom installé en Bretagne qu’on doit de pouvoir se réjouir de ce modèle totalement enthousiasmant, y compris sur le Jacques Balmat a lutherie est magnifique ! Elle met en précision et douceur sont au rendez-vous. L œuvre une table massive en épicéa de qua- Le manche est fabriqué à l’aide de trois pièces d’Artwood, comme l’ensemble des modèles griffés fond en palissandre, non massifs. Les filets sontlité, qui vient reposer sur des éclisses et un d’un cousin de l’acajou, le sapelé, aux jonctions du nom, propose ce qu’on peut obtenir de mieux de type "Herringbone", au cœur d’une marqueterie très bien travaillées et faisant montre d’un souci au prix affiché. La guitare est livrée dans un étui de bel aspect. Un entourage vient cerner les con- esthétique assez poussé pour rendre les collages semi-rigide de qualité. Il est rare qu’un instrument tours de la touche en palissandre, constituant avec homogènes. Sa surface de jeu présente 14 cases puisse répondre tout à la fois aux demandes de l’ensemble de tous les détails matériels, un tableau hors caisse, pour un total de 21 cases. Superbement l’amateur maladroit comme aux exigence du pro- aussi attrayant que sérieux : c’est beau, et c’est bien réglée, la guitare présente une action de jeu rela- fessionnel aguerri. C’est le cas de cette Artwood. fait ! Ceci expliquant fort logiquement cela. tivement basse et idéale. Elle est très facile à jouer, Belle initiative ! la main gauche se déplace avec facilité et aisance.Ce manche s'avère peu épais, assez plat, il con- Lors du passage de la main, il n’y a aucun ressentidéplaisant dégagé par les extrémités de frettes :POLIES, AVEC ÇA ! viendra parfaitement aux petites mains sans pour ces dernières sont parfaitement polies pour faire peu ou prou le même galbe de la première à la autant pénaliser les "grandes paluches". Il conserve oublier leur présence. Sous les doigts parcourantla touche, on sent des pièces de métal assez basses, douzième case. de largeur moyenne et d'une surface sommitalearrondie. De petites pastilles d’abalone constituent Le format de la 000-187S n’est pas le format leCATALOGUÉE des repères de touche discrets mais sûrs. Les mé-caniques dorées à bain d’huile sont signées Grover, plus tendance actuellement, c’est bien dommagecar il répond bien à une multitude de sollicitationsmusicales. En effet, décliné en taille "triple-zéro", • ON REGRETTE :• ON AIME :de ses prestations, le rapport qualité/prix. la qualité de la lutherie et l’ensemble le duo épicé/palissandre produit un son riche etétincelant, mais aussi profond. Cette Artwood est pardon ? une sorte de catalogue sonore qui fait voyager lemusicien d’une ambiance à une autre selon la tech- ••• Lutherie : 9Confort de jeu : 9 nique employée pour la main droite. Un légerhalo tempère rapidement la brillance et la présence • Son acoustique : 9Rapport qualité/prix : 10 marquée lors de l’attaque de la corde, et qui assureune tenue efficace. • siques jouées aux doigts, le piqué est précis, la Très à l’aise dans toutes les mu- ••• Prix : 275 euros, prix public conseillé note sûre et juste, le sustain très long. Pas de sys-tème électro, c’est une guitare acoustique pure, • Style : 000 •• Table : épicéa Engelman massifFond et éclisses : palissandre lameléManche : sapelé d’esprit "vintage", dans toute la noblesse du terme.Mais elle méritera un équipement électro pourprofiter du généreux potentiel vibratoire de l’ins- ••• Touche : palissandreLargeur au sillet de tête : 43,7Largeur à la 12Mécaniques : Grover dorées à bain d’huileème case : 54 mm trument. •• Etui/housse : étui semi-rigideVersion gaucher : sur commandeSite : www.custom-guitar-shop.fr Construites en Chine pour Custom Guitar Shop,selon les spécificités d’un cahier des charges trèsrigoureux, élaboré par Guy Oudenot, la "000"TOUT PUBLIC

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JM FOREST • ON REGRETTE :• ON AIME :encore en excellence.et le rapport qualité/prix. le coloris, le manche, le préampli livrée en housse, l’offre gagnerait

A130E •••

• Lutherie : 8 Confort de jeu : 9Son acoustique : 9 son offre. Après des années dévouées aux entrées de gamme, la marque s’ouvre aula marque française vient de renouveler totalement son catalogue en élargissant Solidement installée dans l’entrée de gamme de qualité depuis plus de trente ans,SANS AUCUNE RÉSERVE • Son électro : 8Rapport qualité/prix : 9 moyen de gamme, tout en proposant de multiples séries et modèles pour couvrirtous les genres, du parlor à la dreadnought, dans des gammes de prix très étendues. ••• Nous commençons ce tour d’horizon par un banc d’essai de l'A130E, jolie et très • efficace guitare. Jacques Balmat • Prix : 529 euros, prix public conseilléStyle : auditorium, électroTable : épicéa massif ••• Fond et éclisses : acajouManche : acajouTouche : palissandre ••• Largeur au sillet de tête : 43 mmLargeur à la 12Mécaniques : bain d’huile doréesPréampli : CEQ. Volume, EQ 3 bandes, Accordeurème case : 53 mm La table, massive, et l’essence donnent à observerun beau grain, très régulier. Les chevilles de main-UNE RÉTRO MODERNE •• Etui/housse : nonVersion gaucher : non tien des cordes sont en bois et reçoivent un pointen abalone pour parfaire leur classe. Cela confirme Site en construction le respect du cahier des charges, pour proposerune guitare à la lutherie sérieuse, tant sur le plan et son prix ! Car il s’agit tout de même d’un ins-trument dont le tarif n’a rien d’un haut de gamme, de la fabrication pure que sur celui du choix desmatériaux. Les éclisses et le fond sont en acajou, bien au contraire. Pour un peu plus de 500 euros"seulement", JM Forest propose une guitare qui non massif, mais de type lamellé. Un filet de type"herringbone" agrémente l’ensemble, n’a beaucoup de concurrentes à craindre dans sacatégorie. On ne peut alors que conseiller ce mo- synthèse rétro/moderne. Douces, précises et dotéesd’un excellent ratio de déroulement, pour une jolie dèle,propose une solution électro très réaliste. Car, oui, sans aucune réserve, d’autant que son préampli sont des bains d’huile dorées. Au dos de la tête, aupoint de jonction avec la pièce centrale du manche, les mécaniques en plus, elle est électro ! une volute vient agrémenter l’esthétique tout enassurant un renfort, au moins en théorie, puisque des points de vue de spécialistes sur la réelle utilitéde cette pratique remettent quelque peu en cause l’efficacité de ce système. Le manche est muni de petites barrettes, fines etplates, qu’on sent à peine sous le bout des doigtsY’A UN OS ! mentent la touche en palissandre, il faut s’en re-mettre aux points insérés sur la tranche pourtant la surface est menue. Seuls trois repères agré- (re)trouver ses marques. Sérieux, les sillets sont enos. La main gauche accueille un galbe légèrement arrondi avec un soupçon de "V" sous les premièrescases. Les 14 cases hors caisse représentent le stan- dard du genre pour un jeu fluide et une sonoritéalliant précision des basses et "lyrisme" des aigus. Superbement timbrée, la sonorité est l’autre ex-cellente découverte de ce modèle, après la qualitéUN PEU DE TENUE de la lutherie,de fond massif, la projection s'avère dynamique, ceci expliquant cela. Malgré l’absence ette A130E est une guitare folk élaborée Le sustain est moyen, gageons qu’en mûrissant,elle assure une bonne diffusion du son à l’auditoire. Auditorium, mais le format est tout de même trèsC autour d’une caisse de format réduit quela marque présente sous l’appellation les matériaux assureront une plus longue tenue de proche d’un Parlor (si ce n’est totalement un formatParlor), avec la taille et le ceintrage très spécifiques la sonorité, tout comme un choix de jeu de cordesplus adapté à l’exaltation de cette caractéristique. de la caisse.la lutherie est propre, Issue d’une unité de fabrication chinoise, Très à l’aise dans le jeu en picking et en arpèges,la belle A130E l’est un peu moins pour le strum- plus petits détails,réalisations asiatiques de grandes séries. ce qui n’est pas toujours le cas des un soin a été apporté jusqu’aux ming et autres techniques de jeu marquées et en-diablées.eu égard à son format, sa conception semi massive Mais elle s’en sort tout de même fort bien,

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GD 30CE BLKTAKAMINE www.takamine.com modèles, des prix les plus bas aux tarifs plus conséquents, mais toujours plus écono-La série 30 se situe pile au centre de la gamme "G", qui propose un très large éventail deROCKEUSE POUR TOUS miques que les modèles fabriqués au Japon. Les "G" sont fabriquées en Indonésie et Chine,où le coût de la main d’œuvre permet des réalisations économiques. Pas étonnant alors que la 30 CE bénéficie d’un tarif aussi bien placé. Jacques Balmat La caisse propulse un son dynamique. Les basses"rebondissent" en fond de caisse, et leur étoffe estON VA S’ADOUCIR UN PEU neuve.mais nous mettrons ce caractère sur le compte detout à fait satisfaisante pour une guitare de ce prix, Les aigus manquent de clarté et de musicalité, la jeunesse. Du coup, les médiums prennent uneampleur un peu envahissante, conférant à la GD30 un discours pour l’instant un peu "étriqué" et quimanque de largeur. Mais tous les fondamentaux sont réunis pour une évolution acoustique favorable,et qui ré-équilibrera l’influence de chaque registre sur la sonorité globale de l’instrument.est une joueuse de rythmique dans l’âme, Cette guitare bien les solides accompagnements rock. supportant • ON AIME :• ON REGRETTE :de "douceur". le profil du manche, la finition noire. le son electro manque un peu ••• •• Lutherie : 8 Confort de jeu : 9Son acoustique : 9Son électro : 8Rapport qualité/prix : 9 ••• a GD 30CE est une dreadnought aux •• Prix : 499 euros, prix public conseillé • Style : dreadnought, pan coupé Le système électronique Takamine TP-4T apporteune réponse satisfaisante aux besoins d’amplifi-TP-4T À BORD scènes autour du monde et grandement populariséeL allures d’EF 341SC, la fameuse Takaminenoire qu’on peut voir sur des nombreuses • cation, dans une gamme de sonorités typique du Table : épicéa massif Fond et éclisses : acajou multi plis genre. Les corrections qu’il est possible d’apporter • Manche : acajou par Bon Jovi et, bien sûr, Bruce Springsteen. Unmodèle dont la référence change parfois, mais dont •• aux trois bandes habituelles graves/médiums/aigus Touche : palissandre Largeur au sillet de tête : 42,8 mm permettent une petite plage d’intervention pour • Largeur à la 12 Volume, EQ 3 bandes, accordeur les fondamentaux restent solidement accrochés Mécaniques : bain d’huile chroméesPréampli : Takamine TP-4T.ème case : 53,8 mm modifier le grain, mais il est difficile de changer au catalogue Takamine. On peut donc considérerla GD30CE comme la version "classe éco" du radicalement la sonorité de base, sauf à passer parune égalisation externe, afin de travailler sur les modèle historique. •• Etui/housse : nonVersion gaucher : nonSite : www.takamine.com médiums, notamment. L’accordeur intégré est moins précis qu’un outil externe, mais sa rapiditéd’analyse et son afficheur à haute lisibilité, en font La table est massive, caractéristique qui valorisel’instrument sur le papier, mais plus encore en ceC’EST DU PROPRE un allié appréciable pour les usages sur scène. qui concerne le bien-fondé des aptitudes acous-tiques et son potentiel d’évolution dans le temps. Cette GD30 CE possède une belle ressemblanceSANS AUCUN DOUTE L’épicéa repose sur des éclisses et fond en acajoulamellé. À moins de 500 euros, cela se comprend, esthétique avec son aînée japonaise, pour un prixnettement moins imposant. Certes, comparaison on ne peut déplorer une caisse "tout-bois-massif"!Assemblages précis, collages propres et finitions n’est pas raison, et la GD30 n’est pas entièrement soignées, la lutherie s'avère proprement travaillée. cation et le sérieux de matériaux employés assurent réalisée en bois massifs, mais la qualité de la fabri- Le manche présente un profil standard sans carenceni avantage particulier, il se laisse jouer sans fa- d'ores et déjà une bonne maturation de la table, et,dans une moindre mesure, du fond. À moins de voriser ni défavoriser l’instrumentiste, voilà tout ! 500 euros, c’est une offre intéressante, cela ne faitaucun doute.

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marquer sans faiblesse son territoire. La projectionest moyennement diffuse, mais son dynamisme assure une très bonne vitalité sonore.de guitare qu’on a du mal à reposer lorsqu’on a joué Voilà le genre dessus ! Le préampli monté à bord de cette Alvarezest un B-Band modèle SYS550. Son égalisation à trois bandes est judicieusement complétée d’uncontrôle supplémentaire de Présence, offrant de bonnes possibilités dans la modification de la struc-ture du son électro. back et un accordeur complètent intelligemmentle panneau de contrôles, Un Notch en guise d’anti-feed- commande de volume.à l’aspect trop piézo pour proposer une solution La sonorité produite échappe sans oublier l’indispensable sonore réaliste et chaleureuse. Le format de caisses’accommode parfaitement du système électro B- http://alvarezguitars.com Band, et réciproquement, faisant de l’AP70 E uneguitare de scène très efficace, d’une part grâce à la cellente résistance au feedback en raison de la taillequalité du son branché, et d’autre part grâce à l’ex-de la caisse. UN PARLORQUI SUSCITE L’ADHÉSIONALVAREZAP70 E Tout cela a un coût, et le prix de l’AP70 E n’est pastotalement à la portée de tous. Il faudra en effetDU SOLEIL Voilà une découverte qui va enchanter l’autonome. Très séduisant, ce Parlor de forttempérament met beaucoup d’atouts dans notre jeu. Lesquels ? C’est tout l’objet s’alléger de 600 euros pour bénéficier de ses serviceset profiter de ses excellentes caractéristiques. Mais de ce banc d’essai. Jacques Balmat à un avenir instrumental assez radieux.c’est un investissement justifié, qui ouvre la porte e format Parlor fait un retour remarqué UN AGRÉMENT DE TAILLE tifié, et c’est plutôt la longue mise en sommeil deL dans le catalogue de bon nombre de fabri-cants. Ce retour en grâce est largement jus- Sur le plan pratique, elle induit un transport plusLa taille Parlor présente en effet bien des avantages. ce type de format qui pouvait susciter interrogationet déception. facile, à défaut d’être totalement discret, de soninstrument préféré.ergonomie de jeu sous l’effet d’une caisse moins Elle offre ensuite une très bonne envahissante, permettant un agrément de jeu évi-dent, notamment pour le bras droit, ce dont les guitaristes de petit gabarit se réjouiront : ils n’aurontpas la désagréable sensation de devoir "enjamber" le pan supérieur de l’instrument! Last but not least,la taille Parlor propose un voyage musical carac- téristique. Le Parlor Alvarez regroupe toutes ces spécificités.JEU EN DOUCEUR • ON REGRETTE :• ON AIME :de la lutherie aux sonorités. la qualité générale de l’instrument, le prix n’est pas à la portée de tous. La tête ajourée inscrit indéniablement le modèledans la catégorie "rétro", surlignée par des méca- ••• Lutherie : 8 niques également "à l’ancienne". Les sillets en oset les chevilles en bois témoignent du souci d’ex- •• Confort de jeu : 8Son acoustique : 9Son électro : 8Rapport qualité/prix :8 cellence dans la catégorie de prix concernée, surdes fondements de fabrication "Made in China"sérieusement menés, sans défaut ni point faible. ••• Prix : 600 euros, prix public conseillé Une petite rondeur constitue un léger embonpointen début de manche, nous n’aurions pas été étonné ••• Style : Parlor électro d’y sentir une pointe en "V", mais il n’en est point,et le dos va en devenant progressivement beaucoup • Table : épicéa massif Fond et éclisses : palissandre plus plat au fil de la montée vers les cases et notesaiguës. Les sensations de jeu sont excellentes, la • Manche : acajou •• Touche : palissandreLargeur au sillet de tête : 42,8 mmLargeur à la 12Mécaniques : ouvertes type vintage finition satinée renforce encore l’attrait et le plaisirde jeu. • Préampli : B-band SYS550. EQ 3 bandes, Présence, ème case : 53 mm •• • Notch, Volume, Accordeur Etui/housse : nonVersion gaucher : nonSite : http://alvarezguitars.com La sonorité acoustique s’inscrit totalement dans les

SAVEURS PARLOR

canons du Parlor. La puissance s'avère généreuse,chaque registre disposant d’une belle étendue pour

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CRAFTERGAE6/N http://guitarescrafter.fr guitare à table massive. La gamme "6" propose une déclinaison de trois formats dif-La série 6 constitue le premier étage de la maison coréenne pour bénéficier d’une

POUR TOUT JOUER SANS SE RUINER

acoustique caisse standard et électro-acoustique à pan coupé. Nous avons choisi detester la version Grand Auditorium, juste milieu entre la Concert et la Dreadnought.férents : Concert, Dreadnought et Grand Auditorium, présentés chacun en version Jacques Balmat Travaillé sur un format Grand Auditorium, le duoépicéa/acajou confère à cette Crafter une sonoritéTOUS STYLES assez médium. Les basses sont puissantes, avecbeaucoup de présence, ce qui atténue beaucoup la rondeur attendue.sont légèrement compressés, ce qui n’est pas désa- On a la sensation que les médiums trop "dur". Les aigus nous entraînent dans la folklégendaire, avec une pointe mi-cristalline, mi-gréable car ils restent précis sans dégager un aspect "clavecin" lors de l’attaque. Sans être exceptionnel,le sustain est bon, mais pas généreux. C’est toute- fois souvent le cas des guitares neuves directement"sorties-du-carton", qui n’ont pas encore bénéficié de l’air ambiant, et mieux encore, de la pratiqued’un instrumentiste, pour voir les bois "s’ouvrir". Vu la qualité de fabrication, il serait étonnant que livrée dans un étui.a Grand Auditorium Electro Serie 6 est la GAE6 ne bénéficie pas très favorablement deseffets du temps. traitement procure un traitement à l’aspect "laiteux"L couvrir une folk en robe de satin. Fin, le L’ouverture donne à dé- tique en fait un modèle très homogène à pratiquer Quoi qu’il en soit, sa capacité acous- aux matériaux. Le manche possède une volute derenfort au point sensible de jonction tête/manche, entre arpèges délicats,et rythmiques énergiques. Cela procure une grande traits de picking dynamiques qui, en outre, présente l’avantage de fort bien es-tomper, polyvalence d’usages et de styles à ce modèle. de raccord entre les deux pièces de bois. Son profilfait figure de petit gabarit, les petites mains vont à défaut de le masquer totalement, le point Le préampli est très agréable à utiliser grâce à sesELECTRO-TOP être ravies. Son galbe arrondi va en s’estompant aufur et à mesure qu’on s’engage au-delà de la 4 potentiomètres à glissière doux et précis, et le largeafficheur, qui confère à l’accordeur embarqué un case. Le pan coupé ouvre plus ou moins l’accès àl’ensemble des cases sans trop de dommage phy-ème confort d’usage tout aussi remarquable que la pré-cision des informations délivrées. La sonorité du sico-technique.bien son rôle. Il est bien chantourné, Très généreux, le chevalet remplit les lignes sont CR-T TV échappe à la spécificité habituelle despiézos pour ajouter rondeur et relief à un tableausonore changeant au gré des manipulations effec- tuées sur les boutons. Guitare polyvalente facile àjouer, la GAE6 est une guitare très douée à défaut ••••• Lutherie : 8Confort de jeu : 8Son acoustique : 8 d’être surdouée. Pour un peu plus de 400 euros,Crafter propose une offre sérieuse et intéressante. Son électro : 9Rapport qualité/prix : 9 C’est typiquement la guitare du guitariste exigeantet travailleur, qui cherche un instrument fiable • ON AIME :• ON REGRETTE :ensemble. la qualité de la lutherie dans son échappant à toutes les modes et tendances pourbénéficier d’une guitare intemporelle aux sonorités à ce prix, absolument rien ! modernes. Bien vu ! •••• Prix : 418 euros, prix public conseilléStyle : Grand Auditorium pan coupé ••• Table : épicéa Sitka massif • Fond et éclisses : acajou douces, tout cela est magnifiquement réalisé. Le • Manche : acajouTouche : palissandre • Largeur au sillet de tête : 43 mm sillet inséré dans la pièce de palissandre possède • Largeur à la 12Mécaniques : Grover à bain d’huile chroméesPréampli : Crafter CR-T TV. Volume, EQ 3 bandes,ème case : 52,9 mm une esthétique assez étonnante et inhabituelle.configuration est liée au type de capteurs employés Cette ••• Présence, Phase, AccordeurEtui/housse : étui par Crafter. Version gaucher : nonSite : http://guitarescrafter.fr

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TC

ELECTRONIC

NOUVEAU ET MALINWireTap Riff Recorder développement d’effets traditionnels pour lesquels nous avons une forte expérience, maisnous voulons aussi aller vers des effets encore inconnus. Nous faisons appel aux musi-Le patron de TC nous expliquait en septembre dernier : "Nous allons poursuivre le ciens pour nous faire par de leurs idées, de leurs rêves et délires. Nous sommes prêts à que, quelques mois plus tard, TC passait à l’action, comme le WireTap en témoigne.Mais est-ce un outil aussi révolutionnaire que la marque veut bien le dire ?relever tous les défis pour fabriquer des choses incroyables". Force est de constater Alexis Senart se trouvent stockés dans la machine, jusqu’à huitheures d’enregistrement 24 bits, non compressés, très humoristique. On peut bien sûr personnaliser pour une qualité sonore indiscutable. Avec ce beaupaquet d’heures disponibles, il y a de quoi laisser et donner le nom souhaité à son enregistrement,et lui assigner un genre musical pour le placer dans couler son inspiration ! Si l’enregistrement ne plaîtpas, un dossier spécifique, parmi neuf thèmes définis. durant plus de cinq secondes, et la gomme numé-rique en fait son affaire. Deux autres boutons ser- il suffit de maintenir enfoncer le bouton "Play" Une petite fonction d’édition donne la possibilitéIL EN FAIT UN PEU PLUS vent à faire défiler les fichiers depuis la machinedirectement. de couper/coller au sein d’un fichier, pour notam- très pratique, on en vient vite à la "cherry-on-the- Mais comme ce n’est pas franchement ment supprimer les bruits ou, au contraire, les si-lences, en début et fin de morceau. Il est ensuite cake". facile de partager ses créations via les tuyaux ha-bituels (SoundClouds, Facebook etc.). À partir de D’un genre assez nouveau, cette pédale répondQUÉSAKO ? Pour en tirer tout son jus, le WireTap nécessiteIL S’UTILISE AVEC APPLICATION l’application, on peut envoyer dans l’ampli n’im-porte quel titre de sa bibliothèque personnelle, sans doute à une demande, que le BackTrack deLine 6 avait préfiguré, sans toutefois rencontrer l’installation sur son Smartphone ou sa tablette, avec lecture en boucle possible. On peut aussi un franc succès. On a donc voulu en savoir plus iOs ou Androïde, de l’application TC WireTap, travailler le fichier dans son logiciel préféré, de sur ce drôle d’objet, que nous avons eu en test compagne indispensable ou presque de la pédale. Garage Band à ProTools, pour élaborer un titre avant même sa sortie commerciale. Le WireTap Une fois chargée, on relie par Bluetooth, avec l’ap- complet. Le logiciel interne et l’application du se présente dans un boîtier similaire à celui pré- pareil externe, c’est très facile et rapide, en deux WireTap sont amenés à connaître des évolutions figuré par le Ditto original, et suivi par la gamme secondes, c’est fait ! Cette application (gratuite) au gré des demandes des utilisateurs,nic se montrant particulièrement à l’écoute des TC Electro- "Mini" qui sert de refuge aux déclinaisons au for-mat réduit des références principales de la grosse va d’abord permettre de tagger et d’archiver sesenregistrements. Un titre est automatiquement musiciens. Il est aisé d’imaginer que TC va faire gamme de pédales d’effets de la maison danoise. donné, titre composé de plusieurs mots, parfois en sorte de développer une vaste communautéd’utilisateurs. Le premier usage, c’est d’en faire une sorte de dic-taphone pour enregistrer la moindre idée qui passeIL Y A UNE CERISE AVEC ! à travers sa guitare. Le WireTap demande qu’onlui raccorde un jack, car il est dépourvu de tout micro interne, ce qui est dommage pour la poly-valence d’usages, qui en prend un coup sévère, mais voulu par le fabricant. Les fichiers de sons • ON REGRETTE :• ON AIME :l’absence de micro interne. Pas de synchro possibleentre plusieurs WireTap.envisageable et espéré. la qualité sonore, le potentiel d’évolution le son mono uniquement, • alimentation par adaptateur secteur uniquement(non fourni) d’enregistrement non compressé, true bypass,Divers : Bluetooth, USB, jusquà 8 heures • Rapport qualité/prix : 9

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JOUEZ ET GAGNEZ AVEC

photos non contractuelles electro-acoustiqueUne guitare

TANGER

TD22CEQdíune valeur de

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ï Guitare dreadnoughtï Table ÈpicÈa d'Engelmann massif ï Dos et Èclisses acajou flammÈï Manche acajou ï Touche et chevalet ÈbËneï Sillets et chevilles TUSQ ï Filets ABSï Rosace abalone ï MÈcanique Grover bain d'huile chromÈesï Cordes d'Addario EXP-11 Pour participer, rendez-vous sur : Clôture du jeu le 16 janvier 2017.acousticmag/giveaway.htmlRèglement sur simple demande.Concours par tirage au sort.http://acousticmag.fr/

GAU # 54

BANC D’ESSAI

MAGNETICO AG6SCHERTLERSchertler introduit la série Magnetico, très innovante pour la guitare. Basé sur unUN NOUVEAU SON S-MIC-M, LE COMPLÉMENT IDÉALSpécialement développé pour une utilisation avec leMagnetico AG6, le S-MIC-M est un micro aérien omni- Magnetico AG6 est le seul système à combiner une électronique haut de gamme (signéeconcept complètement différent des Single coil ou Humbucker standard, le directionnel à condensateur. L’ensemble permet d’obtenirun son acoustique remarquable, procurant la sensationd'ajouter plus d’air, de chaleur et de richesse des harmo- Schertler) avec une technologie de bobines actives multiples. Jacques Balmat niques au son restitué. Le S-MIC-M se raccorde direc-tement au M-AG6, sur le connecteur de type "mini jack"prévu à cet effet. Prix : 89 euros*. Le Magnetico AG6 est doté de la technologiemulti-bobinage actif : six bobines séparées, sixCOMMENT ÇA MARCHE ? aimants séparés et six préamplificateurs séparéset dédiés. Un préampli pour chaque bobine et aimant ! L'électronique à faible impédance sanscircuits intégrés est le fondement de ces préamplis construits en pure classe A. La conception de AG6 produit un son naturel etpur. Les registres sont magnifiques, conjuguantÇA COULE DE SOURCE (SONORE) chaleur et précision, avec de nombreuses et bellesharmoniques. Notre guitare folk cobaye en a été vraiment transcendée, ce système surpassant trèslargement l’équipement d’origine. Le micro com- pact AG6 se fixe à l'intérieur de la rosace. Il estéquipé d'un contrôle du volume et possède une entrée externe (avec contrôle de volume séparé)pour la connexion d'un second capteur, tel le super S-MIC-M de la maison. Le son des deux microspeut être mélangé à l'aide des molettes de volume pour obtenir exactement la couleur sonore recher-chée. Le système de capteur AG6 est fourni avecun câble jack interne pour une installation fixe sur l'instrument. Au prix revendiqué de 179 euros*,c’est un choix excellent ! * prix public conseillé ORTEGAHorse Kick Pro KICK ME !Les sonorités sont de très bonne facture et le système répond à la dynamique. Ultra réactif, lecapteur réagit instantanément à l’appel du pied, pouvoir jouer avec la dynamique pour contrôlerles niveaux et marquer ainsi les accents et tempssans aucun temps de latence. Il est très plaisant de forts des parties rythmiques jouées. S’il est possiblede l’utiliser en jouant assis, c’est en station debout que la pratique du Horse Kick nous a été la plusagréable dans le cadre d’utilisations simultanées avec la guitare, puis guitare-chant ou harmonica.

KICKEZ EN DELUXE

Le Horse Kick fonctionne sur pile 9 volts ou avecl’adaptateur secteur fourni. A 199 euros*, c’est unOU EN LOW-COST, MAIS KICKEZ ! super et indéfectible compagnon de jeu."économique" est également proposée à 151 euros*. Une version

LES CHEVAUX !ON LÂCHE

Il est doté d’une seule sonorité, celle d’un cajon.Dans les deux cas, la fabrication en sapelé massif est de belle qualité. Un outil plein d’intérêt qu’il a Horse Kick, ici en version "Pro", est une différents que l’on choisit à l’aide d’un petit poten- Attention, prévoyez toutefois une entrée supplé-devient difficile de s’en passer quand on y a goûté ! Lpied sur la platine de bois. Elle propose cinq sons"Stomp Box",férentes sonorités percussives en tapant du qui permet de reproduire dif- tiomètre en guise de sélecteur placé sur la tranchede la pédale. Ou comment avoir sous le pied tam-bourin, cabasa, cloche, grosse caisse, cajon grave... mentaire sur votre système de sonorisation.* prix public conseilléJacques Balmat

102 • AC #54

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LE FABULEUX DESTIN

HENRY

PADOVANILE PREMIER GUITARISTE DE POLICE

© Maho Avant díÍtre un trio mythique, classÈ "le plus grand groupe du monde", The Police a briËvement ÈtÈ un quartet, avec deux guitaristes : a rÈvÈlÈ ‡ quel point Police, ‡ ses dÈbuts, rÈunissait tous les ingrÈdients pour rester inconnu, jouant un rÈpertoire quiHenry Padovani, un jeune Corse fascinÈ par líÈruption londonienne du punk, et Andy Summers, un Anglais de dix ans son aÓnÈ,

LE GROUPE QUI A FAILLI NE JAMAIS R…USSIR

vÈtÈran de la guitare au style sophistiquÈ, qui avait ÈtudiÈ le jazz et le classique, autant Èmu par le punk quíun catcheur par líartdíentretenir les bonsaÔs. Henry nous a racontÈ comment le groupe est vraiment nÈ, en tordant le cou ‡ de nombreux mythes. Il nousníintÈressait personne. MÍme Miles Copeland, le frËre de Stewart, bombardÈ manager du groupe, Ètait catastrophÈ par leurs chansons. 104 • AC #54Jusquí‡ ce quíil entende "Roxanne". Avec Sting Sur le ferry pour líAngleterre Avec Wayne County

© DR

il m’a proposé de venir jammer chez lui. C’est comme ça que tout a commencé. C’est là que Stewart m’a expliqué ce qu’était le mouvement punk. Il m’a dit Photos © DR que c’était un truc énorme, qui était en train de tout bouleverser en Angleterre. Il m’a aussi dit qu’il Henry, on a dit beaucoup de choses sur la naissance Tu as réussi à les retrouver en Angleterre ? voulait arrêter Curved Air, car ça ne marchait pas... de Police, très souvent romancées ou arrangées. Quelle Oui. J’étais très excité à cette idée. Je pensais rester est la véritable histoire, puisque toi, tu l’as vécue ? avec eux pendant une ou deux semaines, à Londres. Il avait déjà envie de créer Police ? L’idée de créer Police vient de Stewart Copeland. Je suis parti avec ma vieille Renault 6, en emportant Oui, il voulait jouer dans un groupe complète- C’est lui qui a eu l’idée de ce groupe, qui a trouvé ma guitare Jacobacci et mon ampli Twin Reverb. ment différent. Il avait déjà écrit plein de chansons, son nom, et qui l’a entièrement managé à ses débuts. J’ai réussi à les retrouver sans problème, ils m’ont dans un style punk. On a commencé à en tester Moi, avant de rencontrer Stewart, à cette époque accueilli super gentiment. On est devenus très potes. quelques-unes. Pour que je comprenne véritable- j’étais DJ, passionné de musique. J’étais aussi gui- ment ce qu’était le punk, Stewart m’a dit qu’il fallait tariste dans un groupe amateur, en Corse. À part absolument que je vois un concert ; le lendemain, ça, franchement, je ne faisais pas grand-chose, à nous étions au Roxy pour assister au concert des part la fête et aller voir des concerts. Un ami m’avait Damned. Une énergie phénoménale ! conseillé d’aller à Londres, là où la musique se jouait vraiment, et où les groupes étaient - c’était notre Cela a dû te faire un sacré choc. grand fantasme – tellement meilleurs qu’en France. Oh oui! Une semaine avant, j’étais à Aix, au calme, Un jour, j’étais à Aix-en-Provence et j’ai été voir et là je me retrouvais soudain plongé au cœur de les Flamin’ Groovies, par hasard. Ils jouaient à la l’action, dans une ambiance incroyable. Le len- fac d’Aix. J’ai trouvé leur concert génial ! Après, je demain, j’ai été direct chez le coiffeur pour faire suis resté dans la salle, près de la scène, à regarder couper mes cheveux de hippie. J’ai rasé ma barbe leur matos de pros, fasciné. Ensuite, j’ai sympathisé et je me suis senti plus jeune. Quand Copeland m’a avec leur tour-manager, qui me sentant conquis

© DR

vu, il a tout de suite flashé sur mon nouveau look. m’a invité à rejoindre le groupe au bar, un peu plus On a encore jammé, et Stewart m’a ensuite dit tard. J’étais aux anges ! Très gentiment, ils m’ont Comment as-tu rencontré Stewart Copeland ? qu’on pouvait monter un groupe ensemble, mais invité à rester, ça a duré toute la nuit. J’ai même En allant voir un concert de Curved Air, son qu’il fallait qu’on trouve un bassiste-chanteur. Lui jammé avec eux ! Pour moi, à 19 ans, c’était une ren- groupe de rock progressif. Je l’ai rencontré après, ne pouvait pas sortir tous les soirs, alors il comptait contre incroyable. Le lendemain, ils m’ont dit qu’ils dans les loges. Un de ses copains lui avait dit que sur moi pour que je lui raconte tout ce que j’allais devaient partir à Londres, et j’ai décidé de les suivre. j’étais guitariste. Après qu’on ait fait connaissance, voir dans les concerts. Moi je sortais sans arrêt, et Leur tour-manager m’a donné leur "tour book", où il y avait tout leur itinéraire. © Lawrence Impey The Police Avec Kim Wilde

© DR
AC #54 • 105

LE FABULEUX DESTIN

© TSHI

j’ai vu tous les groupes du moment : Generation Cela devait créer des tensions dans le groupe, non? X, les Clash, tous ces mecs… Forcément. Le gros boulot pour nous, concernant Sting, c’était de lui trouver un truc à faire tous les Tu t’es senti devenir punk ? jours pour qu’il ne nous quitte pas, et pour garder Non, pas vraiment. J’étais un rocker. J’aimais le groupe en vie. Stewart, qui était le patron, passait surtout l’énergie des punks, leur innocence et son temps à rappeler à Sting que nous n’étions pas leur rejet du passé. Je n’ai jamais eu les cheveux un groupe dans le style de Yes. Il lui répétait sans verts ni d’épingle à nourrice, mais je me suis cesse que notre but était de faire notre trou dans la fais connaître et admettre dans la scène punk, scène punk. Donc Sting était très frustré. Les gens en traînant avec plein de musiciens. J’étais le fascinés par la réussite de Police, qui intellectualisent frenchie, le type un peu exotique, plein d’énergie, aujourd’hui toute cette aventure, en fantasmant, ne toujours partant, le super fêtard. Musicalement, savent pas du tout qu’en 1977 Sting pointait au chô- Copeland et moi on s’est démené pour tenter mage, que Copeland habitait dans un squat, que j’étais de monter un groupe correct, et surtout pour hébergé chez un pote et que j’étais invité partout, nous en sortir. Par exemple, avant de recruter sans une livre sur moi, et que notre groupe ne gagnait Sting, on a joué avec Cherry Vanilla. Sting n’a rien... Un échec complet ! On gagnait parfois juste accepté de nous rejoindre que parce qu’il était quinze livres par concert. À côté de ça, Sting m’ap- fauché, le punk ne l’intéressait pas... Si à la préciait pour des raisons personnelles, c’était mon même époque, il avait trouvé un bon groupe "Stewart, qui Ètait le pote. Mais sur le plan musical, nous appartenions de jazz-rock, ou si Jeff Beck l’avait appelé, il à deux mondes différents. Plus tard, quand j’ai com- aurait immédiatement accepté et nous aurait leader, passait son temps mencé à jouer avec Wayne County & The Electric quittés. Sting était déjà un auteur-compositeur ‡ rappeler ‡ Sting que nous Chairs, devant 2500 personnes, cela m’a fait beau- - ce qu’il est avant tout – et un musicien ac- coup mieux vivre. Alors j’ai fait engager Police pour compli. Mais Copeland détestait ce qu’il écri- níÈtions pas un groupe dans faire nos premières parties, pour aider mes copains. vait. Et c’était le leader. Il refusait tous les mor- le style de Yes, que notre but ceaux de Sting. Il les trouvait trop compliqués, Comment Andy Summers est-il arrivé dans Police ? pas assez punk. Stewart voulait jouer des titres Ètait de faire notre trou Par l’intermédiaire de Mike Howlett, le bassiste de rebelles, dans le genre des Clash ou des Buzz- dans la scËne punk." du groupe Gong. Mike, qui était un musicien de cocks. Surtout pas des chansons d’amour. jazz-rock, jouait avec Andy et ne s’intéressait pas

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au punk. Mais il avait repéré que Moi, j’ai commencé à jouer avec Sting et Copeland jouait beaucoup Wayne County, et plus dans des salles mieux techniquement que les mu- avec Police, devant six personnes… siciens punks. Il nous a donc de- Plus tard, Andy a apporté à Police mandé si nous voulions rejoindre la possibilité d’accompagner le com- son groupe, Stromtium 90, pendant positeur-violoniste allemand Eber- quelques concerts. Nous étions si hard Schoener. Une étape clé, qui fauchés qu’on a accepté. C’est là qu’on leur a laissé beaucoup de liberté. a commencé à jouer avec Andy. C’est là que Police a développé, en Comme Police ne marchait pas du jammant et en expérimentant pen- tout, on a envisagé de jouer à deux dant une longue période, sa sonorité guitaristes. Nous cherchions déses- originale, basée sur le jeu avec l’es- pérément une solution pour percer pace et la dynamique. C’est ce son et enfin avoir du succès. génial que vous avez découvert en France, en 79, qui a fait tout leur Tu es resté combien de temps le seul succès, malgré une grosse rivalité guitariste de Police? entre Copeland et Sting. C’est ça la Six mois environ. Quand on a véritable histoire, celle qui a fait de commencé à jouer avec Andy, au Police ce groupe unique au succès début, nous nous entendions bien ; gigantesque. Police a cessé de n’in- on se partageait les accompagne- téresser personne le jour où Miles ments et les solos, c’était cool. Andy Copeland a enfin pris le manage- nous plaisait aussi parce qu’il pouvait ment du groupe en mains, parce qu’il nous amener du travail. En plus, avait découvert en studio "Roxanne", Sting appréciait beaucoup le fait et qu’il y croyait. qu’Andy aimait franchement ses chansons. Peu à peu, cela a valorisé Pour f inir, parlons de ton nouveau Sting, et ça a beaucoup modifié l’é- disque, I Love Today, qui contient quilibre dans le groupe. C’est comme pas mal de blues. Tu y montres que ça qu’un nouveau Police, peu à peu, Piaf et Brel, étaient, à leur façon, des est né. À un moment, Andy, qui artistes qui exprimaient une forme était l’opposé de moi et me prenait de blues intense. pour un cinglé, a dit aux autres qu’il Pour moi "Rien de Rien" a tou- ne resterait que s’il devenait le seul jours été un blues. Ces interprétations guitariste, mais sans méchanceté. bluesy me sont venues spontanément à la maison, sur ma Gibson acous- Tu as dû te sentir isolé. tique. Je fais beaucoup de concerts Pas vraiment, parce qu’à côté, tous en solo avec juste deux acoustiques, mes potes punks me demandaient dont une accordée en open de Sol ce que je fichais avec ces vieux mu- majeur. Grâce à lui, j’ai trouvé une siciens rangés, qui ne sortaient pas autre façon de jouer "Nature Boy" le soir. Bien sûr, il y a eu quelques de Nat King Cole, alors que cette prises de becs entre moi et Andy, qui chanson est à l’origine en Sol mi- prenait de plus en plus d’importance, neur. Pour les autres titres, mes com- mais au final, mon départ s’est fait positions, elles m’arrivent en quelques en douceur, comme une évidence. minutes. © Maho

CHRONIQUES

SOUTHERN HALO

(Disc Makers) e trio de teenagers de Cleveland, DAVID CROSBY C Mississippi, en est dÈj‡ ‡ son second LIGHTHOUSE single ‡ succËs dans les charts de Nash- (Ground Up Music/Universal) ville, avec "Little White Dress", puis "Re- es dÈcennies ont beau dÈfiler, le wind". Les trois súurs sont Natalia Morris, L poids des ans n'alourdit pas la mu- (19 ans) guitariste, chanteuse et songwri- sique du dinosaure de la guitare folk, ter, Christina (17 ans) la batteuse et Han- dÈj‡ deux fois intronisÈ au Rock Hall of nah (16 ans) la bassiste. AprËs avoir gagnÈ Fame. Pour ce nouveau projet, David fait la finale du Texaco Country Showdown du Crosby, sans show mais avec brio, via en 2014, les natives du Mississippi Delta sortirent un E.P. et enregistrËrent ce nouvel des compositions toujours plus ÈpurÈes, album sous la direction de la songwriter de l'annÈe, Catt Gravitt, et Gerald O'Brien dÈpouillÈes, comme si le compositeur qui Ècrit pour Martina McBride ou Trace Adkins. Au programme : voix haut perchÈes, cherchait la formule physique de la lÈgËretÈ. ¿ 75 ans, il s'Èmerveille encore que mÈlodies country-rock soignÈes mais "soulful", comme "Living Like That", "Cowboys" "la muse passe souvent ‡ la maison". Cette fois-ci, elle a dÈbarquÈ avec Michael (avec banjo) ou "I Ain't Crazy (But My Daddy Is)". Elles sont dÈj‡ apparues dans de League, chef d'orchestre et bassiste des Snarky Puppy. Rencontre au sommet. Pas nombreux shows TV et au festival Fan Fair X de la Country Music Association, mais de rÈvolution pour autant, mais des tissages acoustiques inventifs, jamais tapa- ne sont pas encore contaminÈes par les chaÓnes de production nashviliennes. Ne geurs, ses habituelles inversions d'accords pour habiller ses mÈlopÈes aÈriennes dites plus que la country est une musique de vieux ! Romain Decoret et sa voix cristalline. Pour autant, cela n'empÍche pas David l'activiste de brocarder la l‚chetÈ des Goliath politiques qui expÈdient les enfants des autres ‡ la guerre ("Somebody other than you"), ou de s'insurger contre le sort des rÈfugiÈs syriens CHARLIE DANIELS dÈbarquÈs en GrËce ("Look in their eyes"). Bref, comme il l'avance dans "What makes NIGHT HAWK it so", reprenant ‡ son compte une punchline de Bob Dylan ("Subterranean Home- e multi-instrumentiste de Caroline sick Blues"), "Ne suivez pas les leaders, surveillez les parcmËtres !". Une faÁon de dire qu'il L du Nord ne s'est jamais conformÈ ‡ joue et Ècrit ce qu'il veut, mÍme si cela ne changera pas la face du monde. Youri une formule toute prÍte, il a commencÈ sa carriËre dans le groupe de rock The Jaguars en 1958, composÈ le monumen- FABIEN DEGRYSE tal "The Devil Went to Georgia" et accom- SUMMERTIME pagnÈ Bob Dylan en studio. Ce nouvel (Midnight Muse) album arrive au moment o˘ il est intro- u guitariste bruxellois, on se rap- duit au Country Music Hall of Fame de D pelle d'une superbe Hommage ‡ Nashville avec, ‡ partir du 15 septembre, une expo spÈciale sur sa carriËre, intitulÈe RenÈ Thomas (1996), l'ex-Ètudiant de la "Million Mile Reflections". Night Hawk est une suite de chansons de cowboys au mythique Berklee School of Music de travail, en selle pendant de longues heures, loin du mythe hollywoodien. Charlie Boston invitant pour l'occasion d'autres Daniels a Ècrit lui-mÍme "Running with the Crowd", "Billy the Kid" ou "Yippie Ki Yea" fines lames belges, dont Philip Catherine, et reprend aussi bien "Stay All Night" de Bob Wills que "Goodnight Loving Trail" du Pierre Van Dormael et Peter Hertmans. grand Utah Phillips. EnregistrÈ ‡ Lebanon, Tennessee, avec Casey Brown, Chris AprËs des annÈes ‡ courir les campagnes Wormer et Bruce Brown au dobro, banjo et mandoline, Night Hawk rÈunit les quatre jazz ‡ la guitare Èlectrique, Fabien se grise dÈsormais des modËles acoustiques. Une ÈlÈments de la vie du cowboy, plus ce cinquiËme ÈlÈment Èlusif, qui est la quintessence. faÁon, peut-Ítre, de s'asseoir dans les rÈpertoires et de jouer avec les silences, les Superbe ! R.D. nuances. De laisser filer. Dans Summertime, il se balade de standards du jazz ("Sum- mertime" de George Gershwin ‡ "So What" de Miles Davis ou "I Love You" de Cole Porter) en escales buissonniËres vers la bossa ("Corcovado" de AC Jobim), sans oublier VAN ZANT un clin d'úil au compatriote de la note bleue Toots Thielemans ("Bluesette"). Pas de RED, WHITE & BLUE grands discours, de concepts alambiquÈs ou d'effets de manche, Fabien Degryse est (LIVE) un musicien de l'Èpure. Un esthËte. Milo Green (Loud & Proud Records) es deux frËres Donnie & Johnny, res- L pectivement chanteurs de 38 Special HOWE GELB et de Lynyrd Skynyrd, ont enregistrÈ cet 'SNO ANGLE LIKE YOU album live unique dans leur discographie (Fire Records) pendant la seule tournÈe qui les a rÈunis oss discret de la scËne indÈ amÈ- sur scËne. On se souvient que depuis 1998 B ricaine, maÓtre de l'alt-country, le le duo a sorti quatre excellents albums guitariste-pianiste du Tuscon, Ègalement studio. Pour ce nouveau live, on retrouve donc des titres de 38 Special, de Lynyrd leader des Giant Sand, fÍte les dix ans de Skynyrd et aussi des hits du duo, comme "Help Somebody" (n∞7 des charts country) la sortie de sa pÈpite solo, avec une rÈ- ou "Takin' Up Space". Comme dans tous leurs groupes, il n'y a pas moins de trois Èdition qui sent bon l'AmÈrique. Celle guitaristes dans le line-up : Matt Hauer, Eric Lundgren et Steve Cirkvencic, plus le des laissÈs-pour-compte, le nez dans la pedal-steel Mark Muller, le bassiste Mojo Hensley et le batteur Noah Hungerford. poussiËre, les fesses dans le rocking chair. TrËs efficaces dans "Wild Eyes Southern Boys" de 38 Special ou "Call Me The Breeze" On retrouve la gouaille dÈlicieusement traÓnante de Gelb, ses tissages d'arpËges folk et "Sweet Home Alabama" de Lynyrd Skynyrd. La famille Van Zant est une dynastie et de lÈzardes de guitare slide, avec une teinte gospel-rock via la chorale canadienne southern rock, qui comprend le regrettÈ Ronnie Van Zant, premier vocaliste de des Voices of Praise. Comme ‡ son habitude, Howe taille dans l'os, musique mutique, Lynyrd Skynyrd, ainsi Jimmie Van Zant, rÈcemment dÈcÈdÈ. Keep it alive ! et (dÈ)tricote d'Ètranges canevas sonores. M.G. R.D.

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JIMI HENDRIX

THE FILLMORE EAST FIRST

SHOW - 31/12/1969

(Experience Hendrix/Sony Music) 'est sous la forme du trio que le Band Of Gypys C - Jimi, Billy Cox et Buddy Miles - joua quatre shows au Fillmore East de New York, deux par jour le 31 dÈcembre 69 et le 1er janvier 70. L'album qui en rÈsulta ne comportait que six titres et fut plus ou moins boudÈ par la critique. Pour la premiËre fois officiellement, voici le show complet qui dÈbuta la sÈrie. Jimi avait tenu ‡ prÈsenter un rÈpertoire totalement diffÈrent de l'Experience. Son jeu inventif et aussi imprÈvisible que les piles inflammables d'un i-phone Galaxy Tone 7 lui permet de ne jamais aborder un titre de la mÍme maniËre. Parmi les "inÈdits" sous cette forme, on remarque particuliËrement le solo explosif de "Easy Rider", avec un son venant de la jonction exceptionnelle de l'Univibe de l'ingÈnieur Roger Mayer avec une Octavia, plus les habituelles Fuzz Face et Wah Wah. Le rÈsultat en delay-fuzz-echo est fantastique. "Bleeding Heart" d'Elmore James (parfois titrÈ "People, People, People") est de la mÍme grande qualitÈ. L'ingÈnieur du son Eddie Kramer a eu l'idÈe de monter dans le remix la basse style Chicago Blues de Billy Cox. Ce qui en fait la meilleure version jamais entendue. L'inventivitÈ de Jimi sur "Earth Blues" lui permet de s'envoler ‡ trois reprises sur le solo, revenant ‡ chaque fois au riff de base, avant de redÈcoller. "Burning Desire" a un arrangement spÈcial sur la coda, le speed-funk laissant la place ‡ un slow-blues, avant de revenir au riff final accÈlÈrÈ. Rien que ces titres justifient d'ac- quÈrir ce CD, bien que "Power of Soul", "Izabella" et "Lover Man" soient tout aussi originaux. En tout, l'aventure Band Of Gypsys ne dura que dix semaines, mais crÈa le funk psychÈdÈlique, influenÁant Funkadelic, Living Colour, The Roots ou Run DMC. Ce disque est le plus reprÈsen- tatif de cette pÈriode. R.D.

STEEVE LAFFONT

ENAMOROMAœ (Label Ouest/L'Autre Distribution) entrÈe ensoleillÈe. Le guitariste manouche R de Perpignan, qui a grandi au contact de la communautÈ gitane, propose un album lumineux et apporte une touche originale ‡ la musique de Django, en cheminant entre swing et rumba. Un styliste plus qu'un musicien jouant dans le style. Steeve ouvre l'album avec une jolie et champÍtre reprise du thËme d'Ennio Morricone "Once Upon a Time in America", la fl˚te enjouÈe de Christophe FourniÈ ouvrant la voie aux guitares vaga- bondes. Parfaite entrÈe en matiËre, dÈmontrant la volontÈ du musicien de puiser ‡ toutes les sources, et non de se cantonner aux codes du genre gypsy. …paulÈ des guitaristes Mathieu Chatelain et Rudy Rabufetti, sublimÈ par les interventions vocales de Patane, chanteur gitan díorigine, Steeve n'a pas de coup de pompes, il virevolte avec gourmandise entre compositions et reprises savamment choisies, de Luis Mariano ("Maman la plus belle monde") ‡ Sting ("Every breath you take"), en passant par Stevie Wonder ("Overjoyed"). Une musique dÈlicate, un album audacieux. En concert le 10 novembre au Sunset Y.

SPARKY IN THE CLOUDS

THERE'S A WAY

TO MAKE THINGS BRIGHTER

(Zamora) ls n'ont qu'un E.P. et quelques concerts au comp- I teur, mais font dÈj‡ des Ètincelles ! Le trio franco- anglais composÈ du guitariste et compositeur fran- Áais Mathias CastagnÈ (ex-membre de La Crevette d'Acier) et des chanteuses anglaises, les hippies sis- ters Miranda et Bryony Perkins, nourries de rock anglais, folk gaÈlique et musique indienne, lorgne les rives du grand songbook amÈricain, sans jamais singer les classiques du genre. Bien au contraire ! Leur subtil mariage du blues du Delta, de cocottes funk et de ballades folks, voix de sirËnes et esthÈtique flower power, prend aux tripes (‡ l'image du groovy single "Take away my love") et au cúur. Ces trois-l‡ rendent les choses plus lumineuses. M.G.

CHRONIQUES

SEASICK STEVE

KEEPIN' THE HORSE PATRICE JANIA

BETWEEN ME AND D'UN COUP DE VENT

THE GROUND (www.patricejania.com) (Caroline) ine lame de la guitare qu'on ne 'aprËs la lÈgende, l'animal aurait 75 F prÈsente plus dans ces colonnes, D ans bien tassÈs. Il semble qu'il en Patrice Jania dÈmontre dans ce nouvel ait en fait dix de moins, mais qu'importe, album ses talents de compositeur et Steven Gene Wold, ou plutÙt Steve Leach son go˚t d'une poÈsie hÈdoniste, faite de son vrai nom (Wold Ètant le nom de d'hymnes ‡ la nature et d'appels ‡ un son Èpouse), en a encore sous le pied et peu plus d'humanitÈ, notamment ‡ tra- pas qu'un peu. Quand il n'est pas sur son vieux tracteur ou ‡ bricoler des instruments vers le titre "Il s'est mariÈ avec lui", quel- improbables, avec une prÈdilection pour les enjoliveurs de vieilles amÈricaines, il enfile ques accords ouverts pour une ode au mariage homosexuel. Paroles et musique des perles de blues, folk ou boogie dont presque tout le monde a oubliÈ le secrets donc, en chansons, pour onze titre dÈlicats, ciselÈs, oscillant entre pickings aÈriens depuis de dÈcennies. Un an ‡ peine aprËs un impeccable Sonic Soul Surfer, septiËme ("D'un coup de vent") et ballades folk mÈlancoliques, parfois celtisante ("D'…cosse" album d'une discographie o˘ il prend des allures de Benjamin Button, rajeunissant et ses explosions de Bagad), parfois latine pour quelques jeux de mains et de bassins ‡ chaque nouvelle livraison, il prend encore plus d'assurance avec rien moins qu'un chaloupÈs ("Tu m'as donnÈ ton cúur"), toujours sur le fil de ses cordes sensibles, double album qui n'aura aucun mal ‡ passer pour son meilleur. Ici nul besoin de Jack et c'est peu dire. Patrice propose un joli duo avec Yves Duteil sur "Marcher", un White ou John Paul Jones. Lui qui a commencÈ ‡ enregistrer sur le tard connaÓt hymne aux chemins de Compostelle, aux parcours intÈrieurs. Ici, ‡ l'unisson. Cher- maintenant toutes les ficelles. On pourra tout au plus le trouver moins festif qu'‡ cher les pulsations ‡ travers les rythmes, fuir les cadences, Patrice Jania souffle l'ordinaire, avec quelques complaintes nostalgiques, comme sur ce dÈlicat "Shipw- coups de vents et brises lÈgËres, jamais de tempÍtes. M.G. reck Love". Mais, si le premier disque reste plutÙt Èlectrique et presque classique, Seasick est passÈ en mode acoustique minimaliste sur le second, sans son fidËle complice batteur Dan Magnusson, et c'est dans cet exercice que ce musicien qui a fait HENRY PADOVANI la manche pendant tant d'annÈes se montre magistral. Avec un mÈlange de candeur I LOVE TODAY et de dÈlicatesse, il se livre complËtement, dans une forme de naturisme musical (Repertoire Records) particuliËrement attachant. Jean-Pierre Sabouret e second album du premier guita- C riste de Police est ‡ líimage de sa vie : multiple, hasardeuse et aussi Èclec- VAN MORRISON tique que son parcours, riche, atypique KEEP ME SINGING et mouvementÈ. Líopus est fortement (Caroline/Universal) imprÈgnÈ par le blues, portÈ par une voix our ce 36Ëme et nouvel album solo, aux accents parfois proches des basses P le barde irlandais a composÈ la tÈnÈbreuses díun Leonard Cohen ("Give plupart des titres et s'est produit lui- Me Love") ou de la diction distanciÈe díun Lou Reed ("I Love Today"). Bref, attachant mÍme en studio. Suivant sa mÈthode dËs les premiËres mesures. Sans effet appuyÈ, majoritairement acoustique, la play- inÈgalÈe de chanter ses textes en suivant list rÈvËle une vraie Èrudition rock. ¿ travers des morceaux forts mais pas forcÈment son courant de conscience improvisÈe, tubesques : "Long, Long, Long" de George Harrison, "Lean Love" de Marc Bolan, ou soutenue par des suites d'accords de "Into My Arms" de Nick Cave. ChantÈs en franÁais et en anglais, les titres síemboÓtent guitares acoustiques avec contrebasse, avec une Èvidence qui sent bon la sincÈritÈ, doublÈe díune vraie envie de les faire fl˚te ou cuivres, Van Morrison Èvoque sa muse dans "Let it Rhyme" et coÈcrit avec partager. Les excellentes reprises du "Rien de Rien", immortalisÈ par Piaf, et du "Ne le song-writer Don Black pour "Every time I see a River". Il est difficile de ne pas voir Me Quitte Pas" de Brel, sont jouÈes comme si ces titres Ètaient nÈs dans le Delta du une revanche, ou du moins une certaine justice poÈtique dans "The Pen is mightier Mississippi. Une belle idÈe, simple mais juste, qui nous rappelle que le blues, celui than the Sword" (La plume est plus forte que l'ÈpÈe). Mais ce n'est l‡ qu'une facette qui nous remue dans le trÈfonds, níobÈit ‡ aucune gÈographie prÈvue. Un album qui de son talent, l'autre Ètant le R&B profond comme sur "Caledonia Swing", dans lequel mixe avec ÈlÈgance la retenue et le bon go˚t. Olivier Bride "Van The Man" joue du piano et du saxophone. Une reprise ÈclairÈe de "Share your Love with me" de Bobby Bland, interprÈtÈe aussi par Aretha Franklin et Kenny Rogers est dans la mÍme veine. Cet album est du calibre de ses grands classiques TRYO comme Astral Weeks ou Moondance. R.D. VENT DEBOUT (Sony) MICHAEL NAU lus atypique et dÈcalÈ que jamais, MOWING P Tryo a retrouvÈ le go˚t des choses (Full Time Hobby/PIAS) simple et directes qui avait tant sÈduit ‡ lus qu'un album, Mowing est un cap- ses dÈbuts. ¿ l'Èvidence, le quartette a Ptivant voyage dans le temps et líespace, fait le point et, mis ‡ part deux ou trois ‡ travers les plaines du midwest et les chansons plus softs, tant dans le fond dÈserts californiens, au son des radios AM que dans la forme, comme il avait quel- amÈricaines. Chanteur et guitariste des ques vÈritÈs ‡ balancer, il est revenu ‡ Cotton Jones, groupe d'indie folk lancÈ cette faÁon si particuliËre de faire passer les messages les plus frondeurs avec ce avec sa femme Whitney McGraw, le song- ton lÈger et raffinÈ qui le caractÈrise. Avec des textes comme ceux de "Qatar" ou writer a choisi la voie en solitaire pour "AmÈricain", tout autre musicien aurait fait parler la poudre et balancÈ moult dÈcibel, tracer la route entre la country de Nashville, la psychÈ-folk californienne et les ballades mais pas Tryo qui prÈfËre manier les contrastes et faire rÈflÈchir sans jamais forcer folk acoustiques grattÈes sur la route. Nau? Une sorte de hobo 2.0. M.G. le trait. Des punks d'un genre diffÈrent, en fait. ¿ lire autant qu'‡ Ècouter. J.-P. S.

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WALLACE

LUKE ELLIOT (InOuie Distribution) DRESSED FOR THE enÈ par Erwan Naour, le cofon- OCCASION M dateur des Hurlements díLÈo, le (HimMedia) trio donne un sacrÈ coup de latte ‡ la e songwriter amÈricain est l'un chanson franÁaise en br˚lant la pano- C des meilleurs actuellement dans le plie Titi (bÈret-godillots et strumming style alt-country (country alternatif). de guitare ‡ deux temps) pour le parer Des chansons basÈes sur l'acoustique, d'Ètoffes plus bariolÈes, une guitare swing mais trËs travaillÈes dans la post-orches- et des pompes manouches, un violon tration, avec de bonnes idÈes de Luke tsigane, quelques lÈzardes rockabilly, et Elliot lui-mÍme ou de son producteur tout au long de l'album, une poÈsie ‡ fleur de peau. Y. John Agnello. Par exemple l'intro de "Get 'Em While They're Hot" est jouÈe sur le rythme de "Kashmir" de Led Zeppelin avant de passer ‡ l'acoustique. Sur "Trouble", c'est le contraire : intro guitare acoustique puis entrÈe de la rythmique Èlectrique. ELVIS PRESLEY "This Gun of Mine" rappelle les moments unplugged de Kurt Cobain. Un disque ‡ WAY DOWN IN THE Ècouter plusieurs fois en raison de ses textures musicales. R.D. JUNGLE ROOM (Sony/Legacy) e double CD avec livret de 16 pages NINA SIMONE C rÈunit les ultimes enregistrements WHAT HAPPENED du King en fÈvrier et octobre 1976. Elvis MISS SIMONE ? refusait de se dÈplacer ‡ Nashville ou ‡ (Eagle Vision/Universal) Los Angeles, et la fermeture des studios e film sur la pianiste et chanteuse Stax et American Studios limitait ses op- C nÈe en Caroline du Nord - Eunice tions ‡ Memphis. Il fit donc rÈamÈnager Waymon de son vrai nom - a ÈtÈ rÈalisÈ la Jungle Room de Graceland afin díobtenir plus d'espace pour les musiciens. Le par Liz Garbus et a reÁu le prix de meil- producteur Felton Jarvis installa un camion RCA Studio Mobile avec des ingÈnieurs leur documentaire de l'American Film du son vÈtÈrans. Le TCB est gÈnÈralement prÈsent, avec James Burton, Ronnie Tutt, Institute. Avec des extraits d'archives, Glen D. Hardin, Jerry Scheff, The Stamps, mais aussi David Briggs, Norbert Putnam, des apparitions sur scËne et ‡ la tÈlÈ, il Billy Sanford, Bobby Emmons. Incontournable. R.D. retrace la carriËre contrariÈe de l'artiste qui voulait Ítre pianiste classique, mais qui dut jouer dans les night-clubs pour gagner sa vie, avant de connaÓtre le suc- cËs international dans les annÈes 60. Son implication avec les Black Panthers l'amena ‡ quitter les Etats-Unis et ‡ s'ins- taller en Afrique, puis en Europe. La rÈalisatrice n'a pas ÈludÈ la bipolaritÈ de Nina Simone, aigrie et dÈÁue par un succËs moindre que celui auquel elle aspirait, comme bien d'autres artistes black comme Chuck Berry. En bonus, le CD prÈsente ses grands succËs de "Don't let me Baby just cares for me" ou "Ne me quitte pas" de Jacques Brel. R.D.

JACK WHITE

ACOUSTIC RECORDINGS

1998-2016 (Third Man Records) e feeling acoustique ÈpurÈ suggËre L qu'avec ce disque, Jack White frappe ‡ la porte du club trËs exclusif des grands songwriters, bien que ses changements de direction imprÈvisibles et ses tours de passe-passe occasionnels aient pu parfois obscurcir son talent. Quelques chansons en version acoustique des White Stripes ou des Raconteurs ne sont pas toujours indispensables, mais le reste l'est et souligne les dons de crÈateur extra- ordinaire de Jack White. Comme "Never far away" enregistrÈ pour la B.O. du film Retour ‡ "Cold Mountain". Ou pour "Love is the Truth", bien trop excellente pour la simple campagne publicitaire 2006 de Coca Cola, dont elle fut le thËme. "Never far away" a ÈtÈ remixÈ par T. Bone Burnette et "Honey, We Can't Afford to Look this Cheap" est produit par Beck. La version bluegrass de "Top Yourself" est particuliË- rement rÈussie. Les titres de ses albums solo, "Blunderbuss" ou "Love Interruption" tirÈ de Lazaretto, sont de trËs haut niveau Ègalement, tout comme la face B "Machine Gun Silhouette". Jack White serait-il parti pour se constituer une discographie alter- native, voie ouverte par Bob Dylan ? R.D.

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COLLECTION GUITARIST ACOUSTIC Les quatre premiers n∞ et le n∞11 sont ÈpuisÈs. N∞15Interview : N∞23 Elios FerrÈ, Pura FÈ, Boulou & Interview :y Gabriela, Egberto Rodrigo N∞31Interview : Meola, Dick Annegarn Al di N∞39LÈgende PÈdago :Tom‡s Gubitsch etc. Gismonti, Pierre Boubacar TraorÈ, Christian, Story Sixto Charlie N∞47Dossier : ManitasSelah Sue, Daran, Joni Interview : Tribute to Jacques Stotzem,Angelo Debarre etc. Masterclass Bensusan, RockyGresset etc.Masterclass Rodrigo y PÈdago : PÈdago :Serge Lopez etc.style John Renbourn - Etude de Bob Brozman, Juan de Rodriguez. Interview : Lerida, Les Doigts de Mitchell, Igit etc. N∞16LÈgende : Gabriela, Sylvain Luc, Michel Gentils. Hommage ‡ Albert King - MasterclassSerge Lopez, Bob Bonastre etc. Etude de style Charlie Christian etc. líHomme etc. PÈdago : Travaillez votre vÈlocitÈ avecPÈdago :Coach guitare : Johnson. Interview : Robert N∞24 Manitas, Etude de style Keith Jarrett, Thomas Dutronc, Interview : N∞32

N∞40

Roland Dyens, 100, Nelson Veras, Django RÈtro Story Carolina Chocolate Rickie Lee Jones, Marcel Dadi & Jerry Chet Atkins, Interview : Eric Clapton Masterclass : le Blufunk díIgit etc. Stills & Nash, Asaf Crosby, N∞48 Masterclass Boulou & Elios FerrÈ, AlainDrops etc. PÈdago : PÈdago : ValÈrie Duch‚teau etc. Giroux etc. style Django Reinhardt Etude de Yamandu Costa,Reed. Interview : Avidan, Taj Mahal Dossier :John Renbourn Tribute to etc. (Partie 1) - Masterclass Django 100, PÈdago :Enrico Macias etc. votre jeu en 20 PÈdago : Boostez Interview :David Reinhardt, Tina Eric Bibb, N∞17 Eric Bibb etc. style Chet Atkins & Jerry Reed - Etude de minutes par jour etc. Dico, The Broken LÈgende : N∞25 Masterclass Esteban (Rumba catalane) N∞41 Breakdown Band, etc. Circle Bluegrass Coach guitare : PlongÈe dans la PÈdago : Eric Bibb, Sylvain Luc,Knopfler. Interview : Mark LÈgende : N∞33 Story : Richie Havens, Ana Zoom : Interview : Muddy Waters Moura etc. Michel Haumont, John Broonzy. Interview : Big Bill de Django. Les hÈritiers Emmanuel & Martin Tommy musique indienne, Le jeu de James Masterclass Eric Bibb, PÈdago : Jorgenson, Stephen David Reinhardt, John Interview : Taylor, Tomatito, Paco Taylor, Masterclass : Eric Bibb, etc. Bruno Mursic etc. Bennett etc.Etude de style Django PÈdago : McLaughlin, LouisWinsberg, Tim Sparks Perfectionnez votre jeu en 7 leÁons -PÈdago : Ib·Òez, Bill Frisell etc. N∞49Dossier : cachÈe de Bob Dylan La face N∞18Story : Reinhardt (Partie 2) - Masterclass NelsonVeras, SoÔg SibÈril. PÈdago : Les Riffs de l'ÈtÈ etc. Interview :Ward & The Mama Madisen la Bossa Nova Les 50 ans de Les Rythmes du Cap-Vert - Masterclass Hommage ‡ Babik Reinhardt -etc. Interview : N∞26 Louis Winsberg etc. N∞42Story : Aufray, TommyEmmanuel, Georges Hugues Interview :Catherine, JimNichols, Andy McKee, Philip N∞34 Interview : Bob Dylan FranÁois Corbier, Abaji, etc.Bear, Rickie LeeJones, Peter walker, LÈgende : Meola, AngeloDebarre, John Al Di Coach guitare : Comment síÈclater sur PÈdago : LoefBeverly Jo Scott, Lionel LouÈkÈ, Selmerfler etc. PÈdago :Moustaki, Yorgui Masterclass PÈdago :Katie Melua etc. #607 etc. style Guitare Etude de Harmonica Blues - Masterclass Juan / Joan Baez, Keith B.Johnson. Interview : Robert Brown, Chahine/ PÈdago : McLaughlin etc. les tubes de líÈtÈ, Traditionnel andalou Gresset etc. Georges Moustaki etc. Hommage ‡ "El Vito", Masterclass : Nungan, etc. Masterclass Thomas PÈdago : N∞50Dossier : N∞19 Carmona, Jim Nichols, Andy McKee. du Hot Club de France Le Quintette LÈgende :Interview : Jerry Reed N∞27 Dutronc, Keith B. Brown, Julian Lage

N∞43

etc. Story :& JJ Cale. Nashville Story Debarre, YamanduCosta, Martin Taylor Angelo Les 30 ans du Friday N∞35 Pierre Bensusan, Interview : Interview :Emmanuel, SteveHowe, Graham Nash Tommy etc. Interview : Night in San Francico Dossier : Michel Haumont, Masterclass Angelo PÈdago : LucÌa, Al Di Meola, Paco De guitare celtique Autour de la Debarre, David Reinhardt etc. Fapy Lafertin, Interview : PÈdago :Christine Tassan etc. guitare : Comment bien jouer les folk etc. PÈdago : Coach Collins, Kebí Moí, Judy du jeu aux doigts - Masterclass Les secrets songs, Masterclass AngÈlique Ionatos Christine Tassan, Michel Haumont etc. etc. N∞20LÈgende : PÈdago :Hommage ‡ Luther Allison etc. Etude de style Merle Travis - Tomatito etc. Blind Blake & Gary Davis - MasterclassPÈdago : SÈbastien Giniaux etc. Hommage ‡ N∞44 N∞51 Interview :Vista Social Club. Buena N∞28 Gilles Le Bigot, SÈbastien Giniaux etc. Hommage Sanseverino, TracyChapman, David Interview :Patti, FranÁois Tuck & N∞36 Jack Johnson, Projet Lucia. Interview : ‡ Paco de Interview :Lafarge, Andy McKee, Pokey Heymoonshaker, Interview : Gypsy Eyes, Titi Robin Korey Dane, NildaFernandez etc. PÈdago : PÈdago : Sciortino, RaphaÎl etc. Jung, Leonard Cohen, Sungha & Michael Lonsdale Masterclass Sanseverino etc. "Czardas de Monti" - Reinhardt etc. style Tuck Andress - Etude de Tom·s Gubitsch, Titi Paco de Lucia - Le Blues rural -etc.PÈdago : Etude bien jouer rock ‡ líacoustique,PÈdago : Comment N∞21 Sanseverino, Christian EscoudÈ etc. Masterclass PÈdago :Robin, Eric Bibb etc. Masterclass L.Winsberg, S.Giniaux etc. Masterclass : Michel Haumont, JoschoStephan etc. LÈgende : Sungha Jung etc. Masterclass N∞45 Interview :Dossier "Rez Music" Donovan, N∞29LÈgende : N∞37 Dossier : BirÈli LagrËne & Jim Hall, LÈgende dans le Blues de PlongÈe

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Sylvain Luc, Cocoon Christian EscoudÈ, Brassens. Interview :Georges Interview :Harper, GÈrald de Ben Lucky Peterson, Interview : Doc Watson Louisiane. Taylor, Miloö, Willie James Bernohft, Ben Harper, Interview : Palmas, Donovan, Louis Chedid, Raul Paz Keren Ann etc. "Humoresque" díAnton Dvorak -Masterclass Yannick Duhamel etc.etc. PÈdago : de style Baden PowellMaxime Le Forestieretc. PÈdago : /Luiz Bonfa - Etude PÈdago :Nelson etc.de Doc Watson - Dans le style pour booster votre jeu - Masterclassetc. PÈdago : 30 jours tique, Masterclass : G.jouer Elvis ‡ líacous- PÈdago : Comment Masterclass Franck Goldwasser etc. Michel Haumont, Marcio Faraco. de Palmas etc. N∞22Interview : Masterclass Tuck Andress etc. N∞53 Gil, Stefan Grossman, Gilberto N∞30 Dossier :La guitare africaine. Eric Clapton, Julian Lage, PatrickBruel etc. HommageEliades Ochoa, JohnLima. Interview : ‡ Nato N∞38Interview : N∞46Dossier : Coryell, Paco El Lobo, Larry Johnny Winter Tribute to Interview : Les rythmes brÈsiliensPÈdago : Hammond, Franco "Crossroads" de Robert Johnson -- ¿ la maniËre de Morone etc. PÈdago : PÈdago :Famille Assad etc. Josele & Chano Nino Interview :Luc, Cocoon, Jonny Sylvain style Martin Taylor - Etude de Dominguez, Ed Borrel etc. Dadi - Masterclass Sylvain Luc, MichelEtude de style Marcel PÈdago : slide - Masterclass Eliades Ochoa etc.Etude de style guitare Coryell etc. Masterclass Larry Coach guitare : perfectionnez votre Sheeran etc. PÈdago : Masterclass Jordan Officer etc. main droite - Masterclass Manu Galvin. Haumont etc.

BULLETIN DE COMMANDE

‡ retourner ‡ : Back Office Press ñ Guitarist Acoustic ñ Service clients ñ 12350 Privezac ñ TÈl. 05 65 81 54 86 accompagnÈ de votre rËglement en euros, ‡ líordre de BLUE MUSIC Oui,  no JE DÈsire recevoir les numÈro(s) suivants : 5  no 18 o  no  n 24  no 30  o 19   no n 36 o  no  noo 12 6  no  no 13 7 14  no  n  no  n 42 31  no no 25 20 o  no  n 26 o 21  n o  n o 37  n o  n o 48  noo 49  n de Guitarist Acoustic au prix de 7 euros (chaque),  no o 43 8  no 32 15 27  no  no 38 o 33  n o 39  nno 44 50 frais de port compris. (Pour líÈtranger, rajouter 1 euro.)  no 45  no  no 9  no 28  n 34 no  n 22 40  no 51 Ci-joint mon rÈglement de ________ , ___ euros  no 46  no par chËque, ‡ líordre de BLUE MUSIC  no 16 10  17  no 23  no 29  no 35 41 o 52  no 47  n 53 Carte de crÈdit : remplissez le coupon ci-dessous Nom : .......................................................................................................................................................................................................................................................................................... PrÈnom : ............................................................................................................................................................................................................................................................................... No |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__| Adresse : ................................................................................................................................................................................................................................................................................ .............................................................................................................................................................................................................................................................................................................. Date díexpiration : ____ /____ Code postal |__|__|__|__|__| Cryptogramme : |__|__|__| Ville : ........................................................................................................................................................................................................................................................................................... Quel(s) style(s) de guitare jouez-vous ?.............................................................................................................................................................................. Montant : |__|__|__| , |__|__| Ä .............................................................................................................................................................................................................................................................................................................. Signature obligatoire : AC #54

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COURRIER DES LECTEURS

Coups de cúur ou coups de gueule, cette rubrique est la vÙtre ! Alors níhÈsitez pas ‡ nous contacter ‡ líadresse suivante :acoustic@editions-dv.com Puis, après les regrets viennent les accusations, concernant les "excuses publiques" que devrait Clapton pour avoir autant "emprunté" à JJ Cale, et que pourrait constituer le récent The Breeze : An Appreciation of JJ Cale… Pourquoi pas, le refrain est bien connu. Mais n’est-ce pas simplifier un peu la relation entre les deux hommes, dont le respect mutuel était tel qu’ils avaient tenu à enregistrer ensemble le très beau "The Road to Escondido" ? Pourquoi ne pas plutôt mentionner la belle histoire, relatée dans les lignes de Guitarworld (article du 10 juin 2016), qui se cache derrière les deux morceaux de JJ Cale présents dans I still do ("Can’t Let You Do It" et "Somebody’s Knockin’"), dont Clapton révèle qu’ils sont des titres inédits, qui lui ont, parmi d’autres, été offerts par Christine, la femme de JJ Cale, à l’issue des funérailles de ce dernier, afin que celui-ci puisse les reprendre, les terminer et les publier ? Cela aurait pourtant semblé plus constructif… "Incurable" Que dire ? À mon sens, les quelques lignes qui suivent ce titre contiennent des trésors de l’abject. Evoquant la révélation par Clapton de ses douleurs au dos et de sa neuropathie périphérique, qui "se traduit par des sortes de décharges élec- triques dans les jambes", monsieur Sabouret se permet une sortie bien étrange : DROIT DE R…PONSE "on n’ironisera pas sur le fait qu’il n’a nullement évoqué ses mains ou ses bras, et que, A MONSIEUR JEAN-PIERRE SABOURET jusqu’à preuve du contraire, il ne joue pas avec les jambes" ! Est-il possible d’être ARTICLE ERIC CLAPTON aussi mal intentionné, de manière si gratuite et ouverte ? Cher Guitarist Acoustic, chère équipe de rédaction, Arrivés au terme de cette lecture, on ne peut que rester perplexe… Pourquoi Je suis, pour tout vous dire, assez peiné de vous écrire ces quelques lignes, mettre ainsi un artiste en couverture si c’est pour le descendre en flèche tel nées de la profonde déception et de la "révolte" qu’a suscitée chez moi la qu’effectué dans les pages de ce numéro, alors même qu’on sait qu’une telle lecture de votre 53ème numéro. C’est que, fidèle lecteur de votre magazine, première page va conduire des fans de Clapton à l’achat ? Pourquoi "s’amuser" je suis habitué à une très grande qualité de sa part (...) Ma joie était donc à consacrer quatre pages entières à de tels articles, dont le contenu est pure- grande quand, allant acheter mon numéro de l’été, je découvrais en cou- ment nul, mesquin, vulgaire et profondément méchant ? (...) Je suis donc, verture, une fois n’est pas coutume, deux de mes références : Marcel Dadi comme dit, triste et révolté. S’il te plaît, cher Guitarist Acoustic, s’il te plaît, et Eric Clapton. La lecture s’annonçait bonne… Je feuillette rapidement, chère équipe de rédaction, redeviens comme avant, et ne laisse plus de place, Sylvain Luc qui propose, en plus, une leçon sur "Yesterday". Encore une en ton sein, à de telles choses… tu vaux mieux, bien mieux que cela. de ces perles dont vous avez le secret. Puis est venue la douche froide, dès la page 14. J’aurai du me méfier au Musicalement vôtre, ClÈment Colas. titre : "Eric Clapton, fast and not furious", probablement… Autant le dire tout de suite, cet article, né sous la plume de monsieur Jean-Pierre Sabouret, me semble être une honte, une tâche intolérable dans votre publication. Je me permets donc de me fendre de cette lettre sous forme de droit de réponse, que vous pourrez choisir de publier si cela vous semble souhaitable. Et comme je n’aime pas accuser sans étayer, permettez-moi d’effectuer, avec vous, une lecture linéaire. "Qui peut le plus peut le moins" Passons le chapeau, déjà largement contestable, pour nous concentrer sur les premières lignes de l’article lui-même. Le titre, en gras "Qui peut le plus peut le moins" annonce la couleur, et le ton, vite confirmé par les mots d’ouverture, évoquant un "devoir de vacances décontracté du gland". On pour- rait s’arrêter là, tout est dit sur le mélange de vulgarité, de décalage et de persiflage que va constituer cet article dans son intégralité. Un produit inadapté, et qui clairement n’aurait jamais dû se retrouver publié. Tout commence sur des regrets : Clapton serait devenu "casanier" - com- prenez paresseux -, ce qui justifierait que "son ambition artistique soit revue Cher Clément, à la baisse"… L’auteur de ces lignes semble regretter les grandes années de Tout d'abord, nous n'avons pas pu publier tout votre message faute de place, veuillez Clapton. Mais que regrette-t-il donc ? Qu’il ne soit plus un jeune fou- nous en excuser. Nous comprenons votre sentiment sur cet article, parfois caustique, gueux ? Eh bien oui, il a 70 ans, cela semble assez inéluctable. Qu’il soit parfois plus, et respectons votre opinion, tout en regrettant certains raccourcis. Selon attaché à une vie de famille sereine et équilibrée ? Quelle étrange sortie ! nous, cet article rend hommage à Eric Clapton, il relaie sans complaisance l'actualité Si cela veut dire que monsieur Sabouret regrette les années où M. Clapton de l'auteur et son humeur du moment. Vous avez été heurté, parfois à tort (un ex- était psychologiquement instable, alcoolique, cocaïnomane et héroïno- emple : Jean-Pierre Sabouret écrit "presque devenu casanier" - ce qui n'est pas un mane, sous prétexte qu’un tel état est plus favorable à une haute "ambition reproche -, il ne le qualifie nullement de "paresseux" comme vous l'écrivez), mais artistique", libre à lui… Mais il semble assez inadapté, quand même, de croyez-nous, nous sommes partisans plus que des adversaires d'Eric Clapton, tou- regretter ainsi l’équilibre personnel d’un artiste par nostalgie de quelque jours présent dans les colonnes (souvent sous la plume, admirative, de Jean-Pierre solo de guitare. Sex, drugs and rock n'roll ? Sabouret) du magazine.

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CLUB

LECTEURS

membre du clubDevenez il vous suffit de vous rendre sur sur la pagePour fêter la rentrée des classes, voici quelques belles pépites à écouter.Attention, le mode de fonctionnement a changé ! GUITARIST Indiquez bien sûr le titre de l’album que vous souhaitez recevoir. Au nom de la loi du , et de remplir le formulaire. http://acousticmag.fr/acousticmag/ Désormais pour participer, clublecteurs.html ACOUSTICVotre inscription vous donnela prioritÈ pour bÈnÈficier des. club « Guitarist Acoustic », les premiers arrivés seront les premiers servis. cadeaux offerts aux lecteurs dePour devenir membre,Guitarist Acoustic rendez-vous en page 103de ce numÈro. SonyAVECTOUS DEBOUT vous fait gagner 10 exemplaires du TRYO ! nouvel et septième album du combo pari- 10 "FOR PACO"LOUIS WINSBERG sien,hymnes de nos campagnes et de charges Vent Debout, compilation de nouveaux Label Bleuplaires du nouvel album de LouisFOR YOU ! vous fait gagner dix exem- anti-système.Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction Winsberg et Jaleo,hommage à Paco de Lucía tout autant For Paco, un superbe remporteront un lot. qu'une fusion du jazz et du flamenco. tion remporteront un lot. Les 10 premiers mails arrivés à la rédac- & FRANCESCO FORNIX 10ILARIA GRAZIANO

LE CHARME FOLK

EN ROUTE VERS Agualoca Recordsplaires du second opus du duo italien,DE L'ITALIE vous offre dix exem- Nomades KulturJUAN CARMONA L'ORIENT AVEC Come 2 Me plaires decarnet de voyage du virtuose flamenco, au Perla de Oriente vous offre 10 exem-, le nouveau chansons napolitaines. les complaintes blues, les folks songs et les , un somptueux voyage dans fil duquel le gitan vagabonde sur les che-mins du "duende", tout en lorgnant les Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot. Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot.rives méditerranéennes. VISITE GUID…E CHEZ Le lauréat 2016 de nos "RévélationsGuitarist Acoustic" vous fait gagnerEZRA HESPER & LES 10MAX ROBIN Appartement10 exemplaires de son 2, dans lequel le jeune song-ème E.P. The Label Ouestl’albumFERRAILLEURS compositeur s’aventure sur les chemins Passage des Soupirs vous offre 10 exemplaires de, dans lequel le tion remporteront un lot.writer dévoile son goût des balladesfolk sur le fil.Les 10 premiers mails arrivés à la rédac- d’un jazz buissonnier.Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot.

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