guitarist-acoustic — GA57
PLONGÉE DANSLES MUSIQUES PEDAGO CARIBÉENNES CALYPSO - REGGAE - ZOUK - MARIACHISON & MONTUNO CUBAINS - BIGUINE 35 PAGES DE PARTITIONS Masterclas — GA57
PLONGÉE DANSLES MUSIQUES
PEDAGO CARIBÉENNES CALYPSO - REGGAE - ZOUK - MARIACHISON & MONTUNO CUBAINS - BIGUINE
35 PAGES DE PARTITIONS Masterclass country-folk - Jazz manouche - Summer Blues - Chef d’œuvre d’Erik Satie ESCALE MUSICALE Les Doigts de l’HommeINTERVIEWS CARAÏBES Beauty & The BeastKurt Rosenwinkel RYTHMES CHALOUPÉS Samuelito & CORDES CALIENTE Bill Frisell De Cuba aux Antilles,l’histoire méconnue Ásgeir des guitaristescaribéens
DANS LES COULISSES D’
AMERICANUN RÊVE DE MUSICOLOGUE EPIC Lutherie : LEONARDO GUITAR RESEARCH PROJECTMATOS CALYPSO ROSEVictoire de la musique 2017 GRETSCH Parlor Style 1 - TANGLEWOOD TW5 WBYAMAHA AC5R - BREEDLOVE Pursuit ExoticPhilippe CATTIAUX ISSN : 1957-8229 FISHMAN SA330X - BOSS Acoustic Singer Pro + d’infos : www.maversiondigitale.frLes abonnés ont accès gratuitement aux applications. …DITO de « Guitarist Acoustic »,Pour joindre la rédaction SOMMAIRE une seule adresse :ACOUSTIC@EDITIONS-DV.COM News 4 Lillie Mae American EpicIron & Wine 10 CaraÔbes, les cordes "caliente" Retour sur ce projet díenvergure, vÈritable rÍve demusicologue, qui retrace la naissance de la musique 14 12 du bois, de tout ce qui constitue votre revue préférée, celle-là même qui fait cauchemarderles pompiers du monde entier, du moins ceux qui ne l’ouvrent pas. Qu’ils se rassurent,Attention, produits hautement inflammables ! Oui, nous parlons bien du papier et Dossier : les guitares caribÈennesmoderne aux Etats-Unis. Biguine, calypso, gwo ka, son cubain, montuno, reggae, ska, dance-hall… La mer deschez Guitarist Acoustic, il n’y a pas de pyromanes, seulement des soldats du jeu. Dans les Óles de la mer des CaraÔbes, les cordes sont ‡ la foisDes Bahamas aux Antilles, du Gwo ka modËn au Son cubain,chaloupÈes et "caliente", ‡ líimage des chaleurs tropicales. 18 Caraïbes est un paradis pour les plongeurs en musiques chaloupées et les chercheurs detrésors sonores. Un carnaval de guitares. Qu’elle soit espagnole ou française, la six-cordes voici une carte non pas postale mais stylistique de la guitarequi fait bouger les bassins. a débarqué avec les grands bateaux du vieux Continent, dans les cales desquelscroupissaient les esclaves africains. Sur ces îles du bout du monde, ce rêve d’un Nouveau Les Doigts de líHomme+ Interview de Ralph Lavital, pÈpite du jazz antillais. Monde qui leur sera refusé, bien qu’ils en soient les premiers bâtisseurs, ils arpègeront leurs Entretien avec les nomades du gypsy swing.Doigts virtuoses, tÍtes bien faites. 32 souffrances à travers les chants griotiques et les instruments bricolés, lointains souvenirsde la kora mandingue et des luths peuls. Peu à peu, les musiques deviendront métisses, les usages créoles. Couleurs Madras résument les brochures des tour-opérateurs pour Rencontre avec un guitariste plus que versatile,Bill FrisellvÈritable explorateur des rÈpertoires. 36 imposer le cliché de la plage paradisiaque. En y regardant de plus près, les bleus, les verts,les ocres n’ont jamais les mêmes teintes selon les rivages où l’on se pose. Idem pour les blanches et les noires : des Bahamas aux Antilles, de Cuba à Trinité-et-Tobago, ¡sgeirConfidences du magicien Èlectro-folk islandais. 40 les traditions musicales se sont mélangées, se sont réinventées selon leurs propres besoins.Il n’y a pas une musique des Caraïbes, mais des chapelets de styles, parfois aux antipodes. Explication de texte avec un virtuose du jazz,Kurt Rosenwinkel Beauty & The Beastadepte du crossover. 42 Mille jeux de guitares ou une guitares à mille cordes, gare aux syncopes ! Rassurez-vous,nous vous proposons une initiation dans le cahier de vacances pédagogique.Pour que ce carnaval ne se transforme pas en casse-tête, nous vous dressons également Interview díun duo de swing et de gouaille, Samuelitoqui revisite le rÈpertoire country, folk et blues. 46 une carte non pas postale mais stylistique des guitares caribéennes. Pas celle des starsmondiales - les Compay Segundo, Eliades Ochoa ou Bob Marley sur lesquels tout a Entretien avec un guitariste globe-trotter, curieuxde tous les rÈpertoires, du flamenco ‡ la musique classique. 48 déjà été dit -, mais une fresque de ces pionniers oubliés, qui en écrivirent les premièrespartitions. Attention : n’ouvrez pas ce magazine n’importe où, le mercure va monter ! La rédaction AccompagnÈes díun CD-ROM audio-vidÈo, 35 pagesAvec uneCarnet de notesde pÈdago pour aborder tous les styles ‡ la guitare. 50 Toute reproduction des pages et du contenu pédagogique du magazine, plongÈe dans les rythmes caribÈens habituelles.Skalypso. Mais aussi une Ètude díun chef-díúuvre Ètude de style dÈdiÈe ‡ la guitare cubaine Satie, une masterclass country-folk et uneet toutes les rubriques initiation au díErik , une sans autorisation préalable des éditions Duchâteau-Voisin,est interdite et susceptible de poursuites judiciaires. AbonnementActu Lutherie Zoom sur le Leonardo Guitar Research Project. 90 89 Coordination Èditoriale :CrÈation et rÈalisation maquette :RÈdacteurs :Directeur de la publicationDirectrice de la rÈdaction BenoÓt Merlin : :ValÈrie Duch‚teau (06 03 62 36 76) Jean-Jacques Voisin Romain Decoret, Jean-Pierre Sabouret, Milo Green, Youri, Olivier Bride, Philippe Langlest, Jacques Denis.Cahier pÈdagogique : Jacques Balmat, Olivier Rouquier, Jean-Marie Raynald, Alexis SÈnart, Ben, Jacques Carbonneaux, Guillaume Lajarige (galerija@wanadoo.fr) Bancs díessaiTests de guitares de luthier et de sÈrie. 92 Prises de son, conception CD-ROM et montage vidÈo :Prises de vues vidÈo :ClÈment Reboul, Kevin Seddiki, Beauty.& The Beast.Partitions et tablatures : ValÈrie Duch‚teau, Eric Gombart, FranÁois Sciortino, Chris Lancry, Jimi Drouillard, Chef de publicitÈ : Sophie Folgoas - sophie.folgoas@guitarpartmag.com ñ 06 62 32 75 01 BenoÓt Merlin Dominique Charpag ne ´ Guitarist Acoustic / UnpluggedRCS OrlÈans : 794 539 825. ISSN-1957-8229 / N∞57, juillet 2017.SiËge social :Photographe : Romain Bouet - Photo couverture : TÈl. 06 03 62 36 76 (acoustic@editions-dv.com)Abonnements : 9 rue Francisco Ferrer - 91300 Montreuil ª est une publication trimestrielle ÈditÈe par la SARL Blue Music au capital de 1000 euros Calypso Rose © Richard Holder / Because Music Dominique Charpag ne Give Away Tanger 105 Líessentiel des sorties de ces derniers mois.CD 108 Pour vous procurer les anciens numÈros du magazine.Collection Guitarist AcousticCourrier des Lecteurs 112 TÈl. 05 65 81 54 86 ñ e-mail : contact@bopress.frVentes et rÈassorts (dÈpositaires uniquement) : Back Office Presse ñ Service clients, 12350 Privezac Club Lecteurs 113 Mercuri Presse ñ 9 et 11, rue LÈopold-Bellan, 75002 Paris. NumÈro Vert: 0 800 34 84 20La rÈdaction níest pas responsable des textes, dessins et photographies qui níengagent que la seule responsabilitÈ de leurs auteurs. Les 60 lots ‡ gagner ! 114 documents ne sont pas rendus et leur envoi indique líaccord de leurs auteurs pour leur libre publication.© 2016 by Editions Blue Music. Distribution : Presstalis ZEENSImpression : LÈonce Deprez. Commission paritaire 0410K86315. (Printed in France)Ce magazine a ÈtÈ imprimÈ sur du papier Terrapress, fabriquÈ en Allemagne, certifiÈ 100% PEFC. P(tot) : 0.006 kg/tonne.
AC #57 • 3
NEWS
STAX
heureux sexagÈnaire ! Ampli Acoustique rééditions chez Warner de fabuleux albums d'Otis Redding, Rufus Thomas,Le mythique label soul de Memphis célèbre son 60ème anniversaire avec des PRODIPE Booker T. & The MG's, Albert King, Sam & Dave, Isaac Hayes, plus quelquesraretés comme l'album solo de John Gary Williams (des Mad Lads) et un NATURAL 6 volume 4 du coffret Stax/Volt Singles. Le gagnant de l’ampli AcoustiqueGIVE AWAY N∞56 résidant en Haute-Savoie (74).Prodipe natural 6 est M. Peray, •(martin-pêcheur) dédié aux oiseaux, composé On se souvient du superbe album Avocet Earth Recordings sort unavec aux manettes les guitaristes Edwyn Collinspar le grand guitariste Bert Jansch Avocet Revisited. Le label, et Carwyn Ellis, Alasdair Roberts et les groupesfolk Trembling Bells et Modern Studies. Des instrumentistes à découvrir. des Rolling Stones (dans l'ordre : Brian Jones,Keith Richards, qui l'épousa, et Mick Jagger• Anita Pallenberg, égérie, muse et compagne COLTER dans le filmle 13 juin dernier. Elle avait 73 ans. Performance) a quitté cette planète WALL RodÈo slow (n°1 et plus grosse vente de disques), seraen concert le 26 aôut au Festival Rock en Seine,• George Ezra, la révélation folk britannique tempo après sa participation au festival de Gastonbury.Son nouveau single et clip vidéo est intitulé Nouvelle pépite de lascène hillbilly, le jeune "It Don't Matter Now". Canadien s’inscrit dans • Lewis Evansà St Lo et s’inscrit dans le style néo-folk avec est né à Liverpool, a été ado la tradition des grandschanteurs-compositeurs "Spring", son premier single tiré du prochainalbum, Man in a Bubble, qui sortira en octobre. de l’Ol-Time music,un premier album épo- avec © Melissa Stilwell • Greggdécédé le 27 mai 2017. Organiste, guitariste, le frère cadet de Duane Allman est nyme (Young Mary’s Record Co/Thirty Tigers), riche de ballades mélancoliques que nerenieraient pas Bob Dylan ou Johnny Cash, période sixties, mais pas si sweet que ça. Colter et chanteur de grand talent, il avait eu une greffedu foie il y a quelques années. RIP, Gregg. le cowboy n’a que 21 ans mais déjà une voix rauque de vieux routier de la country et du bluegrass.Un baryton un poil bourbon.
NOUVELLES
G¬CHETTES FOLK
Le label Communion, distribué par Fargo Music, présente de nouveaux artistes folk d'envergure comme la chanteuse Lucy Rose, qui interprétera son nouvel album Something's Changing à Paris, au Ciné XIII, le 25 septembre prochain. A surveiller également, Joseph J. Jones et son Gospel Truth, dans un style néo- gospel inspiré aussi bien par Rag'n'Bone Man, Joy Division que par l'éternel © DR Johnny Cash.
BLUES COALITION
«a bouge du cÙtÈ du blues Plusieurs label indépendants (Big O Records, Factor Records, Mem- brane, Building Records) utilisent le même circuit de distribution pour mettre à l’honneur les albums de nouveaux artistes. On remarque par- ticulièrement les albums : Blue Room de John Zeeman avec le regretté Butch Trucks à la batterie (Membrane), Offerings de Joseph Veloz, bassiste de Matt Murphy et Lucky Peterson (Big O Records), Better Days de Willa Vincitore, chanteuse de la vallée de l'Hudson (Building Records), Monarch de Chris Antonik, bluesman Canadien (Factor Records) et Roll The Dice (H.A. Records) du Hector Anchondo Band, Nebraska. Un spécialiste de la Stratocaster style Hendrix/SRV. © DR
4 • AC #57
ELVIS
est toujours vivant ! Pour le 40ème anniversaire de la disparition du King, voici en guise d'entrée en matière une réédition du coffret 4 CD Platinum - A Life in Music. Soit cent titres, dont des rare- tés comme la seconde acétate enregistrée en 1953 aux Sun Studios, mais aussi des prises alternatives de "Heartbreak Hotel", "A Mess of Blues", "I Got a Woman", et des rock alternatifs des seventies comme "Promised Land" ou "Burning Love", qui montrent bien qu'en dépit des coups de griffes, Elvis était toujours le King.
© DR
CODY CHESNUTT
"Cet album est une réflexion sur l'amour divin, un guide simplifié vers la lumière. Une démarche philanthrope reste la voie à suivre pour une expérience humaine plus saine et fructueuse." Explication de texte du soul brother, à l’occasion de la sortie de son nouvel album My Love Divine Degree (One Little Indian/Differ- Ant), enregistré dans les studios de Raphael Saadiq, également présent sur le disque. Au menu : mélopées soul classiques sur expérimentations électro, ou comme le dit Cody, "une soul politique, progressiste, profon- dément humaniste".
SIMPLE
MINDS
Acoustic in Concert (Eagle Vision) Filmés en 2016 à l'Hackney Empire de Londres, les Simple Minds de Jim Kerr réinventent leurs hits de "New Gold Dream" à "Long Black Train", sans ou- blier "Andy Warhol", "Chelsea Girl", ni l'invité Steve Harley (ex-Cockney Rebel) sur "Make Me Smile". Indispensable à ceux qui ont assisté à leur concert du Grand Rex au mois de mai.
SUR LA ROUTE DES FESTIVALS
FESTIVAL GUITARE ISSOUDUN
Les 2, 3 & 4 novembre 2017 Comme chaque année, les amoureux de la guitare se donneront rendez-vous à Issoudun (premier festival français dédié à la guitare, doit-on le rappeler ?) pour trois jours de concerts, expositions de luthiers, stages, masterclasses et jams en tout genre. Increvables et décidément passionnés, les Conventionnistes ! Pour cette 29ème édition, pas question de mégoter, l’affiche sera une fois de plus de qualité, avec la crème de la six-cordes: Fred Chapellier, Sylvain Luc et Marylise Florid, Les 9 Lunes, Eric Gombart et Nicolas Blampain, Victorine Martin et Doudou Cuillerier, Calhoun & Friends, Neck Bros, Jacques Stotzem, Electric Duet, Jimi Drouillard Quartet, Marc Lonchampt Quartet, Christophe Rime… N’en jetez plus ! Pour ceux qui ne seraient pas rassasiés, ils pourront continuer à manger des cordes dans les nombreux stages de Christophe Rime (jazz-rock), Doudou Cuillerier (jazz manouche), Jimi Drouillard (blues), Arnaud Leprêtre (rock), Eric Gombart (fingerstyle), et les masterclasses de Dominique Di Piazza (basse) et André Pelat (stick). Issoudun, c’est énorme ! + d’infos : www.issoudun-guitare.com
22»MES INTERNATIONALES
DE LA GUITARE DE MONTPELLIER
du 23 septembre au 14 octobre 2017 A peine rentrés de vacances, les Montpelliérains offriront un rab de farniente guitare avec une nouvelle édition des IG de belle facture. A l’affiche : Tomatito, Thibault Cauvin, Antoine Boyer et Samuelito, Mountain Men, African Variations, Stéphane Wrembem Band, Luz Casal, Michael Chapman, Raoul Vignal, Gunwood, Fishbach, Klô Pelgag, Lucky Peterson, Alexis HK, Pigalle etc. Enfin pour clôturer le festival, les IG réédite sa création Opéra Rom, 4ème du nom, en présence du guitariste Biréli Lagrene, de l’accordéoniste Richard Galliano et des frères Ferré, pour revisiter et célébrer Django, Piazzolla, Brassens et Nino Rota. Du Rockstore à l’Opéra Comédie, toute la ville se met dans les cordes ! + d’infos : www.les-ig.com
© DR
UN …T… SUR LA CORDE
Jusquíau 11 ao˚t au Blanc Cette saison estivale, organisée par la ville du Blanc, présentera cette année des couleurs 100% guitare. Concocté par Denis David, fan et expert de la six cordes, le programme va permettre de traverser toutes les formes de guitare. Entre le jazz-boléro de Monica Acevedo et Laurent Hestin, le rock pour poids lourds des Rapetous, le blues-rock de Thomas Sarrodie, le flamenco de Lydie Fuerte, le blues d’Alain Giroux et de l’harmoniciste Jean-Marc Hénaux etc., autant dire que vous ne vous ennuierez pas avec cette pluie d’étoiles. Le 3 août, ce sera au tour du duo Eric Gombart et Eric Blampain de monter sur scène pour des duels et des sauts de cordes fingerstyle. Enfin, le 11 août, place au jazzman Christian Escoudé, une plume qui a joué avec les plus grands (Stan Getz, Bill Evans, John McLaughlin, Didier Lockwood, Marcel Azzola, Boulou Ferré, Babik Reinardt, Bireli Lagrène etc.). Il sera accompagné par Jean-Baptiste Laya à la guitare et Laurent Vanhée à la contrebasse. + d’infos : Off ice de tourisme Le Blanc : 02 54 37 05 13 / www.tourisme-leblanc.fr
6 • AC #57
FESTIVAL
Couleurs Guitare 15, 16 & 17 SEPTEMBRE 2017, ¿ M…JANNES-LE-CLAPEntretien avec Laurence Perrot, directrice de líOffice du Tourisme et cofondatrice du festival. Comment est né ce festival dédié à la guitare ?L’idée de créer un festival autour de la gui- réflexion pour la programmation autour de tare est née à l’été 2015, au moment où JoëlGombert et Michel Haumont étaient pré- Patou Ougier, on l’aime tous différemment.On a voulu montrer toutes les couleurs de sents dans les environs du village pour uneséance d’enregistrement. Parallèlement, ce la guitare. D’où le nom du festival. Chaqueguitariste communique quelque chose via même été, Joël Gombert accompagne Lau-rence M sur scène dans la programmation son instrument, son art et son style. Ce quinous intéresse, c’est le dialogue entre les cul- estivale de Méjannes-le-Clap, mise en placepar l’Office de Tourisme. Une fois le concert tures, les sons et les univers différents, avec laguitare comme fil rouge. terminé, les artistes ont partagé leur enthou-siasme pour le lieu, l’atmosphère et l’envi- Cette année, vous avez invité Michel Hau- ronnement, avec Patou Ougier, présidentede l’association culturelle Les InKorrigibles mont, Jean-Félix Lalanne, Louis Winsberget Joël Gombert, déjà présents l’an dernier. (et actuelle directrice artistique du festival),et moi-même. De discussions en échanges Pourquoi ce choix ?Ce moment unique d’échange est le concept de rêves musicaux, on posait ensemble lesbases de ce que pourrait être le festival. L’as- même du festival, cela constitue pour noustoute son originalité. Nous travaillons en leur sociation et l’Office de Tourisme ont ensuitepartagé leur projet avec enthousiasme auprès des représentants de la commune, qui l’ont accueilli d’emblée assez favora-© DR compagnie dans l’esprit de se retrouver "au-tour d’une guitare" : comment une œuvre ou blement, tant il paraissait prometteur et porteur d’image positive. Il a fallu par un groupe de guitaristes de renom ? Et c’est encore dans cet esprit que un interprète peut être interpellé et revisité rapidement tout construire en partant de rien, et tout écrire comme sur unepage blanche : monter un budget, aller l’on accueille Valérie Duchâteau, Solo Razafindrakoto et Eric Gombart, lepremier soir, puis le chanteur guitariste Michael Jones le samedi soir. Il sera chercher les partenariats et les aides,envisager la communication, les con- sur scène sans ses musiciens habituels,mais en duo, trio ou accompagné par trats, l’accueil etc. Dans ce partenariatmixte public/privé (association/ins- l’ensemble des parrains de notre pre-mière édition. De l’avis des artistes titutions), chacun a pris sa part, selonses compétences. eux-mêmes, ce n’est pas un exercice sifacile que cela, et c’est toujours un mo-ment unique. Quel est votre budget programmation ?Méjannes-le-Clap est une petite sta- Quel sera le prochain grand chantier tion de tourisme de pleine nature, unvillage de 700 habitants, dont la po- de Couleurs Guitare ?Incontestablement de pérenniser cet pulation passe à 3 500 personnes ensaison touristique. Donc, un budget événement et de lui donner plus d’am-pleur encore. Renforcer nos atouts et proportionné de 24 500 euros en 2016et 30 550 euros cette année, qui se ré- toujours progresser pour le plus grandbonheur du public et des artistes. Mais partissent de la façon suivante : 65%pour les cachets des artistes et la tech- aussi d’approcher des artistes interna-tionaux aussi (Afrique, Brésil, USA nique, 15% pour le transport le trans-port, l’hébergement et l’accueil des etc.). artistes,support et 5% de frais administratifs 15% pour la promotion sur tout Quelle serait votre aff iche idéale,que vous rêveriez d’inviter ? l’artiste (Sacem/CNV…). Vous voulez dire à part Jimi Hendrix,Django Reinhardt, Paco de Lucía ou Classique, picking, blues, world jazz...Vous ne ne vous cantonnez pas à un style Stevie Ray Vaughan ? Non, je rigole !Ils sont si nombreux, c’est terrible de particulier. Quelle est votre ligne édito-riale ? nous demander de choisir ! Je diraisplutôt que tous ceux que le concept in- C’est justement là l’originalité du fes-tival : on ne se cantonne pas à un style espérons pouvoir en séduire de nou-téresse sont les bienvenus et que nous en particulier. Ce que l’on aime, c’estla guitare, et dans le petit comité de veaux chaque année.Propos recueillis par Ben
8 • AC #57
ZOOM
LILLIE MAE
© DR ack White a toujours eu du nez et un flair certain pour polir les pépites,COUNTRY PUNK LADY comme violoniste avant de la produire sur son label Third Man Records.J book américain. C’est le cas de la jeune Lillie Mae, qu’il embaucha tous ces jeunes loups dépoussiérant les vieilles chansons du grand song- pas fleur bleue, la mini Mae, qui compose parallèlement ses propres chansons,dans lesquelles elle raconte sa vie d’enfant de la balle :pas un peu mal, quel intérêt ?", avoue-t-elle dans une interview accordée au "Si les chansons ne font La chanteuse et multi-instrumentiste de Nashville ne pouvait rêver meilleur magazine américain Rolling Stones. Sous le charme, Jack décide de lui donner confidentiellement en France fin avril.pygmalion pour réaliser son album, Forever & the Some (ADA/Warner), sorti pensions commencer avec trois chansons, pour voir ce que cela pouvait donner, sa chance, un simple galop d’essai qui va se transformer en un album : "Nous Née dans l'Illinois mais élevée sur la route par son musicien de père, Forrest explique-t-elle"Tu n’en as pas une autre ?"., mais après avoir mis en boîte le troisième titre, Jack me fait : métier sur scène avec ses quatre frères et sœurs au sein du Forrest CarterFamily Band. Les Rische Five, surtout Lillie âgée de neuf ans, tapent dans l’œilCarter Rische, Lillie traverse les Etats-Unis en camping-car et apprend le Pour son premier véritable album, la musicienne convoque son frère Franck(guitare), ses sœurs Scarlett (mandoline) et McKenna Grace (chœur), le de la légende la country, Cowboy Jack Clement. La fratrie forme son propregroupe, joueur de banjo Ian Craft (The Howlin’ Brothers) et Cory Younts, le pianiste bluegrass-country-pop plein les gig-bags. Renommés Jypsi, ils se taillent une The Risches, les poches toujours aussi vides mais des idées de fusion du Old Crow Medicine Show. Un big band d’instruments traditionnels,des cordes encore et toujours, rien de révolutionnaire sur le papier, mais des jolie réputation dans les salles du midwest en dépoussiérant les refrains red-neck. Parfois trop selon les gardiens du temple country, qui boudent leur canevas mélodiques plus fouillés et dissonants que dans les sucreries countryhabituelles. Tout le monde s’arrache la petite pépite, la grande Lillie faisantles premières parties cet été des concerts de Ben Harper & The Innocent les Peacocks, au violon, à la mandoline et au chœur. Cordes sensibles maispremier album éponyme. En 2012, Lillie Mae intègre le groupe de Jack White, Criminels et de Pokey Lafarge. Un conte de fée country. Milo Green
10 • AC #57
ZOOM
©Ben Bridwell
12 • AC #57
IRON
& WINE
Iron & Wine. DrÙle de nom de scËne pour un artiste qui Èvoque bien plusGUEULE DE BOIS sÈes des orgies punk-rock. A la rigueur, un petit verre de vin de temps enles folkeux barbus ‡ guitare en bois des annÈes 70 que les gueules cas- acoustique.temps. Quant au fer, il se trouve surtout dans les cordes de sa guitare A peintre, musicien), originaire dertiste-touche-à-tout (cinéaste, DIY et alternatifs américains. Deux ré-gions forestières, où l’on aime le bois sous de son vrai nom semble tout droit des-cendu d’un train de marchandises d’Ho-Caroline du Nord, Samuel Beam toutes ses formes. Les fesses posées sur lamousse, le nez dans la canopée, Iron & boken, sur la route façon hobo, avant des’établir au Texas avec sa famille (cinq Wine pratique le pique-nique méditatif :"Je reviens souvent à l’image du rite de pas- fille) dans une petite maison presque dansla prairie, transformée en studio. sage car j’ai l’impression que nous sommesconstamment dans une phase de transition"explique-t-il, elliptique, à propos de son, disponible le 25 août chez Sub Pop), lesongwriter ne réveille pas la bête mais laDans Beast Epic (son sixième album, album, dans une note d’intention. caresse : arpèges folk pour ballades au coin ration et les portes de la perception se con- On le sait, parfois les voies de l’inspi- du feu, slow-tempos et refrains en modemineur, filets de voix à minima, orches- fondent quand on prend de la bouteille ; ilfaut alors pratiquer la plongée intérieure trations dépouillées, soupçons de pianoet de violon… Après avoir frayé dans le pour trouver une sortie de secours. Chezle Fer & le Vin ? rock plus poilu, Iron & Wine revient aux cédentes dressaient le portrait d’une jeunesse "Là où les chansons pré- sources de la folk contemplative et subti-lement dépressive. Voilà un album à la découvrant, les yeux écarquillés, les plaisirsviolents et les déceptions, cet album parle de fois gorgé du cagnard de Joshua Tree ettrempé des pluies de Boise, Idaho, ou de la beauté et de la souffrance qu’on retirequand on grandit après être déjà passé à Portland, Oregon, fiefs des adeptes del’auto-suffisance et des mouvements mal.l’âge adulte." Qu’il est doux, parfois, d’avoirMilo Green ©Ben Bridwell
A L’AFFICHE
UN R VE
Les diffÈrents volets du projetmoderne aux Etats-Unis et les premiËres mÈthodes d'enregistrement. ConcrËtement, celaDE MUSICOLOGUE American Epic sont centrÈs sur la naissance de la musique donne lieu ‡ un coffret de 5 CD et 100 chansons remasterisÈes ‡ la perfection, ainsi qu'‡ unautre CD, machine d'Èpoque reconstituÈe. Sans oublier un film produit par Robert Redford et Jack Whiteen trois parties, avec des documentaires extrÍmement rares sur les "field-recordings" des The Sessions, avec des artistes contemporains, captÈs par T-Bone Burnett sur une annÈes 20 et 30. Ouvrons dÈlicatement ce coffre au trÈsor.
14 • AC #57
treur Western Electric des années 20 avec lampes, tête de gravure sur cire, system d'Intercom et un seul micro autour duquel s'assemblent les musiciens. C'est avec cette machine que les field-recordings Paramount ont été captés. Côté cinéma, Robert Redford a produit les épisodes télévisés d'American Epic, avec des films d'époque montrant aussi bien Mississippi John Hurt que Joseph Kekuku, le pion- nier hawaïen de la steel-guitar. Les musiciens mexi- cains et amérindiens ne sont pas oubliés. Côté disques, Jack White et Third Man Records/Sony ont produit un fabuleux coffret, avec des trésors tels que la première version jamais enregistrée de "Ar- kansas Traveler" en avril 1916, mais aussi Blind Blake, Willie Brown, Big Chief Henri, Buell Kazee, © Sony Legacy Dock Boggs, Uncle Dave Macon… En tout, cent artistes et pièces de musique qui ont formé le blues, THIRD MAN RECORDS/ la country, le jazz, le rock, bref la musique telle que SONY LEGACY nous la connaissons aujourd'hui. Un coffre au trésor Depuis longtemps Jack White en rêvait : dès la for- incontournable, dont voici les grands moments avec mation de son label Third Man Records à Nashville, un son remasterisé avec soin à partir des matrices il s'était entouré de techniciens spécialisés dans le originales : matériel d'enregistrement vintage et avait, entre autres, racheté la machine à graver les matrices de King Records, à Cincinnatti (qui avait servi à presser les disques de James Brown, Freddie King ou Albert King). Installée sur le côté de la petite scène de l'Elephant Room de Third Man, cette machine permettait d'enregistrer des groupes invités (Foo Fighters, Iggy Pop, Pokey LaFarge) et de presser immédiatement un album vinyle du concert de la soirée. Mais le rêve de Jack White était de ressortir une partie du catalogue des "field-recordings" du label Paramount, ce qu'il fit il y a quelques années, en vinyle et CD. On aurait pu croire qu'il s'arrêterait là. Ce serait mal connaître la passion de Jack White apparaître pour former le tissu de la musique amé- pour la musique roots, qu'elle soit hillbilly, blues, ricaine. Ces témoignages et documents rares sont CD 1 : The South East conjunto, hawaïenne ou amérindienne. Il entra en le résultat de huit ans de recherche du musicologue Enregistrées à Memphis, Johnson City, Louisville, contact avec Robert Redford et lui proposa de faire Bernard McMahon. Ashland et Charlotte, on trouve ici des pièces ori- un film documentaire sur les enregistrements de ginales fabuleuses comme "The Coo Coo Bird" de la période 1916-1937. Emballé par l'idée, Redford MONUMENTAL Clarence Ashley en 1929, repris bien plus tard par déclara qu'il s'agissait de "la plus grande histoire Le projet est d'une ampleur à la mesure de l’histoire Joan Baez, Gram Parsons et bien d'autres. "On the jamais contée, celle de la création d'une culture spéci- musicale qu'il aborde, rien de moins que la naissance Road Again" du Memphis Jug Band de Will Shade fiquement américaine". Présenté en avant-première de l'enregistrement musical. Côté technique, l'in- en 1928 fut popularisé par Canned Heat, tout dès 2016, le film American Epic a déjà obtenu plus génieur du son Nick Berg a reconstitué un enregis- comme "Panama Limited" de Washington White de vingt récompenses, dans les festivals de Calgary, Sydney, Sundance, Sedona, Sun Valley, Londres et Nashville. La BBC l'a diffusé cet été en trois épi- sodes, avec des interviews exclusives de témoins encore vivants de cette ère formatrice, dans laquelle les fils musicaux multi-culturels ont commencé à
"IL S'AGIT DE LA PLUS
GRANDE HISTOIRE
JAMAIS CONT…E,
CELLE DE LA CR…ATION
D'UNE CULTURE
SP…CIFIQUEMENT
AM…RICAINE."
ROBERT REDFORD
© DR
Jack White, Robert Redford et T-Bone Burnett
AC #57 • 15
Enregistreur Western Electric © Sony Legacy inspira Tom Rush. Quant à "Tain't Nobody rare : "Just Because"(29) des Nelstone's Hawaïans, Business if I Do" de Frank Stokes, c'est un clas- "STACKALEE" repris aussi bien par Elvis Presley que Duke Ro- sique immortel de Bessie Smith à Davy Graham billard, sans que Hubert Nelson des Nelstones ne et Eric Clapton. Une place spéciale doit être DE FRED HUTCHISON touche le copyright. "Dupree Blues" (30) de Blind accordée à Lamar Bascom Lunsford, un ins- R…V»LE LíORIGINE DE Willie Walker a provoqué de nombreuses autres pirateur de Bob Dylan. Son "I Wish I Was a versions légendaires, de Chuck Willis au Grateful Mole in The Ground" (1928) a été repris par LA QUERELLE ENTRE Dead. des bluesmen afro-américains sous divers titres STAGGER LEE ET BILLY ("Dig Myself a Hole" ou "Groundhog Blues"). CD 3 : New York Dylan recycla "Down on Penny's Farm"(29) des LYONS : UN CHAPEAU New York est multi-culturelle par définition. On Bentley Boys en "Maggie's Farm". Tout le STETSON TOUT NEUF. retrouve donc ici des enregistrements de groupes monde reconnaîtra "Greenback Dollar" (27) mexicains et portoricains comme le Cuarteto Flores du Weems String Band, "Walk Right In" (29) de Gus Cannon et le très lyrique "Bury Me Under the Weeping Willow" de la Carter Family. CD 2 : Atlanta - The Origin of Commercial Field-Recording C'est à Atlanta que les premiers field-recordings ont été réalisés. Les chercheurs voyageaient et convoquaient dans la ville de Géorgie les artistes qu'ils jugeaient dignes d'enregistrer. Certains d’entre eux signaient un contrat longue durée ( Jimmie Rodgers, The Carter Family), d’autres n'allaient pas plus loin que le premier 78t, et c'est bien dommage dans le cas de Julius Daniels par exemple, avec son "99 Years Blues" (27) re- pris par Jorma Kaukonen et Jack Casady. La version originale de "Waiting for a Train" (28) de Jimmie Rodgers est un pur diamant. "Down on Me" (30) par Eddie Head a fait le bonheur (ou le malheur) de Janis Joplin. Autre pièce très
16 • AC #57
© Sony Legacy (31) et Los Borinquenos (29). On se souviendra célèbre le bandit mexicain Murrieta avec "Corrido que l'une des séances texanes de Robert Johnson de Joaquin Murrieta"(34). Le son cajun est repré- fut réalisée le même jour que celle d'un groupe chi- senté par "Allons a Lafayette" (28) de Joseph Falcon cano. Puis la star des années 20 et 30 : Dan Emmett et "Les Blues de Voyage" d'Amédée Ardoin, le Ro- et "Lovesick Blues" (28), enregistré en compagnie bert Johnson de la musique cajun. D'autres raretés des frères Dorsey et du guitariste Eddie Lang. En avec "Blues in a Bottle" des Prince Albert Hunt's 1949, le titre fut un hit de l’éternel Hank Williams. Texas Ramblers, "The Indian Tom Tom"(29) de Dan Emmett est à bien des égards un pionnier ; il Big Chief Henry's Indian String Band, ainsi que se maquillait le visage en noir, devança Al Jolson les Hawaïens Sol Hoopi & His Novelty Trio, et les et préfigura Elvis Presley ("un blanc qui chante comme Aloha Serenaders de Sol K. Bright. un black", d'après Sam Phillips de Sun Records). Les séances new-yorkaises de Leadbelly, Missis- AMERICAN EPIC sippi John Hurt, Reverend Gary Davis, Charlie THE SESSIONS Poole & The North Carolina Ramblers sont aussi Mais ce n'est pas tout : T-Bone Burnett et Jack des moments scintillants. "Stackalee" (28) du Cau- White ont réuni des artistes actuels et les ont en- casien Fred Hutchison révèle l’origine de la que- registrés avec le système Western Electric, recons- relle entre Stagger Lee et Billy Lyons : un chapeau titué par l'ingé-son Nick Bergh dans un double Stetson tout neuf. Les fans de country apprécie- album, intitulé American Epic : The Sessions. Le ré- © Sony Legacy ront les premières versions enregistrées de "Sallie pertoire est tiré des enregistrements d'époque du Gooden" (22) d’Eck Robertson et "Arkansas Tra- coffret. Au programme : les Alabama Shakes dans sous peine de ne percevoir qu'un crin-crin à la place veler" (1916 !) par Don Richardson. "Killer Diller Blues" de Geeshie Wiley, Elton John de ce qui est un trésor musical permettant de vo- et Jack White sur "Two Fingers of Whiskey", Taj yager dans le temps. Ces artistes ne jouent plus, ne CD 4 : The Midwest Mahal et le "High Water Everywhere" de Charley chantent plus, ne voyagent plus dans un monde Chicago, St Louis, Richmond Patton, Frank Fairfield avec "If The River Was qu'ils ont aidé à définir et à se découvrir par lui- Lane Hardin, avec "Hard Time Blues" (35), semble Whiskey" de Charlie Poole & The North Carolina même. Les chansons sont gravées, mais toujours avoir croisé le chemin de Skip James. Charley Ramblers. Le coffret aussi bien que ce double CD vivantes. Leur éclat nous parvient de cette galaxie Patton (28), Blind Blake, Blind Lemon Jefferson, doivent être écoutés avec le cœur, avant les oreilles, lointaine, où reposent les étoiles… Ma Rainey, les Beale Street Sheiks de Frank Stokes, Sleepy John Estes, Willie Brown, Son House et Sam Collins font de ce volume le plus classique BERNARD MCMAHON dans le domaine du country-blues. A noter "Last COMPILATEUR DES CHANSONS Kind Word Blues" (30) de la jeune chanteuse et ET CHERCHEUR DíARCHIVES DE FILM guitariste Geeshie Wiley, une matrice découverte "Ces field-recordings des annÈes 20 et 30 sont par l'équipe de Jack White, et aussi le prophétique une vision unique de la derniËre pÈriode pendant "Old Country Rock" (28) de William Moore, le laquelle les artistes et les styles pouvaient fleurir barbier chantant. sans Ítre affectÈs par les modes de la nation. En mÍme temps, ils pouvaient se dÈcouvrir les uns les CD 5 : The Deep South & The autres en Ècoutant leur 78 t respectifs. Nous avons West - New Orleans, Jackson, visitÈ les communautÈs o˘ ils vivaient et jouaient, Shreveport, Dallas, San recherchÈ les rares photos et documents filmÈs
© DR
Antonio, L.A. pour Èvoquer leurs expÈriences et la signification profonde de leur musique. Ce volume 5 fait montre d’une grande diversité, Notre autre entreprise Ètait technologique : Nick Bergh a rassemblÈ des piËces dÈtachÈes d'Èpoque avec Robert Johnson et "Cross Road Blues" (36), et a reconstruit un systËme d'enregistrement Western Electric des annÈes 20, avec une tÍte d'en- bien sûr, mais aussi le Reverend Robert Wilkins, registrement, des lampes d'Èpoque, un contrÙle de tonalitÈ et de volume, un systËme d'intercom ‡ deux dont les Stones reprirent "Prodigal Son", les Mis- voies pour parler aux artistes et un micro ‡ condensateur unique, autour duquel se rassemblaient sissippi Sheiks et "Sittin' on Top of The World" instrumentistes et vocalistes. Nous avons utilisÈ ce systËme avec T-Bone Burnett pour enregistrer Taj (30), la chanson favorite d'Al Capone. Ou encore Mahal, Elton John, Nas Willie Nelson, Los Lobos etc., avec le son de l'Èpoque, dont la particularitÈ est le maître du slide, Blind Willie Johnson, et Washin- de restituer le son exact de la piËce qui sert de studio. gton Phillips dans "Denomination Blues"(27). Le Nick Bergh a aussi mis au point un processus de transfert des matrices, basÈ sur líÈlectronique originale duo Truett & George de San Francisco avec le très ainsi rÈapprise. Cette ingÈnierie inversÈe donne une rÈsolution remarquable aux disques en effaÁant les spécial "Ghost Dance" (27), traite des danses in- rayures du temps. Le coffret 5 CD a le meilleur son jamais obtenu pour des 78 t de cette Èpoque." diennes qui confèrent l'invincibilité. Le tex-mex
AC #57 • 17
Dossier spécial araï u de mai u de b si © Cuba Feliz
18 • AC #57
De líautre cotÈ de líAtlantique, dans les Óles de la mer des tares locales. Au fil de ce voyage, vous ne croiserez pasles Compay Segundo, Eliades Ochoa ou Bob Marley, cesstars de la six-cordes sur lesquelles tout a dÈj‡ ÈtÈ dit, maisles pionniers des guitares caribÈennes, les Ernest Ranglin,‡ líimage des chaleurs tropicales. Nous avons vouludresser une carte non pas postale mais stylistique des gui-CaraÔbes, les cordes sont ‡ la fois chaloupÈes et "caliente", GÈrard Lockel, Frantz Casseus, Arsenio RodrÌguez, JosephSpence, qui, des Bahamas aux Antilles, du Gwo ka modËncaribÈennes. Cet ÈtÈ, cíest carnaval !au Son cubain, ont Ècrit les premiËres partitions des guitares 202325 26 LES QUATRE FANTASTIQUES DES CARAœBESLE "NU-EXOTICA" DE REPUBLICA IDEAL DE ACAPULCOCALYPSO ROSE, LA VOIX DES DOMESTIQUESommai
30 INTERVIEW DE RALPH LAVITAL, CARNAVAL DE GUITARESLES AS DES BAHAMAS & DES ANTILLES
AC #57 • 19
ARAÏES, u de mai, u de bsi qu f squ d aussi dans les cales de ces galËres, o˘ les esclaves africains conservËrent en mÈmoire leur savoir-faire, celui de la kora mandingueou des luths peuls. Et cíest par la rencontre de ces diffÈrentes maniËres de jouer que síest ÈlaborÈe une multitude de traditions,La guitare, quíelle soit classique ou folk, espagnole ou franÁaise, a dÈbarquÈ avec les grands bateaux du vieux Continent, mais araï de la six-cordes.remixÈes, rÈinventÈes, qui ont pour traits communs une crÈolisation inÈdite des usages. La preuve avec quatre as, peu mÈdiatisÈs, Jacques Denis C’est ainsi que ce Guadeloupéen laboure en touteindépendance d’esprit ce champ d’investigation pourL’esprit du gwo ka modèn guadeloupéenGÉRARD LOCKEL des recherches musicales qui ont permis aux septrythmes du tambour gwo ka de se connecter avec lonté de faire vibrer cette énergie au collectif,qu’elle véhicule un message au-delà des noires etdes blanches. Ses enfants sont à ses côtés depuisBeaucoup le comparent à Sun Ra, pour sa vo- "Etre gwo ka demain, à mon avis, devrait être unefaçon de penser, d’agir, de parler, de s’habiller, de senourrir, une manière de vivre afin qu’il y ait un style,une personnalité qui soit propre au gwo ka. On peut les musiques modales et atonales. des années. La transmission est assurée, commel’atteste le guitariste Christian Laviso, considérécomme l’un des plus sûrs disciples du gwo ka mo-dèn. Si le cadet a joué avec de nombreux jazzmen être gwo ka sans être musicien"autobiographique, le guitariste Gérard Lockel.Certes, mais en la matière (le gwo, ce tambour quiest le pilier de la musique guadeloupéenne) cet ar-, affirme dans son livre de renom (de David Murray à Kenny Garrett), s’ilreconnaît pour maître Wes Montgomery, il n’endemeure pas moins toujours influencé par cet aîné,qui a refusé la notoriété pour ne pas nuire à son tiste demeure un exemple qui a donné le diapasonaux générations qui l’ont suivi. Formé à l’improvi-sation du jazz, il va au tournant des années 1970créer le gwo ka modèn. Soit une technique bien authenticité.était très intransigeant. En 1970, en Guadeloupe,c’était la lutte ! Il a été loin au niveau de la perfor-mance avec d’excellents musiciens. Personne ne l’égale. "Dans sa façon de jouer, Gérard Lockel particulière qu’il a d’ailleurs théorisée, couchée sur Alors bien entendu, je ne vois pas comment ne pas 20 • AC #57le papier avec son "Traité de Gwo ka Modèn". être héritier de tout ce qu’il a fait à la guitare. Si au-jourd’hui quelqu’un s’intéresse au gwo ka, il ne peutabsolument pas passer à côté de son immense et colos-sal travail." Los Positizosnew-yorkais Marc Ribot n’a jamais caché son ad-miration pour ce guitariste, qui lui inspira en 1998 "Arsenio Rodríguez est la combinaison faite à Cubaentre Duke Ellington et Jimi Hendrix." n’est pas le seul à voir dans dans ce génial compo-siteur (plus de 200 titres, dont les monumentaux"Necesito Una Mujer Cocinera" et "Anabacoa"),, un projet à la mode cubaine. Et il Le très branché ARSENIO RODRÍGUEZL’inventeur du rock doublé d’un auteur à la plume sulfureuse, l’un desmonuments d’avant la révolution.son Montuno. Son plus grand compositeur et plus im-portant rénovateur. Il a libéré le son, et en ce sens, il à la cubaine est le père de nous tous. Son influence a été très impor-tante sur moi, d’autant que comme il était très proche "Il est le père du © DR de mon père, Bebo, je le voyais tous les jours à la mai-son, avant qu’il n’émigre aux Etats-Unis. Depuis, samusique ne m’a jamais quitté…"ans l’immense Chucho Valdès, fondamental leadermaximo d’Irakere. L’anecdote n’est pas sans le rapprocher de quelquessérieux experts du blues. Lui va devenir un esthètedu tres, la guitare à trois cordes doublées, qu’il vace qui lui vaudra le surnom d’"Aveugle Merveilleux".Né dans la province de Matanzas en 1911, , insistait voici cinq Arsenio Rodríguez perd la vue encore tout bambin, s embarquer avec lui lorsqu’il déménage aux Etats-Unis au début des années 1950. Ce sera l’une despériodes les plus prolixes pour ce guitariste, quimaîtrise parfaitement toute la rythmique cubaineet affirme une réelle autorité et une constante in- ventivité dans les solos. En tant qu’arrangeur, il esttout à fait novateur, particulièrement sur tous lesaspects polyrythmiques de la musique afro-cubainequ’il va intégrer à de grands ensembles. Et tout cela avec une attitude de rockeur avant l’heure, un peuà la manière de Bo Diddley, qui comme d’autrespionniers a d’ailleurs écouté les musiques des Ca-raïbes, c’est donc tout cela, et c’est aussi une référence fon-damentale pour comprendre le mouvement Salsouldes années 70 à New York, ou encore le latin jazzexpérimental des frères Gonzalez. Un génie qui via La Nouvelle Orléans. Arsenio Rodríguez, mourra en 1971, à Los Angeles, dans un relatifoubli.tante de La Havane, Dayme Arocena :Arsenio Rodríguez, un des révolutionnaires de la © DR guitare ?". Comme prédit en 2017 la jeune étoile mon- "Qui connaît
AC #57 • 21
ARAÏES, u de mai, u de bsi
ERNEST RANGLIN
Le grand-père de la musique jamaïcaine
© DR
22 • AC #57
A Kingston, cela fait un bail qu’on surnomme Ernest Ranglin le "patriarche". Il faut dire que le natif de Manchester, en Jamaïque, a du haut de ses quatre-vingt-cinq ans traversé tout le spectre de la musique locale, du rock steady au reggae. A commencer par le jazz, que ce fan de Charlie Christian a beaucoup pratiqué à ses débuts (après avoir tâté du ukulélé, qui fut son premier instru- ment), mais aussi sur le tard lors de réunions avec d’autres légendes du cru, dont le pianiste Monty
© DR
Alexander. Comme ce dernier, le guitariste s’est tempo du groove néo-orléanais, Ernest Ranglin fait les doigts dans les studios, notamment le fa- va en devenir le parrain. Un peu à la manière de meux Studio One de Clement Coxsone Dodd, où Django avec le jazz manouche. Mais contrairement il signa pléthore d’instrumentaux, dont "Shuffling à ce dernier, le Jamaïcain ne sera que peu souvent Bug", le premier hit du ska. Le ska, ce shuffle up mis en lumière, restant dans l’ombre des chanteurs
REPUBLICA IDEAL DE ACAPULCO
"Nu-exotica" pas exotique Cet hiver, la France s’est prise de passion pour les fièvres caribéennes. Mambo, cha cha cha, bolero… Republica Ideal de Acapulco, le nouvel d’orchestre de Nicolas Repac et Yaïté Ramos Rodriguez, qualifié de "nu-exotica" et qui fleure bon les percussions caribéennes et les cuivres cubains, fit dangereusement monter le mercure. Aux Etats-Unis, on évoquerait un ticket gagnant: Repac, le compositeur en creux, guitariste-im- pressionniste aux six-cordes armées de silencieux. A ses côtés, la "Dame Blanche", flûtiste et souf- fleuse de braises hip hop, cumbia, dancehall etc. Derrière eux, un orchestre à cordes, cuivres et percussions, des insoumis sans consignes de notes… Les Idéalistes nous plongent avec ferveur et volupté dans les rythmes latins des orchestres d’avant-guerre, des pochades exotiques de la "Bombe brésilienne" Carmen Miranda aux re- frains endiablés du "Barbare du mambo" cubain, Benny Moré. Le tout est produit par Loïc Barrouk, gérant du Café de la Danse. Evitant l’écueil du flashback moisi, les musiciens-roseaux d’Aca- pulco dynamitent les casas de la musica, chères aux touristes aussi souples qu’un tronc de chêne. Ben © Thomas Kiff
AC #57 • 23
ARAÏES, u de mai, u de bsi ( Jimmy Cliff, Prince Buster…) qu’il fait pourtantmieux qu’accompagner. Salué pour sa contribution à la musique locale par le gouvernement dès 1973,auteur de quelques recueils des plus recherchés, il faudra pourtant attendre le mitan des années 1990,pour qu’il apparaisse enfin au premier plan : il joue à Central Park en 1996,A l’âge où d’autres prennent leur retraite, le vétéran et l’année d’après à Montreux. fait un come-back, qui le révèle aux plus jeunes ;le guitariste Charlie Hunter, comme bien des années
© DR
plus tôt Les Paul, sera ainsi sous le charme de sasyncope chaloupée et son phrasé teinté d’un rien racines du reggae, le nom d’Ernest Ranglin est ins- de swing. Dix ans plus tard, après avoir été l’objetd’un documentaire qui le consacre comme l’une des crit au fronton du Jamaican Music Hall of Fame.Quand on sait la concurrence ici, on mesure sonimportance !
FRANTZ CASSEUS
La classe du classique haïtien © Melvin Unger
24 • AC #57
Frantz Casseus, un nom qui raisonne aux oreilles Marc Ribot & Frantz Casseus de tout guitariste à l’écoute du monde de la musique. Dès les années 1960, il fut le professeur de Marc Ribot, qui le saluera par un sublime "Don’t Blame Me" en 1993, année de la mort à New York du natif du Port-au-Prince. L’Américain va dès lors se charger de faire (re)connaître l’œuvre de son mentor. Car s’il fait référence, il fait figure tout autant d’illustre inconnu pour la plupart, alors même qu’une de ses compositions a été maintes fois reprise, sous toutes les latitudes : "Mesi Bon Dyé", qui fut empruntée par Harry Belafonte et Hugh
© DR
Masekela, ou plus près de nous par David Walters à la façon du Brésilien Villa-Lobos. Pour s’en con- qui en délivra une version désossée, parfaitement vaincre, il faut écouter sa "Suite Haïtienne", où il dans l’esprit originel. adapte les transes rituelles du vaudou sur une seule Pas de doute, le compositeur haïtien a marqué les partie de guitare… A charge pour les cordes de générations sous les tropiques et bien au-delà, jouer les rythmiques telluriques. Le résultat est un puisque les Suisses du label Moi J’Connais Records hybride prodigieux, qui l’inscrit au rang du patri- publiaient encore l’an passé deux E.P. extrêmement moine local au même titre que tout le folklore que rares du guitariste, qui consacra sa vie à réconcilier cet inlassable et inclassable chercheur de sons ne musique traditionnelle et idiome classique, un peu cessa d’inventorier pour mieux le réinventer.
CALYPSO ROSE
La voix des domestiques De la musique hippie au punk en passant par le rap, l’impact sociétal de la musique n’est plus à prouver. Il est plus rare qu’une seule chanson fasse changer le paysage politique d’un pays. C’est pourtant le cas de la chanson "No Madam" composée par Calypso Rose en 1969, dénonçant la conditions de vie des domestiques sur son sol natal, Trinité-et-Tobago. En février dernier, celle que l’on surnomme la "Miriam Makeba des Caraïbes" déclarait dans une interview accordée à Paris Match : "En recevant ce prix (Victoires de la Musique 2017, catégorie album de musiques du monde), j’ai pensé à mon arrière-grand-mère originaire de Guinée française, kidnappée, achetée et vendue en tant qu’esclave. Elle a f ini à Tobago et n’a pas pu revenir chez elle. J’étais émue, elle serait f ière de moi." © Richard Holder Née en 1940, la mamie la plus célèbre de l’île située au large du Venezuela n’a jamais goûté les bluettes. La scène sera sa tribune. C’est à l’âge de quinze domestiques de Trinité-et-Tobago, pour la plupart des femmes ne touchant ans qu’elle compose son premier calypso, "Glass Thief ", après avoir vu un que 20 dollars trinidadiens (environ trois euros) pour 18 heures de travail homme voler les lunettes d’une femme au marché : adolescente militante, quotidien, sept jours sur sept. elle écrit le premier calypso dénonçant les inégalités entre hommes et En 1969, Calypso Rose écrit et compose la chanson "No Madam", femmes. Sa participation puis sa victoire au concours du "Roi du Calypso" mettant en lumière la situation de ces domestiques et les appelant à se en 1978 pousse les organisateurs à renommer le concours "Monarque du rebeller dans ses couplets : "Rose, vous vous occuperez des invités ! / Non Calypso", un titre non genré. Madame / Vous viderez le pot de chambre / Non Madame". Ce Calypso révo- Petit à petit, elle se fait une place de choix dans la musique calypso, style lutionnaire fait son bout de chemin, arrivant aux oreilles du gouverneur musical typiquement réservé aux hommes à l’époque. Elle reçoit en 1991 de l'île et l'émouvant profondément. Il rejoint la cause et fait changer la le prix de la "Femme la plus exceptionnelle" par le Comité National d’Action loi sur les domestiques, leur octroyant un salaire minimum de 250 dollars pour la Femme et la récompense internationale de musique caribéenne mensuels, une avancée phénoménale contre la pauvreté. La preuve qu’il en 1999. Une voix qui porte, à tous les niveaux. Extrêmement touchée suffit d’un(e) Calypso pour voir la vie en rose. par les problèmes d'inégalité, elle s’insurge contre les conditions de vie des Justine Souabe
AC #57 • 25
ARAÏES, u de mai, u de bsi d ah &Textes : Dominique Cravic et Jean-Pierre Meunier / Photos : collection privÈe Jean-Pierre Meunier / Transcriptions : Dominique Cravic d JOSEPH SPENCETour díhorizon des g‚chettes caribÈennes. l Le crÈateur du son des Bahamas Il est né en 1910 sur l’île d’Andros et s’est éteint à Nassau en 1984. Spence,c’était avant tout un style unique et original. Il fut un artiste qui s’appuya surla tradition mais assez talentueux et original pour transformer et influencercelle-ci. DES BEACH BOYS À RY COODERet l’historien du blues Samuel Charters (qui eut un rôle très important au toutdébut du revival folk à New York) le découvre et enregistre dans sa maisonaux Bahamas, plusieurs heures de sa musique à la fin des années 50. Ces bandesseront publiées sur Folkways (Bahamian folk guitar).marin, la guitare en mains, la pipe à la bouche. On l’imagine jouant sa guitaredans les périodes de relative oisiveté brûlé par le soleil sur le bateau qui emmèneles pêcheurs d’éponges en mer, activité qui lui permettait de "gagner" sa vie.On voit souvent Joseph Spence en photo ou en images dans le costumeFlashback. Le folkloriste Alan Lomax enregistre Spence dès les années 30, A la première écoute, Samuel Charters et sa femme Ann croient entendredeux guitaristes tant son picking/groove est riche et complexe. Main droite :le pouce et les trois autres doigts jouent les basses, les accords dans le médiumet les mélodies dans les aigus. Autre particularité qui le fait reconnaître faci-lement : il grogne, fredonne, scatte produisant une sorte d’auto-accompagne-ment/contrepoint vocal à son jeu de guitare. Spence a impressionné des gens comme Brian Wilson, qui fit une version de "Sloop John B" avec les BeachBoys. Il a également beaucoup marqué Ry Cooder et Taj Mahal. Il resteratoute sa vie un artisan en marge du système commercial. On dit qu’il refusala proposition de Ry Cooder de jouer à Carnegie Hall.Nord) par un oncle à l’âge de neuf ans, puis il se perfectionne en musique au contact d’un autre oncle, flûtiste. Il joue très rapidement en public à partir del’âge de quatorze/quinze ans à l’occasion de réunions, cérémonies et autresDe son apprentissage, on sait qu’il se voit offrir une guitare américaine (du 26 • AC #57 mariages pour distraire et faire danser les gens. Il apprend à jouer toutes sortesde rythmes de danse, dont des valses, des quadrilles et des calypsos. s’imprègne de toutes sortes de musiques populaires des orchestres à cordeslocaux, de blues et de country. Comme beaucoup de musiciens, il finit sa vieen faisant des boulots alimentaires, par exemple gardien de nuit dans une écoleprimaire au milieu des années 70.LE STYLE SPENCEDans les années 40, Joseph Spence séjourne deux ans aux Etats-Unis et de ce morceau qui, jouée dans la position du Ré, sonne résolument en Si, créantchanson traditionnelle originaire de l’île de Grenade. Enregistrée une premièrefois par King Radio (Norman Span) en 1946, elle devient un succès mondial dans Voici une version de l’un de ses morceaux de bravoure "Brownskin Girl", une ainsi un effet… magique .la version de Harry Belafonte en 1956, portée par la mode calypso. Sonny Rollinsen fit également une version dix ans plus tard. Ça n’est pas vraiment une transcri-ption note pour note, mais plutôt une version très proche de son style.Spence descendait souvent le diapason de sa guitare. On connaît une version Né en Guadeloupe en 1896, Paul "Pollo" Malahel est certainement le guitaristele plus doué de la première génération de musiciens antillais arrivés à Paris.Il étonnait tout à la fois par sa virtuosité, sa technique extraordinaire, l’origi-nalité harmonique de ses improvisations et la sonorité étincelante qu’il savaittirer de son instrument. Avant de tomber dans l’oubli, il est longtemps restéune légende dans son pays natal et fit même partie des musiciens de l’ExpositionPOLLO MALAHELLa pÈpite des Antilles Française de Madrid, du 10 mai au 20 juin 1927. Peu de guitaristes ont eul’honneur de se faire entendre sur disque en solo ou quasi solo. La plupart dutemps,au premier plan que le temps des quelques mesures d’un solo. Le plus remar-quable est certainement Pollo Malahel. Voici un exemple de son jeu : le relevéest le solo de "Gèpe ka piké", enregistré avec l’Orchestre Typique Martiniquais, dirigé par le clarinettiste martiniquais Eugène Delouche (publié sur disque 78tUltraphone). Pollo y fait merveille : enchaînement des syncopes, finesse deschromatismes, mélismes, construction du solo, mise en place sans failles, in-ventivité, art du break, swing intense, très "jazz"… Tout y est ! Il enregistraégalement en duo quelques faces brillantes avec Benjamin Gérion (sur disquesSonabel, réédités également sur Cristal), des instrumentaux qui mêlent jazz/ on les entend en soutien rythmique dans les orchestres et ils n’apparaissent ragtime et biguine antillaise. díÈlÈments disparates (corps mÈtalliques Beuscher, Epiphone et autres manches de banjo !).Pollo Malahel apparaÓt au banjo qui Ètait peut-Ítre son premier instrument, mais il jouait surtout sur une guitare‡ rÈsonateur quatre cordes : guitare souvent hybride "trafiquÈe" par des luthiers parisiens, assemblÈe ‡ partir
AC #57 • 27
ARAÏES, u de mai, u de bsi Gr vage ule Madr Si les guitaristes de blues d’Amérique du Nord ont été bien étudiés etdocumentés depuis les années soixante pour pas mal de raisons, il n’enTextes : Dominique Cravic et Jean-Pierre Meunier / Photos : collection privÈe Jean-Pierre Meunierd’autres musiques populaires depuis les années 20, à savoir l’importance est pas de même pour les guitaristes antillais, martiniquais, guadeloupéens(ou même guyanais). disponible que dans les cabarets ou les salles de spectacle. On peut aussi notergrandissante des instruments de la famille des guitares. Le piano n’est souventle glissement du banjo vers la guitare, peut-être moins sonore mais plus fine. s’est jouée et enregistrée (78 tours) à partir de 1929, à Paris, par les musi-ciens antillais venus à l’occasion de l’exposition coloniale. Les orchestresToute cette musique a été un peu négligée, même si toujours aimée. Elle guitaristes, des relativement connus aux plus obscurs (on ignore parfois leursNous nous proposons une galerie de portraits-photos des principaux antillais impressionnent puis tiennent le haut du pavé pour le public amateur lieux et dates de naissance). Tous ont laissé une trace sur disques. On n’yles frères Henri et André Salvador, artisans ou grands instrumentistes, tous ces guitaristes ont contribué à assurerMontmartre, puis plus tard dans le quartier de Montparnasse. Simplesd’exotisme et de danse, ils sont accueillis au Bal Blomet (15ème arr.), à Pigalle, On peut les écouter sur les CD de la collection consacrée aux Antilles,excellents eux aussi,originaires de Guyane. trouvera ni les guitaristes plus "modernes" (l’excellent André Condouant), ni la rythmique des biguines et autres mazurkas et valses. dirigée et réalisée par Jean-Pierre Meunier à partir de sa collection personnelle profité des guitares à résonateur quatre ou six cordes et, bien sûr, des SelmerBeaucoup de ces guitaristes ont commencé au banjo puis certains ont de 78t et avec l’aide de quelques amis collectionneurs. et autres guitares de luthiers. On rencontre le même phénomène que dans dans les collections Frémeaux & Associés (réf. FA)A noter que tous les titres sont disponibles 12 3 Albert Lirvat à gauche sur la photo, Claude Martial à droite, avec les lunetttes 4 5 6
28 • AC #57
1 | ALBERT LIRVAT (1916-2007) Bal Nègre de la rue Blomet, créé en 1924 par fut le fidèle accompagnateur du grand clari- Né à Pointe-à-Pitre, surtout connu comme un autre Martiniquais, Jean Rézard-Desvouves. nettiste Alexandre Stellio. tromboniste, rénovateur de la biguine, créateur "Armide" (1930), "Maladie d’amour" (1931) "Encore cinq minutes veux-tu ?” (1936) du style wabap, inspiré du bop en 1950. Il est un peu à l’origine du zouk. 5 | ELIE CHAUDREAU 9 | ROBERT ROCH "Cet air convient à ma Mélancolie" (1939), Il créa à ses débuts en Guadeloupe un qua- Chef d'orchestre de la Boule Blanche en 1932, "Mi belle Journée" (1950) tuor à cordes intitulé "Las Cuatro Plumas", qui il se produit après la guerre comme contre- eut beaucoup de succès. Elie Chaudreau fit bassiste, notamment à la Canne à Sucre, à 2 | CLAUDE MARTIAL (1913-1991) partie en 1937 de l’orchestre de Roger Fanfant, Montparnasse. Il a perdu la vue enfant, suite à un accident. Il venu représenter la Guadeloupe à l’Exposition a accompagné la plupart des musiciens antillais. Internationale des Arts et Techniques à Paris. 10 | VALENTIN GÉRION (1920-2004) "Sweet Georgia Brown" (1936), "Touloulou mi Touloulou a ou La" (1937) Très actif à partir des années 40, ce musicien "Carnaval a la Martinique" (1952) guadeloupéen joue dans l’orchestre "jazz" 6 | GÉRARD LA VINY (1933-2009) d’Arthur Briggs et dans les orchestres mixtes 3 | PIERRE LOUISS (1908-1986) Après son baccalauréat obtenu en Guadeloupe, cubano-antillais. Neveu de Benjamin Gérion, Le Martiniquais Pierre Louise (père de Eddy Gérard vient à Paris en octobre 1951 pour y guitariste lui-aussi. "Nana" (1952) Louiss) apprend très tôt la guitare en auto- poursuivre des études de Sciences Politiques. didacte et commence à jouer dans les bals et Il ne lâche pas la guitare et deviendra le direc- 11 | VINCENT RICLER les mariages. Orphelin de père à douze ans, teur artistique de la Canne à Sucre. Ce musicien guadeloupéen commence à jouer il vient en 1926 à Paris pour y passer son Bac, "Cé Saint-Claude" (1973) dans l'orchestre cubano-antillais de Félix Val- et se produit dans de nombreux clubs parisiens. vert (à la Boule Blanche, de 1935 à 1937). "Swing but Sweet" (1939), 7 | GILBERT BATHUEL (1904-1994) "Sol Tropical" (1947) "Pas tant de Grimaces" (1972). Egalement banjoïste, ce musicien guadelou- péen figure parmi les premiers musiciens du Bal 12 | ROLAND PATERNE 4 | ROBERT CHARLERY (1894-1976) Nègre de la rue Blomet. "Y on ti Bo" (1934) Né à Cayenne en 1912 de parents guadelou- Parti combattre à la guerre de 1914-18, le péens, neveu de Léona Gabriel et cousin ger- Martiniquais reste à Paris après sa démobili- 8 | HENRY BOYE main de Henri Salvador. Un guitariste remar- sation. Il est l’un des premiers musiciens du Né à la Martinique, ce banjoïste et guitariste quable, également accordéoniste. 7 8 9 q w e
AC #57 • 29
ARAÏES, u de mai, u de bsi © Laurent Coq lp a antillaises sans pour autant abandonner les liens qu'il a tissÈs avec divers jazzmen comme Laurent Coq, Cyrille AimÈe, Cynthia Abrahamou Elvin Bironien. Rencontre avec un guitariste aux larges horizons.Avec son nouvel album, Carnaval (Jazz Family), le jeune guitariste de jazz explore ses racines guadeloupÈennes, martiniquaises et v CARNAVAL DE GUITARES musique antillaise. Son frère est pianiste, sa sœurchanteuse. Il commence à jouer dès l'âge de douzeR Son père est chanteur, guitariste et égale-ment disquaire parisien spécialisé dans laalph est né dans une famille musicale. vement sur la guitare. Après des études musicalesau conservatoire et une licence de musicologie à laSorbonne, Ralph se tourne vers la nouvelle scènedu jazz français. Ces dernières années, on a pu l'en- Bonjour Ralph. Que faites-vous actuellement ?Je prépare des concerts pour la sortie et la promode mon album. Cela dit, je continue à jouer dansdes projets instantanés, comme la semaine prochaine, 30 • AC #57ans, d'abord du piano, avant de se porter définiti- tendre avec Elvin Bironien,Privat, Cynthia Abraham et bien d'autres. Sonny Troupé, Gregory où je remplace Anthony Jambon auprès d'EtienneM'Bappé pour quelques concerts en Allemagne. Avec tous ces autres projets jazz, comment avez-vous Ricardo Izquierdo et le batteur Tilo Bertholo. Le Allan Holdsworth, qui est mort récemment et que trouvé l'inspiration pour enregistrer cet album dédié pianiste, Laurent Coq, était mon prof de compo- je voudrais saluer ici. Chez les guitaristes modernes, à la musique antillaise ? sition à l' EDIM de Cachan, et je tenais à sa col- j'écoute Kurt Rosenwinkel et le Norvégien Lage C'est un peu compliqué. Je vais d'abord expliquer laboration précieuse pour ce disque. J'ai pris deux Lund. le titre. Carnaval, c'est le moment où, aux Antilles, ans de cours avec lui, c'est un passage très important les gens se libèrent des barrières que la société leur de ma vie, pendant lequel il m'a aidé à découvrir Quelles guitares utilisez-vous ? impose pendant l'année. Socialement parlant, toutes le jazz, l'harmonie, le phrasé, la théorie... Son en- Je joue souvent sur une Westone japonaise avec les couches de la population se mélangent, il n'y a seignement m'a guidé vers tout ce que je fais au- ses micros d'origine, parfaits pour le jazz ; c'est une plus de distinctions, tout le monde fait la fête en- jourd'hui, jusque dans la façon dont je travaille. Je sorte de copie de Gretsch très réussie au niveau du semble, sans discrimination d'aucune sorte. C'est ne prends pas partie pour des coteries musicales, je son. J'ai aussi une Fender Strato dont j'ai changé une libération. vais au-delà, parce que je veux pouvoir tout jouer. les micros pour des Kinman, qui donnent un son Cela se passe de la sorte chez les jeunes généra- puissant pour un peu de feedback. J'utilise beaucoup Deux titres illustrent cette thématique, "Grand Nous" tions. Je travaille dans le jazz, aussi bien que dans mes modèles acoustiques quand je joue avec des et "Blind". Ce sont des morceaux traditionnels ? des musiques populaires, et même pop, mais aussi chanteuses comme Cyrille Aimée ou Tal. Soit une "Grand Nous" a une double signification : c'est le plus traditionnelles. Yamaha Compact Series devenue relativement rare surnom que ses amis donnaient à mon père, le grand et une Taylor. Je les branche en direct dans la sono, motivateur musical de notre famille, mais aussi de Qu'écoutez-vous par exemple ? avec un retour pour moi. Pour mes électriques, j'ai notre communauté musicale. Evidemment, ça part dans tous les sens. Le gui- un ampli Fender Twin Reverb, avec un pédalier tariste qui m'a le plus marqué au départ est Jimi d'effets qui contient un Delay Boss, une Overdrive Ce qui rappelle le "Big Mamou" (Grand Amour) du Hendrix : "Ah bon, on peut faire ça ? On peut devenir Fulton, un Dynacomp et enfin une Reverb Electro carnaval de New Orleans ? la guitare ?". Ma sœur m'a offert ses disques et aussi Harmonix Holy Grail. On peut faire un parallèle entre les cultures antil- mon premier ampli que j'ai toujours, un Roland laises et créoles caraibéennes. Mais il y a des dif- Jazz Chorus JC120. Ensuite, j'ai entendu George Que préparez-vous actuellement ? férences aussi… Benson grâce à mon père et je me suis appliqué à La tournée avec Etienne M'Bappé. J'ai jouerai le chanter comme lui la même ligne mélodique que répertoire de Carnaval sur quelques concerts cet Comment avez-vous monté le groupe appelé sur ce la guitare. Je me suis aussi beaucoup intéressé aux été. Je joue aussi avec Fred Soul, un chanteur de disque ? bassistes pendant une période. Jaco Pastorius et soul comme son nom l'indique, et avec une chanteuse Nicolas Pelage est un partenaire de longue date, Victor Wooten m'impressionnaient énormément. nommée Tal, qui est en pleine montée ascendante Zacharie Abraham à la contrebasse est le frère de De là, je suis revenu aux guitaristes : Wes Mont- actuellement. Cynthia Abraham. Il y a aussi le saxophoniste gomery, Pat Martino, Jim Hall, Pat Metheny, puis Romain Decoret
ENTRETIEN
LES
DOIGTS
DE
L'HOMME
32 • AC #57© Eric Soudan
SOUFFLANTES
SWING
Doigts de líHomme dessinent une nouvelle mappemonde musicale, toujours aussiDans leur 6Ëme album, Le Cúur des Vivants (Lamastrock/LíAutre Distribution), Les originale, cheminant dans les contrÈes díun gypsy swing lorgnant les rives latines,orientales, africaines et des Balkans, rythmÈ par le cajon et lovÈ par une subtile contrebasse. Dialogues de plumes de la six-cordes, jeux et sauts de cordes, frottÈes,pincÈes, magnifiÈesÖ Des Doigts virtuoses et des tÍtes bien faites. Pourquoi avez-vous choisi ce titre clin d’œil à JeanCocteau ("La vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants"). Quel événement vous l’a inspiré ?Olivier Kikteff : des considérations trop intimes, mais nous avonsfait une pause d'environ un an et demi car il nous Je vais essayer de ne pas rentrer dans était arrivé beaucoup de choses sur le plan person-nel ; nous avons perdu des amis, comme notre ingé- lumières qui s'est tué dans un accident de voiture...Ce titre était donc un hommage à nos proches dis- parus, mais aussi une référence aux événements du des gens.passé que tu continues de faire exister dans le cœur Si l'on en croit certains titres ("Là haut", "Back toLife", "Le Vrai Tombeau des Morts"), on sent en effet que vous étiez dans une thématique de f in et de re-naissance. Complètement.c'est que depuis 2003, nous sommes toujours dans Ce qui est particulier avec ce disque, une logique "sortie d'album-tournée-sortie d’al-bum" etc. Comme si nous étions dans une course, avec un timing à respecter, du genre : "C’est l'heurede faire un disque". Alors que pour cet album, nous n’avions aucune contrainte, juste l’envie de couchersur papier tout ce que nous avions engrangé ces deux dernières années.Yannick Alcocer : lité un peu mélancolique, parfois sombre, les titressont quand même très solaires. Nous n'étions pas Même si ces titres ont une tona- dans le pathos. D'ailleurs, la citation de Jean Coc- Olivier :et existent malgré leur départ. Finalement, c'est uneteau est pleine d'espoir. Voilà, ces personnes restent dans nos cœurs sorte de course à l'immortalité. Sur votre précédent album,vous aviez invité un accordéoniste (Antoine Girard). Mumbo Jumbo (2013), Cette fois-ci, c’est le cajon de Nazim Aliouche. Pour-quoi ce choix, l’idée était-elle de se rapprocher de la Méditerranée ?Depuis nos débuts, nous essayons de nous écarter du "truc" manouche. Disons plutôt de ne pas collerau style. Déjà car nous ne sommes pas manouches. Je vois beaucoup de musiciens "gadjé" qui plongent jamais du style. Personnellement, même si j'adorecette musique, ce n'est pas ma voie... Dans chaquetotalement dans cet univers et qui ne s’affranchissent album, nous avons proposé des escales dans divers
AC #57 • 33
"A UN MOMENT, TU T'…MANCIPES
© Eric Soudan DE CE TRUC UN PEU GONFLANT répertoires et esthétiques. Pour DANS LA GUITARE QUI EST LA COURSE maine, un coup de cœur commun. Je expliquer l’arrivée de Nazim, il pense que mon arrivée, d'une troi- faut dire que depuis 2006, nous ¿ L'…CHALOTE (Ö) EN VIEILLISSANT, sième guitare donc, a permis de déve- cherchions un percussionniste. TU AS LE CåUR QUI SE RAMOLLIT." lopper l’harmonisation, de diversifier Quand Benoît (Convert, ndlr) a les arrangements... commencé à jouer avec nous, nous OLIVIER KIKTEFF Olivier : Benoît est certainement le étions déjà dans cette optique, plus membre qui a la plus grande approche que d'un guitariste d'ailleurs. Mais jazz du groupe, avec une vision très Benoît était un fan des Doigts de l'Homme, il course à l'échalote. Et ce, pour te recentrer sur le pointue de l'harmonie. Nous nous sommes mutuel- venait à tous nos concerts, se pointait avec ses propos. Mettre moins de notes, développer les si- lement nourris. lunettes rafistolées avec du scotch (rire), il avait lences, infuser, c'est en effet une direction que nous travaillé tous nos titres, et on voyait bien que développons. En vieillissant, tu as le cœur qui se Quelle votre plus grande trouvaille sur cet album ? c'était une bestiole ! Bref, nous avons choisi ramollit... Ce n'est que du bonheur de laisser s'ins- Olivier : Le duo sur le titre "Back to Life" car j'ai pris "Benouche" à la place d'un percussionniste. taller les harmonies. Benoît écrit beaucoup de cette des chemins harmoniques que je n'avais jamais Yannick : Tu as beau avoir des envies musicales manière, avec très peu de notes mais de riches évo- empruntés avant. fortes, il n'est jamais simple de trouver la bonne lutions harmoniques. Cela donne l'impression d'être Yannick : Moi, je vais te surprendre, mais c'est la personne, il faut qu'il y ait une rencontre autant dans un train, avec un paysage qui défile, mais que première fois que nous réalisons un disque que artistique qu'humaine, et que tu sentes que ça tu as le temps d'admirer. j'écoute avec plaisir ! D'habitude, après les phases puisse coller pendant des années. Cela a été le Yannick : Les titres d'Olivier sont assez forts je de composition, de répétitions et d'enregistrement, cas avec Nazim. trouve, très évocateurs dans leur thématique, avec quand le disque sort, tu n'as qu'une envie, c'est de Olivier : Je tiens à préciser que nous n'avons beaucoup de poésie. Bref, tu ne peux que rentrer passer à autre chose (rire). Celui-ci tourne en boucle jamais couché avec Nazim et qu'il est quand dans ces univers et les illustrer sans fausse pudeur. sur ma chaîne et dans mon autoradio : j'adore le même rentré dans le groupe ! (rire général) Pour Ils t'évitent de tomber dans les effets de style. son général de l'album, les basses et les rythmiques en revenir au cajon : ce que je trouve parfois mises en avant... pénible dans le jazz manouche, c'est que tu peux Les parties de guitare sont très riches, diversif iées, BenoÓt : Pour moi, c’est le virage qui a été pris, la t'amuser sur l'aspect harmonique mais beau- avec beaucoup de trames harmoniques. Comment nouvelle identité du groupe, plus épurée. Ce qui me coup moins sur les rythmes, qui sont soumis à vous les répartissez-vous ? touche particulièrement, ce sont toutes ces petites des contraintes, voire à des codes. Même si Olivier : Quand Benoît a rejoint le groupe, nous mélodies, fugaces, qui restent en tête. j'ai longtemps joué cette musique, j'ai rapide- nous sommes aussitôt mis au clair tous les trois : ment eu envie de sortir de la pompe... Le cajon pas question de faire un concours de guitaristes ! Il est loin le temps du Gypsy Jazz Nucléaire (2004), nous permet de nous libérer de ces contraintes, Nous nous sommes débarrassés de l'ego de l'instru- aujourd’hui vous semblez avoir baissé le tempo pour de composer en formation presque rock finale- mentiste. Du coup, ça nous a permis de sortir des prendre le temps de flâner. Comme le disait Sarane ment. Par exemple, j'ai écrit les lignes de basse cases soliste-rythmicien, et de laisser libre cours à Ferret : "C’est bien toutes ces notes, mais on n’a avec le son grave du cajon. Cela nous a aussi nos envies de mélodies. Cela a ouvert beaucoup de pas le temps de voir le paysage". incité à jouer en ternaire, ce que j'adore, moi portes dans l'écriture et permis d’avoir une vision Olivier : Pour un groupe de guitaristes, c'est dur qui ai habité des années en Afrique. plus orchestrale. de ne pas donner à manger à tous nos fans qui pratiquent cet instrument. Tu as tendance à penser A l’image du morceau "Le Cœur de vivants", les Benoît, parle-nous ton arrivée dans le groupe et de que tu composes des disques pour ce public très titres sont très cinématographiques, conçus comme ce que ta présence lui a apporté ? précis, alors que quand tu commences à ne penser des décors. Vous semblez être plus dans l’image que BenoÓt Convert : J'étais un grand fan du groupe, je que comme un musicien, c'est à ce moment précis, le propos, l’illustration que l’évocation ? bossais tous les titres à la maison, ce qui explique avec cet état d’esprit, que tu composes les plus Oui, car à un moment, tu t'émancipes de ce que j'aie pu me fondre assez facilement dans son belles pièces, les plus intéressantes. truc un peu gonflant dans la guitare qui est la univers. Mais c'est avant tout une rencontre hu- Ben
34 • AC #57
ENTRETIEN
Bill
FRISELL &
Thomas 36 • AC #57© John Rogers-ECM Records MORGAN a force musicale de Bill Frisell est de NEW YORK CITY Lmusiques qu'il a entendues depuis son adoles- jouer, de façon reconnaissable maishautement personnalisée, toutes les EST UNE PETITE VILLEÖ cence. Chaque disque est une nouvelle explora-tion. Récemment, on se souvient des chansons Pour son nouveau et attendu projet, Bill Frisell s'est associÈ au contrebassiste ThomasMorgan. Les deux complices ont enregistrÈ live au Village Vanguard, l'album de la country hillbilly surde John Lennon sur l'album Disfarmer All We Are Saying, avec un rÈpertoire qui couvre aussi bien le jazz expÈrimental de Paul Motian, Lee Konitz Small Town, mentaux surf de Guitar in the Space Age , des instru- When You Wish Upon a Star et des Rencontre avec un guitariste plus que versatile.jusqu'au thËme de "Goldfinger", mais toujours jouÈ avec la griffe inimitable de Bill Frisell. ou Andrew Cyrille, que la country music de Maybelle Carter, le rock'n'roll de Fats Domino, thèmes de films dansLe tout intercalé entre ses collaborations delongue date avec le label ECM, pour des albums. du saxophoniste Chris Potter, John Aber-crombie, Steve Colemen, Andrew Cyrille ou Stefano Bollani. Sans oublier des séances pourCharles Lloyd, Ron Carter, mais aussi l'accom- pagnement sur scène de Lucinda Williams,Marianne Faithfull, Paul Simon et bien d'autres. Ce nouvel album en duo avec son compagnonde label, le contrebassiste Thomas Morgan, expose tous ces domaines musicaux et inspire laquestion en suspens que je pose immédiatement à Bill Frisell : Bill, existe-t-il des musiques que vous ne pourriezpas jouer ? (Il rit)ou péruvienne, mais ce n'est qu'une question de Je ne sais pas, essayons la musique maori temps… Tout ce que je joue a toujours été présentdans ma culture musicale, depuis mon adolescence, que ce soit le jazz, le surf, les Beatles, le westernswing ou le rock'n'roll. Dès mes premiers disques j'ai toujours recherché des voicing d'accords et desphrasés qui viennent de domaines musicaux tota-(Fluid Rustle d'Eberhard Weber sur ECM en 1979), pense pas vraiment, cela me vient naturellement.Je ne me sens pas à l'aise quand on essaye de melement différents, comme la carpe et le lapin. Je n'y catégoriser dans tel ou tel style. J'ai d'abord étécatalogué comme ECM"Shannon Jackson. Dans la période suivante, j'étais, je jouais du free jazz avec le batteur Ronald "un guitariste expérimental de chez vu comme un jazzman new-yorkais, en studio etsur scène avec Ron Carter et Charles Lloyd. Puis, après l'albumd’americana, alors que j'accompagnais Marianne Disfarmer, je suis devenu un musicien (Faithfull, ndlr)plus que je jouais et joue toujours à la Tractor Tavern,. Rien ne cadrait vraiment, d'autant un club du New Jersey proche de ma maison, où jepeux essayer tout ce que j'ai envie de jouer. De plus, cela me garde en forme…
AC #57 • 37
Thomas Morgan est aussi un musicien du label ECM. On ne pouvait pas laisser passer l'occasion et nous je la joue dans le style western spaghetti d'Ennio Comment s'est dessinée l'idée d'un duo ? l'avons gardé en ouverture du show. "Subconscious Morricone, avec beaucoup de réverbe sur ma Tele- Je connais Thomas depuis très longtemps, je l'ai Lee" est une improvisation, dont le titre nous a été caster et mon ampli Fender Princeton. "Goldfinger" rencontré la première fois quand il étudiait la inspiré quand nous avons appris que le saxopho- est le B.O. du film de James Bond, l'original est musique à New York. Je devais faire un album niste Lee Konitz allait être présent dans le public. effectivement des John Barry Seven, mais j'ai rem- pour le contrebassiste Ron Carter et il a fallu com- J’ai pris soin d'ajouter quelques-uns de ses phrasés. placé les violons par des suites d'accords. mencer à répéter sans lui. C'est Tho- mas qui a pris sa place pour les ré- Le détour hillbilly sur le titre "Wild- pétitions. J'ai été frappé par la manière wood Flower" de Maybelle Carter est- dont il a joué exactement les lignes de il improvisé ? basse de Ron Carter. Il avait évidem- Non, le phrasé de basse de Thomas ment planché dessus très sérieusement. fait fonction de jonction entre le jazz Quelques années ont passé, il venait et la musique hillbilly pré-country. à mes shows et j'allais assister aux siens. Bien avant cela en fait, car ce n'est Il travaillait aussi avec le batteur Paul pas la Carter Family qui est à l'origine Motian (Bill Evans, Stan Getz, etc.), de ce morceau qu'ils ont enregistré en avec qui j'avais également joué. D'ail- 1928 (présent sur le récent coffret Ame- leurs, le dernier enregistrement de Paul rican Epic, traité en page 14 de ce nu- Motian a été fait avec Thomas et moi. méro, ndlr). J'ai découvert que le véri- A partir de ce moment, nous avons table copyright est attribué à Joseph commencé à souvent jouer ensemble, Philbrick Webster et Maud Irving, qui il y avait quelque chose de très fort l'ont composé en 1860 ! entre nous. Pour moi, Thomas est un peu le successeur du regretté Charlie Il est rare de vous entendre aborder du Haden, avec d'autres qualités qui lui rock'n'roll. Comment avez-vous déni- sont personnelles. ché "What a Party" de Fats Domino ? C'est une composition de son trom- Comment et où a été enregistré l'album pettiste et producteur, Dave Bartho- Small Town ? lomew, qui fut l'architecte du style de Au départ, c'était juste deux shows au Fats Domino. C'est une chanson de Village Vanguard , mais quand ECM saloon, typiquement new-orleans, dont en a entendu parler, il nous ont pro- Dave Bartholomew était le spécialiste. posé de les enregistrer et d'en faire un Il fallait adapter cette chanson pour album. Ce qui a changé le répertoire notre show du Village Vanguard, c'est que nous voulions jouer car cela deve- pourquoi nous jouons autour de la mé- nait un disque, il fallait que tout soit lodie pendant plus de deux minutes cohérent. avant d'arriver au morceau proprement dit. Pourquoi avoir choisi le Village Van- guard ? Quelles guitares avez-vous utilisées ? Du point de vue d'ECM, c'était l'en- © JClaudia Engelhart-ECM Records Parce que nous enregistrions à New droit parfait pour un album live. J'y ai York, j'ai pu enfin sortir d'autres gui- enregistré le disque East/West en 2005, "J'AI APPR…CI… QUE LES ASTRONAUTES tares que mes Telecaster. En tournée, je connais bien l'acoustique du club c'est trop risqué d'emmener des gui- qui est à la fois claire et chaleureuse. D'APOLLO 15 AIENT NOMM… tares à caisse en avion. Mais là, j'ai joué Dans ma collection de disques, j’ai DEUX CRAT»RES LUNAIRES plusieurs titres sur ma Collings I-35, plusieurs enregistrements captés au
D'APR»S MES COMPOSITIONS,
qui ressemble à une Gibson ES-335. Village Vanguard : Keith Jarrett, Brad Encore une fois, je suis étiqueté Tele- Mehldau etc. Le preneur de son était "ICARUS" ET "GHOST BEADS"." caster Man, mais ce n'est pas tout à fait James Farber du studio Avatar sur la la réalité. Bien que j'aie aussi sorti une 52ème rue. Ensuite, j'ai mixé l'album Telecaster noire avec un vibrato Bigsby, avec Thomas Morgan et le directeur d'ECM, Man- "Song for Andrew n°1" est un rubato que j'ai com- qui est parfaite pour le son Ennio Morricone. Mes fred Eicher. Soixante-dix minutes de musique, on posé en l'honneur d'Andrew Cyrille, avec qui j'ai amplis sont un Jack Henderson 1x12, fabriqué à a fait le plein du CD, sans laisser de choses impor- joué sur son album The Declaration of Musical Seattle, et un Princeton Fender. En tournée, j'ai le tantes de côté… Independance. Andrew a soixante-dix ans, c’est notre plus souvent un Fender Deluxe Reverb Reissue. hommage à ses concepts musicaux. "Poet-Pearl" Dans mes effets, la réverbe est importante, c'est une Le répertoire est pour le moins éclectique, réunissant réunit deux pièces que nous avons écrites chacun Flint Stryman avec un Delay DL4 Line 6 et un plusieurs musiques que vous avez abordées ces der- de notre côté ; la mienne sert d'intro à "Pearl" que Tube Dreamer 58 avec deux Electro Harmonix nières années. Le jazz d'abord, d'où vient ce titre Thomas a écrit il y a longtemps, pendant un long Freeze et Metal Muff. "It Should've Happened a Long Time Ago" ? trajet dans le métro new-yorkais. C'est une pièce de Paul Motian qui nous va comme Va-t-on bientôt vous revoir sur scène en Europe ? un gant. A commencer par son titre parce que ce Il y a aussi ces titres instrumentaux évoquant Ennio Je vais au Japon en solo, puis je tourne aux Etats- premier disque en duo aurait dû être enregistré il Morricone ou John Barry Seven. Est-ce une allusion Unis avec Thomas. Nous devrions être en France y a longtemps, et il y a aussi le fait que nous sommes à votre disque When You Wish Upon a Star ? après l'automne. tous deux des amis et musiciens de Paul Motian. "Small Town" est une de mes compositions, mais Romain Decoret
38 • AC #57
INTERVIEW
¡SGEIR
40 • AC #57© Because L'Islandais s'Ètait fait gentiment oublier depuis le succËs prometteur de son premier album,avec un deuxiËme effort, ELECTRO-FOLK que prononcÈe. Une nouvelle orientation totalement assumÈe par l'intÈressÈ. Afterglow, radicalement diffÈrent. Les ambiances folk ÈthÈrÈes ont laissÈ la place ‡ une tonalitÈ Èlectro plus In the Silence. C'Ètait pour mieux revenir On ne peut pas dire que tu te sois contenté de repro-duire la formule de ton premier album. D'où vient ce en permanence... Je crois qu’on a tendance à s'éloigner facilement de changement d'humeur ? d'aller voir xe que les autres pensent de toi ou de ce A la fin, tu ne peux plus t’empêcher ses origines lorsque l'on devient ce qu'on pourrait Depuis le premier album, qui était plutôt acous-tique et folk, j'ai été très imprégné par des am- que tu fais. J'ai complètement arrêté les réseauxsociaux pendant presque toute la période où j'ai appeler un "musicien professionnel", que l'on évo-lué dans le "music business"... Mais je crois que l'Is- biances électro. C'est venu au cours de la tournée.Au lieu de composer avec ma guitare, je me suis sur Facebook ne sont pas plus dangereux que lestravaillé sur l'album. Je ne sais pas si les avis positifs lande fait partie de ces pays où l’on reste près de sesracines, où il en faudrait vraiment beaucoup pour mis à travailler directement sur mon ordinateur mauvais. On peut se croire génial, alors qu'il y aencore beaucoup de boulot (rires). Les Beatles ne qu’un aussi petit pays a engendré des groupes ou desoublier d'où l’on vient. C'est plutôt rassurant de voir l'album restent dans un style que j'apparente plu-tôt à la musique folk, quelle que soit la productionportable. Mais, dans mon esprit, plusieurs titres de artistes aussi uniques que Sigur Rós ou Björk... ou les arrangements.de cet album, j'ai traversé différentes phases, aussi Tout au long de la préparation Tu as déjà ta légende, avec cette blessure qui t'a em-pêché de devenir champion de lancé de javelot et la bien de doute ou de stress, que de calme ou de sé-rénité. © Jean-Pierre Sabouretmusique qui t'aurait permis de libérer une certainefrustration... Il y a une part de vrai dans tout ça?Ce n'était pas aussi caricatural… L'histoire de la Expérimenter avec tous ces sons n'est-il pas plus labo-rieux ou hasardeux ? blessure en sport est vraie, mais cela coïncidait avecla période où je finissais le lycée, et je n'avais pas la Je dirais que cela représente beaucoup plus detravail avant d'arriver à quelque chose, alors qu'on moindre idée de ce que je voulais faire dans la vie.Je me laissais vivre sans trop me poser de ques- pense, au départ, gagner du temps. Une chansoncomposée sur ce mode peut prendre un an avant tions. J'avais toutes sortes d'opportunités, de petitsboulots, et la musique en faisait partie. Ce n'était de trouver sa forme définitive. Avant ça, je pensaisqu'une chanson, mon plan B si je ne réussissais pas avec le sport.J'avais bricolé quelques chansons, on m'a proposé avec un accompagnement et des paroles. La pro-duction me paraissait secondaire. J'ai complètement c'était quelque chose de tout simple, de les enregistrer, j'avais à peine vingt ans... Et c'estseulement à ce moment que je me suis dit que ça changé d'avis depuis. Jusqu’ici, j'ai toujours éprouvéle besoin d'explorer toutes sortes de styles, jamais pourrait devenir sérieux. Mais je dois être honnête,la musique ne m'a pas sauvé la vie après un échec par calcul ou même de manière consciente. J’ail’impression d’avoir une meilleure idée de mes forces sportif ! Je ne crois pas que je me serais pendu si jen'avais pas enregistré mon premier album. et de mes faiblesses avec cet album. A quel âge as-tu commencé la musique et avec quel Ne recherches-tu pas, tout simplement, le son quiserait le mieux adapté à ta façon unique de t'exprimer "JE NE SAIS PAS instrument ?J'ai étudié la guitare classique dès l'âge de sept ans vocalement ?Oui, probablement... Même s'il est très facile de se SI LES AVIS POSITIFS au conservatoire, puis le fingerpicking et le folk à perdre quand on manipule tous ces sons pour que SUR FACEBOOK NE SONT douze ans. Ensuite, vers quatorze ans, j'ai travailléun peu la batterie et les claviers. Et puis, j'ai décou- le chant s'y intègre le mieux possible, je voulais yaller à fond. Je pense même avoir été au bout de PAS PLUS DANGEREUX vert Nirvana. Ça m'a complètement subjugué pen- cette formule, et j'ai le sentiment que je reviendrai QUE LES MAUVAIS. dant des années, même si je n'avais que deux anslorsque Kurt Cobain est mort. C'est ce qui m'a avec plaisir à la simplicité la prochaine fois. G…NIAL, ALORS QU'IL Y AON PEUT SE CROIRE ramené à la guitare. Et j'aimais aussi les autres, PearlJam, Soundgarden... Comme beaucoup, j'ai aussi Afterglowpeut-être pas le but recherché. paraît plus ambitieux, mais ce n'était ENCORE BEAUCOUP suivi Dave Grohl après Nirvana, avec Foo Fighters.Par la suite, j'ai accroché aux débuts de Muse, mais à toucher le plus de gens possible avec ta musique?J'ai un esprit de compétition très développé et je Tiens-tu autant que ça DE BOULOT." tout ça ne m'empêchait pas de continuer à appré- ne fuis pas du tout le succès. Suivant le nombre de "Walk The Line", ou Led Zeppelin, les Beatles... cier Johnny Cash, que j'avais découvert avec le film bières que j'ai bues, je suis prêt à faire des chosesdont vous ne me croiriez pas capable pour con- seraient pas restés aussi exigeants tout au long deleur carrière s'ils s'étaient contentés de n'écouter Dans le même temps, je me suis aussi mis à écouter vaincre tout le monde. Pourtant, je ne tiens jamais que ceux qui les trouvaient formidables dès leurs de l’électro, du style James Blake, Bon Iver ou John compte de ce que les gens peuvent penser de ma débuts. Mais j'ai peur qu'on ne vive plus vraiment Hopkins. Il m'arrive aussi de reprendre la batterie musique. J'ai vu trop de gens se laisser emporter dans le même monde... pour du rock ou du metal avec un groupe d'amis, çame fait du bien... Mais c'est encore avec ma vieille par le désir de vendre ou de se vendre au point dene plus rien faire de naturel et sincère. Avec Inter- On pouvait aisément deviner tes origines islandaises Gibson acoustique de 1935 que vous me verrez jouer net, on est tellement tenté de vérifier sa popularité sur ton premier album, même en version anglaise. le plus souvent, chez moi ou ailleurs. Penses-tu que ce soit moins évident avec cet album ? Jean-Pierre Sabouret
AC #57 • 41
ENTRETIEN
© Osamu Kurihara
42 • AC #57
Kurt
ROSENWINKEL
Le guitariste de Philadelphie vient de sortir son album le plus personnel ‡ ce jour. IntitulÈdiverses et inattendues, qui vont du hard rock de Rush ‡ la musique brÈsilienne, du jazz aux ballades mÈlodieuses, avec la prÈsenced'Eric Clapton ‡ la guitare. Rencontre avec un guitariste pour le moins compliquÈ.STYLES CROIS…S Caipi, le disque expose une palette d'influences NHoldsworth, Bill Frisell et John Scofield, des guitaristes dont le point communCreative & Performing Heart lui fait aborder Pat Metheny, le regretté Allanguitariste de Rush, mais un séjour à la Philadelphia High School formots de passe de sa génération. Il grandit en admirant Alex Lifeson,é à Philadelphie en 1970, Kurt Rosenwinkel est porteur de tous les qui produit son album,label Verve, en leader ou en sideman, avec Mark Turner et le pianiste BradMehldau. Il collabore beaucoup avec Q-Tip du groupe A Tribe Called Quest,effets vocaux au son de sa guitare. En 1995, il commence à enregistrer pour leutiliser un microphone pendu à son cou comme une lavallière qui mixe ses est d'aborder, sans préjugés ni complexes, une infinie variété de styles. Kurtentre alors pour deux ans à la Berklee School de Boston, où il étudie la mu-sique de John Coltrane, Tal Farlow et George Van Eps, pionnier de la guitare deux albums de Q-Tip. Avec une dizaine d'albums solo à son actif, Kurt Heartcore. Ce dernier renverra l'ascenseur en produisant sept cordes. Dire qu'il connaît le succès à Berklee est un euphémisme : le vibra- Rosenwinkel change totalement d'horizon au tournant du siècle. Il s'installeson propre label, Heartcore Records, et s'associe au contrebassiste Avishai saxophoniste mythique Joe Henderson, tout en jouant avec Human Feel etphoniste Gary Burton, doyen de l'école, l'emmène en tournée avec lui ! De là, en Allemagne, à Berlin, où il vit avec sa femme et ses deux fils. Il crée alors The Brian Blade Fellowship. C'est au début des années 90, qu'il commence àil intègre l'Electric Bebop Band du batteur Paul Motian, puis le groupe du Cohen, qui possède lui aussi son label, Razdaz Records. Les deux musicienset les deux labels sont plus ou moins associés puisque le nouvel album deKurt Rosenwinkel est promu par Razdaz. Un peu difficile à assimiler, mais Kurt nous l'explique lui-même dans une brasserie de la Cité de la Musique. Comment se fait l'interaction entre votre label et celuid'Avishai Cohen ?Nous sommes tous deux, non seulement musiciens, Alors je l'ai invité sur mon album. Il fallait que ce mais aussi pédagogues, ce qui est un mot un peutrop pompeux pour désigner le fait de faire naîtreet développer la passion de la musique chez de soit quelque chose de totalement différent, Eric nevoulait pas jouer dans le style qui lui est générale-ment attribué. Il a joué une suite d'accords jazzy, jeunes musiciens en devenir. J'enseigne à la Hoch-schule für Musik Hanns Eisler de Berlin. Je l'ai faitpendant une dizaine d'années, puis je me suis déci- qui est une seconde ligne mélodique en elle-mêmesur "Little Dream". dé à suivre l'inspiration de mon ami Avishai Cohenen créant mon propre label afin d'enregistrer monalbum solo, Qui est Pedro Martins ?Un jeune guitariste brésilien. Il y a huit ans, je suis"Kama" et "Caipi". Pedro Martins s'est procuré un Un mot à propos de la présence d'Eric Clapton sur le Caipi, le fruit de dix ans de travail. enregistrement de mes concerts et a étudié certains , des premières versions comme allé jouer à Rio. Dans mon répertoire, il y avait déjàdes titres de Caipi titre "Little Dream". Comment est-ce arrivé ?Eric m'a invité à jouer lors de son festival Cross-roads en 2013. J'étais absolument abasourdi qu'il titres. Dans la foulée, il a essayé plusieurs fois deme contacter, mais à chaque fois, je faisais autre ait entendu parler de moi, mais en plus, il me disaitqu'il connaissait mes albums sur Verve.guérit l'âme" est la première chose qu'il m'ait dite ! "Ta musique © Bob Berry chose et n’étais pas disponible. Finalement, je l'ai vujouer alors que je faisais partie du jury d'un concoursmusicale entre nous, je voulais qu’il soit présent surmusical. Il y a tout de suite eu une véritable affinitél'album.
AC #57 • 43
Qui sont les autres musiciens invités sur l’album? La violoniste Frederika Krier et le batteur Andi "TA MUSIQUE GU…RIT L'¬ME" Haberl. Amanda Brecker a coécrit le texte du titre EST LA PREMI»RE CHOSE "Kama". J'ai utilisé beaucoup de chanteurs différents, Antonio Loureiro sur "Casio Vanguard", Kyra Ga- QUíERIC CLAPTON M'AIT DITE !" rey dans "Summer Song", Zola Mennenoh sur "In- terscape", Amanda Brecker dans "Casio Escher" et "Little Dream", sur lequel joue Eric Clapton. Il y a aussi Chris Komer à la trompette, Mark Turner au saxophone et Alex Kozmidi à la guitare baryton. Où a été enregistré l'album ? J'ai fait toutes les pistes basiques moi-même, dans mon studio Heartcore, à Berlin. Basse, piano, bat- terie, percussions, synthés etc. Ensuite, j’ai convoqué les musiciens à New York, aux studios Big Orange Sheep, avec l'ingénieur du son Michael Perez-Cis- neros et son assistant, Kevin Frias. D'autres prises additionnelles ont eu lieu à Sera Sounds, toujours à New York, avec Chris Allen à la console. Pour le mixage, il fallait un spécialiste du son boosté, Paul Stacey de Strangeway Studios à Londres. Le son définitif du mastering est celui de Mandy Parnell au Black Saloon Studio de Londres. Les chansons couvrent un panel musical assez extra- ordinaire et inattendu. D'où viennent-elles ? Quelques-unes remontent à très loin, une quin- zaine d'années environ. "Caipi" est un exemple de musique brésilienne, tout comme "Casio Vanguard" et "Summer Song". Je me disais que je ne pouvais jouer cela qu'en solo, car elles ne conviendraient pas aux séances que je faisais avec Don Fagen ou Aaron Goldberg. Alors, je les mettais de côté. D'autres sont venues naturellement, comme "Ezra" et "Little B" (pour Little Bear), le nom et le surnom de mes deux fils. "Chromatic B" est un instrumental, dans lequel je joue tout moi-même, sauf le violon. C'est un tempo extrêmement difficile à jammer, un autre musicien ne peut pas dire immédiatement où se trouve le "1". "Hold on" et "Interscape" sont presque du hard rock, on sent l’influence d’Alex Lifeson. Enfin, "Little Dream" est une chanson folk qu'Eric Clapton a saisie au vol avec ses arpèges et sa suite d'accords. Quelles guitares jouez-vous ? Récemment, le luthier italien Domenico Moffa m'a fabriqué deux modèles Custom Signature avec un manche plus large. Quand je suis en studio, le plus souvent, j'utilise ma D'Angelico modèle New Yorker à demi-caisse. C'est ma guitare de prédi- lection qu'il m'est difficile d'emmener en tournée. Pour voyager, j'ai une Sadowsky demi-caisse, qui craint moins les chocs, ou une Gibson ES-335 Cherry Red. Mon ampli est un TC Electronic, mais je branche beaucoup d'effets : le Vocalist de Digi- tech avec lequel je mixe ma voix à la guitare, mais aussi Reverb Neunaber Wet Stereo, Strymon Time- line & Moebius, la Rockett Allan Holdsworth et le Para EQ Empress. Quels sont vos projets ? Je vais revenir en France cet été et dans toute l'Eu- rope. Seul ou avec d'autres musiciens. © Osamu Kurihara Romain Decoret
44 • AC #57
INTERVIEW
BEAUTY &
THE BEAST
46 • AC #57© Hugues Faye Something NewUn gars, une fille, un duo de swing et de gouaille pour revisiter le rÈpertoire country, folk et blues. Dans leur premier album "officiel",CONTE COUNTRY-FOLK se partage malgrÈ les diffÈrences, sans conflits de gÈnÈrationsÖ Quelque chose de nouveau, en effet. (Quart de Lune/LíAutre Distribution), Michel Ghuzel et Roxane Arnal, rÈunis depuis 2011, dÈmontrent que la musique Pourquoi ce titreétonnant pour un premier album ? Qu’y a-t-il de Something New, pour le moins mais seulement de nous amuser avec les harmonieset les thématiques qui nous plaisaient. Les couleurs Michel, toi tu as baigné dans Doc Watson, Merle Roxane :nouveau ? viennent après. Travis, Dan Hicks, mais aussi la chanson brési- sorti deux E.P., mais cette fois-ci, nous étions en- Depuis le début du duo, nous avons déjà Michel : lienne… cadrés par une grosse équipe… A l’image de ce blues créole "Cousin (l’a roulé dans la française, au Brésil. Après avoir découvert la guitare Mon père était prof de français à l’Alliance Michel :A la base, il y a Jacques Panis, le fondateur de la Une grosse équipe de trois personnes (rire). Michel :paille)", qui traite d’une agression sexuelle…nous avons été confrontés, mais que nous avons il- C’est une thème dur, un événement auquel chez un ami - je me rappelle avoir été subjugué enl’écoutant jouer "La Poupée qui fait non" de Polna- boîte de production, Quart de Lune. Jacques sou-haitait enregistrer un simple E.P., mais il était tel- lustré d’une musique plus enjouée. On essaie tou-jours d’avoir un propos un peu biaisé, décalé, de ne reff -, mes parents m’ont inscrit au conservatoire àSão Paulo, où j’ai découvert la bossa nova. En reve- lement enthousiasmé par le résultat qu’il s’est ditautant faire un album tout de suite. Il y a aussi pas tomber dans le pathos. nant en France, je me suis vraiment penché sur lerépertoire brésilien, en participant notamment à la Duncan Roberts qui s’est occupé de l’enregistre-ment ; il a un studio avec peu de matériel mais dont il se sert magistralement ! Et enfin, David Lewis,le pianiste-trompettiste-compositeur du groupe © Hugues Faye Paris Combo, qui a réalisé cet album. Nous avionsdéjà sorti deux E.P. mais faits à la maison, d’où le fait de considérer celui-ci, qui est vraiment produit,comme notre première sortie officielle. Comment vous êtes-vous rencontrés ? en Corrèze avec Chris Lancy depuis une quinzained’années. Sur place, tous le soirs, il y a une sorteMichel : J’anime des stages de blues et country l’été d’apéro-concert. Un jour, on voit une jeune stagiairedébarquer sur scène et commencer à jouer. Nous étions bluffés ! Roxane n’avait que 13 ou 14 ans,mais déjà une maturité musicale bien supérieure à celle de la majorité des stagiaires pourtant plus âgésqu’elle. Notamment dans le blues, une musique qui demande pourtant une lente maturation, quelquesannées d’expérience. L’année suivante, parallèle- ment aux cours de blues, j’animais aussi une atelierde bossa nova, car j’ai vécu au Brésil et suis pas- sionné par cette musique. Roxane pointait toujoursle bout de son nez, je lui ai donc appris deux-trois C’est également un album qui fait la part belle auxcordes via les nombreuses guitares, contrebasse, man- "JE VOIS UNE JEUNE de trucs, c’est comme ça qu’on a commencé à par-tager nos univers musicaux. La troisième année, en doline, ukulélé, dobro, lap steel… Qu’est-ce qui vous STAGIAIRE D…BARQUER Michel :plaît tant dans ces instruments ?
SUR SC»NE. ROXANE
2011, nous avons décidé de jouer et chanter unechanson ensemble, et là, ça a été une évidence. dilection est la guitare acoustique, cordes nylon ou Personnellement, mon domaine de pré- NíAVAIT QUE 13 OU 14 ANS, il a un côté rayonnant. Il y a eu une véritable alchi-Roxane : Ça a tout de suite matché avec Michel car acier, je baigne dans cette esthétique depuis long-
MAIS D…J¿ UNE MATURIT…
mie,jours impressionnée car il a une grande pédagogie, notamment au niveau des voix. Michel m’a tou- temps. C’est la même chose pour Roxy : elle a com-mencé à jouer du blues sur la scène de l’Utopia.C’est notre culture, ce qui explique cette direction SUP…RIEURE ¿ CELLE DESMUSICALE BIEN un réel talent pour la transmission du savoir. musicale. AUTRES STAGIAIRES BIEN Cet album sonne très western swing, mais avec unpenchant pour la gouaille et la chanson française. Beauty & The Beats est un drôle de couple musical. PLUS ¬G…S QUíELLE..." Roxane :Pas de conflit de générations ?
MICHEL
Quelle était votre direction musicale ? music, la country, le bluegrass, le blues et le jazz…Michel : Nous sommes très attirés par l’ol-time Michel, je n’avais pas encore toute ma personnalité Non, mais au moment où j’ai rencontré création des éditions Coup de Pouce avec Denis ou jouais sur la scène de l’Utopia, et ce depuis l’âgeartistique, même si je faisais régulièrement des jams Roux. Quant au western swing, je l’ai découvert par Mais il y a tellement de bonnes musiques dans tousles styles qu’il est difficile de se limiter à un seul de 13-14 ans, notamment les concerts de fin de un ami batteur qui était fan de groupes américainsun peu underground,positions rock, blues et swing un peu décalées. Il comme Spirit, toutes ces com- répertoire. lonté de ne surtout pas nous enfermer dans un style,Roxane : En montant ce duo, nous avions la vo- stage de Luc Bertin. Avec Michel, il a fallu qu’ondiscute de nos envies de direction artistique respec- m’a dit d’écouter Dan Hicks. Cela a été un choc. tives et des enjeux de la scène. Je me suis plongé dans ce monde, qui ne m’a plusjamais lâché. Ben
AC #57 • 47
ENTRETIEN
© DR
48 • AC #57
SAMUELITO
SOLO MAIS JAMAIS SEULRÈvÈlation de la scËne flamenquiste franÁaise, guitariste globe-trotter curieux de tous les rÈpertoires, du jazz ‡ la musique classique, Samuel Rouesnel sort son premier albumsolo, le bien nommÈentre Andalousie, Bretagne et SÈnÈgal, au grÈ de ses nombreuses rencontres. Solitaire ? Non, solaire.Quelle était l’idée de départ de ce premier album solo ? SÛlo (Label Ouest/LíAutre Distribution). Une invitation au voyage, On a l’impression qu’il s’agit d’un voyage intérieur,avec comme plan de route une plongée dans les mu-siques qui t’ont marqué au f il de ta carrière, de l’Es- maître de la guitare flamenca, car comme énormé-ment d’autres artistes, je lui dois beaucoup. Il était pagne à l’Afrique.Le premier challenge de cet album est de n'avoireu que quinze jours de préparation avant de rentrer très présent dans ma famille via ses disques, je l’aivu deux fois en concert, des moments très forts.C’est une source d’inspiration quotidienne, il maî- en studio. Ayant voulu jouer le jeu, j’ai simplementsélectionné huit thèmes que j’avais dans l’oreille,certains récents, d’autres datant de plusieurs années. trisait parfaitement les codes de la culture flamenca,la technique guitaristique, l’improvisation, la com- J’ai donc construit les thèmes en studio ; les arran-gements, les structures se sont faits au fil de l’en- le populariser dans le monde entier. position… Son parcours est un exemple pour noustous, il a révolutionné le flamenco et a contribué à Il me semble que tu joues tous les instruments sur cet expérience une spontanéité, une sincérité... Je n’aipas cherché à prouver ni démontrer quoi que ce soit,juste parler des musiques qui m’ont marqué dansregistrement. Il y a énormément d’improvisationdans l’album. J’ai voulu garder tout au long de cette album.Effectivement. Il y a beaucoup d’instruments àcordes (guitares flamenca, classique, folk, pipa chi- mon parcours. nois, tempura indienne) et de percussions (cajon,tambours, grosses caisses, bol tibétain, crotales ti-bétaines, cymbales chinoises, bongos et shakers en laborations avec Antoine Boyer et Arnaud Dumond,tu aimes marier le flamenco au jazz, au classique, auxmusiques du monde… Envie de dépoussiérer le ré-A l’image de ton dernier E.P. Viajero, ou de tes col- tout genre).avec Julien Taillefer, le réalisateur de cet album.Un mot sur le titre "Sonámbulo" : es-tu atteint par cetrouble du sommeil ou es-tu un oiseau de nuit ? Tous les effets audios ont été construits ALBUM FLAMENCO,"CE NíEST PAS UN pertoire ?Je ne pense pas que le répertoire flamenco aie be-soin d’être dépoussiéré, je pense qu’il est très vivant Ha ha, non je dors très bien ! La raison de ce titreest que cette atmosphère musicale m’évoque celled’un rêve éveillé, c’est d’ailleurs un peu en lien avec CíEST UN DISQUE QUI MEPR…SENTE EN TANT QUE et en pleine évolution. Par contre, il est vrai que jene me définis pas uniquement par la musique fla-menca ; je ne suis pas issu d’un milieu flamenco, les paroles des deux "letras por siguiriya" que jechante. Elles parlent d’une personne qui angoissela nuit et va marcher dans la nature pour pleurer, GUITARISTE CURIEUX !" je fais de la guitare classique depuis que j’ai l’âge desept ans et j’ai toujours été très curieux. C’est doncnaturellement que j’explore beaucoup de musiquesdifférentes, même si le flamenco m’a particulière-ment marqué et que c’est la musique que je joue le seule. Je pense que nous avons tous été touchés aumoins une fois par ces angoisses nocturnes... plus en ce moment.Ne crains-tu pas la réaction des gardiens du temple ? Qu’est-ce qui t’a inspiré le titre "Tiegezh", un termedu dialecte breton signif iant famille ?C'est un thème que j’avais écrit pour le jouer avec Absolument pas ! Je pense que chaque personne ale droit de s’exprimer artistiquement, du momentque l’on maîtrise suffisamment le vocabulaire musi- ma famille, mon grand-père, mes parents et mesoncles pratiquant tous de la guitare. Je voulais unemélodie simple mais originale, que tout le monde cal. J’ai fait cet album en ayant parfaitement cons-cience de ce que je faisais : ce n’est pas un albumflamenco, c’est un disque qui me présente en tant puisse jouer dans une ambiance un peu celtique.Comme je n’ai pas eu l’occasion de mener à bience projet, je l’ai mis dans l’album pour le dédier à que guitariste curieux ! ma famille.Pour f inir, un mot sur la pièce "Jërëjëf " ?Ce terme signifie "merci" en wolof. J’ai mixé les © DRTu as composé "Para Siempre", une pièce dédiée à Pacode Lucía. Pourquoi cet hommage ?J’ai eu besoin de rendre un hommage à ce grand rythmes que j’ai longtemps joués avec mes amissénégalais et la buleria flamenca. Un concept que jevoulais faire depuis pas mal d’années! YouriAC #57 • 49
SOMMAIRE PÉDAGO
Etude de style 52 La guitare cubaine par Kevin Seddiki Les rythmes des CaraÔbes 56 par Eric Gombart (avec Jimi Drouillard) Style picking 66 par FranÁois Sciortino Gypsy Jazz 70 par ClÈment Reboul Blues Story 72 par Chris Lancry Acoustic Blues 74 par Jimi Drouillard Masterclass Country-folk 80 Beauty & The Beast Les chefs-díúuvre classiques Erik Satie 84 par ValÈrie Duch‚teau Tracklist 88 Bonus ! Masterclass gypsy jazz Les Doigts de líHomme
VID…O
• Sous Windows jusqu’au système d’exploitation XP : le CD démarre tout seul. • Sous Windows 7 ou si l’autorun ne fonctionne pas : lancer « AC57.exe ». • Sous Mac : lancer « AC57 ». (Attention, l’icône Flash Player® est rouge.)
AUDIO
• Pour les PC : ouvrez votre lecteur audio (Windows Media Player®, iTunes® ou autre) : les pistes apparaissent à l’écran. • Pour les Mac : cliquez sur « CD audio » et les pistes apparaissent à l’écran. Il est bien sûr possible d’écouter les pistes audio sur n’importe quel lecteur de CD (salon, autoradio, baladeur).
CONFIGURATION MINIMALE REQUISE
• Pour les PC : Intel Pentium® ou AMD®, 128 Mo de mémoire vive, lecteur de CD-ROM × 4, Microsoft® Windows 98, XP. Ouverture de la vidéo sur Windows Media Player® ou Power DVD®. • Pour les Mac : 128 Mo de mémoire vive, lecteur de CD-ROM × 4, Mac OS® 9.2.2 ou 10. Ouverture de la vidéo sur QuickTime®. Ouverture des pistes audio sur iTunes®. Flash Player® est une marque de Adobe® Systems Incorporated. Microsoft Media Player® est une marque déposée Microsoft® Corp. Power DVD® est une marque déposée Cyberlink®. QuickTime Player® et iTunes® sont des marques déposées Apple® Inc.
50 • AC #57
ETUDE DE STYLE
PAR KEVIN SEDDIKI
La guitare cubaine © Julien Mignot Nous níaurons malheureusement pas le temps ni líespace pour les aborder tous,díune incroyable richesse, faite de mÈlanges aussi variÈs que passionnants.La musique cubaine est composÈe de diffÈrents styles, rythmes et danses, 1 - 6 renseigner sur les diffÈrents liens et artistes mentionnÈs dans la partie RÈfÈrences.et nous nous concentrerons sur la guitare, mais je vous invite nÈanmoins ‡ vous 1 - 2 cÈlËbres des chansons telles que "Chan Chan" (Son) ou "Dos Gardenias" (BolÈro). En France et dans beaucoup de pays, le disque Buena Vista Social Club а rendu www.kevinseddiki.com ous allons nous concentrer sur quelques spécificités de la musique ces éléments et les jouer ensemble. La première chose à faire sera de les Ncubaine et comment les adapter à la guitare, ce qui pourra aussi identifier, de les jouer séparément, puis peu à peu, d’entrer dans la poly-rythmie et la polyphonie. y a souvent une place moins centrale. Le principal instrument à cordesMalgré une forte influence espagnole dans la musique cubaine, la guitare vous être utile dans d’autres contextes, je l’espère. est le tres, plus petit qu’une guitare, et comme son nom l’indique il comporte prendre le temps de vous sentir complètement à l’aise avec les différentsJe vous recommande de travailler très lentement, au métronome, et de lui donne cette sonorité particulière, ainsi qu’un son assez puissant.trois cordes, de métal, qui sont doublées (donc six cordes au total), ce qui éléments. styles : Trova, Punto, musique paysanne cubaine).Le très est très présent dans le "Son" cubain, (qui regroupe différents merger dans un style musical. Certains morceaux comme "Chan Chan" Jouer avec des disques peut s’avérer une manière très efficace de s’im- comportent peu d’accords et de changements, et vous donnera l’occasion devenu un instrument soliste à part entière. Vous verrez dans les exemplespeut facilement se substituer à ce rôle d’accompagnateur. C’est égalementDans certaines régions, il était très difficile de trouver un piano, or le tres de travailler sur le phrasé, le placement etc. "A la manière du tres", que l’on peut facilement jouer certaines phrasestypiques du tres à la guitare. N’hésitez pas à inventer vos propres exercices, en fonction de ce qui voussemble difficile. Par exemple, dans un premier temps simplifiez la mélodieet ne jouez qu’une note répétée. LA CLAVE générations que je vous encourage vivement à découvrir, si ce n’est pas déjà Voici quelques noms de compositeurs et musiciens cubains de toutes fait, afin de parfaire cette immersion dans cette île magique. cubaine, dans le "Son" ou la Salsa. Il en existe de nombreuses variations,mais nous abordons ici les deux principales : 2-3 et 3-2. Essayez, en écoutantC’est un élément rythmique que l’on retrouve très souvent dans la musique Bon travail et bon été ! différents disques et morceaux, de repérer cette clave et de la jouer avec lesmains, puis de vous concentrer petit à petit sur les autres éléments, tout en gardant cette clave. LA BASSEDans la musique cubaine, une des particularités de la basse est qu’elle ne R…F…RENCES joue pas tout le temps sur les temps forts des mesures, ce qui peut-être unpeu déroutant au début. • Arsenio Rodríguez• Ernesto Lecuona • Moisés Simón manière et à un certain endroit, ce qui fait que tout est imbriqué et trèsChaque instrument (clave, piano, mélodie…) va se placer d’une certaine • El Manisero, Angelitos Negros… • Antonio Machín syncopé. • Compay Segundo très posé… Et il suffirait que l’un des éléments soit légèrement en avanceNéanmoins, on peut ressentir une grande tranquillité, quelque-chose de • Miguel Matamoros, Trio Matamoros • Benny Moré ou en retard, pour que tout l’équilibre en soit modifié. Ce n’est donc pasune mince affaire, malgré la simplicité et l’évidence apparente de certains Contemporains morceaux. • Gonzalo Rubalcaba• Eliades Ochoa JOUER LES RYTHMES CUBAINS ¿ LA GUITAREIl existe des manières précises d’accompagner certaines danses à la guitare. • Chucho Valdés• Los Van Van Mais aujourd’hui, nous allons plutôt essayer de voir comment rassembler • Rubén Blades
52 • AC #57
ETUDE DE STYLE
LA CLAVE
1
LA BASSE EN MI MINEUR
2
LA BASSE + M…LODIE
3 1
AC #57 • 53
ETUDE DE STYLE
TROIS EXEMPLES DE MONTUNO
4 EXEMPLE 1
2
EXEMPLE 2
EXEMPLE 3
LE TRES
5
54 • AC #57
ETUDE DE STYLE
LE TRES - VARIATION
5
A LA MANI»RE DU BUENA VISTA SOCIAL CLUB
6
© DR
AC #57 • 55
ETUDE DE STYLE
PAR ERIC GOMBART
Les rythmes caribéens Voici une plongÈe dans la guitare caribÈenne et ses rythmes chaloupÈs. 9 - 13 Bel ÈtÈ et bon soleil ‡ tou(te)s !
4 - 8 BIGUINE
Ce rythme très "balançant" impose une concentration permanente étant donné le placement des basses. Veillez donc à respecter les syncopes des bassespar rapport aux temps 2 et 4 quand elles sont indiquées. Soyez vigilant même s’il y a moyen de s’automatiser dans le temps. Le rythme de la 2 (à partir de la mesure 9) s’obtient très facilement par l’exécution d’un roulement main droite (cf. ralenti dans la vidéo). Notez l’importance de la 2guitare, qui apporte la pulsation nécessaire au groove final Merci à Jimi Drouillard ! ème partieème
GUITARE 1
9 4
56 • AC #57
ETUDE DE STYLE
GUITARE 2
9 4
AC #57 • 57
ETUDE DE STYLE
CALYPSO
Attention aux syncopes ! Exemple dans les quatre premières mesures, où seuls le 1er accord de la mesure 1 et le dernier accord de la mesure 4 sont alignés sur le temps. Les deux guitares doivent être parfaitement synchronisées. Veillez à faire sonner toutes les notes de chaque accord et surtout la note supérieure, car c’est elle qui donne le chant. Dans la partie improvisée (mesures 10 à 16), la rythmique doit s’accompagner d’une percussion sur les temps 2 et 4 de chaque mesure. Regardez le ralenti dans la vidéo.
GUITARE 1
10 5
58 • AC #57
ETUDE DE STYLE
GUITARE 2
10 5
AC #57 • 59
ETUDE DE STYLE
REGGAE
Pas de difficulté particulière dans cet extrait, qui expose très clairement la position des basses et des accords. Appuyez bien les basses car elles sont très importantes dans ce style. Pour les accords, pensez aussi à étouffer les cordes (résonance courte) car ce sont des croches. Enfin, repérez l’emplacement des accents importants dans chaque mesure.
GUITARE 1
11 6
GUITARE 2
11 6
60 • AC #57
ETUDE DE STYLE
ZOUK
Pour les pickers, ce rythme ne présente pas de difficulté majeure, si ce n’est que la basse placée en contretemps n’est pas jouée par le pouce mais par l’index. Ça déstabilise un peu au début mais on s’y fait (jouez ainsi car le groove s’installe automatiquement). Vous pouvez accélérer le tempo pour vous amuser et d’ailleurs, ça sonnera encore mieux. Attention, le chiffrage de la guitare 1 respecte la présence du capo case 2. Pour la 2ème guitare, veillez à jouer des cocottes comme le fait Jimi. Ça sonne !
GUITARE 1
12 7
GUITARE 2
12 7
AC #57 • 61
ETUDE DE STYLE
12 7
MARIACHI
C’est un 3/4 (ou 6/8) assez rapide, qui demande un peu de précision surtout dans le jeu en arpège (exemple en mesure 1 et 2). Travaillez ces arpèges lentement et un peu en force, afin qu’on vous entende suffisamment lorsque vous êtes accompagné. En mesure 13 et 14, utilisez l’alternance index et majeur main droite pour jouer les croches rapides de la mélodie. Attention à la répétition des accords comme en mesure 23 et 24 par exemple. On doit impérativement entendre toutes les notes des accords. Mesure 39, jouez cet arpège de G avec index et majeur, ou pouce index, si cela vous arrange puisqu’il n’y a pas de basse à jouer en même temps.
GUITARE 1
13 8
62 • AC #57
ETUDE DE STYLE
13 8
AC #57 • 63
ETUDE DE STYLE
GUITARE 2
13 8
64 • AC #57
ETUDE DE STYLE
13 8
© DR
AC #57 • 65
STYLE PICKING
PAR FRAN«OIS SCIORTINO
Plongée dans le Skalypso 7 - 8 Pour ce numÈro díÈtÈ, un peu de soleil dans le ciel, dans vos cúurs et dans vos cordes ! Voici un morceau qui se prête à la danse et au partage. La grille harmonique est très facile. Par contre, ce n'est pas un morceau très simple, il fautVoici un rythme inspirÈ du cha cha cha avec un zeste de ska pour la fin. 3 "attraper" le groove. Faites tourner l'intro pour bien saisir le mouvement des basses qu'on va retrouver tout au long du morceau.Amusez-vous à jouer les accords seulement, puis ajoutez la mélodie comme un zeste de citron dans un cocktail ! Bonnes vacances et bon picking ! f.sciortino@wanadoo.fr - www.francois-sciortino.com
66 • AC #57
STYLE PICKING
7 - 8 3
AC #57 • 67
STYLE PICKING
7 - 8 3
68 • AC #57
STYLE PICKING
7 - 8 3
AC #57 • 69
JAZZ MANOUCHE
PAR CL…MENT REBOUL
Les gammes majeures Bonjour ‡ tous, 14 de main droite, de main gauche et díavoir de meilleurs repËres sur le manche de votre guitare.en jazz manouche pour líimprovisation. Elles permettent aussi de travailler votre techniqueDans cette leÁon, je vais vous parler des gammes majeures, trËs utilisÈes
© DR
en position et l’autre en démanché.Je vais vous présenter deux schémas de la gamme de Sol majeur : l’un pour respecter la technique de main droite manouche.Faites bien attention à jouer les bons coups de médiator que j’ai écrits petits exercices. Le premier est une gamme brisée basée sur le schéma dela gamme en position. Le second est un mélange entre l’arpège de SolPour mettre en application ces deux schémas, je vous ai aussi écrit deux plifier les coups de médiators et de pouvoir jouer plus vite.Pour le second exercice, il y a quelques pull-off qui permettent de sim- pour la phase montante et un motif qui se répète autour des notes de lagamme pour la phase descendante. contacter pour me poser des questions, vous pouvez le faire via mon siteinternet :Si vous souhaitez en apprendre plus sur la guitare jazz manouche ou me www.apprendre-le-jazz-manouche.com
GAMME
D…MANCH…
70 • AC #57
JAZZ MANOUCHE
EXERCICE 1
14
EXERCICE 2
AC #57 • 71
BLUES STORY
PAR CHRIS LANCRY
Summer Blues Hey there ! Ce mois-ci, nous allons Ètudier un morceau bluesy jouÈ aux doigtset basÈ sur les intervalles de sixtes. Il faut prendre ce "Summer Blues" de jeu applicable ‡ tous les styles de musiquecomme un exercice qui pourra vous servir ‡ travailler cette technique : blues, rock, country et variÈtÈ. 15 - 17 Cropper et Cornell Dupree, firent résonner ces deux notes dans les tubesDans les années 60, les deux monstres de la guitare rhythm’n’blues, Steve LE PRINCIPE d’Otis Redding, Sam & Dave et Aretha Franklin. Dans le blues, B.B. Les intervalles de sixtes se jouent sur deux cordes non adjacentes et 9 King y accola les paroles de "Rock Me Baby". Les guitaristes acoustiques peuvent être majeurs ou mineurs. Ils peuvent être joués avec deux doigts comme Davey Graham ou Bert Jansch ont composé des morceaux géniauxbasés sur ce principe, et dans la country music, pratiquement toutes les Enfin, ils peuvent être déclinés sur tout le manche et dans toutes les(un par corde) ou au médiator en étouffant la corde intermédiaire. transitions entre deux accords passent par ces fameux intervalles. tonalités (pour ceux qui auront la patience de les travailler). Dans "Summer un enfant par la main" d’Yves Duteil. On peut jouer toute la mélodieEn France, le morceau le plus connu joué avec ce principe est "Prendre mineure). Blues", ils sont en tonalité de Mi et en mode mixolydien (avec la 7ème en intervalles de sixtes.
MORCEAU D'APPLICATION
72 • AC #57
BLUES STORY
15 - 17 9
AC #57 • 73
ACOUSTIC BLUES
PAR JIMI DROUILLARD
Blues en 6/8 Jíai notÈ la partition en 4/4 pour que ce soit plus simple ‡ lire.Attention aux aller-retours de la main droite car, bien s˚r,Aujourdíhui, un petit blues avec une rythmique 6/8. 18 - 19 Le A est un blues de douze mesures en D, avec un pont B de huit mesures. le sens síinverse toute les trois croches. Le premier A est le thème, les autres des variations avec un riff bluesy en mesure 31 et des sixtes en mesure 43. 10 On finit sur le B avec un ralenti.Le 6/8 peut vous servir dans toutes les musiques venues d’Afrique, du Magreb, d’Amérique du Sud…Même dans un bon vieux shuffle. Restez ouvert ! Merci à tous et bon 6/8.N'hésitez pas pour plus d'infos : jimid@free.fr
© DR
74 • AC #57
ACOUSTIC BLUES
18 - 19 10
AC #57 • 75
ACOUSTIC BLUES
18 - 19 10
76 • AC #57
ACOUSTIC BLUES
18 - 19 10
AC #57 • 77
ACOUSTIC BLUES
18 - 19 10
78 • AC #57
En vente chez votre marchand de journaux
MASTERCLASS COUNTRY-FOLK
BEAUTY & THE BEAST
Le swing & la gouaille 20-21 Michel Ghuzel et Roxane Arnal sont passÈs au studio de la rÈdaction pour une masterclass aux accentsolítime music. Ou comment jouer le country-folk en duo voix-guitares, entre swing et gouaille.A líoccasion de la sortie de leur album, Something New (Quart de Lune/LíAutre Distribution), 11 La technique utilisée est très proche du Travis Picking, dont la technique main droite repose sur une basse alternéebien solide et légèrement étouffée (palm muting), jouée au pouce et les autres doigts s’occupant de la mélodie sur les notes aiguës. en Dropped D (6Le swing est assuré par une légère accentuation de la basse sur les 2Michel joue la basse alternée avec un médiator (technique appelée "alternate picking"). Sa guitare est accordéeème carde en D, soit un ton en dessous). et le solo, on passe du C au Cm (6Il y a très peu de différence entre l’intro (qui sert également de solo un peu plus tard) et le couplet : dans l’introème et 4ème temps de la mesure. Dans le couplet, on reste sur C majeur.Amusez-vous bien ! ème et 7ème mesures, on ne compte pas la toute première mesure avec la montée). www.beautyandbeast.net
PARTIE MICHEL
80 • AC #57
MASTERCLASS COUNTRY-FOLK
20-21 11
AC #57 • 81
MASTERCLASS COUNTRY-FOLK
PARTIE ROXANE
20-21 11
82 • AC #57
MASTERCLASS COUNTRY-FOLK
20-21 11 PAROLES "RAPPELLE-TOI DE MOI" (Michel Ghuzel / Beauty & The Beast) Quel beau jour quand on s’est croisés Sur ce p’tit trottoir plein à craquer Rappelle-toi de moi, sans ton souv’nir je n’existe pas Là nos yeux sont restés nez à nez Dès le soir, rendez-vous donné Rappelle-toi de moi, sans ton souv’nir je n’existe pas Quand la lune nous a retrouvés Nos doigts étaient déjà mélangés Rappelle-toi de moi, sans ton souv’nir je n’existe pas Quelque temps on s’est plus lâchés, Pour un temps on a su s’aimer Rappelle-toi de moi, sans ton souv’nir je n’existe pas Trop souvent, chacun d’son côté Trop tout seul, l’amour s’est lassé Rappelle-toi de moi, sans ton souv’nir je n’existe pas Un coup d’canif, un contrat percé Et nos yeux se sont détachés Rappelle-toi de moi Sans ton souv’nir je n’existe pas Sans ton souv’nir je n’existe pas A quoi penses-tu ? Dans ton souvenir j’existe plus Rappelle-toi de moi © Hugues Faye
AC #47 • 83
LES CHEFS-D’ŒUVRE CLASSIQUES
PAR VAL…RIE DUCH¬TEAU
Gnossienne n°1 Erik Satie (1866-1925) © Romain Bouet ComposÈes entre 1890 et 1897, les Gnossiennes sont une úuvre en six parties, dont voici la premiËre. Le mot serait tiré du concept philosophico-religieux gnose (salut de l’âme par la recherche de la connaissance), Satie frayant dans divers mouvements 12 gnostiques à l’époque de leur composition.Rappelons qu’après sa séparation de Suzanne Valadon, le compositeur mystique fonda L’Église Métropolitaine d’Art de Jésus-Conducteur, destinée àcombattre la société par les moyens de la musique et de la peinture. Chef de cette église, Satie en sera le seul adepte. écrite à 4/4 avec les barres de mesure.Erik Satie avait écrit la "Gnossienne" n°1 sans barre de mesure. Pour une meilleure compréhension de cette partition, nous vous proposons une version www.valerieduchateau.com
© DR
84 • AC #57
LES CHEFS-D’ŒUVRE CLASSIQUES
GNOSSIENNE N∞1
12
AC #57 • 85
LES CHEFS-D’ŒUVRE CLASSIQUES
12
86 • AC #57
LES CHEFS-D’ŒUVRE CLASSIQUES
12
AC #57 • 87
TRACKLIST PÉDAGO
Etude de style La guitare cubaine par Kevin Seddiki 1- La clave 2- Basse en Mi mineur 3- Basse + mélodie 4- Trois exemples de Montuno 5- Le Tres 6- A la manière du Buena Vista Social Club Style picking par FranÁois Sciortino Etude de style 7- Plongée dans le Skalypso La guitare cubaine 8- Explications par Kevin Seddiki 1- Basse + mélodie Les rythmes des CaraÔbes 2- Trois exemples de Montuno par Eric Gombart 9- Biguine Style picking 10- Calypso 11- Reggae par FranÁois Sciortino 12- Zouk 3- Plongée dans le Skalypso 13- Mariachi Les rythmes des CaraÔbes Gypsy Jazz par Eric Gombart & Jimi Drouillard par ClÈment Reboul 4- Biguine 14- Les gammes majeures 5- Calypso 6- Reggae 7- Zouk Blues Story 8- Mariachi par Chris Lancry 15- Summer Blues Blues Story 16- La tonalité 17- Les intervalles de sixte par Chris Lancry 9- Summer Blues Acoustic Blues par Jimi Drouillard Acoustic Blues 18- Initiation au 6/8 par Jimi Drouillard 19- Explications 10- Initiation au 6/8 Masterclass Country-folk Masterclass Country-folk Beauty & The Beast Beauty & The Beast 20- Mélange du swing et de la gouaille 11- Mélange du swing et de la gouaille 21- Explications Chefs-díúuvre classiques Bonus ! Erik Satie Masterclass gypsy jazz par ValÈrie Duch‚teau Les Doigts de líHomme 12- Gnossienne n°1 22- Gypsy jazz à trois guitares Bonus ! Masterclass gypsy jazz Les Doigts de líHomme 13- Gypsy jazz à trois guitares
88 • AC #57
ABONNEZLes 6 prochains VOUSnumÈros de !
ACOUSTICGUITARISTUNPLUGGED*
+ leur CD-ROM* 4 n∞ + 2 Hors-sÈries
OU VOTRE TABLETTESUR VOTRE MOBILEGRATUITEMENTACCEDEZ *
AVEC SES AUDIOSA LA VERSIONNUMERIQUE 46,40 Ä
ET SES BONUSSES VIDEOS*Offre rÈservÈe Pour vous Les abonnés ont accès gratuitement aux applications. aux abonnÈs 30 % díÈconomie, soit + d’infos : www.maversiondigitale.fr 32,00 Ä BULLETIN ADRESSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .NOM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . DíABONNEMENTCoupon ‡ complÈter et ‡ renvoyer ‡ PR…NOM. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . GT AC #57
GBACK
CODE POSTAL. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . accompagnÈ de votre rËglement en euros, ‡ líordre de BLUE MUSIC12350 P UITARIST OFFICERIVEZAC ACOUSTIC PRESS SERVICE ABONNEMENT QUEL(S) STYLE(S) DE GUITARE JOUEZ-VOUS ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . |__|__|__|__|__| VILLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . UNPLUGGED . . . . . . . . . . . . . . Oui, au prix de1 AN je profite de cette offre exceptionnelle et - 6 numÈros (dont 2 Hors SÈries) je míabonne N∞ |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__|Date díexpiration : ____ /____Carte de crÈdit : remplissez le coupon ci-dessous Cryptogramme : |__|__|__|Montant : |__|__|__| , |__|__| Ä au prix de2 ANS - 12 numÈros (dont 4 Hors SÈries) 32,00 Ä59,00 Ä, au lieu de 46,40 Ä, au lieu de 92,80 Ä Pour líUE, rajoutez 5 Euros de frais de port pour un an et 10 Euros pour deux ans.contactez Edigroup, case postale 393 - 1225 ChÍne-Bourg. TËl 022 348 44 28Signature obligatoire :Autres pays, nous consulter. Pour la Suisse (offre sans cadeau) :
QUESTION DE LUTHERIE
DE NOUVEAUX BOIS POUR NOS GUITARES :
UNE NÉCESSITÉ PLUS QU'UN CHOIX.
résilience et préservation des savoir-faire de la facture instrumentale.Ce début de XXIème siècle est marqué depuis le 2 janvier 2017 par une révolution qui présage de grands changements entre Jacques Carbonneaux L qui inclut dorénavant 250 espècesa nouvelle réglementation CITES, la nature des bois utilisés dans la fabrication fois en tant que produit fini, l'instrumentde palissandre - et pour la première de la guitare ? Les bois tropicaux ont-ils unesignature acoustique spécifique ? de musique -, marque le début d'une longueprocédure de restriction du commerce inter- LE SAVOIR-FAIRE ARTISANAL national des bois tropicaux, qui va boulever-ser la fabrication de pratiquement toutes les AU SERVICE DE LA RECHERCHELe projet LGR, subventionné par l'union familles d'instruments. européenne, débute en mai 2012 et va enta-mer sa troisième phase en septembre 2017. consommation infime de bois tropicauxSi la facture instrumentale, de par sa Il est porté par son fondateur et luthier JackyWalraet, par les écoles de lutherie du Cmb dans une exploitation excessive dominéepar l'énorme marché du mobilier, n'est en (Belgique), d'Ikata (Finlande), de Newarkcollege (Angleterre) ainsi que par les luthiers rien responsable du commerce illégal quidétruit nos forêts, elle se prépare cependant artisans Petiteau Rémi (France), ThomasHolt Andreasen (Espagne), Chris Larkin depuis quelques années à sa propre résilience,à travers des projets d'étude sur l'utilisation (Irlande) et Lorenzo Frignagni (Italie). des bois non tropicaux que l'on trouve dansnos régions françaises ou européennes. L'un mettre en place une étude perceptive en marsLa première phase du projet a consisté à des projets les plus aboutis dans ce domaineest issu d'une volonté européenne qui porte 2014 entre cinq guitares classiques réalisées,pour le dos et les éclisses,en bois non tropicaux (aulne, chêne, noyer, en palissandre et dix le nom de Leonardo Guitar Research Project(LGRP ou projet LGR), qui tente de répon- hêtre, frêne, bouleau, châtaigner, platane, buis dre à ces deux questions : peut‐on entendre © DR et robinier). Des guitares haut de gammefabriquées par des luthiers, toutes inspirées
90 • AC #57
Mesure de mobilité A cette deuxième phase d'étude perceptive s'est ajoutée une analyse scientifique basée sur le projet PAFI (Plateforme d'Aide à la Facture Instrumen- tale), dirigée par François Gautier et son équipe du Laboratoire d’Acoustique de l’Université du Maine, au mois d'avril. PAFI propose la mise en œuvre d’outils d’analyse et de synthèse adaptés à l’étude des instruments. Ces outils sont structurés en modules métiers : instruments à cordes pincées et instruments à cordes frottées. Pour chaque métier, l’environnement permet : - l’analyse des composantes d’un son - l’identification des modes vibratoires d’une caisse de résonance - la synthèse des sons par modèle physique - la consultation d’une base de données de mesure sur instruments - l’accès à une documentation sur l’acoustique appliquée à la lutherie L'ensemble de ces outils a permis de faire l’analyse de quatorze paires de guitares en bois tropicaux et non tropicaux (huit paires de guitares classiques et six paires de folk). Le comparatif effectué porte principalement sur deux caractéristiques acoustiques : la décroissance du son et les composantes acoustiques présentes au tout début du son, c’est-à-dire dans la phase d’attaque. Ces composantes, dont la durée de vie est brève, constituent une signature acoustique de
© DR
la caisse de l’instrument et diffèrent légèrement d’un instrument à l’autre. Ces différences restent du modèle FE19 de Torres, avec le même épicéa sur le modèle Bouchet et toutes les folk le sont globalement faibles et permettent de confirmer européen pour la table et le même barrage. L'étude sur le modèle Martin 00. que, quel que ce soit le bois utilisé (dos et éclisses), a donc consisté à faire jouer (guitaristes) et écouter Au total, 840 évaluations individuelles ont été il n'y a pas de différences notables dans les instru- (public) toutes ces guitares par paire, en aveugle, effectuées sur ces 44 guitares. La moyenne des ments testés. puis dans des conditions normales, où la guitare résultats pour toutes les guitares donne un ratio de était visible. Les résultats sont significatifs, le rap- 50 % / 50 %, indépendamment du fait que le test On peut donc être soulagé de constater que la port d'appréciation à l'aveugle est de 50 % pour les soit aveugle ou non. Comme dans l'étude de 2014, guitare, malgré la restriction croissante des bois deux catégories. Lorsque les guitares jouées sont les résultats confirment de nouveau que les bois tropicaux, est déjà prête à sa propre résilience. visibles, le rapport devient alors de 75 % pour les non tropicaux peuvent être utilisés pour fabriquer guitares tropicales et 25 % pour les guitares non des guitares égales en préférence à celles réalisées www.leonardo-guitar-research.com tropicales. On constate donc la subjectivité visuelle en bois tropicaux. http://paf i.univ-lemans.fr/index.php/fr sur le rapport avec l'instrument. La deuxième phase du projet LGR a été de vouloir confirmer en 2017 les résultats de la pre- mière étape avec un plus grand nombre de guitares et de joueurs, via des tests exécutés dans trois pays et avec la guitare "Paire" (une guitare avec de bois tropical et une guitare à partir de bois non-tropi- caux), fabriquée par le même luthier. Les mêmes bois tropicaux que pour la première phase d'étude ont été utilisés pour les 22 guitares du premier lot : palissandre pour le dos et les éclisses, cèdre ou acajou pour le manche, ébène ou palissandre pour la touche et le chevalet. Pour le deuxième lot de guitares, la liste des bois non tropicaux a été allongée avec pour le dos et les éclisses : chêne, cerisier, frêne, robinier, noyer, cytise, orme, aulne, bouleau, platane, poirier, cyprès et érable. Pour le manche : châtaigner, pommier, cerisier, frêne, noyer, orme, aulne, cyprès et érable. Pour ces tests de jeu et d'écoute, 20 guitares clas- siques et 24 modèles folk ont été fabriqués par 22 luthiers sur trois écoles de lutheries situées dans trois pays. Toutes les guitares classiques sont basées © DR Test à l’aveugle
AC #57 • 91
BANC D’ESSAI
www.philippe-cattiaux.com
PHILIPPE
CATTIAUX 00 Crossroad bien évidemment d’autres types de cordes à son arc. Dans son atelier de Dordogne, il imagine, conçoit et donne vie à uneSi Philippe Cattiaux possède une réputation bien établie dans le domaine de la guitare manouche et swing, le luthier possèdeAU CARREFOUR DE L’INSPIRATION ET DU RÊVE large gamme de guitares et de basses. Parmi ses créations, nous avons été particulièrement attiré par une petite folk, quinous a totalement séduit lors de sa pratique. Jacques Balmat V l’instrument un signe qui ne trompe pas :oilà dès le début de notre rencontre avec BELLES ATTENTIONS nouvelle expérience visuelle suscitée par les choixdu créateur périgourdin. Attardons-nous sur le de la bel ouvrage, au sens figuré comme au senslors de l’ouverture de l’étui se dégage l’odeur La fabrication fait montre d’une belle originalitéet de choix très personnels et spécifiques au luthier chevalet par exemple, qui constitue à lui seul une propre, et la sensation immédiate d’avoir affaire àune guitare d’exception, de Bergerac. Nous avons en mains un format "00",c’est-à-dire "double zéro", superbement (ré)inter- pièce remarquable. Il est creusé et sculpté, maisce n’est pas tout, puisque qu’un filet à trois bandes "mojo" cher à nos amis d’outre-Atlantique. dotée d’une âme, le fameux prété. Les yeux vagabondent d’une partie à l’autrede l’instrument, la vue sans cesse attirée par une vient parfaire ses contours. Les chevilles en boissont agrémentées de boutons en nacre. Poursuivons
92 • AC #57
DE L’ART afin de sortir des sentiers battus. Le son est à Les motifs de la rosace affirment un caractère l’identique : il est puissant, très puissant. Le fond marqué, dont l’originalité ne pourra pas plaire à de la caisse induit un fort "effet rebond" de la note. tous les guitaristes, mais gageons que Philippe La sonorité se révèle chaude et riche, avec des Cattiaux sera ouvert à toute autre demande. Un harmoniques nombreuses et une belle impression cerclage parfait les pourtours de l’ouverture en ajou- de notes qui roulent. Pour parvenir à cette typicité, tant, là encore, à la personnalité de la Crossroad. Philippe Cattiaux a judicieusement doublé la table Une discrète plaque de protection transparente vient en sa partie supérieure (entre la rosace et la touche) protéger la table des possibles coups de médiator d’une mince feuille de cèdre rouge. Ce procédé ou d’ongles. Massive, la table de ce modèle est réa- adoucit la brillance naturelle de l’épicéa et ajoute lisée dans une essence d’épicéa de sitka torréfié, afin de la profondeur dans les graves et les bas médiums. de lui assurer une stabilité exceptionnelle et d’en- En outre, cela a permis d’affiner la table dans sa gendrer dès maintenant, toute la richesse sonore zone de résonance, dans le globe qui entoure le recherchée. La finition gomme laque-cire produit chevalet. Jouée aux doigts comme au médiator, un contact soyeux et protège le bois, tout en restant en chords-melody comme en accords rythmés, la d’une neutralité bienveillante sur le plan du phé- générosité sonore est permanente. La précision n’en • Prix : 3900 euros, prix public conseillé • Style : folk 00 • Table : épicéa de sitka torréfié massif • Fond et éclisses : palissandre brésilien massif • Manche : acajou • Touche : palissandre • Largeur au sillet de tête : 45,5 mm • Largeur à la 12ème case : 54,8 mm • Mécaniques : Golden Age Restauration • Divers : sillets en os • Etui /housse : étui rigide deluxe Boblen • Version gaucher : sur commande • Site : www.philippe-cattiaux.com et faisons une halte sur la tête, également sculptée, nomène vibratoire. Issu d’une forêt brésilienne, le pour lui donner des lignes à la fois dynamiques palissandre qui constitue les autres parties de la demeure pas moins de belle facture lors de l’attaque et personnelles, et en sa face arrière, au point sen- caisse présente des nuances de teinte naturelles de la corde. Voilà une sonorité qui va se fondre sible de rencontre avec la pièce maîtresse du aussi remarquables que rares. Le fond est en trois magnifiquement dans le répertoire blues ! Pour le manche, un renfort en demi diamant, également parties, toutes issues d’une même et large pièce de picking, un onglet de pouce pourra s’avérer utile sculpté en "trois dimensions". Affichage aussi dis- palissandre aux effets étonnants. Des filets assurent afin d’obtenir une précision accentuée des basses, cret que luxueux, le logo du luthier est fait d’in- la cohésion entre les trois éléments. Il est plaisant et asseoir favorablement les fondamentales des crustations de nacre et d’abalone. Tête ajourée, de pratiquer le manche en acajou, un 14 cases hors harmonies du discours musical sans entamer la les mécaniques montées sont de sérieuses Golden caisse, pour un diapason de 630 mm, et équipé de précision des autres registres. Age Restoration, finition type "bronze ancien". frettes type médium jumbo, qui favorisent une belle Les gorges destinées au passage de cordes reçoivent intonation et des liaisons faciles. Les repères sont UNE SACRÉE GUITARE un joli filet, qui pousse très loin le souci du détail en nacre "mother of pearl" et rappellent la graphie Purement acoustique, la Crossroad pourra béné- et l’attention esthétique. réalisée sur la tête. ficier favorablement de tout équipement électro optionnel, ou monté d’origine lors de la commande GÉNÉROSITÉ D’EXCEPTION de la guitare auprès du luthier. Philippe Cattiaux La sublime réalisation impose une très forte per- nous propose une guitare très originale, à très forte sonnalité au modèle, qui ne pourra pas plaire à tous, personnalité. Elle est vendue dans une magnifique témoignant de la part de risque pris par le créateur étui. Les lecteurs d’Ile-de-France se réjouiront sans aucun doute de pouvoir aller la découvrir au ma- gasin Guitare Village, à Domont (95). Bravo ! • Lutherie : 10 • Confort de jeu : 9 • Son acoustique : 10 • Rapport qualité/prix : 9
AC #57 • 93
BANC D’ESSAI
YAMAHAAC5R ARE
Apparue en série limitée en 2015, l’A6 fut un succès considérable, et mérité.Yamaha a donc eu l’excellente idée de proposer un nouveau modèle directementLA GUITARE PARFAITE ? dérivé de l’A6, sous l’appellation AC5R . Une guitare re-mar-quable ! On vousexplique pourquoi. Jacques Balmat • ON AIME :• ON REGRETTE :rendre la guitare après la semaine d’essai. le rapport qualité/prix, exemplaire. absolument rien, sinon d’avoir dû ette très belle folk électro-acoustique à rable ; il associe ergonomie et agrément de jeu,C pan coupé, livrée dans un étui sérieux, estfabriquée au Japon. Le format est admi- Le manche est composé trois parties distinctes,
ECOLO-COMPATIBLE
tête, pièce centrale et talon, et ce afin d’assurer équilibre acoustique, personnalité sonoreet esthétique. Le manche est un tradi- une meilleure utilisation des ressources naturelles.Quand on sait que seuls 20% d’une pièce de bois tionnel "14 cases hors caisse", collé et une pièce, on ne peut que saluer la réalisation d’uninitiale est utilisée pour la fabrication d’un manche tionnel. Il est muni de frettes fines to-raccordé par un talon, tout aussi tradi- manche en plusieurs parties. Avec de nouvelleslignes, la tête possède une inclinaison réussie ; elle des doigts, aux bords magnifiquementtalement indolores pour les extrémités est mise en valeur par un bel habillage de palis-sandre. Les mécaniques ouvertes et les boutons à lone. De multiples pièces de bois com-posent la rosace, telle une mosaïque. Lepolis. Les repères de touche sont en aba- ailettes assurent la cohérence avec la teinte "vintage"de la table. Superbement dessiné et tout aussi bien vernis teinté confère un aspect ancien.De forme originale, la plaque de pro- usiné, le chevalet est réalisé dans une magnifiquepièce d’ébène. Il utilise le traditionnel système à tection trouve une place naturelledans ce tableau, où les tradition- chevilles, chevilles qu’on eut aimé réalisées en bois nels sur-filets de caisse sont ac-compagnés de très beaux filets en bois. La caisse est réaliséeavec le duo noble du genre : une table en épicéa de Sitkarepose sur des éclisses et un fond en palissandre des beauté, donne une certaineIndes. Les essences, de toute "grande lutherie", les finitionssur ce modèle. marque aux trois diapasonsidée de l’engagement de la A l’image de la rien ne dépasse !sont ultra précis, les collages invisibles, d’aucun point faible : les assemblagesde cette Yamaha ne souffrent
94 • AC #57
• Prix : 1689 euros, prix public conseillé • Style : Yamaha Concert, pan coupé • Table : épicéa de sitka massif • Fond et éclisses : palissandre massif • Manche : acajou • Largeur au sillet de tête : 43,4 mm https://fr.yamaha.com/index.html • Largeur à la 12ème case : 54,3 mm • Mécaniques : Gotoh ouvertes chromées • Préampli : Yamaha SRT2. Volume, Treble, • Lutherie : 10 Bass (avec AFR), Blend (avec mic. sélection) • Confort de jeu : 10 • Etui/housse : étui • Son acoustique : 10 • Version gaucher : non • Son électro : 10 • Site : https://fr.yamaha.com/index.html • Rapport qualité/prix : 10 (de l’ébène par exemple), cela aurait ajouté à la classe piézo à un son type "prise de son par micro ex- du modèle sans nuire au prix. Le sillet en Tusq est terne", le SRT2 permet une large palette sonore. taillé pour optimiser la justesse. L’ensemble ainsi Grâce à ses deux voies, le mix des deux types d’am- composé donne toute confiance dans le modèle. biance ouvre un beau potentiel. Avec deux options disponibles, les modélisations TENDANCES ORCHESTRALES de la seconde voix sont basées sur un Le manche affiche une vraie modernité, donnant Neumann U67 et un Royer R122. à parcourir une surface douce et facile. Le profil On bascule de l’un à l’autre en et le galbe sont de type fin et étroit, plus proche appuyant sur la mollette du mix. d’une guitare électrique que d’une western du Pratique, un anti-feedback est ac- siècle dernier . De nouveaux barrages équipent la tivé lorsqu’on enfonce le contrôle de caisse. Les tasseaux ont été redessinés, avec un pro- basses. Un système de lumières permet filage accentué et une finesse encore augmentée. de visualiser l’état des options acces- Leur disposition, inédite, est le résultat d’analyses sibles via la pression sur les potentio- poussées par le biais d’un logiciel informatique mètres. spécifique. Il en résulte des graves plus riches et des médiums plus puissants. Pourtant neuve, l’AC5R ALORS, ON ENTRE testée possède déjà une belle plénitude sonore et DANS L’HISTOIRE ? donne le sentiment de jouer une guitare en bonne Remarquable instrument, partie "déjà faite". Le relief se révèle séduisant, avec la Yamaha AC5R pro- des notes percutantes à l’attaque, puis qui roulent pose un très beau voyage et disposent d’une tenue à la longueur enthousias- musical. Le guitariste mante. Les registres possèdent chacun une belle amateur éclairé tout personnalité, mais avec une homogénéité d’ensemble comme le profession- qui assure l’équilibre général. Les aigus sont perlés, nel aguerri et exi- avec beaucoup de chaleur. L’AC5R a du caractère, geant se régaleront. assurément. Quels que soient la technique de jeu Certes, c’est un inves- et le style de musique pratiqué, la guitare conserve tissement élevé mais sa personnalité ; on peut même dire qu’elle l’impose. sans aucun risque au Le guitariste dispose d’un orchestre au bout des regard de la qualité des doigts ! matériaux et de celle des prestations proposées. DEUX MICROS DANS LA CAISSE Voilà un modèle qui fera date, Le préampli est le tout nouveau système Yamaha, sans nul doute, dans l’histoire de la développé dans l’optique de la scène. D’un son de marque japonaise.
AC #57 • 95
BANC D’ESSAI
96 • AC #57
GRESTCHG9511 Style 1 SPR/SB Vendu à un prix abordable, le parlor Style 1 proposé par Gretsch est une petite guitare très séduisante.SO VINTAGE www.gretschguitars.com Facile à jouer et agréable à entendre, il a tout de la petite craquerie de l’été ! Jacques Balmat le temps, la main gauche va finir par lustrer lasurface de déplacements. La pointe en "V" est dis- crète et ne se ressent réellement qu’au niveau descases 2 à 5. Les barrettes sont fines et douces sous • ON AIME :• ON REGRETTE :modèle. le manche, le coloris, l'esprit général du les doigts. Un filet de manche assure un parfaitrendu final à l’ensemble, dans un esprit rétro par- au prix affiché, aucun regret. faitement mené. La tête adopte la ligne de ses il-lustres ancêtres, et le logo fait aussi un clin d’œil ••• appuyé à l’aïeul. De petites mécaniques, de type • Lutherie : 7Confort de jeu : 8 vintage et équipées de mini boutons imitation • Son acoustique : 8Son électro : 9Rapport qualité/prix : 9 ivoire, jouent correctement leur rôle ; une petite ’est la nouvelle série "Roots Collection" goutte de lubrifiant aidera à adoucir plus encorele mouvement des rouages. A l’autre extrémité, ledessin du chevalet s’avère simple, si ce n’est sim- guitares proposées. Comme ses camarades de jeu,C qui accueille ce modèle, au sein d’une fa-mille fort séduisante par l’originalité des plissime. Il est équipé de chevilles, qu’on eût aimé le Parlor Style 1 est fabriqué en Indonésie. Il pré-sente une jonction corps/manche à la 12 voir débarrassées des bavures inhérentes à leur fa-brication. Le sillet est compensé et taillé dans du Cela induit une sonorité spécifique avec des graveset bas-médiums plus tendus, et un agrément deème case. véritable os, tout comme le sillet de tête. Voilà quiconfirme le sérieux du modèle, dont l’essentiel jeu légèrement modifié, et non uniquement parun accès contrarié aux cases aiguës, mais aussi par converge vers la qualité sonore. une réponse plus rigide des cordes. Vous remar-querez la place du chevalet et son implantation IL Y A DE LA SYMPATHIE très reculée, afin d’être en conformité avec le dia- Totalement dans les canons du genre, la personna-
DANS LE SON
pason voulu, soit un 628 mm. lité sonore du Parlor G9511 est marquée.délivre un son typique de ce format, avec la pointe La rosace La finition sunburst "Appalachia Cloudburst" estSOINS D’URGENCE comme on pourrait le faire en studio avec l’égali- d’acidité et une sorte d’égalisation très haut médium, joliment travaillée et réalisée.une pièce massive, s’il vous plaît, La table est en épicéa, sation paramétrique d’une console : on creuse, onrelève, on écrête ! Les cordes de Mi et La sont un cernes. Le dos, en acajou lamellé, ne manque pasnon plus d’attraits, avec de séduisants effets visuels. et expose des beaux peu en retrait, sous l’effet d’une rondeur modeste,tandis qu’étonnement, le Sol jouit d’une sacrée ré- Une inspection minutieuse de l’intérieur de la caisselaisse découvrir quelques imperfections et un petit sonance et d’une enveloppe sonore ample.aiguës produisent un grain perlé, à peine entend- Les cordes manque de soins, qui auraient pu être aisémentévités, un coup de chiffon pour ôter les surplus de on une pointe cristalline lors de l’attaque, mais leson reste suffisamment brillant pour assurer un colle lors de la mise en place des contres-éclisses.Certes, le prix de l’instrument induit une certaine bon rendu des registres concernés. Lors du jeu àcordes à vide, et plus encore en open tuning, les marge de tolérance. résonances se mêlent,suscitées pour certaines par les résonances par sym-pathie, et les multiples harmoniques, Le manche est composé de trois pièces d’acajou,DES AIRS DE FAMILLE et chantant. Cette guitare s’accommode fort bien procurent un ensemble au timbre mélodieux dont la structure principale est façonnée en formede V léger en son dos, les autres portant la tête et du jeu au bottleneck. le talon, le tout faisant montre d’un vrai souci es-thétique. Le Parlor Style 1 est un instrument qui saura ravirAYEZ DU STYLE ! •• Prix : 345 euros, prix public conseillé "roots", mais tout de même nettement plus con-viviales que celles induites par un vrai Parlor de Le manche procure des sensations un peu les amateurs de sonorités roots, de blues acoustiquevintage et de toutes ces ambiances venues "d’untemps que les moins de vingt ans ne peuvent pas •• l’Entre-deux-guerres, et pour lequel la notion de connaître" ! La guitare est vendue sans housse ni • • Format : parlor Table : épicéa massifEclisses/fond : acajou confort de jeu n’avait pas vraiment le même senset les mêmes résultantes qu’aujourd’hui. Le vernis étui, mais la modicité du prix du modèle permetd’en intégrer l’achat en minimisant tout dommage •• Manche/touche : acajou / palissandre Chevalet : palissandre financier. • Largueur au sillet : 44,4 mm de protection du dos est satiné, mais gageons, qu’avec • Largeur à la 12Divers : manche 19 casesSite : www.gretschguitars.comème case : 58,3 mm
AC #57 • 97
BANC D’ESSAI
98 • AC #57
TANGLEWOODTW5 WB
Très belle, la Tanglewood WinterLeaf se démarque nettement des productions actuelles avec un colorisSÉDUCTRICE www.tanglewoodguitars.co.uk absolument magnifique. C’est l’un de ses points forts, mais pas le seul. Jean-Marie Raynaud a Tanglewood TW5 WB se dévoile dans L un format dreadnougt pan coupé. Tota- Il est évident que c’est une belle guitare, qui mé- coloris est absolument divin. Il rappelle celui deslement réussi et tout aussi attrayant, le riterait un peu plus de soin dans sa fabrication.Certes, le prix inscrit le modèle dans la classe éco, violons et autres instruments anciens. Les nuancesde teintes donnent même la sensation d’un vernis mais dans une catégorie où la concurrence faitréellement rage, tout les détails comptent. Si ce tampon. La plaque de protection apporte égale-ment une petite touche d’originalité, ce qui n’est manque de soin pénalise un peu le modèle testé,il n’en sera pas de même d’un exemplaire à l’autre, pas le cas de la rosace, certes, mais elle trouve uneplace somme toute logique dans l’ensemble ainsi fort heureusement. constituée, qui engendre une forte personnalitéesthétique. Désormais pratique courante, la construction duON ARRONDIT LES ANGLES habille la tête et les filets de manche en érable, quine manquent pas de charme non plus. C’est tout Le placage en palissandre, cerné d’érable, manche est en trois parties. La pièce constituantla tête est raccordée de manière un peu grossière à l’honneur de cette guitare que d’arborer autantd’attraits qui riment avec atouts. Les deux parties tout de même, et qu’un tarif très abordable nesaurait justifier. C’est le seul défaut esthétique du d’acajou qui composent le dos de caisse sont unispar un ornement à sept filets. Projections de colle, modèle que nous pourrons signaler. Le mancheaffiche des bords ronds, qui tombent rapidement, résidus de sciure et ponçage, traits de crayons…Mieux vaut éviter de mettre le nez dans la caisse, et une surface centrale peu plate, cela reste en effetarrondi de part et d’autre. Le profil va en s’amin- le tableau n’est pas aussi attrayant qu’en surface. cissant et en devenant plat au fil de la montée versla caisse, et à partir de la case 10, la surface planedevient affirmée. Il conviendra sans aucun effort aux guitaristes ayant une pratique de la guitareélectrique, moins pour les instrumentistes ayant fait leurs armes sur une guitare classique.affichent une agréable convivialité ; mieux, on les Les frettes oublie ! Grover assure le service côté mécaniques,ça baigne dans l’huile avec douceur et précision, il n’y a aucun souci à se faire. Pour gagner en jus-tesse et en qualité du timbre, on aura tout intérêt à remplacer les sillets d’origine par des pièces enTusq ou en os, selon le son recherché. Malgré une symétrie toute relative, le chevalet assure son rôlede manière correcte. La sonorité produite est inscrite dans le haut mé-dium et les aigus, elle est dépourvue d’une grandeELLE EST PERCHÉE profondeur dans le bas du spectre, d’où cette sen-sation de son droit et bridé. Le manque de soutien dans le grave pourra gêner certaines interprétations,mais, a contrario, en favoriser d’autres, selon les styles. La monte d’un jeu de cordes bronze 80/20pourra tempérer cet aspect, • tique assidue pour donner vie à la table massive mais moins qu’une pra- ••• Prix : 319 euros, prix public conseillé • Style : dreadnought, pan coupé et assurer un rendement plus chaud et riche sur B-Band, avec égalisation à trois bandes, augmen- l’ensemble des registres. Le préampli installé est un tée d’un contrôle de présence. L’afficheur est trèsagréable et convivial, c’est un régal d’utiliser l’ac- • • ON AIME : cordeur embarqué. Le M-450 réhausse indénia- • Table : épicéa massif Fond et éclisses : acajou • Manche : acajou • ON REGRETTE :plans esthétiques/physiques. le coloris, le manche et le préampli un manque de soin sur certains blement l’attrait du modèle, qui franchit haut lamain nos tests sonores en la matière. Pour un peu •• Touche : palissandreLargeur au sillet de tête : 43 mmLargeur à la 12Mécaniques : Grover chromées à bain d’huilePréampli : B-Band M-450Tème case : 54,3 mm •• Lutherie : 6 plus de 300 euros,sur le poste des finitions, la TW 5 est une guitare et malgré quelques manquements ••• Etui/housse : nonVersion gaucher : nonSite : www.tanglewoodguitars.co.uk ••• Confort de jeu : 8Son acoustique : 7Son électro : 9Rapport qualité/prix : 8 que l’on peut conseiller sans restriction. La qualitédu manche, de sa caisse et du préampli en fontun instrument attachant et sympa. Pour peu quele magasin vous offre la housse, c’est Noël avant l’heure !
AC #57 • 99
BANC D’ESSAI
Acoustic Singer ProBOSS www.boss.info/fr/ dans les échoppes en ce début d’été. A l’image de la série Katana, destinée à la guitare électrique et présentée quelques semainesLes amplis Acoustic Singer nous ont été présentés par Boss lors du fameux Winter Namm Show, en janvier dernier. Ils arrivent
IL A TOUT D’UN PRO
par la marque japonaise. En effet, jusqu’alors, c’est sous la griffe Roland que ce type de matériel était proposé.auparavant, les Acoustic Singer ont suscité un événement dans la mesure où ils témoignent de la politique de diversité engagée Jacques Balmat La gamme ACS est composée de deux modèles :l’ACS Live et l’ACS Pro. C’est par ce dernier queBINÔMES complet et caractéristique du genre. Le 1est plus particulièrement dédié à l’accueil d’uner canal chement d’un micro voix est fortement privilégié.nature du signal requise. Toutefois, la présenced’un harmoniseur indique clairement que le bran- nous avons fait connaissance avec la famille.L’architecture est traditionnelle : c’est un combo micro ou à tout signal à l’impédance idoine. Maisl’entrée à double format, nouvelle tendance chez deux canaux. Il reçoit à ce titre un équipement les fabricants, offre la possibilité d’y raccorder D’ailleurs, une alimentation fantôme peut être une large gamme de sources, tout en respectant la enclenchée pour permettre l’usage d’un microspécifique.
100 • AC #57
EN ESPACE ET EN HARMONIE
Comme au billard, les égalisations sont à trois bandes et balaient une très large bande de fré- quence. La clarté du panneau de commandes fa- cilite les réglages, nul besoin de consulter la notice pour passer rapidement maître de la machine. L’efficacité des égalisations aide à obtenir rapide- ment et facilement le grain recherché. Une pre- mière section d’effets spatiaux propose une gamme de delays et d’échos (selon la position du potentio- mètre), ainsi qu’une réverbe numérique. Directe- ment issus des pédales numériques de la marque, les traitements affichent une transparence inso- lente ! On retrouve d’ailleurs les mêmes boutons de potards que ceux équipant les célèbres petits boîtiers de la maison nippone. L’harmoniseur pro- pose des doublages de voix dotés d’une belle mu- sicalité et d’un bon réalisme. Unisson, octaves in- férieur et supérieur, toujours en parfaite justesse avec l’accompagnement guitare éventuel, puisque le processeur analyse en temps réel la tonalité du morceau et calcule avec une extrême précision la justesse du traitement ! Grâce au niveau d’effet ajustable, les rendus sont très réalistes, voire spec- taculaires. secondaire est située au dos du combo. On y trouve piézo, pour lui conférer chaleur, relief et profondeur. pêle-mêle deux sorties DI, une pour chaque canal, Gageons que Boss a utilisé une partie de la techno- LA PETITE BOUCLE avec un sélecteur pour choisir entre Pre ou Post logie embarquée dans une petite pédale argentée Le second canal, destiné à la guitare, comporte les effet, une gamme d’entrées pour raccorder diffé- sortie récemment… Notre douze cordes a pris un réglages d’égalisation usuels, mais également un rents footswitchs et permettre ainsi la commande envol spectaculaire lorsqu’on lui a offert un léger judicieux et efficace circuit "Acoustic Resonance". pédestre et à distance de l’activation des effets et traitement chorus/delay, et activé l’Acoustic En outre, il intègre en outre un très bon chorus, la gestion du looper. Resonance. Côté voix, le tableau sonore est tout qui rappelle fortement le mythique CS-2 de la aussi chantant. Avec le seul contrôle des médiums, marque, et une réverbe bien spécifiée pour l’ins- A PLATE COUTURE ! il y a déjà de quoi se faire la voix qu’on veut. Un trument. Un looper complète l’ensemble. Il fonc- Très dynamique, ce Singer Pro. Il n’est pas besoin soupçon d’écho, un léger harmoniser à l’unisson, tionne conjointement sur et avec les deux canaux, de monter trop haut le volume pour projeter plei- et c’est tous les prétendants de The Voice qui vont alors mieux vaudra ne pas chantonner dans le mi- nement la sonorité amplifiée de nos guitares cobayes. aller se rhabiller ! cro quand on construit une boucle de guitare, car Les sons possèdent une assise pleine de relief, avec le looper mettra tout dans la nasse ! Certes basique, des basses rondes et chaleureuses, une tendance GAGNANT il comporte tout de même les fonctions indispen- qu’on retrouve jusqu’aux médiums inclus. Les aigus Loin d’être un concurrent, l’Acoustic Singer Pro sables à la gestion de l’enregistrement et de la varient du velouté au cristallin selon le niveau des vient compléter la gamme d’amplis électro proposée lecture. Avec 40 secondes, la maison n’est pas très égalisations. Grâce au circuit Acoustic Resonance, depuis plusieurs décennies par le cousin Roland. généreuse, mais le fabricant nous a indiqué que un traitement spécifique, parmi un choix de trois, Il propose une offre sonore complémentaire, sous la boucle moyenne créée par les musiciens "live" peut être appliqué au signal de la guitare, notam- l’effet de spécificités différentes. On retrouve ce- dépasse rarement les 30 secondes. La connectique ment si celui-ci provient d’un capteur de type pendant la même qualité sonore, poussée un peu plus loin encore, et un canal spécial "voix" particu- lièrement pertinent. A moins de 1000 euros, Boss signe là un remarquable nominé au futur titre de "Meilleur combo électro de l’année" ! • Polyvalence : 10 • Rapport qualité/prix : 9 • ON AIME : la qualité sonore, le vrai canal "voix", le "tout-en-un" complet. • ON REGRETTE : l'impossibilité d'assigner le Looper à un seul canal. • Prix : 835 euros, pris public conseillé • Puissance : 120 watts • Canaux : 2 • Entrées : 1 double XLR/jack, 1 jack, 1 mini jack aux. • HP : 8’’, tweeter à dôme • Effets : réverbs, délais, chorus, harmoniseur • Divers : EQs 3 bandes, Acoustic Resonance, looper (40 s) , anti-feedback, DI, USB • Dimensions : 417x330x358 mm - 14,5 kg • Site : www.boss.info/fr/
AC #57 • 101
BANC D’ESSAI
102 • AC #57
FISHMANSA330X www.fishman.com Près de dix ans après l’apparition du SA220, modèle original, Fishman sort une nouvelle version de son produit phare d’amplifi-cation ultra-portable. Un potentiel "gros-comme-ça", à condition d’aimer les régimes optionnels.UN SYSTÈME ET DES OPTIONS TRÈS PRO Jacques Balmat Le SA330X est livré dans une fine housse de pro-tection, mais un outil plus adapté aux transports,DE L’OPTION de réponses en fréquences. Branché au SAX330,il se cale automatiquement à 100 Hz, et affiche un permettant en outre d’embarquer en même tempsle stand, est proposé en option. L’unité de base alléchant 38 Hz dans le bas.sans crainte le branchement d’une basse, Voilà de quoi envisager
ET QUATRE DE PLUS
reprend ce qui a fait le succès du SA220 : une co- mais aussi d’un cajon ! de claviers, Le système de diffusion de la colonne SA330Xest constitué de six haut-parleurs de 4’’, en con-figuration "line array" modifiée, complété d’un lonne auto-suffisante, proposant deux voies. Deuxentrées double-format remplacent les deux paires tweeter Neodymium Soft Dome de 1’’. La dis-persion assure une projection large et profonde, jack/XLR qui équipaient l’ancienne version. Dansla mesure où il fallait choisir l’une ou l’autre pour qui "enrobe" littéralement l’auditoire, pour un vo-lume allant jusqu’à une salle d’une jauge de 200 per- alimenter la tranche idoine, on augmente nonseulement l’aspect pratique, mais cela permet éga- sonnes environ. Le Sub donne le change dans legrave et le bas médium, lement à la maison d’ajouter un filtre low-cut pour tout cela est très efficace et ouvre une voie/voix avec beaucoup de précision, chaque voie. Le reste reprend les fonctions et con-trôles du SA220, avec pour chaque canal : gain, royale à la polyvalence sonore. Last but not least,le système peut être complété d’une mixette : la EQ trois bandes, niveau de réverbe, Pad (-9 dB),phase. L’alimentation fantôme est commune aux SA Expand se branche via une connexion RJ Cat5,un câble est fourni avec le mixer. Ce dernier ajoute deux sections, il n’est pas possible d’alimenter unseul canal, et c’est bien regrettable car certains pé- quatre voies supplémentaires au système ! Pourchaque canal, il propose la même gamme de con- riphériques très sensibles ne doivent surtout pasrecevoir une telle tension (48 volts). La section trôles que l’unité centrale, ainsi qu’une entrée auxi- réverbe a été améliorée, avec un réalisme optimisé sacrément le potentiel du SA330SX. Spécificité liaire supplémentaire (mini jack). Voilà qui décuple des quatre programmes. Là encore, le programmechoisi sera commun aux deux voies, mais on peut moins enthousiasmante : la SA Expand est… enoption contre un billet de près de 300 euros. Un en doser le niveau de manière indépendante. afin de permettre un contrôle de proximité (comptezkit, vendu là aussi en option, permet de fixer l’Ex-pand sur le stand principal ou sur un pied de micro, Plus encore que la face avant, le dos de la colonnea été largement étoffé. On retrouve le mini potardY A MÊME UNE CERISE ! 50 euros supplémentaires environ). de niveau du tweeter, pour doser très finement lerendement de ce dernier. L’appareil bénéficie cette Avec le SA330X, Fishman propose une excellenteDES OPTIONS DANS L’OPTION fois-ci d’une double entrée auxiliaire, au choix :mini jack ou jack standard. Une entrée footswitch évolution de son système.du SA220, la marque a corrigé les points faibles, A l’écoute des utilisateurs permet de contrôler la mise en route de la réverbe.La palette de connexion "in & out" est bien sym- peaufiné les qualités et étendu les usages. On peutdonc disposer d’un système très complet, pathique, avec des sorties DI Pre et Post (EQ/ ce faire, il faudra ajouter au prix initial de l’unité mais pour Réverbe), indépendantes pour chaque canal pourla DI-Pre, des entrées et sorties Monitor (pour central, celui du SASUB et du SA Expand, maisaussi, la maison poussant tout de même le bouchon chaîner plusieurs SA330X, d’autres enceintes pou-vant être raccordées). Cerise sur le panneau arrière, • ON AIME :• ON REGRETTE :produits en option, et plus encore, avec les options la polyvalence et la modularité. un peu loin, celui des éventuelles options proposéespour ces deux équipements, une sortie spécifique vient compléter l’offre sonore, secondaires dans les options elles-mêmes ! la facture qui s'alourdit avec les Au final, on arrive à une somme très rondelette, eux-mêmes optionnels. par branchement du caisson de basse FishmanSASUB, proposé en option et spécialement créé • pour le système SA. C’est l’une des grandes nou- • Polyvalence : 10Rapport qualité/prix : 9 mais on dispose alors d’un système très complet etmodulable à souhait,tout compte fait le double côté pratique du nouveau y compris dans l’achat, et c’est veautés du modèle. Certes, il faudra ajouter unbillet de 925 euros pour disposer de tout le potentiel • ainsi offert. Le SASUB dégage 300 watts de puis- •• sance. Il est équipé d’un boomer motorisé de 8’’ et • Prix unité principale : 1785 euros, prix public conseilléPuissance : 330 wattsCanaux : 2 (+ 4 avec SA-Expand) système Fishma SA : les dépenses peuvent êtreétalées dans le temps. peut recevoir le signal de deux colonnes SA330Xdifférentes grâce à sa paire d’entrées, par ailleurs • aux, 1 mini jack aux (+ 1 avec SA-Expand) Entrées : 2 doubles XLR (+ 4 avec SA-Expand), 1 jack au double format XLR/jack, pour l’ouvrir à d’autresusages. Parmi la série de contrôles proposés, outre •• le volume de diffusion,(80Hz/100Hz/125Hz) permet de filtrer le registre un Crossover à trois niveaux • cut, anti-feedback, tweeter level, aux. level, monitor levelDivers : EQ 3 bandes, phase, pad, alim. Fantôme, lowavec SA-SUB) HP : 6x4’’, tweeter 1’’ (+ Driver 8’’ High-excursionEffets : réverbe, 4 programmes Sites : www.fishman.comwww.laboitenoiredumusicien.com
AC #57 • 103
BANC D’ESSAI
BREEDLOVEPursuit Exotic 24CE Stiped Ebony Dans sa série Pursuit Exotic, Breedlove propose huit modèles fort séduisants, qui se démarquentBALLADE TROPICALE lutherie, mais dotés d’un fort pouvoir de séduction esthétique. Au banc d’essai, voici la versionles uns des autres par une caisse (éclisses et fond) réalisée dans des bois encore peu utilisés en"Striped Ebony". Jacques Balmat ette Breedlove est assurément fabriquée C dans les règles de l’art, en terre chinoise, une puissance, qui, sans être impressionnante, n’endemeure pas moins efficace et énergique. L’équi- cun défaut d’aspect, tout est bien et joliment fait.Après les Etats-Unis puis la Corée,la réalisation est de belle qualité, sans au- libre entre les trois registres principaux est remar-quable : il n’y a ni creux ni bosse, c’est plutôt lisse. à son tour un atelier Breedlove. On remarquableimmédiatement le chevalet sans cheville ; quel bon- la Chine accueille Dans l’état actuel des matériaux, à savoir jeuneset neufs, la sonorité manque assurément de tem- heur de pouvoir changer les cordes en faisant fides six pièces destinées au maintien des cordes et pérament et de relief, mais il semble évident quela qualité desdits matériaux permettra à terme de leur cortège de désagréments. Ici, on a tout desuite une parfaite stabilité et une justesse optimale d’entendre une sonorité de caractère, avec de trèsbelles harmoniques. C’est dans l’immédiat un mo- dès le nouveau jeu installé. Un système spécial(BBT), placé dans la caisse sous le chevalet, assure dèle idéal pour jouer du picking ou des balladesarpégées. Elle s’avère moins exemplaire et à l’aise www.breedlovemusic.com à la fois la solidité et l’efficacité vibratoire de cettepartie essentielle. pour le strumming,avec une certaine retenue, le temps que les boiss’ouvrent et assurent un rendu moins rigide dans il faut pratiquer cette technique les médiums. Le manche est en trois parties, son dos reçoit unfini satiné. La touche est munie de petits pointsY A UN OS… ronds en guise de repère, et l’intonation est définie Electro,
ÉLECTRO-EXOTIC
par de très fines barrettes à l’extrémité sommitale, de Fishman. L’égalisation à deux bandes n’offre la Pursuit Exotic embarque le système Isys+ légèrement arrondie. C’est très agréable à pratiquer,d’autant que le galbe général procure de plaisantes pas un large éventail de possibilités sonores, maiselles présentent tout de même une bonne efficacité, sensations, c’est du confort 5 étoiles ! Sans êtrel’autoroute du genre, c’est tout de même une pour un son "piézo" tempéré.la Pursuit Exoctic Striped Ebony possède beau- Très belle réalisation, voie rapide qui se pratique avec agilité et coup d’arguments en sa faveur. L’investissementfinancier n’est pas à la portée de tout le monde, cases. Le sillet est en os, taillé et compenséà la 14délice. Le raccord manche/caisse se situeème case, pour un ensemble de vingt mais il est justifié par la qualité générale de l’ins-trument,sonore. son agrément de jeu et son grand potentiel meilleures intonation et justesse possibles.avec beaucoup de précision, pour assurer les • La taille de caisse spécifique est LA si-EN CONCERTgnature Breedlove, •• • constituant l’étendard de la marque. le format Concert • Lutherie : 9Confort de jeu : 9Son acoustique : 7Son électro : 8Rapport qualité/prix : 8 Seule touche de luxe à bord, larosace, simple et fine, est consti- • ON AIME : tuée de petites pièces d’abalone,elle se démarque bien de la • ON REGRETTE :et le format de caisse. la qualité de la fabrication, le manche bandes sur le préampli. l’absence d’une égalisation à trois table, réalisée dans une trèsbelle essence d’épicéa Engel- •• très régulière et très serrée.man massif. La maille s’avère • • pour concilier solidité et effi-barrage est allégé et sculpté Le • Prix : 995 euros, prix public conseillé • Style : concert, pan coupé • Table : épicéa massif Le format Concert engendre unecacité acoustique. • Fond et éclisses : ébène marbéManche : okouméTouche : palissandre •• Largeur au sillet de tête : 43,4 mmLargeur à la 12Mécaniques : bain d’huile chroméesPréampli : Fishman Isys+. Volume, EQ 2 bandes,ème case : 54,2 mm térêts. Elle favorise une très bonnedimension de caisse pleine d’in- •• y gagne un bel équilibre.confortable de l’avant-bras droit. ergonomie de jeu, avec un placement Le son est projeté avec La sonorité • Phase, Accordeur, USBEtui/housse : housse matelassée breedlovemusic.comVersion gaucher : nonSites : www.lazonedumusicien.com
104 • AC #57
JOUEZ ET GAGNEZ AVEC
photos non contractuelles electro-acoustiqueUne guitare
TANGER
TD22CEQdíune valeur de
519,90Ä TTC *
ï Guitare dreadnoughtï Table ÈpicÈa d'Engelmann massif ï Dos et Èclisses acajou flammÈï Manche acajou ï Touche et chevalet ÈbËneï Sillets et chevilles TUSQ ï Filets ABSï Rosace abalone ï MÈcanique Grover bain d'huile chromÈesï Cordes d'Addario EXP-11 Pour participer, rendez-vous sur : Clôture du jeu le 15 octobre 2017.acousticmag/giveaway.htmlRèglement sur simple demande.Concours par tirage au sort.http://acousticmag.fr/
GAU # 57
SHOPPING
LES ACCESSOIRES
1 4 des vacances6 2 7 3 5 8
4 SAVAREZ
La maison française, spécialiste mondiale de la cordeclassique, donne un gros coup de jeune à son catalogue,rubrique cordes aciers. Exit les Black Sun, place auxPhosphoreBronze 1Très discret, le Griptune présente l’avantage d’être Acoustic, tout simplement. Déclinée en plusieurs tirants,la gamme propose des jeux Bronze et Phosphore-Bronze.Lors des essais, nous avons apprécié le toucher procuré monté sur une rotule qui permet diverses orientationsGriptune KORG par le procédé de fabrication, la sonorité riche et dyna- afin d’optimiser la vue du musicien vers ce petit outil.Son afficheur offre une bonne résistance à la forte lu-minosité environnante. Sa précision est au centième. mique, et le prix, très bien placé. 9,90 euros 7 13 petits grammes très utiles.2 D’ADDARIO 18,90 euros 5Il pince, et vous allez à votre tour en pincer pour lui, vu Bandana capoKYSER Très bien faite, la housse semi rigide Powerpad d’Ibanez Powerpad Gig Bag IAB541IBANEZ son look. Finis les capos noirs ou nickelés, place auxcouleurs. Après le doré, le vert et autres teintes stan-dards, Kyser lance des capos multi-couleurs et des est magnifiquement manufacturée. Sa structure reposesur une mousse haute densité multi-couches, protégéeen face externe d’un matériau imperméable. Les larges Toujours plus petit ! Le CT15 est le plus petit outil d’ac-cordage jamais produit par la maison. Le CT15 se fixePlanet WaveCT15 capos à l’esthétique "thématique". Le Bandana est par- bretelles sont rembourrées pour offrir un très bon sur la table, à l’intérieur de la rosace. Ultra discret donc, fait pour l’été, il sera facile d’acheter au marché de confort de portage. Les poches externes offrent l’espace ultra précis et facile à utiliser. Attention à ne pas le Palavas le sarouel qui va avec ! 24 euros nécessaire au rangement de tous les documents et péri-phériques du guitariste moderne (capo, jeu de cordes,sangle, accordeur, tablette etc.). Plusieurs coloris au choix, de quoi assortir le gig-bag au parasol. 2perdre au fond de la caisse…Malin, le Sea Devil ! C’est d’abord un accordeur chro- 23 euros matique, multi-modes, affichant une précision au cen-Sea Devil ORTEGA L’iRig Acoustic Stage est une interface spécialement8 IK MULTIMEDIAS 49 euros
6 MUSIC NOMAD
The Humireader est un accessoire qui informe sur letaux d'humidité et la température de l'environnementHumireaderMN 305 créée pour le guitariste acoustique. Pas électro, non, iRig Acoustic Stage tième. Ensuite, c’est un chargeur USB. Il est livré avecune lampe à double Led, pratique pour éclairer le peda-board ou la set-list. On peut également y brancher son où évolue votre instrument. Il fonctionne parfaitement purement acoustique ! La source du système se fixe en téléphone, sa tablette ou tout autre appareil, sous ré- avec les guitares acoustiques et électriques, les man- effet directement sur la rosace, c’est un micro omni- serve d’une puissance délivrée suffisante. Il fonctionne dolines, les ukulélés… Grâce à ses accessoires inclus, directionnel qui capte l’essence du son expulsé par la sur pile et adaptateur secteur (non fourni) Chouette, l'appareil permet de garder un œil sur les taux les plus caisse. Le boîtier propose six pré-sélections de réglages/ on va pouvoir éclairer la tente avec ! 65 euros importants, quelles que que soient les circonstances. EQ différentes, et sa sortie USB permet d’envoyer tout Pratique pour ne pas faire craquer en deux parties latable de la folk durant l’été à la plage. 36 euros ceinture.ça dans son périphérique préféré (smartphone, tablette,ordinateur). Un produit très bien fait et très pratique.Livré en mallette, avec clip de fixation à la sangle ou la 109 euros
106 • AC #57
CHRONIQUES
COMPTON NARCISO
& BATTEAU YEPES
IN CALIFORNIA THE COMPLETE
(Earth Recording) SOLO L'histoire de la musique folk acoustique RECORDINGS contient plusieurs tableaux de petits (Deutsche Grammophon/Universal) maÓtres qui n'ont pas accrochÈ le Top 50, AprËs un dÈj‡ respectable mais restent mÈmorables. On se souvien- coffret cinq CD intitulÈ The dra par exemple de The Changer & The Complete Concerto Recordings, Changed de la folkeuse Cris Williamson voici la pierre d'angle : pas ou du superbe et mÈconnu Avocet de moins de vingt CD rÈunissant Bert Jansch. Le disque de Compton & Batteau a ÈtÈ enregistrÈ en 1971, une annÈe l'úuvre en solo du maÓtre de o˘ les duos Ètaient ‡ la mode (citons Batdorf & Rodney, Brewer & Shipley ou encore Murcia, dÈcÈdÈ en 1997. Jouant Crosby & Nash). PassÈ inaperÁu, In California, hante pourtant les sites Amazon, Vinyl sur une guitare ‡ dix cordes, dont la 1Ëre accordÈe en RÈ et quatre cordes sup- History et autres Small Town Pleasures. Le son est immanquablement influencÈ par plÈmentaire pour augmenter la tessiture. Les vingt CD de ce coffret se divisent Jackson Browne, Gene Clark (des Byrds). L'accompagnement est celui de Randy ainsi : musique de guitare espagnole pendant cinq siËcles, les Ètudes de Fernando Meisner (Eagles) et de Jim Messina (Buffalo Springfield, Loggins & Messina), le soleil Sor, puis AlbÈniz, Granados, Falla et Turina, J.-S. Bach (jouÈ sur un luth), Sylvius californien inonde ces chansons, parfois avec une instrumentation additionnelle Leopold Weiss, Villa-Lobos, Musique catalane, guitare romantique, Scarlatti, de clavecin et de clochettes sur "Essa Vanessa" et "Honeysuckle". Dans ces moments, Joaquin Rodrigo, Poulenc, Brouwer, Ruiz-Pipo, K¸hnel et Carulli. Une vie d'Ètudes l'album devient psychÈdÈlique et ÈthÈrÈ, Èvoquant aussi bien le West Coast Pop et de musique dÈclenchÈe par la question "Que fais-tu ?", qui rÈsonna dans son Art Experimental Band que l'album de David Crosby, If I Could Only Remember My esprit alors qu'il regardait la Seine pendant une visite ‡ Paris. A la suite de quoi NameÖ R.D. il devint catholique et consacra sa vie ‡ adapter ‡ la guitare la musique des maÓtres des cinq derniers siËcles. Incontournable et monumental. Romain Decoret
RICK MONROE
GYPSY SOUL
(MRG Records) NÈ en Floride, mais ayant grandi en STEVE EARLE Californie, Kansas, Caroline du Nord et & THE DUKES mÍme en Angleterre, ce jeune singer/ SO YOU WANNABE songwriter nashvillien a dÈj‡ connu le AN OUTLAW succËs avec "It's a Love Thing". Ce nouveau (Warner) disque a ÈtÈ coÈcrit avec des musiciens Pour son retour sur ce label, le "Hardcore talentueux comme Jason Duke, Ryan Troubadour" a choisi de saluer le mou- Griffin, Eric Torres, JD Shuff et Michael vement Outlaw des annÈes 70 et Waylon Howard. On est ici en pleine "new-country" et mÍme "outlaw", mouvements nÈo Jennings en particulier. On pourrait Èga- menÈs jusqu'ici par Luke Bryan ou Blake Shelton. Rick Monroe peut rÈclamer sa part lement voir dans ce titre une solution ‡ de leadership de la nouvelle gÈnÈration, particuliËrement avec des compositions la querelle familiale qui l'opposait ‡ son telles que "Gypsy Soul", "Ease on Down", "Better" ou "Moments Like This". Le fait fils Justin Townes Earle, les enfants pensant gÈnÈralement qu'ils peuvent aisÈment d'adhÈrer ou non ‡ la new-country nashvilienne est une autre histoireÖ R.D. faire plus sauvage que leurs parents. Quoi qu'il en soit, l'album a ÈtÈ produit par Richard Bennett ‡ Austin, Texas, dans les studios Arlyn. Le son est beaucoup plus Èlectrique qu'avant, donnant presque dans le feedback punk avec "Firebreak Line" GARLAND JEFFREYS et "This is How it Ends", mais aussi avec un clin d'úil au regrettÈ Townes Van Zandt 14 STEPS TO HARLEM dans "News From Colorado". "Fixin' to Die" est dans le style de Waylon Jennings, alors (Rough Trade/Modulor) que le dÈlicat "Sunset Highway" est du pur picking ‡ la Steve Earle. R.D. Intime de Lou Reed dans les annÈes 60, pote de Bruce Springsteen dans les se- venties, Garland Jeffreys a longtemps TAJ MAHA & KEB'MO frÈquentÈ le must des songwriters de TAJMO la cÙte Est des Etats-Unis. Musicien de (Concord/Universal) Brooklyn, Jeffreys se fait un nom au sein Sur cet album, les deux bluesmen ont de la scËne rock new-yorkaise. MÈlange choisi un son entourÈ de cuivres enso- de blues, reggae et de rock, sa musique leillÈs, qui donnent un aspect soul ‡ leurs interpelle líopinion sur la condition des Afro-amÈricains. En 1979, il dÈbarque en chansons. La prÈsence de Sheila E. parmi France avec son album American Boy & Girl, dans lequel figure le titre "Matador", les musiciens de sÈance n'y est sans doute qui lui donne une petite notoriÈtÈ dans líhexagone. Aujourdíhui, ‡ bientÙt 74 pas ÈtrangËre. MÍme si "Don't Leave Me printemps, il revient avec un 14Ëme opus, 14 Steps to Harlem. Produit avec líaide du Here" est une lointaine variation de guitariste James Maddock, son nouveau disque contient douze titres, dont deux "Leaving Trunk" de Leadbelly, le son est reprises ("Help" de Lennon/Mc Cartney et "Waiting for The Man" de Lou Reed). typiquement soul, proche de Marvin Gaye chantant le blues dans "Do It". Ce qui Líensemble síÈcoute avec plaisir. Le New-yorkais sait faire monter la tempÈrature, rend presque invisibles les contributions de Joe Walsh sur "Om Sweet Om" ou Bonnie comme sur "School Yard Blues", "Venus" ou la ballade soul/gospel "14 Steps to Harlem". Raitt sur "Waiting on The World to Change". Tout juste revenu du projet American Si la version de "Help" reste anecdotique, celle de "Waiting for The Man" est totalement Epic (traitÈ en page 14 de ce numÈro), Taj entraine Keb'Mo dans le traditionnel "Diving rÈussie avec en bonus les petits solos ciselÈs de James Maddock. A líarrivÈe, un disque Duck Blues" de Sleepy John Estes. Sheila E. revient sur "Squeeze Box". Le neuf et le made in NYC chaudement recommandable. Philippe Langlest traditionnel dans un mix que Taj Mahal pratique depuis longtemps. R.D.
108 • AC #57
SOUTHSIDE
JOHNNY & THE
ASBURY JUKES
ASBURY PARK TO
PARIS : NON- STOP
(Note A Bene/Wagram) En Èbullition totale dans la marmite Stax depuis prËs de 40 ans, John Lyon, alias "Southside Johnny", a grandi et fait ses classes dans le New Jersey, ‡ líinstar de son ami Bruce Springsteen. MÈlange de R&B ‡ líancienne (entre Wilson Pickett et Otis Redding) et de soul up class faÁon Sam Cooke, la musique de Southside Johnny regorge de guitares et de cuivres endiablÈs. Plus rugueux que Mink De Ville , moins fade que Graham Parker, il Èlimine la concurrence dans les seventies avec líalbum I Doní Want to Go Home, qui sort en 76. Deux ans plus tard, le kid de Neptune,New Jersey, et ses Asbury Jukes renversent de nouveau la table avec Hearts of Stone, un album classique et puissant, produit par le lieutenant du Boss, le guitariste Steve Van Zandt. De retour en 2017, aprËs trente albums au compteur, le Godfather du New Jersey Sound revient avec Asbury Park To Paris : Non -Stop, un nouvel disque pÈchu et groovy composÈ de douze nouveaux titres, avec notamment "You Caní t Burry Me" ou "Passion Street". VÈritable machine de guerre sur scËne, la bande de Southside Johnny confirme ici son Ètat de forme : o lympique ! P.L.
BRISA ROCH…
LIT ACCENT
(Kwaidan Records), Nouvelle virÈe hors rÈpertoires et no for- mat, entre New York, la Californie et la France, líindie-folk, le R&B et les rÍveries Èlectro díune compositrice atypique. Dans cet E.P., Brisa la briseuse de codes multiplie les grands Ècarts, ‡ líimage de son superbe hommage "Beau oui comme Bowie", composÈ ‡ líorigine par Gains- bourg pour Adjani en 1983, que líartiste californienne propose dans une version du chat et de la souris Èlectro-disco, "Comme la chanteuse díun girls band, Brisa RochÈ nous invite ‡ marcher avec elle ou ‡ síenfermer dans sa chambre", stipule sa bio. Sympa, comme ce bel Èloge du beau-bizarre. Milo Green
LADY SIR
ACCIDENTALLY YOURS
(Barclay/Universal) Fruit de la rencontre artistique entre le prolixe GaÎtan Roussel et la comÈdienne Rachida Brakni, Lady Sir est Ègalement un groupe de musiciens, dans lequel fi- gurent, entre autres, le guitariste Philippe Almosnino ( Johnny Hallyday, Benjamin Biolay) et Nicolas Musset (batterie). Tout en ambiance folk et en pointillÈs pop, le premier jet de Lady Sir sÈduit díentrÈe de jeu. Juste et complÈmentaire, la voix du chanteur/guitariste de Louise Attaque, alliÈe au timbre raffinÈ de Rachida, donnent dÈj‡ líimpression de parfaitement se connaÓtre sur "Le Temps Passe" ou "Je Ne Me Souviens Pas". EpaulÈ des guirlandes guitaristiques de Philippe Almosnino, leurs chansons cajolent vos oreilles dans un bel assemblage de folk-rock aux sonoritÈs sixties, quelque part entre Leonard Cohen et Bob Dylan. Quíils chantent en franÁais, anglais ou arabe, le rÈpertoire de Lady Sir dÈfile tranquille et tient la distance. Signalons la prÈsence de líex-star de Manchester United Eric Cantona sur "Je RÍve díAilleurs", accompagnant la chanson de son sifflement. Une belle dÈcouverture. On attend la suite avec impatience. P.L.
CHRONIQUES
Kís Choice PAU BRASIL
25 ENSEMBLE SP /
(Verycords) RENATO BRAZ PÖ 25 ans ! Il y a un quart de siËcle, alors jeune VILLA-LOBOS et plein de sËve, je sautillais dans tous les SUPERSTAR sens ‡ líÈcoute de "Not an Addict", et passais (Stunt Records/Une Volta Music) le reste de mes soirÈes ‡ me morfondre sur Villa-Lobos Superstar. Voil‡ un titre ma misÈrable existence díado en Ècoutant bien nommÈ. HÈros national, icÙne les ballades mÈlancoliques du duo belge. Une de la guitare brÈsilienne et classique, Èpoque que je croyais rÈvolue, partie en fumÈe le compositeur a en effet influencÈ dans les derniËres volutes shit-chiteuses. Et les plus grands noms de la musique puis voil‡ que Sarah et Gert Bettens dÈbarquent avec quelques rides et tous leurs tubes, locale, les Jobim, Nascimento, Lobo, Gil etc. Un monument auquel Pau Brasil, ‡ líoccasion des 25 ans de la naissance du groupe. Flashback ‡ líÈpoque de leur acmÈ, de líun des respectÈs groupe de jazz-fusion local, síattaque avec gr‚ce. Il y a l‡ la mon acnÈ... Faudrait pas rajeunir. Les Bettens, eux, níont pas bougÈ, comme le dÈmontre guitare et le violon suaves de Paulo Bellinati, le piano de Nelson Ayres, le saxo- ce Best Of qui retrace au fil de 25 titres la success story des deux orfËvres díAnvers : phone de Teco Cardoso, la superbe voix de Renato Braz et le quatuor ‡ cordes pÈpites pop, hymnes rock, ballades folk, voix ‡ líunissonÖ La vraie recette du jackpot Ensemble SP. Un big band, superbe sans jouer les stars, pour un hommage belge, pas la tambouille pour mollassons du mollet. A líÈcoute de ces titres, on comprend acoustique díune rare dÈlicatesse, collant aux somptueux thËmes du maÓtre pourquoi on a adorÈ ce groupe et pourquoi on síen est quelque peu dÈtournÈ : multi- sans síinterdire quelques improvisations. RÈsultat : le projet a ÈtÈ rÈcompensÈ plication des accords ouverts porteurs díespoir, dentelles folk boisÈes ou riffs jamais pour líalbum instrumental de líannÈe aux Victoires de la musique brÈsiliennes. trop saturÈs, "dualitÈ entre le soft et le rock", comme le rÈsumait Gert en 2010, mÈlodies Youri simples et efficaces, mais sans dissonances ni dÈtours harmoniques, voix voilÈe au premier plan pour volutes vocales intimistesÖ Ou comment composer des mÈlodies- LISA MITCHELL mÈdecine ou des contes sonores avec happy end. En vieillissant, on aspire au cuir ou WARRIORS au velours. Contrairement au premier Best Of marquant leur 10Ëme anniversaire - le (PIAS) marronnier des rockeurs qui espËrent atteindre la quarantaine ou, au moins, prÈtendre 3Ëme album de la fÈe folk qui, pour au fameux Club des 27 -, cette nouvelle compilation des succËs du siËcle dernier dit le coup, a remisÈ les arpËges de gui- beaucoup plus de choses díune Èpoque suffisamment lointaine pour faire sens. Il síagit- tare en bois et les dentelles de piano l‡ díune vÈritable plongÈe musicale, plus que díun rappel commercial. Pas de remixage, pour les nappes de synthÈs et les de rÈarrangement, mais une fresque savamment orchestrÈe, avec pour uniques goodies beats au 1er plan, illustrant ainsi les un nouveau titre "Resonate" et un duo avec Skin des Skunk Anansie sur líincontournable montagnes russes des premiers "Not an Addict". Dialogue de panthËres et chants de sirËnes. Un 25 qui nía rien díune amours par des syncopes Èlectro- savonnette, mais qui vaut son pesant de pÈpettes. M.G. pop. Groove aÈrien, marches mid- tempo, Miss Mitchell s'Èloigne, avec audace, de Lady Joni. M.G.
DJANGO REINHARDT
LE NOUVEAU QUINTETTE - SONGHOY BLUES
LES ANN…ES DE GUERRE RESISTANCE
(1940-1943) (Transgressive/Fat Possum) (Label Ouest) Guitares fuzz et crunch, cocottes Ce double CD est consacrÈ ‡ une pÈriode de funk, disto et wah wah, shuffles líúuvre de Django o˘, paradoxalement, alors hypnotiques et basses groovy ‡ que líÈpoque Ètait particuliËrement trouble souhait, tonnerres de cuivresÖ Les et dramatique, le gÈnial Manouche fit Èclore bluesmen maliens frappent un de son imagination des morceaux aussi lim- grand coup, trois ans aprËs leur pre- pides et emblÈmatiques que "Nuages", ou miËre pÈpite Music in Exile, pour encore líaventureux "Rythme Futur", au thËme Ètonnamment avant-gardiste. Contraint des chants rebelles qui font bouger par les alÈas de la guerre díabandonner son dialogue magique avec le violon cÈleste le bassin et tourner les tÍtes, notamment celles des invitÈs Iggy Pop et du rap- de StÈphane Grappelli, si inventif et prolifique au sein du Quintette du Hot Club de peur londonien Elk Kid. Un vent br˚lant qui va souffler les tours de Babel. Ben France, Django reforme alors une autre mouture de son orchestre, le nouveau quintette, avec cette fois un clarinettiste pour lui donner la rÈplique, Hubert Rostaing. La t‚che dÈlicate de faire revivre cette Èpoque musicalement fertile a ÈtÈ confiÈe au trio VIEUX FARKA Rosenberg, avec Èvidemment Stochelo au poste de soliste, ÈpaulÈ par ses frËres Nousíche TOUR… et Nonnie, respectivement ‡ la guitare rythmique et ‡ la contrebasse. Cela donne une SAMBA magnifique rÈinterprÈtation des thËmes fÈtiches de Django Reinhardt : "Dinette", (Six Degrees/Universal) "Lentement Mademoiselle", "Vendredi 13", avec Èvidemment les incontournables Shuffles hypnotiques et fiËvres "Nuages", le standard "Les Yeux Noirs" et "Swing 41". Ces morceaux illustrent de faÁon groove, duels des cordes du ngoni magnifique la bande-son du film díEtienne Comar consacrÈ ‡ Django, qui a ÈtÈ com- et de la guitare Èlectrique, des cou- posÈe par Warren Ellis, membre par ailleurs du groupe de Nick Cave, les Bad Seeds. Le leurs traditionnelles maliennes et phrasÈ impÈrial de Stochelo, tout en fougue et en nuances, fait revivre avec une musicalitÈ de la note bleue, le fils du lÈgendaire exemplaire tout le brio et la fulgurance caractÈristiques de Django Reinhardt. Sans Ali, jeune griot du blues malien, a jamais forcer le trait, Stochelo rÈussit ‡ restituer la quintessence du jeu mÈtÈorique du acceptÈ líinvitation des producteurs prince de la guitare manouche, sans le copier servilement tout en exprimant un Èvident des Woodsock Sessions pour proposer un recueil de contes africains modernes, respect. Un pur tour de force. Olivier Bride sous díautres arbres ‡ palabres, enregistrÈs dans les conditions du live. Youri
110 • AC #57
DVD U2
THE JOSHUA TREE
(Eagle Vision) Ce documentaire, style making of, de Philip King & Nuala O'Connor relate l'histoire du meilleur album de Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen. L' interview de Brian Eno rÈvËle comment les master tapes de "Where The Streets Have No Name" ÈchappËrent de peu ‡ la destruction et comment un anniversaire oubliÈ rÈsulta en la naissance de l'une des meilleures chansons de U2. Paul Mc Guinness, le manager du groupe, montre comment l'album catapulta U2 dans la catÈgorie des superstars du rock. Les coproducteurs Brian Eno, Daniel Lanois, et le re-mixeur Steve Lillywhite, expliquent le processus chanson par chanson avec Bono et The Edge; responsables de hits tels que "With or Without You", "Bullet in The Blue Sky", "Pride" ou le majestueux "I Still Haven't Found What I'm Looking For". Quelques puissantes performances live et en studio illustrent l'histoire de cet album classique des eighties. R.D.
NASHVILLE/
GEORGE LANG
(WARNER)
George Lang possËde l'une des plus belles collections de disques country nash- villiens. Il la compile ici en un coffret 4 CD et 93 titres, dont les trois premiers sont consacrÈs au derniËres dÈcennies : Brooks & Dunn, Blake Shelton, Vince Gill, Dwight Yoakam, Brad Paisley, Shania Twain, The Judds, Hank Williams III (‡ dÈcouvrir !), Trisha Yearwood, Tim Mc Graw, Lee Ann Womack ou Alison Krauss. Le 4Ëme CD rÈunit les classiques : Everly Brothers, Johnny Cash, John Denver, Dolly Parton, Tammy Wynette, Patsy Cline, Willie Nelson, Kenny Rogers, Asleep At The Wheel, Ricky Skaggs, Alan Jackson, la version de "Six Days on The Road" de Sawyer Brown et le "Drivin' My Life Away" d'Eddie Rabbit. A Ècouter sur l'autoroute des vacances. R.D.
JOE COCKER
MAD DOG WITH SOUL
(Eagle Vision) Le premier documentaire sur la carriËre mouvementÈe du chanteur de Sheffield, ‡ la voix fabuleuse, ne dÈÁoit pas. Extraits des concerts marquants (Woodstock, tournÈe Mad Dogs & Englishmen) de l'un des plus grands interprËtes de l'histoire du rock. En bonus 30 minutes d'inter- views. R.D. COLLECTION GUITARIST ACOUSTIC Les quatre premiers n∞ et le n∞11 sont ÈpuisÈs. N∞18Story : N∞26 Interview :la Bossa Nova Les 50 ans de Interview :Catherine, Jim Philip N∞34LÈgende : Johnson. Robert
N∞42
Aufray, Tommy Hugues Nichols, Andy McKee, Joan Baez, Keith B. Interview : Story :Interview : Bob Dylan
N∞50
Meola, Angelo Debarre, Al Di Dossier :du Hot Club de Le Quintette Emmanuel, Georges PÈdago :Katie Melua etc. Brown, Chahine/ France style Guitare Etude de Gresset etc.Masterclass Thomas PÈdago : PÈdago : John McLaughlin etc. Georges Moustaki etc. Hommage ‡ Interview : Scott, Lionel LouÈkÈ, Selmer #607 etc.Loeffler etc. PÈdago : Moustaki, Yorgui Masterclass Jo Harmonica Blues - Masterclass Juan / Emmanuel, Steve Tommy Carmona, Jim Nichols, Andy McKee. Dutronc, Keith B. Brown, Julian Lageetc. N∞43 etc. PÈdago : Coach guitare :Howe, Graham Nash N∞19LÈgende : N∞27 N∞35 Story : Nashville Story Comment bien jouer les folk songs, Interview :Debarre, Yamandu Jerry Reed Angelo Les 30 ans du Friday Dossier :guitare celtique Autour de la & JJ Cale.Pierre Bensusan, Interview : Masterclass AngÈlique Ionatos.N∞51 Costa, Martin Taylor Interview : Night in San Francico Interview : Michel Haumont, etc. LucÌa, Al Di Meola, Paco De Collins, Kebí Moí, Judy PÈdago :Christine Tassan etc. Interview :Lafarge, Andy McKee, Pokey Debarre, David Reinhardt etc.Masterclass Angelo PÈdago : PÈdago : Fapy Lafertin, PÈdago :SÈbastien Giniaux etc. du jeu aux doigts - Masterclass Les secrets Heymoonshaker, Blind Blake & Gary Davis - Masterclass Hommage ‡ Christine Tassan, Michel Haumont etc. N∞20 Hommage ‡ Luther Allison etc. Etude de style Merle Travis -Tomatito etc. Korey Dane, NildaFernandez etc. Gilles Le Bigot, SÈbastien Giniaux etc. N∞44 bien jouer rock ‡ líacoustique,PÈdago : Comment LÈgende : N∞28 N∞36 Hommage Interview :Vista Social Club. Buena Interview : Interview : Sanseverino, Tracy Patti, FranÁois Tuck & Jung, Leonard Cohen, Sungha Jack Johnson, ProjetLucia. Interview : ‡ Paco de Masterclass : M. Haumont, J.Stephan... Chapman, David PÈdago :Sciortino, RaphaÎl etc. Tom·s Gubitsch, Titi Gypsy Eyes, Titi Robin& Michael Lonsdale N∞52 PÈdago : "Czardas de Monti" -Reinhardt etc. style Tuck Andress - Etude de PÈdago :Robin, Eric Bibb etc. Masterclass Sanseverino etc. Sanseverino, Christian EscoudÈ etc.Masterclass Sungha Jung etc. Masterclass Paco de Lucia - Le Blues rural -etc.PÈdago : Etude Interview :Harper, GÈrald de Ben Masterclass L.Winsberg, S.Giniaux etc. jouer Elvis ‡ líacous-Palmas, Donovan etc.PÈdago : Comment N∞21LÈgende : N∞29 N∞37LÈgende N∞45 tique etc. Dossier "Rez Music" Donovan, LÈgende : Interview : Doc Watson Dossier : Interview : Brassens. Interview :Georges Taylor, Miloö, Willie James dans le Blues deLouisiane. PlongÈe BirÈli LagrËne &Sylvain Luc, Cocoon Jim Hall, Christian EscoudÈ,Lucky Peterson,Maxime Le Forestier PÈdago :Nelson etc. Bernohft, Ben Harper, Interview : N∞53Dossier :Clapton, La guitare Eric Louis Chedid, Raul Paz "Humoresque" díAnton Dvorak -etc. PÈdago : Masterclass Franck Goldwasser etc. de Doc Watson - Dans le style pour booster votre jeu - Masterclassetc. PÈdago : 30 jours africaine.Sylvain Luc, Cocoonl Interview : Masterclass Yannick Duhamel etc. de style Baden Powell etc. PÈdago : Masterclass Tuck Andress etc. /Luiz Bonfa - Etude etc. Masterclass Sylvain Luc, M.Haumont...de style Marcel Dadi - PÈdago : Etude N∞38 Michel Haumont, Marcio Faraco. N∞22Interview : Interview :Coryell, Paco El Lobo, Larry N∞46Dossier : Gil, Stefan Grossman, Gilberto N∞30Hommage Julian Lage, Patrick PÈdago : Famille Assad etc. Bruel etc. Eliades Ochoa, John Lima. Interview : ‡ Nato style Martin Taylor - Etude de Interview :Johnny Winter Tribute to N∞54 Josele & Chano Nino Dossier :histoire du Blues. Líautre Les rythmes brÈsiliens PÈdago : Hammond, Franco Interview :Carmona, Tryo etc. Juan Morone etc. Coryell etc. Masterclass Larry Dominguez, Ed "Crossroads" de Robert Johnson -Masterclass Jordan Of- ¿ la maniËre deficer etc. slide - Masterclass Eliades Ochoa etc.Etude de style guitare PÈdago : N∞39 Coach guitare : perfectionnez votre Sheeran etc. PÈdago : PÈdago : Masterclass GaÎlle Buswel etc.astuces du Blues, Trucs et LÈgende main droite - Masterclass Manu Galvin. N∞23 N∞31 Christian, Story Sixto Charlie N∞47 Interview :y Gabriela, Egberto Rodrigo Interview :Meola, Dick Annegarn Al di Bob Brozman, Juan deRodriguez. Interview : Dossier : Gismonti, Pierre Boubacar TraorÈ, Lerida, Les Doigts de ManitasSelah Sue, Interview : Tribute to N∞55Dossier : g‚chettes de 2017. Les jeunes Bensusan, RockyGresset etc. PÈdago :Serge Lopez etc. Etude de style Charlie Christian etc.líHomme etc. PÈdago : DaranCoach guitare :PÈdago : Interview :Johnson, Don Ross, Eric Gabriela, Sylvain Luc, Michel Gentils.Masterclass Rodrigo y PÈdago : Hommage ‡ Albert King - Masterclassstyle John Renbourn - Etude de Dorado Schmitt etc. Serge Lopez, Bob Bonastre etc. N∞40Story vÈlocitÈ, Etude de style Keith Jarrett.Travaillez votre harmoniser une mÈlodie, Hommage ‡PÈdago : Comment N∞24 Interview : Eric Clapton Interview : N∞32 Stills & Nash, Asaf Crosby, N∞48 Roland Dyens, Masterclass They Call 100, Nelson Veras, Django RÈtro Avidan, Taj Mahal Dossier : Rickie Lee Jones, Marcel Dadi & Jerry Chet Atkins, etc. John Renbourn Tribute to Me Rico etc. votre jeu en 20 PÈdago : Boostez Interview : PÈdago :ValÈrie Duch‚teau etc. Yamandu Costa, Reed. Interview : minutes par jour etc. David Reinhardt, The Eric Bibb, N∞56Dossier : Broken Circle & le 7Ëme art. Django style Django Reinhardt Etude de Interview :Ralph Towner, Peter Bob Dylan, (Partie 1) - Masterclass Django 100,Eric Bibb etc. style Chet Atkins & Jerry Reed -PÈdago : N∞41 Enrico Macias etc. Etude de Masterclass Esteban (Rumba catalane) Story : Band, etc. PÈdago :Bluegrass Breakdown Interview : Muddy Waters La musique indienne. Masterclass : Coach guitare : Harper, Dominic N∞25 N∞33 Emmanuel & Martin Tommy Eric Bibb, etc. Etude de style Ralph Towner, Initiation‡ líimprovisation, TraitÈ díharmonie,Miller etc. PÈdago : LÈgende : Zoom :de Django. Les hÈritiers Taylor, Tomatito, Paco N∞49Dossier : Michel Haumont, JohnBroonzy. Interview : Big Bill David Reinhardt, John Interview : Jorgenson, Stephen McLaughlin, Louis Perfectionnez votre jeu en 7 leÁons - PÈdago :Ib·Òez, Bill Frisell etc. cachÈe de Bob Dylan La face Les chefs-díúuvre díErik Satie etc. Bennett etc. Winsberg, Tim Sparks Les Riffs de l'ÈtÈ etc. Interview :Ward & The Mama Madisen Bear, Rickie Lee Reinhardt (Partie 2) - Masterclass NelsonEtude de style Django PÈdago : PÈdago : Veras, SoÔg SibÈril. Les Rythmes du Cap-Vert - Masterclass Hommage ‡ Babik Reinhardt -etc. Louis Winsberg etc. FranÁois Corbier, Abaji, etc. Jones, Peter walker, Coach guitare : Les tubes de líÈtÈ" etc. PÈdago :
BULLETIN DE COMMANDE
‡ retourner ‡ : Back Office Press ñ Guitarist Acoustic ñ Service clients ñ 12350 Privezac ñ TÈl. 05 65 81 54 86 accompagnÈ de votre rËglement en euros, ‡ líordre de BLUE MUSIC Oui, JE DÈsire recevoir les numÈro(s) suivants : no 5 no 12 no 6 no no 18 no 24 o no n 30 25 no no 36 no 42 o no n 48 no 31 o no n 37 43 no no o 54 49 n 55 de Guitarist Acoustic au prix de 7 euros (chaque), no 7 13 no 19 no 14 no 8 no no 20 32 no 9 o 15 no no 38 no no 26 44 no 50 no 21 no noo 27 33 no 56 frais de port compris. (Pour líÈtranger, rajouter 1 euro.) noo 45 no 51 Ci-joint mon rÈglement de ________ , ___ euros n no 22 n 28 no no 39 o 16 34 no 10 n 17 23 no 29 no o 40 n 46 no 52 par chËque, ‡ líordre de BLUE MUSIC 35 n 41 no 47 no 53 Carte de crÈdit : remplissez le coupon ci-dessous Nom : .......................................................................................................................................................................................................................................................................................... PrÈnom : ............................................................................................................................................................................................................................................................................... No |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__| |__|__|__|__| Adresse : ................................................................................................................................................................................................................................................................................ .............................................................................................................................................................................................................................................................................................................. Date díexpiration : ____ /____ Code postal |__|__|__|__|__| Cryptogramme : |__|__|__| Ville : ........................................................................................................................................................................................................................................................................................... Quel(s) style(s) de guitare jouez-vous ?.............................................................................................................................................................................. Montant : |__|__|__| , |__|__| Ä .............................................................................................................................................................................................................................................................................................................. Signature obligatoire : AC #57
112 • AC #57
COURRIER DES LECTEURS
Coups de cúur ou coups de gueule, cette rubrique est la vÙtre ! Alors, níhÈsitez pas ‡ nous contacter ‡ líadresse suivante :acoustic@editions-dv.com
BONJOUR, BONJOUR,
Passionné de jazz manouche et Je suis un de vos fidèles abonnés depuis vos débuts. Votre de la musique de Django, j’ai lu magazine est toujours aussi excellent et je lui souhaite une avec attention votre dossier sur longue vie. Je vis dans le Finistère, département où, mal- Django et le 7ème art. Je dois heureusement, les concerts de guitare sont très rares. J'ai avouer que je vous attendais au quand même eu l'occasion, récemment, d'entendre à tournant, car, après avoir vu le Plabennec l’excellent Pierre Bensusan, qui n'hésite pas à film, je craignais qu’on ne tombe venir dans nos petites salles. Votre magazine est donc mon dans les clichés ou les inexacti- concert privé régulier, moi qui joue de la guitare électro acoustique nylon depuis tudes. Le film joue trop la carte de la fiction (la personnalité de Django quarante ans. J'ai néanmoins quelques suggestions à vous faire : ne colle pas du tout à la réalité !), même si j’ai aimé les partis pris du réa- - Les concours : j'ai beau être abonné, je reçois le magazine en même temps que sa lisateur quant à la déportation des gens du voyage durant l’Occupation. sortie en kiosques. Peut-être que les services de la poste dépendent des vents qui C’est ce que j’ai aimé dans votre dossier : vous avez choisi, vous aussi, de soufflent sur ma côte bretonne, mais toujours est-il que l'intérêt d’être abonné est mettre en perspective cet angle, tout en démêlant le vrai du trop gros sur moindre, si c'est pour ne pas avoir d'avantage de chances de remporter un lot. Django. Bravo de ne pas être tombé dans le piège ! JÈrÈmy Comme tous, je lorgne les guitares à gagner mais face aux personnes qui font Palaiseau systématiquement tous les concours qui se présentent sur internet , il y a peu de chance d’être un jour l’élu. Votre concours ne pourrait-il pas être réservé à vos abonnés ? - Les partitions : pourriez-vous sortir des arrangements en fingerpicking de grandes chansons françaises (comme a pu le faire Roland Dyens par exemple) : Brel, Brassens, Le Forestier etc. Je suis pour ma part un fan de Baden Powell, mais il est aisé de se procurer ses partitions sur internet. - Les bancs d'essai : pourriez-vous commentez les guitares Yamaha nylon de la série NTX. J'ai flashé sur la NTX1200R NAT. Je voudrais savoir si c'est un bon Cher Jérémy choix en attendant qu'elle soit un jour à la portée de mon budget. Le traitement de ce sujet n’était pas facile, sachant qu’il fallait trouver le juste Merci à toute l’équipe Christian Sanlis équilibre entre l’envie artistique d’un réalisateur, très bien documenté sur le sujet, et l’analyse factuelle de l’œuvre de Django. Pas simple avec un artiste, Cher Christian dont la vie a parfois dépassé la fiction… Tout d’abord, merci pour ce sympathique message. La Bretagne est en effet une terre de guitaristes, malgré le faible nombre de salles dédiées aux concerts. Ainsi, Jean-Charles BONJOUR, Guichen tourne toute l’année dans sa Bretagne natale, ne le ratez pas ! Ni notre numéro Lecteur de votre revue depuis les tout premiers numéros, amoureux de 35 consacré à la guitare celtique. Au sujet des concours : l’arrivée du magazine chez les tous les styles de guitare, je me rue à chaque fois sur votre cahier péda- abonnés dépend malheureusement du circuit de notre routeur. Dans beaucoup de régions, gogique et y passe pas mal d’heures, je dois avouer. Blues, jazz manouche, les abonnés reçoivent le magazine avant sa sortie en kiosque, parfois cela prend plus de ragtime, classique, folk, flamenco… Il y en a pour tous les goûts! Je voudrais temps... La rédaction n’est malheureusement pas responsable de ces temps de transport, féliciter l’équipe pédagogique pour son talent artistique, bien sûr, mais même si elle essaie de régler ces problèmes avec son prestataire extérieur. aussi pour la qualité de son enseignement. Si certaines leçons sont parfois Mise à part le Give Away, ouvert à tous les lecteurs, le Club Lecteurs (et ses divers lots) un peu dures à suivre - mais j’imagine que cela est normal vu les répertoires n’est ouvert qu’aux abonnés. Malheureusement, nous n’avons qu’une cinquantaine de lots abordés - , la grande majorité est largement accessible aux amateurs. pour des centaines d’abonnés, il y a donc une part de loterie comme dans chaque concours. J’en prends pour preuve l’étude de style sur Ralph Towner de Kevin Au sujet des partitions : nous proposons régulièrement des études de style ou des trans- Seddiki dans le dernier numéro : un sujet casse-gueule, touffu sur le papier, criptions de chansons à la manière, car les retranscriptions sont soumises à droit d’auteurs, mais extrêmement bien décrypté par le pédagogue. J’ai été bluffé ! Allez, que nous respectons toujours. Bref, plutôt que de publier des scores intégraux, nous préfé- je retourne à mes partitions. Patrice rons proposer des points de vue pédagogiques. Les bancs d’essai : nous testons les modèles Thionville selon l’actualité des marques, mais, bien sûr, nous reviendrons sur la série NTX.
BONJOUR,
Décidément, quelle famille ! J’ai découvert grâce à votre dernier numéro le cadet de la famille Harper, Peter. Fan du grand-frère, j’ai retrouvé la patte familiale, ce goût des mélodies et des arpèges simples pour habiller les lignes de chant. Du coup, je vais fouiller l’arbre généa- logique de cette sacrée dynastie musicale ! Romain Cher Patrice Malakoff Nous ne manquerons pas de féliciter l’équipe du magazine. Votre message nous va droit au cœur car nous passons beaucoup de temps à réfléchir les lignes édito- Cher Romain, riale, artistique et pédagogique de ce cahier, un véritable lego de styles et de Peter est un artiste très talentueux, dans la veine de Ben jeux qui doit suivre un fil rouge tout au long de l’année, au risque de partir en effet, mais avec sa propre personnalité. Il a sorti fin mai dans tous les sens. Musicien extrêmement talentueux, Kevin est aussi un son 2ème album, Break the Cycle. Nous vous conseillons professeur d’une rare qualité, il arrive à décrypter les jeux les compliqués pour aussi d’écouter l’album de Ben et Ellen (la mère), Childhood les rendre accessibles à tous. Dans le jargon de la rédaction, on appelle ce type Home, qui devrait vous plaire à n’ne pas douter. On ima- de musiciens un "bestiole". gine volontiers les bœufs improvisés à la maison !
AC #57 • 113
CLUB
LECTEURS
membre du clubDevenez il vous suffit de vous rendre sur sur la pagePour fêter l’été, voici quelques belles pépites à écouter.Attention, le mode de fonctionnement a changé ! GUITARISTACOUSTICficier des Indiquez bien sûr le titre de l’album que vous souhaitez recevoir. Au nom de la loi du, et de remplir le formulaire. clublecteurs.html http://acousticmag.fr/acousticmag/ Désormais pour participer, Votre inscription vous donnecadeaux offerts aux lecteurs dela prioritÈ pour bÈnÈ club « Guitarist Acoustic », les premiers arrivés seront les premiers servis. rendez-vous en page 89Guitarist Acoustic . Pour devenir membre,de ce numÈro. Sunnsyside RecordsX 10KURT ROSENWINKEL vous offre 10 exem- Label OuestSAMUELITO vous offre 10 exemplaires du X 10 plaires depalette d'influences diverses, du hard rock Caipi, un disque qui expose une premier album du guitariste virtuose deflamenco, à la musique brésilienne, du jazz aux bal-lades mélodieuses, avec la présence d'Eric entre Andalousie, Bretagne et Sénégal.Gare au "duende" ! Sólo, une invitation au voyage, Clapton à la guitare !à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés Ninja Tuneplaires du nouvel album du bluesonaute,FINK FOR 10 vous fait gagner 10 exem- ! ECMdeBILL FRISELL X 10 Sunday Night Blues Club Vol.1peintures impressionnistes dédiées à la note, pour des terrain Small Town vous fait gagner 10 exemplaires Thomas Morgan Bill Frisell, le duo du guitariste tout bleue. plongées dans divers répertoires !. Préparez-vous à des et du contrebassiste à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés SONGHOY BLUES Quart de Lune
X 10BEAUTY & THE BEAST
plaires du premier album du duo vous fait gagner 10 exem- Transgressivedix exemplaires du dernier album desRESISTANCE et Fat Possum X 10 vous offrent & The Beastmonieuse rencontre entre un gars et une, Something New, une har- Beauty fille autour du blues, de la country-folk et cocottes funk, de shuffles hypnotiques etde basses groovy à souhait, de tonnerresbluesmen maliens, Resistance, mélange de de la chanson française. de cuivres et de chants rebelles. à la rédaction remporteront un lot. Les 10 premiers mails arrivés à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés