guitarist-acoustic — GA60
COMMENT JOUER PEDAGO POLNAREFF À L’ACOUSTIQUE + TRIBUTE TOJOHNNY 26 PAGES DE PARTITIONS Masterclass folk polynésienne - Jazz manouche - Coppéli — GA60
COMMENT JOUER
PEDAGO POLNAREFF À L’ACOUSTIQUE + TRIBUTE TOJOHNNY
26 PAGES DE PARTITIONS Masterclass folk polynésienne - Jazz manouche - Coppélia de Léo Delibes - Picking - Blues L’aLbum de La pLéNItudeAL DI MEOLA
LES INCONTOURNABLES
PHILIP
CATHERINELe jubILé de La guItare jazz julien marga - Shawn jamesINTERVIEWSVaiteani - Son Little zozophonic orchestrathe White buffalo atelier d’aLexaNdre - aurélien péraS - célia eNocMATOS
TOMMY
martIN 0-18 - cole cLark angel 2 blackwood EMMANUEL& SoN gaNg de gâchetteS fINgerStyLe ISSN : 1957-8229 zemaItIS cag-100fW - hugheS & kettNer era 1eaStoNe dr260 - jm foreSt bb27-mhS deune seule adresse :Pour joindre la rédaction Guitarist Acoustic !, édito ACOUSTICEDITIONSDV.COM SoMMAiRE News 4 Bobdylanreprendlaparole 8 2018, année acoustique ? idhai 10 se plonger une bonne fois pour toutes dans les accords sus4 ou d’autres casses-têtesTravailler ses gammes tous les jours, économiser pour s’offrir telle beauté de luthier, Intrerview du picker globe-trotter, de retour en studiotommyEmmanuelet sur scène avec un nouveau gang de gâchettes fingerstyle. 12 harmoniques, s’acheter une main droite bionique… Au moment de lister les bonnesrésolutions de l’année à venir, on ne peut s’empêcher de faire des projections sur ce que AldiMeolaEntretien et révélations du virtuose, à l’occasion de la sortie 16 2018 nous réserve. Vu la conjoncture et les tendances de l’an passé, les réveils difficileset les lendemains qui chantent, on parierait un gros cachet sur le bond de l’acoustique. de ce qu’il définit lui-même comme "l’album de la plénitude". Plus qu’une formule économique et pratique, la six-cordes débranchée propose une mise PhilipCatherineConfidences du maître jazz belge, qui vient de fêter 20 à nu tout autant qu’une recherche de perspectives. Pas question de se cacher derrière un ses 75 ans et sort pour l’occsion un coffret d’anthologie. mur des sons et mille effets, pas de posture ; l’acoustique, c’est l’école du son. Une écolede soi. Jeunes talents, à l’image d’Idhai qui chemine, guitare folk en bandoulière, Interview de la révélation de la scène blues, folk et soulSonLittleaméricaine. Pas si petit que ça, le fiston! 24 sur les voix de la sagesse, ou stars internationales, tel Al Di Meola, qui sort en février Zozophonicorchestra pour enrichir leurs palettes d’émotions et se livrer sans filtres. Quand il fait froid, on se "l’album de la plénitude", tous les artistes acoustiques semblent avoir choisi le dénuement Cours magistral sur les musiques noires américaines. 26 réchauffe au coin des bois. VaiteaniVoyage dans la folk polynésienne, l’autre bande-son de Tahiti, 28 nylon (Tommy Emmanuel, Al Di Meola et Philip Catherine, plus connu comme maître2018 commence donc en musique, avec trois alchimistes de la six-cordes acier ou pas la carte postale. mathématicien et magicien de la 3/4 jazz). Des incontournables de nos colonnes et des Jean-BaptisteMarinoEntretien avec le conteur flamenquiste. 32 scènes du monde entier, qui, au fil de leur carrière, ont épuré leurs propos pour monterle son. JulienMarga,theWhiteBuffalo... 34 concept de sobriété heureuse. "Less is more", disent nos voisins anglo-saxons, ou comment arpéger à la guitare le Plongée au cœur d’un lycée pas comme les autres,Grandangle:LesannéesVoltaire 36 à l’acoustique.. Tous nos vœux de bonheur pour cette nouvelle année, qui s’annonce électrique... grâce véritable pépinière à guitaristes dans les années 70. La rédaction Accompagnées d’un CD-ROM audio-vidéo, 26 pagesCarnetdenotes 40 Avec unede pédago pour aborder tous les styles à la guitare. sans autorisation préalable des éditions Duchâteau"Voisin, est interdite Toute reproduction des pages et du contenu pédagogique du magazine, et susceptible de poursuites judiciaires. la folk polynésienneun hommage à Johnn étude de style dédiée à Michel Polnareff, et toutes les rubriques habituelles., mais aussiy, une masterclass de Vaiteani sur "Coppélia" de Léo Delibes, Directeur de la publication :Directrice de la rédaction : Coordination éditoriale :Création et réalisation maquette : Benoît Merlin Valérie Duchâteau (06 03 62 36 76) Jean-Jacques Voisin Dans l’Atelier d’Alexandre.Chezleluthier 72 Rédacteurs :Romain Decoret, Jean-Pierre Sabouret, Max Robin, Milo Green, Youri. Jacques Balmat, Olivier Rouquier, Alexis Sénart, Ben, Jacques Carbonneaux, Guillaume Lajarige (galerija@wanadoo.fr) Bancsd’essaiTests de guitares de luthier et de série. 74 Prises de son, conception CD-ROM et montage vidéo :Cahier pédagogique :Clément Reboul, Vaiteani.Partitions et tablatures : Valérie Duchâteau, Eric Gombart, François Sciortino, Chris Lancry, Jimi Drouillard, GiveAwayArtwood 85 Prises de vues vidéo : Abonnement 87 RCS Chantilly : 830 643 797 00012Chef de publicité :Guitarist Acoustic/Unplugged est une publication trimestrielle éditée par la SARL La Rosace au capital de 1 000 euros. Photos couvertures : Tommy Emmanuel © Simone Cecchetti / Al Di Meola © Francesco Cabras / Philip Catherine © Jos L. Knaepen Benoît Merlin Dominique Charpagne Photographe : Romain Bouet -Sophie Folgoas - sophie.folgoas@guitarpartmag.com – 06 62 32 75 01 Dominique Charpagne Siège social :Tél. 06 03 62 36 76 (acoustic@editions-dv.com) L’essentiel des sorties de ces derniers mois.Cd 92 Abonnements : 9, rue des Otages - 60500 Chantilly. ISSN-1957-8229 / N°60, janvier 2018. Tél. 05 65 81 54 86 – e-mail : contact@bopress.frVentes et réassorts (dépositaires uniquement) : Back Office Presse – Service clients, 12350 Privezac Courriersdeslecteurs 96 Les documents ne sont pas rendus et leur envoi indique l’accord de leurs auteurs pour leur libre publication.© 2018 by Editions La Rosace. Distribution : PresstalisMercuri Presse – 9 et 11, rue Léopold-Bellan, 75002 Paris. Numéro Vert: 0 800 34 84 20La rédaction n’est pas responsable des textes, dessins et photographies qui n’engagent que la seule responsabilité de leurs auteurs. ClubLecteurs60 lots à gagner ! 98 Impression :Origine papier principal de la revue : Allemagne. Taux de fibre recyclé utilisé : 0%.Certification des papier : PEFC. Indicateurs environnementaux P TOT : 0,016 kg/t. Centre Impression, 43 rue Ettore Bugatti. 87280 Limoges.
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NEWS
VALÉRIE DUCHÂTEAU
Bach, Reinhardt & Brel Valérie Duchâteau sera en concert le 10 février prochain, à 20h30 à Montereau (45260), pour son spectacle "De Jean-
GIVE AWAY
Sébastien Bach à Django Reinhardt" (réservations au 02
N°58
38 87 71 07) puis les 17 et 18 mars à Saint-Michel en L’Herm Les gagnants des deux (Vendée), où elle retrouvera ses deux complices, Antoine lots Shiver sont : Tatich et Eric Gombart, à l’occasion du Festival Guitare M. Guglielmi (34) Sud Vendée Littoral (réservations au 02 51 30 21 89). En et M. Duermael (75) compagnie de Jean-Baptiste Marino, elle participera éga- lement à la création du concerto pour guitares classique et © Thierry Boucher flamenca, "Banyuls de la Marenda", le 7 avril à Banyuls/Mer Après son Tribute à Nat King Cole, le chanteur anglais vivant en France Hugh Coltman a et le 8 avril à Canet en Roussillon (réservations à l’office de tourisme au 04 68 88 31 58). produit avec Freddy Koella (ex-Cookie Dingler, Enfin, autre création, le 23 avril à Bruxelles, avec "La Guitare chante Brel", qui sera présentée sideman de Bob Dylan, Willy DeVille, Odetta, en première mondiale pendant le BIG Festival. Carla Bruni, Francis Cabrel) l’album Who’s Happy ? Enregistrées à La Nouvelle Orléans, + d’infos sur www.bigfest.be ou sur www.valerieduchateau.com. les compositions oscillent entre Kid Ory, Snooks Eaglins et Dr John. Sortie en mars. George Benson se produira le 1er juillet RÉVÉLATIONS à la Seine Musicale, à Paris. Billetterie déjà ouverte pour la légende vivante du jazz-funk !
GUITARIST
Les Eagles, le revival. Pour le 40ème anniversaire de sa sortie, l’album Hotel California ACOUSTIC 2018 ressort remasterisé et agrémenté d’un live au Los Angeles Forum, daté de 19 76. Un collector Qui sera la prochaine Révélation? Les sélections pour à ne pas manquer. succéder au duo Beauty & The Beast sont ouvertes ! Les deux bluesmen français, Benoit Blue Boy Pour participer et convaincre notre jury de profes- et Nico Duportal, ont un penchant caché pour sionnels, il suffit de nous envoyer une démo de trois le rock français des années 50, période Boris titres sur le lien ci-dessous, quel que soit le style de Vian. Sur leur vinyle 25 cm, A boire et à musique et de guitare acoustique que vous pratiquez. manger à St Germain des Prés, ils reprennent des titres de Moustache quand il se faisait appeler Le ou la lauréate se verra donner un gros coup de Mac Kak. A écouter sans tarder. pouce pour lancer sa carrière: interview dans le ma- gazine, programmation sur la grande scène du Festi- Bread : The Elektra years. Les aficionados de soft-rock californien se souviennent du val Guitare d’Issoudun et mise à disposition de nos groupe de David Gales, Jim Griffin & Larry contacts professionnels. Alors, tentez votre chance et Knechtel. Bread fut le précurseur entre 69 envoyez-nous votre démo avant le 30 mai à cette adresse : www.revelationsacoustic.com et 77 de ce type de musique. Un coffret de six © Hugues Faye CD réunit leurs albums avec les hits "Baby I’m a Want You" ou "Let Your Love Go".
JIMI HENDRIX
Mars attack ! Le 9 mars prochain, un nouvel album de Jimi sera dans les bacs. Both Sides of the Sky viendra clôturer la trilogie débutée avec Valleys of Neptune (2010) et People, Hell and Angels (2013). Le disque contiendra treize titres : neuf versions restaurées (dont celle de "Cherokee Mist", un instrumental dans lequel Hendrix rend hommage à ses origines amérindiennes et délaisse sa guitare pour jouer une cithare), deux raretés et deux inédits. Les fans découvriront ses collaborations avec Johnny Winter, Stephen Stills et le saxophoniste Lonnie Youngblood. "Depuis que la société Experience Hendrix a commencé la restauration du catalogue de Jimi en 1997, notre but a toujours été de proposer aux fans des enregistrements de ces inédits de la meilleure qualité possible, mais aussi de les présenter dans le contexte de leur époque", explique John McDermott, l’un des coproducteurs de cette trilogie. A l’en croire, ces versions, enregistrées entre janvier 68 et février 70 par le Band of Gypsys, démontrent l’envie de Jimi de repousser les frontières du blues, à travers son jeu et les techniques de studio utilisées. A suivre. Le chiffre du mois
49 100 DOLLARS
C’est la somme à laquelle s’est adjugée la fameuse guitare double manche 6 et 12 cordes Paul Reed Smith de John McLauglin, vendue aux enchères sur eBay au mois de décembre. Le fruit de cette opération caritative sera intégralement reversé au Music Therapy Center de Ramallah, fondé par Al-Mada, une organisation à but non lucratif palestinienne, créée en 2009 par le musicien palestinien Odeh Turjman. Elle a développé un programme de thérapie par la musique à l’attention des réfugiés. . + d’infos : www.generosity.com/community-fundraising/music-heals--6
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RAPHAËL FAŸS
l’Européen convaincu Dans le cadre de la sortie de son nouvel album, intitulé Paris Séville, Raphaël Faÿs donnera un spectacle le 14 février 2018 au Théâtre l’Européen, pour une nouvelle plongée dans les cultures populaires gitanes, naviguant comme à son habitude entre jazz manouche et flamenco. Au programme : la plume polystyle revisite les classiques de quelques maîtres (Django Reinhardt, Paco de Lucía) ECCA tout en proposant ses propres compositions. Il est accom- Les nouveaux doigtés swing pagné de cinq musiciens et de la danseuse madrilène Derrière ce sigle mystérieux se trouvent quatre plumes du jazz : Eche-Puig ( Joan) Diana Regano. à la contrebasse, Crambes (Rémi) au violon, Convert (Benoît) et Alcocer (Yannick) aux guitares. Les deux derniers sont bien connus de ces colonnes en tant qu’artificiers du combo gypsy jazz Les Doigts de l’Homme. Leur premier E.P., Joe Joe’s Blues, propose cinq titres swing léchés, à l’image des phrasés décalés de Benoît Convert, avec des arrangements fouillés mais sans jamais tomber dans l’écueil du trop bavard. ECCA ou le swing anti-ecclésisatique. Cet E.P., au tirage limité, est d’ores et déjà disponible sur le Facebook du groupe contre un petit billet de 7 euros, port inclus. Un album est dans les tuyaux pour une sortie au printemps. www.facebook.com/eccajazz
SAMUELITO
Le yogi du flamenco Pour la nouvelle année, le jeune et talentueux flamenquiste sort un nouvel album délicieusement contemplatif, le bien nommé Cinq Méditations. Soit cinq pièces hypnotiques ("Ouvre", "Crée", "Ecoute", "Regarde" et "Libère"), entre silences et résonances, "cinq méditations prévues pour cinq moments de la journée, ayant une fonction précise et un mot correspondant à une intention à faire grandir en soi au moment de l’écoute", explique- t-il. Disponible le 19 janvier sur le site www.samuelitomusic.com. © Stephane Kerrad
SAVE THE DATE
NUITS DE LA GUITARE
Les 26 & 27 janvier à la Tranche-sur-Mer (85) Pour leur 8ème édition, les organisateurs de ce rendez-vous qui s’est rapidement imposé sur la carte de la guitare ont concocté un sacré plateau de fruits… de la six-cordes, et ce dans tous les styles : Nico Russo & Friends (jazz manouche), Country Vibration (country music), notre collaborateur et maître ès-blues Jimi Drouillard, la songwriteuse folk-rock Gaëlle Buswel, les bluesmen The Honeymen, le super slider Mick Ravassat et bien d’autres encore. + d’infos : www.latranchesurmer.fr ÈME
4 RENCONTRE
AUTOUR DE LA GUITARE
Le 3 mars à Poncin (01) Organisé par l’association Styl Guitar’ dans le foyer rural de la ville, cet événement joue la carte de la qualité et de la sobriété. Pas de pléthore d’artistes sur des scènes démesurées, mais une journée sous le signe de la convivialité avec des scènes ouvertes et une exposi- tion de luthiers toute la journée, et un concert gratuit le soir. Cette année, Yves Uzureau interprètera de façon très personnelle et inventive Georges Brassens. Un festival futé ! + d’infos : http://styl-guitar.e-monsite.com
BLUES AUTOUR DU ZINC
Du 16 au 25 mars à Beauvais (60) La 23ème édition de cet incontournable rendez-vous du blues promet cette année encore une affiche de choix, avec les têtes d’affiche du moment, dont le Marcus King Band, Gráinne Duffy, Elles Bailey et Jo Harman. A noter que les organisateurs ont lancé un appel au mécénat (particulier ou entreprise) pour pouvoir continuer l’aventure dans de bonnes conditions. + d’infos : www.zincblues.com
FESTIVAL DES CORDES SENSIBLES
Les 23 & 24 mars à Saint-Médard-en-Jalles (33) 15ème édition de ce grand raout de la guitare, avec cette année une idée lumineuse : une programmation entièrement dédiée aux duos ! Des dialogues, des duels, des moments de partage forcément avec un programme éclectique. Situé au Carré des Jalles, le festival ouvrira le bal le vendredi 23 mars avec le duo Beauty & The Beast (blues- jazz, country), le coup de cœur de la rédaction 2017, et le Duo Thémis (classique, musiques sud-américaines). Le lendemain, place à nos anciennes Révélations Guitarist Acoustic avec Samuelito & Antoine Boyer (flamenco, jazz manouche), suivi de Jean-Félix Lalanne & Eric Gombart pour des parties de picking-jazz. Et pour parfaire le tout, des masterclasses gratuites ! + d’infos : http://accordsetacordes.saintmedardasso.fr/association/contact
GUITARES AU BEFFROI
Du 23 au 25 mars à Montrouge (92) 6ème édition du festival ouvert à "tous ceux qui en pincent pour les cordes", soit trois jours de concerts en soirée et un salon international de la guitare en journée (75 exposants !). Au programme des concerts : Hughes Aufray (le 23), Dhafer Youssef (24) et Tchavolo Schmitt (25). A noter le concours de notre revue partenaire Guitare Classique le vendredi 23, avec au programme : finale des trois finalistes du concours, Johan Smith et Judicaël Perroy. Et une nouveauté, le salon des cordes pincées, toujours en partenariat avec Guitare Classique. + d’infos : www.guitaresaubeffroi.com
MUSICORA
Du 1er au 3 juin à la Grande Halle de la Villette (75) La 29ème édition de la grand-messe de la musique promet cette année encore de faire le tour de la question. Mini village de de 200 stands sur plus de 6000 m2, Musicora permet aux visiteurs de rencontrer tous les acteurs de la musique et de la pratique instrumentale : facteurs d’instruments, luthiers et archetiers, éditeurs, acteurs du spectacle vivant, labels, plateformes de musique en ligne, managers, écoles de musiques et conser- vatoires, salles de concert, médias etc. Pas de conférences barbantes, mais des ateliers, stages de découverte et sessions d’essai d’instruments pour présenter de manière ludique les enjeux du secteur. Les plus petits seront gâtés avec un programme d’éveil musical ludique, où les enfants (et leurs parents) pourront découvrir les secrets des instruments. Et puisqu’il est question de musique, pas de bla-bla, mais des concerts à foison, avec une trentaine de représentations sur trois scènes, où le visiteur pourra choisir selon ses préférences : musique classique, jazz, musique contemporaine, électro-acoustique, chanson ou musiques du monde... En un mot, Musicora, c’est l’agora de la musique. + d’infos : www.musicora.com
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DÉCRYPTAGE
"J'ai touJours dit à ceux qui m’écoutent de ne pas me suivre, ni moi ni quelqu'un d'autre... " Bob
DYLAN
BORN AGAIN
© Howard Alt C'est la période la plus controversée et critiquée de Dylan.du Moi (le début des eighties), où règne l'athéisme, il proclame haut et fortPériode de Trouble ? En pleine génération En 1978, aprèsScène & Missel sa foi en Jésus. Après le succès initial de l'album Sarah Lowndes, Dylan part en tournée. Sur scène, il change les paroles de Street Legal, un album insipide écrit après son divorce d'avec déchaînent. Dylan y fera allusion ironiquement en disant que ce futMark Knopfler à la guitare, les critiques et les fans se sentent bernés et se Slow Train Coming, avec "It's alright Ma" et les réadapte en "You Gotta Serve Somebody". Le 22 la plus favorable pour la vie des vautours en période de lévitation". "l’époque sa conversion au christianisme. septembre de la même année, lors d'un show à Syracuse, me résistes-tu ? "Jésus m'a tapé sur l’épaule et m'a dit : il annonce clairement Mais, je ne résiste pas... - Tu vas me suivre ? Si tu ne me suis "Pourquoi du coffret, on le voit pleurer sur scène pendant qu'il chante "Saved". Il enscepticisme qui le caractérise quant aux institutions humaines : dans le DVDPourtant l'expérience de Dylan a dû être très intense même s'il a gardé le a toujours su que Dieu était plus grand que l’égrégore (la somme totales despas, c'est que tu résistes. Je n'y avais jamais pensé avant de cette façon." Dylan (81). Le succès du premier n'aura d’égal que la désaffection du public poursortira une trilogie avec Slow Train Comin (79), Saved (80) et Shot of Love il prend conscience de Jésus et du lien qu'il a établi avec l'humanité. connaissances humaines, scientifiques et philosophiques), mais, soudain, les deux suivants. Dylan aura l'ironie de retrouver le succès avec un albumintitulé Infidels de la Rolling Thunder Revue, durant laquelle le songwriter parle de religionCet état de grâce remonte à ses rencontres avec Johnny Cash et les artistes sur les tournées, avec de nombreux titres inédits et des répétitions ou prisesalternatives, qui, comme toujours chez Dylan, sont autant de surprises. (83). Le coffret évite les trois albums studio et se concentre une fervente Chrétienne pour qui il écrit la chanson "Precious Angel".avec plusieurs de ses musiciens, T-Bone Burnett, Steve Soles et DavidMansfield. Plus encore, il a eu une liaison avec l'actrice Mary Alice Artes,
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"La magnificence du Sauveur m'a cloué au sol et est venue me chercher", dira Dylan. Au départ, Dylan avait prévu de donner les chansons écrites après la tournée de 78 à sa choriste Carolyn Dennis, qu'il épousera en 1986. Il pensait la produire sur un album de gospel. Mais finalement, le Z-Man décide de les chanter lui-même. L'album est enregistré à Muscle Shoals, avec Mark Knopfler et un groupe de musiciens capables de donner au gospel une énergie rock. Il emmènera en tournée un super-groupe composé de Spooner Oldham aux claviers, Jim Keltner et Tim Drummond pour la section rythmique, Fred Tackett de Little Feat à la guitare, assisté parfois de Steve Ripley. Al Kooper et Willie Smith interviennent aussi aux claviers suivant les concerts. L'aspect gospel est souligné par huit choristes. Musicalement, on est dans le gospel rock le plus éclairé. Des titres comme "Saved" ou "Blessed is the Name" semblent directement sortis d'une cérémonie religieuse afro-américaine. Les Evangiles de Bob Le plus étonnant réside dans le nombre de compositions inédites jouées sur scène et jamais enregistrées en studio. Dylan semble avoir eu une inspiration aussi productive que pour les Basement Tapes. Parmi ces inédits, la plupart est basée sur la Bible ou les Evangiles, mais les textes sont d'une force rare. Dans les chansons inconnues, certaines sont de très grande qualité : "Thief on the Cross" (le voleur sur la croix), "Ain't Gonna Go to Hell for Anybody" ( Je ne laisserai personne m'emmener en enfer), "Blessed is the Name", "Help Me Understand", "Ain't No Man Righteous, No, Not One" (aucun homme n'est un juste, non, pas un seul), "Jesus is the One", "Stand by Faith", "City of Gold" ( Jerusalem), "Rise Again", "Yonder Comes Sin", "Cover Down, Pray Through". La faculté de Dylan à explorer toutes les possibilités mélodiques, ryhtmiques et lyriques d'une chanson, fait que deux versions d'un même titre peuvent sonner très différemment. A ces inédits, il faut ajouter les hits comme "Gotta Serve Somebody", "Saved", "Slow Train" (chaque CD commence par une version différente de ce titre), "Man Gave a Name to all the Animals", "Dead Man, Dead Man", "Solid Rock" ou "Every Grain of Sand". A San Francisco, le 13 novembre 80, Dylan est rejoint par Carlos Santana sur "The Groom's still waiting at the Altar" (chanson anticléricale qui signifie en langage évan- gélique "Jesus attend encore que l'Eglise le rejoigne"). Le songwriter réussit à séparer l'enseignement de Jésus des écueils de l’institution religieuse. A l’occasion, Dylan stoppa ses prêches sur scène pour enregistrer l'album Infidels, qui fut un succès. Voici ce qu'il en dit aujourd'hui : "Ce n’était pas un retour à quoi que ce fût, c’était juste ce que pensaient tous ces gens qui m'avaient renié. J'ai toujours dit à ceux qui m’écoutent de ne pas me suivre, ni moi ni quelqu'un d'autre... " Saintes écritures ? Parallèlement, signalons la sortie chez Fayard du discours à l'Académie sué- doise. Les connaisseurs trouveront dans les 26 pages de cette réponse à l'attribution du Nobel une ironie très dylanesque : il commence par citer Buddy Holly, puis Leadbelly, Sonny Terry et Brownie McGhee, The New Lost City Ramblers et Jean Ritchie. Il évoque les chansons "Stagger Lee" et "Frankie & Johnny", les ballades des Appalaches, les chansons de marins et de cow-boys. Il ne parle en profondeur que de trois livres : "Moby Dick" d'Herman Melville, "A l'Ouest, rien de nouveau" d'E.M. Remarque et "L’Odyssée" d' Homère. A cette occasion, Dylan cite en entier le texte de la chanson hillbilly "You ain't Talking to Me" de Charlie Poole (1928). Les derniers mots de son discours sont d'Homère : "Chante en moi, Muse et à travers moi, raconte l'Histoire". Enfin, tous les textes des chansons de Dylan sont réunis en édition bilingue dans "Bob Dylan, Lyrics 1961-2012". Tout commence avec le premier album, sur la pochette duquel le jeune Bob porte une casquette de marin semblable à celle du lieutenant Starbuck, assistant du capitaine Achab dans le film "Moby Dick". Bobby ressemble en fait à Starbuck. Il changera de look avant que quiconque ait remarqué cette ressemblance. Le livre s'arrête en 2012, juste avant que Dylan ne se consacre au répertoire des standards de l'American Songbook. Romain Decoret
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DÉCOUVERTE
IDHAI
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P ort ra i t d ’ un j e un e a rt i s t e a t y p i que , qui n e j oue n i n e f a i t ri e n comme l e s a ut re s . "La musique est une quête tout autant qu’une drogue alternant graves caverneux et voix de tête, Idhai a rock The Begoody Experience et un duo avec éphémère, mais qui ne fait pas souffrir." C’est par cette couru le monde (Thaïlande, Australie, Inde) et les Nicolas Hoche -, Idhai confectionne ses propres punchline que Romain Bouet, alias Idhai, résume répertoires lointains en quête de ces fameux échos vêtements. Une autre façon de créer, de se réaliser, sa vision de cet art. Son premier album solo et acous- qui font sens. Il parle de "la joie de l’être en soi", du mais aussi "d’effacer les marques", cette omniprésente tique s’intitule Highway to Pray et comporte neuf choix de croire en son destin à l’âge de seize ans : virgule cousue sur le cœur et tous ces étranges totems titres. Un chiffre mystérieux, mystique s’il en est, "J’ai accepté la fantaisie de la vie, le fait qu’elle cachait d’hommes-sandwiches. "Je ne crains pas de m’habiller tel le nombre des divinités majeures égyptiennes, une part de magie et qu’en regardant un arbre, je pouvais de manière extravertie car j’ai envie de montrer que celui des muses de la mythologie grecque ou encore ressentir sa présence, sa vitalité." Il cherche l’imma- nous sommes tous des fleurs uniques, et cela passe, entre le chandelier à neuf branches, les neuf fils du dragon nence, naviguant de Spinoza à Stefan Zweig, buvant autres, par l’image. Et puis, je trouve que les belles chinois, et même la somme des vies d’un chat. Félin, la Bhagavad-Gita mais sans la psalmodier, en personnes se cachent trop souvent, alors que les vilaines Idhai l’est assurément quand il sort les griffes funky s’abreuvant simplement à la source. Une des siennes se mettent toujours en avant…", remarque le Saddhu ("None Time to Get in" et "Could Be") entre deux se trouve au cœur du bois de Vincennes, dans lequel à dreadlocks. caresses folk (l’hymne "How I knew" ou la ballade il vécut trois mois aux côté d’un vieux sage et cha- en apesanteur "Highway to Pray", sorte de western mane, surnommé Herman 1er, à l’âge de dix-huit SUR LA ROUTE moderne entre le désert de Joshua Tree et les temples ans. "Il m’a beaucoup appris sur moi-même, sur les choses N’en déplaise aux journalistes, les neuf prières d’Asie). Mystique, Idhai le revendique jusque dans de la vie, comme par exemple qu’en hiver, si tu ne veux d’Idhai n’ont ni fil rouge ni cahier des charges, il ne son nom de scène (clin d’œil au "I and I" rastafari pas tomber malade, il vaut mieux marcher pieds nus s’agit même pas d’un premier disque, mais "d’un al- qui l’a inspiré en entendant la voix du chanteur de que chaussé car les germes de la maladie sont expulsés bum introductif à ma carrière, c’est pour cela que je ne reggae et dancehall, Hugh Mundell - "il avait l’air par la plante des pieds justement. Cela peut paraître cherche pas à faire quelque chose de comestible, mais de prier", s’enthousiasme-t-il). Sauf que lui n’appar- loufoque, inconscient vu le froid, mais c’est le seul hiver d’être à mi-chemin entre la chanson et la spiritualité." tient à aucune chapelle et qu’il fuit les cantiques de où je ne suis pas tombé malade", se rappelle le Siddhartha Ses partitions seront apocryphes : dès qu’il a eu toutes sortes. Le message importe, pas la messe : du bois de Vincennes. une guitare entre les mains, à l’âge de quatorze "J’aimerais que ma musique soit perçue comme un hom- Quand il ne joue pas - ce qui est assez rare vu ans, il s’est mis à composer ses propres titres. "J’avais mage à Dieu, à l’image du reggae et de la musique in- qu’il fait partie de deux autres groupes, le combo appris que Jimi écrivait en écoutant la radio, notam- dienne. J’essaie de faire une musique spirituelle tout en ment les blues de B.B. King qui passaient beaucoup sur étant actuelle", révèle le jeune homme aux chœurs les ondes à cette époque. J’ai utilisé la même méthode d’Ohm. en essayant de décortiquer les plans d’Hendrix, mais Sa foi le porte aussi vers les sons et les digressions je peinais ; les riffs que je reproduisais sonnaient dif- psychédéliques des années 70, les années Woodstock féremment, mais du coup, cela construisait peu à peu et les riffs d’Hendrix, "l’artiste qui m’a le plus inspiré, mon identité. Je me suis libéré de l’aspect virtuose et notamment son titre "Voodoo Chile", pour tout ce qui se technique de la musique; seule compte l’émotion véhi- dégageait des textes et de la musique. Puis il y a eu Pink culée." L’école Atla, où il a suivi une formation durant Floyd, Led Zeppelin, les Doors, mais aussi la musique trois ans ? "Les profs me demandaient des devoirs, ce jamaïcaine des années 70, Bob Marley etc. C’est une n’était pas mon truc..." Lui apprend l’instrument en époque où la musique était "suée" et, en même temps, spi- jammant dans les couloirs avec ses futurs acolytes rituelle. A mes yeux, le rock psychédélique, ce n’est jamais et en courant, le soir, les cafés-concerts de la ca- que la musique spirituelle occidentale." Syncrétiques pitale. A chacun ses gammes. Plus qu’un disque, ce Seventies. Highway to Pray raconte en filigrane, avec fièvre par- fois, le parcours atypique d’un musicien qui emprunte SOUL, SADDHU ses propres chemins. Autoroute ? Non, "autoroots".
& SIDDHARTHA
On l’aura compris, chez ce jeune artiste talentueux, la musique est avant tout affaire de résonance. Celles Texte : Ben / Photos : Gaël Rapon de ses guitares et de ses chants, celles plus intérieures Peinture visage : Lorca Maubourguet d’un homme au carrefour d’une carrière prometteuse. Groove funky, transes folk hypnotiques, ballades www.facebook.com/IDHAI souterraines, cris catharsis et mélopées soul habitées, https://soundcloud.com/idhai
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A L’AFFICHE
TOMMY
EMMANUEL
© Simone Cecchetti GUITAR PICKERS UNLIMITEDT ommy Emma n ue l a s ouve n t e n re g i s t ré e n d uo a ve c d e s p a rt e n a i re s : C h e t At k i n s , M a rt i n T a y l or, F ra n k Vi g n ol a e t b i e n d ’ a ut re s . P ourt a n t ,d e p a rt e n a i re s t e l s que J a s on I s b e l l , M a rk K n op f l e r , R od n e y C rowe l l , R i ck y Sk a g g s , D a vi d G ri s ma n , J D Si mo e t J orma K a uk on e n , a ve c s on n ouve l a l b um, A c c o m plic e O n e, i l a b ord e a ve c a mb i t i on un f ocus mus i ca l e n core p l us é t e n d u e n comp a g n i e p our n ’ e n ci t e r que que l que s - un s . I n t e rvi e w f a ce à f a ce e t s ouri re i n t é ri e ur.
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Ecrire des chansons, comme sur It’s Never Too Late, demande beaucoup d’inspiration, puis il faut attendre longtemps avant de la retrouver. Entre- temps, j’ai enregistré quelques albums de duos avec Ian Cooper, Ian Date et David Grisman, ainsi qu’un live au Ryman Auditorium. L’idée de départ était d’écrire de nouveaux arrangements de stan- dards et ensuite de les enregistrer avec mes invités en les laissant improviser. Ce qui semblait facile au départ a pris deux ans avant d’être complété, en tenant compte des agendas de chacun… © David Ghar-Sony BMG
"J’AI TOUJOURS PENSÉ,
COMME LES PAUL ET
CHET ATKINS, QUE
DJANGO ÉTAIT NATUREL-
LEMENT PROCHE DES
SONS DU WESTERN
SWING. CELA S’ENTEND
DANS NOTRE VERSION…"
Quelle était votre méthode pour travailler avec autant d’artistes différents ? Il aurait été plus simple pour moi de simplement enregistrer les titres en solo et d’envoyer ensuite des MP4 à chacun, avec des instructions. C’est de cette manière que sont réalisés la plupart des albums de collaboration aujourd’hui, mais je voulais un contact réel, seul en studio avec chacun d’eux. Après avoir finalisé ma liste, je les ai appelés pour savoir quand ils seraient de passage à Nashville, disponibles et avec du temps libre. Cela nécessitait plus de temps et de travail, mais le résultat est authentique et bien meilleur ; cela s’entend comme, par exemple, avec Jason Isbell sur "Deep River Blues" de Doc Watson. Jason est l’un des jeunes artistes que je préfère ; il a joué avec les Drive By Truckers, avant de chanter et jouer avec son groupe d’accompagnement, The 400 Unit. Sur "Deep River Blues" que tout le monde Le titre complet de l’album est CGP/Accomplice j’ai choisis pour ce disque sont quelques-uns des connaît, Jason a réussi à faire passer un feeling très One. CGP est la distinction que vous accorda Chet meilleurs que je connaisse et ceux qui m’inspirent actuel, après les tempêtes que nous avons connues Atkins ? le plus. cette année. La façon dont il chante "Let the Wind Certified Guitar Player ! C’est bien plus qu’un titre just sweep along…" (Et que le vent efface tout) honorifique, Chet ne l’a décerné qu’à cinq guita- Quelle était l’idée de ce nouvel album, après le projet est du pur blues. Cela ne se serait pas produit si ristes, dont Jerry Reed, Marcel Dadi et moi-même. très personnel qu’était It’s Never Too Late, datant Jason avait posé sa voix sur un MP4 enregistré "Accomplice One" signifie que les partenaires que de deux ans ? en Pro Tools.
AC #60 • 13
© Simone Cecchetti Où avez-vous enregistré ? vient qu’à la fin du morceau. Nous voulions que Est-ce dans la même optique que vous avez joué avec Dans mes deux studios préférés : OmniSound notre version ébouriffe à la fois les gardiens du fin- JD Simo "Sitting on the Dock of the Bay" d’Otis Red- à Nashville et Tunesmith Studios à Goodletts- gerstyle qui considèrent que Jimi Hendrix n’a rien ding avec une rythmique reggae ? ville, Tennessee. Mark Knopfler tenait à être à voir avec le picking, mais aussi les puristes hendri- Non. C’est un arrangement auquel je pensais depuis sur l’album, mais ne pouvait malheureusement xiens qui ne connaissent que l’électricité… longtemps, une direction naturelle venue plutôt de pas quitter Londres. C’est moi qui suis allé le La Nouvelle Orléans que des Caraïbes. JD Simo voir, lors d’une visite à mes filles qui habitent "CHET ATKINS M’A était parfait pour cela, il est capable de tout jouer l’Angleterre. Je suis arrivé dans ses studios de car il a longtemps été musicien de studio à Nash- British Grove, Mark avait écrit ce titre spécia-
APPRIS TELLEMENT DE
ville. Je le connais depuis longtemps et je l’ai choisi lement pour nous, "You Don’t Want to Get One CHOSES QUE J’EN AI aussi pour jouer sur le titre "Wheelin’ & Dealin’" of Those", une mélodie jazz qui rappelle les duos
ENCORE POUR DES
avec Charlie Cushman au banjo et à la guitare. de Chester & Lester (Chet Atkins et Les Paul, C’est du bluegrass, mais JD Simo est tout aussi ndlr). J’ai tout de suite accroché et nos styles de ANNÉES AVANT DE LES efficace dans ce domaine, même si le public ne le jeu s’accordaient totalement. Tout a été enre- AVOIR TOUTES TRIÉES." connaît que pour le rock psychédélique qu’il joue gistré, mixé et masterisé en 90 minutes ! "Keepin’ it Reel" a été enregistré avec un autre guitariste britannique, Clive Carroll. Clive Carroll est un jeune guitariste anglais que j’écoute depuis ses débuts parce qu’il est l’un des plus purs héritiers du style John Renbourn. Avec lui, j’ai voulu aller au plus profond de la tradition du british folk, tout simplement avec un "Reel", une danse traditionnelle, semblable au Morris Dancing. Sur "Purple Haze" de Jimi Hendrix, vous jouez avec le spécialiste du dobro, Jerry Douglas. Quelle était votre idée ? Là aussi, c’est allé très vite, une prise et c’était bon. Nous nous sommes bien amusés. Il y a quelques années, Jerry et moi, nous nous som- mes rencontrés en backstage et nous avons com- mencé à parler de notre admiration mutuelle pour ce titre. Je pensais qu’il fallait l’enregistrer tôt ou tard. Evidemment, nous ne suivons pas les chemins les plus évidents, le riff d’intro ne © Simone Cecchetti
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avec son power-trio, Simo. Nous avons enregistré Frank Vignola et nous l’avons enregistré sans répé- plusieurs autres titres ensemble, qui ne sont pas sur ter, sans idée préconçue. J’ai toujours pensé, comme l’album. C’est aussi le cas avec mes autres complices, Les Paul et Chet Atkins, que Django était natu- il y a assez de titres pour un volume 2, et même rellement proche des sons du western swing. Cela une trilogie! Il y a d’autres artistes avec qui je voulais s’entend dans notre version… travailler, mais qui n’étaient pas disponibles à ce moment-là, et j’espère jouer avec eux sur le prochain Quelles guitares avez-vous utilisées ? volet. En attendant, je suis fier de ce premier volume Mes Maton Signature. Sur quelques prises, j’ai et je serais vraiment ravi que cela devienne une joué sur une Martin D-28 et une OM acoustique série de disques. du luthier David Taylor. J’ai sorti ma Telecaster 66 pour "Borderline", où l’électricité était nécessaire. Cet album comprend également une de vos compo- J’ai fini les pistes moi-même en jouant de la basse sitions. D’où vient "Rachel’s Lullaby" ? sur un bon nombre de titres ; c’est une situation que Je l’ai écrite pour ma fille qui a quatre ans main- j’apprécie car la piste de basse peut faire ou défaire tenant. C’est une berceuse, mais avec des détours un morceau en post-production. inattendus, comme lorsque l’on regarde une jeune enfant rampant à quatre pattes sur le plancher. Sur Vous avez créé un label spécial pour cet album, The ce titre, mon partenaire est Jake Shimabukuro. Players Club. Quelle est sa ligne artistique ? C’est un virtuose de l’ukulélé, originaire d’Hawaii, © Simone Cecchetti Enregistrer les musiciens qui le méritent, sans con- qui joue dans tous les styles, jazz, blues, funk, fla- trainte abusive quant à la commercialisation, avec menco ou bluegrass. d’un pied de nez ou d’un quelqconque exercice iro- un juste équilibre entre la créativité et le bon sens. nique? C’est important parce que les musiciens de Nash- Sur "Watson’s Blues", vous jouez avec David Grisman Non ! Je suis un fan de Madonna. "Borderline" se ville sont souvent ignorés du reste du monde. Un et Bryan Sutton. Pourquoi avez-vous choisi ce titre? prêtait bien à un arrangement de ballade country. guitariste comme le regretté Grady Martin ne de- Parce qu’il a été écrit par Bill Monroe pour Doc C’est sensuel. L’idée m’a été suggérée par une artiste vrait jamais être oublié. Watson! Il était évident que la mandoline de David suédoise, Theresa Andersson. Amanda Shires était Grisman serait parfaite, mais j’ai également contacté à Nashville au bon moment. Etre fédérateur comme vous l’êtes et devenir produc- Bryan Sutton qui est le maître actuel - avec Tony teur, est-ce là l’influence de Chet Atkins ? Rice - du flat-picking. Bryan a été nommé "Guitar Vous abordez Django Reinhardt avec "Djangology" C’est certainement quelque chose que je considère Picker of the Year" ces dix dernières années ! en compagnie de Frank Vignola et Vinny Raniolo. comme très important, mais là encore, Chet Atkins Un grand moment ? m’a appris tellement de choses que j’en ai encore Vous reprenez "Borderline" de Madonna avec la Nous étions dans un festival en Europe, et ce con- pour des années avant de les avoir toutes triées. violoniste et chanteuse Amanda Shires. S’agissait-il cert était enregistré. J’ai indiqué "Djangology" à Romain Decoret
INTERVIEW
© Francesco Cabras Après vos deux précédents disques studio, Elysium et OPUS & celui que vous avez consacré aux Beatles en enregis- trant à Abbey Road, quel est le thème de cet Opus ? Je n’ai pas suivi un concept ou un thème particu- HAPPINESS lier, j’ai juste commencé à composer suivant mon L e g ui t a ri s t e qui j oua a us s i b i e n a ve c R e t urn T o F o re ve r, J oh n M cL a ug h l i n qu’ a ve c inspiration du moment - ou des moments -, sans Jimmy Page est de retour avec un disque intitulé tout simplement Opus, qu’il définit essayer de suivre une ligne particulière. Pour la pre- l ui - mê me comme l e p re mi e r a l b um d e l a p l é n i t ud e . En t re t i e n e t ré vé l a t i on s . mière fois de ma vie, j’ai écrit pendant une période
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qui me venait à l’esprit. C’est toujours une émotionqui me guidait, et implacable.moi, je crois que cela apparaît en filigrane dans ma Opusplutôt qu’une froide réflexion logique marque une nouvelle ère pour AL DI musique. Vos inspirations musicales sont très diverses, maisl’émotion et la plénitude ressortent particulièrement dans "Left Unsaid" et "Ava’s Dream Sequence Lul- MEOLA laby"...."Left Unsaid" est une pièce que j’ai écrite tard dansla nuit, dans le salon de notre maison de Miami. C’est là que je compose le plus, pendant que mafemme et notre petite fille dorment dans la pièce à côté. Ce titre représente un moment de bonheuret de paix qui ne peut pas être décrit par des mots. Je l’ai enregistré sur une guitare acoustique. "Ava’sLullaby" m’est venu à l’esprit en regardant ma fille qui dansait en entendant de la musique. A l’origine,j’ai pensé à une berceuse dans le style de Paul Mc Cartney, mais à partir de là, c’est devenu une suiteinstrumentale en plusieurs mouvements. "Notorious" et "Rebels" se rapprochent du rock. C’estétonnant de votre part... Quand j’ai écrit "Notorious", je pensais à unesituation où Led Zeppelin rencontre Al Di Meola. J’ai joué avec Jimmy Page et nous avons échangé desinformations personnelles, qui demandent beau- coup de temps pour être décodées... "Rebels" est "POUR LA PREMIÈRE FOIS DE MA VIE, J’AI ÉCRIT un mini pop-opéra, dans lequel je me souviens dediverses époques. En terme de métrique, cela com- PENDANT UNE PÉRIODE OÙ JE SUIS HEUREUX." mence en marchant de St Marks Place au Fill-more East, avec l’encens de la période hippie, puis un trajet en moto sur la 4pour arriver à Miami dans le quartier de Littleème rue de l’East Village Havana, avec les rythmes cubains. J’ai sorti ma PaulReed Smith et une Les Paul 59 pour jouer ces pièces. Dans un tout autre ordre d’idée, "Ceretto Sannita"ressemble à une tarentelle italienne traditionnelle. Quelle en est l’inspiration ?Ce sont mes origines italiennes. Je ne les ai décou- vertes entièrement qu’il y a deux ans. Ma femmem’avait fait une surprise avec un voyage en Cam- endroits, où mon grand père avait vécu avant des’établir à New York. J’ai été nommé citoyen hono-panie, dans le village de Ceretto Sannita et d’autres raire, c’est l’une des grandes émotions de ma vie.Je ne m’attendais pas à être aussi bien reçu, encore moins à rencontrer autant de Di Meola ; l’un d’entreeux est d’ailleurs musicien. Curieusement, j’ai écrit musique était parfaitement adaptée à ce qui m’ est"Ceretto Sannita" avant de partir en Italie, mais la où je suis heureux, profondément. Je viens de me que tout a changé, il me semblait juste de traduire n’est pas la seule musique locale en Campanie…ensuite arrivé durant ce voyage. Même si la tarentelle riode où le bonheur est entré dans ma vie. Il n’ena pas toujours été ainsi lorsque j’expérimentais,marier, nous avons eu un autre bébé, c’est une pé- cela musicalement. Une de vos signatures est l’utilisation de rythmes et musicalement et personnellement. J’ai connu des Comment avez-vous composé cet album ? métriques sophistiqués dans des contextes différents. Là aussi, c’était différent. Je n’avais pas à m’asseoir Vous avez écrit des titres dans cette optique ? tout le stress que cela implique, et je ne m’en suissorti que grâce à la musique. Alors, maintenantmoments très difficiles psychologiquement, avec gation immédiate. Je pouvais prendre ma guitarepour composer dans l’urgence. Pas de stress ni d’obli- Pas volontairement. Cela vient ensuite, en perfec- et laisser venir la première idée, le premier phrasé fois à l’opposé total du rythme final. Par exemple,j’avais composé "Broken Heart" pour un orchestre.tionnant la pièce. La mélodie et le phrasé sont par-
AC #60 • 17
© Francesco Cabras J’ai approché cette nouvelle version de manière Qui sont les musiciens qui vous accompagnent sur cet Et vos musiciens de tournée ? plus lyrique, avec la guitare électrique comme album ? Ils sont avec moi depuis longtemps : Fausto Bec- voix principale sur un nouveau rythme aug- Le batteur s’appelle Richie Morales, un spécialiste calossi et Peo Alfonsi, qui joue aussi de la guitare menté. Un autre exemple est "Frozen in Time" des rythmes sud-américains autant que du jazz. en duo avec moi. Ils sont présents sur mon album que j’ai écrit à 5h du matin. Cela m’est venu Le pianiste est Kemuel Royg, l’un des meilleurs Mediterranean Sundance et ils ont enregistré plu- tellement naturellement que j’ai réalisé qu’il pianistes cubains contemporains. Je l’ai entendu avec sieurs disques de leur côté, comme Africana et Am- fallait que je le note immédiatement sur parti- son Afro-Cuban Quartet, et il est devenu un par- mentos. L’important est d’avoir un groupe soudé en tion. Puis, autour de cette mélodie, j’ai travaillé tenaire idéal pour moi en studio. tournée, parce que la partie la plus difficile est de un mouvement en arpèges harmoniques en 5/4. répéter suffisamment pour être parfaits chaque soir. Le plus difficile a été de garder les arpèges en Un concert nécessite environ deux heures de répé- rythme avec la mélodie. Dans le même ordre
L’ARSENAL D’AL
tition avant le show du soir. Il y a des musiciens stars d’idée, "Insieme" est une composition plus com- qui ne supportent pas ce rythme de travail, Fausto plexe, syncopée et en plusieurs parties, avec un "Ma guitare classique est une Conde Hermanos et Peo l’acceptent très bien. C’est une philosophie contrepoint qui m’a demandé pas mal de temps que j’amplifie sur scène avec un préampli VG8 différente du travail de musicien. et de travail. et un micro acoustique Neumann. Mes autres modèles acoustiques sont une Felipe Conde Avec qui avez-vous récemment jammé ? Enf in, il est diff icile de ne pas citer le Nuevo Signature Al Di Meola, à pan coupé, une Godin J’aime jouer avec des guitaristes de rock parce Tango, qui est une partie importante de votre qu’ils ont un public jeune qui les inspire. J’ai déjà évolution musicale… Multiac à cordes nylon et une Martin D-18 cité Jimmy Page, mais je joue aussi avec Joe Bona- D’abord le Tango lui-même. "Escapado" est une de 1948. Depuis une dizaine d’années, je suis massa et d’autres. J’estime qu’il est important de pièce qui vient directement de l’influence du revenu partiellement à la guitare électrique avec leur donner des conseils ; ils n’ont pas la même tango. Durant l’enregistrement, ce titre est celui ma PRS Custom 24 et ma Les Paul 59. Pour expérience que moi. Jimmy Page excepté, ils sont qui a connu le plus de changements, quasiment les amplificateurs, Fuchs, mon voisin dans le souvent encore très jeunes, avec vingt années de à chaque prise. Le résultat final ne peut pas être New Jersey, me fabrique un combo Overdrive pratique seulement… décrit par des mots, je pense que chaque audi- Supreme, et j’utilise aussi une tête Howard teur en retirera une impression particulière. Dumble Overdrive Special avec un baffle 2 x 12. Avez-vous un conseil pour nos lecteurs ? Disons que c’est beaucoup plus technique que J’ai un pédalier avec Fulltone Overdrive, Hilton Ecoutez des guitaristes qui vous inspirent, jouez "Milonga Noctiva : Wandering in the Dark", Volume Pedal, Delay MXR Carbon Copy, Skreddy sur leurs disques et restez toujours conscients du qui dérive du côté beaucoup plus émotionnel rythme. Tapez du pied et n’arrêtez pas, sinon vous du Nuevo Tango. Echo, Xotic Booster & Compressor et un octaveur ralentirez sans vous en apercevoir. Taurus Dexter." Romain Decoret
18 • AC #60
A L'AFFICHE
PHILIP
20 • AC #60© Wim Van EesbeekCATHERINE
"LA PIÈCE "NOBURL" EST
UNE ÉTUDE DE MODES.
CHAQUE ACCORD
A UN MODE DIFFÉRENT :
LYDIEN, IONIEN,
MYXOLYDIEN…
ET ÇA SE TERMINE PAR
UN ACCORD LOCRIEN."
JUBILÉ
Wa rn e r M us i c cé l è b re e n b e a ut é l e s 75 p ri n t e mp s d e P h i l i p C a t h e ri n e e n ra s s e mb l a n t s e s a l b ums d e s a n n é e s 70 e t d é b ut 80, d e p ui s l on g t e mp s i n d i s p on i b l e s ( cof f re t 5 C D S elec t ed Wo r k s 1 9 7 4 -1 9 8 2 ) . Un e p é ri od e e s s e n t i e l l e d a n s l e p a rcours d u g ui t a ri s t e , d ura n t l a que l l e i l s ’ e s t i mp os é comme un e d e s f i g ure s ma j e ure s d u j a z z e urop é e n . P e t i t e vi s i t e g ui d é e , e n comp a g n i e d u ma î t re d e cé ré mon i e .
SEPTEMBER
MAN
1974 LE TITRE
"Cette année-là, en re- LE GROUPE venant de Finlande, "Je jouais avec plein de gens Charlie Mariano m’a différents à cette époque-là. dit : "Ecoute, j’ai un gig Et j’avais un désir de faire pour toi là-bas, tu peux quelque chose qui me sem- aller jouer… Il y a une blait un peu "différent"… radio, un club et un work- Différent de quoi ? On ne shop à faire." Et Charlie m’a également proposé jouait pas des standards. Je venais de travailler avec une autre affaire, tout ça pour le mois de septembre. le trompettiste Palle Mikkelborg au Danemark, où Alors je lui ai dit comme ça : "You are my September j’avais été soliste pour un de ses concertos. J’écoutais Man !" On a rigolé un peu et je me suis dit : ça c’est pas mal Miles à cette époque. J’avais déjà joué un un chouette titre !" an avec Joachim Kühn et Jean-Luc Ponty. Quand j’ai entendu John Lee (basse) et Gerry Brown (bat- LA COMPO terie) en 1973 à Berlin, qui étaient venus faire le "Le titre "September Man" est un petit morceau bœuf dans un club où je jouais, j’ai été tout à fait inspiré de McCoy Tyner en fait, une même phrase séduit par cette rythmique-là… Et comme à l’époque qui se répète, une fois en Ré mineur, une fois en on avait déjà commencé Pork Pie, avec Jasper Van’t Sol mineur, et une fois avec la dominante. Mais la Hof (claviers) et Charlie Mariano (saxophone), j’ai phrase reste la même, ce sont les accords qui bou- fait appel à eux. Je sentais une musique comme ça… gent. Les mêmes notes sonnent selon l’accord qui Je dois beaucoup à Palle pour cet album. Il n’y a est en dessous. Et comme c’est joué assez vite, ça pas plein de solos de guitare, c’est plutôt un disque passe bien… Je l’ai enregistré à la maison celui-là, où je pensais "groupe"." sur mon Teac 4 pistes."
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GUITARS
1975
HOMECOMINGS
"Dans September Man, il y avait trois morceaux comme ça, où j’avais d’abord enregistré les gui- tares, sans batterie et sans basse. Avec Marc Moulin (son producteur, ndlr), on trouvait que c’était un chouette concept de faire un disque où je jouerais plutôt comme ça, plein de guitares, en overdub, pour créer cette ambiance spéciale. C’était la seule façon que j’avais pour exprimer ce type de musique… Mais comme John Lee et Gerry Brown étaient de nouveau en Europe cette année-là, j’avais quand même envie qu’ils soient présents sur le disque. Mais sur le titre "Homecomings", c’est moi qui joue la basse." © Jos L. Knaepen
NOBURL
"La pièce "Noburl" est une étude de modes. Chaque accord a un mode différent : lydien, ionien, myxo- lydien… et ça se termine par un accord locrien. C’est la même grille que celle de "Five Thousand Policemen", qui s’appelait à l’origine "Burlesque". D’où "Norburl", pour lequel je n’avais pas de nom : "pas burlesque"!"
SOLO BREMEN
1979 & 1982 INÉDIT
RENÉ THOMAS
"Dans le thème "René Thomas", Charlie expose BABEL ET PETIT NICOLAS la mélodie, moi je fais les arpèges derrière, à "Après Guitars, il y a eu les disques avec Larry Coryell la guitare classique. C’est Jo Van Wetter, mon (Twin House et Splendid, respectivement en 1977 et second professeur de guitare, qui m’avait prêté 1978, ndlr). Dans l’esprit de Guitars, j’ai travaillé la sienne. C’était juste après la mort de René. avec Peter Schulze, directeur de la section jazz à Il y a même un ou deux clichés de lui que je Radio Bremen, qui m’a invité à faire une production "Babel"), et encore quelques morceaux deux ou reprends là-dedans." solo. Donc j’ai fait deux jours en 1979 (un an avant trois ans après. J’ai fait ça avec beaucoup de plaisir. Je m’entendais très bien avec Peter, qui plus tard m’a fait connaître le guitariste turc Erkan Ogur, un magnifique musicien. C’est là que j’ai enregistré les MARC MOULIN premières versions de "Babel" et de "Petit Nicolas" (Producteur de September Man et Guitars) (qu’on retrouvera dans l’album End of August, "Avec Marc, on avait un groupe à la fin des années 60. Sacha ndlr). Dans ce genre de production, je me sentais Distel, qui nous avait entendus, m’a proposé un contrat de "authentique avec moi-même"." disque. C’est là que j’ai fait Stream (premier album sous son nom, paru en 1972, qui vient d’être réédité au Japon, ndlr), GUITARE D’ÉTUDIANT avec Marc et trois autres super musiciens belges. Marc était "En 79, j’avais encore ma guitare fretless, on me quelqu’un qui avait une très grande culture, une sorte de l’avait pas encore volée ! J’avais la guitare synthé "Boris Vian belge". Il écrivait des livres, des pièces de théâtre, GR 500 de Roland, et ma guitare Yamaha acous- il avait une rubrique dans un journal… Il possédait une tique, avec laquelle j’ai enregistré la plupart des collection de vinyles incroyable, parce qu’il écoutait plein morceaux dans Twin House. Une Yamaha bon mar- de trucs très différents. Un peu comme moi à l’époque. ché. J’avais acheté une Martin pour enregistrer cet J’écoutais beaucoup les Beatles, James Brown, Crosby, album, mais finalement, j’ai utilisé ma petite guitare Stills & Nash, Jimi Hendrix… C’est grâce à Marc que j’ai d’étudiant, pour le disque entier ! En fait, c’est une eu ce contrat chez Atlantic/Warner France, avec Bernard de Bosson. Il a eu un rôle un peu de producteur pour "mauvaise" guitare acoustique, mais je l’aimais bien. moi, mais de manager aussi. C’était aussi un très bon C’est la seule que j’avais d’ailleurs… Je l’ai même compositeur. J’ai perdu un très grand ami quand il est mort, montrée plus tard à d’autres guitaristes, qui m’ont il y a dix ans maintenant." dit : "Mais elle est infecte cette guitare ! C’est quoi ça ?" © DR(rires)"
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BABEL là. J’ai été mangé avec lui, et picolé aussi ! Je lui ai 1980 dit que je faisais un disque qui s’appellerait Babel. Il trouvait que c’était génial comme titre. Et alors, JEAN-CLAUDE PETIT il m’a dit qu’il y aurait un A pour ceci, un B pour "Il y a la patte de Jean-Claude Petit, qui a fait un cela, etc. J’ai complètement oublié ce qu’il m’a ra- travail extraordinaire sur mes maquettes. Je l’ai connu con-té, mais ça avait l’air très intéressant!" (rires) grâce à Charles Orieux, un ami tromboniste français qui habitait à Berlin. Parce qu’en 1973, j’ai travaillé END OF AUGUST neuf mois dans l’orchestre de la radio de Berlin 1982 Ouest, la SFB… C’est comme ça que le projet s’est fait. Jean-Claude venait souvent à Bruxelles "ramas- ser" mes maquettes, et il faisait des arrangements, en travaillant très fort, notamment pour "Magic Ring", le morceau avec les cordes. Comme il aime bien le contrepoint, là il a mis le paquet… C’était une période un peu dingue de ma vie. Heureusement hautbois… Un jour, j’étais avec Alphonse Mouzon que Jean-Claude était là pour me tenir un peu dans quelque part dans un club de jazz, et voilà que ce les rails. Je l’en remercie beaucoup !" morceau, "Dinner-Jacket", passe, très fort. Il était convaincu que c’était un disque d’Herbie Hancock!"
DINNER-JACKET
"Il y a de l’overdub aussi évidemment dans cet al- GUY BÉART bum-là. Dans "Dinner-Jacket" et "Janet", je joue "Jean-Claude m’avait prêté sa maison à Suresnes. même une guitare-synthé, qui sonne comme un Un jour, j’ai rencontré Guy Béart qui passait par
"J’AIME BIEN JOUER AVEC UNE STRUCTURE SIMPLE (…) TRILOK GURTU
"Grâce à Charlie Mariano, j’avais découvert ce per-
JE DONNE QUELQUES CONSIGNES ORALEMENT, MAIS
cussionniste indien qui habitait près de Bonn, qui CE N’EST PAS DE LA MUSIQUE OÙ IL Y A 50 PAGES À LIRE." n’était pas très connu à l’époque. Tout ce qu’il a fait est fantastique. Par rapport à Babel, le disque sur lequel j’ai passé le plus de temps en studio dans ma vie, End of August a été enregistré très vite, comme September Man."
GOODBYE
"Il y a ce thème de Gordon Jenkins, "Goodbye", que j’avais envie de jouer. Je venais de faire une tournée d’une quinzaine de jours avec Benny Goodman et d’une rythmique danoise. Il terminait toujours son concert par ce thème-là. C’est comme ça que je l’ai appris. J’accompagnais Charlie, et Toots (Thielemans) est venu dans le studio. C’est son pre- mier enregistrement après son AVC. Toots joue "Goodbye" avec Charlie, il y a cet échange entre eux… et moi, je fais les quatre temps. J’ai beaucoup écouté Freddie Green."
GUITARES VOLÉES
"A cette époque-là, j’avais une Ovation. Mais ces guitares-là m’ont été volées quand j’ai joué à Paris avec Trilok… On m’a volé ma guitare fretless, ma Les Paul noire - avec laquelle j’avais enregistré Gui- tars et September Man -, et l’Ovation qu’on m’avait prêtée, parce que j’en avais perdu une autre juste avant !"
LES CONTRAINTES ET LA LIBERTÉ
"J’aime bien la musique à la fois avec des contraintes et des libertés, qu’il n’y ait d’excès ni dans un sens, ni dans l’autre. J’aime bien jouer avec une structure simple et être libre à l’intérieur de cette structure, tout en la respectant. Je donne quelques consignes oralement, mais ce n’est pas de la musique où il y a 50 pages à lire - Babel étant une exception." © Johan Martens Ma x R o b i n
AC #60 • 23
INTERVIEW
© Jean-Pierre Sabouret
24 • AC #60
GOLDEN BLUE
Ses amis de The Roots l'avaient presque obligé à se lancer, mais depuis son premier album, Aaron Livingston, alias "Son Little", a plus que rattrapé son retard. Outre une longue tournée et quelques collaborations, il a trouvé le temps de produire Mavis Staples, ce qui lui a valu un Grammy pour le titre "See That My Grave is Kept Clean". Avec un deuxième album, New Magic, aussi éclectique (entre blues, gospel, pop ou électro, faites votre choix) que dépouillé, ce "fils petit" impressionne plus que jamais. qui avait enregistré, surtout sur le chant. Je ne fais acoustique. C'est particulièrement appréciable preuve d'aucune auto-complaisance. Croyez-moi, je lorsqu'on introduit des sonorités modernes, électro suis plus sévère envers moi-même que le serait n'im- ou autres... Cela dit, ces derniers temps, je me suis porte quel autre producteur. Même Phil Spector remis à jouer avec quelques effets étonnants et il y passerait pour un gentil garçon à côté de moi (rires). a de fortes chances que le prochain album soit axé Entre le moment où je compose, avec juste une gui- sur la guitare électrique. tare acoustique, un crayon et du papier, et le mixage Pour préparer New Magic, tu as eu besoin d'effectuer final, il se passe énormément de choses. C’est pas- Quel est ton rapport technique instrumentale ? une retraite dans la nature australienne avec juste sionnant ! Il y a quelque temps, j'ai vu jouer Eric Krasno et une guitare acoustique. Pour toi, ce deuxième album j'ai presque eu envie de ranger définitivement ma était donc bien plus qu'une simple formalité, à une Tu composes toujours avec une simple guitare acous- guitare ! J'étais écœuré. Il joue avec une rapidité et époque où l’on n'aborde de moins en moins la musique tique, mais, aussi sobre que soit ta musique, c'est tous une précision redoutables, mais en donnant de l'émo- sous ce format... sauf du folk... tion à chaque note, chaque son. C'était comme s'il Je continue à respecter un format qui m'a permis de J'essaie toujours de préserver la guitare acoustique, s'adressait directement à ton esprit avec sa guitare... découvrir tous les artistes que je respecte. Un album même si, au final, on ne la perçoit pas toujours... C'est un don, mais je ne me décourage pas, je vais doit rester quelque chose d'important et, lorsqu'on Le premier album privilégiait l'électrique, mais j'ai continuer à bosser et peut-être qu'un jour, je serai aborde le deuxième, on ne doit rien laisser au hasard. depuis réalisé qu’on a plus de liberté avec les arran- capable de jouer comme ça, mais je crois que ce sera Quand on sort un premier disque, les gens ne vous gements en suivant la direction laissée par la guitare quand j'aurai 80 ans (rires). Là, j'irai le voir en fau- connaissent pas, il n'y a pas d'attente particulière. teuil roulant et je lui dirai : "Tu vois, gamin, je t'avais On se sent d'autant plus libre qu'on n'a qu'une très bien dit que j'y arriverai !". vague idée de ce que l’on fait. Ce n'est qu'arrivé au deuxième que l'on est confronté à des problématiques Tu es du genre optimiste, on ne sait même pas com- plus sérieuses. Mais j'ai essayé de ne pas trop me © Marc Lemoinement on jouera ni même comment on écoutera de la poser de questions. La règle principale reste la même musique d'ici là... qu’à mes débuts : écrire et enregistrer les meilleures Tu as raison, les temps ont changé. Il n'y a pas long- chansons possible. temps, j'ai rencontré un gosse de 14 ou 15 ans, tout content de faire ma connaissance. Il m'a dit avec Pour quelles raisons as-tu préféré assurer presque excitation qu'il écoutait ma musique à longueur de tous les rôles, de l'écriture à la production, en passant journée. Je lui ai demandé depuis quand et il m'a par l'essentiel de toutes les parties instrumentales ? répondu : "Deux semaines." Et ça lui paraissait nor- Au moins, c'est plus vite fait quand on doit remplir mal... Les choses vont vite dans un sens ou l'autre, la paperasse pour les crédits (rires). Mais j'ai quand de nos jours. J'ai eu la chance de découvrir la mu- même invité pas mal de chanteurs. Tout faire moi- sique à une époque où tout se développait beaucoup même représente un énorme travail, mais j'aime plus lentement. Je dis ça, mais, en y réfléchissant, chacun de ces domaines. Il n'y a aucune autre expli- la carrière discographique de Jimi Hendrix s'étale cation. Je prends du plaisir aussi bien à jouer de la sur à peine plus de trois ans, celle des Beatles sur sept. guitare qu'à chanter ou qu'à passer des heures sur une Et, en moins de deux ans, de 1966 à 1967, ils ont console... Sur New Magic, je me suis notamment sorti des albums aussi incroyables et différents que énormément investi sur les parties de basse. C'était Rubber Soul, Revolver et Sgt. Pepper's Lonely Hearts une de mes priorités pour rendre l'ensemble cohérent, Club Band. Comme quoi, tout est relatif... alors que je passe d'un style à l'autre. Jean-Pierre Sabouret Tu as prouvé tes compétences de producteur avec Mavis "JE SUIS PLUS SÉVÈRE ENVERS MOI-MÊME Staples, mais comment garde-t-on une certaine objec- tivité en se produisant soi-même ? QUE LE SERAIT N'IMPORTE QUEL AUTRE PRODUCTEUR. C'est un processus assez schizophrénique, mais j'ar- MÊME PHIL SPECTOR PASSERAIT POUR UN GENTIL rive à me corriger comme si c'était quelqu'un d'autre GARÇON À CÔTÉ DE MOI (RIRES)."
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INTERVIEW
© DR
TOUT SAUF DES ZOZOS
Entre shuffles agricoles et grooves urbains, mélopées soul et flow hip hop, disto rock et guitare slide, ce sextet lyonnais fondé en 2006 dépoussière le répertoire de papy blues. La preuve avec son troisième album, That Thing (Grolektif Productions/L’Autre Distribution), une plongée à la fois savante et dansante dans les satellites de la musique noire américaine et de la note bleue. Entretien avec le leader de ce big band explosif, Manouche Fournier - son véritable prénom même s’il n’est pas manouche ni ne fraye avec la scène gypsy jazz. Lui ne lorgne que les rives de l’Atlantique. Vous qualif iez votre musique de "blues agricole "Blues agricole urbain" était le titre du premier album, Unis, j’ai monté un groupe avec les membres de urbain", pourtant ce nouvel album lorgne plus le qui sonnait très country-blues, c’est-à-dire blues Gnawa Diffusion. Comme j’arrivais avec mes guitares blues-funk et les brass bands jazz de La Nouvelle rural, mais dans cette appellation, les gens retiennent à résonateur et toute cette culture musicale amé- Orléans… surtout le terme de country. A mon retour des États- ricaine, l’idée était de mélanger ces sons d’époque
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avec leur culture plus urbaine. Cette expression blues agricole urbaine résumait parfaitement notre démarche. Depuis, on a beaucoup évolué, notam- © Anna Leray ment avec cette influence de La Nouvelle Orléans. Malgré son côté accrocheur, cette appellation nous a joué des tours : nous nous sommes notamment retrouvés à jouer dans des fêtes rurales car les orga- nisateurs n’avaient retenu que le terme agricole. On a même joué dans un village en Haute-Ardèche à la fête de la Reboule, qui est la fête des foins ! (rires) Comme le dit votre bio, " Zozophonic Orchestra offre un véritable ravalement de façade au blues du Deep South". C’est vrai que vous dépoussiérez pas mal ce répertoire avec des disto rock, des basses et des cocottes funky, des cuivres et un flow hip hop. En somme, un mariage de la tradition et de la mo- dernité… J’irais un peu loin que ça : j’ai un passé d’universi- taire, or quand tu commences à mettre le nez dans ce répertoire nord-américain (blues, soul, hip hop etc.), tu t’aperçois que c’est toujours la même his- toire, la même culture, mais qui se joue à des époques différentes. Par exemple, les liens entre le blues et le hip hop sont très étroits malgré ce que l’on croit, et cela permet de mêler les esthétiques, comme la
"JE SUIS CERTAINEMENT
Quelles sont tes principales influences musicales, guitare slide et le phrasé hip hop. notamment dans le répertoire blues ? LE SEUL GUITARISTE AU Taj Mahal, incontestablement ! C’est un artiste qui En 1997, tu es parti aux États-Unis pour pour- MONDE À POSSÉDER UNE baigné dans la musique et qui a appris avec les suivre tes études universitaires sur la construction vieilles légendes des années 30. Il a dépoussiéré le de l'identité noire américaine à travers le blues et le
NATIONAL MANOUCHE !"
blues et lui a apporté beaucoup de modernité. Je fais aussi partie de ces gens qui vénèrent James Brown. jazz. Ce serait à ce moment-là que tu aurais décidé J’ai la prétention de pouvoir dire qu’un jour, j’aurai de laisser tomber ta thèse pour te lancer dans la mu- écouté et disséqué tous ses albums ! Il y en a quand sique. Peux-tu me parler de cette période ? même 135 disques, j’en suis au 85ème… Il a révolu- Après ma maîtrise à Lyon II, je suis en effet parti tionné la musique noire américaine, et la musique aux États-Unis pour continuer mes recherches sur tout court. Car, dans le blues, tu te confrontes per- l’identité noire américaine à Penn State et, paral- pétuellement à deux choses : primo à la tradition, lèlement, enseigner le français. Tout en jouant, par- dont les gardiens te disent : "Ce n’est pas comme ça ralèlement, de la musique dans divers groupes lo- que ça se joue", et d’autre part à la légitimité de jouer caux. En revenant en France, après un séjour de cette musique là : en tant que petit Blanc, né à Lyon six ans, j’ai choisi de me lancer dans la musique. A et élevé en Haute-Loire avant de partir aux États- la manière des critiques de cinéma qui rêvent de Unis, je dois souvent justifier ma passion d’une mu- devenir cinéastes, je rêvais d’être musicien, mais sique qui n’appartient pas à ma culture. Il n’y a là j’avais du mal de passer le pas, d’où le cocon uni- aucune aigreur, c’est humain et ça ne m’empêche au- versitaire... cunement de suivre ce chemin. Tu joues quel modèle de guitare à résonateur ? Une National style O. A l’époque, je cherchais une © Anna Leray National, mais je n’avais pas les moyens de me l’of- frir. Lors d’un voyage à New York, je me suis re- trouvé chez Mandolin Brothers. Il m’a demandé si j’étais collectionneur, non, et donc si je connaissais les modèles récents, moins chers. Du coup, il m’a mis en contact avec un luthier de chez National, et j’ai pu acheter mon modèle. Plus tard, je l’ai fait dé- monter par un luthier, en France, pour une répara- tion. A l’intérieur, surprise, on a découvert le dessin d’une petite fleur, qui tire la langue avec le mot "Ma- nouche". J’imagine que les gens de chez National avaient plusieurs modèles en construction et qu’ils les avaient nommés du nom de leur client pour ne pas les confondre. Je suis certainement le seul guita- riste au monde à posséder une National Manouche ! (rire) Ben
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ENTRETIEN
© Franck Louriau
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© Franck Louriau
VAITEANI
Couplefolk à la scène commeANTI-VAHINÉ percussions mélancoliques africaines. et les De accords à la ville, le duo navigue entre l’Alsace et Tahiti, les arpèges coquillages, comme le démontre leur premier album éponyme, sorti cet automne (Un Planla folk façon enjoués tiki, desans l’ukulélé, les clichés les rythmesde la vahiné polynésiens ni les sons et lesde Simple/ Sony). Vaiteani, c’est un gars et une fille, un capitaine et une sirène, des mélodiesgorgées de soleil et des textes tourmentés. Une autre bande-son de Tahiti, pas une carte postale. Comment ce duo est-il né ?Vaiteani : bourg en 2009, où je faisais mes études d’anglais, Nous nous sommes rencontrés à Stras- A chaque fois qu’on passait les tours de sélection,j’étais très étonnée par tous les retours positifs, mais puis nous avons monté le duo deux ans plus tard etparticipé au tremplin "9 semaines et un jour". En une fois dans les coulisses des Francofolies, ça a étéune révélation. La rencontre avec Laurent Voulzy a tant que lauréats, nous avons été programmés surla grande scène des Francofolies en 2012. A la base, été très importante : quand nous sommes descendusde scène,d’éloges. Il y a eu un déclic. il est venu nous voir et nous a fait beaucoup c’est Luc qui m’a encouragée à me lancer dans la Luc :musique… cachets de musicien, j’avais également deux emploissicologie à Strasbourg. Je suis Alsacien et je suivais un cursus de mu- A l’époque, je faisais quelques Voulzy vous a-t-il fait un retour sur votre reprisetrès chaloupée de "Belle-île-en-Mer" ?Vaiteani : de vacataire dans le milieu culturel, chanson qui parle de discrimination, du sentiment Non pas encore. J’aime beaucoup cette château car je suis fan de musique médiévale - j’aiétudié le luth renaissance durant trois ans. Quand dont un dans un des îliens de se sentir mis à l’écart du continent vial’océan, d’être stigmatisés à cause de leur couleur j’ai rencontré Vaiteani, cela faisait un moment queje voulais changer d’air, mes projets musicaux stag- de peau... Dans ma partie en tahitien, j’écris que lefait d’être séparée de mon île crée en moi une sorte naient un peu… Vaiteani a eu la possibilité de re-tourner enseigner l’anglais en Polynésie, de division, ce sentiment de me sentir séparée des Sur place, j’ai donné quelques cours de guitare, de je l’ai suivie. autres et surtout de moi-même. l’éveil musical et, rapidement, je suis tombé sur l’an-nonce du tremplin. Je lui ai proposée de participer. On qualif ie votre musique de "folk polynésienne",pourtant, elle se rapproche plus de la folk classique, La première fois qu’elle a joué en public, c’était doncdevant un jury et un public sur un plateau télé à d’une Tracy Chapman par exemple, que des chants mêmes, mais cela permet de donner la couleur gé-Luc : ou des rythmes polynésiens… Nouméa, en direct… Il fallait du cran ! Je l’admirebeaucoup pour ça. C’est une étiquette qu’on s’est accrochée nous- Vaiteani :eu de duo. Je ne me prédestinais pas à une carrière Sans l’insistance de Luc, il n’y aurait pas nérale. Le journaliste qui a écrit notre biographiea rajouté sur ce terme qu’une amie avait trouvé : musicale,per à ce concours à condition qu’on le fasse à deux. mais à devenir prof. J’ai accepté de partici- "polynésien folk, une appellation tout sauf contrôlée".On trouvait cette expression assez juste. C’est sûrqu’il y a une base folk dans notre musique, mais il
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y existe aussi un aspect fusion assez marqué. Même s’il y a quelques percussions polynésiennes, on ne joue pas le répertoire traditionnel. Je suis imprégné "EN REGARDANT LES de cette culture, toutes ces sonorités iliennes, no-
TABLEAUX DE GAUGUIN,
tamment via le ukulélé, mais c’est avant tout un métissage, notamment à travers mes influences afri- J’AVAIS VRAIMENT caines. J’ai écouté beaucoup de guitaristes maliens L’IMPRESSION QUE et je suis un fan du joueur de kora, Toumani Diabaté. Et de Jordi Savall dans un autre genre. LES FEMMES N’ÉTAIENT Vaiteani : C’est moi la Tahitienne, mais c’est Luc qui QUE DES VAISSEAUX VIDES, ajoute les touches sonores des îles et les couleurs ethniques.
DES FANTÔMES…"
Si la musique est à la fois mélancolique et enjouée, les textes, eux, sont plus sombres. Comme le dit votre bio, "il sera le clair, elle l’obscur". Vaiteani : C’est vrai que j’écris autour de thématiques assez mélancoliques, parfois tragiques, certainement pour les expulser… Luc : Elle a une sincérité poignante, elle se met vraiment à nu quand elle écrit et chante. Malgré les accords enjoués, la "musique de bringue" propre au répertoire tahitien, chez Vaiteani, il y a ce côté scandinave (sourire), plutôt en mode mineur, plus sombre… Nous sommes un mélange d’émotions. Vaiteani : Je m’inspire de mon environnement mais aussi de ce que je lis. J’ai écrit une chanson sur les violences conjugales, qui n’est pas sur l’album, et une autre sur l’avortement, des thèmes assez lourds mais qui touchent les femmes. J’ai clairement une perspective féminine, voire féministe. C’est sûr que les thématiques qui me parlent n’ont rien à voir avec les clichés des îles : "Oh! la jolie fleur", "Viens, on va danser et nager dans le lagon"… Justement, sur le titre "A Pen Mai", vous vous attaquez à la statue Gauguin. Ce titre prend une étrange ré- sonance en pleine polémique qui a accompagné la sortie du f ilm, et à qui l’on reproche d’avoir gommé les pen- chants pédophiles du peintre. Luc : C’est ce film qui nous a donné envie de parler de ce thème. Bien avant la sortie, les équipes du film sont venues tourner à Tahiti, et nous étions là. Vaiteani : Du coup, je me suis replongée dans ses tableaux, j’avais envie de déconstruire le mythe Gauguin. Dans cette chanson, je me mets dans la peau de l’un de ses modèles, je lui dis qu’il est un grand artiste, qu’il sait peindre la couleur des yeux, les courbes de la poitrine, des hanches etc., mais qu’il ne saura jamais retranscrire les couleurs de mon âme. En regardant ses tableaux, j’avais vraiment l’impres- sion que les femmes n’étaient que des vaisseaux vides, des fantômes… Bien qu’il les brocardaient, Gauguin était un colon comme les autres f inalement… Vaiteani : Complètement ! Dans les îles, notamment aux Marquises, il est à la fois aimé et détesté. Et ce pour son rapport aux femmes, l’ambiguïté sur sa sexualité - on se savait pas toujours s’il s’agissait de viol ou pas -, son goût des jeunes filles. Il est compliqué d’avoir un avis tranché sur le sujet car à l’époque où Gauguin couchait avec son modèle de treize ans par exemple, beaucoup de jeunes filles étaient mariées par leurs parents aux colons ; c’était © Franck Louriaumalheureusement dans les mœurs... Milo Green
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INTERVIEW
© David Arteaga
SLIDE STORY
Shawn James n'est jamais là où on l'attend : son groupe de hillbilly rock et blues est originaire de Fayetteville, Arkansas, mais lui est natif de Chicago. Il est n°1 sur Spotify et Deezer, mais se méfie des algorithmes qui dirigent nos vies. Il est considéré comme un spé- cialiste du blues et du gospel joués au slide, mais son clip de "The Number of the Beast" d'Iron Maiden est envoûtant. Rencontre avec un artiste tout-terrain. Shawn, vous êtes entré directement n°1 sur Spotify avec "Through the Valley", bluegrass et le hillbilly, mais aussi avec l’énergie du punk et du grunge. Il me la chanson générique du jeu vidéo The Last of Us 2 sur Playstation 4. Une con- fallait un violoniste et un joueur de banjo, un contrebassiste et un batteur. sécration ? J'ai fini par trouver Sage Cornelius, Jed Brandon, Jeff Bodine et Kirby West- C'était d'abord un clip vidéo, qui a ensuite été choisi pour le générique du jeu. moreland. Notre premier album, The Gospel According to Shawn James & Le nombre de spectateurs s'est multiplié à ce moment-là, c'était fantastique… The Shapeshifters, a bien marché ; nous en préparons un second que nous enregistrerons bientôt. Vous êtes un fan des jeux vidéos ? En tournée, une Playstation est indispensable dans le bus ! Mais on a dépassé Il n'y a pas eu de problème avec Robert Plant, qui a un groupe du même nom ? la phase où l'on ne pense qu'à ça, jusqu'à l'obsession. Il y a d'autres choses à Non. Son groupe s’appelle The Sensational Shapeshifters, ce qui est différent. faire, comme écrire des chansons. De la même manière, je ne passe pas mon De toute façon, il s'est probablement lui aussi inspiré de la pédale d'effet du temps libre sur Twitter, je me méfie depuis que mon ami shawnee Shane même nom, qui, elle même, reprend un terme de psychologie appliquée… Creepingbear a été refusé sur Facebook parce que les algorithmes avaient Led Zeppelin est une influence également. décidé que son nom de famille était un pseudo. En même temps, ils acceptent sans problème les menaces, le "bullying" et tous les abus inimaginables. Je veux Votre jeu en slide est particulièrement incisif. Sur quoi jouez-vous ? écrire une chanson sur ce sujet ; ça ne sera pas "Algorithm Blues", mais plutôt Equipement classique, car je suis suffisamment âgé pour me rappeler du un message à Shane Creepingbear. Je ne veux pas que mes enfants vivent temps où la Terre et sa ionosphère se refroidissaient encore à chaque hiver ! dans le danger de toujours vouloir rester à la hauteur des personnages qu'ils se J'ai une National Steel, mais sur la route, j'emmène un Republic Resonator, sont créés sur Twitter ou Reddit. C'est une source de désillusion, je ne veux qui a un excellent son. Je me branche dans un ampli Mesa Boogie Roadster si pas qu'ils emmènent leur smartphone au lit ! je veux des aigus, et dans un vieux Bogner pour plus de graves. Comment avez vous monté le groupe des Shapeshifters ? Quels slide utilisez-vous : verre ou métal ? Je suis né à Chicago, mais j'ai commencé à tourner dans le Sud dès que pos- J'ai longtemps joué avec un slide en porcelaine, parfait pour la glisse. Depuis sible. J'ai pris comme base Fayetteville parce que c'est une ville tranquille, à quelque temps, j'ai un slide en corne d'élan, le son a beaucoup plus de grain distance égale de Memphis, Nashville, New Orleans et Austin. Je jouais en ainsi. Je m'en suis rendu compte en écoutant les enregistrements vintage de solo, mais je voulais un groupe qui ne soit pas une autre copie de Lynyrd Dock Boggs, qui jouait avec un os creusé. Je m'accorde le plus souvent en Skynyrd. Mes premières influences sont le gospel - ma mère m'avait inscrit Vestapol (open de Mi), en Ré ou en Ré mineur. à la chorale de l'église à Chicago - et le blues. L'idée était d'allier ça avec le Romain Decoret
"JE NE VEUX PAS QUE MES ENFANTS VIVENT DANS LE DANGER DE TOUJOURS VOULOIR
RESTER À LA HAUTEUR DES PERSONNAGES QU'ILS SE SONT CRÉÉS SUR TWITTER OU REDDIT."
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INTERVIEW
Jean-Baptiste
MARINO
Près de vingt ans après la sortie de son premier album, le compositeur adepte des mé-CHEMIN FAISANT ne cesse de fusionner aux musiques de monde, au gré de ses rencontres. Nuevo maistissages musicaux continue d’arpenter les chemins de traverse d’un genre codé, qu’il Cathédrale" de Barrios qu’il se moque des chapelles.Camino hors courant, flamenco Marino tout simplement. Dans son 5, le guitariste flamenquiste, conteur avant tout, démontreè me album, le bien nommé en s’attaquant à "La Pourquoi ce titre, le chemin ?Je voulais illustrer mon parcours musical, en drale", dans tous les sens du terme. Et je dois avouer reprenant notamment d’anciens thèmes réar-rangés, comme la soleá et l’alegría, tout en pro- que j’en suis assez fier car, à mes yeux, il manquaitdes voix. Je voulais aussi sortir du rubato pour pro- ÉTIQUETTES, DES CODES,JE ME MÉFIE DES posant de nouvelles compositions. Dans tousmes albums, j’ai toujours inclus des pièces ins- poser un rythme plus soutenu, qui ne te lâche pas,qui ne s’essouffle pas, comme l’une des versions de pirées par d’autres répertoires que le flamenco, Barrios d’ailleurs. "DE FLAMENCO"… J’ÉCRIS"DISQUE DE GUITARE",
DES APPELLATIONS
venant de mes diverses influences musicales,comme les musiques orientales et indiennes, et Dans les pièces "Bolero Marino" et "Terranova", qui de mes rencontres avec des musiciens. Chaquemorceau est une histoire à part entière et, qu’ils n’est pas sans rappeler l’univers cinématographiquede Nino Rota, tu dialogues avec un accordéon. Pour- AVANT TOUT DES s’agissent de compositions ou de ré-interpré- quoi ce choix d’instrument plutôt rare dans le fla-
HISTOIRES."
tations, un nouveau défi. menco ?Cette idée de boléro est née après avoir joué avec A l’image de "La Cathédrale" d’Agustín BarriosMangoré, dont tu proposes une version très per- l’accordéoniste René Michel. J’avais envie de garderune trace de cette belle rencontre. Je me méfie des sonnelle et très rythmée.C’est un standard de la musique classique, mais, étiquettes, des codes, des appellations "disque deguitare", "de flamenco"… J’écris avant tout des his- à mes yeux, Barrios était un musicien spécial,un compositeur que j’aime beaucoup car c’était toires, qui s’inspirent de tout ce qui m’entoure, mesrencontres, mes origines siciliennes, mes voyages... un improvisateur. Il existe quatre, cinq versionsde "La Cathédrale", Barrios la jouant constam- Surprenant encore, sur le titre "El Camino", tu asintégré du kanoun (instrument à cordes pincées de la tout une partie en accompagnement.pièce est proposée pour une guitare seule, avecment de manière différente. A l’origine, cette famille des cithares), joué par Osama Khoury.J’ai rencontré Osama au mois d’août dernier, il of- donc permis de rajouter un thème,guitare, de tourner autour de cette base selon ce une deuxième Je me suis ficie au sein d’un groupe de musique orientale.avons joué ensemble et j’ai trouvé que nos univers Nous qu’elle m’inspirait et d’y ajouter les percussions se fondaient à merveille, qu’il y’avait là une pro-position intéressante. Il faut dire qu’Osama joue le © Xavier Elie un rythme flamenco à trois temps, assez prochede mon ami Miguel Sanchez. Je la joue en jaleo, kanoun traditionnel mais de manière très moderne, Dernièrement, j’ai pas mal tourné en duo avecde ce qui se pratique dans la musique classique. il fraye dans le jazz et le flamenco, en reprenant despièces de Paco de Lucía notamment. Louis Winsberg, que j’ai rencontré dans les années90. A cette époque, je lorgnais déjà les musiquesorientales, indiennes, le jazz ; j’ai toujours été ouvert Arnaud Dumond, donc je baignais à nouveau fant. C’était comme un flashback... Mais jedans ces œuvres classiques que j’ai apprises en- Tout au long de cet album, on sent que tu lorgnes au-delà des rives méditerranéennes, comme si tu cherchais aux musiques traditionnelles, car je trouve qu’ellesexpriment beaucoup de choses en tant que témoins savais qu’en proposant ma propre version de ce à t’éloigner des codes du flamenco… d’un lieu,cette démarche est plus marquée sur ce cinquième d’une époque, d’une société. Peut-être que standard, je m’attaquais à une véritable "Cathé- Oui, mais c’est un chemin que je suis depuis long-temps. Cela a commencé avec le groupe Jaleo et album car on apprend beaucoup sur soi au fil desdisques qu’on réalise. Avec le temps et l’expérience,
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on devient de plus en plus à l’aise en studio, face aux la guitare, et qui a malheureusement disparu trop Sur "Gazon Maudit", j’ai composé toutes les parties techniques d’enregistrement, et donc on se libère de tôt... J’étais très proche de lui et de son frère, Jean- de guitare et je jouais dans la scène du restaurant, cet aspect technique pour se recentrer sur les émo- Pierre, qui a coproduit cet album et qui a permis de avec le chanteur Malou. L’enregistrement des titres tions que l’on veut véhiculer. donner vie à ce projet. avait été fait en amont, à Paris, puis nous avons par- ticipé au tournage, deux jours intenses durant lesquels Tu as dédié la pièce "Azul", une soleá résolument Tu utilises souvent le mot histoire. Toi qui as joué on n’a pas beaucoup dormi (rire). De manière géné- moderne, à Frédéric Marino, qui t’a inspiré musica- sur la B.O. de "Gazon Maudit" de Josiane Balasko rale, j’adore ce travail d’illustration d’un récit, cette lement, écris-tu dans le livret. (1995) et de "L’Emmerdeur" de Francis Weber (2009), façon de raconter une histoire de manière cinémato- C’était l’un de mes cousins, avec qui j’ai commencé qu’aimes-tu dans les musiques de f ilms ? graphique via un vocabulaire musical. Ben
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INTERVIEW
Julien
MARGA
Guitariste et compositeur lillois, mais aussi professeur de musiqueJAZZ SAVANT Hypnosiset fondateur du Bruxelles Jazz Collectif, Julien Marga vient de sortirgénération, son troisième album solo, joué en quartette. Le jazz nouvelle rement, vainqueur des Trophées du Sunside en 2016.délié, qui porte une grande attention à la qualité du son et, accessoi- arrive. Rencontre avec cet instrumentiste éclectique au jeu jouez-vous ?Sur une Sadowski modèle Jim Hall, une hollow-body avec deux ouïes en "f "Le son de votre guitare est assez spécif ique en électrique. Sur quel instrument plus chaud ainsi, sans aigus exagérés.et un seul micro placé directement en-dessous du manche. Le son est beaucoup Qu'est-ce qui vous a amené à la guitare vous qui avez commencé par le saxophone ?J'ai d'abord eu une formation initiale, solfège pendant mon enfance, puis saxo- phone classique. Je n'avais jamais arrêté le saxophone mais je me suis acheté prenais les accords de cette manière. Mais je butais sur certaines choses et j'airéalisé qu'il me fallait aller au-delà de la méthode autodidacte pour éviter lesune Washburn modèle folk et j'ai commencé à jouer ; j'écoutais la radio et j'ap- lacunes techniques. En 2001, j'ai commencé à étudier la guitare classique avecFrédéric Ponthieux, ce qui m'a donné une solide base de jeu. De là, comment êtes-vous arrivé au jazz ?Je jouais les standards depuis le début, ma toute première influence était Michel Petrucciani. Ensuite Pat Metheny, dont je connais tous les albums par cœurtellement ils m'ont accompagné tout au long de mon apprentissage de la gui- ron tare. Après la guitare classique, j'ai étudié le jazz avec Andry Ravaloson, puisaux Conservatoires de Lille et Bruxelles, où les professeurs étaient Fabien © Didier PéDegryse, Jean-Louis Rassinfosse et Fabrice Alleman.divers projets comme Esprit Gospel, avec qui nous avons fait un album live en Tout cela en jouant avec Avez-vous écrit tous les morceaux de ce nouveau disque ?Oui, sauf "Lawns" de Carla Bley, qui est une des pièces favorites de mon 2012. J'écoute aussi Bill Frisell, Gilad Hekselman et les artistes du label ECM. musiciens sont importants dans un projet de cette envergure. J'ai constituérépertoire. J'ai composé les titres, mais comme vous le savez, les autres Une autre grande influence est Pierre Perchaud, que j'ai rencontré lors d'unemasterclass et revu à plusieurs reprises. un quartette de grande qualité musicale avec le pianiste Geoffrey Fioresidu Conservatoire royal de Bruxelles, le contrebassiste Jordi Cassagne du Romain Decoret Conservatoire de La Haye pour le jazz et du Conservatoire de Bruxellespour la musique baroque. Le batteur Lucas Vanderputten a commencé à étudier les percussions classiques à l'âge de six ans, puis le jazz au Conser-vatoire de Bruxelles. de hard-bop, mais avec des rythmes différents…C'est un mix d'influences musicales. J'ai écrit cette composition en hom-Sur le titre "Tonga Soa", votre jeu rappelle celui de Pat Martino, ce fameux style mage à un musicien malgache que j'ai rencontré lorsque j'ai joué à Mada- tant que musicien, mais je ne renie pas pour autant le jazz, et c'est ce quigascar. Tonga Soa signifie bienvenue en malgache. Cela m'a marqué en position semblable de rythmes et de mélodies dans "Serendipity". Je com-pose généralement au piano.donne ce mélange de rythmes malgaches et de guitare bop. Il y a une juxta- © Roger Vantilt
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INTERVIEW
© DR
SONGWRITER-OBSERVATEUR
Darkest darks, Lightest Lights est le 6è me album de Jake Smith depuis son premier disque, Hogtied Like a Rodeo, sorti en 2002. Installé en Californie du Sud, The White Buffalo aime les thèmes sombres mais réfléchis. Il a obtenu plusieurs hits avec ses musiques de films, en particulier celles des séries TV "Sons of Anarchy" et "Californication". Rencontre avec une force de la nature, doublé d'un redoutable penseur. Comment avez vous adopté le surnom de The White Buffalo ? L'art du songwriting est ce que j'ai de plus cher à mon cœur. C'est un art J'étais à l'université dans la Bay Area, près de San Francisco, et je commençais qui disparaît de plus en plus depuis que Townes Van Zandt, Leonard à avoir un public qui me suivait. Un soir, j’ai demandé à des amis d'écrire sur Cohen et Jeff Buckley nous ont quittés. Dans la musique populaire, les un papier leurs suggestions pour changer mon nom de scène. Jake Smith est paroles sont presque secondaires. Je tiens à aller plus loin, à explorer les trop courant et ressemble à un pseudonyme employé pour louer une chambre zones sombres avec plus d'émotion. C'est tellement profond pour moi que dans un motel ! J'ai retenu The White Buffalo parce que le bison blanc est un les chansons me guident d'elles-mêmes et je les suis aveuglément, sans y animal très rare et sacré pour les Indiens. penser. A tel point qu'ensuite, je me dis : "C’est moi qui ai écrit ça ?". Inver- sement, j'y pense sans arrêt, la nuit, le jour, en voiture, et c'est probablement Une grande partie de votre succès vient de vos chansons utilisées dans les séries TV. là qu'elles se forment. D'autres fois, c'est comme un film qui se déroule dans Comment est-ce arrivé ? ma tête, comme le road-movie de "Border Town/Bury Me in Baja" Les B.O. de films ont commencé pour moi quand le surfeur professionnel Chris Malloy a entendu ma musique et est venu me voir jouer en concert à Comment avez-vous écrit "The Observatory" ? San Diego. Une amitié solide s'est forgée entre nous et lorsque Chris a produit Une observation méditative doit s'éloigner de l'objet jusqu'à ce que l'on ait un film sur le surf intitulé "Shelter", il a utilisé ma chanson "Wrong" dans la suffisamment de distance, sans toutefois le perdre des yeux. On peut alors bande originale. Les producteurs de la série "Sons of Anarchy" l'ont entendue en tirer de véritables connaissances, plutôt que des idées préconçues. Je et m'ont commandé une chanson pour un épisode. J'ai retravaillé un arrange- pense au mouvement féminin déclenché par l’affaire Weinstein. Il était ment "outlaw" de "House of the Rising Sun", et c'est devenu un tel succès qu'il temps que les femmes clament leur droit de dire non. Mais, en même temps, a fallu le sortir en single. Dès lors, les gens m'appelaient "le chanteur de Sons je savais qu'il y aurait des manipulations occultes, puritaines. Et, évidem- of Anarchy". De là, la série "Californication" a fait appel à moi. ment, il y a maintenant des organisations qui se plaignent des contes de fée comme "La Belle au Bois Dormant"parce qu’ils montrent un prince qui Ce nouvel album est composé, comme les précédents, de mini drames, de rédemp- embrasse une femme endormie et donc non consentante. Ils n'ont pas encore tions, avec beaucoup de "soul searching" et de remise en question. Cette densité dans pensé à la lampe d'Aladin qu'il faut frotter pour faire sortir le mauvais les textes est-elle votre signature ? génie... Romain Decoret
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GRAND ANGLE
LES ANNÉES
VOLTAIREP l on g é e a u cœur d ’ un l y cé e p a s comme l e s a ut re s , vé ri t a b l e p é p i n i è re à g ui t a ri s t e s . Ecoute d’un vinyle d’Eddy Mitchell, 1976 © AALVP / Roland Brunet monde, les révolutions se poursuivent en chansonpour ériger une société plus libertaire. L’heure està la contre-culture, et les idées aussi longues queD pouvoir, jusque sur les bancs de l’école.Depuis les révoltes de Mai 68 en Franceet les luttes politiques qui ont fait tanguerla fin des sweet sixties partout dans leébut des années 70, l’imagination est au boom folk, un lycée suit le mouvement en ouvrantses classes et ses caves à d’irréductibles élèves gui-taristes, les Jack Ada, Jean-Pierre Bucolo, MichelHaumont, Jean-Claude Rapin, Laurent Roubach,Alan Stivell… La six-cordes à l’école? C’est la fauteà Voltaire.régulièrement le pavé de l’avenue de la République,1972. Les factions des partis politiques battent lycées du printemps étudiant. A Voltaire, on pencheà gauche toute ; rappelons que le lycée a comptéau sein de son équipe d’enseignants le philosophe-sémiologue Roland Barthes et le fondateur desJeunesses Communistes Révolutionnaires puis dela Ligue Communiste, Alain Krivine, et un certainHenri Krasucki, futur secrétaire général de la CGT,comme élève. Parmi les jeunes loups de la LCR, 36 • AC #60les cheveux, n’en déplaise à Johnny. A Paris, en plein Voltaire ayant été à la pointe des occupations de des Jeunes Socialistes, Communistes et des Catho- Michel Haumont en couverture de l'Escargot Folk liques de gauche, une poignée d’élèves, Michel Vert. "Et, parfois, le dimanche, le curé de l’église du coin Haumont et Jack Ada en tête, créent le Club Folk. nous prêtait une salle pour répéter en groupe", se féli- Ils ont choisi de croiser l’acier plutôt que le fer, cite Jean-Claude qui y jouera d’autres messes. N’en préférant les refrains des John Renbourn, Chet déplaise à Eddy, il y avait bien des boogie-woogies Atkins, Joan Baez, Bob Dylan aux slogans de cam- avant la prière du soir. pagne. Picking et protest songs en guise d’Inter- Si les uns ne jurent que par la musique folk et nationale. "A cette époque, il existait des foyers pour les autres par le jazz-rock, ces deux mondes se re- tout type d’activité au sein du lycée, musique, photo, trouvent autour de ces nouveaux répertoires anglo- théâtre etc. Comme nous étions passionnés de guitare, saxons, qui s’imposent comme la bande-son de la nous avons décidé de monter notre propre club. Le pro- contre-culture. Johnny et les Yéyés ont beau avoir viseur m’avait confié les clés des classes pour que nous pris la Nation en juin 1963, dix ans plus tard, la puissions nous réunir en dehors de nos heures de cours variété française évoque trop les génériques de évidemment. Nous nous retrouvions pour jouer, échanger l’ORTF. Les disques de Marcel Dadi et Maxime des tablatures, des techniques de jeu etc.", se rappelle Le Forestier se vendent comme des petits pains, le Michel Haumont. Le Club fait rapidement des magazine Rock’n’Folk traite l’actualité du mouve- émules, il éditera même son propre fanzine, le Folk ment dans la rubrique "Les Fous du Folk" de Jacques Déchaîné, pas vraiment dédié à la danse des canards. Vassal, tout le monde s’y met, sauf la télé de papa- Certes, la moyenne de ses membres va quelque peu maman. chuter, les redoublements se multiplier, "mais, para- Michel Haumont et Jack Ada, 1974 doxalement, nous étions extrêmement assidus !", rigole Michel. Pourquoi sécher leurs propres cours de mu- sique ? D’autant que la guitare est bien plus sexy que la flûte à bec.
JEUX NON INTERDITS
A Voltaire, deux clans de guitaristes se côtoient : le Club Folk, dédié au fingerstyle acoustique, dans les étages du lycée ; les "électriques" dans les caves réaménagées en studio de répétition, avec amplis et batterie, où se retrouvent Jean-Claude Rapin, Laurent Roubach et Richard Kolinka, le futur bat- teur de Telephone. Les "dadistes" et les "cavistes", "le monde d’en haut et celui d’en bas, sans mauvais jeu de mot", résume Jean-Claude Rapin. "Nous descendions jouer dès que nous avions un trou dans nos agendas, mais comme il s’agissait d’un univers souterrain, il ne fallait pas faire n’importe quoi, ce qu’il arrivait par- fois…", se rappelle celui qui rêvait plus des riffs de Jimi Hendrix que des spliffs de Marie-Jeanne. © DR C’est aussi la bonne planque pour compter fleurette, Jean-Claude Rapin en concert à Voltaire même si la mixité n’en est qu’à ses balbutiements DE DENFERT À VOLTAIRE (effective à Voltaire en 1973) avec seulement quatre A l’autre bout de Paris, près de Denfert, les hoo- filles sur deux mille élèves. Moins structurés que tenannies lancées par Lionel Rocheman (ancien les copains du Club Folk, les "électriques" se dé- élève de Voltaire) en 1964, font salle comble. Ces brouillent comme ils peuvent pour jouer : quand ils "hululements de nourrice" promettent de dépous- ne sont pas dans la cave, ils travaillent leurs gammes siérer les berceuses d’antan pour libérer la parole au Nautilus, un bar voisin de la rue du Chemin et s’inscrire dans le mouvement folk. A gauche toute donc, bonne nuits les petits… capitalistes. Chaque mardi (le jour de relâche des théâtres parisiens), au Centre Américain du boulevard Raspail, cette "Mai 68 a énormément scène ouverte, accessible à tous ceux, dans l’assis- tance, qui veulent jouer un morceau, accueille les changé les mentalités et la vie pointures et les futures plumes de la guitare acous- à l’intérieur même du lycée. tique, de John Renbourn à Stefan Grossman, en passant par Marcel Dadi et Michel Haumont. "Nous On appliquait au quotidien étions une vingtaine du lycée Voltaire à nous retrouver au métro Nation pour rejoindre le Centre Américain. le principe de l’autogestion." Au début, nous y allions en tant que public, puis certains d’entre nous y ont donné leurs premiers concerts. C’était Michel Haumont une véritable pépinière !", explique Michel. A l’époque, il existe une importante communauté folk, relayée © Jean-Claude Dupuis
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GRAND ANGLE
Le proviseur est arrivé juste derrière en lui en disant : "Non, il faut qu’ils s’amusent un peu". On avait un censeur à l’ancienne, très sceptiques sur ce type d’ini- tiatives, alors que le proviseur était plus ouvert aux nouvelle méthodes d’enseignement", se remémore Michel Haumont. Proviseur paternaliste, Monsieur Guillo- tin, militant du Parti Communiste, n’est pas du style © Lecarpentier Manifestation 1971/72 à couper la tête de ses élèves. Après son départ à la retraite, les années lycée à Voltaire ne seront plus jamais les mêmes. par la revue L’Escargot Folk de Pierre Toussaint lui, se souvient des nombreuses discussions, débats, Le corps professoral est, lui aussi, coupé en deux : et Nicolas Cayla (qui s’arrêtera en 1981, "au moment échanges et écoutes de vinyles dans les classes, "de certains appliquent les préceptes libertaires de Mai où le mouvement folk commence à s’essouffler", analyse cette volonté de nous prendre en main pour créer notre 68, d’autres ne jurent que par la règle. "Mon professeur ce dernier). Le Raspail Vert, le Bourdon, le TMS propre monde." Plus que jamais, le lycée est un col- d’anglais m’aidait à traduire les textes de mes chansons, à Saint Germain-des-Prés, La Vieille Herbe dans lectif, une communauté qui descend dans la rue au afin de me faire travailler cette langue de manière lu- le 13ème arrondissement de la capitale… Les bons son du "rêve général". dique", se souvient Jean-Claude Rapin. "Nous avons spots de manquent pas et proposent leurs propres Sous les pavés, les plages seront également mu- également joué dans le cadre d’un meeting à la Mutua- versions des hootenannies. Sans oublier le magasin sicales. En 1972, Pete Seeger scande sur la scène lité de la LCR, que dirigeait notre professeur de lettres, Quincampoix Folk des frères Charnoz (avec ses de l’Olympia : "Halte à la coca-colonisation du monde!". Jean-Jacques Marie, une figure du lycée et ex-militant fameux disques-camemberts siglés "38% matière Voltaire s’impose comme une caisse de résonance trotskiste (mais aussi historien et écrivain spécialiste bluegrass" car le magasin était situé au 38 de la rue de l’URSS, ndlr)." du même nom), qui propose instruments, disques et partitions, organise des cours et des concerts, et "En tant qu’élèves, nous avions coproduit les disques de Marcel Dadi et de bien TOUS SAUF DES TANGUY autres. la volonté de nous prendre en main Et du côté des parents? Pas de conflit de générations contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces étu- pour créer notre propre monde." diants en "guitarologie" bûchant leur propre matière SOIS JEUNE ET NE TE TAIS PAS Jean-Claude Rapin comme des forcenés, bien qu’elle ne soit pas inscrite Mai 68 est passé par là, Voltaire, à l’image de la au programme : "J’ai eu la chance d’avoir des parents société, est en ébullition. Chaque jour, les élèves qui ont compris que quand on laisse faire ses enfants, passent devant le tableau d’affichage du lycée, sur en jouant sa propre partition. Chaque trimestre, le quand on leur fait confiance, c’est la meilleure voie pour lequel les factions politiques affichent leurs appels Club Folk organise un concert dans la salle d’AG qu’ils s’épanouissent. Ma mère, qui était prof agrégée, à manifester. Les AG sont bouillantes, les réseaux transformée en scène de concert. Affichage, com- aurait peut être préféré que je sois bon élève, mais elle inter-lycées constitués en 68 toujours actifs. Les munication, régie, service d’ordre… Les apprentis ne m’a jamais bridé. Ils voyaient bien que je travaillais cellules étudiantes ne sont pas dormantes. Démo- tourneurs apprennent le métier et réussissent de jolis une matière que j’avais choisie", les remercie Michel, cratisation de modes d’expression, autogestion, coups : Marcel Dadi, Dick Annegarn, Lionel Ro- qui sort son premier album, Guitare instrumentale luttes contre le capitalisme, l’impérialisme, le co- cheman et Jean-Jacques Milteau, entre autres, passent avec tablature (Cézame) en 1975, à l’âge de 17 ans… lonialisme, le racisme, la société de consommation, les portes du lycée en têtes d’affiche, avec un passage après avoir décidé de voler de ses propres ailes en la guerre du Vietnam, pour l’amour libre… Les des élèves en première partie. Les artistes sont payés quittant les bancs du lycée. Ecrire sa propre parti- combats ne manquent pas et la jeunesse n’emmerde au lance-pierre mais défrayés tout de même grâce tion… Si les surdoués n’ont pas tous passé le bac, pas que le Front National, mais à peu près toutes à une participation libre (de l’ordre de 3 francs !). ils ont fait une belle carrière. les huiles du monde d’avant. "Je suis arrivé au lycée Qu’importe, ils ne viennent pas pour le cachet, mais Ben juste après les événements de 68, Voltaire avait été à pour participer à cette nouvelle scène qui compte. la tête des luttes. Cela avait énormément changé les Un soir, quelques volutes de ganga indésirables Remerciements à M.Trinssoutrop et à l’Association des mentalités et la vie à l’intérieur même de l’établissement. montent au nez du censeur qui entend faire stopper Anciens élèves et professeurs du Lycée Voltaire à Paris On appliquait au quotidien le principe de l’autogestion", illico le concert. "Il vient me voir, furax, en hurlant : (AAVMP / www.aalvp.org), à Michel Haumont et se félicite Michel Haumont. Jean-Claude Rapin, "Bon maintenant, vous débarrassez le plancher !". Jean-Claude Rapin pour leurs collections de photos.
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© Trinssoutrop
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© AALVP/Roland Geldwerth) Spectacle du lycée Photo de classe "non officielle" de la promo de Jean-Claude Rapin
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© AALVP/Roland Geldwerth)
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SOMMAIRE PÉDAGO
etude de style 42 michel Polnareff par eric gombart tribute to Johnny 47 par eric gombart Picking 48 A la manière de "stand by me" par françois sciortino masterclass 52 la folk polynésienne par Vaiteani Acoustic Blues 54 3/4 folky par Jimi Drouillard Jazz manouche 58 A la manière de "Djangology" par Clément reboul leçon de flamenco 62 la soleá par Jean-Baptiste marino Blues story 64 le Drop D par Chris lancy les chefs-d’œuvre classiques 68 "Coppélia" de léo Delibes par Valérie Duchâteau tracklist 70
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EtudE dE styLE
PAR ERIC GOMBART
La patte Polnareff mais finalement assez simples, tout en essayant d’imiter le piano. Plongée dans le jeu du maestro.indémodables sur le même schéma : des mélodies et des accompagnements de guitare riches Mélodiste hors pair, maître des harmonies, Michel Polnareff a composé nombre de succès 2 - 5 2 - 5 l’intégrale (ou presque) qu’attentaient ses fans depuis des années. Riche deA noter la sortie en décembre du coffret Polnareff - Pop rock en stock (Universal), 430 titres (albums studio, enregistrements live mythiques comme celui duForest National de Bruxelles en 75 notamment, et même un CD consacré aux bandes originales de films), des dizaines de photos rares et des reproductionsde toutes les pochettes, ce coffret est un véritable (Polna) rêve. accord sur la 2Pour apporter la touche groovy, puisque c'est ici la couleur à donner, je place généralement dans chaque mesure un accord sur le 1EX1 : LES TOUCHES DE GROOVE - A LA MANIÈRE DE "ELLE RIT"ème croche du 2ème temps qu'on laisse résonner (effet de syncope). Dans le 2ème tour de grille, j'ai mis en avant la basse en ne rajoutant queer temps puis un main droite, car c’est là que réside généralement la faiblesse si vous n’êtes pas habitué à utiliser ce doigt.deux ou trois motifs (jouez avec le pouce sur les cordes 5 ou 6). Les notes des accords sont toutes importantes. Ne négligez pas celle jouée par l'annulaire 2 2
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ETUDE DE STYLE
2 2
EX2 : LES ARPÈGES TYPES - A LA MANIÈRE DE "LETTRE À FRANCE"
Gardez les positions main gauche le plus longtemps possible pour des résonances longues. Travaillez lentement les arpèges pour repérer les nuances. On marque légérement les temps 1 et 3 en accentuant avec l'attaque main droite tout ce qui se joue sur ces temps. 3 3
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ETUDE DE STYLE
3 3
EX3 : LES HARMONIES TYPES - A LA MANIÈRE DE "TOUS LES BATEAUX"
Ici, le jeu pianistique est évident. Il y a une basse jouée avec le pouce main droite puis les accords (i, m, a). Prenez soin de ne pas toucher les cordes après l'attaque. Vous garderez les résonances jusqu'au fond du temps. Dans les arpèges, les habitués du picking peuvent doubler l'attaque du pouce. Sinon, optez pour un style plus classique (exemple : p, i, m, i, a, m, i m). 4 4
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ETUDE DE STYLE
4 4 EX4 : BALLADE EN 6/8 - A LA MANIÈRE DE "LOVE ME, PLEASE LOVE ME" Comme dans l'exemple 2, on garde les résonances. Les positions simples doivent s'enchaîner très rapidement. Les accents se placent sur les croches 1 et 4 (on est en 6/8, soit six croches par mesures). 5 5
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ETUDE DE STYLE
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Tribute to Johnny Nul besoin de grands discours pour rendre hommage à notre rocker national,mais juste quelques notes et deux mots : merci Johnny ! sar Transcription : Eric Gombart © Mathieu Cé 1 1
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STYLE PICKING
par François sciortino A la manière de "Stand by me" 6 -7 Ici, c'est la main droite qui est la plus sollicitée.Quatre accords de base, un groove et une mélodie, voilà une recette qui n'est pas si simple à réaliser ! Je vous conseille de travailler l introduction en boucle jusqu’à l’obtention d’un groove posé et solide. 6 Pas facile aussi de faire sonner la mélodie lorsqu’elle se trouve mélangée à la percussion...Il faudra vous appliquer pour que l’ongle attaque la corde lors de la percussion.Pour le reste, travail et patience ! f.sciortino@wanadoo.fr - www.francois-sciortino.com Ben E. King ©DR
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STYLE PICKING
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STYLE PICKING
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MASTERCLASS
VaiTeani La folk © Franck Louriau polynésienne 8 - 10 dans nos studios pour une leçon de folk polynésienne, à la guitare acoustique et au udu.Dans le cadre de la sortie de son premier album éponyme, le duo Vaiteani est passéDirection Tahiti, en première classe ! 7 - 8 Transcriptions : Eric Gombart
RETROUVEZ EN BONUS UNE BALLADE POLYNÉSIENNE !
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MASTERCLASS
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ACOUSTIC BLUES
Par Jimi DrouiLLarD 3/4 folky La difficulté réside dans les ornements (mesure 4, 5, 6 etc.), avec des appoggiatures.Pas si faciles à réaliser, notamment dans l’interprétation (piano et forté).Nous sommes en C majeur avec des accords et une grille très simple. 11 - 12 La forme est AABA.Le B est formé d’accords un peu plus jazzy . 9 Dans les quatre premières mesures du B, les basses se suivent pour former une montée chromatique.N'hésitez pas pour plus d'infos : jimid@free.fr
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ACOUSTIC BLUES
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JAZZ MANOUCHE
paR Clément Reboul A la manière de "Djangology" 13 - 15 de Django Reinhardt 10 - 11 de Django Reinhardt, un morceau beaucoup joué en jazz manouche.Dans cette leçon, je vais vous présenter le titre "Djangology" Le thème est très chantant et assez simple à jouer. Sur la deuxième grille,je vous présente une petite citation d’un morceau très connu qu’on peut Vous pouvez travailler le thème et faire une petite improvisation en jouer sur cette même grille. jouant sur le playback que je vous ai enregistré en vidéo.Si vous souhaitez en apprendre plus sur la guitare jazz manouche ou une vidéo avec le playback et une autre avec les explications.Dans cette leçon, vous trouverez une vidéo avec le morceau complet, me contacter pour me poser des questions, vous pouvez le faire via mon swinguer ce thème. Pour cela, regardez la vidéo et essayez de faire le mêmeEssayez de bien faire attention au rythme afin de faire correctement site internet : www.apprendre-le-jazz-manouche.com placement rythmique que moi.
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LA LEÇON DE FLAMENCO
par Jean-Baptiste Marino Por Soleá Voici quelques variations personnelles et traditionnellesque j'ai arrangées pour vous. 16 - 17 Le tempo est lent : 90 à la noire environ, ce qui nous permet de renforcer le travail des arpèges.Plusieurs aspects techniques sont abordés ici: les arpèges, les rasgueados et le jeu au pouce.Le rythme de la Soleá est composé de 12 temps : 1 2Une variation (falseta) regroupe quatre mesures à trois temps. 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 12 Bonne guitare à toutes et à tous pour cette année 2018 !
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LA LEÇON DE FLAMENCO
16 - 17 12
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BLUES STORY
PaR ChRis LanCRy Drop D Blues Cela s’appelle en anglais "Drop D Tuning", et ça a été utilisé dans la guitare américainepratiquement depuis les débuts du blues, jusqu’au mouvement grunge près d’unVoici un blues avec la corde grave descendue en Ré. siècle plus tard. En gros, de Blind Willie McTell à Kurt Cobain ! Pas mal, non ? 18 - 19 L’accordage : D-A-D-G-B-E, de la corde grave à la corde aiguë. LE MoRCEau 13 Notez la double queue à la fin du morceau.avant que ne commence le blues classique en trois accords et douze mesures.Première mesure avec un "appel" double croche/croche, puis quatre mesures d’intro en Ré Il y a des coups percussifs de main droite qui ne sont pas écrits car irréguliers.Chacun peut les placer où il le désire pour faire groover le morceau à sa convenance. Keep on playin’ ! Blind Willie McTell © DR Kurt Cobain
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BLUES STORY
18 - 19 13
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BLUES STORY
18 - 19 13
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LES CHEFS!D’ŒUVRE CLASSIQUES
par VaLérie DuCHâteau Coppélia © Romain Bouet Léo Delibes(1836 - 1891) 14 Cette "Valse lente", à la candeur incarnée, est extraite du ballet de Léo Delibes, Coppélia, écrit d’après Les Contesd’Hoffman. L’intrigue est simpleCoppélia, qui s’avère en fait être un automate. Cette valse est le passage le plus connu du ballet. : Franz et Swanilda s’aiment, mais leur amour va être perturbé par la charmante Dans la valse romantique, il est d’usage d’appuyer le deuxième temps comme le veut la tradition initiée par Johann Strauss. Attention aux crampes carle petit doigt de la main gauche est fréquemment sollicité dans cet arrangement. www.valerieduchateau.com
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DÉCOUVREZ LES ALBUMS DE
VALÉRIE DUCHÂTEAU
NOM : …………………………………………….…….…….…….……….…….….….…... PRÉNOM : ………………………..…………………………………..…ACCOMPAGNÉ DE VOTRE RÈGLEMENT À L’ORDRE DE VALÉRIE DUCHÂTEAUBON DE COMMANDE À DÉCOUPER ET À RETOURNER – 20 rue Paul Bert, 94160 Saint-Mandé CODE POSTAL : ………………… E-MAILADRESSE : ……………………………………………………………………………..….…………VILLE : ………………………..…………………………………..… (POUR VOUS PERMETTRE DE SUIVRE VOTRE COMMANDE) : …………………….…….….…….….………… Je désire recevoir …… exemplaire(s) du CDJe désire recevoir …… exemplaire(s) du CD
“AMERICA”
“PARFUM DE DJANGO”
au prix de 20 euros Je désire recevoir …… exemplaire(s) du CDJe profite de l’offre de 2 CD au prix de 35 euros“LA GUITARE CHANTE BARBARA” Je profite de l’offre de au prix de 3 CD 20 euros au prix deau prix de 20 euros45 euros Total de ma commande …….......… euros. (frais de port compris)
TRACKLIST PÉDAGO
Hommage à Johnny Hommage à Johnny par Eric Gombart par Eric Gombart 1- Ballade 1- Ballade Etude de style Etude de style Michel Polnareff Michel Polnareff par Eric Gombart par Eric Gombart 2- Ex. 1 : Les touches de groove 2- Ex. 1 : Les touches de groove 3- Ex. 2 : Les arpèges types 3- Ex. 2 : Les arpèges types 4- Ex. 3 : Les harmonies types 4- Ex. 3 : Les harmonies types 5- Ex. 4 : Ballade en 6/8 5- Ex. 4 : Ballade en 6/8 Leçon de picking Leçon de picking par François Sciortino par François Sciortino 6- A la manière de "Stand by Me" 6- A la manière de "Stand by Me" 7- Explications Masterclass Masterclass La folk polynésienne La folk polynésienne de Vaiteani de Vaiteani 7- Duo folk-udu 8- Duo folk-udu 8- Bonus Ballade polynésienne 9- Explications 10- Bonus Ballade polynésienne Acoustic Blues par Jimi Drouillard Acoustic Blues 9- Ballade folk acoustique par Jimi Drouillard 11-3/4 folky Gypsy Jazz 12- Explications par Clément Reboul 10- A la manière de "Djangology" Gypsy Jazz de Django Reinhardt par Clément Reboul 11- Playback 13- A la manière de "Djangology" de Django Reinhardt Leçon de flamenco 14- Playback 15- Explications par Jean-Baptiste Marino 12- La Soleá Leçon de flamenco par Jean-Baptiste Marino Blues story 16- La Soleá par Chris Lancry 17- Explications 13- Le Drop D Blues story Chefs-d’œuvre classiques par Chris Lancry par Valérie Duchâteau 18- Le Drop D 14- "Coppélia" de Léo Delibes 19- Drop D, positions d’accords et gammes
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CHEZ LE LUTHIER
A droite, Romain Barthelémy ; à gauche, Alexandre Bouyssou devant leur PLEK machine L'ATELIER D'ALEXANDREBoulevard Dubreuil 91400 Orsay www.latelierdalexandre.com L'ATELIER
D’ALEXANDRE
et encore moins à la restauration. Et pourtant, le marché des instruments de musique regorge de vieux instrumentsQuand on parle de luthier guitare, on associe souvent cette profession à la fabrication et peu souvent à la réparation luthiers se spécialisent dans la restauration comme Alexandre Bouyssou, qui est devenu une référence en régionparisienne. De plus, l'Atelier d'Alexandre est le seul en France à être équipé d'une PLEK, machine assistée par ordinateur,qui nécessitent à un moment ou à un autre une restauration, demandant beaucoup d'expérience et de maîtrise. Certains qui réalise automatiquement une "planimétrie" des frettes. Texte : Jacques Carbonneaux / Photos : Atelier d’Alexandre Question classique mais incontournable : comments'est déclenché chez toi le virus de la lutherie guitare? Beaucoup de jeunes apprentis luthiers rêveraient En fait, c'est arrivé complètement par hasard. Aucours d’un voyage, je me suis retrouvé dans un d'obtenir une formation chez CF Martin. Commentas-tu obtenu cette formation et quels souvenirs en atelier-magasin de sitar et, franchement, je ne sais gardes-tu ? suis rentré, je me suis renseigné sur les formationsfabriquer des instruments de musique ?". pas pourquoi, mais je me suis dit : "Pourquoi ne pas Dès que je J’ai eu la possibilité, en 2007, de rencontrer BruceMariano lors d’une visite de l’usine de Nazareth.Nous avons discuté et j’y suis allé au culot. Après pas du tout suivre cette vocation,existantes et j’ai intégré l’ITEMM. Je n’imaginais réflexion, ils m’ont invité à passer un moment avec tariste professionnel, mais heureusement pour la je voulais être gui- eux. Je me suis retrouvé avec les meilleurs luthiersqui s’occupaient de la restauration et du custom musique, la vie en a choisi autrement ! shop. Un moment fabuleux, hors du temps ! J’aicompris à ce moment que c’était vraiment la res- Peux tu nous présenter en quelques mots ce qu'estaujourd'hui l'Atelier d'Alexandre ? tauration qui me passionnait. sommes deux luthiers, Romain Barhelémy etC’est un atelier qui fête ses quinze ans. Nous Il était question à une époque que tu partes travailleraux côtés de Richard Hoover de Santa Cruz. Pour- moi-même, ainsi qu’une apprentie. Nous faisonsessentiellement de la restauration, avec de temps quoi cela ne s’est-il pas fait ?Effectivement, nous avions un super projet en- en temps une petite fabrication. semble.pour ma famille et nous avons décidé de le mettre Malheureusement, il y avait trop de risques
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"LA RESTAURATION
QUI ME HANTE LE PLUS ?
UNE GIBSON BANNER LG2.
UN CAUCHEMAR, LA GUITARE
en suspens. Richard Hoover est un type formidable, NÉCESSITAIT UN NECK RESET, plexes sans risque. Elle fait partie intégrante de nos je ne le remercierai jamais assez pour cette con- ET LORS DE L’OPÉRATION, processus de restauration. Aujourd’hui, nous ne fiance qu’il m’a témoignée et je ne désespère pas LE MANCHE S’EST OUVERT EN DEUX pouvons plus nous en passer, au même titre que nos que l’on puisse un jour travailler côte à côte. En ET LA TABLE S’EST SOULEVÉE SUR ciseaux à bois et nos rabots. attendant, nous sommes honorés de nous occuper LA MOITIÉ. HEUREUSEMENT, des guitares Santa Cruz à l'atelier.
TOUT C’EST BIEN TERMINÉ."
Les fabricants d'instruments de musique font face à une situation sans précédent avec des réglementa- Tu es spécialisé et reconnu pour tes restaurations de et la table s’est soulevée sur la moitié. Heureuse- tions qui ne cessent de voir le jour (CITES, Nickel guitares acoustiques, mais qu'en est-il de tes propres ment, tout c’est bien terminé ! Le plus gros chal- et Plomb) et qui contribuent à fragiliser leur avenir fabrications ? lenge a été une Selmer, la première que nous avons économique dans un monde envahi par le numé- Le problème de la fabrication, c’est qu’elle nous restaurée. Les guitares américaines sont souvent rique. N'es-tu pas inquiet quant à la survie des ins- demande un autre type d’organisation. Si on veut prévues pour être démontées ; pour certaines vieilles truments dits traditionnels, faits de bois d'arbre ? pouvoir proposer des guitares à un prix décent, il guitares françaises, ce n’est pas tout à fait le cas... Pour ce qui concerne la fabrication, je ne suis pas faudrait que nous nous concentrions sur cette acti- vraiment inquiet, les luthiers sauront innover et vité, et pour l’instant, ce n’est pas possible. Nous Tu dois être le seul à être équipé d'une PLEK machine. s’adapter. Les bois locaux ont plein de propriétés souhaiterions cependant évoluer vers ce projet assez Pourquoi ce choix ? intéressantes, beaucoup de mes confrères les uti- rapidement. C’est un outil fantastique ! Cette machine nous lisent déjà. Pour la restauration, c’est un peu plus permet de tirer l’ensemble de notre travail vers le problématique, le principe même de la restaura- Quelle est la restauration qui t'a le plus marqué ? haut. Proposer le meilleur service possible à nos tion étant de conserver l’instrument le plus possible Celle qui me hante le plus, c’est une Gibson Ban- clients est très important pour nous. Grâce à elle, dans son état d’origine. On comprend aisément que ner LG2. Un cauchemar, la guitare nécessitait un nous avons une autre vision des diagnostics des si l’on doit changer un chevalet en ébène sur une Neck Reset, et lors de l’opération, rien ne s’est guitares, beaucoup plus précise. Nous pouvons tra- vieille Martin, nous n’allons pas mettre du poirier passé comme prévu. Le manche s’est ouvert en deux vailler sur l’essentiel, réaliser des opérations com- ou du hêtre teinté à la place. Réparation d'une tête SG Gibson cassée deux fois, la deuxième fracture étant réparée par Alexandre. Le manche est creusé à deux endroits et deux attelles y sont insérées et collées pour être ensuite rabotées.
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CÉLIA ENOCLa lutherie au féminin il est tellement rare de rencontrer une femme dans la profession de luthier en guitare que je medevais de souligner ce point. en effet, préféré par plus de 90% d'hommes, le métier de luthier attireUNE FOLK NÉE D'UNE CLASSIQUE progressivement la gente féminine et je suis très heureux de pouvoir vous présenter à travers cebanc d'essai le fruit du travail de Célia enoc. Texte : Jacques Carbonneaux / Photos : Eric Barbaroux Le confort est celui d'une dreadnought avec ce-pendant un manche un peu plus large (45 mm) queUNE PERSONNALITÉ l'original (43mm), mais qui ne se ressent pas pen-dant le jeu, le profil étant par contre le même. Les premiers accords vous mettent de suite au parfum,il suffit de fermer les yeux pour se retrouver dans l'univers sonore de la D-28 : des basses bien pré-sentes et généreuses, des médiums puissants et boisés, des aiguës cristallines. Les basses ne sontpas envahissantes, et c'est une qualité sur ce type de modèles afin de préserver un équilibre qui est,ici, très bien respecté. La particularité de cette gui- tare, qui aurait pu souffrir du côté commun et peuoriginal car copiée et reproduite à des milliers d'ex- emplaires, c'est sa personnalité qui s'affirme dansla jouabilité et les sonorités. Cette D-28 ne sonne pas comme une autre D-28, tout en ayant tout ceque l'on attend d'une D-28 ! C'est là que l'on re- connaît le talent d'un luthier : répondre au besoindu musicien tout en lui apportant quelque chose elle partage son atelier avec le show-roomélia est installée à Aix-en-Provence, où électriques et basses. Durant son parcours, elle ob- en plus, qui est propre à chaque artisan. tient en 2005 une licence de musicologie et participeencore à ce jour à différentes formations musicales en prix car il vous faudra débourser 3 500 euros TTCL'autre agréable surprise de cette guitare est son Stefan Barrillon, qui propose à la vente des guitaresde luthiers.C "Guitares d'en France" initié par le luthier temps que bassiste, percussionniste et chanteuse. avec étui. Ce qui est un rapport qualité/prix plus Célia débute son apprentissage de la lutherie en 2004 Belle initiative qu'il convient de rappeler! Elle pratique également l'accordéon et le saxophone! qu'exceptionnel compte tenu des qualités acous-tiques de l'instrument et du travail réalisé. Le mo- dans l'atelier du quatuor à cordes de Katarina Fro-nista, dèle D-28 de Célia Enoc est donc une perle à tous dans l'univers de la lutherie guitare, épaulée par à Avignon, jusqu'en 2007. Elle se lance ensuite Le modèle réalisé n'est pas une réplique fidèle d'une SOBRE COMME UNE D28 les niveaux que je conseille à tous les amoureux de Stefan Barrillon de 2007 à 2009. En 2010, D-28 dans tous ses détails, mais plutôt une inspi- cette guitare mythique. son entreprise et produit depuis des instrumentsessentiellement sur mesure : guitares acoustiques, elle crée ration fidèle quant aux sonorités, au confort et à lasobriété esthétique de cette guitare mythique.lutherie, la D-28 de Célia reprend certains fon- Côté On aime : On regrette : sonorités, personnalité, prix, finition. rien ! damentaux de l'original : forme de caisse, formatde tête, diamant à l'arrière de la tête, herringboneet forme du chevalet. Dans le choix des bois, la sélection de Célia est plus libre tout en respectantl'essentiel : un acajou du Honduras pour le manche, table d’harmonie en épicéa européen massif rosace herringboneFilets herringbone et érable ondé un ébène pour la touche,pour le dos et les éclisses, et un épicéa européenpour la table. Un palissandre de Madagascar plutôtqu'un ébène a été choisi pour le chevalet. un palissandre d'Amazonie à l’arrière de la tête Fond et éclisses en palissandre d’amazonie massif manche acajou du Honduras une pièce avec diamant touche ébène Placage de tête en palissandre d’amazonie Célia a eu le bon goût d'éviter ce plastique blanc Toutes ces essences sont de première qualité, Diapason 25.4’’ (64,516 cm) pour le filet de caisse, si laid, qui est normalementutilisé sur les modèles d'origine. Un magnifique Largeur du sillet de tête en os : 45 mm Chevilles et sillet de chevalet en os érable ondé le remplace pour le plus grand plaisirde nos yeux. Le travail d'assemblage, de collage et mécaniques Waverly 4060 butterbean brass Finition cellulosiqueLivrée en étui Hiscox Pro ii gaDDélai : 6 moisPrix : 3500 euros, prix public conseillé de finition est irréprochable, je n'ai constaté aucundéfaut.surmontée de mécaniques Waverly. Tête classique Martin avec le logo "Enoc" GUITARES D'EN FRANCE73, Chemin Saint martin 13090 aix-en-Provence04 42 96 91 28 / www.guitaresdenfrance.fr
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AURÉLIEN
PERASSweet Jane formats" (15-16 pouces), Aurélien Peras a séduit le public d’Issoudun en exposant ce tout nouveau modèle complètementPrésent sur les salons depuis quelques années, spécialisé dans les guitares archtop, avec une prédilection pour les "petitsENTRE FOLK ET JAZZ d’une longue série ?acoustique. Plébiscitée par ses collègues, la Sweet Jane n’est pas passée inaperçue, et a rapidement trouvé preneur ! Première Max Robin
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à la vue de ce superbe instrument, magnifiquementtravaillé. Afin de lui donner ce côté "ancien" et de faire ressortir les ondes (quel dos !) du très belérable requis pour le corps et le manche, sans trop noircir l’épicéa de la table, Aurélien a opté pourune teinte à l’alcool. La répartition des essences, rehaussées par le choix de l’ébène pour tous les"accessoires" (cordier, chevalet, attache-courroie), ainsi que pour le placage de tête et la touche, sou-ligne la cohérence esthétique de l’ensemble (jusqu’ aux boutons des mécaniques Schaller "Grandégalement en ébène). Des pieds à la tête de cette Tune", 14 cases hors caisse de format 15 pouces (pour undiapason de 628mm - ajustable à la demande), est évidemment fait main, à commencer par latable bombée, entièrement sculptée, sans omettre tout l’armature du cordier en laiton, facilitant le passagedes cordes et le réglage : judicieux et parfaitement aussi bien à l’aspect esthétique qu’au jouage pro-prement dit! Evidemment,tare de luthier de cette qualité, il faut savoir que les comme pour toute gui- réalisé ! Tout ici a été pensé avec goût, à l’image dufilet de touche, la 12ème case. pourvu d’un petit "crochet" signalant choses n’iront qu’en se bonifiant au fil du temps.On est là dans un investissement sur la durée. En mariant habilement caractère "vintage" de larobe et sobriété de la facture, Aurélien Peras fait entendre une voix désormais repérable dans leconcert des luthiers hexagonaux. On se délecte en tout cas des multiples qualités de cette Sweet Jane,à la fois claire, transparente, délicatement boisée et délicieusement fruitée. Une réussite ! près des études artistiques (Beaux-Arts) Ade son père et de ses grands-pères), la passion deet une formation d’ébéniste (il "bricole"depuis l’âge de 8-10 ans, suivant l’exemple la guitare conduit Aurélien Peras à partager l’atelierde Gérard Defurne, dont il devient l’assistant. Ce compagnonnage va lui permettre d’apprendre lemétier auprès d’un maître, tout en commençant à développer sa propre production.de collaboration, Aurélien a décidé de s’installer à Après cinq années La maniabilité de cette très belle guitare ne laisseDANS LES GRANDES LARGEURS Saint-Nazaire, où il ouvrira son propre atelier auprintemps 2018. planer aucun doute,plus confortables - ce qui ne constitue d’ailleurs pasle moindre atout des "petits formats", la prise en main se révélant des le profil du manche autorise,liberté de jeu ! On retrouve cette impression de comme ici, surtout lorsque une grande thier) provient à la fois d’une recherche esthétique,Ce nouveau modèle PARFUM DE FOLK "entre folk et jazz" (dixit le lu- souplesse dès qu’on actionne les cordes graves et s’illustrant entre autres par le choix d’une rosaceelliptique inspirée des Selmer et par l’absence de médium, avec un côté "ductile" qui ne manque pasde séduire. En mode "jazz", le rendu en accords se pan coupé, tout en se nourrissant d’un projetsonore influencé par l’esprit des petites Martin et laisse déguster, dégageant de belles largeurs et uneexcellente tenue. des modèles Parlor : sur les traces du blues, donc, harmonique font ici bon ménage : ça sonne ferme Clarté de l’articulation et richesse mais "version archtop", avec une exigence de pré-cision et un souci du détail dans le rendu. D’où et bien groupé ! Si l’on attaque un peu plus, la belledispose de solides ressources, permettant de faireressortir le jeu à l’aigu et de creuser les nuances, le du standard "jazz" et de revendiquer ce "parfum de(en l’occurrence des Elixir),l’option ici retenue de monter des cordes en bronze histoire de se démarquer son demeurant égal et équilibré sur toute la tessiture.On remarque au passage que l’absence de pan coupéne gêne pas, archtop.folk", en conservant le design et l’architecture d’une sans contorsions excessives. les notes supérieures restant accessibles la conception d’ensemble de cet instrument, Soit un bon point pour eu égard En la matière, le luthier s’est donné les moyens deson ambition.LIQUEUR ET FLACON Impossible en effet de rester indifférent Prix : 5600 euros, prix public conseilléSite : www.peras-guitares.com
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MARTIN0-18
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La série 18 martin, autrement dénommée "Standard", a toutes les chances de ravir les fans de lalégendaire maison et de ses modèles les plus authentiques. authentique, ce modèle l’est pleinement.UN SON REMARQUABLE il donne à jouer une martin de tradition, dans toute sa plénitude. Jacques Balmat www.martinguitars.com crustations, mais une fabrication exem-ans la série 18, point de nacre, point d’in- l’espace sonore, mais ce sont elles qui affirment lecaractère du modèle et participent à sa générosité. avec pour seule touche esthétique, quelques menusdétails. C’est tout le charme d’une grande, trèsD plaire sur des fondamentaux éprouvés, Que l’on soit fan de Tommy Emmanuel, d’EricClapton ou de Mark Knopfler, grande guitare, que de parvenir à séduire sans faire entière satisfaction à tout amateur de très bonne cette Martin donnera débauche d’une exaltation plastique, ce que Martinsait aussi faire, guitare aux qualités sonores sans faille. Elle prouvepar la même occasion qu’une caisse en acajou n’est pour ce type de lutherie. Mais avec un numéro 18en guise de nom de baptême, la marque ayant également un public pas moins valorisante sur le plan sonore qu’uneréalisation en palissandre. Venons-en donc à ce modèle, qui propose un déli-cieux voyage acoustique. on reste dans le sobre. Voilà donc une guitare pour musiciens exigeantsAU SERVICE DU SON qui placent l’exigence de grande qualité sonore avant Réalisation, finitions, tout est propre et soigné,on sent, au propre comme au figuré, une maîtriseUNE AUTRE ÉPOQUE tout autre chose. Le prix place ce modèle dans ledébut de la catégorie "haut de gamme". Face à des parfaite du sujet, qui n’est plus à démontrer depuisun sacré nombre de décennies. concurrentes comparables, cette Martin se situe uncran nettement au-dessus. Tel un excellent millé- un diapason court (24,9’’, soit 632,46 mm), trèsagréable. Le petit gabarit du modèle, né des tailles Le manche présente sime viticole, cette guitare continuera de se bonifierau fil des ans, de caisse et de manche, absolument exemplaire. pour rapidement gagner une maturité fort sympathique et plaisante à jouer.Les différents éléments de la lutherie sont d’ins- nous met en bras une guitare piration rétro : chevalet, mécaniques, vernis…Etrange sensation d’avoir entre les mains une gui- tare issue d’une autre époque! Mais ce manche n’estpas à proprement parlé un manche rétro. Il n’est pas non plus marqué par des lignes très modernes :on est dans un entre-deux bien dessiné. Il affiche un profil ovale, qui devrait contenter, peu ou prou,tous les guitaristes. Qu’il s’agisse de poser quelques accords paisiblement pour soutenir l’interpréta-tion d’une chanson ou, au contraire, de développer une technique de jeu spécifique comme le finger-picking, la pièce d’acajou et sa touche ébène ne subissent aucune contrainte. On pourra même, auchoix, caler le pouce sur la tranche ou bien au dos. La table donne à admirer un très bel épicéa. Lafinition brillante légèrement teintée confère beau-GÉNÉREUX ZÉRO coup de chaleur à la plastique du bois. Le format"0", aussi petit soit-il, surtout comparé à une gé- certaines fréquences, sans pour autant entraîner néreuse dreadnought, ne manque pas d’à-propossonore. La sonorité qui s’en dégage se révèle en un déséquilibre quelconque. Les basses se révèlentde profondeur moyenne,ce qui aide à procurer une bonne dynamique et très légèrement "tendues", effet d’une grande générosité. La puissance est là,il n’y a qu’à demander, tout comme l’exaltation de une rondeur appréciable. A l’opposé, les aigus pos-sèdent le caractère de la maison, mais, ici, la petite pointe "clavecin" est moins prononcée, la brillance Prix : 2799 euros, prix public conseillé légèrement tempérée. C’est au niveau des médiums Style : "0-14 fret" que l’on trouvera l’essentiel de la personnalité sonorede la 0-18. Non que ces fréquences envahissent table : épicéa de Sitka massif Fond et éclisses : acajou massif manche : acajoutouche : ébène Largeur au sillet de tête : 44,4 mm Lutherie : 9 Confort de jeu : 9 Largeur à la 12ème case : 54 mm Son acoustique : 9 mécaniques : vintage ouvertes type Waverly rapport qualité/prix : 10 Préampli : non etui/housse : étui martin standard noir ce modèle est une réussite totale ! Version gaucher : oui, au même tarif On aime : Site : www.martinguitars.com On regrette :bienvenue. une version électro serait la
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COLE CLARKAngel 2 Blackwood CCANEC-BLBL L’Australie est "l’autre" continent des guitares. Riche en spécificités très person-Un Ange pAsse, Arrêtez-le ! ses propres standards au monde de la six-cordes. Elle est portée, en ce qui concernenelles, la lutherie australienne a, au fil des décennies, proposé, si ce n’est imposé,la guitare "western", par deux marques emblématiques : Maton et Cole Clark. C’est un tout nouveau modèle de cette dernière que nous vous présentons. Jacques Balmat www.coleclarkguitars.com
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paraissent resserrés, légèrement mats, une caisseréalisée entièrement en blackwood massif confère assurément une personnalité sonore à l’instrument.Sans être décoiffante, la puissance de projection est bonne, la dynamique tient bien la note lors desa propagation dans l’espace, la diffusion confor- Prix : 2995 euros, prix public conseillé table, avec un émiettement sonore très séduisant.Comme à son habitude, Cole Clark a installé l’un Style : grand auditorium, pan coupé, électrotable : Blackwood massif de ses systèmes électro sur le modèle. La marqueaustralienne possède son propre département Re- Fond et éclisses : Blackwood massifmanche : érable cherches et Développement pour la création de touche : Blackbean ses propres systèmes. L’Angel 2 bénéficie de l’outille plus évolué de la maison, un préampli à trois Largeur au sillet de tête : 44 mm Largeur à la 12mécaniques : grover dorées à bain d’huileème case : 53,96 mm Préampli : Cole Clark Face Blend 3-Way voix. Il combine un piézo placé sous le sillet dechevalet à un micro sensor pour les fréquences sous etui/housse : étui façon "tweed"Version gaucher : nonSite : www.coleclarkguitars.com 350Hz, et un autre micro pour les hauts aigus. Lemélange de trois trois sources permet de sculpterdes sonorités avec une grande précision, aidé par Blackbean (autre bois local) et le dos du mancheen érable local du Queensland renforcent la grande une égalisation à trois bandes. clarté physique du modèle. Ce n’est pas tout. Un emplacement mémoire offrela possibilité de mémoriser sa sonorité favorite,EXEMPLAIRE ET ORIGINALE Toujours dans un souci de préserver au maximumles ressources de bois et de minimiser les pertes, leDIAMANT qu’on peut travailler en branchant la guitare vial’USB du préampli sur son ordinateur, et éditer manche est réalisé par l’association de trois pièces,en lieu et place d’un façonnage "une pièce" (songez ainsi les EQ individuels des trois capteurs ! Commeson confrère Maton, Cole Clark précise que les vis que pour la taille d’un manche, seuls 20 % de lapièce de bois initiale sera réellement utilisée, le du chevalet servent à caler et assurer en atelier labonne pression du piézo sous le sillet, et en aucun reste finissant en copeaux…). La marque en profitepour assumer parfaitement ce type de fabrication, cas à ajuster la hauteur de ce dernier. Donc, on netouche pas ! Livrée dans un étui rétro imitation et faire de la jonction tête/manche une très joliedémonstration de bon goût, avec notamment une tweed, voilà une remarquable guitare, bien née etrichement dotée ! partie sculptée façon diamant, qui vient superbe-ment habiller ce point de liaison. Le profil du endons aussi justice aux fabricants aus- manche met en main un outil au galbe assez platet peu épais, la sensation de largueur moyenne estconfirmée par nos mesures. Ni facile ni difficile à d’essences locales, bien avant que cela ne devienneR traliens de grandes séries, qui mettent enœuvre depuis longtemps une majorité jouer, il demande un temps d’adaptation afin de un impératif écologique pour tenter de sauvegarderce qui peut l’être encore de notre petite Terre. prendre ses marques. Le son acoustique délivré se révèle homogène. IlMISSION SPATIALE C’est ainsi que cette Angel est dotée d’une caisseentièrement fabriquée en Blackwood,ON JOUE LOCAL procure le sentiment auditif d’un léger écrêtagedans le bas et dans le haut du spectre. Les registres à l’approvisionnement géré durablement.est de taille Grand Auditorium et munie d’un pan essence locale Cette folk coupé afin de favoriser l’accès aux notes les plusaiguës, en association avec le pan coupé. Les choix de finitions ne font pas mystère de l’objectif recher- confèrent à l’esthétique le caractère recherché,satinés nitro-cellulosiques,ché : proposer un instrument "naturel" ! Les vernis très finement appliqués, nant même à certains endroits le sentiment d’unbois brut. Le choix d’un vernis non teinté, ou peut don- être l’est-il très légèrement, accentue cette impres- très claire à la guitare, qui ne plaira pas à tous lession de bois "brut" et confère en outre une esthétique Lutherie : 8 Confort de jeu : 8 guitaristes. Mais, à l’évidence, les bois se teinterontnaturellement sous l’effet de la lumière pour s’ha- Son acoustique : 8 Son électro : 10rapport qualité/prix : 8 biller à terme d’un aspect plus foncé, qui ajouteraun côté chaleureux. Pour l’heure, c’est un tableau On aime :électro. la personnalité générale et le système très original que nous présente l’Angel 2 "tout-Blackwood", d’autant que la touche réalisée en On regrette :pas du goût de tous, et le prix. la personnalité, marquée, ne sera
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ZEMAITISCAG-100FW
www.zemaitisguitar.com La maison Zemaitis a acquis ses lettres de noblesse auprès des guitaristes au début des années 70 grâce à son créatif luthier,Tony Zemaitis. Ses fameuses guitares électriques aux corps magnifiés par des tables en métal gravé sont entrées dans la légendeAU GRAND CHIC DE LA MOUSTACHE AMÉRICAINE en magasin et sont déjà en test dans votre revue préférée.de Los Angeles, Zemaitis a créé la surprise en présentant une gamme de guitares… acoustiques ! Les premiers modèles arrivent de la six-cordes. Tony disparu, l’entreprise se poursuit, reprise par la famille de ce dernier. En janvier dernier lors du Namm Show Jacques Balmat xemplaire, la belle housse luxueuse bien E matelassée,du respect du fabricant envers les guitaristes. fournie avec la guitare, témoigne ensemble de caractéristiques sonores généralementrecherchées par les instrumentistes de la folk : des C’est la technique désormais très répandue "mancheC’EST LE CAS Cette folk est élaborée autour d’une caisse GrandAuditorium, un format qui concilie aux mieux un basses soutenues mais précises, des médiums douxmais sonores, des aiguës lyriques et dynamiques.Voyons donc comment Zemaitis aborde le sujet. en trois parties" qui a été choisie pour la construc-tion du manche. Gain de temps, moins de pertesde bois, tout le monde y gagne ! Les points d’as-
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semblage entre les pièces de bois sont assez bien travaillés, avec une homogénéité esthétique bien préservée. Peu épais, légèrement en "V", le dos procure un agrément de jeu bien appréciable. Les rebords "tombent" bien, offrant au pouce un point d’appui naturel, qui aide à une vraie souplesse de jeu. Voilà un manche qui ne fatigue pas la main, que demander de plus ? La réalisation de barrés facile ? C’est le cas. Des barrettes douces et favori- On aime : la qualité de la lutherie et l’équilibre sant une belle intonation ? C’est encore le cas. générale de l’instrument. On regrette : le prix pourra sembler élevé, mais il est cohérent.
MOUSTACHE
Pas de mauvaise surprise pour l’accordage, les mé- caniques à bain d’huile assurent la tâche avec ef- en cela par la rosace au motif floral en bois, assortie ficacité. Les petits boutons permettent une ma- aux filets en bois très finement posés. nipulation aisée, évitant la désagréable sensation de se coincer les doigts entre les clés ! Observez les A L’AISE lignes du chevalet situées aux extrémités : une dé- Avec une dominante médium, la sonorité exprime clinaison de la fameuse "moustache " américaine. encore la jeunesse de ces matériaux, mais laisse Ici, c’est un peu plus discret, mais tout aussi efficace déjà percevoir de belles basses ; la puissance est là, sur le plan mécanique dans l’art et la manière de elle manque certes encore un peu de rondeur, qui transmettre les vibrations. Il confère aussi une grande ne manquera pas d’apparaître lorsque la guitare part de la personnalité esthétique du modèle, aidée aura suffisamment vibrée et "pris l’air". La sonorité reste homogène sur l’ensemble du manche, l’habi- tuelle chute de volume en descendant vers les cases aiguës reste bien au-dessus de la moyenne du genre. Douée pour le picking, la Zemaitis folk sait aussi se montrer énergique dans l’art de balancer le strum- ming sans être marquée par le phénomène de com- pression naturelle. En jeu mélodique, les notes se détachent bien grâce à un piqué d’attaque précis, qui laisse ensuite place à une tenue assez longue, légèrement voilée, ce qui apporte une sensation de sonorité chaleureuse. Sans être trop nuancé, le son d’ensemble permet d’envisager tous les styles de musique. Prix : 930 euros, prix public conseillé Style : grand auditorium table : épicéa de Sitka massif HORS SENTIERS Fond et éclisses : sapelé Bien fabriquée, la CAG-100FW ne manque pas manche : acajou touche : palissandre d’atouts. C’est un instrument de qualité qui jouit Largeur au sillet de tête : 43 mm d’une fabrication sérieuse. Très agréable à jouer, Largeur à la 12ème case : 54 mm elle ne demande qu’à être bercée ou énervée sous mécaniques : bain d’huile chromées l’effet de la pratique assidue de son instrumentiste. etui/housse : housse matelassée deluxe Lutherie : 8 Version gaucher : non Le look original et attrayant en fait la folk idéale Confort de jeu : 9 Site : www.zemaitisguitar.com pour tous les guitaristes souhaitant "sortir" des Son acoustique : 8 marques habituelles du genre. rapport qualité/prix : 8
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JM Forest BB27-MHSPRODIPE GUITARS alors que la marque Jm Forest se fond progressivement dans l’appellation Prodipeguitars, la maison française continue de faire grossir son catalogue d’instruments,ELLE DONNE DU GRAIN À JOUER notamment le chapitre folk. La BB27 jouit du grand savoir-faire de la marque. C’estun modèle de choix proposé à un prix fort attirant. Jacques Balmat à un instrument de taille réduite, mais point mini. à moins de 200 euros.La fabrication se révèle exemplaire pour une guitare sors de cette caisse ! La pratique des arpèges permetde découvrir une autre facette de la BB27 : chantante En pinaillant un peu, le chevalet aurait tout demême mérité des chevilles un peu plus noble, et le C’est propre, précis et attrayant. et mélodique grâce aux aigus qui s’étalent un peuplus dans l’espace sonore. sillet de tête ne semble pas non plus à la hauteur derez-vous ? Elles jouent dans tous les cas correc- Et les basses, me deman- du reste. Il faut dire que le "reste" tutoie l’excellencedans cette catégorie de prix. La caisse est protégée tement leur rôle, sans excès ni faiblesse. Pour 199 d’un très beau vernis satiné, massifs, et pourtant un "vrai" grain qui charme le euros, voilà une guitare très attachante. Pas de bois ouverts" convenant fort bien à l’acajou. Une rosacede type "tresse" bicolore, qui assure un fini "pores pratiquant comme son auditeur.premier achat ou d’un achat de complément, la Qu’il s’agisse d’un blancs constituent les éléments décoratifs d’un mo-dèle sobre mais séduisant. On peut aussi ajouter le des filets noirs et sur-filets BB27 ne peut que combler son instrumentiste, duguitariste débutant au pro aguerri. Bien joué ! filet de touche noir,tours de la surface de jeu. qui cerne délicatement les con- Le manche présente un diapason de 42,15 cm etune largeur de 43 mm au sillet.SKIPPY JOUE DE LA GUITARE qui ont confirmé nos sensations : c’est une guitaretrès facile à jouer. Voilà pour les chiffres, à l’autre du manche sans aucune entrave, on peutfaire le kangourou digital, c’est riant de souplesse Les doigts gambadent d’un point et de légèreté. La caisse émet une puissance quiétonne aux premiers abords (on s’y habitue vite). Ce sont les fréquences médiums qui procurent laplus grande part de son énergie et de sa "pêche" au modèle.au médiator, Voilà qui soutient sans se coucher le jeu Très efficace pour le blues notamment, plus encore qu’il soit retenu ou pleinement balancé. www.jmforest.fr lorsqu’on accorde en open tuning. Big Bill Broonzy, On aime : oici un sympathique format pour une On regrette :conséquence sur le bilan final. le format, le manche et le son. quelques petits détails sans VGuitars JM Forest qui y va,guitare tout aussi sympa.dance série tout-acajou, ce mois-ci, c’est donc Prodipe Dans la très ten- bution, en proposant la BB27, dernière née d’une de sa contri- gamme désormais bien étoffée de la marque. Lutherie : 8Confort de jeu : 9Son acoustique : 9rapport qualité/prix : 10 Prix : 199 euros, prix public conseillé La fabrication tout-acajou présente l’avantage deproposer des instruments à la sonorité moins mar-HYBRIDE Style : dérivé Om réduittable : acajou doux et moelleux. Selon le format de caisse choisi,quée et brillante qu’avec l’usage de l’épicéa. C’est JM Forest inscrit son modèle dans la catégorie deson valorisera plutôt tel ou tel registre. Avec la BB27, Fond et éclisses : acajoumanche : acajoutouche : palissandre Largeur au sillet de tête : 43 mmLargeur à la 12 une 000, voire une guitare de voyage. C’est un peuhybrides : sa taille est à mi-chemin entre une OM, mécaniques : bain d’huile chroméesPréampli : non ème case : 52,8 mm tout cela réuni et synthétisé pour donner naissance etui/housse : nonVersion gaucher : nonSite : www.jmforest.fr
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JOUEZ ET GAGNEZ AVEC
photos non contractuelles
UNE GUITARE ACOUSTIQUE
ARTWOOD TD187SC
AVEC UN ÉTUI CUSTOM
GUITAR CASES LUXE BOMBÉ
d’une valeur de 405 € TTC * • Style : Dreadnough, pan coupé • Table : épicéa massif • Fond et éclisses : palissandre • Manche : sapelé • Touche : palissandre Pour participer, rendez-vous sur : http://acousticmag.fr/ acousticmag/giveaway.html Clôture du jeu le 15 avril 2018. Règlement sur simple demande.Concours par tirage au sort. GAU # 60
BANC D’ESSAI
DR260EASTONESon look assez sage cache un tempérament très séduisant, qui n’a d’égal que l’agré-PRÉTENDANTE AU WESTERNUNE NOUVELLE ment de jeu procuré par le manche. Cette étonnante guitare, peu onéreuse, est envente dans une unique enseigne. normal, c’est cette enseigne qui l’a créée et faite fabriquée. Jacques Balmat autres restant totalement dignes d’intérêt (OM100 et DR160ce). La DR260 est une guitare très homogène. La fa-DANS L’AIR DU TEMPS brication est propre, le prix n’exclut donc pas un Prix : 239 euros, prix public conseillé Style : dreadnoughttable : épicéa massif certain soin et le souci de présenter un instrumentsans défaut. plaire, qu’on aimerait retrouver chez tous les fa- Voilà qui témoigne d’un respect exem- Fond et éclisses : Wenge manche : Okumantouche : palissandre bricants et distributeurs. Affaire de goût, le vernis Largeur au sillet de tête : 43 mm satiné va plaire ou pas, mais il est très cohérent Largeur à la 12mécaniques : bain d’huile chroméesetui/housse : nonème case : 53,7 mm lorsqu’on considère l’ensemble de la lutherie, et Version gaucher : nonSite : www.stars-music.fr somme toute très tendance. Le manche offre unepièce très consensuel, Star’s Music n’a, à juste titre, pointe très séduisante, qui procure un joli timbre. pas pris de risques en voulant faire preuve d’origi-nalité. A bord de la DR260, ça joue facile et plai- La guitare vibre de manière satisfaisante,duire une projection de qualité, qui ira en s’étoffant pour pro- samment. Le débutant pourra s’y faire les doigtssans souffrance et se lancer dans l’apprentissage des sous l’effet du mûrissement de l’épicéa massif quicompose la table. Jouée aux doigts comme au mé- Fa et Sib barrés de la case 1, le visage dénué d’unegrimace témoignant de douleurs insoutenables. diator (à condition de ne pas y aller comme un utiles, les mécaniques à bain d’huile nous la jouent Bien cheval fou), la Dreadnought 260 fait parfaitementl’affaire. tout en douceur et en précision. aussi bien aux débutants qu’aux guitaristes avancés,est une offre très intéressante. Vendue au prix de 239 euros, Le modèle conviendra cette Eastone voire confirmés, à la recherche d’une bonne deu- Cette dreadnought Eastone donne à entendreune sonorité caractéristique de la folk dreadnought.BON, ON JOUE ? xième guitare peu onéreuse,d’un bon potentiel. Il sera même intéressant d’en- agréable à jouer et dotée L’amplitude fréquentielle du genre est là, avec lesbasses soutenues, visager la monte d’un micro rosace pour en faireune électro-sympathique ! chantants. L’attaque donne à entendre une petite les médiums puissants et les aigus Lutherie : 8 Confort de jeu : 9Son acoustique : 8rapport qualité/prix : 9 www.stars-music.fr es guitares Eastone sont vendues en ex- ces modèles sont créés par la société elle-mêmeL clusivité chez Star’s Music, un magasin etsite internet. Il y a une bonne raison à cela : puis fabriqués en Chine selon le cahier des charges coup de souplesse et d’intérêt à l’enseigne : ellepropose avec beaucoup d’à-propos ce qu’elle pensede la maison française. Cette démarche offre beau- convenir au mieux à ses clients potentiels et, enlimitant les intermédiaires, les prix de vente publics deviennent très attractifs. C’est donc dans le réseauStar’s Music qu’il faut se rendre pour essayer l’une de ses guitares folk. Parmi le trio qui nous a étéproposé de tester, c’est la DR260 que nous avons au final sélectionné pour un banc d’essai, les deux On aime : On regrette : à ce prix, c’est une très chouette guitare. rien !
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BANC D’ESSAI
HUGHES http://hughes-and-kettner.com
& KETTNER
Spécialiste de l’amplification de renommée mondiale, la marque allemande, jusqu’alors entièrement tournée vers les sons électriques,crée l’événement et la surprise du moment en proposant un combo dédié à la guitare… électro-acoustique ! Nos mains, nos oreillesEra 1 ERA MUSICA EST ! et nos yeux se sont alors immédiatement emparé de l’Era pour dix jours de pratique en live et en studio. Jacques Balmat
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’Era appartient à cette catégorie de pro- et plus. Il faut bien admettre que cela a de nom-L duits électroniques marqués par la tendanceactuelle : la taille est toujours réduite, tant breux avantages pour les déplacements et le trans-port. L’Era est d’une grande légèreté, ce fut un réel plaisir d’avoir sa compagnie lors de son utilisationen concert comme en enregistrement. Livré en housse, ce mini combo laisse immédiate-ment apparaître tout son potentiel à la vue de sonIL SAIT S’ENDORMIR TOUT SEUL panneau de commandes. L’Era est proposé en fi-nition noir ou "bois", très jolie. Le dos du combo regroupe l’intégralité de la connectique,rant très attrayante. à double format, XLR et jack, pour alimenter les En premier lieu, il y a les entrées, au demeu- indiquer les paramètres modifiables pour chaqueprogramme. Enfin, les "Mute", témoin "clip" de deux canaux. Une boucle d’effets trône juste àcôté, suivie d’une sortie DI doublée de sorties Line saturation du niveau d’entrée et alimentation fan-tôme 24 volts sont autant de fonctions utiles, pré- Out jack et casque, et même d’une sortie optique(S/PDIF). sentes sur chaque canal. tation européenne,"auto-sleep", option qui permet de désactiver au- Pour répondre à une nouvelle réglemen- l’ampli est muni d’une commande Très généreux, l’Era délivre une très bonne puis-QUELQUE CHOSE DE PRO tomatiquement le combo après 90 minutes d’inac-tivité. Une entrée supplémentaire au format mini sance,problème. Il peut ainsi assurer sans souffrir (ni qui peut monter dans le "très fort" sans aucun switch 3,5 mm vient accueillir une source externede type "auxiliaire" et ainsi constituer le troisième souffrance du côté de l’utilisateur) la diffusion danslieu jusqu’à 150 à 200 personnes, nos essais en at- canal,dédié sur le panneau de commandes. Enfin, un ac- dont le niveau est ajustable par potentiomètre testent. Un support amovible (il est livré dans lahousse) peut se fixer sous l’ampli pour assurer une cordeur pourra être branché directement sur uneentrée dédiée. En liaison avec l’une des fonctions du pédalier (en option), on coupera le signal de Polyvalence : 9rapport qualité/prix : 9 inclinaison vers le haut du coffret de 25 ou 35°,améliorant et optimisant nettement la qualité dela diffusion sonore et de sa bonne perception par sortie pour s’accorder en silence sans gêner l’au-ditoire. On aime : On regrette :le bienvenue pour plus d’ouverture spatiale. le format et les prestations techniques. un caisson satellite optionnel serait l’utilisateur.un investissement financier non indolore, maislargement justifié. C’est un ampli très sérieux, qui demande C’est en face supérieure que se trouve l’implantationprincipale de l’Era.IL FAIT DE L’EFFET Prix : 1199 euros, prix public conseillé trôles habituels, si ce n’est traditionnels du genre. Il y a les deux canaux et les con- technologie : transistors - Class D Puissance : 250 watts L’égalisation comporte trois bandes, avec une sec- Canaux : 3 tion médium, qui, à elle seule, apporte beaucoup HP : 1x8’’ Custom Design, 1x1’’ dôme tweeter effets : DPS 16 programmesContrôles : 2 eQ 3 bandes, Shape, mute, C Boucle d’effets : ouiDimensions : 351 x 285 x 290 mm Poids : 9, 85 kgFootswitch : en option d’inclinaison, embase pour fixation sur stand/pied Divers : livré en housse matelassée et bras Site : http://hughes-and-kettner.com de marge de travail. Le mini bouton "Shape" jouelui aussi un rôle important dans la couleur sonore finale. C’est en l’activant que nous avons (re)trouvénotre sonorité de base préférée, avec des aigus cris- tallins mais point trop brillants non plus et desmédiums légèrement mats. Les basses ne souffrent pas de la taille du haut-parleur et ses 8’’.de 1’’ Un processeur d’effets à seize programmes offre complète fort bien l’offre de diffusion sonore. Un tweeter une très bonne alternative à l’usage de traitementsexternes. Réverbes, delays, modulations, on peut faire tout ce que l’on veut, avec son instrument ouà la voix. Mieux encore, il est possible d’éditer et de modifier les paramètres des programmes d’effetspar l’usage d’une fonction "cachée", partiellement séparée par canal qui plus est. Un tableau réca-pitulatif est présent dans le mode d’emploi pour
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SHOPPING
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LA BOUTIQUE
Des best of 2017 et déjà des exclusivités 2018, c’est dans la Boutique Acoustic.Flight-case du shopping poussé par Jacques Balmat 3 Véritable boîtier à tout faire, ce préampli de la marque3 FISHMAN 4 américaine délivre un grain très naturel. Préampli, éga-liseur, multi-effets, il constitue le centre névralgique duguitariste électro, sur scène comme en studio, la qualitéPro-DEQ-AFX des composants (circuit analogique, préamplis de ClassA, effets numériques traités en parallèle…) présentantune superbe transparence sonore et des traitements totalement malléables. La connectique relève elle aussi 2 4 de l’univers professionnel. Ce fut l’une des grosses surprises de l’été 2017, qui restera MESA BOOGIE 348 € dans l’histoire de l’amplification moderne de la guitareRosette Acoustic Di-Preamp plification pour guitare électro-acoustique. Le Di-Preampélectrique : la marque californienne mythique s’estlancée dans l’aventure de la préamplification et de l’am- une égalisation semi-paramétrique très poussée, un notchRosette propose, peu ou prou, la section préampli ducombo du même nom. La machine embarque, entre autres,filter ajustable, un boost et une boucle d’effets. La con-nectique est très complète et bien étudiée. Un futur standard du genre ?
2 BOSS
1 Après le succès du Fly Rig original destiné à la guitare
5 TECH 21 389 €
électrique, puis sa déclinaison en version SignatureAcoustic Fly Rig Le concept est tout aussi innovant que la technologiemise en œuvre. La Sdrum est en effet une machine à SDRUMDIGITECH Richie Kotzen, après l’apparition d’un modèle spécial L’AD-10 reprend une grande partie des circuits des com-bos Acoustic Singer pour en proposer une version pe-dalboard, qui contentera les guitaristes déjà équipésAcoustic Preamp AD-10 basse, voici donc pour 2018 la guitare électro-acoustique créer des rythmes, façon drum machine, mais qu’on vaprogrammer en temps réel via la guitare qui va "trig-ger" les sons de la pédale. C’est en effet en analysant le en ampli électro, ou aimant à se brancher en direct surla console, sur scène ou en (home) studio. Ce préamplià deux canaux possède les effets les plus utilisés dans qui bénéficiera à son tour du savoir-faire de la maisonaméricaine. Cette incursion dans l’univers de la guitareà caisse, ou assimilée, n’est pas une première pour Tech strumming du guitariste que la machine va déclencherles sons de caisse claire et de grosse caisse, et les mémo-riser, les autres instruments venant ensuite s’insérer le domaine de la guitare électro, épaulé par un très bonégaliseur et d’autres goodies bien pratiques (accordeur,anti-feedback, boucle d’effets). On retrouve aussi le 21, mais presque. Sous un format ultra réduit, qui permetde glisser sans problème le pédalier dans la poche avantde la housse de l’instrument, on dispose du nécessaire automatiquement. C’est très étonnant, et passée la pé-riode d’apprentissage, non seulement pour l’instru-mentiste mais aussi pour la machine (il y a un mode looper, qui offre jusqu’à 80 secondes d’enregistrement,et une belle palette de connexion. A ce prix, c’est remar-quable. 359 € habituel du genre et même un peu plus : réverbe, delay,boost, chorus, EQ, compresseur, accordeur. En bancd’essai exclusif, très bientôt ! 421 € "learn" à activer pour entraîner la SDrum), il devientfacile et amusant de construire un morceau entier, avec 5 Cette pédale peut être synchronisée avec un des loopersdifférentes parties (couplet-refrain-pont, par exemple).JamMan de la même maison pour une grande puissancede jeu, et de feu. Très pratique pour jouer, composer et travailler. 219 €
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ACOUSTIC
5 1 4 3 3Désormais, plus besoin de pince, Magnetune s'attache à 360 degrés pour proposer tout angle de vue. Les LEDmagnétiquement à votre guitare ! Il se fixe en effet sur Magnetune MG-1KORG 1 indiquent le numéro de corde, la direction de l'accord les mécaniques ou sur l'attache-courroie. L'aimant tourne et le taux de décalage. Sa taille est super compacte etson poids super plume (11 grammes !). A peine plus Mesa Boogie, Hughes & Kettner, Orange… Décidém-ment, les marques d’amplis pour guitares électriques Acoustic PreORANGE gros qu’une pièce de deux euros, il est invisible pour le 2 7 public et ne gâche pas l'esthétique de l’instrument.L’autonomie de la pile (lithium CR2032) est d’environ 6Qu'on soit d'un côté ou de l'autre de la scène, la pro- tection auditive est primordiale, tout le monde le sait,Party Plug Pro Natural
ALPINE
en 2017. L’Acoustic Pre est un préampli deux canaux,l’un équipé d’un circuit à lampes, l’autre à transistors,chacun disposant de sa propre section d’égalisation àont fait une entrée en force dans l’électro-acoustique 30 heures. Après trois minutes de silence, la fonctionAuto Power-off éteint l'accordeur automatiquement,vous n'aurez donc pas à vous inquiéter de l'état de la trois bandes, avec médiums semi-paramétriques. Uneréverbe est également présente, ainsi qu’une boucled’effets stéréo pour y brancher directement ses traite- pile. ments externes et faire ressortir tout ça en mono ouen stéréo, via les sorties jack et/ou XLR. L’Orange pré-sente quelques autres caractéristiques (alimentation 4La plupart des pinces coupantes sont faites pour couper MUSIC NOMAD 13,70 € AcousticFilters", qui garantissent une atténuation égalemais beaucoup l’oublie. Pour parfaire son offre, Alpinepropose désormais les Party Plug Pro Natural, des pro- fantôme, phases), qui confirment son statut de machine du cuivre. Elles s'usent très rapidement sur les cordes de Grip Cutter sur toutes les fréquences. La qualité musicale reste, maistections auditives équipées de filtres rectilignes "Alpine pro. guitare, qui utilisent des métaux plus résistants, pouvant parfois atteindre 3 mm d'épaisseur. Le Grip Cutter est 21 dB. Comme si on baissait le volume, mais sans aucunesensation d'isolement. Allez, un p’tit bouchon, ça ferapas les sons nuisibles et dangereux, atténués jusqu'à 2Voilà une initiative inédite, qui devrait connaître un CARLOS PAVICICH 879 € une pince coupante fabriquée en acier vanadium ultrarésistant, qui viendra même facilement à bout d'un Si de mal à personne ! 29,95 € grand succès ; en tout cas, elle le mérite. C’est à CarlosCustom Strings grave de basse et ne s'édentera pas au bout de quelquesutilisations. Elle se range facilement dans son fourreau 7Ce boîtier est un petit appareil très étonnant… Fixé au dos de la guitare après avoir installé un sensor magné-AMP TW
TONEWOOD
lorsqu’on ne l'utilise pas. Les poignées ergonomiques fabrication de cordes "custom shop". C’est très simple :Pavicich, fabricant français de cordes de haute qualité, ont un revêtement non glissant pour une prise en main le guitariste sélectionne parmi toutes les options cellesque nous devons cette démarche originale : proposer une optimale. Bon, si vous avez un frère dentiste, cachez-là,on ne sait jamais… Ne choisissez plus entre le tissu jacquard et la suédine5 MSJ1LEVY’S 20 € tique dans le fond de la caisse, il permet d’ajouter uneffet à votre son acoustique. Découvert sur la YamahaTransacoustic, qui utilise la même technologie, le circuit qui lui conviennent le mieux. Vu la finesse des spécifi-cités, on parvient à obtenir très exactement ce qu’onsouhaite, voire mieux. Alliage, filage, tirant de chaque acoustique habillée de l’effet sélectionnée. C’est trèsdu Tonewood Amp va permettre à votre folk préféré dedégager un son réverbé, ou modulé d’un chorus. La so- la série MSJ1 propose une tranche en tissu jacquard depour un look 100% folk, back to the 70’s ! Fabriquée en étonnant ! Les possibilités de réglages et d’éditions des norité continue d’être projetée par la rosace, la sonorité télécharger son propre visuel pour personnaliser éga-lement l’emballage. Mieux encore : guitares classiques,folks et électriques, il n’y a aucune restriction de genre.corde… Le site du fabricant propose un configurateurpour choisir et, cerise au bout de la corde, on peut même deux centimètres de large en son centre. Ajustables enlongueur jusqu'à 142 cm, elles procurent LE style ! Leprix est élevé, mais la qualité l’est tout autant. Et commedaim et cousue à la main, chacune des trois courroies de personnelles au sein de dix emplacements mémoire.On peut également raccorder le Tonewood à un amplieffets sont satisfaisantes (trois paramètres par effet),elles offrent les plages suffisantes pour trouver les bonsdosages et, royal, on peut sauvegarder ses sonorités 14,90 € disait l’autre, le prix s’oublie, la qualité reste. 80 € électro. 299 €
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CHRONIQUES
CORY SEZNEC
BACKROAD CARNIVAL
(Captain Pouch Records/Inouïe Distribution) WES Après une virée de trois ans et demi en MONTGOMERY Éthiopie, le globe-trotter franco-américain IN PARIS est retourné en studio pour électriser son (Resonance Records/Bertus France) propos. Inviter la fée électrique, ok, mais Réalisée en partenariat avec l’Ins- sur de vieilles bécanes, un enregistreur à titut National de l’Audiovisuel, bandes Studer A80 et des amplis vintage cette première édition officielle à souhait. Faut que ça crachote, pas que du légendaire concert de Wes ça sente le propre. On ne fera pas le procès Montgomery à Paris, au Théâtre à ce Seznec-là de cheminer hors des sentiers battus tant sa musique croise à tous les des Champs Elysées, le 27 mars carrefours. Entre traversées des plaines blues-folk américaines et virées en brousse 1965, lors de son unique tournée afrobeat ("Tattered Flag"), slide poussiéreux et guitare rumba congolaise, banjo bien européenne, propose un docu- barjot ("Hawk on a Haystack") et pedal-steel à vapeur, claps urbains et calebasse de ment exceptionnel. Exceptionnel par sa qualité sonore tout d’abord - issue du villages d’Afrique de l’Est, sans oublier les rodéos de Rhodes et les chœurs gospel, Cory transfert direct des bandes analogiques originales -, et par le soin avec lequel apporte sa propre touche aux mariages joliment arrangés des musiques occidentales l’ensemble est présenté (coffret double CD "deluxe", livret 32 pages incluant le et africaines. La preuve avec sa subtile reprise de "The Parking Glass", une mélodrame témoignage du pianiste Harold Mabern, partenaire du guitariste lors de cette écossais illustré par une guitare acoustique et un sautillant picking tourbé aux pigments tournée, photographies de Jean-Pierre Leloir…). Exceptionnel évidemment aussi africains. Quelle affaire, ce nouveau Cory Seznec! Milo Green par la musique qu’il recèle, Wes étant ici à son sommet, dans un grand jour, à la tête d’un quartet impeccablement soudé, recevant le concours d’un invité de marque (le saxophoniste Johnny Griffin, convié sur trois titres), distillant un VAN MORRISON répertoire de rêve ("Four on Six", "Jingles", "Full House", "’Round Midnight", VERSATILE "Impressions"…). Pour l’anecdote, Joseph Reinhardt et René Thomas se trouvaient (Caroline/Universal) ce soir-là dans la salle. Pour les spécialistes : à mettre tout à côté du Smokin’ at Le disque précédent du barde irlandais the Half Note enregistré quelques mois plus tard avec l’ex-rythmique de Miles était consacré au blues. Trois mois plus Davis, et de Full House (Live at Tsubo), capté en 1962 avec le même Johnny Griffin. tard sort ce superbe Versatile, dédié aux Pour tous : une aubaine ! (Dans les bacs le 26 janvier). Max Robin standards et au jazz. A croire que l’idée initiale était un double album réunissant les deux disques. Les musiciens et l’inter- prétation sont fabuleux. Qui peut, aujour- GAËDIC CHAMBRIER d’hui, s’attaquer à des titres immortalisés VORTEX par Frank Sinatra, Ray Charles, Nat King Cole, The Righteous Brothers, Chet Baker (Quart de Lune/UVM) ou Tony Bennett, et rajouter un supplément d’âme comme le fait Van Morrison ? Les Chez les scientifiques, le vortex est un compositions personnelles sont au même niveau, que ce soit l’instrumental "Skye mouvement tourbillonnaire de fluide ou Boat Song", sur lequel l’artiste joue du sax, ou "Broken Record", qui décrit l’amour du de particules. Chez Gaëdic Chambier, c’est poète pour les vieux 78t. Beaucoup de ces titres ont été joués à la Salle Pleyel lors une expérience tout à la fois mystique et de la venue de Van Morrison au Festival de jazz Blue Note. Des béotiens se sont plaint musicale. Cet album n’en est pas un, c’est du fait qu’il ne parlait pas au public entre les chansons… Je me demande quel aide bien plus que ça, un OMNI (objet musical audio il leur faut dans les oreilles pour comprendre qu’il est beaucoup plus difficile non identifié), une conquête des espaces. pour un groupe d’enchaîner les titres sans coupures apparentes et avec une telle "Vortex s'inscrit dans mon désir de voyager. précision. Romain Decoret Voyage dans la vie réelle, voyage imaginaire... Voyage onirique, hommage informel, mani- feste libertaire musical. Pour la première fois de ma vie de musicien, j'ai fait exactement ce que je voulais. Pas de discussions, pas de compromis, juste le champ des possibles", ELVIS PRESLEY écrit le "musiconaute" dans sa note d’intention. A l’image de la première pièce, une & THE ROYAL version personnelle de l’hymne suédois "Innan gryningen" de Benny Andersson, le PHILHARMONIC compositeur extraterrestre propose des dialogues en apesanteur, en résonance, entre ORCHESTRA la guitare, la guitare-harpe, la flûte, la contrebasse et la nyckelharpa (instrument CHRISTMAS WITH ELVIS traditionnel à cordes frottées d'origine suédoise) d’Eléonore Billy. Entre ses dix (RCA/Sony Legacy) compositions spatiales, hypnotiques, et ses trois reprises sur un fil et sans filet, Après le coffret The Boy From Tupelo réu- dont "4+20" de Crosby, Stills, Nash & Young, Gaëdic Chambrier a choisi de fuir les nissant toute la période Sun Records, voici démonstrations qui polluent les disques de virtuose. C’est là son fil d’ariane. S’il a un autre ré-enregistrement avec le Royal grand ouvert ses caisse à instruments (cordes pincées avec la mandole, le cistre Philharmonic. Cette fois, les arrangeurs basse nordique, la contrebasse etc. ; cordes frottées avec la nyckelharpa, le violon, et musiciens ont réussi à complémenter la vielle à roue ; instruments à vent telle la cornemuse, le didgeridoo, la trompette, totalement les vocaux du King, particulièrement sur les blues "Santa Claus is Back in le mellophone, sans oublier les percussions, la guimbarde et l'orgue Hammond), il Town" de Leiber & Stoller et "Merry Christmas Baby" de Charles Brown & The Three n’alourdit jamais son propos ni ne tombe dans l’écueil de la sophistication, mais Blazers. Les violons et les cuivres s’harmonisent bien avec la guitare de Scotty Moore cherche l’essence de chaque son, chaque émotion. Une note et puis s’envole. Bien ou de James Burton. Il en va de même dans les chansons pop comme "Here Comes malin qui pourra étiqueter ce projet original et audacieux : on y retrouve, pêle-mêle, Santa Claus", "Santa Bring my Baby Back to Me" ou la country de "Blue Christmas". ses nombreuses influences, "les musiques afro-américaines et leurs racines d'Afrique Evidemment, les hymnes "Silent Night", "O Little Town of Bethlehem" et "Peace in the de l'Ouest, la folk-music d'outre-Atlantique, le rock progressif, les musiques traditionnelles Valley" font l’objet d’une attention particulière en ce qui concerne le mix entre les celtiques et scandinaves, les rythmes impairs et mesures composées des Balkans", énu- chœurs du Royal Philharmonic et les Jordanaires originaux. Le disque, revisité et mère-t-il. Intemporel et tout sauf classique l’univers de Gaëdic. Allez, pour résumer, sublimé, est naturellement entré dans le Top 5 anglais dès sa parution. R.D. osons un "musique de Chambrier". Ben
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BERT JANSCH
A MAN I’D RATHER BE
(PART 1 & PART 2)
(Earth/Fire Records) Ces deux coffrets de quatre CD chacun sont des monuments incontournables pour les aficionados du picker écossais, qui a défini l’accordage DADGAD. Le premier volume réunit l’œuvre des années 60 avec les quatre albums Bert Jansch, It don’t Bother Me, Jack Orion et Bert & John. Les connaisseurs y trouveront, bien sûr, "Black Waterside" - que l’élève Jimmy Page transforma en "Black Mountain Side" avec Led Zeppelin-, mais aussi des trésors tels que "Strolling Down the Highway", "Lucky Thirteen" et les duos majeurs avec John Renbourn sur "Goodbye Pork Pie Hat" ou "Tic-Tocative". Le second coffret compile quatre albums des seventies : Nicola, Birthday Blues, Rosemary Lane et Moonshine. Le picking de "Tree Song", "Poison", "Reynardine" ou "The First Time I Ever Saw Your Face" démontre une évolution quantique dans un style post-folk baroque que peu de musiciens arrivèrent à suivre. Les musiciens sont Danny Thompson, Terry Cox, Tony Visconti et Dave Mattack. On retrouve l’ingénieur du son, John Wood, qui enregistrera plus tard Nick Drake et lui insuf- flera à bon escient une partie du son de Jansch. Ce coffret, magistral, sort en février, mais deviendra très vite un double collector. R.D.
JACQUES STOTZEM
THE WAY TO GO
(Acoustic Music Records) Comme il l’illustre sur la pochette de son nouvel album, Jacques Stotzem chemine au gré de quelques ballades contemplatives. Ralentir le tempo, ar- rêter la folle course du temps. Rêver d’un monde meilleur (titre de sa pre- mière pièce), pratiquer les plongées intérieures ("Deep Sea"), méditer, voire défendre l’impermanence et l’immanence des choses... Ce serait mal connaître Jacques Stotzem, qui, guitare en mains, n’affirme jamais, ni ne conceptualise. Il se balade tout simplement, sans tomber dans l’écueil sirupeux des albums de ballades. Après un triptyque de disques-hommages (Catch The Spirit I, Catch The Spirit II, Acoustic Tribute to Rory Gallagher), le conteur belge fait donc une halte en solo, en soi, tel un moine marchant, nullement errant, sorte de Siddhartha liégeois. Evidemment, le long du sentier, il dialogue avec les Piaf ("Musette pour Edith"), arpège le cours de l’eau ("Along the River") et saute (de cordes) au-dessus des nuages. Dans ses pièces comme sur sa pochette, Stotzem l’anti-Totem dit bien plus qu’il ne l’affirme : d’un trait de guitare, il crée une perspective. M.G.
BALSAM RANGE
IT’S CHRISTMAS TIME
On sait depuis quelques années main- tenant que le bluegrass peut aborder tous les styles, du punk des Grascals au metal le plus hard, en passant par le répertoire classique des Moody Blues. Le groupe Balsam Range joue souvent au Ryman Auditorium pour le Grand Ole Opry. Leur disque précédent, Moun- tain Voodoo, était blues jusqu’à la corde. Ils ont enregistré ce nouvel album de Noël avec le Nashville Recording Orchestra, plus ou moins dans les traces d’Elvis Presley. Ils abordent ici avec bonheur le "Christmas Lullaby" de Doc Watson. "Rockin’ Around the Christmas Tree" de Brenda Lee expose un solo de sax de Sam Levine, qui salue le regretté Boots Randolph. Quant à "The First Noel", les harmonies vocales, portant la griffe Caroline du Nord de Balsam Range, sont d’une perfection angélique. R.D.
CHRONIQUES
JEAN-MARC FOLTZ &
PHILIPPE MOURATOGLOU
LAURENCE M FEAT. RAMON LOPEZ
BRAVO LA VIE LEGENDS OF THE FALL
Bravo l’artiste, surtout. (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) Voilà un album d’une rare Partenaires à la scène depuis dix ans et cofondateurs du délicatesse, qu’il s’agisse label Vision Fugitive, le clarinettiste Jean-Marc Foltz et des textes jamais léni- le guitariste Philippe Mouratoglou se retrouvent après fiants, des lignes de chant leur hommage à Robert Johnson (Steady Rollin’Me, 2012) suaves à souhait et des pour des visions contemplatives, fugitives, inspirées par mélodies simples et effi- le recueil de nouvelles de Jim Harrison, Légendes d’Automne. caces, à l’image du jubi- Sous leurs plumes, leurs souffles, ces dix pièces improvisées sont autant de tableaux impressionnistes latoire picking un brin riches de ces ocres rouges et jaunes qui colorient les canopées, ou de pièces d’art brut, "l’art des fous" bossa "Cœur d’Adolescente" (feat. Louis Winsberg et ses traits de qui ne le sont définitivement pas. Une réinvention donc, "indemne de toute éducation artistique" guitare chaloupés), rappelant que tous les ados ne sont pas mal dans comme le résumait Jean Dubuffet, qui fut la règle du jeu, la seule, de Foltz et Mouratoglou, accompagnés leur peau et qu’ils aiment parfois bouger du bassin au lieu de rester sur quatre titres par le batteur Ramon Lopez. S’il s’agit là de dialogues, pas question de tomber dans affalés dans un canapé. Composé et réalisé par deux plumes de la les sempiternelles questions-réponses : les deux compositeurs ont choisi de construire leurs phrases guitare acoustique, Joël Gombert et Michel Haumont (sur des textes à deux, sans savoir qui y apporterait le point final, refusant les diplomatiques codas par unisson. de Christian Terzian), cet album joue la carte de la poésie sans fio- Jeux de jazz, patchworks harmoniques, bande-sons illustrées, ces légendes lunaires convoquent le ritures, des ballades contemplatives et des élans de toutes sortes, free jazz d’Ornette Coleman, la folk psychédélique de John Fahey, mais aussi les fantômes des théor- l’auditeur étant lové dans la chaleur boisée des belles acoustiques. bistes du baroque et des luthistes de la Renaissance. Alternant cordes acier et nylon, modèles six et Séquences tendresse, Laurence aime. A noter la présence de Sylvain douze cordes, standards et barytons, accords ouverts et résolument alternatifs, Philippe Mouratoglou Luc sur "Bravo la Vie" et "Ton Absence", pour quelques jeux de jazz et tisse de subtils canevas, sans canevas vous l’aurez compris, aux voix zen de la clarinette basse de des coups de fusain sur ces belles aquarelles. Au final, Laurence M Jean-Marc Foltz. Fresques de saison mais intemporelles, ces Légendes d’Automne ne racontent pas, voit la vie en rose, mais aussi à travers les couleurs chatoyantes des elles résonnent, longtemps. Ben toiles de "Gauguin", et surtout en cordes sensibles. Youri
DIDIER CHAPPEDELAINE
& SES MAUDITS FRANÇAIS
JOE HENRY (Verycords) THRUM Sampler le célèbre discours du 24 juillet 1967 sur le Québec (Verycords) libre du Général De Gaulle, il n’y a que le cerveau à contre- Producteur-réalisateur pied du leader des Wampas pour oser. Troquant son slip réputé (Solomon Burke, léopard contre une veste à frange et un Stetson, grimé Bonnie Raitt, Chocolate en cowboy du Québec, Didier sort son album western, Drops, Ramblin’ Jack chevauchant de la country du midwest américain au folk- Elliott, Bonnie Raitt) et rock des environs de Chicoutimi. De "Nashville à Rivière compositeur très prolixe de Loup", comme il le scande sans chichi dans le titre (14 albums au compteur), éponyme. Banjo, guitare slide, ritournelles acoustiques et riffs électriques, western swing-gum, Joe Henry poursuit ses esthétique sépia et clichés joyeusement posés sur la table de mixage pour mieux les exploser, Didier pérégrinations sur les chemins des honky-tonks et des bouges du wampe littéralement le soi-disant folklore acadien. Comme d’habitude, le rockeur met le boxon dans blues-rock. Un songwriter à nu, adepte des shuffles dépouillés et le studio pour proposer un mélange foutraque de riffs débraillés et de textes potaches, plus subver- des guitares taillées dans l’os. Son droit devant, scansion old style, sifs qu’ils n’y paraissent. Il reprend Robert Charlebois et son fameux "Je suis un Hells Angel à pied" a minima, anti-chansons à tiroirs. Y. dans "Les Ailes d’un Ange". Très beau moment, orchestration a minima, voix un rien éraillée, sur l’in- contournable "Complainte du phoque en Alaska" de Michel Rivard et popularisé par Beau Dommage. Didier sait se poser, avant de lâcher les chevaux la minute d’après. Comme d’habitude, il a mangé du MIKKEL lion, du caribou en l’occurrence. Y.
PLOUG
ALLEVIATION
(Songlines Records) LEE ANN WOMACK Ce guitariste de jazz da- THE LONELY, THE LONESOME nois était habitué à jouer & THE GONE en électrique sur une (Ato Records/PIAS) Gibson ES-330 avec le La diva texane de Nashville - sans parenté avec Bobby trio Equilibrium. Pendant Womack - a toujours été une habituée des collaborations un voyage aux États-Unis, avec les légendes, demandant des chanson écrites par il découvrit à New York Hank Cochran et les meilleurs songwriter du moment, une rare Gibson Banner LG-2 Mahogany Top, fabriquée au début des sans oublier ses duos avec George Strait ou John Legend. années 40 par des luthières, en raison de la guerre. Surpris par le Lee Ann compte parmi ses influences principales George son de cette acoustique, il enregistra en picking et en urgence cet Jones, Willie Nelson et Lightnin’ Hopkins. Tous ont en- album avec des techniques de jeu appréciables sur "Couleurs d’Olivier", registré à Houston aux studios Gold Star, rebaptisé depuis Sugar Hill. Là, sur le même plancher titre basé sur les modes de transposition de Messiaen. "Circle Wind" que ses héros, elle a chanté dans son style country, gospel, blues et soul, ses nouvelles compositions, aborde le style répétitif de Steve Reich, et "Luminous" est un salut à "Hollywood", "End of the End of the World", produites par son mari, le Texan Frank Liddell. Lee Ben Monder. Le picking de "Florescence", incluant en grande partie Ann est accompagnée par son groupe, mais aussi par Glenn Worf, Jerry Roe et pas moins de deux les vibrations continues et rapides des cordes, est d’une grande vir- guitaristes-songwriters, Wright Payne et Ethan Ballinger. Ce disque lui apportera probablement tuosité. R.D. un 11ème Country Music Award bien mérité. R.D.
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BOOK
ALAN STIVELL
LAURENT BOURDELAS
(Le Mot et le Reste) Cette nouvelle biographie a été écrite la main dans la main avec Alan Stivell. L’auteur est pro- fesseur et fan de Stivell depuis l’âge de dix ans. Il a même enregistré l’une de ses chansons. Cette histoire de la modernisation de la musique cel- tique et bretonne par le barde est émaillée de nombreuses anecdotes. R.D.
CLAUDE GASSIAN
CHANSON FRANÇAISE
(Glénat) Mis en textes par Domique A, ce pavé de 320 pages contient un recueil de 250 photographies pour la plupart inédites, signées par le photo- graphe Claude Gassian. Dès le début des années 70, Gassian devient le photographe rock français que les Anglo-Saxons s’arrachent, des Rolling Stones à Iggy Pop en passant par Mink DeVille ou Blondie. Ici, l’auteur nous ouvre son jardin secret, son versant french touch. Devant son objectif, on retrouve toutes les générations d’artistes qui ont marqué la chanson française, de Francis Cabrel à Alain Bashung, en passant par Daft Punk, Lou Doillon, NTM ou encore Matthieu Chedid. Un ouvrage riche, chic et copieux, qui s’adresse aussi bien aux initiés qu’aux néophytes. Un recueil de photographies à consulter toute l’année, du 1er janvier au 31 décembre. P.L.
BOBBIE CLARKE,
PLAYBOY & SHOWMAN
ROBERT WOODMAN
& ROMAIN DECORET
(Camion Blanc) Ce livre couvre la vie et la carrière de Bobbie Clarke, jusqu’à sa disparition en 2014. Il inclut son travail pour les jazzmen britanniques Sid Phillips et Eric Delaney (chez qui Bobbie prit l'idée de jouer sur une double grosse caisse, in- fluençant ensuite Keith Moon des Who et Ginger Baker de Cream) et ses collaborations avec Marty Wilde, Vince Eager, Billy Fury, Screaming Lord Sutch, Vince Taylor et Johnny Hallyday. En 1966/67, en Californie, Bobbie joue avec Frank Zappa, Arthur Lee & Love, Taj Mahal. Revenu en Angleterre, il sera engagé par Richie Blackmore dans "Roundabout" (Deep Purple), puis Jeff Beck Group, Bodast (avec Steve Howe de Yes) et bien d'autres... Bobbie Clarke confia à son ami et bassiste Romain Decoret, collaborateur du magazine, ses mémoires en vue de ce livre informatif et longtemps attendu, qui est un véritable road-movie du rock'n'roll. La rédaction
PAT METHENY, ARTISTE
MULTIPLUNIQUE
LUDOVIC FLORIN
& PASCAL SEGALA
(Ed. du Layeur) Multiple et unique ? En tous cas, ils se sont mis à plusieurs pour faire le tour du personnage. Le jazzman Laurent Coq, le guitariste Amaury Chau- mond, les spécialistes Ludovic Florin et Pascal Segala, analysent les sources et les formes du style de Metheny, avec plusieurs interviews du guitariste et de son bassiste Steve Rodby. R.D.
COURRIER DES LECTEURS
Coups de cœur ou coups de gueule, cette rubrique est la vôtre ! Alors, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante :acoustic@editions-dv.com
STILL THE KING ?
Bonjour à toute l’équipe. Pour commencer, je vous présente tous mes vœux de bonheur pour 2018, qu’elle soit riche en belle musique ! Je voulais vous féliciter pour le très beau nu- méro 58, dans lequel vous avez proposé une plongée à la fois pédagogique et rédactionnelle dans l’univers d’Elvis. La question que vous posez (Elvis est-il tou- jours le King ?) est pertinente et vous y répondez sans tomber dans le réchauffé ni les articles mille fois lus. Quant à la leçon pédagogique, elle m’a permis de me replonger, en effet, dans sa musique avec beau- VERSION NUMÉRIQUE ? coup de bonheur. Elvis, on ne l’oublieras pas. Bonjour Madame, Monsieur, Rémy, Valence Je suis abonné sous forme papier à votre magazine que j’apprécie particulièrement. Est-ce Cher Rémy qu’il existe une version numérique y compris de la partie CD jointe au magazine papier? Nous vous souhaitons à notre tour tous nos vœux de bonheur pour cette Ce serait fort pratique car du plus en plus de laptop n’ont plus de lecteur CD incorporé. nouvelle année. Merci pour ce message sympathique, ce sujet était un vrai En vous remerciant d’avance de votre réponse, avec mes meilleures salutations. choix éditorial, Elvis n’étant pas considéré comme un virtuose de notre Daniel Pitarella instrument préféré, mais qui n’en restait pas moins un guitariste accompli. Ses tubes nous accompagnent toujours et, en effet, il était un King à sa Cher Daniel manière. Love him tender ! En tant qu’abonné, vous avez un accès gratuit au magazine complet. Il vous suffit de télécharger l’application G.A. sur l’Apple Store ou Google Play et de rentrer vos codes abonné.
2018, ANNÉE DE L’ACOUSTIQUE ?
Vu les nombreux artistes que vous nous présentez dans vos colonnes, on pourrait aisément répondre par l’affirmative. Les jeunes talents ne manquent pas, à l’image de Jake Bugg et William Z Villain, que j’ai LA JUNGLE DU STREAMING découverts dans le dernier numéro. J’ai également été bluffé par ce Bonne année 2018 à la rédaction ! Un grand bravo pour votre sujet sur le streaming, qui jeune virtuose Canadien, Calum Graham, que je ne connaissais pas est une véritable jungle pour les artistes. J’ai trouvé extrêmement intéressant de décrypter avant de lire le beau portrait publié dans ce numéro. Je me félicite que ce nouveau business de la musique à travers l’exemple d’un musicien talentueux mais pas la guitare fingerstyle et le picking plaisent aux jeunes générations et encore connu du grand public… Quel parcours du combattant! Les musiciens vont devoir que la relève des Dadi, Renbourn, Jansch, Grossman, Haumont etc. lutter pour vivre de leur musique à l’ère du 2.0 et du tout gratuit. Défendons-les ! soit à ce point présente et talentueuse. L’histoire continue ! Eric, Sète Sylvie, Aix-en-Provence Cher Eric Chère Sylvie Tous nos vœux de bonheur pour 2018. Comme vous le faite remarquer, les musiciens sont de Comme vous le faites justement remarquer, 2018 promet de s’arpéger en plus en plus impactés par les évolutions de l’industrie musicale. Certes, selon les chiffres du guitare et en musique. Malgré la crise du disque et les rigueurs budgétaires Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), les ventes numériques ont augmenté de générales, le monde de l’acoustique ne perd pas de terrain, du moins dans 27%, soit un chiffre de 88 millions d’euros. Mais, comme nous le démontrions à travers le par- le domaine artistique. S’il est de plus en plus dur pour les artistes de vivre cours de Ruddy Meicher, pas question de pavoiser car il reste à savoir comment ce pactole sera de leur musique (désolé de faire retomber votre enthousiasme…), les musi- redistribué aux artistes, surtout qu’en matière de streaming, il faut multiplier les millions d’écoutes ciens continuent de faire entendre leurs notes en se serrant les coudes et en pour toucher un billet décent… Il est de notre devoir de "consommer" la musique à sa juste valeur, cherchant des alternatives. Nous les accompagnons et les soutenons à notre non en la téléchargeant illégalement ou contre trois francs six sous, comme trop souvent sur les manière en les mettant à l’honneur, en relayant leurs informations, bien plateformes dédiées. Un album à 15 euros, une place de concert entre 10 et 20 euros, non ça conscients que la culture aura son rôle à jouer en 2018. Alors, achetez des n’est pas cher, quand on prend en compte la somme de travail de l’artiste et le nombre de per- disques et courez les concerts ! sonnes qui travaillent sur le projet. Alors oui, comme vous le dites, défendons-les !
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EN VENTE CHEZ VOTRE MARCHAND
DE JOURNAUX ET EN VERSION NUMÉRIQUE
CLUB
LECTEURSPour fêter la nouvelle année, voici quelques belles pépites à écouter. il vous suffit de vous rendre sur sur la pageAttention, le mode de fonctionnement a changé ! Indiquez bien sûr le titre de l’album que vous souhaitez recevoir. Au nom de la loi du, et de remplir le formulaire. giveaway.html http://acousticmag.fr/acousticmag/ Désormais pour participer, club « Guitarist Acoustic », les premiers arrivés seront les premiers servis.
JEAN-BAPTISTE
Gagnez 10 exemplaires du nouvel albumdu virtuose flamenquiste, le bien nomméMARINO X 10 Caminoteur démontre en s’attaquant à la célèbre, dans lequel le compositeur-con- LES 10 VOYAGES "Cathédrale" de Barrios qu’il se moque des Gagnez 10 exemplaires du premier albumD’IDHAI chapelles et se joue de répertoires.Les 10 premiers mails arrivés de ce jeune artiste talentueux,Pray, et découvrez les ballades folk, les Highway to à la rédaction remporteront un lot. mélopées groove et l’univers mystique decet artiste atypique. Les 10 premiers mails arrivés à larédaction remporteront un lot. ZOZOPHONIC Grolektif Productionsdix exemplaires de l’album du sextetORCHESTRA vous fait gagnerX 10 TOMMY EMMANUEL fois savante et dansante dans les satel-lyonnais, That Thing, une plongée à la The Players ClubEmmanuel, vous offre 10 exemplaires dePOUR 10 COMPLICES, le label de Tommy lites de la musique noire américaine etde la note bleue. son nouvel album,lequel le maître picker croise l’acier avec Accomplice One, dans à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés Jason Isbell, Mark Knopfler, RodneyCrowell, Ricky Skaggs, David Grisman, JD Simo et Jorma Kaukonen. Collector ! à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés 10 VOYAGESUn Plan Simpleplaires du premier album éponyme deEN VAITEANI vous offre dix exem- ce duo franco-tahitien, mélange d’ar- LES 10 OPUS pèges folk, de rythmes polynésiens etde percussions africaines. De la folkfaçon tiki, loin des clichés de la vahiné! du nouvel album d’Al Di Meola,Verycord D’AL DI MEOLAs vous fait gagner dix exemplaires Les 10 premiers mails arrivés à la définit lui-même commeplénitude". "l’album de la Opus, qu’il rédaction remporteront un lot. au bout des doigts !Attention, ça gratte méchamment à la rédaction remporteront un lot.Les 10 premiers mails arrivés