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GRETSCH GUITARS
ASCENSION IMPROBABLE > MOOERIBANEZVOXELECTROMATIC PREMIER JET AC30 HWR2X... F40I LIAFB200-TKS
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TUTO > SPÉCIAL HOMMAGE À ∞ N379AVRIL 2026BELUX 9,50Ä - CH 15,50 CHF - CAN 15,50$CAD - DOM/S 9,50 Ä- ESP/IT/GRE/PORT.CONT 9,50 Ä - D 10,50 Ä - TOM/S 1 100 XPF - MAR 97 MAD Eric Clapton, Jimmie Vaughan...B.B. KING L 13659 - 378 S - F: Avec Joe Bonamassa, 8,50 - RD
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© Fender Musical Ins trument s C orp orat ion.A ll Right s R e ser ve d. N°379 - TEDESCHI TRUCKS BANDGuitarGGGG SCHECTER GUITARS50 ANS D’UNEASCENSION IMPROBABLE > 10 GUITARESDE VOYAGEGUIDE D’ACHAT uitaruu u55AA itaritar PartPP >>> GRETSCH GUITARSMOOERIBANEZVOXELECTROMATIC PREMIER JETart AC30 HWR2X... F40I LIAFB200-TKS
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Guu TUTO > Eric Clapton, Jimmie Vaughan...SPÉCIAL HOMMAGE ÀB.B. KINGAvec Joe Bonamassa, F: 8,50 - RD ∞ N379AVRIL 2026BELUX 9,50Ä - CH 15,50 CHF - CAN 15,50$CAD - DOM/S 9,50 Ä- ESP/IT/GRE/PORT.CONT 9,50 Ä - D 10,50 Ä - TOM/S 1 100 XPF - MAR 97 MAD
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION L 13659 - 378 S -
MORGAN CAYREmorgan@bleupetrol.com
ASSISTANTE DE DIRECTION-COMPTABILITE-ABONNEMENTSMÉLANIE BORIE
melanie@bleupetrol.comCONTACT RÉDACTION MINEUR DE FOND contact@guitarpartmag.frDIRECTEUR DE LA RÉDACTION BERTRAND LE PORTbertrand@bleupetrol.com RÉDACTEUR EN CHEFJEAN-PIERRE SABOURET u ce qu’on entend et surtout ce COORDINATION ÉDITORIALECYRIL TRIGOUST qu’on voit quand on a le mal-heur de regarder les JT, on fini- RESPONSABLE MATOSFLO S. V rait presque par jouer en modemineur, un peu par réflexe. Les
RESPONSABLE PÉDAGOAYMERIC SILVERT
ENREGISTREMENT AUDIO nonces pas franchement joyeuses se suc- tensions s’accumulent, les an- BERNARD GIONTA / Studios La Mantewww.studioslamante.com cèdent et l’époque donne parfois l’impres-sion de tourner en boucle sur une sombre ONT COLLABORÉ À CE NUMÉROPHILIPPE LANGLEST, ELODY DI COCCO,JULIEN MEUROT. grille sans résolution. DESIGN GRAPHIQUEVALENTINE LE PORT (Bleu Petrol Presta) faire son boulot. D’accord, elle ne règle rien, Heureusement, la musique continue de www.bleupetrol.comCOMMUNICATION elle ne négocie aucun traité de paix, maiselle permet de souffler, de se retrouver, de DIRECTEUR DE LA COMMUNICATIONTIMOTHÉ MENDES GONCALVEStimothe@bleupetrol.com remettre un peu d’air dans tout ça. Parfoisavec trois accords bien sentis, parfois avecdes idées bien plus tordues et tant mieux. Après tout, entre un vieux riff qui fait du bien et un PUBLICITÉDIRECTRICE DE CLIENTÈLESOPHIE FOLGOAS - 06 62 32 75 01 ovni viral façon Angine de Poitrine, on a de quoi faire. Là, on n’est même plus forcément dans lemineur, mais carrément dans le microtonal. sophie@bleupetrol.comRESPONSABLE MARKETING Gauthier Enguehard paces où tout s’apaise. Et si l’on en croit Derek Trucks, il reste toujours quelque part des endroits Ça peut sembler futile, mais, dans la cacophonie actuelle, la musique reste l’un des rares es- CONTACT DIFFUSEURSET DÉPOSITAIRES DE PRESSEMP CONSEIL où les gens peuvent se retrouver et surtout écouter et s’écouter. Rien que pour ça, ça vaut le coupde continuer à jouer ou simplement à apprécier toutes sortes de musiques. Laurent Charrié01 42 36 96 65 Jean-Pierre SABOURET DISTRIBUTIONMLP Rédacteur en chef ÉDITEURGUITAR PART est un mensuel édité par :Raykeea, société à responsabilité limitée au capital de 2 000 euros.GÉRANT
MORGAN CAYRESIÈGE SOCIAL
66, avenue des Champs-Élysées75008 ParisSiret : 793 508 375 00052 RCS PARIS - NAF : 7311ZTVA intracommunautaire :FR 25 793 508 375 Commission paritaire :n° 0129 K 84544ISSN : 1273-1609 Dépôt légal : à parution. Recevez Guitar Part directement chez vous et réalisez 47 % d’économie !ABONNEZ-VOUS ! Imprimé en Communauté Européenne (rendez-vous page 55 ou scannez le QR code ci-contre) RETROUVEZwww.guitarpart.fr EN NUMÉRIQUE pédagogiques et la versionToutes les vidéos La rédaction décline toute responsabilitéconcernant les documents, textes et photosnon commandés. PLAYLISTSPOTIFY Gp Gp Gp Gp L'APPLI GUITAR PARTnumérique du magazinesont à retrouver surRendez-vous page 69
SOMMAIRE 16
GUITAR PART 379 - AVRIL 2026
78 70 3838 16 16 62 6 ACTU DOSSIERS/RUBRIQUES 78 Vox AC30 HWR2X 24 Paris Guitar Festival de 80 Puss n Boost – JHS Coyotte Montrouge 81 Fender Hot Rod Deluxe 30th 12 CHRONIQUES 30 Schecter : 50 ans Anniversary LES ALBUMS DU MOIS 58 Vintage : Roland JC-120 82 Ortega Tourplayer RTPG-LS2 62 Luthier : Jonathan Berg 83 Sire Larry Carlton T7 FM TBL 66 Mais pourquoi ? : Il y a À LA UNE une boucle d'effet derrière
PÉDAGO TUTO
mon ampli ? 84 Sommaire-présentation. 16 TEDESCHI TRUCKS BAND Organisez votre jeu MATOS avec le CAGED. 68 News 86 Application ENTRETIENS TESTS 88 Album hommage à B.B. King : 36 Bireli Lagrène 70 Guide d’achat : les guitares B.B. King, Joe Bonamassa, 42 Ásgeir de voyage Jimmy Vaughan, Eric Clapton,Eric Gales… 44 The Silencers 72 Schecter 50th Anniversary 97 Les secrets du « son » à la 48 Eric Bibb C1 FR-S guitare 50 Dynamite Shakers 74 Electro-Harmonix Pico 58 Skip The Use Swello - Bender Royale PÉDAGO TUTO GUITAR PART 379 - AVRIL 2026 75 Gretsch Guitars Electromatic LIVE REPORT Premier Jet 52 Jessie Lee 76 Mooer F40I LI CE LOGO INDIQUE LES RUBRIQUES ACCOMPAGNÉESDE VIDÉOS DANS L’APPLICATION GUITAR PART ! & The Alchemists 77 Ibanez AFB200-TKS L’ÉQUIPE La rubrique pédagogique de ce numérode GP est un peu spéciale. J’ai conservéSOMMAIRE AYMERIC SILVERTBercé par la musique dèsson plus jeune âge (sa mère la suite de nos aventures de ma méthode est professeur de musique),il devient vite accro à la « Organisez votre jeu avec le CAGED » entravaillant sur les triades mineures ainsi quela mise en application. Et avec le succès de lanouvelle rubrique sur LE son, je ne pouvaispas la mettre de côté (on aborde l’utilisation 4 GuitarPart batterie, puis à la guitare.Première tournée au Québecà l’âge de 18 ans, il devientprofessionnel à 23 ans.Session man, pédagogue,auteur de la méthode « Organisez votre jeu avec leournée au Québec des boosts, des overdrives et distorsions…passionnant !).Pourtant, il nous semblait capital de réserver CAGED », plusieurs albums en rock progressif, puis sousson nom (« Open Rock »), il devient démonstrateur degrandes marques d’instruments et tourne et joue avec desganisez votre jeu avec le une bonne place à la sortie de l’albumhommage à B.B. KING,SUMMIT 100. artistes comme Steve Lukather, Ron Thal (Bumblefoot) ou réuni une multitude de fines gâchettes autour En effet, Joe BONAMASSA a B.B. KING’s BLUES Guthrie Govan… Sa signature principale est la polyvalence.Aymeric est aussi titulaire d’un C.A. en musiques actuelles(30 en France). Sa passion est communicative et son de ce projet grandiose. On peut y retrouver laparticipation de Robben FORD, Eric CLAPTON,SLASH, Buddy GUY, Larry CARLTON, KINGFISH, sens aigu de la pédagogie vous permettra de progresservite et bien, car vous intègrerez toutes les notions en lescomprenant et en les jouant. Vous en ferez VOTRE jeu. Eric GALES…On va en profiter pour travailler des phrasesà la BB KING et son influence dans le jeu detous ces guitaristes aussi extraordinaires quetalentueux. 3m T Le´réseau´des´magasinsLe´réseau´des´magasins partenaires´s®agrandit´partenaires´s®agrandit´ Venez´essayer´votre´futureVenez´essayer´votre´future guitare´MATON´chez´ guitare´MATON´chez´
CENTRALE GUITARSCENTRALE GUITARS
75009´PARIS75009´PARIS
EUTERPE MUSIQUEEUTERPE MUSIQUE
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MUSIC 3000 CANNESMUSIC 3000 CANNES
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MUSIC CITY (NUOSTORE)MUSIC CITY (NUOSTORE)
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SAINT MAXIMIN MUSIQUESAINT MAXIMIN MUSIQUE
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JOHN BUTLER TRIOJOHN BUTLER TRIO
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ACTUS
G.O.D. And The Broken Ribsjardin d’Eden, etréseaux sociaux. Pas un mot de plus, ce serait un mot de trop !les 13 et 14 juin prochain, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il
JACK WHITE CORRIGE LA BIBLE
sorte deux morceaux avec, pour seule annonce, un post sur sesOn sait désormais que Jack White foulera la scène de l’Olympia titres minimalistes, faits de riffs secs et sursaturés.Une sorte de blues sale, énergique et primitif oùla fausse note a aussi sa place. Une édition vinyletricolore s’est rapidement retrouvée épuisée Derecho Dominico, une relecture toute particulière du sont deux dans les magasins Third Man Records, l’enseignedu guitariste-chanteur, car entretenir le mystèreest aussi un très bon plan marketing. dévoile un titre de son huitième album, « A Pale White Dot », intituléPERIPHERY S’ADRESSE DIRECTEMENT À DIEUJack White n’est pas le seul en pleine crise mystique ces derniers temps, Periphery que jamais, empreinte d’une lourdeur abrasive, de rythmes complexes et deaccompagné d’un clip sombre et percutant, affiche une musique plus extrêmeIl y est question de feu volé à dieu (un big up à Prométhée au passage), maispour des hommes qui n’ont pas la sagesse de le manipuler. Le premier extrait, Mr. God. vocalises tourmentées tout en gardant l’ADN progressif du groupe. Le nom del’album rappelle aussi le jazz de Ron Minis, le pianiste à la barbe bleue, nommé« Pale Blue Dot » ? Aucun rapport, certes, mais cette œuvre compte parmi cequi s’est fait de mieux en matière de jazz avec les albums de Tigran Hamasyan ces dernières années, il est toujours bon de le recaser dès qu’on le peut ! UNE PUCE QUI JOUE DE LA TROMPETTERestons dans l’univers du jazz avec une nouvelle pour lemoins surprenante. Flea, le bassiste qui a donné tant de Yorke (Radiohead) et Nick Cave, excusez du peu, mais aussigroove au rock, est aussi un trompettiste féru de jazz. Il adévoilé fin mars l’album « Aurora » où sont invités Thom jazz teinté d’alternatif, defusion, de psychédélique, et unengagement discret, mais bienprésent dans les paroles. Pourdes musiciens de jazz de renom tels que Josh Johnson,son vrai nom, mélange ses influences en proposant unDeantoni Parks ou Jeff Parker. Michael Peter Balzary, de © DR6 Guitarfaire vivre cet album sur scène, ildébutera une tournée à Chicagole 7 mai qui s’achèvera les 28 et29 mai à Paris, à l’Alhambra.Part Gina Gleason joue sur la
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LUXE
II 75e
ANNIVERSAIRE
en finition Liquid Gold. Celle qui a tout déclenché. S’il n’en fallait qu’une. ©2026 Fender Musical Instruments Corporation. Tous Droits Réservés.
ACTUS
(Grateful Dead) connue sous le nom de Tiger a dépassé DES ENCHÈRES À 84 MILLIONS de peu les 11,5 millions alors que la Black Strat de David Gilmour a fait exploser les compteurs avec ces 14,5 DE DOLLARS ! millions. Parmi les pièces maîtresses de cette vente, et même si cela n’a rien à voir avec la musique, on note aussi Nous lancions le mois dernier quelques pronostics sur les 12,1 millions accordés au tapuscrit original de « Sur la vente qui a eu lieu à Christie’s autour d’instruments la Route » de Jack Kerouac, un monument de la Beat ayant appartenu à de grands noms de la musique. La Generation avec « Le Festin Nu » de William S.Burroughs. Fender Mustang de Kurt Cobain est finalement partie Nous avions vu juste : tous ces morceaux d’histoire de la à 6,9 millions de dollars, alors qu’une Rickenbacker et musique et de la littérature n’atteignent pas la Pikachu une Gretsch de John Lennon ont trouvé acquéreur à Illustrator, vendue 17,6 millions de dollars en février. 1,27 million chacune. La guitare custom de Jerry Garcia Normal, il faut avoir le sens des priorités dans la vie.
VULFPECK À L’ACCOR ARENA
Si vous voulez prendre une bonne dose de groove, Vulfpeck sera en live le 9 juillet à l’Accor Arena, et nous sommes partenaires de l’événement. Si, par hasard, vous êtes passés à côté de cette référence du funk moderne, portée par le bassiste Joe Dart, le guitariste Cory Wong et le multi-instrumentiste Jack Stratton, le groupe transforme chaque live en une jam-session festive et millimétrée. Entre lignes de basse aux petits oignons et énergie contagieuse, préparez-vous à une démonstration de pur feeling !
GIBSON RESSORT LA FLYING V
DE 1971
Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit d’un modèle signature de Michael Schenker en hommage à celle que le guitariste de Scorpions et UFO avait entre les mains avant qu’elle ne termine dans la collection personnelle de Kirk Hammett, le soliste de Metallica. Cette série limitée à 50 exemplaires dans le monde reproduit chaque détail : corps en acajou, manche en trois pièces d’acajou, touche en palissandre, deux humbuckers T-Top et accastillage vintage. Cette petite beauté est proposée au tarif exceptionnel de 17 000 dollars. À ce prix, on en aurait volontiers pris deux, mais trop tard, © DRelle est déjà épuisée (et nous aussi…) 8 GuitarPart Loadbox rÈactive compacte. AttÈnuateur. Moteur DynIRô. Chargeur díIRs. Expandeur stÈrÈo.
MUSE – THE WOW ! SIGNAL
nous semble bien loin. Si on espère toujours retrouver le trio desdébuts, Matthew Bellamy reste un grand compositeur et l’un de nosAu risque de décevoir les fans, le Muse des trois premiers albums guitaristes préférés pour tout ce qu’il a apporté à cet instrumententre « Showbiz » et « Absolution ». On se réjouit toujours de découvrir les concepts et les visuels qui accompagnent les albums.« Wow ! Signal » est déjà en précommande à 27 €, il sortira le 26 juin.
PAUL MCCARTNEY – THE BOYS OF
DUNGEON LANE
un brin connue qui n’aura représenté que 10 ans de sa vie,décennie durant laquelle il a marqué à jamais la musiqueDu haut de ses 83 ans, avec derrière lui une petite formation Une œuvre que l’on devine mélancolique à en juger par ledu XX e siècle, Sir McCartney sort un dix-neuvième l’album. titreentre 30 € et 40 € selon les couleurs, il sort le 29 mai. Days We Left Behind. Disponible en précommande SILENCE, ÇA JOUE Découvrez Captor X +, nouveau jalon dans la lignée des loadboxes Two notes plébiscitées par les guitaristes du monde entier. Doté du nouveau Virtual Load Shaper conçu pour sculpter une réponse sonore sur mesure, ainsi que du moteur DynIR™ True Stereo permettant de placer précisément vos micros ou vos IRs dans
AEROSMITH 50TH
l’espace stéréo, Captor X + prolonge la révolution initiée par Captor X et redéfinit les standards de la d’un hard rock nourri de blues et d’une énergie brute encoreindomptée. La voix râpeuse de Steven Tyler et les riffs incisifsSorti en 1973, le premier album du groupe pose les bases studio - en offrant un niveau inédit de contrôle etprise de son directe - à la maison, sur scène et en de Joe Perry n’apportaient pas grand-chose au genre etl’album passe relativement inaperçu avant que de liberté créative. ne s’impose. Un tremplin toutefois très intéressant avantl’incontournable « Toys In The Attic ». Comme Muse, les Dream On trois premiers albums restent, selon nous, les plus réussis.Un schéma dans l’industrie musicale ? À étudier. GuitarPart 9
ACTUS
GHINZU EST
DE RETOUR
Après 17 ans de silence radio, le groupe belge propose un second avant-goût de son quatrième album W.O.W.A (« When Other Worlds Await ») impatiemment attendu pour le 29 mai. Le titre électrisant est résolument dans la lignée du rock alternatif nerveux du groupe. Il prépare le terrain pour un LP enregistré entre la Belgique et New York, mixé par Dave Sardy (Oasis, System of a Down, Wolfmother). L’album sera défendu sur scène à l’occasion d’une tournée européenne qui passera par Paris, Clermont-Ferrand, Landerneau et bien d’autres villes de l’hexagone.
É
QUANTUM LT2 CAPTOR X+
Le lancement de cette carte son s’inscrit dans la Peut-être ne connaissez-vous pas le système de stratégie amorcée par Fender après le rachat de loadbox. Tout votre quartier profite donc encore du son PreSonus en 2021. La marque des amateurs de démesurément fort de votre super ampli à lampe. Il home studio s’efface derrière l’enseigne du célèbre est temps de vous intéresser au Suhr Reactive Load IR, constructeur de guitares et amplis (entre autres) qui Boss Waza Tube Amp Expander ou à cette version + de affirme donc davantage son incursion dans l’audio l’incontournable Captor X de Torpedo. Vous pourrez, à l’aide numérique. Cette interface audio USB est équipée du de ces petits boîtiers, exploiter le potentiel de votre ampli préampli Micro MAX-HD offrant une plage de gain de à lampe sans passer par un baffle. On peut enregistrer ou 75 dB. Avec son format compact et son poids plume, jouer au casque en silence, tout en conservant le grain son caractère plug-and-play, son écosystème logiciel de l’ampli. Cette version + apporte le Virtual Load Shaper facile à prendre en main et sa latence très faible, on capable de modifier la courbe d’impédance ainsi que le a affaire à un ensemble cohérent capable de rivaliser moteur audio True Stereo Dynir qui permet de placer avec l’une des références du secteur, la Focusrite deux micros ou IRs dans le champ stéréo. Associé à un Scarlett dont certains préféreront la signature sonore téléphone, une tablette ou un ordinateur via l’application légèrement plus chaleureuse. « Bizarrement », les deux Torpedo Remote, il offre une interface agréable pour choisir produits sont quasiment au même tarif, à une dizaine parmi les 32 enceintes virtuelles, 8 microphones et 12 © DRd’euros près selon les sites, soit 150 euros environ. simulations de pièces. Il est proposé à moins de 550 €. 10 GuitarPart
SORTIES
CORY WONG
LOST IN THE WONDER
Round Wound Media, LLC On pensait connaître Cory Wong. Erreur. Avec ce quinzième album, le guitariste de Vulfpeck signe moins un disque de six-cordes qu’un véritable travail de direction artistique. Entouré d’invités impeccablement choisis, de Theo Katzman à Cody Fry, en passant par Taylor Hanson, Louis Cato ou Devon Gilfillian, il construit un disque aussi fluide que redoutablement maîtrisé. Dès Stay With Me, ça groove du feu de dieu : pop-funk limpide, écrin idéal pour les voix. Blame It On The Moon vient rappeler, avec un solo fulgurant, que la retenue n’est qu’un choix. Plus loin, All Night, Alright flirte avec l’esprit Michael Jackson, quand Lost In The Wonder évoque un groove à la Jamiroquai. À l’autre extrémité, Roses Fade ou From Now On installent une élégance soul presque ostentation, avec ce sens du détail qui fait la différence. Cory intemporelle. On y décèle l’ombre de Nile Rodgers dans la précision Wong ne cherche jamais à en faire trop : il construit, agence, fait rythmique, ou le fantôme de Michael Jackson dans le sens du hit, respirer. Et quand la guitare surgit, plus tranchante, plus libre, parfois Jamiroquai, Toto et, souvent, Prince… Version 2026, cela elle rappelle discrètement l’étendue du personnage. Un disque donnerait aussi un croisement entre Parcels, Snarky Puppy ou aussi maîtrisé que généreux, qui confirme surtout une chose, Chromeo… Tout est d’une précision remarquable, élégant sans derrière le guitariste unique, il y a une vraie vision. JPS
KO-MA PUSSY MIEL DISCOZERO
ANTHROPOLIS BEE RAGED IT WAS CAPITALISM ALL ALONG
Autoprod À Tant Rêver du Roi Autoprod Étions-nous prêts à nous faire rouler Fondé en 2023 par quatre femmes bien Discozero signe ici un premier album dessus sans relâche pendant une heure ? décidées à en découdre, Pussy Miel livre aussi dansant que corrosif, où le Pas certains. Mais c’est pourtant ce que un premier EP sans faute. Les différentes groove est omniprésent. Composé proposent les Tourangeaux de KO-MA avec influences y sont parfaitement assimilées, notamment de Matthieu Miègeville ce premier album. Habitué du live et déjà qu’il s’agisse de grunge, de punk ou de (My Own Private Alaska) et de Katia auteur d’un EP, le groupe compte également stoner. Le son est gras, fuzzy, mais sait Jacob, le quatuor balance des riffs à son actif deux sessions d’improvisation aussi se faire plus atmosphérique pour bien lourds tout en conservant un côté noise répondant aux noms de « Blurry » servir le propos du groupe. Prenant les dansant et addictif. On danse autant et « Blurry 2 ». Naviguant dans une ville abeilles comme allégorie, les Landaises qu’on tergiverse et qu’on headbangue. fictive gangrenée, chaque titre est une déversent leur énergie à travers six titres La section rythmique est implacable, estocade aux rythmiques recherchées et — pour malheureusement moins de vingt le chant frontal. Sans être né de la déstabilisantes. Il serait d’ailleurs intéressant minutes — sans jamais faiblir. Du versant le dernière pluie, le projet puise dans le de prendre le temps de décrypter chaque plus sombre avec Don’t Change Me au plus grunge des nineties et le post-punk, morceau, tant le groupe a soigné ses textes. punchy avec Lack Of Understanding, le le tout remis à la sauce 2026. Les Incisif, introspectif, « Anthropolis » s’impose disque fait le job avec une belle efficacité. trois premiers extraits disponibles comme une expression brute d’un constat La production est d’ailleurs solide pour sont d’ailleurs très représentatifs d’urgence. Un disque qui ne se mettra pas un premier essai, avec notamment un mix de l’univers créé par Discozero. Un entre toutes les oreilles, mais dont la qualité signé R3MYBOY (Gojira, Tagada Jones…). disque qui a le mérite d’offrir plusieurs et le talent ne font aucun doute. JM Une découverte haute en couleur. JM niveaux de lecture et d’écoute. JM 12 GuitarPart
GHINZU NIHIL LA MAISON TELLIER
W.O.W.A PERIHELION TIMIDITÉ DES ARBRES
PIAS Klonosphere Messalina Basé à Bruxelles, le quintette belge n’avait Avec « Perihelion », disque qui dépoussière Originaires de Rouen, ville bénie pour les plus donné signe de vie depuis 2010, après ses propres classiques, Nihil signe un amateurs de guitares carillonnantes et nous avoir séduits avec « Mirror Mirror ». retour avec son premier album original en d’un rock français flamboyant — incarné Fort d’une solide réputation auprès des dix-sept ans. Deuxième volet du diptyque dès la fin des seventies par les cultissimes artificiers de la scène rock belge, rivalisant « Syzygy », il ramène le groupe bordelais Dogs de Dominique Laboubée — les cinq d’efficacité sonore et mélodique entre dans le présent sans renier l’ADN sombre membres de La Maison Tellier bricolent dEUS et Girls in Hawaii, Ghinzu était et émotionnel qui a forgé sa réputation. depuis vingt ans des albums épatants, attendu au tournant pour ce come-back. Les neuf titres inédits déploient un riches en textes soigneusement cousus et En forme olympique, les garçons ont post-metal dense, traversé de textures en guitares finement ciselées. Pour leur remis les guitares à leur juste place : tout progressives, d’électronique et de climats huitième galette, le quintette rouennais devant, prêtes à pilonner agréablement les presque cinématographiques. La voix propose un répertoire grand cru où oreilles. Sous influence shoegaze, quelque habitée d’Yves Davo guide l’auditeur défilent des chansons ourlées de guitares part entre Placebo et Snow Patrol, Ghinzu à travers des compositions tendues, et de cuivres, quelque part dans l’ombre réussit à nous scotcher sur Snow White. introspectives, parfois oppressantes, portée de Calexico (Love Again). Chez La Retrouvant l’esprit frondeur de ses débuts, mais toujours maîtrisées. Entre montées Maison Tellier, rien n’est laissé au hasard : le groupe enchaîne des compositions en puissance écrasantes et respirations tout s’emboîte avec élégance, chaque qui bombardent, toutes guitares dehors. atmosphériques, « Perihelion » explore, pièce du puzzle trouve sa place, et le En privilégiant l’équilibre entre une pop creuse et affine son propos. Plus chant dodelinant du chanteur-guitariste ciselée et des saillies shoegaze, Ghinzu qu’un simple album, c’est une œuvre évoque parfois des intonations à la Jean- signe un retour convaincant, abandonnant cohérente et immersive qui confirme Louis Murat. Un album chaudement définitivement les strapontins pour le retour en forme d’un groupe qui recommandable, porté par des guitares les fauteuils d’orchestre. PL avait encore beaucoup à dire. JM envoûtantes. À écouter d’urgence. PL
ANGINE DE POITRINE
VOL.II
Spectacles Bonzaï Il y a encore quelques semaines, on pensait encore à une blague avec ce phénomène des plus viraux. Le deuxième album d’Angine de Poitrine prouve le contraire. Derrière le gimmick absurde, les costumes zarbi, les arrangements sont solides, les grooves efficaces, la production inventive. Certains morceaux tiennent même sans le concept. Mais c’est aussi là que le doute s’installe. Tout est mieux, plus maîtrisé et donc, déjà, plus prévisible… Après le déjà remarquable « Vol.1 », sorti il y a deux ans, « Vol.II » ressemble davantage à un sommet qu’à un nouveau départ. Reste une évidence : c’est musicalement prodigieux, parfois même bluffant, tant au niveau des acrobaties de guitares microtonales de KHN de Poitrine que des inventions percussives de Klek de Poitrine. Mais, pour la suite, l’équation s’annonce nettement plus délicate. Et c’est peut-être là que tout va se jouer pour le tandem québécois. Comme Kiss l’a fait naguère, il faudra retirer les masques pour se recentrer sur la création sans artifice. Vu le niveau, ils peuvent le faire. JPS GuitarPart 13
SORTIES
DIRTY RODEO
AT LEAST WE TRY
NRV Promotion À Limoges, il n’y a pas que la porcelaine : il y a aussi Dirty Rodeo. Les frangins Polo et Alex signent avec « At Least We Try » un album mûri pendant quatre ans, façonné dans l’ombre et la sueur, mais porté par une énergie intacte. Pop, rock, hardcore : les étiquettes volent en éclats au profit d’un bloc compact, direct, sans fioritures. Summer en est l’exemple parfait, capable de faire chanter à pleins poumons tout en déclenchant quelques pogos bien sentis, malgré un propos lucide et sans vernis. Sans compromis, le duo expose doutes et interrogations avec une franchise désarmante. L’enregistrement, réalisé en vase clos pour capter chaque vibration, renforce cette sensation d’urgence maîtrisée. Plus qu’un simple essai, « At Least We Try » confirme une identité forte et une sincérité qui fait mouche. JM
TOM MISCH NEUROSIS AN UNDYING GAUVAIN SERS
FULL CIRCLE LOVE FOR A BURNING WORLD BOULEVARD DE L’ENFANCE
Beyond The Grove Neurot Recordings BMG Fan de hip-hop autant que de jazz et de Nelson Martins de Skip The Use, interviewé dans Il en faut du courage (ou de l’inconscience) soul, le Londonien Tom Misch a su nous ce numéro, a placé Neurosis dans ses groupes pour passer derrière Boris Vian et Renaud toucher en plein cœur avec son sens du préférés. Nous ne savions pas encore qu’ils avec Monsieur le Président. Gauvain rythme, des harmonies, et son approche allaient sortir un album après 10 ans de silence : Sers s’y risque en toute humilité, plein mélodique des solos de guitare sur l’album évidemment, on a tendu l’oreille. Mazette, quel de respect pour ses ainés, mais avec « Geography ». Il lui aura fallu huit ans de retour ! Lancée sans annonce préalable, cette des textes désarmants de simplicité travail et d’introspection, une parenthèse œuvre est dense, sombre, profondément ancrée et d’intelligence, sans jamais une once artistique puis un enregistrement partagé dans une conscience écologique et existentielle de misérabilisme. Cette promenade entre Londres, le Suffolk, le Portugal et comme le laisse deviner son titre. Enregistré introspective entre mémoire personnelle Nashville pour que « Full Circle » retrouve en trois semaines à Seattle, Neurosis accueille et inquiétude du présent aligne de belles l’essentiel. Voix nue, arrangements aérés, Aaron Turner (Sumac) à la guitare et au chant, mélodies à la guitare, comme celles ballades soul-folk et mélodies qui restent l’occasion de revoir la grammaire sonore du que l’on reprenait, gamin, pour jouer en tête sans forcer : une apparente groupe. On reste sur du brutal, mais avec du Renaud ou du Cabrel. On retrouve facilité qui cache une parfaite maîtrise des teintes plus tribales et quelques textures d’ailleurs l’Astaffortais au micro sur de la composition. Des titres comme Red électroniques diablement efficaces. Mirror l’excellent Boulevard de l’enfance. Moon, Sisters With Me et l’excellent Echo Deep ou Blind sont accrocheurs dès la première Devenu père, Gauvain Sers signe Un Peu From The Flames donnent le ton d’un écoute, ce qui n’est pas toujours une évidence De Nous Deux aussi touchant que Ton disque personnel, presque confessionnel, dans ce registre. « An Undying Love for a Héritage de Benjamin Biolay, la gouaille où l’émotion passe par le phrasé plus Burning World » est une concentration de rage, et l’humour d’un petit gavroche en plus. que par la technique de la six-cordes de deuil et de lucidité qui se clôt sur un diptyque Ce poète et témoin tranquille de son qu’il maîtrise pourtant si bien. CT de 26 minutes d’une folle intensité. CT temps nous a émus aux larmes. CT 14 GuitarPart
GRANT HAUA CHRISTOPHE GODIN
TAHANGA DANCING IN A MINEFIELD
Dixiefrog Autoproduit À l’instar de ses prestations live, Grant Haua privilégie Honte sur nous ! Il a fallu que l’on croise Christophe au Salon toujours l’authenticité sonore d’une guitare acoustique aux de la Belle Guitare pour le féliciter de son album sorti fin enrobages d’effets inutiles. Sur « Tahanga », on retrouve 2025 et… réaliser que nous n’en avions pas fait l’écho dans justement, en tête de pont, le grain attachant d’une LAG au nos pages. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, son boisé, lâchée unplugged en studio, le tout virevoltant nous vous invitons à écouter le titre The Dark Knight of Soul d’accords enflammés sous la dextérité experte du bluesman sur notre playlist Qobuz du mois pour retrouver le jeu à la maori (Bad Man). Chaque interprétation de l’ex-rugbyman fois expressif et virtuose de Christophe. Poussez ensuite la néo-zélandais carbure à l’énergie : ça chauffe sur Get curiosité jusqu’à lancer Quadripolity pour apprécier son sens Something, les guitares sonnent la charge, quelque part du riff autour de métriques complexes puis d’un solo alignant entre John Butler et une transe plus terrienne. Guitare en bien trop de notes à la seconde pour être honnête. Certes, main, Grant bombe le torse et la voix, déroulant ses grilles ce guitariste si talentueux se montre parfois démonstratif, avec la puissance d’un demi de mêlée lancé en pleine course mais sans jamais perdre le fil mélodique. L’ensemble respire (Tough Love Mama). Les mélodies se succèdent, les histoires l’expérience et la liberté de ton avec une production qui aussi, portées par une fièvre qui embarque sans détour. En laisse de la place à la nuance comme aux éclats. On dirait résumé : un disque séduisant et enjôleur, à l’estampille blues/ volontiers qu’il s’agit d’un album de guitar hero, mais, par pure soul, offrant l’essentiel, soit du coffre et du cœur. PL modestie, l’étiquette risque de le gratter, alors chut… CT
THE LANSKIES
WAR MACHINE
ZRP Après dix ans de silence, The Lanskies redémarre la machine avec un plein d’énergie post-punk, indie rock, le tout agrémenté d’une pop frontale, accrocheuse, qui sait aussi se montrer sophistiquée. Enregistré au Studio de la Chouette, mixé par Clive Martin, ingénieur du son de renom (Queen, The Cure, Stereophonics, Les Négresses Vertes…), The Lanskies s’amuse, comme on le devine au Cthulhu rose bonbon de la pochette ou sur I’m in Love With Your Mother, mais le fait avec le plus grand sérieux. Comme rien ne naît jamais du néant, on reconnaît plusieurs influences dans l’album et parmi elles, un peu de The Smiths et de Talking Heads, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Mais que l’on ne s’y trompe pas, « War Machine » est moderne, percutant, ambitieux et plein de reliefs. CT GuitarPart 15
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DEREK TRUCKS
16 GuitarPart
DISENTÀ L’HEUREHEURE
1+1 = 121+1 = 121+1 = 121+1 = 1211+1 = 12 OÙ+ TANT 1DE CHOSES = SE NUMÉRISENT, 12 SE STAND
DÉFENDRE OU
OÙSE SIMULENT,TANT DE CHOSESTEDESCHI SE TRUCKSNUMÉRISENT, BAND SECONTINUE STANDAR- DE
TIVE, ORGANIQUE, PROFONDÉMENT HUMAINE. UNE AUTRE IDÉE DE LA MUSIQUE
NOUVELLE ET SON DIXTUOR NE SIGNENT
LD », LE DUO PAS AVEC « FUTURE WOR-: VIVANTE, SEULEMENT COLLEC-
JAMAIS UNE MANIÈRE D’ÊTRE AU MONDE. RENCONTRE AVEC UN GUI- RÉUSSITE DISCOGRAPHIQUE, ILS AFFIRMENT PLUS
UNEQUE
TARISTEDE L’ÂME, QUI ET PARLEDE L’AMPLI DE TECHNIQUEQUI BRÛLE COMMECOMME D’UND’UN PROLONGEMENTIDÉAL SONORE. GuitarPart 17 © DR© DR
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« LE LIEN. TOUJOURS LE LIEN. LE LIEN ENTRE LES MUSICIENS, ENTRE LE GROUPE ET LE«
PPUBLIC, ENTRE CE QUE TU RESSENS ET CE QUI SORT RÉELLEMENT DE L’INSTRUMENT.
TANT QUE ÇA EXISTE, TANT QU’ON PEUT ENCORE MONTER SUR SCÈNE ET FAIRE CIRCU-T
LER ÇA DANS UNE PIÈCE AVEC D’AUTRES GENS, IL Y A DE L’ESPOIR. »
Quand on écoute ce nouvel album, on sent tout de suite rupture, une difficulté familiale, peu importe… Il y a tou- qu’il y a plus qu’une simple collection de chansons. Le jours une chanson au bon moment, un disque, ou le simple titre, le visuel, l’atmosphère générale… Tout semble fait de jouer, qui peut t’aider à tenir. La musique ne règle pas raconter quelque chose de l’époque. C’était important tout, mais elle te permet de traverser. Et le fait d’en jouer, ça pour vous de partir de là ? aide encore plus, évidemment. Oui, clairement. On vit dans un monde vraiment étrange en ce moment, et je pense que pour n’importe quel artiste, ou Vu de l’extérieur, votre groupe peut donner l’image d’un même pour n’importe qui qui travaille dans une forme de rêve absolu : un couple à la ville comme à la scène , un média, c’est une période bizarre. On a parfois l’impression groupe conséquent, un public fidèle, un niveau musi cal que les robots prennent le pouvoir. Donc, ce disque, c’est un sidérant… On pourrait presque croire qu’il n’y a qu e le beau peu notre manière, à la fois sérieuse et ironique, de fuir tout côté des choses. ça, ou en tout cas de répondre à cette ambiance-là. Mais en C’est vrai que nous avons énormément de chance. J’adore ce même temps, il y a une chose que je ressens de plus en plus qu’on fait, profondément. Mais maintenir un groupe comme fortement : la vraie musique, la musique jouée en direct, le ça, c’est aussi une vraie entreprise. Il y a beaucoup de travail fait d’être devant des gens, le rapport d’une personne à une derrière. Chaque personne a sa vie, sa famille, ses contraintes, autre, ça reste irremplaçable. Et je crois que c’est là que vient ses humeurs, ses responsabilités. Il y a énormément de choses à cette idée presque « super-héroïque » du visuel. Finalement, faire tenir ensemble. Donc oui, c’est un gros chantier, un heavy continuer à faire ce qu’on a toujours fait, se lever, aller tra- lift comme on dit, mais c’est du bon travail. Ça vaut la peine. vailler, monter sur scène, faire de la musique réelle, presque artisanale, avec de vraies personnes dans une vraie pièce. Avec un grand groupe, on imagine souvent la logisti que Aujourd’hui, c’est presque un acte héroïque. compliquée, les coûts énormes, mais parfois, humain e- ment, ça doit être plus simple qu’un trio où trois égos se Tu emploies presque un vocabulaire de résistance. retrouvent face à face en permanence… Oui, parce qu’il y a quelque chose de cet ordre-là. On allume Ça peut être vrai, oui. C’est beaucoup plus difficile à payer la télévision, on regarde les informations, et il devient difficile qu’un trio, ça, c’est sûr (rires) ! Mais, paradoxalement, cer- de garder une forme d’optimisme. On se dit qu’une partie de taines dynamiques humaines peuvent être plus simples notre rôle, comme musiciens, comme artistes, c’est de faire à douze qu’à trois, parce que tu peux aussi t’appuyer sur entrer un peu de lumière, de rappeler qu’il reste de la beauté. l’énergie du groupe. Dans une petite formation, le moindre On essaye de faire un joyeux bruit, comme on dit, de rendre déséquilibre prend tout de suite beaucoup de place. Dans un la journée un peu meilleure à notre manière. Je crois que c’est grand ensemble, il y a une circulation, un mouvement, une probablement le thème général du disque. respiration collective qui absorbent aussi certaines tensions. C’est intéressant parce que le blues, ou ce qui en dérive Et puis, avec vous, on se doute qu’il n’y a pas sou vent de chez vous, souffre encore parfois d’un malentendu. Beau- moments ennuyeux… coup de gens imaginent une musique plombée, triste, Ça, c’est certain. On ne s’ennuie pas beaucoup (rires). tournée vers la plainte, alors qu’en réalité, il y a souvent une énergie de survie, presque de célébration. Ce qui frappe aussi sur ce disque, c’est son caract ère Oui, totalement. Le blues, c’est la beauté qui sort de situa- immédiatement séduisant. Il y a des morceaux très tions terribles. C’est comme cette idée du chant de l’oiseau en accessibles, presque radiophoniques, mais sans jama is cage : quelque chose qui réussit à porter l’esprit malgré les cir- perdre la profondeur ou l’exigence. Tu en avais con science constances. Si tu vivais dans le sud profond des années 20 ou pendant l’enregistrement ? 30, que tu étais afro-américain et que tu faisais de la musique, Oui, j’adore vraiment ce disque. Je le trouve différent de tout ce n’était pas un simple divertissement. C’était ce qui t’aidait ce qu’on a fait jusqu’ici. D’un point de vue sonore, déjà, il a à traverser la journée, à préserver quelque chose en toi. Donc, sa propre identité. Et je pense aussi que c’est probablement oui, c’est une musique qui peut naître de la douleur, mais elle notre meilleur ensemble de chansons. Honnêtement, je n’y transforme cette douleur. C’est pour ça qu’elle est magni- vois pas de remplissage. Il n’y a pas de titre en trop. Tout a fique. Et c’est aussi pour ça que ceux qui l’ont créée, tous sa place. Et puis je trouve que Susan n’a jamais aussi bien nos héros, ont fait quelque chose de profondément héroïque. été captée sur disque. Sa voix continue à devenir meilleure avec le temps, ce qui est quand même assez fou. Le groupe, Tu as connu personnellement, jeune, des moments où la lui aussi, est dans une super période. C’était un album très musique « sauve » littéralement quelque chose ? agréable à faire, et je suis curieux de voir comment les gens Bien sûr. Personne ne traverse la vie sans prendre quelques vont le recevoir, parce qu’on ne sait jamais. Mais, pour une coups. Chacun reçoit ses leçons, à sa façon. Et dans ces fois, j’ai même réécouté notre propre disque plusieurs fois moments-là, la musique est toujours là. Que tu perdes du début à la fin, et j’y ai pris un vrai plaisir. Ça ne m’arrive © DRquelqu’un, que tu traverses une crise personnelle, une pas si souvent. 18 GuitarPart Mark Rivers Derek Trucks Mike Mattison Alecia Chakour Emmanuel Echem Isaac Eady Gabe Dixon Suzan Tedeschi Tyler Greenwell GuitarPart 19 Brandon Boone Elizabeth Lea Kebbi Williams
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Un couple solide et responsable. Comment est-il né ? Parce qu’il donne une impression de disque et les premières tournées sans Kofi Burbridge, après sa fluidité, de naturel, presque de bonheur simple, alors que disparition. Donc, forcément, il a fallu se reconstruire d’une votre projet précédent était une entreprise beaucoup plus certaine façon. Et, quand on s’est remis à écrire pour ce nouvel monumentale. album, c’était la première fois qu’on le faisait avec un groupe Oui, le contraste est important. Le cycle précédent, « I Am vraiment prêt pour la route, rodé, mature, et avec autant de The Moon », c’était quatre albums, en pleine période de pan- compositeurs différents dans l’ensemble. C’est très stimulant. démie, avec énormément de temps passé en studio. Il n’y avait Il y a de vrais grands songwriters dans ce groupe. pas de concerts, pas grand-chose d’autre à faire, donc on a pu s’y plonger de manière extrêmement approfondie. Ensuite, Cela se sent d’ailleurs dans l’écriture : les morce aux quand le monde s’est rouvert, on est repartis sur la route sans semblent plus resserrés, plus directs, presque plus quasiment s’arrêter pendant deux ou trois ans. Vraiment « album » au sens classique du terme, là où vous po urriez sans break. Et quand on a enfin pu respirer un peu, on s’est facilement vous perdre avec délice dans des fresque s de retrouvés à la ferme, en Géorgie, avec beaucoup d’idées en dix minutes. circulation. Il y avait une énergie accumulée énorme à force Oui, c’était aussi une décision. On venait de faire quelque de tourner, et le groupe avait énormément grandi en jouant chose de très vaste, presque conceptuel, donc l’idée était de autant ensemble. On se connaissait mieux. On réagissait plus revenir avec un album plus concis. Et comme on sait que, sur vite. Puis on est entrés en studio avec Mike Elizondo, qui a scène, les morceaux vont prendre une autre vie, s’étirer, se apporté une approche différente, autant dans le son que dans transformer, on avait envie ici d’aller à l’essentiel. Faire les ver- la méthode. Et là, les choses se sont faites très vite, dans le bon sions album de chaque titre, leur forme la plus juste, la plus sens du terme. Avec le noyau dur du groupe, on attrapait sou- claire. Si un solo apparaissait, il devait avoir une vraie raison vent très tôt les bonnes prises. Ensuite, on est allés dans son d’être. Il fallait qu’il serve le morceau, l’esprit du morceau, et studio pour faire des overdubs, les cuivres, les chœurs… Mais qu’il raconte quelque chose. Le défi, c’est toujours ça : faire la base, elle, s’est faite avec une vraie sensation d’élan. Si on en sorte qu’un solo soit aussi mélodiquement important qu’un avait une idée, on l’essayait. Si ça marchait, on avançait. C’était couplet, qu’un refrain ou qu’un pont. Il doit raconter une his- ouvert, rapide, vivant. toire lui aussi, mais avec une certaine concision. Ce n’est pas moins difficile de faire court, au contraire. C’est comme un nouveau départ… Oui, vraiment. Quand on a enregistré « I Am The Moon » pen- C’est une vraie leçon de maturité. Beaucoup de guit aristes dant la pandémie, il y avait déjà dans le groupe deux ou trois confondent encore densité et accumulation. nouveaux membres. Isaac, Brandon, Gabe… pour certains, Oui, et puis la scène existe pour autre chose. Si tu veux étirer les c’était leur premier album avec nous. Puis il y a eu les tournées, choses, voyager, improviser, prendre des risques, tu le fais sur la vie sur la route, le fait d’apprendre à être un groupe dans scène. Le disque, lui, doit parfois savoir se tenir. Il doit garder © MARK SELIGER, DRla vraie vie, pas seulement en studio. C’était aussi le premier une forme, une intention. C’est un autre métier. 20 GuitarPart Parlons du son. Sur un groupe comme le vôtre, avec Il y a là une très belle métaphore rock. autant de matière, on imagine une énorme variété de gui- Complètement. tares, d’amplis, de couleurs. C’est le cas ? Oui, complètement. C’est vraiment au cas par cas, chanson Tu as récemment eu entre les mains des guitares qui ne par chanson. On a utilisé beaucoup de vieilles acoustiques sur sont pas exactement des objets ordinaires… ce disque, avec des couleurs très différentes. J’ai aussi beau- Oui, la semaine a été assez folle. J’étais là quand la collection coup joué sur mes bases habituelles : ma Gibson SG, bien de Jim Irsay a été mise aux enchères, et j’ai eu l’occasion de sûr, mais aussi une Flying V de 1958 à certains moments, ce jouer Tiger, la guitare de Jerry Garcia, pendant quelques soi- qui donne un son assez incroyable. Susan a utilisé sa Fender rées. J’ai aussi pu jouer la Baby Snakes de Frank Zappa, cette Stratocaster de 1970, sa Telecaster qu’elle joue souvent, sa SG avec une fuzz intégrée dans la guitare. C’était quelque Gibson Les Paul également. Et ensuite, selon les morceaux, chose. Franchement, dans la loge, il y avait du très lourd. on choisissait ce qui semblait juste. Pour un guitariste comme toi, qui n’est pas exactem ent Tu gardes malgré tout un « centre de gravité sonore » ? impressionnable, il y a malgré tout un choc émotion nel à Oui. Souvent, j’avais avec moi dans la pièce mon Deluxe jouer ce type d’instrument ? Reverb, comme point de départ, mon « chez moi », disons. Et Oui, forcément. Je suis un grand fan de Zappa, donc avoir sa ensuite, sur pratiquement chaque morceau, je laissais l’ingé- guitare entre les mains, ça fait quelque chose. On a joué Willie nieur choisir un autre ampli, installé dans une autre pièce, un The Pimp un soir, et c’était assez irréel. Pareil avec Tiger : ce peu comme une carte sauvage, une couleur inattendue avec sont des instruments chargés d’une histoire, d’un imaginaire, laquelle il pouvait faire ce qu’il voulait. Tu as à la fois le son d’une façon de jouer. Tu ne peux pas faire abstraction de tout que tu cherches consciemment, et un autre, plus accidentel, ça. Et pour cette série de concerts au Beacon, comme le disque plus aventureux. C’est une bonne manière d’ouvrir le spectre allait sortir, on a aussi décidé de monter quelques très belles sans perdre le fil. guitares vintage de chez nous : ma Flying V de 58, une Les Paul de 60… Des instruments qui, en temps normal, restent plutôt Et pour une fois, vous avez tout noté… à l’abri. Là, on a loué un véhicule et on les a amenés spéciale- Oui, miracle ! Mon tech, Bobby T, a pris des notes très pré- ment pour cette résidence. C’était trop tentant. cises, morceau par morceau : guitares, amplis, effets… tout. Ce n’est pas toujours le cas, alors, quand quelqu’un prend le Voilà un luxe qui peut faire rêver. Mais aussi frém ir : les temps de le faire, on s’en réjouit. Et c’est utile ensuite, même belles guitares ne sont jamais vraiment en sécurité . pour nous. Tu relis ça quelques semaines plus tard et tu te C’est vrai. Tu m’as fait peur avec ton histoire de Tele volée dis : ah oui, c’est vrai, on avait sorti cette guitare-là, essayé sous le lit (racontée en aparté, NDR) ! Il va falloir que je ce truc-là sur ce morceau… Ça permet de reconstituer la trouve un meilleur endroit (rires)… mémoire du disque. Revenons au live, parce que c’est évidemment le cœu r du Chez toi, même quand le jeu paraît « naturel », il y a tou- sujet avec Tedeschi Trucks Band. Ce qui sidère touj ours, jours cette impression que le son est finement pens é. Tu c’est votre capacité à renouveler les setlists, à i ntégrer peux encore être surpris par une pédale, un effet, un acci- très vite le nouveau répertoire, à faire vivre une masse dent de studio ? énorme de chansons. Bien sûr. Il y a, par exemple, le solo sur Future Soul : là, Oui, on travaille énormément. Au moment où on se parle, on j’ai utilisé une sorte de pédale dans l’esprit Klon, combinée a déjà joué pratiquement tout le nouvel album, et on va même avec une Octavia, quelque chose de très inspiré par certains faire une soirée où on le jouera en entier, du début à la fin. sons d’Hendrix. J’adore cette sensation où tu as l’impression Au Beacon (Theatre de New
York, NDR), on joue deux sets que l’ampli est à deux secondes d’explo- par soir, sur dix dates. Si tu veux éviter ser. Il y a une tension, une instabilité qui de répéter les mêmes morceaux, tu dois rendent le son vivant. C’est très excitant creuser très profond. On peut passer trois à jouer. ou quatre concerts sans rejouer les mêmes titres. Ça implique beaucoup de prépara- Tu recherches presque ce moment où tion et une vraie discipline. l’électronique commence à souffrir. Oui, parce que c’est souvent là que ça Vous répétez encore énormément pen- devient intéressant. Le meilleur son que dant la résidence elle-même ? j’aie jamais eu avec mon Super Reverb, Oui. On installe une salle de répétition en je crois que c’était dans un petit club coulisses. Après la balance, on travaille en Écosse avec mon groupe solo. À un quatre ou cinq morceaux, ensuite chacun moment, je me suis dit : mon Dieu, cet part dîner, puis tout le monde se retrouve ampli n’a jamais aussi bien sonné. Et qua- et on répète jusqu’au moment du concert. rante secondes plus tard, j’ai senti l’odeur Et entre les deux sets, s’il y a un titre à de brûlé. Je me suis retourné : il y avait rafraîchir, on remonte là-haut pendant littéralement une flamme à l’arrière de vingt ou trente minutes. C’est vraiment l’ampli ! Donc oui, je maintiens qu’ils un mode de fonctionnement permanent. sonnent souvent le mieux juste avant de Surtout pour les longues résidences, il faut mourir (rires). que tout reste frais dans les têtes. GuitarPart 21
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Une grande famille heureuse. Forcément, on pense au Grateful Dead, à The Allman Bro- C’est sans doute ce qui fait qu’aujourd’hui ton jeu slide ne thers Band, ou même Frank Zappa, à cette idée qu’un réper- sonne plus comme une référence à quelque chose, mai s toire n’est jamais figé, qu’une chanson n’est jamais jouée comme une voix autonome. deux fois de la même manière… Je crois que c’est une bonne chose, oui. Et j’ai eu énormément Oui, totalement. C’est beaucoup de matière à gérer, évidem- de chance parce que, très jeune, j’ai été entouré de musiciens ment, mais c’est aussi ce qui rend ça passionnant. Il y a toujours incroyables qui ont toujours été très généreux. Quand tu peux des erreurs d’ailleurs. Il y en aura toujours. Mais ça fait partie apprendre au contact de gens comme les Allman Brothers, du plaisir. Si tout était figé, il n’y aurait plus de risque, et sans Clapton, Herbie Hancock, Wayne Shorter, B.B. King, Willie risque, il manque quelque chose. Nelson, Buddy Guy, forcément tu absorbes beaucoup. Mais ce qui m’a frappé chez eux, c’est leur générosité. Aucun de On sent bien chez toi cet héritage-là, mais aussi l e fait que ces grands musiciens ne gardait jalousement son savoir. Au tu as dû t’en éloigner à un moment pour devenir toi -même. contraire, ils voulaient te transmettre quelque chose, te voir Oui, c’est important. J’ai commencé à tourner très jeune, à neuf en faire quelque chose à ton tour. À un moment, tu com- ou dix ans, donc l’environnement familial et musical était là prends que tu fais partie de cette chaîne-là, et que ton rôle très tôt. Mais il y a eu une période, surtout à l’adolescence, où est aussi de transmettre. j’ai eu besoin d’aller complètement ailleurs. Les gens voulaient que je sois « le gamin qui joue One Way Out », qui reste dans C’est quelque chose que tu ressens désormais dans t a le blues ou dans l’univers Allman, et moi, à ce moment-là, ça propre vie, dans ta famille, dans votre manière d’ê tre au ne m’intéressait pas. J’écoutais Tony Williams Lifetime, Allan monde avec Susan ? Holdsworth, toute cette musique instrumentale beaucoup plus Oui, bien sûr. On mesure la chance qu’on a de pouvoir voya- aventureuse. Je jouais des choses qui, honnêtement, n’étaient ger ensemble, jouer ensemble, vivre tout ça. Et quand tu pas du tout ce que le public était venu entendre. Et j’aimais croises de jeunes musiciens qui te disent qu’ils ont été inspi- presque ça. J’aimais jouer des choses qui pouvaient faire fuir rés par le groupe, par un concert, par une manière de jouer, une partie de la salle. Il faut passer par ces phases-là. tu ressens très clairement cette responsabilité. Tu te dis qu’il faut, toi aussi, faire circuler ce que tu as reçu. Comme l’ami Warren Haynes a parfois pu le faire aus si. Oui, complètement ! Tu as besoin d’explorer. Tu as besoin Cela vaut aussi dans la manière dont vous avez appr is à de ces détours, sinon tu deviens juste une copie de ce qu’on fonctionner ensemble, Susan et toi. Il y a forcémen t eu attend de toi. Et c’est d’ailleurs assez drôle : c’est au moment des ajustements. où j’étais mentalement le plus éloigné de Oui, au début, il a fallu comprendre qui l’univers Allman que j’ai reçu l’appel pour mène quoi, à quel moment. Quand tu rejoindre les Allman Brothers (en 1999, montes un groupe avec ton épouse, il NDR). J’étais dans autre chose, j’écoutais faut trouver les bons équilibres. Mais autre chose. Et puis tu reviens à tes racines, aujourd’hui, nous sommes dans une très mais avec ce voyage en toi. Sinon, tu n’ap- bonne période. Avec l’âge, on apprend à portes rien. Pour moi, ces voyages sont pas- choisir ses batailles. On a aussi des enfants sés par la musique classique indienne, le qui ont grandi, qui ont quitté la maison. jazz straight ahead, les chanteurs gospel… Notre fils et sa femme vont bientôt avoir Et souvent par des choses qui n’avaient rien un bébé, donc nous allons être grands-pa- à voir avec la guitare. Écouter autre chose rents dans quelques mois. Tout cela que des guitaristes, c’est fondamental. « Future Soul », Tedeschi Trucks Band. change un peu la perspective. L’intensité, © DR 22 GuitarPart « IL Y A UNE CHOSE QUE JE RESSENS DE PLUS EN PLUS FORTEMENT : LA VRAIE MUSIQUE,«
LA MUSIQUE JOUÉE EN DIRECT, LE FAIT D’ÊTRE DEVANT DES GENS,L LE RAPPORT D’UNE
PERSONNE À UNE AUTRE, ÇA RESTE IRREMPLAÇABLE. ET JE CROIS QUE C’EST LÀ QUEP
VIENT CETTE IDÉE PRESQUE « SUPER-HÉROÏQUE » DU VISUEL. »
elle, reste la même. La scène, la musique, l’engagement, tout ça juste un doigt à un endroit inattendu, ou une corde à vide qui a toujours la même importance. Mais tu gères les choses avec continue de sonner. Et tout d’un coup, l’accord paraît plus un peu plus de sagesse. riche, plus important, presque plus chargé de sens. Puisqu’on parle guitare pure, j’aimerais te demande r un Et côté slide proprement dit, ton choix reste fidèl e au verre ? conseil de jeu. Beaucoup de guitaristes admirent ch ez toi Oui. J’utilise un modèle Jim Dunlop, une version signature, les voicings, la manière d’ouvrir l’harmonie, de fa ire sonner mais fondamentalement, c’est une bouteille, un bottleneck en autre chose que le cliché slide-blues. Quel serait le meilleur verre. J’aime ce matériau-là. Pour moi, le son est plus doux, conseil pour aller vers ça ? plus chantant, plus proche d’une voix ou peut-être d’un vio- Je dirais que, pour moi, le conseil est presque le même pour le lon, comme tu le disais tout à l’heure. En acoustique, le métal slide et pour le jeu harmonique en général : expérimente les peut avoir une agressivité intéressante, plus d’attaque, mais, accordages alternatifs. Peu importe lequel, d’ailleurs. Tu en personnellement, je reviens toujours au verre. choisis un, tu passes du temps dedans, et tu explores. C’est fan- tastique pour le slide, évidemment, mais c’est aussi très utile Pour finir, j’ai presque envie de revenir au point de départ. pour le jeu « normal », parce que tu découvres des voicings, À une époque où tant de choses deviennent virtuelle s, cal- des positions, des résonances que tu n’aurais jamais trouvées culées, générées, qu’est-ce qui reste absolument es sentiel autrement. Ensuite, quand tu reviens en accordage standard, pour toi dans la musique ? tu peux traduire certaines de ces idées, ou simplement les gar- Le lien. Toujours le lien. Le lien entre les musiciens, entre le der quelque part dans ton oreille. Et beaucoup de chansons groupe et le public, entre ce que tu ressens et ce qui sort réel- naissent comme ça : tu trouves une position nouvelle sur le lement de l’instrument. Tant que ça existe, tant qu’on peut manche, un accord un peu ouvert, une note qui reste pen- encore monter sur scène et faire circuler ça dans une pièce avec dant que les autres bougent, et soudain quelque chose s’ouvre. d’autres gens, il y a de l’espoir. C’est peut-être simple à dire, Même dans un contexte rock très simple, quelqu’un comme mais je crois vraiment que c’est ça qui reste. Keith Richards te montre ça : parfois ce qui change tout, c’est Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET GuitarPart 23
MONTROUGE 2026
120 EXPOSANTS, MILLE HISTOIRES,
UNE SEULE PASSION
CETTE 14E ÉDITION DU PARIS GUITAR FESTIVAL DE MONTROUGE A CONFIRMÉ CE QUE TOUT LE MONDE PRESSENTAIT : LE BEFFROI EST DEVENULE CŒUR BATTANT DE LA GUITARE EN FRANCE. AVEC 120 EXPOSANTS, 55 CONCERTS, DES INNOVATIONS MARQUANTES ET UNE ÉNERGIE RARE, L’ÉDITION 2026 A OFFERT UN PANORAMA VIBRANT DE LA LUTHERIE MODERNE, ENTRE TRADITION, AUDACE ET PASSION PURE. français incontournableI année après année, s’impose commefaire de bruit, et puis il y a Montrouge. Celui qui,l y a des salons qui s’installent dans le paysage sans Beffroi, on sentait cette vibration particulière, ce mélange depassion, de curiosité et d’excitation qui n’appartient qu’aux pirent et rêvent guitare. Cette édition 2026 n’a pas seulement pour tous ceux qui vivent, res- le rendez-vous lieux où la musique n’est pas un décor mais une nécessité. confirmé la tendance : elle l’a transcendée. Dès l’entrée du espace d’initiation pour petits et grandssants internationaux, 55 concerts de démonstration, unLe dossier de presse annonçait la couleur : « 120 expo- la promesse n’était pas une formule. Montrouge 2026 adébordé de vie, de sons, de rencontres, de découvertes. Un ». Et pour une fois, festival pensé pour les pros, les amateurs, les curieux, lesfamilles — et surtout pour tous ceux qui savent qu’une gui- tare n’est jamais un simple objet. Montrouge 2026 : une édition qui déborde de vie parce que le public était plus dense que jamais, peut-êtreparce que les exposants avaient sorti leurs plus bellesLe Beffroi n’a jamais semblé aussi lumineux. Peut-être pièces, peut-être parce que la programmation musicaledonnait le ton dès le jeudi soir. Ou peut-être parce que Montrouge a atteint ce stade rare où un festival devientplus qu’un événement : prit : «L’édito de Jean-Michel Proust résumait parfaitement l’es- un rituel. prises, il y en a eu. Dans les allées, dans les salles d’essai,dans les concerts, dans les discussions improvisées entre Il s’agit bien de réserver des surprises. » Et des sur- un luthier, un bluesman parisien ou un gamin de 12 ans quivenait d’essayer sa première guitare. croisent, où les styles se mélangent, où les frontières entrepro et amateur s’effacent. Un lieu où l’on peut passer d’uneMontrouge, c’est ça : un lieu où les générations se dreadnought en épicéa européen à une électrique futuristeen aluminium, puis à un ampli à lampes de 5 watts fabriqué 24 GuitarPart à la main dans un atelier breton. Et tout ça en dix minutes. Yamaha Peavey Les exposants : un cru 2026 particulièrement riche Cort Cette année, les grands noms avaient répondu présent, n et chacun semblait avoir décidé de montrer le meilleur une marque ambitieuse, qui assume pleinement son sta- de lui-même. Chez Yamaha, le stand respirait la maîtrise tut de challenger crédible face aux géants historiques. Le et la cohérence. Les acoustiques impeccables côtoyaient distributeur français présentait également toute la gamme les électriques modernes, et l’on retrouvait cette capacité Peavey donc ils ont récupéré la distribution depuis peu ! unique de la marque à proposer des instruments fiables, ins- pirants, et toujours en avance d’une demi-longueur sur les Chez Filling Distribution, c’était l’abondance comme à tendances du marché. Yamaha ne cherche jamais à impres- n chaque fois ! Un déluge de toutes les marques de pédales sionner par l’esbroufe : la marque rassure, séduit, convainc. que la société distribue mais sans oublier tout le reste ! Fx Et à Montrouge, ça fonctionne à chaque fois ! Amps, Catalinbread, Empress et toute une flopée de marques issues de leur catalogue ! Un véritable écosystème haut de Cort, de son côté, confirmait sa montée en gamme. gamme où chaque instrument, chaque câble, chaque ampli n Les finitions étaient irréprochables, les choix de bois semblait avoir été choisi pour une raison précise. On ne venait judicieux, et l’on sentait une volonté claire de séduire les pas ici par hasard : on venait pour rêver, comparer, affiner guitaristes exigeants qui veulent du sérieux sans se ruiner. son oreille. Le stand avait cette atmosphère particulière des Cort n’est plus seulement une marque « maligne » : c’est endroits où l’on sait que le matériel ne triche pas. GuitarPart 25 Filling Distribution
MONTROUGE 2026
Fred’s Guitar Parts Tampco Palf/Anasounds incarnait la French Touch dans ce n qu’elle a de plus créatif ! Un déluge de pédales en tous genres, des marques mythiques évidemment et surtout une équipe dédiée au conseil le plus avisé ! Comme à son habi- tude, sur le stand, c’est la passion qui régnait ! Un stand EMD mettait en avant les acoustiques Crafter, tou- où on pouvait aisément passer son après midi entière à tes- n jours aussi chaleureuses et accessibles. Des guitares ter des dizaines de pédales et porter son choix vers notre superbes, bien construites, qui donnent envie de jouer. Rien Graal du moment ! Une manière commune de penser l’ob- de clinquant, mais une vraie sincérité dans la fabrication. jet musical comme un terrain de jeu ! Crafter, c’est la guitare qui ne cherche pas à briller, mais qui finit toujours par convaincre, le savoir faire Sud Coréen à Chez Tampco, les pédales respiraient la passion arti- son paroxysme ! n sanale. Des circuits soignés, des sons organiques, une vraie personnalité et comme toujours un Rodolphe (le Le stand Fred’s Guitar Parts attirait les connaisseurs. boss), pas avare d’explications et surtout de bonne humeur n Les Duesenberg brillaient sous les projecteurs, avec communicative pour nous parler de ses derniers projets ! leur esthétique rétromoderne et leurs finitions irrépro- On sentait derrière chaque boîtier un musicien qui cherche, chables. Et surtout la découverte des guitares Covenant, qui teste, qui affine. Le stand avait ce parfum de labora- plus discrètes mais tout aussi intéressantes ! On y revien- toire artisanal où chaque prototype raconte une histoire. dra très rapidement dans le mag pour un banc d’essai Savarez/LNA fx approfondi !!! Fantôme FX présentait également l’ensemble de sa n gamme ainsi que quelques nouveautés et protos en tous genres ! Chaque effet semblait ouvrir une porte vers un territoire inconnu. On y croisait autant des guitaristes de jazz que des métalleux curieux, preuve que la créativité n’a pas de chapelle. Une marque à suivre indéniablement ! Savarez et LNA nous régalaient également ! Les cordes n Savarez, devenues totalement incontournables pour les guitaristes, côtoyaient tous les effets de chez LNA, dont les toutes dernières nouveautés déjà présentées au Namm en début d’année. On a hâte de vous faire découvrir ça au plus vite ! Du côté de chez Kernom, les quelques rares à ne n pas encore connaître la marque, on pu s’en donner à cœur joie et découvrir le concept de morph unique de ces pédales dont on parle maintenant dans le monde entier ! Les essayer, c’est les adopter ! Et la foule nombreuse ne semble pas s’y être trompé ! Kernom 26 GuitarPart Palf/Anasounds AMS On citera également Prodipe, qui surprenait encore n avec des produits accessibles mais étonnamment qualitatifs. Une marque qui connaît son public et qui sait répondre à ses besoins sans compromis. Prodipe, c’est la preuve qu’on peut faire du bon matériel sans faire explo- ser les prix. On vous en reparle vite également. Crafter Ce n’est pas un luthier évidemment et pourtant ce n sont des indispensables de la musique ! Verspieren DESS est pour moi l’une des grandes découvertes de rappelait que protéger son instrument fait partie inté- n ce salon. A l’heure où on enchaîne et empile les pédales grante de la vie du musicien. Leur présence au salon était d’effets en tout genre, leurs solutions de switchers sont sim- aussi discrète qu’essentielle, et les discussions autour des plement révolutionnaire et capables surtout de s’adapter à assurances pour instruments rares ou de tournée étaient n’importe laquelle des situations ! Sur la scène comme en stu- étonnamment animées. dio, il y a forcément un Dess pour vous ! Nous y reviendrons en banc d’essai dans un tout prochain numéro ! Parmi les innombrables luthiers présents, certains n ont marqué les esprits par leur audace, leur sens AMS restait fidèle à sa réputation : du sérieux, de la du détail ou simplement par la poésie de leur démarche. n robustesse, de la précision. Le stand de la marque belge proposait la gamme complète des amplis, avec LA grande nouveauté, j’ai nommé la tête Alpha, et on s’en est toujours pas remis... 4 canaux, un son dinguissime, une dynamique incroyable même avec le taux de disto le plus élevé... Certaine- ment l’une des meilleures têtes entendues depuis longtemps ! Avec Invaders Amp on vibrait littéralement ! À l’ins- n tar d’AMS, François nous présentait l’intégralité de sa gamme qui séduit de plus en plus de clients ! Des amplis puis- sants, au grain sublime, qui donnaient envie de pousser le volume juste un peu trop fort ! C’était aussi l’occasion de pré- senter la toute dernière création de la marque fruit de la collo- boration avec Nelson de Skip the Use. Pas une tête signature, mais une super addition à la gamme ! Kelt, c’est depuis plusieurs années la Bretagne qui s’in- n vite dans le monde des amplis boutique. Des circuits à l’ancienne, un son chaud, vivant, organique. Un stand où l’on restait longtemps, juste pour le plaisir, pour discuter, pour écouter, pour sentir la passion derrière chaque ampli. La salle de test en était la preuve avec un flux ininterrompu de curieux venus essayer cette petite merveilles ! GuitarPart 27 Savarez/LNA
MONTROUGE 2026MATOS
Disonance BERG, tout d’abord, qui dévoilait son projet fou : une gui- Thomas Grumler, les merveilles de Micoud, les acoustiques tare fabriquée à partir d’une poutre de Notre-Dame de et archtops de Blind Guitars, les instruments racés de Mul- Paris ! On attend la suite avec impatience ! Un morceau ler, les créations de Letourneau, les guitares sculpturales de d’histoire qui va se transformer en instrument. Un geste Guitars of Altaïr, les modèles racés de Belforti, les pièces artistique, patrimonial, presque spirituel. La marque a éga- fines de Jrk Lutherie, les créations de Guitare Lebrun, les lement été récompensée dans la sélection des plus belles instruments de Guitare et Création, les pièces de Maja Gui- guitares du festival avec sa nouvelle Wood Masterpiece ! tares, les guitares de Marine Guitars, les créations de Hor- nus, les fabuleuses créations de Philippe Donnat, les micros Le prix de l’innovation 2026 revenait quant à lui à Meta magiques de Hepcat, ou encore les pièces de Seb Gavet ! n Guitars, fondé par le luthier Frédéric Poczekajlo, pour Vous l’aurez compris, impossible de tous les citer ! son incroyable basse dénommé Veil ! Une liste longue comme un solo de jazz, mais qui dit tout : Autour d’eux, une constellation de talents formait un paysage Montrouge est devenu le lieu où la lutherie française et inter- d’une richesse rare. On croisait les créations fines et racées de nationale vient montrer ce qu’elle a dans le ventre. Un lieu où Franck Cheval, les lignes élégantes de Fejoz, les électriques l’on peut passer d’une acoustique en épicéa européen à une racées de Guesdon, les géniales guitares de Lemnos, les instru- électrique futuriste en aluminium (coucou Ted Guitars !), puis ments de Boissières, les pièces audacieuses de Kopo, les gui- à une archtop sculptée à la main, sans jamais perdre le fil. Un tares chaleureuses de Gaëlle Roffler, les créations singulières lieu où chaque instrument raconte une histoire, où chaque de Criman, les modèles racés de Daguet, les pièces uniques de luthier porte en lui une vision, un geste, une philosophie. 28 GuitarPart BERG Wood Art Creations Invaders Les tendances 2026 Cette édition a confirmé plusieurs tendances fortes : le retour des matériaux alternatifs, la montée des effets boutique, l’hybridation acoustique/électrique, l’éco-responsabilité dans la lutherie, les amplis low-wattage, les accessoires premium, et surtout le retour du « beau geste » artisanal. Mont rouge 2026 n’était pas seulement un salon : c’était un baromètre ! Les concerts : un pont entre générations La programmation 2026 a été l’une des plus riches depuis la création du festival. Le dossier annonçait : « Cette année sera marquée, en termes de concerts, par plusieurs nou- veautés. » Et c’était vrai. Louis Chédid a ouvert le bal avec une élégance rare. La Nuit de la Guitare Classique a rendu un hommage boule- versant à Roland Dyens, avec Cassie Martin, le lauréat 2026 et un Thibaut Garcia impérial. Leïla Duclos a embrasé la salle Blin. Jessie Lee & The Alchemists ont transformé le samedi soir en véritable Guitar Summit, épaulés par Yarol Poupaud et Norbert Krief. Et Henri Dès a offert un moment suspendu aux familles le dimanche. Une programmation qui dit tout : Montrouge n’est pas un salon, c’est un festival. Montrouge 2026, un festival qui grandit sans perdre son âme On pourrait résumer Montrouge 2026 en chiffres : 120 exposants, 55 concerts, 30% d’internationaux. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Montrouge, c’est un lieu où la guitare n’est pas un objet, mais un lien. Un lieu où l’on vient pour essayer, écouter, apprendre, discuter, rêver. Un lieu où la passion circule librement, sans hiérarchie, sans posture. Cette édition 2026 a été l’une des plus belles. Parce qu’elle a su grandir sans se trahir. Parce qu’elle a su sur- prendre sans se perdre. Parce qu’elle a su rester humaine. Et parce qu’au fond, Montrouge n’est pas seulement un festival. C’est une déclaration d’amour à la guitare ! Flo S. GuitarPart 29
DOSSIER
SCHECTER GUITARS, 50 ANS
D’UNE ASCENSION IMPROBABLE
DE PETITE BOUTIQUE CALIFORNIENNE À L’UNE DES MARQUES LES PLUS INFLUENTES DE LA GUITARE
ÉLECTRIQUE... NÉE EN 1976 COMME SIMPLE FOURNISSEUR DE PIÈCES DÉTACHÉES, SCHECTER
GUITARS A CONNU UNE TRAJECTOIRE UNIQUE : D’ABORD ARTISANALE, PUIS QUASI DISPARUE,
AVANT DE RENAÎTRE POUR DEVENIR UN PILIER DU ROCK ET DU METAL MODERNE. POUR SES 50 ANS,
RETOUR SUR UNE HISTOIRE FAITE D’AUDACE, DE RUPTURES ET DE RÉINVENTIONS !
30 Guitar30 GGGuitaru itaritarPPPPPart arta
SCHECTER DEVIENT UN LIEU OÙ L’ON IMAGINE LA GUITARE IDÉALE,
OÙ L’ON OSE DES COMBINAISONS NOUVELLES, OÙ L’ON
REPOUSSE LES LIMITES DES STANDARDS ÉTABLIS.
LES RACINES : UNE BOUTIQUE MINUSCULE QUI FABRIQUE LA RÉVÉLATION : LES PREMIÈRES GUITARES
DE L’EXCELLENCE COMPLÈTES
Lorsque David Schecter ouvre Schecter Guitar Research en À la fin des années 70, Schecter franchit un cap décisif. 1976, rien ne laisse présager que ce petit atelier de Van Nuys L’entreprise ne se contente plus de fournir des pièces : deviendra un jour un acteur majeur de la guitare électrique. À elle assemble ses propres guitares. Ces instruments, l’origine, Schecter n’est même pas un fabricant d’instruments, produits en quantités infimes, reprennent les silhouettes mais un spécialiste des pièces détachées haut de gamme. Dans familières des Stratocaster et Telecaster, mais avec une une période où Fender traverse une crise identitaire sous l’ère qualité de fabrication qui dépasse largement les modèles CBS, les musiciens cherchent des composants plus fiables, de série. Les musiciens professionnels s’y intéressent mieux finis, plus cohérents. Schecter devient rapidement immédiatement. Les premières Schecter complètes l’adresse incontournable pour ceux qui veulent améliorer leur deviennent des objets rares, presque mythiques, instrument ou en assembler un sur mesure. recherchés pour leur fiabilité, leur précision et leur L’atelier respire la passion artisanale. Les bois sont sélec- personnalité sonore. tionnés avec soin, les micros bobinés avec une précision Cette période marque l’âge d’or artisanal de la marque. presque scientifique, les manches façonnés avec une exi- Schecter n’est pas encore un constructeur industriel, mais gence rare. Dans la Californie des années 70, où les stu- déjà un nom qui circule dans les coulisses des studios dios tournent jour et nuit, la réputation de Schecter grimpe et des tournées. Les guitares Schecter de cette époque comme une traînée de poudre. On vient y chercher des sont chères, exclusives, difficiles à obtenir, mais elles pièces, mais aussi une expertise, un regard, une manière incarnent une vision nouvelle de la lutherie électrique : de penser l’instrument qui dépasse la simple réparation. plus moderne, plus rigoureuse, plus audacieuse. Elles Schecter devient un lieu où l’on imagine la guitare idéale, séduisent autant les puristes que les musiciens en quête où l’on ose des combinaisons nouvelles, où l’on repousse d’un instrument différent, capable de répondre à des les limites des standards établis. exigences nouvelles. Ce qui frappe dans ces premières années, c’est la liberté Ce qui distingue ces premières guitares, c’est leur totale qui règne dans l’atelier. Pas de catalogue, pas de cohérence. Chaque pièce est pensée pour fonctionner gamme, pas de stratégie marketing. Juste des artisans qui avec les autres, chaque détail est ajusté avec une précision veulent fabriquer les meilleures pièces possibles, et des presque obsessionnelle. On n’est plus dans la simple musiciens qui cherchent quelque chose que les grandes amélioration d’un instrument existant, mais dans la marques ne proposent plus. Cette relation directe, presque création d’un outil complet, pensé comme un tout. Cette intime, entre le luthier et le guitariste, forge l’ADN de approche, très en avance sur son temps, préfigure ce que Schecter : une marque qui écoute, qui observe, qui s’adapte. deviendront les grandes marques modernes. De rares photos des premières années de la marque ! Un travail minutieux et artisanal.
© DR
GuitarPart 31
DOSSIER
1983 : LA RUPTURE ET LA PERTE DE REPÈRES « Schecter » continue de circuler, où les musiciens se souviennent de la qualité des premières années, où l’idée Mais cette montée en puissance a un prix. L’entreprise, d’un renouveau reste possible. encore minuscule, peine à suivre la demande. Les finances s’essoufflent, les délais explosent, et en 1983, David Schecter LA RENAISSANCE : L’ARRIVÉE D’HISATAKE SHIBUYA vend la société à un groupe texan. C’est un tournant délicat. La nouvelle direction veut augmenter la production, tou- La véritable résurrection arrive en 1991, lorsque l’en- cher un public plus large, rationaliser les processus. Les gui- treprise est rachetée par Hisatake Shibuya, propriétaire tares restent de bonne qualité, mais l’esprit artisanal s’effrite. d’ESP Guitars et du Musicians Institute. Shibuya com- Schecter perd un peu de son identité, comme si la marque prend immédiatement ce que Schecter représente : une cherchait sa place dans un marché en pleine mutation. marque américaine respectée, mais endormie, qui ne Pendant quelques années, Schecter flotte. Trop haut de demande qu’à être réveillée. Il relance un Custom Shop gamme pour le grand public, pas assez distinctif pour rivali- américain digne de ce nom, basé à Sun Valley, avec une ser avec Fender ou Gibson, la marque semble condamnée à équipe de luthiers talentueux. Parallèlement, il met en rester une belle idée mal exploitée. Beaucoup pensent alors place une gamme de production fabriquée en Corée du que Schecter ne retrouvera jamais son éclat initial. L’entre- Sud, dans des usines réputées pour leur sérieux. prise survit, mais sans direction claire, sans vision, sans cette Ce modèle hybride devient la clé du renouveau de étincelle qui avait fait sa force. Schecter. La marque retrouve une identité claire, un Cette période est souvent oubliée, mais elle est essen- souffle, une ambition. Elle n’est plus un vestige des tielle pour comprendre la suite. C’est une époque de années 70, mais une entreprise tournée vers l’avenir. doutes, de tâtonnements, où la marque cherche son Les premières années de cette renaissance sont marquées identité. Une époque où Schecter aurait pu dispa- par une volonté de moderniser l’image de Schecter, de raître, comme tant d’autres fabricants prometteurs des proposer des instruments adaptés aux musiciens contem- années 70 et 80. Mais c’est aussi une époque où le nom porains, de sortir des sentiers battus.
50 ANS APRÈS LA PETITE BOUTIQUE DE VAN NUYS, SCHECTER EST
DEVENUE L’UN DES PILIERS DE LA GUITARE ÉLECTRIQUE MODERNE.
UNE SUCCESS STORY IMPROBABLE, MAIS MÉRITÉE.
UNE HISTOIRE DE PASSION, DE TRAVAIL, DE VISION.
32 GuitarPart L’art de faire des finitions magnifiques... Un exemple de pub d’époque ! Ce qui frappe dans cette période, c’est la cohérence de 2010–2020 : LA MATURITÉ ET LA DIVERSIFICATION la stratégie. Shibuya ne cherche pas à copier Fender ou Gibson. Il veut créer une marque moderne, capable de Les années 2010 marquent une nouvelle phase. Schec- répondre aux besoins des musiciens actuels, sans renier ter consolide sa gamme, améliore encore la qualité de ses l’héritage artisanal des débuts. Cette vision, à la fois res- modèles coréens, développe des séries indonésiennes très pectueuse et audacieuse, pose les bases de ce que Schec- compétitives, et renforce son Custom Shop américain ter deviendra dans les années 2000. tout en proposant aussi une gamme d’amplis ! La marque n’est plus cantonnée au metal : elle séduit aussi la pop, le LES ANNÉES 2000 : L’EXPLOSION DANS LE ROCK MODERNE rock alternatif, le prog, le jazz moderne. Elle devient une marque complète, capable de proposer des instruments Au tournant des années 2000, Schecter devient la marque pour tous les niveaux, tous les styles, tous les budgets. des musiciens qui veulent un instrument fiable, puissant, Ce qui distingue Schecter dans cette période, c’est sa moderne. Le metal, le hard rock, le metalcore et le numetal capacité à évoluer sans perdre son identité. La marque adoptent massivement la marque. Les modèles C1, Hellrai- modernise ses designs, affine ses finitions, améliore ses ser, Blackjack ou Avenger deviennent des références. Les micros, mais reste fidèle à son ADN : des instruments signatures se multiplient, et avec elles la visibilité interna- fiables, cohérents, pensés pour les musiciens. tionale de Schecter. Ce qui frappe dans cette période, c’est la capacité de la 2026 : UN DEMI-SIÈCLE D’INDÉPENDANCE ET D’AUDACE marque à anticiper les besoins des musiciens modernes. Schecter propose des guitares 7, 8 et 9 cordes bien avant que Aujourd’hui, Schecter fête ses 50 ans avec une identité plus ce soit la norme. Elle adopte les micros actifs, puis développe forte que jamais. Une marque qui a connu les sommets, les ses propres micros passifs haut de gamme. Elle ose des formes creux, les renaissances. Une marque qui a su rester indépen- originales, des finitions audacieuses, des configurations pen- dante dans un marché dominé par les géants. Une marque sées pour les accordages bas et les styles émergents. Schec- qui a bâti sa réputation sur la constance, l’innovation et le ter n’est plus seulement une alternative : c’est une référence. respect des musiciens. Cette décennie est aussi celle où Schecter s’impose sur Cinquante ans après la petite boutique de Van Nuys, scène. Les tournées mondiales, les festivals, les plateaux Schecter est devenue l’un des piliers de la guitare électrique télé… partout, on voit des guitares Schecter. La marque moderne. Une success story improbable, mais méritée. Une devient un symbole de modernité, de puissance, de fiabi- histoire de passion, de travail, de vision. Une histoire qui lité. Elle incarne une nouvelle génération de musiciens, plus continue de s’écrire, corde après corde ! © DRexigeante, plus technique, plus ouverte. Flo S GuitarPart 33
DOSSIER
LES ARTISTES QUI ONT FAIT
ENTRER SCHECTER DANS LA LÉGENDE
DE MARK KNOPFLER À SYNYSTER GATES, DE ROBERT SMITH À JEFF LOOMIS, SCHECTER A BÂTI SA RÉPUTATION EN S’ALLIANT À DES MUSICIENS VISIONNAIRES. RETOUR SUR CELLES ET CEUX QUI ONT FAÇONNÉ L’IDENTITÉ
SONORE DE LA MARQUE ET CONTRIBUÉ À SON ASCENSION MONDIALE.
L’histoire de Schecter s’est toujours écrite avec des musiciensqui cherchaient autre chose que ce que proposaient les grandes dans les années 2000. Elle devient un symbole d’une géné-virtuose, incarne parfaitement l’esthétique de la marque marques. Dès la fin des années 70, Mark Knopfler adopte uneStrat Schecter modifiée et l’emmène sur scène avec Dire Straits. ration entière de guitaristes. À une époque où la marque n’a même pas de catalogue, cechoix suffit à attirer l’attention du milieu professionnel. metal progressif, il impose une exigence technique extrême.Jeff Loomis apporte une autre dimension. Figure du lité. Le guitariste des Who, connu pour son jeu explosif, uti-Dans les années 80, Pete Townshend renforce cette visibi- Ses modèles signature, sobres et redoutablement précis,montrent que Schecter sait répondre aux besoins des musi- lise plusieurs modèles Schecter sur scène. Ses Tele modifiéesdeviennent un symbole de cette période où la marque séduit ciens les plus pointus, ceux qui exigent une stabilité parfaiteet une réponse immédiate. des musiciens exigeants, en quête d’instruments capablesd’encaisser la scène sans faiblir. façonné l’image moderne de Schecter : Dan Donegan deDisturbed, Prince sur certains projets, ou encore toute uneAutour d’eux gravitent des dizaines d’artistes qui ont Smith, figure centrale de The Cure, collabore avec Schec-ter pour créer des modèles adaptés à son univers sonore. SaLa vraie bascule arrive dans les années 90 et 2000. Robert génération de guitaristes metalcore et djent qui adoptentles modèles 7 et 8 cordes bien avant que ces formats ne UltraCure, sombre et massive, devient l’un des instrumentssignature les plus reconnaissables de la marque et ouvre deviennent courants. Chacun apporte une couleur, une éner-gie, une manière de jouer qui enrichit l’identité de la marque. Schecter à un public bien plus large que le seul rock musclé. plusieurs générations de musiciens, des pionniers du rockAujourd’hui, Schecter peut se targuer d’avoir accompagné tariste d’Avenged Sevenfold, devient l’ambassadeur leplus visible de Schecter. Sa guitare signature, agressive etPuis vient l’ère du metal moderne. Synyster Gates, gui- aux architectes du metal moderne. Une diversité qui reflèteparfaitement l’évolution de la marque : audacieuse, adap-table, toujours en mouvement ! Synyster Gates Michael Anthony Prince Robert Smith Pete Townshend 34 Guitar34 GGGuitaru itaritarPPPPPart arta Nick Johnston La dernière merveille en date ! Il n’y en aura pas pour tout le monde !
LES GUITARES EMBLÉMATIQUES
QUI ONT ÉCRIT L’HISTOIRE
DE LA PT DES DÉBUTS AUX HELLRAISER MODERNES, SCHECTER A CONSTRUIT SON IDENTITÉ À TRAVERS DES MODÈLES DEVENUS CULTES. CERTAINS ONT MARQUÉ DES GÉNÉRATIONS DE MUSICIENS, D’AUTRES ONT REDÉFINI LE METAL MODERNE. ET POUR SES 50 ANS, LA MARQUE SIGNE UNE PIÈCE D’EXCEPTION : LA CET GOLDEN ANNIVERSARY. La devenue mythiqueSynyster Gates ! L’histoire de Schecter se lit à travers quelques modèlesqui ont marqué des tournants décisifs. La PT, d’abord, moderne. Elle illustre la capacité de Schecter reste l’un des symboles des débuts. Inspirée de la Tele- à proposer des instruments sans compromis. e Schecter caster mais pensée avec une précision et une robus- Gates Custom, l’un des modèles signature lesImpossible aussi d’ignorer la Synyster mpromis. nature lesSynyster la marque, dont Pete Townshend. Elle incarne encorea accompagné les premiers artistes à faire confiance à tesse qui dépassaient les standards de l’époque, elle plus visibles de la marque. Avec son designflamboyant et son identité sonore explosive,on design aujourd’hui l’esprit artisanal des origines. elle incarne l’esthétique Schecter des annéesdes années explosive, la C1, un modèle qui deviendra l’un des piliers de sonAvec la renaissance des années 90, Schecter dévoile 2000 et contribue à faire connaître la marqueauprès d’un public jeune et passionné.e la marquené. identité moderne. Plus sculptée, plus ergonomique,plus agressive, la C1 ouvre la voie à une lutherie pen- ans, Schecter dévoile la Custom Shop CET 50Anniversary, une pièce produite en série trèsEt puis vient le présent. Pour célébrer ses 50ébrer ses 50op CET 50thth sée pour les musiciens contemporains. Elle séduitautant les rockeurs que les métalleux et devient rapi- limitée. Plus qu’un simple modèle anniversaire,nniversaire,n série très dement un incontournable de la marque. c’est une synthèse de tout ce que la des années 2000. Avec son esthétique marquée etPuis arrive la Hellraiser, véritable icône du metal marque a appris depuis 1976 : uninstrument haut de gamme, élé- sa puissance sonore, elle devient l’arme dechoix d’une génération entière de guita- gant, pensé pour rendre hommage àl’héritage artisanal des débuts tout enaffirmant la maîtrise moderne du Cus-en ristes. La Hellraiser symbolise la montée tom Shop. Une guitare qui ne chercheus- accordages bas, les rythmiques lourdes etmoderne : une guitare pensée pour les en puissance de Schecter dans le metal pas à impressionner par la démesure,mais par la finesse et la cohérence dercheure, les scènes intenses. sa conception. de Blackjack ATX s’impose comme unDans un registre plus technique, la Schecter rappelle qu’elle n’a Avec cette CET anniversaire, modèle culte pour les musiciens exi- jamais cessé d’évoluer. Une marque sion et sa réactivité en font une référencegeants. Son caractère sombre, sa préci- capable de créer des instrumentsaccessibles, puissants, modernes… pour les amateurs de metalcore et de prog mais aussi des pièces d’exception quiracontent cinquante ans d’histoire.ui de C-1 Custom !Un bel exemple GuitarPart 35
ENTRETIEN
BIRELI LAGRÈNE
JAZZ MANOUCHE, AVENTURIER DU JAZZ FUSION, COMPAGNON DE ROUTE DE JACO PASTORIUS COMME DE TANT D’AUTRES GÉANTS,À FORCE DE REFUSER LES ÉTIQUETTES, BIRÉLI LAGRÈNE A FINI PAR IMPOSER SA PROPRE ÉVIDENCE. HÉRITIER FLAMBOYANT DUÉLÉGANCE OBLIGE L’ALSACIEN REVIENT AVEC « ELEGANT PEOPLE », UN DISQUE À LA FOIS SUBTIL, MAIS ÉLECTRIQUE, APAISÉ, MAIS OUVERT, OÙ LAVIRTUOSITÉ NE CHERCHE PLUS À IMPRESSIONNER, MAIS À RESPIRER. L’OCCASION DE PARLER COMPOSITION, SON, NOUVELLES
GUITARES, SOUVENIRS IMMENSES ET LIBERTÉ DUREMENT CONQUISE.
mas Dutronc. Il se demandait s’il existait, selon toi, despoints communs entre Django et Chopin…On va commencer par une question signée par ton ami Tho- studio. Il y a eu une petite préparation, évidemment, mais jen’aime pas non plus figer les choses à l’excès. Biréli Lagrène :Deux compositeurs immenses, mais aussi deux improvisateurs. Oui, déjà, ce sont deux génies, ça va de soi. Quand tu dis que tu ne veux pas tout figer, cela si Il ne faut pas oublier qu’à l’époque de Chopin, tous ces mecs-là quoi exactement ? Les morceaux sont écrits de A à Z , ou gnifie improvisaient énormément. Aujourd’hui, on retient surtoutce qu’ils ont écrit, ce qu’on essaie de recréer le plus fidèlement tu gardes volontairement des zones ouvertes ?Je garde beaucoup de choses ouvertes. La mélodie, en possible, mais ils avaient aussi cette dimension-là. Et Django,bien sûr, était un improvisateur phénoménal. Donc oui, il y a un revanche, j’aime qu’on n’y touche pas trop, parce que c’est lien. Peut-être aussi dans l’aspect rythmique. Chez Chopin, il y a énormément de place. Disons qu’à 80 ou 90 %, les choses quand même la pièce maîtresse. Mais pour le reste, je laisse quelque chose d’assez étonnant de ce point de vue là, presque,par moments, une sorte de prémices du jazz. On imagine sou- peuvent encore changer. On peut rallonger une section, modi-fier un accord, déplacer une intervention, adapter un passage vent Chopin uniquement du côté des grandes mélodies, des bal-lades, du lyrisme, mais ça swingue aussi, à sa manière. en fonction de ce qui se passe dans l’instant. J’aime cette sou-plesse-là. C’est important que la musique puisse encore res-pirer au dernier moment. d’undirection, un climat. Tu l’as vraiment préparé en a mont ?Venons-en à ce nouvel album. On sent qu’il ne s’agi t pas simple disque « pris sur l’instant » : il y a un cadre, une Et pour tes parties de guitare, c’est encore plus o uvert,j’imagine…Ah oui, complètement. Là, j’aime vraiment être dans l’ins- amont, ce sont mes compositions, parce qu’il fallait tout demême les arranger un peu, les fignoler. Le reste, c’étaient sur-Oui et non. La seule chose que j’ai vraiment travaillée en tant. Suivant la session, suivant ce qui me passe par la tête à cemoment précis, je vais aller ailleurs. C’est ça que j’aime dans tout des idées de titres… Il y a quand même plusieurs standardssur ce disque, et aussi quelques reprises qui n’étaient pas du l’improvisation. Si tout est prévu à l’avance, ça perd quelquechose. Il faut garder ce risque, cette liberté. Sinon, ce n’est tout destinées au jazz à l’origine. J’avais envie depuis très long-temps d’enregistrer certains morceaux que j’aimais déjà quand plus vraiment vivant. j’étais môme. Il y a des musiques qui te restent comme ça, quine te lâchent jamais. Un jour, tu te dis : « Ce qui frappe aussi, c’est la cohérence d’ensemble. Pour-tant, il y a des ambiances variées, des climats trè s dif- je le fasse. » Et là, l’occasion s’est présentée. Cette fois, il faut que férents, parfois mélancoliques, parfois plus nerveu x. Etmalgré cela, il y a une ligne. Parlonsthèmes récents ou des idées que tu por- de tes compositions. Ce sont des Oui, je suis d’accord. Mais je pense que ça vientbeaucoup de la personnalité des musiciens. tais depuis des années ?Non, là, c’est très récent. C’est du tout neuf. Tous ceux qui jouent sur ce disque ont uneidentité forte. Ce ne sont pas des gens interchan- Je ne les avais jamais jouées auparavant. J’enai écrit trois, chez moi, quelques semaines geables.ensemble, il se passe forcément quelque chose, Quand tu mets des musiciens comme ça avant l’enregistrement. Ensuite, j’ai faitvenir le pianiste pour qu’il les apprenne, même inconsciemment. Tu peux avoir des cou-leurs différentes, mais il y a une cohérence qui qu’il les note, puis on a retrouvé les musi-ciens et on a répété un peu directement au s’installe naturellement. C’est peut-être ça que 36 GuitarPart « Elegant People », Biréli Lagrène. tu ressens au milieu du disque : il y a plusieursambiances, oui, mais aussi un climat commun. © JEAN-BAPTISTE MILLOT
ENTRETIEN
Fibonacci BL6, fruit d’un savant calcul. On sent aussi un disque moins démonstratif que certains Quand on revoit certaines images de toi adolescent, on de tes projets passés. Très virtuose, bien sûr, mais plus voit déjà un musicien avec une personnalité très af fir- apaisé, plus posé. mée. Pourtant, tu dis avoir été timide. Oui, beaucoup de gens me l’ont dit. Ils m’ont dit : « On a Ah oui, très timide même. Mais tu sais, quand tu es gamin l’impression que tu t’es calmé (rires). » Il y a sûrement une et que tu as un peu de talent, les adultes te repèrent vite. On part de vrai. Je crois qu’à un moment donné, chez beaucoup te pousse, on t’utilise, on t’expose. Il y a des gens autour qui de musiciens, cela vient naturellement. Il faut arrêter un peu comprennent qu’il y a quelque chose à faire. C’est comme la compétition, les acrobaties, la démonstration permanente. ça. À l’époque, moi, j’avais surtout envie de jouer. Donc j’y On a déjà tellement fait ça dans notre vie… Alors attention, allais. Mais, oui, il y avait aussi des gens derrière qui voyaient je ne renie rien du tout. J’ai adoré cette période-là, elle m’a bien qu’il y avait un « marché », comme on dit. Cela fait par- construit. Mais à un moment donné, tu as peut-être davan- tie du jeu. Après, je ne vais pas cracher dans la soupe, parce tage envie de dire les choses autrement, avec plus d’espace, que ça m’a aussi permis de vivre des choses incroyables. Mais plus de respirations, plus de profondeur. la timidité, elle, était bien réelle. C’est amusant parce que, moi, je t’ai d’abord connu par Malgré ça, tu as toujours eu l’air d’aller sans tre mbler ton versant fusion, jazz-rock, bien plus que par to n lien au vers les plus grands : John McLaughlin, Jaco Pastor ius, manouche. C’est presque l’inverse du récit habituel . Jack Bruce… Cela n’a rien d’un parcours timide vu d e Oui, je vois très bien. Et cela me va très bien aussi (rires) ! l’extérieur. C’est vrai qu’on me colle encore souvent l’étiquette « jazz C’est venu après. Une fois que tu es lancé, que tu te retrouves manouche », parce que j’ai commencé comme ça très jeune et dans certaines situations, il faut y aller. Et puis j’ai toujours que cela a marqué les gens. Mais je ne me suis jamais senti limité fait ce qui me plaisait. J’ai eu cette chance. J’ai réussi à garder à ça. J’ai toujours eu besoin d’aller voir ailleurs, de faire d’autres une vraie liberté, tout en mettant à peu près tout le monde choses, justement pour me libérer. Parce qu’une étiquette, au d’accord : les musiciens, les producteurs, les maisons de bout d’un moment, c’est lourd à porter. Et, aujourd’hui, avec disques… C’est précieux, parce que cela te permet de conti- tout ce qu’on entend, avec le nombre de musiciens qui jouent nuer à avancer sans que quelqu’un vienne te dire en perma- cette musique, je me sens très tranquille par rapport à ça. Je nence ce que tu dois faire. n’ai plus rien à prouver. Je peux faire ce que j’ai envie de faire. Reste-t-il encore, selon toi, de nouvelles choses à inven- Tu as senti très tôt qu’il fallait échapper à cette case ? ter à la guitare ? Notamment dans un cadre jazz où on Oui, parce que, sinon, tu te retrouves enfermé. Et puis moi, j’ai pourrait croire que tout a déjà été tenté. toujours aimé énormément de musiques. Je n’ai jamais voulu La casserole n’est pas encore pleine (rires) ! Il y a eu énormé- stagner dans un seul univers. C’est aussi ce qui m’a permis ment de choses, bien sûr, mais il faut aussi se rappeler que de travailler avec des musiciens venant d’horizons très dif- la guitare est un instrument très jeune. La manière moderne férents. Ils savaient que ça pouvait marcher, que je pouvais de la jouer, telle qu’on l’entend aujourd’hui, cela n’a même comprendre leur langage. Je crois que c’est ça qui m’a sauvé, pas soixante-dix ans. Si tu regardes ce qui s’est passé à par- au fond : ne pas rester figé dans une seule identité. tir des années 60, avec Hendrix, Clapton, Beck et tous les © JEAN-PIERRE SABOURET 38 GuitarPart
« J’AIME VRAIMENT ÊTRE DANS L’INSTANT. SUIVANT LA SESSION, SUIVANT CE QUI ME
PASSE PAR LA TÊTE À CE MOMENT PRÉCIS, JE VAIS ALLER AILLEURS. C’EST ÇA QUE J’AIME
DANS L’IMPROVISATION. SI TOUT EST PRÉVU À L’AVANCE, ÇA PERD QUELQUE CHOSE.
IL FAUT GARDER CE RISQUE, CETTE LIBERTÉ. SINON, CE N’EST PLUS VRAIMENT VIVANT. »
autres, c’est finalement très récent. Et pourtant, on a déjà vu à quelque chose de plus traditionnel. Et surtout, sur le pre- une quantité incroyable de facettes, de langages, de sons, de mier modèle, il y avait encore un cordier séparé. En jouant techniques. C’est ça qui est formidable avec la guitare : on avec davantage de saturation par moments, je me suis aperçu peut presque tout y faire. Donc non, je ne pense pas qu’on que cela amenait des résonances parasites, des fréquences ait fini d’en faire le tour. dont je n’avais pas besoin. Donc, sur les modèles suivants, on a supprimé ce système pour aller vers quelque chose de Parlons maintenant matériel. Tu as un nouvel endors e- plus direct, plus stable, avec moins de vibrations inutiles. ment, avec une marque anglaise, Fibonacci. Comment cette rencontre s’est-elle faite ? Tu as également une sept cordes dans cette série, m ais C’est Martin Taylor qui m’a mis en contact avec eux. Lui tra- avec une option assez particulière… vaillait déjà avec cette maison anglaise, dirigée par Graham Oui, parce que ce n’est pas une sept cordes avec une corde Greene. À la base, ils fabriquent surtout de très belles gui- grave supplémentaire. Moi, j’ai voulu une corde aiguë en tares jazz, des demi-caisses superbes. J’en ai essayé quelques- plus, un La très haut. C’est quelque chose qui m’intriguait unes vraiment remarquables. Puis je leur ai dit : « Très bien, depuis longtemps. Lenny Breau avait exploré ça, et j’ai tou- mais, si je viens chez vous, ce n’est pas pour jouer un modèle jours trouvé cela fascinant. Aujourd’hui, la plupart des guita- de série tel quel. Est-ce qu’on peut discuter, partir sur quelque ristes qui jouent sur sept cordes vont chercher dans le grave. chose de vraiment personnalisé ? » Ils ont été tout de suite Moi, c’est l’inverse : cela m’ouvre tout un registre harmo- partants. On a donc commencé par un prototype, que j’ai nique, presque pianistique, surtout dans les arpèges et dans reçu quelques mois plus tard. Ça nous a tellement plu, à eux certains accords. Ce n’est pas un instrument que je jouerais comme à moi, qu’on est déjà sur les deux modèles suivants, tout le temps, mais cela ouvre vraiment des portes. avec les enseignements tirés de la première. Sur l’album lui-même, qu’as-tu principalement utili sé ? Que voulais-tu précisément ? Quels étaient tes poin ts Principalement le prototype Fibonacci. Mais j’avais aussi avec non négociables ? moi une Yamaha type 335, que j’aime beaucoup. Ce sont de Je ne voulais pas d’une grosse caisse jazz traditionnelle. Je très bonnes guitares. J’ai joué sur les deux, même si la Fibonacci cherchais un instrument capable d’aller partout, de faire reste au centre du disque. tous les styles de musique que j’aime jouer. Donc, on est partis d’une base de 335, parce que c’est pour moi une gui- tare d’une polyvalence incroyable. Ensuite, on a travaillé les Concert privé au détails. Je voulais un manche fin, une touche bien plate et studio Sextant de des frettes plutôt larges, parce que je trouve que cela apporte Malakoff le 17 mars. de la précision au son. La touche plate, c’est quelque chose que j’aime depuis longtemps : pour les accords, je trouve cela plus naturel, plus égal, un peu comme sur une guitare clas- sique. La caisse a grosso modo l’épaisseur d’une 335, avec une découpe florentine. Ce n’est pas une révolution visuelle, mais dans les sensations et dans la réponse de l’instrument, cela change beaucoup. Et du côté de l’électronique ? Sur le premier prototype, on a monté un micro fabriqué par un Anglais, pour voir. Mais je travaille aussi depuis quelque temps avec Andreas Kloppmann, en Allemagne, qui fait des micros vintage absolument superbes. Je pense que les pro- chaines seront équipées par lui. Sinon, je reste dans quelque chose de très simple : deux micros de type PAF, rien d’ac- tif, pas de pile, pas de sophistication inutile. La simplicité, pour moi, reste la meilleure solution quand elle sonne bien. Tu as aussi modifié certains éléments plus « méca- niques », non ? Oui. Les mécaniques sont des Gotoh. J’avais essayé un sillet en graphite, qui ne m’a pas plu du tout, donc je suis revenu
ENTRETIEN
Une complicité rare avec Jaco Pastorius.
© DR
« IL EST MONTÉ SUR SCÈNE, ET LÀ, C’ÉTAIT INCROYABLE. IL A JOUÉ PENDANT DES HEURES, JUSQU’AU BOUT DE LA NUIT. À UN MOMENT, IL A VU QUE J’AVAIS UNE GUITARE,
IL M’A FAIT MONTER. ON A JOUÉ ENSEMBLE SANS QU’IL SACHE VRAIMENT QUI J’ÉTAIS.
LE LENDEMAIN, IL EST VENU ME VOIR JOUER, ET TOUT S’EST ENCLENCHÉ COMME ÇA. » Et côté amplification ? Tu es encore très « vrai ampli » ou Tu parles de respiration, de liberté, de refus de l a démons- tu t’es ouvert à des solutions plus modernes ? tration systématique. Est-ce que cela vaut aussi po ur ta Un peu les deux. J’avais un Fender Twin pour certaines choses, vie de musicien sur la route ? mais j’ai aussi utilisé des petites boîtes de chez TC Electronic, Oui. Avant, avec le Gypsy Project, on faisait plus de cent qui recréent l’esprit d’un Fender Deluxe 65. J’en avais reçu concerts par an. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins, et c’est deux une semaine avant, je me suis dit : « Tiens, essayons. » Je volontaire. J’ai ralenti. Être sur la route, c’est formidable, suis sorti de là dans un simulateur de baffle, et franchement, bien sûr, mais partir cinq semaines d’affilée, je n’en ai plus le résultat m’a surpris. Dès lors, j’ai utilisé un peu les deux envie. Il faut dire que je fais ça depuis l’âge de douze ou treize approches. Mais ce qui compte, c’est que le son me plaise tout ans. Donc, j’ai de l’avance sur beaucoup d’autres musiciens de suite. Je ne suis pas du genre à enregistrer complètement à qui, eux, commencent vraiment à vingt ans. Forcément, à un sec pour que quelqu’un reconstruise tout après. moment, tu n’as plus tout à fait le même rapport au temps. Cela vaut aussi pour les effets ? Pourtant, on sent que la scène reste essentielle ch ez toi. Oui, complètement. Moi, j’aime entendre tout de suite le son Bien sûr. C’est même indispensable. Mais j’ai besoin que cela que je vais avoir au final. Je n’aime pas rajouter des couches reste un plaisir. Ce disque va vivre sur scène. On va commencer ensuite en studio, une fois que tout est joué. J’utilise peu d’ef- cet été, puis il y aura une vraie tournée à l’automne. Je pense que fets, mais je les utilise au moment où je joue. En ce moment, ce projet va tourner un bon moment, peut-être un an et demi ou j’adore notamment la Freeze d’Electro-Harmonix. Je trouve deux ans. Ensuite, on fera autre chose, comme d’habitude. On cette pédale fabuleuse. Elle permet de tenir des accords, de gardera peut-être quelques titres, on en écrira de nouveaux. C’est créer des nappes, puis de jouer par-dessus. Pour moi, c’est le cycle normal. souvent plus intéressant qu’un looper. J’avais aussi un délai Boss DD-7, une petite réverb TC Electronic Hall of Fame et Quand tu regardes le chemin parcouru, de l’Alsace a ux scènes quelques overdrives, notamment une OCD. J’ai aussi utilisé du monde entier, des clubs de jazz aux rencontres a vec de un octaver réglé de manière assez subtile. Mais cela reste très nombreuses icônes, tu te retournes parfois en te di sant : simple : quatre ou cinq pédales maximum. « Comment tout ça a pu m’arriver ? » Oui, bien sûr. Par moments, je me le dis. Mais je crois que j’ai aussi Tu ne programmes pas de patches à l’avance ? eu cette chance de ne jamais rester bloqué dans une seule musique. Non, jamais. Ce n’est pas mon truc. Je les utilise vraiment sur C’est peut-être ça qui a donné confiance aux autres musiciens. Ils le moment, selon ce que m’inspire la musique. Dans le jazz, savaient que cela pouvait marcher avec moi, même s’ils venaient rien n’est jamais exactement pareil, donc préparer des choses d’un autre univers. Et puis j’aime profondément rencontrer les trop rigides, ce n’est pas logique pour moi. J’essaie de m’en ser- gens, jouer, apprendre, circuler. C’est ça, au fond, qui m’anime vir avec goût, mais sur l’instant. C’est beaucoup plus vivant. depuis le début. Tant que cette envie-là reste vivante, le reste suit. 40 GuitarPart Ta rencontre avec Jaco Pastorius, auquel tu as rendu hommage, reste un moment clé. Tu peux nous racon- ter plus précisément comment tout a commencé ? Oui, c’était à New York, au milieu des années 80. Je jouais plusieurs soirs dans un club, et lui jouait pas très loin. J’ai vu son nom dans un magazine, je me suis dit : « C’est pas possible, il est là ?!!? » Donc je me suis débrouillé pour finir plus tôt et aller le voir. Je me souviens très bien de ses amplis… Déjà, ça impressionnait. Et puis il est monté sur scène, et là, c’était incroyable. Il a joué pendant des heures, jusqu’au bout de la nuit. À un moment, il a vu que j’avais une guitare, il m’a fait monter. On a joué ensemble sans qu’il sache vraiment qui j’étais. Le lendemain, il est venu me voir jouer, et tout s’est enclenché comme ça. Et, très vite, vous partez en tournée ensemble… Oui, quelques mois après. On a tourné en Europe, en trio. C’était quelque chose d’être à côté de lui tous les soirs. C’était un musicien que j’avais écouté, décortiqué, étudié… Et là, tu te retrouves sur scène avec lui. Il était étonné que je connaisse autant de choses de son jeu. On passait aussi du temps ensemble hors scène, il me mon- trait des trucs, on parlait musique. C’était très précieux. On sent que ce n’était pas seulement une rencontre musicale. Non, c’était plus que ça. Il y avait une vraie connexion. Et puis moi, j’ai toujours aimé la basse, j’en ai beaucoup joué. Ça a créé un lien supplémentaire entre nous. On pouvait même échanger les rôles sur scène, lui à la guitare, moi à la basse. C’était assez fou. Avec le recul, je me dis que c’était une chance incroyable de vivre ça à cet âge-là. Tu t’es retrouvé aussi dans une sorte de rôle d’Eri c Clapton avec Jack Bruce et Ginger Baker (Cream). Comment ça s’est passé ? Oui, ça s’est fait assez naturellement, comme souvent. Il y a eu une occasion où on m’a proposé de jouer avec eux, un peu à la dernière minute. Avec Ginger Baker notam- ment, tu ne sais jamais trop dans quoi tu t’embarques (rires)… Mais musicalement, c’était fort. Ce sont des musiciens avec une identité énorme, une histoire, un son, une manière d’habiter la musique. Tu sens tout de suite que tu es face à des gens qui ont marqué leur époque. Et, quelque temps après, tu croises Eric Clapton… Effectivement, je l’ai croisé dans un festival. Je me sou- viens d’un moment assez surréaliste où je me retrouve seul avec lui dans un ascenseur… Heureusement, il ne savait pas que j’avais joué avec « son groupe ». Mais voilà, ce sont des rencontres comme ça, presque simples, tout compte fait. Il n’y a pas forcément une grande histoire derrière, mais ça reste marquant. Ce sont des figures que tu as écoutées toute ta vie, et d’un coup, elles sont là, à côté de toi. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET Retrouvez Bireli sur scène : Le 1er juillet à jazz in Aiacciu (Ajaccio-Corse) Le 4 novembre à la Seine Musicale, Boulogne-Billancourt
ENTRETIEN
« JE VOULAIS QUE ÇA SONNE VRAIMENT « JOUÉ », ET
SURTOUT VIVANT. » UNE MANIÈRE AUSSI DE ROMPRE AVEC
CERTAINES HABITUDES. « QUAND J’ÉCRIS AU PIANO, ÇA
PEUT VITE DEVENIR PLUS ÉLECTRONIQUE, PLUS PROGRAMMÉ.
LÀ, AVEC LA GUITARE, TOUT EST VENU DIFFÉREMMENT. »
42 GuitarPart
ÁSGEIR
NUE, ENRACINÉE DANS SA LANGUE ET SES PAYSAGES. DE L’AUTRE, UNE CURIOSITÉ ASSUMÉE POUR LES TEXTURESON L’AVAIT LAISSÉ QUELQUE PART ENTRE DEUX MONDES. D’UN CÔTÉ, UNE ÉCRITURE FOLK INTIME, PRESQUE
À FLEUR DE CORDES
ÉLECTRONIQUES, LES PROGRAMMATIONS, LES DÉTOURS PLUS MODERNES. ET PUIS, PRESQUE SANS PRÉVENIR, ÁSGEIRTRAUSTI EINARSSON REVIENT AVEC UNE GUITARE SUR SON SIXIÈME ALBUM, « JULIA ». ON A FAILLI ATTENDRE. « J’ai vendu mon piano juste avant de commencer l’album, la guitare pour écrire.à peu de choses. Ou plutôt à un geste radical, presque invo-raconte-t-il, presque amusé. « » Parfois, les choix artistiques tiennent Du coup, je n’avais plus que » une vieille L-00 des annéesmais aussi sa fidèle Martin OM, présente depuis ses débuts. 30 « avec un vrai mojo de studio », Sans oublier quelques incursions électriques, notamment lontaire, qui oblige à revenir à l’essentiel. Le résultat s’entendimmédiatement. Un disque plus direct, plus vivant, moins tra- semble reste dominé par l’acoustique et ses prolongementsune ES-330 récente ou une Epiphone Casino, même si l’en- vaillé dans ses recoins. «produire, à chercher quelque chose de parfait. Je voulais que Je ne voulais pas passer des heures à naturels : banjo, pedal steel, harmonium ou violoncelle. Unpaysage sonore cohérent avec ce qu’il écoute aujourd’hui : ça sonne vraiment « joué », et surtout vivant.aussi de rompre avec certaines habitudes. « Quand j’écris au » Une manière ou encore Adrianne Lenker, ainsi que des artistes nordiquesmoins d’électronique, plus de folk et de matières organiques.Il cite notamment Charlie Cunningham, Gregory Alan Isakov piano, ça peut vite devenir plus électronique, plus programmé.Là, avec la guitare, tout est venu différemment. » comme Sara Parkman ou Dina Ögon… «la maison dans cet univers. Sur scène, cette évolution se traduira aussi par des réinter- » Je me sens plus à Les cordes de l’amour tare pendant un moment.intime. « Mais derrière ce basculement, il y a aussi une histoire plus J’avais un peu perdu le plaisir de jouer de la gui- prétations. Y compris pour ses morceaux les plus électro-niques, appelés à être joués autrement, plus dépouillés. Une retrouvé. Il fallait juste lui redonner de l’attention.mule peut sembler évidente, presque désarmante, mais elle » Et puis, avec le temps : « » La for- Je l’ai approche déjà esquissée lors de sa tournée avec son amieEivør, où les arrangements se redessinaient au fil du live. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET résume bien l’état d’esprit. «elle t’en donne en retour. À propos d’amour, mais qui est cette Julia, figure centrale » Tu lui donnes de l’amour, et de l’album ? «abstraite. C’est une sorte de muse, une énergie féminine Elle n’est ni tout à fait réelle, ni totalement FRATERNITÉ NORDIQUE que j’avais perdue… et que j’ai retrouvéemettre des mots sur une période de doute, et sur le plaisir. » Une manière de On l’a donc récemment vu partager l’affiche avec Eivør(le 28 septembre 2025 au Casino de Paris) et le lien ne de créer à nouveau. Ce retour à l’essentiel passe aussi parune autre première : enregistrer avec un groupe, en condi- doit rien au hasard : «années, on a déjà travaillé ensemble et joué en Islandecomme aux îles Féroénotamment lors d’une reprise habitée deleur complicité prend une dimension particulière, On se connaît depuis plusieurs», explique Ásgeir. Sur scène, tions quasi live. «frère, un batteur et un bassiste. Six morceaux. On a passé deux jours en studio avec mon une révélation. «moments-là dont je me souviens le plus. Quand je pense à cet album, ce sont ces » Et surtout, de Pink Floyd, parfaitement taillée pour leurs universaériens et introspectifs. «j’étais trop heureux qu’elle m’ait invité sur la tournée. Elle est vraiment formidable, Us And Them Lui qui avait l’habitude de tout construire seul découvre icile plaisir du jeu collectif, de l’instant. Moins de contrôle, » » plus de vie. Une logique qu’il compte bien prolonger. «merais faire ça davantage. Attendre un peu, laisser respirer J’ai- les chansons, puis les jouer avec un groupe. » Des outils et des inspirations © JEAN-PIERRE SABOURETCôté instruments, le retour à la guitare ne se limite pas à uneseule compagne. On croise une Gibson Southern Jumbo,
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THE SILENCERS - JIMME O’NEILL
« SILENCERS, ON TOURNE ! »
AVEC LEUR NOUVEL ALBUM LIVE, « ROADS & ROOTS LIVE », LES SILENCERS REMETTENT LES PENDULES À L’HEURE : LOIN D’UN SON UNIQUE, ENTRE POP MÉLODIQUE, RACINES FOLK ET GUITARES IMMÉDIATEMENT IDENTIFIABLES. INSTALLÉ EN BRETAGNE,SIMPLE SOUVENIR DES ANNÉES 80, LE GROUPE DE JIMME O’NEILL N’A JAMAIS CESSÉ DE VIVRE, DE JOUER ET D’AFFINER UNLE CHANTEUR GUITARISTE REVIENT, EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAÎT, SUR CE DISQUE DE SCÈNE QUI SONNE COMME UNE
RENAISSANCE, SANS JAMAIS TRAHIR SON ADN.
« Roads & Roots Live » donne presque l’impression d’unbest of sous tension. C’était l’idée ? pop-rock. C’est devenu la signature du groupe. Sur le pre- Jimme O’Neill :remplit toujours un peu cette fonction. À la base, on a sim- Pas vraiment, même si, au fond, un live mier album, il y a beaucoup de Telecaster, souvent doubléeavec un chorus, très placée dans la stéréo. Ça donnait un plement enregistré un concert. Et j’étais plutôt sceptique, son large, mélodique, mais aussi très direct. après coup. Or, pour moi, un live doit rester un live. Il fautsentir l’énergie. Quand j’ai entendu les bandes, j’ai trouvé leparce qu’un live demande souvent beaucoup de travail Ce live capture mieux le groupe que certains albumsstudio ? groupe vraiment très fort. Il y avait peut-être deux ou troischoses à ajuster, mais Chris Gordon, qui a mixé le disque Oui, je pense. Il reflète vraiment ce qu’on est aujourd’huisur scène. Avec Baptiste Brondy, qui a coproduit le der- et joue aussi avec nous, a fait un travail formidable. Là, j’aisu qu’on tenait quelque chose. nier album studio, on partage beaucoup de choses musica-lement. Et surtout, le groupe est très solide. Ça s’entend. Donc c’est du vrai live, pas une reconstruction destudio ? Année après année, on a néanmoins l’impression que lestransformés.morceaux passent du studio à la scène sans être tro p de disques live sont tellement retravaillés qu’ils perdentjustement ce qui fait leur intérêt. Là, on voulait garder ceOui, complètement. C’était important pour moi. Beaucoup C’est parce qu’on ne s’est jamais vraiment arrêtés. Mêmesans grosse tournée, on continuait à les jouer régulièrement. son de groupe. Un groupe très mélodique, bien sûr, parce Il y avait toujours des concerts à Glasgow en été, quelques vrai groupe de rock. Et ce live montre très bien ce qu’estque les chansons restent essentielles chez nous, mais un dates en France, en Suisse… Du coup, quand on est reve-nus plus sérieusement, tout était déjà en place. aujourd’hui The Silencers sur scène. Et cette fois, le retour est lancé pour de bon ? Ildra pas attendre vingt ou trente ans avant la suite ne fau- Ce qui frappe, c’est que les guitares sont toujourscœur du son chez The Silencers. Même à une époque o ù au Non, non. Au contraire. J’ai déjà beaucoup écrit pour le pro- ? Oui, mais ça faisait partie de l’identité du groupe dès leelles étaient moins présentes à la radio . chain album. Le live, les concerts, l’accueil du public, toutça m’a redonné un élan très fort. On a joué en Espagne, à départ. J’écrivais déjà mes maquettescomme ça. J’en ai d’ailleurs retrouvé Glasgow, un peu partout, et on s’est rendu compte que legroupe était vraiment en grande forme. récemment, enregistrées sur un seizepistes, et ce sont elles qui avaient déclen- Franchement, certains concerts récentsfiguraient parmi les meilleurs qu’on ait ché l’intérêt des maisons de disques àl’époque. Il y avait déjà ce son de guitare jamais donnés. Ça donne évidemmentenvie de continuer. très particulier, avec ma Telecaster, unjeu assez simple en apparence, mais très Pendant toutes ces années, pourtant, riche harmoniquement. Je venais du folkavant de devenir un musicien électrique, le groupe semblait en retrait.Oui, mais je n’ai jamais arrêté de jouer. donc il y avait naturellement dans mon Simplement, faire un album des Silen-cers, c’est beaucoup de travail pour moi. © JEAN-PIERRE SABOURET44 Guitarjeu quelque chose d’un peu celtique,un peu folk, mais injecté dans un cadrePart « Roads & Roots », The Silencers. J’écris les chansons, je fais les arrange-ments, je m’implique énormément dans Jime O’Neil, le plaisir de se retrouver sur scène en famille.
ENTRETIEN
Au forum de Vauréal le 29 janvier 2026. « QUAND J’AI VU LES BEATLES À LA TÉLÉVISION POUR LA PREMIÈRE FOIS, J’ÉTAIS TRÈS JEUNE ET JE ME SUIS DIT : « VOILÀ, C’EST ÇA QUE JE VEUX FAIRE. » ÇA A ÉTÉ UN CHOC ÉNORME. ENSUITE, IL Y A EU LE FOLK, LE BLUES, LES STONES, TOUT ÇA S’EST MÉLANGÉ. » la production. Dès lors, il fallait que l’envie soit là. Entre- C’est ce mélange qui a fait la singularité du group e ? temps, j’ai fait d’autres choses : un projet rockabilly, un Oui. The Silencers, c’est vraiment un mélange. Il y a la mélo- projet en français, des collaborations, un passage dans un die, qui est très importante pour moi, une influence Beatles groupe celtique… J’ai toujours été actif. Mais à un moment, évidente, des racines folk profondes, et puis une manière je me suis dit qu’il fallait absolument refaire un vrai album de produire qui, à l’époque, collait aussi à son temps. J’ai du groupe. toujours beaucoup écrit avec des boîtes à rythmes, donc il y avait un côté très tendu, presque mécanique parfois, Vous êtes arrivés dans un contexte très synthétique , mais au service d’un vrai son de groupe. Painted Moon, par très new wave. Tu avais l’impression d’être à part ? exemple, était porté par cette idée-là : quelque chose de très Oui, mais Londres, à cette époque, était beaucoup plus construit, très fort, presque comme un rouleau compres- mélangé qu’on ne le raconte parfois. Avant The Silencers, seur, mais avec de l’émotion. j’étais dans Fingerprintz, un groupe new wave signé chez Virgin. Donc j’étais déjà au cœur de cette scène-là. Je fré- Tu cites les Beatles. C’est la base absolue ? quentais tous ces milieux, les clubs, les groupes, les gens. Oui, mais avec les Stones. Pour ma génération, c’est l’his- Il y avait l’electro, bien sûr, mais aussi le glam, la pop, le toire du rock. Quand j’ai vu les Beatles à la télévision pour la rock, le ska, plein de choses. C’était une vraie mosaïque. première fois, j’étais très jeune et je me suis dit : « Voilà, c’est Je connaissais aussi des gens proches de Simple Minds, de ça que je veux faire. » Ça a été un choc énorme. Ensuite, Dire Straits, de toute cette génération qui faisait évoluer la il y a eu le folk, le blues, les Stones, tout ça s’est mélangé. musique après le punk. Donc, je n’ai jamais eu l’impres- sion d’être totalement à contre-courant. The Silencers avait Dans ton jeu, on entend toujours cette base folk et blues. simplement sa propre identité. Il y avait des mélodies très Oui, parce que c’est ma base. J’ai énormément joué en fortes, du folk dans l’écriture, une sensibilité pop très bri- accordages ouverts quand j’étais jeune. J’étais très influencé tannique, mais aussi un gros son, presque programmé par par le blues, par les vieux musiciens, par Mississippi Fred endroits, avec des guitares bien présentes. McDowell, par Blind Willie McTell, qui est peut-être mon © JEAN-PIERRE SABOURET 46 GuitarPart préféré. J’ai passé beaucoup de temps à essayer de com- prendre comment ils jouaient, comment ils chantaient, comment ils faisaient sonner l’instrument. Tout ça reste en moi. Ce qui est étonnant, c’est qu’en t’écoutant, on pou r- rait croire que tu utilises des open tunings en per - manence, alors que ce n’est pas forcément le cas. Exactement. Aujourd’hui, je cherche souvent un son « ouvert » avec un accordage standard. C’est plutôt une façon de jouer, de laisser résonner certaines cordes, de construire les accords pour qu’ils respirent davantage. Beaucoup de guitaristes pensent que je suis accordé en open tuning, mais non. C’est juste une manière d’abor- der l’instrument qui vient de mon passé folk et blues. La guitare centrale reste la Telecaster ? Oui, absolument. Le son des Silencers est né avec une Telecaster. C’est la base. J’en ai une depuis les années 70, achetée à Londres, et elle est au cœur de tout. Et pour les solos ? J’utilise plutôt une Les Paul, pour une autre couleur, plus dense. Les deux se complètent très bien. Pour l’acoustique, tu es fidèle à Martin. Oui, pour écrire, composer, c’est parfait. Ce son folk intemporel. Mais sur scène, je préfère une Takamine, plus fiable. J’ai déjà perdu assez de guitares… Tu ajoutes parfois d’autres instruments ? Oui, selon les morceaux. Une Godin, un bouzouki par- fois… J’aime apporter des couleurs, mais le cœur du son reste le même : une Telecaster, une acoustique et cette façon « ouverte » de jouer. Et les amplis ? Longtemps, c’était Telecaster dans un Vox AC30. J’adore ce son. Aujourd’hui, sur scène, j’aime aussi être au milieu du mix, entre une Les Paul et une autre Telecaster. Ce mélange correspond très bien au groupe. Avec tout ce que tu racontes, on se dit qu’un album plus franchement blues ou roots ne serait pas absurde. Pas du tout. J’aimerais beaucoup faire ça un jour. C’est totalement possible. D’ailleurs, j’ai déjà un trio qui va un peu dans ce sens, avec contrebasse, une énergie presque punk parfois, et ma Telecaster avec de la dis- torsion. Ça s’appelait Atomic Beatnik. On n’a pas fait énormément de dates, mais cette envie-là est toujours là. Alors oui, un disque plus roots, plus blues, ce n’est pas exclu du tout. En attendant, The Silencers est bien redevenu la priorité. Oui. Clairement. J’avais besoin de refaire un album du groupe, et maintenant, j’ai besoin d’en faire un autre. The Silencers est de nouveau au centre. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET
ENTRETIEN
ERIC BIBB
MISSISSIPPI
SANS FRONTIÈRES
ERIC BIBB APPARAÎT FIDÈLE À SA MUSIQUE : POSÉ, ATTENTIF, PRESQUE MÉDITATIF. À L’OCCASION DE LA SORTIE DE « ONEDANS LES COULISSES FEUTRÉES DU NEW MORNING, LOIN DE L’AGITATION DE LA RUE ET DU TUMULTE DE LA SCÈNE, UNE PÉRIODE PLUS APAISÉE DE SA VIE, UNE COLLABORATION DE LONGUE DATE DÉSORMAIS PARFAITEMENT RODÉE AVEC SONMISSISSIPPI », ALBUM CHARNIÈRE QUI MARQUE UNE NOUVELLE ÉTAPE DANS SON PARCOURS, LE BLUESMAN REVIENT SUR LE TRAIT. ENTRE ENREGISTREMENTS SUR IPHONE, FINGERPICKING ULTRA STRUCTURÉ ET AMOUR INTACT POUR LES GRANDSPRODUCTEUR, ET UNE MANIÈRE DE FAIRE DE LA MUSIQUE QUI CONJUGUE TRADITION ET MODERNITÉ SANS JAMAIS FORCERCONTEURS DU BLUES, RENCONTRE AVEC UN ARTISTE QUI, SANS BRUIT, CONTINUE D’ÉCRIRE L’HISTOIRE. Au New Morning deParis, le 20 février. « Cet album marque une étape importante pour moi. J’aiatteint un moment où tout va bien, et où je sais exactementce que je veux dire et comment le dire. »mais un constat. Eric Bibb ne cherche plus, il confirme. Pas une formule, Après des années plus agitées, il semble avoir trouvé unéquilibre, artistique autant que personnel. Le bluesman évoque ce disque comme un portrait.une déclaration très complète. Une image fidèle de ce que « C’est je suis aujourd’hui. »faire trop, mais à dire juste. Depuis des années, il travaille Un album qui ne cherche pas à en avec le producteur Glenn Scott. Une collaboration deve-nue presque organique. cessus de création s’est simplifié, sans jamais se figer.de maturité ensemble. Tout est devenu très fluide. » « On a atteint une nouvelle forme Le pro- peut enregistrer en live, s’envoyer des fichiers ou encoreutiliser tous les outils, même un iPhone. » « On Blues et modernitéOui, un iPhone ! guitare directement dessus, j’envoie ça à Glenn… et il medit : on garde cette prise. » « Parfois, j’enregistre une voix et une cette approche lo-fi cohabite avec une production plusclassique. Sur le morceau Muddy Waters, dément ancrée dans la tradition.manière très actuelle de faire vivre une musique profon- « C’est du lo-fi et du hi-fi superposés. » Une nous dire ce dont il a besoin. »partition figée. « Les arrangements se construisent natu- Pas de plan rigide, pas de « On laisse le morceau rellement. C’est comme décorer une maison. »Pour cela, Bibb s’entoure de musiciens de haut niveau. À la guitare, Robbie McIntosh, passé par les Pretenders etPaul McCartney. « 48 GuitarPart ment le langage musical que j’utilise. » C’est un maître. Il comprend parfaite- Au violon, Esbjörn © JAN MALMSTROM
LE BLUESMAN ÉVOQUE CE DISQUE COMME UN PORTRAIT. « C’EST UNE DÉCLARATION
TRÈS COMPLÈTE. UNE IMAGE FIDÈLE DE CE QUE JE SUIS AUJOURD’HUI. »
UN ALBUM QUI NE CHERCHE PAS À EN FAIRE TROP, MAIS À DIRE JUSTE.
Hazelius, capable de naviguer entre traditions. « Il sait Dupont la joie jouer du fiddle blues, ce qui est assez rare. » À l’harmo- Côté instruments, la logique est la même : simplicité et nica, Gregor Andersson, et en invité, Paul Jones. Mais, caractère. Principalement des guitares acoustiques, sou- malgré ces collaborations, Bibb reste profondément atta- vent en acajou. Parmi elles, un modèle signé Maurice ché à une vision globale : « Je suis un homme d’albums. Dupont, découvert à Paris : « Dès que je l’ai vue, il fallait J’ai grandi avec les concept-albums. » À l’ère du streaming, que je reparte en sa compagnie (rires). » Bibb utilise aussi il insiste : « C’est là qu’on peut faire une déclaration com- des modèles Larson Brothers, ainsi que des banjo-guitares plète. » Et ses références sont claires : Robert Johnson, six cordes : « J’adore ce son très old school. » Taj Mahal, Mavis Staples, Randy Newman ou encore Bob En studio, pas d’ampli : « Un bon micro devant une bonne Dylan. « J’aime les artistes qui racontent des histoires, qui guitare, c’est tout ce qu’il faut. » Sur scène, il adapte selon créent des personnages. Comme au cinéma ! » les contextes. « En festival, j’aime avoir un peu plus de Cette approche narrative se retrouve dans son jeu. Bibb grain. Souvent avec un Roland Jazz Chorus, pour garder ne pense pas en accords, mais en arrangements complets. un son propre et précis. » « Pour moi, le fingerpicking se divise en trois parties : une Et le blues aujourd’hui ? Bibb est des plus optimistes. « Le ligne de basse, une mélodie en haut, et un contrepoint au blues se porte très bien : Jontavious Willis, Eric Gales, milieu. Même sans la voix, la guitare doit déjà être une Marcus King, Christone “Kingfish” Ingram. Tous res- pièce de musique en soi. » Une exigence ancienne : « J’ai pectent la tradition, mais ils apportent aussi quelque chose toujours voulu pouvoir jouer seul, comme Leadbelly ou de nouveau de revigorant. ». © JEAN-PIERRE SABOURETMemphis Minnie. Être complet, même sans groupe. » Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET GuitarPart 49
ENTRETIEN
DYNAMITE SHAKERS
VINCENT DANS LES CAMPINGS ET PREMIÈRES COMPOS NOURRIES DE GARAGE ROCK ET D’ÉNERGIE BRUTE. UN PREMIER ALBUM ENREGISTRÉORIGINAIRE DE VENDÉE, DYNAMITE SHAKERS S’EST D’ABORD CONSTRUIT À LA DURE, ENTRE REPRISES D’EDDIE COCHRAN OU GENESHAKERS EN BLANC À VINGT ANS À PEINE POSAIT LES BASES SAINES ET SOLIDES. DEPUIS, LES CHOSES ONT ÉVOLUÉ SANS PERDRE EN INTENSITÉ. TOURNÉES, EN ATTENDANT UN SECOND ALBUM PRÉVU POUR FIN AOÛT, ON PATIENTERA AVEC « NIGHTCLUB », UN EP 6 TITRES OÙ LE GROUPEPREMIÈRES PARTIES D’ENVERGURE, COMME THE OFFSPRING OU KO KO MO, ET NOUVELLES INFLUENCES ONT ÉLARGI LE SPECTRE. FRONTALES ET CLIMATS PLUS POSÉS. UNE MANIÈRE D’AFFIRMER UNE IDENTITÉ PLUS RICHE SANS RENIER L’URGENCE QUI LES A RÉVÉLÉS.FRANCHIT UN CAP : ARRIVÉE DU FRANÇAIS, CHANT DÉSORMAIS PARTAGÉ, MORCEAUX PLUS CONTRASTÉS, ENTRE ACCÉLÉRATIONS nouvel EP, « Nightclub » plus contrasté et une identité quilance d’emblée Elouan Davy (chant, guitare)… Avec un« On ne voulait surtout pas refaire le premier album ! », Résultat : un disque plus contrasté, presque bipolaire.plus loin, plus vite, plus brut. Et en même temps, amener desvoulait garder les morceaux pleine balle, mais aller encore « On s’affirme, le quartette accélère sans perdre le contrôle. Mais,plutôt que d’attendre un deuxième album (pour cet été), les titres plus calmes, plus atmosphériques. »mée, qui devient même une signature. faisait deux ans qu’on n’avait rien sorti,Dynamite Shakers ont choisi de revenir vite. Très vite petits arrêts, les moments où ça s’arrête et ça repart. Ça donne « On aime bien les Une dualité assu- Et même si on avait été prêts, on trouvait intéressant de explique le groupe. : « Ça ce côté un peu… épileptique. » revenir avec un EP. Ça permet de poser une nouvelle iden- Garage de raison français qui est arrivé, et Lila qui chante beaucoup plus. »Une évolution qui ne doit rien à une stratégie.tité. » Une identité qui passe d’abord par le chant. « Il y a le À l’origine, pourtant, tout commence ailleurs. Dans lesannées 50. pas calculé, Cochran, Elvis… On jouait dans les campings en Vendée. » « On faisait que des reprises, Gene Vincent, Eddie deux, donc c’est logique qu’on chante les morceaux qu’on précise Lila-Rose Attard. On compose tous les « Ce n’était Puis viennent les 60’s, et enfin les compos. écrit. Et souvent, ça correspond mieux à nos voix. » ce qu’on avait appris et on l’a mélangé. C’est pour ça que ça « On a pris tout sonnait garage. » Lila de plus en plus présente au chant, sur la scènede La Clef de Saint-Germain-en-Laye le 3 avril. que ça attaque !Elouan : « il faut » Calvin en décollageimmédiat. 50 GuitarPart Lila-Rose Attard, François Rocheteau, Calvin Tulet, Elouan Davy.
© JEAN-PIERRE SABOURET
Mais, depuis, le spectre s’est élargi. « Sur le premier album, Lila-Rose Attard. Je joue sur un ampli Traynor avec un baffle on avait 20 ans. Donc oui, forcément, on peut mieux faire… Ampeg, et en effets j’ai une RAT, une fuzz et une disto. » et surtout découvrir plein de choses. » Si l’ADN reste brut, À la guitare, Elouan reste fidèle à une approche tranchante : les influences ont évolué. « Moi j’étais plus garage, Strokes, « J’étais sur une Fender Jaguar Johnny Marr. Super pour la Libertines, entre autres, explique Elouan, mais Lila a amené rythmique, mais un peu lourde et parfois trop acide. Là, je des trucs plus 90’s, Sonic Youth, Pixies. » suis passé sur une Mosrite demi-caisse : plus de graves, plus « Le Velvet, c’est dans mon top 5, poursuit Elouan. La pre- de gueule. » Et une règle simple : « Toujours micro cheva- mière fois que j’ai entendu Sunday Morning, j’ai rien com- let. Faut que ça attaque. » Côté pédales : « Une Maxon pour pris aux paroles, mais j’ai tout ressenti. Cette atmosphère… le crunch, une Hudson Broadcast pour le corps, et une MXR ce côté gueule de bois, chaos dans la tête… Ça m’a marqué pour les solos. » direct. » Même chose pour T. Rex : « Marc Bolan, c’est la De son côté, Calvin Tulet pousse encore plus loin le mini- classe totale. Cosmic Dancer, c’est hyper touchant. » malisme. « Je voulais une guitare simple, brutale. Une Les Malgré ce bagage, le groupe refuse toute posture. « On ne Paul Junior, un seul P90, un Bigsby. » Elle sera finalement veut pas se créer un truc dark, si ça ne nous correspond pas. réalisée sur mesure par un luthier nantais, Wizard Guitar. On n’est pas malheureux dans la vie, ça va ! » Et ça s’en- « Un volume, un tone, basta. » Le reste suit la même logique : tend. « On aime que les gens passent un bon moment, qu’ils « Une TS808, une Broadcast, une Vox à lampes… et quand bougent, qu’ils ne pensent à rien. Juste à la musique. » tu mets tout ensemble, ça fait une fuzz d’enfer. » Sur scène, cette énergie s’est frottée à du très lourd, notam- Au fond, tout est là. Une approche instinctive, sans trop ment en ouverture de The Offspring. « Ce n’est pas le groupe de calculs foireux : « On veut juste rester nous-mêmes. » Et qui impressionne, c’est la taille. Tu passes des campings à la continuer à avancer. « Un jour, on sera peut-être plus matures plus grande salle d’Europe… ça fait un choc. » Mais le groupe (rires), mais toujours rock. On ne va pas faire du reggae ou du garde les pieds bien sur terre. « Le mieux, ça reste quand même prog… Mais on ne va pas s’interdire d’évoluer non plus. » des salles de 300 personnes. Là où tu sens vraiment le public. » Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET Essentiel dégagé Dynamite Shakers en tournée, prochaines dates : Côté matos, même logique : efficace, direct. « Moi, j’ai deux Le Noumatrouff – Mulhouse, 23 avril. basses, une Musicmaster 74 et une Mustang Fender, explique L’Aéronef – Lille, 25 avril. L’Alhambra – Paris, 6 mai. GuitarPart 51
LIVE REPORT
ALCHEMY LIVE
JESSIE LEE & THE ALCHEMISTS & GUESTS :NORBERT KRIEF ET YAROL POUPAUD
7 MARS 2026 PARIS GUITAR FESTIVAL ñ MONTROUGE PORTÉ PAR UNE DYNAMIQUE COLLECTIVE SOLIDE ET RELEVÉ PAR LA PRÉSENCE DE DEUX FIGURES MAJEURES DE LA SCÈNE GUITARISTIQUELORS DU PARIS GUITAR FESTIVAL À MONTROUGE, JESSIE LEE & THE ALCHEMISTS ONT LIVRÉ UN CONCERT À LA FOIS MAÎTRISÉ ET HABITÉ,FRANÇAISE, YAROL POUPAUD ET NORBERT KRIEF. PLUS QU’UNE SIMPLE RÉUNION DE MUSICIENS, LA SOIRÉE A RAPIDEMENT PRIS LA FORME D’UN DIALOGUE ENTRE GÉNÉRATIONS ET SENSIBILITÉS, AUTOUR D’UN LANGAGE COMMUN, CELUI DE LA GUITARE. ’année passée on avait vu Jes-sie Lee Houllier sur cetteait vu Jes- de marque avait certainement poussé plus même scène, avec sescamarades d’Electricc sestricr cette JESSIE LEE IMPOSE d’un à ne surtout pas rater l’occasion.Mais même sans guests de luxe, JL&TA Nina Attal, mais, cette fois,L Ladyland menées pasas UNE SIGNATURE CLAIRE. se serait imposé sans difficulté. Dèsles premiers morceaux, Jessie Lee c’est avec son complice AlexisDidier impose une signature claire, sa qu’elle se produisait à guichet et leurs Alchemists SA VOIX PUISSANTEET NUANCÉE S’INSCRIT voix, à la fois puissante et nuan-cée, s’inscrit dans une tradition où fermé. L’annonce que le groupeserait rejoint par deux invitésés OÙ L’INTERPRÉTATION HABITÉEDANS UNE TRADITIONTOUCHE AU PLUS guitare sont tout autant portées surplus profond. Ses performances à lal’interprétation habitée touche au
PROFOND.
c’était un festival de guitare !Pour un festival de guitares, 52 GuitarPart On suit Jessie au doigt et à l’œil. l’énergie, la sensibilité, le phrasé et le sens de l’es- pace. Alexis, qui fut naguère son prof, doit lui aussi sortir le grand jeu. On le constatera notamment sur les nombreux extraits de « Legacy », dernier album en date, The First Man In My Life, I’m Gonna Play The Blues, ou la réjouissante reprise de You’re The On That I Want… Au détour d’un On The Other Side, c’est même la patte d’un Jeff Beck que l’on croit entendre. La salle s’est tellement laissé emporter, que l’on en avait presque oublié que deux guitaristes « supplé- mentaires » attendaient sagement dans les coulisses. Le premier, accueilli chaleureusement par Jessie, n’est autre que celui qui a joué sur les plus grandes scènes avec Trust ou Johnny. Norbert « Nono » Krief n’a toutefois pas cherché à tirer la couverture à lui. Au centre de la scène, mais légèrement en retrait, il n’intervient que lorsqu’il est invité, évoquant, lui aussi, l’âme de Jeff Beck sur un émouvant People Get Ready… Lorsque débarque un autre complice » de Johnny, ce sera une tout autre affaire. À peine arrivé, Yarol renverse carrément la table en invecti- vant le public, bien trop sage à son goût. Allez « tout le monde debout, bande de… », lance-t-il avant de nous embarquer dans un homérique Fils De Per- sonne, un morceau emblématique, adaptation fran- çaise de l’immortel Fortunate Son de John Fogerty (Creedence Clearwater Revival) qui illustre parfai- tement l’intensité de ce super groupe d’un soir. Jessie Lee jongle entre sa Les Paul et la semi-hol- low ES-335 pour varier les textures, alternant pas- sages mordants et tonalités plus chaudes. Alexis, © JEAN-PIERRE SABOURETNono et Yarol lui répondent avec subtilité : l’un GuitarGGGuitaru itaritarPartPPPP artaart 5353
LIVE REPORT
Pour Jessie, Nono a sorti le grand jeu. renforce le grain rock brut, l’autre accentue le punch et la clarté des riffs, offrant un vrai spectacle de superposi- tion harmonique qui ravit les amateurs de jeu collectif. Le point d’orgue arrive avec des reprises bien choisies, véritables moments de communion avec le public. I Just Want To Make Love To You devient un terrain de jeu pour improvisations et échanges de solos. Nono, fidèle à son style, densifie le spectre sonore par des bends et son toucher précis, tandis que Yarol insuffle une ten- sion supplémentaire avec ses attaques rythmiques et ses fills (de personne) rapides. Le morceau s’élève ainsi à une intensité presque palpable, avec un équilibre par- fait entre spontanéité et maîtrise technique. Au-delà de l’énergie spontanée du soir, ce qui mar- quera particulièrement, c’est la présence d’un public fidèle, qui suit Jessie, Alexis, Yarol et Nono depuis de nombreuses années à travers leurs carrières respec- tives. Certains connaissent les « alchimistes » depuis des années, d’autres ont vu Yarol et Nono sur d’in- nombrables scènes françaises, mais tous partagent cette même complicité avec les musiciens. Aussi bien sur scène que dans la salle, c’était une histoire de famille. Le public reconnaît les nuances, anticipe les solos et réagit aux clins d’œil musicaux comme s’il participait au set. Il n’était pas rare de voir des échanges de regards complices entre les artistes et les fans, ou des sourires qui traduisaient la satisfaction de se retrouver ensemble pour un moment rare, trop rare ! Elody DI COCCO © JEAN-PIERRE SABOURET 54 GuitarPart Abonnez-vous à L’ABO PAPIER + NUMÉRIQUE + PÉDAGO 12 numÈros + accËs illimitÈ79Äau lieu de 145 GuitarPart SCHECTER GUITARS55 > VIDÉOS PÉDAGOSUR YOUTUBE …TUDE DE STYLEKRIEGER / THE DOORS ROBBY+ SUPPLÉMENT PÉDAGO20 PAGES DE PARTITIONS JAZZDES BEATLES
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N°379 - TEDESCHI TRUCKS BANDGGGGGuitar10 GUITARES10 GUITARESDE VOYAGEDE VOYAGEGUIDE D’ACHATGUIDE D’ACHATPOUR JOUERPARTOUT uitaruuuSCHECTER GUITARS55AA50 ANS D’UNEASCENSION IMPROBABLE itaritaritaritaritaritar BABLEBABLEPartPPPPPPPPPPPPP++++ >>>>>>>> GRETSCH GUITARSMOOERIBANEZMOOERIBANEZVOXVOXVOXELECTROMATIC PREMIER JETELECTROMATIC PREMIER JETartartartartaaaa AC30 HWR2X...AC30 HWR2X...AC30 HWR2X... F40I LIF40I LIF40I LIAFB200-TKSAFB200-TKS À L’HEURE OÙ TANT DE CHOSES SE NUMÉRISENT, SE STANDAR-DISENT OU SE SIMULENT, TEDESCHI TRUCKS BAND CONTINUE DEWORLDNOUVELLE RÉUSSITE DISCOGRAPHIQUE, IJAMAIS UNE MANIÈRE D’ÊTRE AU MONDE. RTARISTE QUI PARLE DE TECHNIQUE COMMDE L’ÂME, ET DE L’AMPLI QUI BRÛLE COMDÉFENDRE UNE AUTRE IDÉE DE LA MUSIQUE : VIVANTE, COLLEC-TIVE,WORLD », LE DUO ET SON DIXTUOR NE SIGNENT PAS SEULEMENT UNENOUVELLE RÉUSSITE DISCOGRAPHIQUE, ILS AFFIRMENT PLUS QUEJAMAIS UNE MANIÈRE D’ÊTRE AU MONDE. RENCONTRE AVEC UN GUI-TARISTE QUI PARLE DE TECHNIQUE COMME D’UN PROLONGEMENTDE L’ÂME, ET DE L’AMPLI QUI BRÛLE COMME D’UN IDÉAL SONORE.IVE,FENDRE UNE AUTRE IDÉE DE LA MUSIHEUNT OU SE SIMULENT, TEDESCHI TRUC EURE OÙ TANT DE CHOSES SE NUMEURE OÙ TANT DE CHOSES SE NUMORGANIQUE,ORGANIQUE,1+1 = 12111+1 = 121+11+1111111+11+11111111111+1+1+1+1 = », LE DUO ET SON DIXTUOR NE SIGN +++ PROFONDÉMENTPROFONDÉMENT 11 =1 =1 =111111111 =1 ====== HUHUMAINE. AVECDE VOYAGE «« FUTUREPARTOUT FUTURE-- Part
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VINTAGE
ROLAND JC120 : UN ANACHRONISME DEVENU LÉGENDE
LE CLEAN LE PLUS CÉLÈBRE
DE L’HISTOIRE MODERNE
SON CHORUS STÉRÉO MYTHIQUE ET SON RÔLE CENTRAL DANS LA NEW WAVE COMME DANS LE JAZZ ET À PEU PRÈS TOUS LESNÉ EN 1975, LE ROLAND JC120 A TRAVERSÉ LES DÉCENNIES SANS JAMAIS PERDRE SON AURA. SON CLEAN INÉBRANLABLE,STYLES DE MUSIQUE EN ONT FAIT L’UN DES AMPLIS LES PLUS ICONIQUES DE L’HISTOIRE MODERNE ! Les 2 HPspour apporter la profondeur auson de légende ! 56 GuitarPart Un look iconique qui n’a jamaispris la moindre ride ! uand Rolanddévoile le JC120 C’est cette neutralitéassumée qui va séduire IL ÉTAIT LÀ POUR DURER !Et puis il y a la fiabilité. été un ampli de niche. Il Q ne s’attend vraiment à ceen 1975, personne les jazzmen, évidemment, Le JC120 est increvable. est devenu un standard, qu’un ampli à transistors mais aussi des musiciens On en trouve encore un repère, un son que devienne un monument. que Roland n’avait pas des modèles des années tout guitariste reconnaît À l’époque, le monde de la forcément imaginés. 70 qui tournent comme instantanément. Un ampli guitare ne jure que par les Parce que le JC120, c’est au premier jour. Pas de qui n’a jamais vraiment lampes, leurs saturations aussi un accident heureux lampes à changer, pas changé, parce qu’il n’en organiques, leurs de l’histoire. Son chorus de chauffe capricieuse, avait pas besoin. Sa compressions naturelles, stéréo intégré — un circuit pas de surprises. C’est formule était déjà parfaite. leurs défauts adorables. Et analogique qui module l’ampli qu’on laisse dans Aujourd’hui encore, voilà qu’arrive un bloc gris, l’un des deux canaux un studio pendant vingt dans un monde saturé anguleux, presque clinique, pour créer une image ans, celui qu’on retrouve de modélisations, de qui revendique exactement large et mouvante — va dans toutes les salles plugins, de simulations l’inverse : un clean pur, devenir l’un des sons les de répète, celui qu’on d’amplis mythiques, le large, inébranlable, capable plus reconnaissables de allume sans se demander JC120 garde une place à d’encaisser n’importe la fin des années 70 et des s’il va tenir le set. Une part. Il n’est pas vintage quelle dynamique sans années 80. The Cure, The sorte de tracteur sonore, pour le style : il est vintage broncher. Un ampli Police, Siouxsie and the mais avec l’élégance parce qu’il a traversé le qui ne cherche pas à Banshees, Cocteau Twins, d’un ampli de scène ! temps sans bouger. Parce séduire par la chaleur, Prince, Metallica pour Ce qui frappe aussi, qu’il continue d’être mais par la précision. leurs cleans… Tous vont c’est sa polyvalence utilisé, enregistré, aimé. s’emparer de cette texture involontaire. Pensé pour Parce qu’il a une identité LE PARI AURAIT PU liquide, presque irréelle, le jazz, il va devenir l’arme sonore unique, impossible TOMBER À PLAT. IL EST qui transforme un simple secrète des musiciens qui à imiter totalement. DEVENU HISTORIQUE. accord en paysage sonore. cherchent un clean solide Le Roland JC120, c’est un Le JC120, c’est d’abord Ce chorus, c’est la pour empiler des pédales paradoxe magnifique : un une philosophie sonore : signature du JC120. : delays, reverbs, fuzz, ampli froid qui a donné révéler plutôt que colorer. Une sorte de fenêtre distortions, modulations… naissance à certains des On branche une guitare ouverte dans le son, un Tout passe ! Le JC120 ne sons les plus émotionnels dedans et on entend… mouvement subtil qui bronche pas, ne sature de la musique moderne. Un la guitare. Pas un vernis, donne l’impression que pas, ne compresse pas. ampli pensé pour la clarté pas une bosse dans les la guitare respire. En Il laisse la pédale faire qui a façonné des univers médiums, pas un grave stéréo, c’est encore plus son travail. C’est pour ça entiers. Un ampli sans qui gonfle artificiellement. frappant : deux HP, deux qu’on le retrouve autant disto qui a influencé des Juste un clean droit, amplis, deux canaux dans le postrock que générations de guitaristes. presque hifi, qui laisse indépendants. Pas un effet dans le metal, dans la Un ampli qui, presque toute la place au jeu, aux cosmétique, mais une pop que dans la funk. cinquante ans après nuances, aux pédales. vraie architecture pensée Et malgré son nom, le sa sortie, reste une pour élargir l’espace. Jazz Chorus n’a jamais légende vivante ! Flo S GuitarPart 57
ENTRETIEN
NELSON MARTINS - SKIP THE USE
BOULOT, COMPO, DISTO
PRODUIT, PARTAGE SON APPROCHE DU SON AVEC DE NOMBREUX MUSICIENS, ET A TOUT DE MÊME TROUVÉ LE TEMPS DE NOUSET L’UN DES COMPOSITEURS DE SKIP THE USE. CE GEEK PASSIONNANT CONÇOIT DU MATÉRIEL AVEC DE GRANDES MARQUES,À L’OCCASION DE LA SORTIE DE « LOVE & ANXIETY », NOUS AVONS RENCONTRÉ NELSON MARTINS, BASSISTE, GUITARISTE
RECEVOIR DANS SON STUDIO POUR ÉVOQUER TOUS CES SUJETS.
58 Guitar58 GGGuitaru itaritarPPPPPart arta
« ET OUI, TOUT N’EST PAS TOUJOURS SIMPLE ENTRE NOUS, MAIS ON RESTE DANS
LA PHILOSOPHIE DU « TOUT SEUL TU VAS PLUS VITE, MAIS ENSEMBLE TU VAS PLUS LOIN », LES PRISES DE BEC FONT PARTIE DE LA VIE D’UN GROUPE, ON SAIT GÉRER ÇA.
L’IMPORTANT EST QUE L’ON RESTE CRÉATIFS ENSEMBLE. »
« Love & Anxiety » parcourt de nombreuses influences départ un riff de guitare que l’on a accompagné de synthé, musicales, comment se passe la composition dans le ça virait plutôt metal, puis on a viré les guitares et Matt groupe ? l’a transformé en reggaeton tel que tu l’entends. Là, tu as Sur cet album en particulier, chacun présentait des idées, vraiment le process Skip à 100 %. mais il fallait que ce soit quelque chose de déjà bien avancé. Les autres membres du groupe participaient alors On sent l’exigence et le côté perfectionniste, vous ne à la construction du morceau avant que l’on commence devez pas facilement arriver à mettre un point fina l à le travail de production. Ceux qui nous connaissent arri- un morceau. Est-ce que ça se fait cordialement ? veront sans doute à identifier qui a fait quoi sur l’album. Tu as raison, difficile de donner un clap de fin. Si tu veux un exemple, deux jours avant le master, nous étions encore Un des morceaux de l’album s’appelle Distorter, comme en train de modifier des chansons, on en a même retiré la pédale que tu as faite avec Tampco, peux-tu m’en une de l’album. Elle aura certainement une autre vie plus dire plus ? tard, mais pour l’instant, on l’a écartée. Et oui, tout n’est Rodolphe, de Tampco, et moi avons lancé cette pédale il pas toujours simple entre nous, mais on reste dans la phi- y a un peu plus d’un an. C’est un produit qui s’inspire de losophie du « tout seul tu vas plus vite, mais ensemble tu la façon dont je tords le son d’une basse ou d’une guitare. vas plus loin », les prises de bec font partie de la vie d’un J’aime beaucoup les saturations en parallèle, j’utilise le Tri groupe, on sait gérer ça. L’important est que l’on reste Parallel Mixer de chez Electro-Harmonix qui me permet, créatifs ensemble. par exemple, de mélanger une Rat avec une Fuzz. En dis- cutant avec Tampco, on a trouvé pertinent de pousser cette idée pour mon modèle de pédale signature. Au moment où Le cinquième album « LOVE & ANXIETY » on a fini le circuit, après quelques mois de conception, j’ai sort le 17 avril. écrit un morceau pour les différents sons que l’on peut tirer de la Distorter afin d’en assurer la promotion. La basse, la guitare, le synthé exploitent la pédale. Avant de sortir l’extrait, je l’ai envoyé aux autres membres du groupe pour leur demander leur avis. Ils ont aimé. On a donc continué à travailler dessus et aujourd’hui il ouvre l’album. Le matos a totalement inspiré la chanson. Pourquoi avoir pris We Are Good comme single ? C’est un album concept, très introspectif, autour de deux idées : « love » et « anxiety ». On retrouve cette dualité dans un morceau comme We Are Good, dont le texte n’a rien de positif du tout. La musique semble enjouée, mais c’est tout le contraire. J’ai adoré le morceau Say That You Love Me , il m’évoque Foals, il a une superbe énergie. Il est suivi d’un titre reg- gae (Anxiety), puis d’un rap, comment vous appréhen- dez tous ces genres différents ? C’est mon morceau préféré de l’album ! Tu as dû noter aussi qu’il s’assombrit au fur et à mesure de sa progression, avec une fin triste, là encore, pour suivre le concept. Pour répondre à ta question, Say That You Love Me est un mor- ceau amené par le batteur, même si nous l’avons ensuite tous travaillé ensemble, Anxiety aussi. Tout le bridge et le côté Foals dont tu parles, c’est moi qui l’ai insufflé. Anxiety contient l’héritage de Skip, donc une sonorité reg- gae comme il pouvait y avoir sur les albums précédents. © JAURIS BARDOUXLa basse que tu entends dans le deuxième couplet était au GuitarPart 59
ENTRETIEN
Nelson nous fait une démo en remixant des morceaux inédits de Skip The Use… Oui, on a un dur métier… Passons au côté matériel. Le pedalboard que l’on voit est musique indie. Pour celles qui ne sont pas des guitares de celui que tu vas utiliser sur scène ? luthiers, je n’en ai quasiment aucune avec les micros d’ori- Non, j’ai juste attendu que vous passiez pour vous montrer gine. La Telecaster américaine avec laquelle je jouais dans avec quoi je travaille ici, mais il y a un rack qui m’attend, et mon groupe de metal a des micros splittables, un kit fait par je dois recomposer un pedalboard, l’amplification et tout ce Guillaume de SP Custom. Il y a ma Gibson SG, la seule qui dont j’ai besoin sur scène. me reste en ce moment avec les doubles bobinages, car je passe toutes mes guitares en simple. Sur cette vieille Les Paul Je vois une Distorter plus petite dessus, pourquoi vous standard, j’ai aussi mis des SP Custom. Tu peux voir aussi avez changé le format ? une Firebird, la guitare de mes rêves quand j’étais au lycée. On a eu pas mal de retours sur le côté un peu compliqué de Je m’en suis offert une et je l’ai modifié à foison. Elle a eu, à la pédale. On a donc repris la base et on l’a simplifiée. On un moment, un vibrato Stetsbar que j’ai fini par retirer car il l’avait d’ailleurs envisagée dans la première version, mais je fallait que je la joue d’une certaine façon pour qu’elle tienne n’avais pas voulu faire de compromis. Cette fois nous avons l’accord. Sur Skip The Use, j’ai une basse Warwick demi- les trois circuits, mais avec des valeurs fixes. caisse, mais celle que j’utilise le plus en studio est une Preci- sion japonaise modifiée, j’ai changé le bridge pour gagner en Tu te sers de tous les amplis et de toutes les péda les que sustain. Les micros sont ceux que SP Custom avait faits pour l’on voit au mur ? Nate Mendel des Foo Fighters. Oui, absolument tout. Quand je reçois un nouveau produit, pédale, guitare, synthé ou autre, je passe une journée à le bran- Tu travailles aussi avec Invaders sur un ampli, je crois ? cher sur tout ce que je peux, et une fois que mon analyse est Parfois tout se fait autour d’une rencontre. François, d’Inva- faite, je sais comment placer cet instrument dans l’ensemble de ders, est venu dans mon studio avec deux amplis pour me les mon matos. S’ils sont là, c’est que je les ai utilisés ces derniers faire essayer, ils ne sont jamais repartis. Après il m’envoyait des temps, les autres sont rangés dans une autre pièce. amplis pour avoir mon retour d’expérience. Il modifie parfois ses circuits en fonction des remarques que quelques testeurs Et côté guitare, quels sont tes instruments de préd ilection ? lui envoient. Au final, nous avons fait un ampli autour de ce Ça dépend de ce que j’ai à faire. Ce que tu vois est vraiment que moi je pouvais en attendre. Il ne s’agit pas vraiment d’un pour le studio. J’ai cet ensemble de guitares parce que cha- modèle signature, mais le nouvel ampli de la gamme Invaders, cune amène une sonorité. J’ai une Marceau dont je me suis imaginé avec moi. Ce n’est d’ailleurs pas un son taillé pour moi, récemment servi en live, elle sert surtout à tout ce qui est j’ai essayé de créer quelque chose de plus large. © CYRIL TRIGOUST 60 GuitarPart On va se concentrer sur toi, maintenant, si tu le permets. D’abord, qu’est-ce que tu écoutes comme musique ? J’étais très rock, j’ai écouté les premiers albums de Muse, les Smashing Pumpkins ont aussi beaucoup compté. Après, je suis allé sur un registre beaucoup plus hard. J’ai tou- jours écouté Metallica, donc il y avait une base, mais j’aime beaucoup les textures sonores très marquées, d’où le délire de la fuzz avec la Distorter, et j’adore les groupes comme Converge, Neurosis et beaucoup d’autres. Tu es aussi producteur, il me semble. Je suis aussi producteur et réalisateur de musique, ça englobe plusieurs domaines de compétences. Tu as d’abord le travail de studio. Il y a par exemple des marques qui viennent me voir pour 30 secondes d’habillage, et en fonction du cahier des charges, je fais une musique originale pour eux. De ce côté, bizarrement, depuis la sortie des IA génératives musi- cales, j’ai beaucoup moins d’appels. J’ai aussi des artistes qui viennent avec un travail variable au niveau de la pro- duction. Parfois certains arrivent avec une préproduction et il faut faire évoluer le projet vers quelque chose de plus définitif, et j’apporte un peu de ma patte. Ils vont forcément se retrouver avec un élément trop saturé quelque part, mais c’est ma signature sonore. En fait, j’adore aller sur plusieurs styles. Par exemple, je travaille actuellement avec un artiste qui avait des groupes plutôt punk/hardcore et qui a un projet Un seul switch permet d’activer n’importe lequel de avec une section orchestrale. Sur une des pistes, il est venu ces amplis. Le branchement et le câble management avec un synthé des années 70, une boîte à rythmes avec un sont impressionnants. son limite chiptune, et on a posé dessus des cordes, le tout dans des mesures composées, c’est fou, mais j’ai adoré bos- ser dessus. Parfois, certains viennent avec trois accords et un Mais là tu es compositeur ? bout de chant et je dois créer un univers autour de ça. Là on Oui, bien sûr, avec eux, et je suis crédité comme tel, donc est plutôt dans le domaine de la réalisation parce que je fais aucun problème. quasiment tout et ils repartent clés en main avec leur projet. En fait, tu aimes varier les projets et toucher à t out. Oui, c’est même important, déjà pour tromper l’ennui, Toutes les pédales sur le mur sont celles que Nelson mais aussi parce que si je m’enferme dans un genre, je ne utilise régulièrement, les autres sont stockées dans m’améliore pas. Et même quand je reste dans mon genre de la cave. musique, je peux me faire surprendre. Là je m’occupe d’un duo parisien qui s’appelle Imparfait, j’adore travailler avec eux. Les paroles sont en français, la basse est hyper saturée, la chanteuse déborde d’énergie, la synergie était évidente. Mais je peux aussi bien recevoir un chef d’entreprise qui a toujours voulu faire un album, parfois assez loin de mon univers, mais ça reste des rencontres passionnantes. J’ai même un groupe qui vient me voir bientôt juste pour que je règle leurs amplis pour leur tournée. Skip The Use est donc loin d’être ta seule activité . C’est juste 99% de mes soucis (rires), mais j’adore et bien sûr que non, ce n’est pas ma seule activité. Quand le groupe est inactif, il n’y a que le catalogue qui travaille et moi je n’ai pas de plan B en dehors de la musique, alors je fais beaucoup d’autres choses à côté. En participant à des vidéos pour Palf, j’ai cru comprendre en lisant les commentaires que, dans la musique, soit tu perces et tu remplis des stades, soit tu es un tocard dans ta cave. Pour certains, il n’y a rien entre les deux. Mais si, évidemment, il existe un monde gigantesque entre ces deux opposés ! Propos recueillis par Cyril TRIGOUST GuitarPart 61
ENTRETIEN LUTHIER
BERG GUITARES
DE SACRÉS PARIS
PRIX ? EN PLUS DE TROUVER UNE RÉPONSE À CETTE ÉQUATION À BIEN TROP DE DEGRÉS, JONATHAN BERG S’EST LANCÉ UN DÉFI :EST-IL POSSIBLE DE CONCEVOIR UNE GUITARE INNOVANTE, ÉCORESPONSABLE, SANS SACRIFIER LE SON, L’ESTHÉTIQUE ET LECONSTRUIRE UN EXEMPLAIRE UNIQUE DANS UN BOIS RÉCUPÉRÉ DE L’INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS. La Féline Wood Masterpiece,un rêve tout en noyer avec Mais il fallait que ni l’esthétique de la guitare, ni le son, nile coût ne soient impactés. accastillage en laiton. Comment as-tu procédé pour le pickguard ?Bon exemple, car c’est typiquement l’élément pour lequel il a fallu sortir du réseau que je côtoie depuis 20 ans. Je tra-vaille maintenant le Kairlin, une matière faite à partir de lin et de chanvre. Elle a été développée par Kairos, une sociétébasée à Concarneau dirigée par le navigateur Roland Jour- dain. C’est une matière qu’il a fallu que j’apprivoise, maisesthétiquement, j’ai tout de suite adoré et au final ça donne une identité aux guitares. Pour les peintures, il a fallu partirsur des bases à l’huile, potasser d’anciennes recettes, trou- ver les bons dosages, le temps de séchage et comment lesappliquer avec un pistolet. C’est un travail plus délicat, mais ça fait partie du jeu. Je précise que ça n’a rien d’un greenwashing, toutvérifié par un organisme tiers. est Quand as-tu eu l’idée d’une marque avec une telle sen-sibilité écologique ? Oui, déjà nous avons le label «dans nos statuts, nous sommes enregistrés comme société àmission, donc qui a pour but de trouver des solutions pour Origine France Garantie », et, mier associé de cette aventure. Nous avons développé leprojet durant la période Covid. À la sortie des confinements,Berg est né d’une rencontre avec Pierre Woreczek, le pre- faire des guitares le plus écologiques possibles.Il est possible, sur certaines guitares, de changer soi- ans que je fabriquais et restaurais des guitares. J’ai arrêténous avons commencé à travailler. Cela faisait plus de 20 même la configuration de micro. C’est malin et, que lquepart, écologique, puisque ça évite l’achat d’une au treguitare ! ce marché. J’étais sensibilisé à l’écologie, mais je n’ai pas euplus trop comment me distinguer de l’offre foisonnante de d’en construire pendant une dizaine d’années, ne voyant Sur les modèles que j’ai dessinés, comme l’Apogée ou la de suite l’idée de combiner ces deux univers. Quand ça s’estprécisée dans ma tête, j’ai voulu que ce soit dans l’ADN de Rebelle, tout est embarqué sur le pickguard, y comprisl’entrée jack. Tu as donc un système de plaques avec les la marque Berg : avoir des guitares avec un bon son avanttout, et apporter des solutions pour l’écoconception. défonces qui accueillent tous les styles de micros. Pour lesvis de fixation, il y a des inserts dans les corps, donc c’estimpossible de se tromper. Un système de contact relie la masse du chevalet au reste du câblage. Tu peux profiter un impact écologique réduit ?Déjà, comme il s’agit de guitares électriques, il a fallu décor-Alors justement, comment élabore-t-on une guitare a vec d’un changement de cordes ou simplement les détendrepour changer ta plaque et donc ta configuration de micros. tiquer l’instrument et voir comment supprimer tout ce quiprovient de l’industrie pétrochimique. Câblage, pickguard, accastillage, électronique : nous avons cherché des maté- vrai coup de cœur pour moi. Peux-tu me parler de la Féline Wood Masterpiece ? U n © DRriaux biosourcés qui viennent d’aussi près que possible.62 GuitarPart Je voulais lancer plusieurs nouveautés au salon de la belleguitare, la Wood Masterpiece en fait partie. Le concept est
« J’AI VOULU QUE CE SOIT DANS L’ADN DE LA
MARQUE BERG : AVOIR DES GUITARES AVEC
UN BON SON AVANT TOUT, ET APPORTER DES
SOLUTIONS POUR L’ÉCOCONCEPTION. »
ENTRETIEN LUTHIER
Le plan de la guitare réalisée dans le bois de Notre-Dame. Les incrustations en laiton reprennent sur les motifs de la rosace sud de la cathédrale. de sélectionner un bois exceptionnel, comme du noyer ou La guitare risque d’être très lourde ! de l’érable français, de n’utiliser que celui-ci et d’y incrus- Je vais alléger dans la mesure du possible, garder la matière ter des pièces de laiton massives. La guitare est totalement là où c’est indispensable, surtout que je vais incruster des évidée, c’est une table rapportée, comme une guitare thin- pièces très fines en laiton, donc il y a énormément de line. Elle est donc très légère, bien qu’elle ait l’air massive contraintes techniques. Je ne m’inquiète pas trop de la avec ses apports en laiton. Elle a fait bonne impression sur structure, d’autant que tout est déjà modélisé, je vois où le salon de la belle guitare puisqu’elle a été primée : elle est je veux aller. Le poids reste ma principale préoccupation, arrivée deuxième. De plus, elle m’amène à ce que je vais mais on sera en dessous du poids d’une Les Paul. Le plus réaliser avec le bois de Notre-Dame. important pour moi est que cette guitare soit jouée. Je ne peux pas trop en dire pour le moment, mais cet instrument Justement, parlons-en, comment tu te retrouves sur ce va être utilisé par différents artistes, des projets sont déjà projet fou de faire une guitare dans du bois issu d e l’in- à l’étude dans ce sens. cendie de la cathédrale ? Ce projet est dans les tuyaux depuis deux ans. J’y ai pensé La guitare n’est donc pas vouée à être vendue ? très peu de temps après l’incendie, mais j’ai eu du mal à Non, elle n’appartient même pas à Berg, nous sommes trouver des interlocuteurs. Par chance, j’ai fini par avoir juste là pour la concevoir et la faire vivre. J’ai le droit de quelqu’un aux ateliers Perrault, les charpentiers qui s’oc- mettre la marque dessus, mais le logo sera réduit, car j’ai cupent de la restauration. J’ai expliqué l’idée, le contact est préféré laisser la place à une belle incrustation. Quand j’ai bien passé entre amoureux du bois. Ils ont apprécié cette dévoilé le projet au salon de la belle guitare, beaucoup de symbolique, quelque chose qui renaît de ses cendres par la personnes m’ont dit que ça allait être mon chef-d’œuvre musique. Il a fallu mettre en place un cadre juridique, car comme le font les compagnons du devoir à la fin de leur c’est un bois qui fait partie du patrimoine. tour de France, c’est vrai que ça y ressemble. Quel âge a le bois ? Il s’agit d’un modèle unique ? À combien estimes-tu le nombre d’heures de travail ? On sait que le bois vient du beffroi nord qui a été restauré à plu- Si je devais déjà compter les heures passées à échanger, sieurs époques, il est possible qu’il s’agisse d’un des premiers les allers-retours à Angers dans les ateliers Perrault, les éléments, donc, au maximum, il pourrait avoir 800 ans. Et oui, heures de modélisation, de présentation… je ne préfère j’ai de quoi faire une seule guitare, donc il ne faut vraiment même pas faire le calcul. Mais je mesure la chance inouïe pas que je me loupe. D’autant que le bois n’est pas seulement que j’ai, c’est un très beau projet qui me tient à cœur, c’est ancien, il a subi un incendie, il est gercé, abîmé. De plus, il s’agit tout ce qui compte. © DRde chêne, ce n’est pas un bois fréquent en lutherie. Propos recueillis par Cyril TRIGOUST 64 GuitarPart
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MATOS
LES AMPLIS MODERNES
ONT UNE BOUCLE D’EFFETS
DISTORSION), ET D’UN AMPLI DE PUISSANCE QUI DONNE TOUTE L’ÉNERGIE NÉCESSAIRE POUR ATTAQUER LE HAUT-PARLEUR. ENTRE LESUN AMPLI, DANS SA FORMULE LA PLUS CLASSIQUE, EST COMPOSÉ D’UN PRÉAMPLI QUI FAÇONNE LE SON (ÉGALISATION, GAIN,DEUX, LE SIGNAL FAIT SON PETIT BONHOMME DE CHEMIN, C’EST LÀ QUE LA BOUCLE D’EFFETS INTERVIENT. Avec le concoursde François Defaut que la boucle fait gagner après ta saturation, tu auras de Fx Amps. en lisibilité et en définition.Comme le précise François :« un son plus défini et plus des effets après l’étage Cela permet d’ajouter clairne signifie pas que l’on sort ». Ignorer la boucle qui définit le son del’ampli, donc la distorsion un mauvais son, juste quel’on en a moins la maitrise. e son n’est passeulement une dénominations au dos principalement, car tu veux Évidemment, si vous abusez de leur ampli. Pour des éviter un rendu brouillon. des effets de modulation c’est aussi une affaire deL question d’oreille, musiciens avec peu de gain, Imagine, par exemple, une juste après vos distorsions goût. Certains laissent leur et peu de pédales, le résultat reverb ou un delay devantun étage de saturation : et avant la préamplification,vous obtenez, au mieux, pédalier connecté en façade est déjà suffisamment toute ta queue de reverb de la shoegaze, au pire parce qu’ils n’ont jamais cohérent et musical. C’est va être saturée, toutes tes un son extrêmement cherché à comprendre ce lorsque commencent à répétitions de delay vont baveux. Mais qui sommes- que signifiait FX loops, s’exprimer de grosses être saturées de la même nous pour juger, si ça 66 GuitarEffect loops ou autres distorsions avec des chaînes façon. Alors que si tu colles vous plaît, ainsi soit-il ! Part d’effets plus complexes tes effets de modulation Historiquement, les bouclesd’effets sont apparues
« AUJOURD’HUI TOUT LE MONDE VEUT DES BOUCLES. C’EST UN CHOIX DU
CONSTRUCTEUR, MAIS RARES SONT CEUX À FAIRE DES AMPLIS SANS BOUCLE.
SI MOI J’ESSAIE, ON VA ME TOMBER DESSUS, C’EST CERTAIN ! »
lorsque les amplis ont de SÉRIE OU PARALLÈLE plus en plus exploité la On distingue deux types distorsion. Sorti en 1980, de boucles : « Dans une le Mesa/Boogie, Mark II boucle série, tout le signal B est souvent présenté passe dans les effets, donc comme le premier ampli tu récupères à la sortie de de série à intégrer une la boucle tout le signal plus boucle d’effet bufferisée, l’effet appliqué dessus. Une c’est depuis devenu une boucle parallèle divise ton quasi-obligation. « Si des signal en deux, une partie va amplis n’en ont pas, c’est rester dans l’ampli, l’autre va qu’historiquement, ils n’ont aller dans l’effet, ça permet pas été conçus ainsi. Les ainsi de faire un dosage ». A vieux Plexis n’en sont pas priori, le parallèle semble le pourvus, par exemple. Les plus approprié et rassurant. amplis clean n’en ont pas Que nenni ! « La plupart besoin, car leur préamp est des pédales ont déjà un mix clean. Mais aujourd’hui intégré. Surtout, un exemple Sur le Send, vous envoyez le signal après le préampli tout le monde veut des simple, si tu utilises une sur les pédales. La dernière pédale envoie ensuite le boucles. C’est un choix pédale numérique avec de signal sur le Return. du constructeur, mais la latence, tu vas avoir d’un rares sont ceux à faire des côté un dry et, de l’autre côté non seulement ce n’est pas mais alors où se placent nos amplis sans boucle. Si moi un son traité en retard, donc utile, mais ça peut même pédales dans cette boucle ? j’essaie, on va me tomber des problèmes de phase. être contreproductif. » « Dans le cas d’un ampli dessus, c’est certain ! ». Dans un contexte moderne, Maintenant que l’on y voit à modélisation, la boucle un peu plus clair, on peut sert avant tout à ajouter des en déduire que les pédales effets que tu n’as pas dans Le préampli peut être vu comme de gain se placent à la sortie l’ampli, ou à mettre une une pédale de saturation, donc de la guitare vers l’ampli, pédale à laquelle tu tiens tout ce qui est modulation a sa donc avant le préampli, et particulièrement, et ça peut place dans la boucle. que, dans la boucle sontstockés généralement les apparaître avant ou après leseffets intégrés, tout dépend effets temporels (delay, du modèle. Là encore, il n’y reverb, etc.). Oui, mais a pas de règle, c’est à toi de comme d’habitude, c’est trouver ce qui te correspond un peu plus compliqué le mieux. » On ne pouvait que ça : « Certains effets trouver mots plus sages sonnent mieux avant la pour terminer notre Mais distorsion, comme le phaser, Pourquoi ? de ce mois. En les uni-vibes. Le ressenti effet, vous n’allez pas faire est plus prononcé. Après, exploser vos pédales à les tout dépend du son que brancher de travers : faites tu veux obtenir. Si tu veux des essais, trouvez ce qui que ta reverb ou ton delay vous fait vibrer. N’oubliez soient totalement saturés, pas toutefois un détail, plus tu les mets en façade. Le vous accumulez de pédales, son est subjectif. On se plus vous multipliez les jacks met des normes, ou plutôt (on verra une prochaine des habitudes, mais tu as fois ce que l’on appelle la le droit d’être créatif ! ». méthode 4 câbles), autant Notre dernière question de raisons d’altérer le porte sur les amplis déjà signal. Ne lésinez pas sur équipés d’effets. Tous la qualité du câblage ! possèdent un Fx Loop, Cyril TRIGOUST GuitarPart 67
MATOSUNE SUPERBE
SIGNATURECHRISTIAN ANDREUCHEZ JACKSON ! à la basse et un autre
NEWS
orienté classic rock ! Amis 1 du Génome, soyez prêts ! amoureux du d’un EverTune pourle guitariste de Gojira,Jackson signe une LE COMBO REVERB/ grain Marshall avec une configurationRhoads affûtée équipée TREMOLO CHEZ vintage. Le simple et radicale : SOURCE AUDIO AVEC Gainlord un seul micro, un seul LA PATHWAYS aligne deux volume, zéro distraction.Le Fishman FluenceModern délivre unniveau de sortie colossal 3trémolo dans une pédaleultracréative pensée pourSource Audio fusionne canaux Lowet High Gainpour couvriraussi bien le crunch 60’s que la saturation 80’s.Chaque canal a son propreEQ complet, avec un switchBright qui ajoute du mordant 5 1 tout en gardant une les architectes du son.réverbération et définition chirurgicale,même en accordagesabyssaux. Le manchespeed neck et le radius Les algorithmes maisonoffrent des ambiancesallant du subtil halo vintageaux paysages éthérés instantané. Compact, simple, compound assurent un façon ambient moderne. musical, il transforme confort total pour les Le trémolo, lui, peut être n’importe quel ampli ou riffs véloces comme classique, haché, organique interface en machine à riffs pour les leads acérés. ou totalement modulé, avec british ! Une solution idéale Une guitare pensée pour des interactions inédites pour retrouver le « roar » l’efficacité brute, sans entre les deux effets. Marshall sans trimballer compromis ni fioritures ! L’interface reste intuitive une tête 100 watts. malgré la profondeur BRILLE EN OR MASSIF6FENDER TELE ULTRAII 75Pour célébrer les 75 ansde la Telecaster, Fenderth : LA TELE QUI TWO NOTES ET LE MIIRECORDING STUDIONOUS OFFRE DE sonore, et le Neuro Editorouvre la porte à un sounddesign sans limites. Unepédale pour ceux quiaiment sculpter l’espaceautant que les notes. sort une Ultra II en éditioncommémorative qui mise Didier Chesneau du MIIRecording studio & sonacolyte Stéphane Brulez2NOUVEAUX PACKSDE DYNIRS !Déjà créateurs deplusieurs packs, EVH 5150 DX :QUI CLAQUE, LEMORDANT QUI TUE ! LE LOOK sur le confort moderne etune finition Liquid Gold qui 2 3 collaborent à nouveau attire l’œil à dix mètres.Le Fastlane Humbuckeren chevalet apporte unedose de gras bienvenue,tandis que le micromanche Noiselessgarde le twang souscontrôle. Le doubleselessng sousbienvemicro avec Two Notes Audio DX ornée d’une table érablemême de brancher le jack.4 EVH muscle sa série5150 avec une version Engineering pour nousoffrir un pack dédié« gros son » avec le Crankit up Vol II ! Et attention quilted qui attire l’œil avantSous le capot, on retrouve ça décoiffe ! Mais ce n’est l’ADN Van Halen : un duo de S1 permet de passerdu mordant auvelouté en un clic.t auun clic.double que le début, puisque humbuckers EVH Wolfgang Une Tele pensée pour e passer dans les semaines àvenir, d’autres packsdébarquent dont 2 dédiés au grain serré, précis, prêtpour tous les palm mutes !Le manche roasted et le les guitaristes quiveulent l’élégance,la polyvalence…umé !ence…delégance, ensée pour talon sculpté offrent unconfort de jeu redoutable, et un peu debling assumé !stes qui 4 même dans les zonesaiguës. Le Floyd Rose 1000garantit des dive bombssans retour de manivelle.Une guitare penséepour jouer vite, fort, etavec style. 4 finitions Flo SÀ noter qued’autres modèlesanniversaire sontproposés !s !modèlesaire sontue seront disponibles ! LA TUBESTEADERGAINLORD !LE RUGISSEMENTMARSHALL EN FORMATPRÉAMPLI,Tubesteader revient VOICI 66 68 Guitar68 GGGuitaru itaritarPPPPPart arta 5100% lampes taillé pour lesavec un préampli
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head assumé. Malgré sa taille, elle Malgré son format compact, reste étonnamment confortable elle offre un vrai son d’acous- grâce à son manche « Speed tique, chaud et équilibré. La Neck » et son accès facile aux construction est impeccable, aigus. Les deux humbuckers fidèle à la réputation de Jackson délivrent un son plus Sigma. Le manche est confor- sérieux qu’on ne l’imagine, par- table et la guitare réagit très fait pour bosser riffs et solos sans bien au jeu aux doigts comme se prendre la tête. C’est l’instru- au strumming. Une travel ment idéal pour voyager, répéter premium mais accessible, en douce ou juste se marrer en parfaite pour jouer partout. envoyant du gros son. Une mini- Vraiment tout sauf un jouet ! guitare qui ne fait pas semblant ! Prix conseillé: 589 € Prix conseillé : 179 € Flo S. GuitarGuitarPartPart 7171
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ELLE JOUE DANS LA COUR DES GRANDES VOIRE DES TRÈS GRANDES !
our soncinquantième piliers du rock et du metal On sent immédiatementque Schecter a voulu Schecter ne pouvait pasP anniversaire, moderne : une lutheriesoignée, une ergonomie marquer le coup, non et l’ensemble dégageune sensation de solidité se contenter d’un simplelifting cosmétique. La exemplaire et une identitésonore affirmée. pas en surchargeant rassurante. Le poids est marque a choisi de revisiterl’un de ses modèles phares, est un choc visuel. LaLa première rencontre aveccette C1 50th l’instrument, mais en bien réparti, la guitare se Anniversary trouvant le juste équilibre cale naturellement contre entre sophistication le corps, et l’on retrouve la C1, en lui offrant uneversion anniversaire finition, somptueuse, et sobriété. cette ergonomie typique qui dépasse largement témoigne d’un niveau En main, la C1 confirme de Schecter : pensée le cadre du collector d’exigence rarement cette impression de pour jouer longtemps, décoratif. Ici, tout a été atteint dans cette gamme. maîtrise. Le manche,profilé avec une précision fort, et sans fatigue. pensé pour rappelerpourquoi Schecter s’est Le vernis profond, lesincrustations élégantes : chirurgicale, offre un
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t si vous remplaciez votre médiator par un miniarchet ? L’attaque de la corde relèverait alors a Bender Royale, c’est Electro Harmonix qui revisite E L le mythique Vox Tone Bender avec une ambition substance ce que propose cette nouvelle pédale Pico,un effet de « swell » (une montée en volume) pourplus de la caresse que de l’agression. C’est en une palette sonore bien plus large que l’original. On retrouvele cœur du circuit à trois transistors, mais EHX double laclaire : offrir le grain germanium vintage, mais avec ou en texture synthétique. Fidèle à l’esthétique de latransformer une attaque de guitare en nappe de violongamme Pico, la Swello propose quatre potentiomètres mise avec six potards et deux miniswitches, transformantcette petite boîte en véritable laboratoire à fuzz. et un bouton : le volume, l’attaque pour déterminerle temps nécessaire au volume pour atteindre son Le duo Volume/Fuzz reste fidèle à l’esprit d’époque,mais l’ajout d’un EQ séparé Bass/Treble ouvre la porte maximum, la fréquence de coupure du filtre passe-bas,la modulation pour contrôler la profondeur de balayage à des réglages bien plus précis. Le potard Bias, lui, estun terrain de jeu à part entière : à midi, on obtient un du filtre, et le filter (led verte, orange ou rouge) pour lesdifférents types de résonance. Après quelques minutes fuzz plein et nerveux ; en le poussant, le son devient plusouvert et agressif ; en le réduisant, on plonge dans les de pratique, on sait sur quels territoires emmenercette pédale. La Swello suit chaque note avec une textures « batterie faible », ce grain affamé et haché qui faitfrissonner les amateurs de garage rock !Le Blend est l’une des grandes forces de cette version : que vous la jouiez jazzy, plus rapide, pour envelopperdétachiez bien votre note pour la laisser s’exprimer, ougrande précision, sans jamais bégayer et cela que vous il permet de réinjecter du signal clair pour garder del’attaque, de la définition et un peu de propreté dans le chaque gamme d’une texture réconfortante. En jouant chaos. Ajoutez à cela un switch Fat pour épaissir les bas-médiums et un switch de clipping germanium/LED pour effet de volume pour entrer dans le sound designtypé ambient ou post rock. Il est toujours délicat desur la fréquence et la modulation, on dépasse le simple choisir entre douceur vintage ou fuzz plus mordante, eton obtient une pédale étonnamment polyvalente pour un conseiller une pédale dont le son relève du gimmickà utiliser ponctuellement, mais cette Swello, de par format aussi compact. Sur le terrain, la Bender Royalepasse sans effort du « crade » au sustain chantant, du mur sa texture, fera une entrée remarquée à chaque foisqu’elle sera enclenchée. Elle invite aussi à travailler de son shoegaze aux riffs rock plus serrés. Elle respectel’ADN du Tone Bender, mais elle l’étire, le modernise et ses solos, et ce n’est jamais un mal de se faire unpeu bousculer pour changer ses habitudes ! le rend exploitable dans bien plus de contextes. Une fuzzpetite par la taille, mais royale par l’ambition ! Encore Cyril TRIGOUST. une petite merveille chez Electro Harmonix ! Flo S. CONTACT www.fillingdistribution.com CONTACT www.fillingdistribution.com 74 GuitarPart
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AVEC LE F40I LI, MOOER POUSSE ENCORE PLUS LOIN LE C ONCEPT D’AMPLI INTELLIGENT : MODÉLISATIONS MNRS, EF FETS EN PAGAILLE,LA SOLUTION TOUT EN UN ! TRAVAILLER EFFICACEMENT ET CRÉER SANS CONTRAINTE. U N AMPLI COMPACT, MAIS ÉTONNAMMENT AMBITIEUX. PETIT TOUR D’HORIZON !LOOPER, BOÎTE À RYTHMES, BLUETOOTH, USBC, BATTERIE INTÉGRÉE… UN VÉRITABLE COUTEAU SUISSE PENSÉ POUR JO UER PARTOUT, résentée au NAMMcomme l’une des réponse à l’attaque, tandis polyvalentes de sa catégorie,P nouveautés les plus que les crunchs conserventdu mordant sans devenir gérer ses chaînes d’effetset même d’utiliser l’assis-tant Mooer AI pour générer un ampli de modélisation :c’est un véritable hub créa- le Mooer F40i Li s’inscrit criards. Les saturations, des presets inspirés d’ar- tif, pensé pour accompa- dans la nouvelle génération quant à elles, profitent d’un gner le musicien partout,sans sacrifier la qualité d’amplis « intelligents », sustain généreux et d’une tistes ou de styles. Pour capables de remplacer à la articulation qui reste exploi- les musiciens qui aiment fois un combo, un multief- table même à faible volume. expérimenter, c’est un ter- sonore ni la simplicité d’uti-lisation. On aime ! Flo S. fets, une interface audio La diffusion stéréo via les rain de jeu immense ! et même une petite station deux haut-parleurs de 4’ La connectique est tout de travail. Mooer ne fait apporte une vraie sensation aussi complète : entrée gui- pas semblant : ce modèle d’espace, idéale pour les tare, entrée combo XLR/ embarque 55 amplis modé- delays pingpong, les reverbs Jack avec alimentation 48 V, lisés via la technologie profondes ou les textures sorties ligne stéréo, USBC MNRS, 69 effets, un looper ambient. Pour un ampli de pour l’enregistrement, Blue-tooth 5.0 pour jouer sur des TECH de 60 secondes, une boîte bureau ou de salon, l’im- backing tracks… Mooer TYPE Station complète à rythmes complète et une mersion est étonnante. a clairement pensé à tous PUISSANCE à modélisations batterie lithium offrant L’autre force du F40i Li les usages, du débutant qui CONNECTIQUE 40 W stéréo jusqu’à six heures d’autono- réside dans son ergonomie. veut un ampli simple et ins- sortie casque, entrée micro Sortie ligne, mie. Le tout dans un formatcompact de moins de 4 kg. L’écran tactile circulairepermet de naviguer rapi- pirant au musicien avancécherchant un outil com- DIMENSIONSXLR, USB, Bluetooth La première surprise vient dement entre les presets, pact pour travailler, enre- www.lazonedumusicien.comCONTACT 396 x 178 x 179cm du son. Les modélisationsMNRS ont gagné en natu- les effets et les outils inté-grés. L’application iAMP gistrer ou répéter léger. rel : les cleans sont ouverts, pousse encore plus loin Au final, le F40i Li impres-sionne par sa polyvalence et diffusion stéréo, batterie jusqu’à 6hLES PLUS Polyvalence extrême, © DRprécis, avec une belle l’édition, avec la possibi- tactile qui nécessite l’utilisation deLES MOINS La taille de l’écran 76 GuitarPart lité de charger des IR, de son rapport fonctionnalités/prix. Ce n’est pas seulement l’app pour pleinement exploiter
★ ★ ★ ★ÉLECTRONIQUE : ★ 4/5
IBANEZ AFB200-TKS JOUABILITÉ :QUALITÉ/PRIX : 4/5 4,5/5
LA HOLLOWBODY QUI FAIT
C’EST UN GRAND CLASSIQUE DE LA MARQUE, ET C’EST JUS TEMENT POUR ÇA QUE J’AVAIS ENVIE DE REVENIR DESSUS !GROOVER LE VINTAGE ! CREUX EN TILLEUL, MICROS CLASSIC ELITE ET ESTHÉTIQU E RÉTRO ASSUMÉE : UNE BASSE ATTACHANTE, CHALEUREUSE ETAVEC L’AFB200, IBANEZ PROPOSE UNE BASSE HOLLOWBODY ACCESSIBLE, LÉGÈRE ET PLEINE DE CARACTÈRE. CORPSÉTONNAMMENT POLYVALENTE, PENSÉE POUR LES GROOVES OR GANIQUES ET LES AMBIANCES FEUTRÉES. Un accastillage L ’Ibanez AFB200appartient à cette cas dans cette catégorie ! pour savourer chaque note. au niveau. Côté son, les deux micros qui séduisent avant mêmefamille de basses Classic Elite Bass délivrent Avec l’AFB200, Ibanez qu’une note ne soit jouée. un grain rond, feutré et très signe une hollowbody Son format hollowbody, rare musical. Le micro manche accessible, atta- dans l’univers de la basse offre une profondeur idéale chante et pleine de électrique moderne, lui pour les walking bass, les personnalité. Une confère un charme immé- grooves soul ou les lignes basse qui ne cherchepas à tout faire, mais PRIX PUBLIC diatement reconnaissable.Le corps en tilleul, entière- jazz plus traditionnelles.Le micro chevalet apporte qui fait merveilledans son domaine : CONSEILLÉ ment creux, offre une réso- un peu plus de définition, offrir un groove cha- 619 € nance naturelle qui rappelleles instruments acous- sans jamais devenir agres-sif. La combinaison des leureux, vivant et profon- tiques : un bas-médium deux permet d’obtenir un dément musical ! ample, une attaque douce son vintage mais suffisam- Flo S. et un sustain chaleu-reux. La finition Transpa- ment précis pour s’intégrerdans des contextes pop, rent Black Sunburst, élé-gante et subtile, met en indie ou folk. L’AFB200n’est pas conçue pour les CORPSTECH Classique, belle valeur les courbes géné- saturations extrêmes ou et efficace ! reuses de l’instrument.En main, l’AFB200 sur- les styles très modernes,mais elle excelle dans MANCHE Tilleul prend par sa légèreté et son tout ce qui demande du érable avec touche laurirer Nyatoh/ confort. Le manche nyatoh/érable, au profil arrondi, se caractère et une présencenaturelle dans le mix. MICROS joue avec une facilité décon- L’ergonomie générale PRÉAMPLI Classic Elite Bass 2x micros tonalité, sélecteur 3 positionsCONTRÔLES 1x volume, 1x Passif certante. La touche en lau-rier apporte un toucher doux encourage un jeu plusnuancé, plus dynamique, et naturel, tandis que l’espa-cement des cordes favorise presque plus « acous-tique ». On se surprend LES PLUSCONTACTÉTUI www.ibanez.com Non un jeu expressif, qu’il soit audoigt ou au médiator. Malgré à explorer des lignes plusmélodiques, à jouer avec et très musical, légèreté etchaleureux, organiqueGrain hollowbody son format hollowbody, labasse reste bien équilibrée, l’attaque, à profiter de larésonance du corps creux.C’est une basse qui ins- confort remarquables pour sans tendance au neckdive,ce qui n’est pas toujours le pire, qui donne envie deralentir un peu le tempo LES MOINSmicros Classic Elite bien équilibrés,parfaits pour jazz, soul, blues, popce type de construction, les registres très percussifs, risquede feedback à fort volume Définition limitée dans GuitarGGGuitaru itaritarPartPPPP artaart 7777
MATOS TEST
PRIX PUBLICCONSEILLÉ
2 299€
VOX AC30 HWR2X
LE RETOUR INCANDESCENT
D’UN MYTHE...
AUTANT VOUS LE DIRE DE SUITE, JE SUIS UN FAN ADDICT DE L’AC30 DEPUIS TOUJOURS. ET J’AVOUE AVOIR ÉTÉ TELLEMENT DÉÇU PAR LESPRODUCTIONS DE LA MARQUE DEPUIS UN PAQUET D’ANNÉES... BREF, C’EST AVEC BEAUCOUP D’APPRÉHENSION QUE JE DÉCOUVRE CETTE À LA MAIN, ÉQUIPÉE DE DEUX CELESTION ALNICO BLUE. UN HOMMAGE VIBRANT AUX ANNÉES 60, À LA CHALEUR DES EL84 ET AUX GUITARNOUVELLE MOUTURE ESTAMPILLÉE HANDWIRED. SUR LE PAPIER VOX DÉVOILE DONC L’AC30 HWR2X, UNE VERSION ENTIÈREMENT CÂBLÉEHEROES QUI ONT BÂTI LEUR LÉGENDE DESSUS : BRIAN MAY, THE EDGE, RORY GALLAGHER PARMIS TANT D’AUTRES… VERDICT ? perdre une once de leurI l existe des amplisqui traversent lesdécennies sans britannique dans ce qu’ila de plus noble : brillant,nerveux, vibrant, capable de voisin !!!). Avec cetteversion AC30 HWR2X,Vox revient à l’essence mais construit avec uneprécision moderne.Dès qu’on le voit, on aura. Le Vox AC30 est deceux-là. Depuis la fin des de passer du clean cristallinau crunch incandescent même de son histoire : © DR avec une musicalité unique un ampli entièrement comprend qu’on n’estpas face à un simple 78 Guitarannées 50, il incarne le son câblé à la main, fidèle AC30 de plus. Le tolex Part (il fallait juste ne pas avoir aux circuits d’époque, noir, la grille tissée Pour les puristes, bien plus de réglages que l’original mais rien de superflu bien au contraire ! mythique, les poignées presque indomptable renforcées et surtout le — exactement ce badge « Handwired » que recherchent les annoncent la couleur : on puristes comme moi ! est dans la haute couture Difficile de parler de de l’amplification. À l’AC30 sans évoquer l’intérieur, le câblage point- ceux qui l’ont porté au to-point respire la tradition, rang de légende. Brian chaque composant étant May a bâti tout son son choisi pour sa musicalité sur cet ampli, utilisant sa et sa fiabilité. Rien n’est dynamique et son grain laissé au hasard. pour créer des harmonies authentique. Ceux qui ampli : c’est un morceau Le cœur du son, ce sont orchestrales uniques. The veulent sentir les lampes d’histoire remis au goût du les quatre lampes EL84, Edge a exploité son clean travailler, entendre les haut- jour, un hommage vibrant véritables moteurs du immense pour sculpter des parleurs respirer, jouer à une époque où le son chime Vox. Elles offrent paysages sonores entiers avec la dynamique plutôt se construisait avec des cette compression naturelle, avec ses delays. Rory qu’avec des tonnes de lampes, du bois, du cuivre cette brillance chantante et Gallagher, lui, l’a poussé réglages. C’est un ampli qui et du talent. Un ampli cette dynamique explosive dans ses retranchements, demande de l’engagement, qui rappelle pourquoi le qui ont fait la réputation obtenant un crunch mais qui donne en rock a changé le monde. de l’AC30. Le canal Top sauvage, brut, viscéral. retour un son d’une Chapeau Vox, vous m’avez Boost, introduit dans les Trois approches différentes, richesse incomparable. enfin convaincu après années 60, est ici sublimé : un seul et même ampli ! Le Vox AC30 HWR2X tant d’années ! plus ouvert, plus réactif, Le HWR2X reprend tout n’est pas seulement un Flo S plus expressif. On retrouve cela. La réactivité est cette attaque claquante, exceptionnelle : chaque ces médiums ciselés et ces nuance de jeu, chaque Le Vox AC30 HWR2X n’est pas un ampli : c’est un aigus qui scintillent sans variation d’attaque, chaque rite initiatique. Un passage obligé pour quiconque jamais devenir agressifs. micro mouvement de la veut comprendre ce que signifie vraiment « jouer Les deux Celestion Alnico main droite se traduit électrique ». Il respire, il vibre, il réagit comme un Blue, véritables icônes du instantanément. L’ampli animal sauvage apprivoisé. Chaque accord devient une rock britannique, jouent ne pardonne rien, mais il déclaration, chaque note une étincelle. On retrouve la un rôle déterminant. Leur récompense tout. C’est un magie des studios londoniens des années 60, la sueur réponse rapide, leur chaleur instrument à part entière, des clubs enfumés, la puissance brute des premiers et leur capacité à saturer un partenaire exigeant mais concerts qui ont changé la musique. C’est un ampli de manière organique incroyablement gratifiant. qui ne triche pas, qui ne maquille rien, qui révèle tout.Un ampli qui transforme le guitariste, qui l’oblige à se transforment chaque note Cette version handwired dépasser, qui lui rappelle pourquoi il est tombé amoureux en un événement. À faible n’est pas faite pour tout le du son. Et cette version 2x12 Alnico Blue en est une volume, l’ampli respire monde. Elle s’adresse aux remarquable célébration, loin devant les tentatives déjà. À volume de scène, il guitaristes qui veulent un de ces dernières années. Un vrai grand retour ! devient un animal vivant, ampli vivant, organique, Les Celestion Blue, LA signature sonore de l’AC30 !
TECH
TYPE Combo guitare TECHNOLOGIE Lampes PUISSANCE 30w RÉGLAGES Volume, master, trebble, bass, tone, tone cut, reverb CONNECTIQUE Boucle d’effets DIMENSIONS 705x260x550 cm POIDS 32 kgs ORIGINE UK CONTACT www.laboitenoiredumusicien.com LES PLUS Câblage handwired fidèle aux circuits historiques , un « VRAI » AC30 ! Clean merveilleux et crunch organique, vivant, unique... Les Hps légendaires. LES MOINS Volume très élevé : difficile à exploiter en appartement malgré le master, poids conséquent GuitarPart 79
MATOS TEST
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189 €
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179 €
PUSS N BOOST JHS COYOTTE
LE MAGNIFIQUE LA LÉGENDE OUBLIÉE...
u commencement était le Tube Fuel, plutôt orientéhome studio avec sa 12AU7 dressée verticalement a Coyote, c’est JHS qui revisite l’esprit de la A L mythique et introuvable Moonrock Fuzz, mais sur pedalboard. Sabelya remet l’ouvrage sur le métieret réussit un véritable exploit : intégrer la lampe dans lesans protection. Pas idéal pour une utilisation live réputation de la marque. Une pédale compacte, brute,avec la précision et la musicalité qui font la boîtier sans augmenter la taille de l’appareil. La force duPuss n Boost, c’est sa simplicité de mise en œuvre, avec les guitaristes qui aiment les textures sauvages sansagressive, mais étonnamment exploitable, pensée pour un volume qui sert aussi de voyant de mise en actionet sur la version testée un switch bypass. Il s’adresse en perdre totalement le contrôle.Dès qu’on l’active, la Coyote balance un fuzz épais, priorité aux utilisateurs de modelers numériques et depreamps à transistors mais pas que. L’idée est de donner granuleux, avec cette attaque sèche et ce sustain nerveuxtypiques des circuits vintage. Mais là où JHS fait la une compression naturelle à votre son, de permettre unéventuel boost et, en fonction de votre matériel de donner différence, c’est dans la gestion de l’octave : elle n’est passeulement un effet ajouté, elle fait partie intégrante du plus de profondeur et de présence. Bref de bénéficier decertains avantages des lampes, dans un encombrement plus grain. L’octave supérieure surgit naturellement dans lesmédiums, donnant aux riffs un côté hurlant et aux solos que réduit avec juste une alim 9V. Derrière un récepteurHF, avant les effets « front » et un NAM Player Dimehead, une couleur quasi synthétique.Le potard volume règle l’intensité du chaos, tandis que il a permis d’éliminer les fréquences numériques parasites,on a vraiment entendu la différence en remettant le Puss l’autre permet de sculpter le spectre sans jamais rendre lapédale trop brillante ou trop sombre. Le passage de swell, en bypass. L’idéal est toujours de le mettre le plus enamont dans la chaîne : tous les appareils en aval reçoivent fuzz à octave, de manière progressive est l’arme secrète : ilbascule entre différents univers, l’un plus serré et agressif, un signal lissé façon lampes et le rendu général, même s’ilest bon, s’en trouve amélioré. Essayé avec une Loudpedal l’autre plus large et baveux, parfait pour les lignes doom,garage jusqu’au psyché absolu ! La Coyote réagit aussi Laney (qui fait aussi ampli) il a magnifié le canal clair,avec possibilité de le booster légèrement pour un son plus très bien au volume de la guitare, passant d’un crunch saleà un fuzz massif en un geste. crunchy. Dans la même veine, certains l’utilisent pour Sur un ampli clair, elle perce le mix avec une personnalitéunique. Sur un ampli déjà poussé, elle devient une bêteincontrôlable, mais toujours musicale. C’est une pédale arrêter certains, mais quand on s’en est servi quelquesjouent en appartement. A première vue, le prix peut en booster leur ampli à lampes à faible volume quand ils qui inspire, qui pousse à jouer différemment, à explorer jours, on ne peut plus s’en passer. Fabrication soignée,performances top, what else ? des riffs plus primitifs, plus instinctifs. Une fuzz qui necherche pas à plaire à tout le monde, mais qui ravira ceux Judge FREDD. qui aiment les sons rugueux, imparfaits, vivants ! Flo S. DÉTAILSCONTACT 12AU7, True Bypass https://sabelya.fr/shop/puss-n-boost/ DÉTAILSCONTACT 9V www.fillingdistribution.com 80 GuitarPart La grande classe... La panneau classique dude controleHot Rod ! Doit on encore Creamback ???présenter ce
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1 359 €
FENDER HOT ROD DELUXE 30TH ANNIVERSARY
TROIS DÉCENNIES DE PUISSANCE
QUI A FAIT SA LÉGENDE. RIEN DE BIEN NEUF SOUS LE SO LEIL ME DIREZ-VOUS À PART LE HP ? CERTES, MAIS QUICOMBOS LAMPES LES PLUS UTILISÉS AU MONDE. LOOK REVI SITÉ, FIABILITÉ RENFORCÉE ET TOUJOURS CE SON CLAIR IMMENSEPOUR CÉLÉBRER LES 30 ANS DU HOT ROD DELUXE, FENDER PROPOSE UNE ÉDITION SPÉCIALE QUI REND HOMMAGE À L’U N DES FOIS CET AMPLI DANS SA VIE SANS DE QUOI IL S’AGIT ! UN PUR CLASSIQUE ET FORCÉMENT UN COLLECTOR EN DEVE NIR ! A UTILISÉ UNE ifficile d’imaginerun backline sans un pourquoi il est devenu unstandard. Le canal clair delays… tout passe avec posé quelque part. DepuisD Hot Rod Deluxe est immense, brillant, une facilité déconcertante. 1996, ce combo 40 watts dynamique, avec cette marge Le haut parleur Celestion tout lampes s’est imposé de headroom qui permet Creamback, choisi pour comme l’un des amplis d’accueillir toutes les pédales cette édition, apporte un les plus polyvalents et les possibles. C’est un terrain de supplément de chaleur et TYPEPUISSANCE Combo guitare à lampesTECH plus fiables du marché. jeu idéal pour les guitaristes une meilleure tenue dans les Pour son 30 qui construisent leur son à bas mediums. Le résultat CANAUX 40 W Fender ne révolutionne pase anniversaire, partir d’un clean solide. Les est plus équilibré, moins EQ 3 bandes (Bass, Middle, Treble),3 la formule, mais la sublime micros simples y trouvent agressif dans les aigus, et avec une édition spéciale qui une clarté exceptionnelle, globalement plus musical.L’ampli gagne en maturité CONNECTIQUEdrive, volume, master,presence & reverb met en valeur tout ce qui a tandis que les humbuckers sans perdre son punch.Avec cette version 30Anniversary, Fender neth LES PLUSCONTACT Canal clair exceptionnel, www.fender.fr boucle d’effets fait le succès du modèle.Visuellement, cette version profitent d’une belle rondeursans perdre en définition. anniversaire se distingueimmédiatement : tolex noir Les canaux Drive et MoreDrive conservent leur cherche pas à réinventer unclassique, mais à le célébrer. immense et ultrapolyvalent. texturé, grille revisitée, badge caractère typique : un Et c’est exactement ce haut-parleur Celestion Creamback :comme peu d’amplis, Accepte les pédales commémoratif discret àl’arrière… L’ensemble respire overdrive musclé, un peurugueux, très américain dans que cette édition réussit : la classe sans tomber dans l’esprit. Ce n’est pas le canal rappeler pourquoi le HotRod Deluxe est devenu un chaleur et équilibre améliorés, l’ostentatoire. On retrouve saturé le plus moderne du incontournable, tout en lui finition anniversaire le format compact mais marché, mais il reste efficace offrant une finition premium LES MOINS élégante et soignée robuste, pensé pour encaisser pour les rythmiques rock, et un son légèrement affiné. Drive toujours un peu datés, Canaux Drive/More les tournées, les répétitionset les scènes de toutes tailles. le blues appuyé ou les solosavec du corps. La vraie force Un hommage réussi à unampli qui a accompagné des 40 W lampes = pas idéal Branché, le Hot Rod Deluxe30th du Hot Rod reste cependant générations de guitaristes. en appartement © DR Anniversary rappelle sa capacité à accepter lespédales : overdrives, fuzz, Indispensable ! Flo S. GuitarPart 81
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VOUS NE VIENDREZ PAS
AVEC LA TOURPLAYER, ORTEGA DÉPOUSSIÈRE LA GUITARE CLASSIQUE ÉLECTRO EN LUI OFFRANT UN DESIGN MODERNE, UN LOOKTOTALEMENT DÉJANTÉ ET ASSUMÉ, UNE ERGONOMIE DE SCÈNE ET UNE LUTHERIE SOIGNÉE. TABLE ÉPICÉA MASSIF, PAN COUPÉ,VERS ELLE PAR HASARD ! PRÉAMPLI PERFORMANT ET HOUSSE PREMIUM : UNE GUITARE PENSÉE POUR JOUER PARTOUT, AVEC STYLE ET PERSONNALITÉ.ALORS ON AIMERA OU ON DÉTESTERA LE LOOK ÉVIDEMMENT, MAIS C’EST AUSSI CE QUI FAIT TOUTE SON ORIGINALITÉ !
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attirent immédiatement leattirent immédiatement leL a TourPlayer d’Ortfait partie de ces guclassiques électro qa TourPlayer d’Ortegafait partie de ces guitaresclassiques électro qui appuyés. Le dos et les éclissesen acajou renforcent la chaleurdu registre médium, offrant un Côté amplification, Ortegaéquipe la TourPlayer d’un regard. Son design moderne, sonregard. Son design modern équilibre sonore très musical. Le préampli propriétaire pan coupé élégant et sa finitionpan coupé élégant et sa fin manche, fin et agréable, facilite performant, précis et simple à soignée lui donnent une alluresoignée lui donnent une all le passage pour les guitaristes régler. Le système capte bien la résolument contemporaine,résolument contemporain venant de l’électrique ou de chaleur naturelle de la guitare loin des codes traditionnels deloin des codes traditionnel l’acoustique folk, ce qui fait tout en offrant suffisamment la guitare classique. Pourtant,la guitare classique. Pourta de la TourPlayer une guitare de définition pour la scène oul’enregistrement. Les réglages derrière cette esthétique affirmée,on retrouve une constructionderrière cette esthétique afon retrouve une constructi particulièrement accessible.Le pan coupé, parfaitement intuitifs permettent d’adapterrapidement le son selon le sérieuse et une vraie attentionportée au confort de jeu.sérieuse et une vraie attentportée au confort de jeu. intégré au design, permet unaccès confortable aux aigus, un contexte. On se croirait surune électrique La table en épicéa massif apporteLa table en épicéa massif a vrai plus pour les guitaristes qui réagit bien aux nuances de ! La guitare clarté, projection et une belledynamique, idéale pour lesclarté, projection et une bedynamique, idéale pour les aiment explorer tout le manche.La touche en laurier est délicate jeu, conservant une belleexpressivité même amplifiée. arpèges précis comme pourles accompagnements plusarpèges précis comme poules accompagnements plus et agréable. L’ensemble respirela modernité sans renier l’ADNclassique de l’instrument. La housse premium fournieajoute une touche professionnellebienvenue : protection renforcée, Look atypiquecertes, mais un poches pratiques, confortde transport… un vrai atout manche et unconfort de jeu pour les musiciens nomades.La TourPlayer porte bien indéniables. son nom : c’est une guitarepensée pour bouger, jouer,voyager, sans compromis sur le style ou la qualité.Avec ce modèle, Ortega réussit
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PÉDAGO TUTO GUITAR PART 379 - AVRIL 2026
CE LOGO INDIQUE LES RUBRIQUES ACCOMPAGNÉESDE VIDÉOS DANS L’APPLICATION GUITAR PART !
L’ÉQUIPE SOMMAIRE
AYMERIC SILVERTBercé par la musique dès La rubrique pédagogique de ce numérode GP est un peu spéciale. J’ai conservé son plus jeune âge (sa mèreest professeur de musique), la suite de nos aventures de ma méthode« Organisez votre jeu avec le CAGED » en il devient vite accro à labatterie, puis à la guitare. travaillant sur les triades mineures ainsi quela mise en application. Et avec le succès de la Première tournée au Québecà l’âge de 18 ans, il devientournée au Québec nouvelle rubrique sur LE son, je ne pouvaispas la mettre de côté (on aborde l’utilisationdes boosts, des overdrives et distorsions… professionnel à 23 ans.Session man, pédagogue, passionnant !). auteur de la méthode « Organisez votre jeu avec leCAGED », plusieurs albums en rock progressif, puis sousganisez votre jeu avec le Pourtant, il nous semblait capital de réserverune bonne place à la sortie de l’album son nom (« Open Rock »), il devient démonstrateur degrandes marques d’instruments et tourne et joue avec des hommage à B.B. KING,SUMMIT 100. En effet, Joe BONAMASSA a B.B. KING’s BLUES artistes comme Steve Lukather, Ron Thal (Bumblefoot) ouGuthrie Govan… Sa signature principale est la polyvalence. réuni une multitude de fines gâchettes autourde ce projet grandiose. On peut y retrouver la Aymeric est aussi titulaire d’un C.A. en musiques actuelles(30 en France). Sa passion est communicative et son participation de Robben FORD, Eric CLAPTON,SLASH, Buddy GUY, Larry CARLTON, KINGFISH, sens aigu de la pédagogie vous permettra de progresservite et bien, car vous intègrerez toutes les notions en les Eric GALES… comprenant et en les jouant. Vous en ferez VOTRE jeu. On va en profiter pour travailler des phrasesà la BB KING et son influence dans le jeu detous ces guitaristes aussi extraordinaires quetalentueux. 84 GuitarPart
I. MÉTHODE « ORGANISEZ VOTRE JEU AVEC LE CAGED »
TOUSTOUS
NIVEAUXNIVEAUX
RETROUVEZ LA VIDÉO PÉDAGOGIQUE « LES TRIADES MINEURES »
VIA VOTRE APPLI GUITAR PART !
Les Triades : C’est la formule la plus « light » des accords simples. On ne joue qu’une Tonique, une tierce et une quinte. Le mois passé, nous avons parlé des triades Majeures, il est temps de parler des triades mineures. La seule différence entre les deux ? La tierce ! Exactement comme les accords qu’on a vus il y a quelques mois maintenant. Les renversements d’accords (vus le mois dernier dans le GP 378) fonctionnent aussi pour les accords et triades mineures. - Si c’est la tonique à la basse, on dit que l’accord est à l’état fondamental. - Si c’est la tierce à la basse, c’est un premier renversement. - Si c’est la quinte à la basse, c’est un deuxième renversement. Exemple avec les triades du Ré mineur := 120 Dm Dm/F Dm/A 1 2 3 el.guit. 2 3 31 53 3 2 2 Les voici sous les différentes structures du CAGED : (Vous avez 3 blocs de 4 triades). Sous la structure du D et du C Sous la structure du A et du G 3m3m 55 TT 3m3m
55 TT
3m3m 55 TT 3m3m
55 TT
Sous la structure du E et du D TT 55 3m3m TT 55 3m3m GuitarPart 85
PÉDAGO TUTO
Jouez la première triade, repérez la note la plus grave et faites le système d’octave pour avoir un repère pour placer le renversement suivant sur les 3 mêmes cordes. Après ces trois structures, vous revenez à la première, mais une octave au-dessus. 3m3m 55 TT 3m3m TTTT 3m3m 55 TT 55 TT 3m3m 55
II. APPLICATION
TOUS
NIVEAUX
1. Voici une série d’exercices à faire en boucle. Attention à bien respecter les doigtés proposés dans un premier temps pour bien séparer chaque accord ou chaque renversement. Commençons par les structures D et C Dm/A Dm/F Dm Dm/A Dm/A Dm Dm/F Dm/A 1 2 3 4 el.guit. 132 32 3 235 35 5 55 3 532 32 3 231 Dm/A Dm Dm/F Dm/A Dm/A Dm/F Dm Dm/A 5 6 7 8 13 2 23 32 3 5 3 2 3 1 55 3 53 3 32 2 5 5
2. Passons au travail sur les structures A et G
Dm Dm/A Dm/F Dm Dm Dm/F Dm/A Dm 1 2 3 4 el.guit. 567 67 6 65 7 778 7 7 7 108 7 7 108 8 7 7 86 GuitarPart
3. Et enfin les structures E et D.
Dm/F Dm Dm/A Dm/F Dm/F Dm/A Dm Dm/F 1 2 3 4 10 10 el.guit. 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 12 12 12 12 12 12 12 12 12 12 13 13 Dm/F Dm/A Dm Dm/F Dm/F Dm Dm/A Dm/F 5 6 7 8 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10 12 12 12 12 12 12 12 12 12 12 13 13 4. Dans cet exercice, on se force à jouer tous les renversements sur la longueur du manche en jouant sur les 3 petites cordes. Dm/A Dm Dm/F Dm/A Dm/A Dm/F Dm Dm/A 1 2 3 4 1 5 10 13 13 10 5 1 el.guit. 3 6 10 15 15 10 6 3 2 7 10 14 14 10 7 2
5. Même exercice, mais avec les cordes de Si, Sol et Ré.
Dm/F Dm/A Dm Dm/F Dm/F Dm Dm/A Dm/F 1 2 3 4 el.guit. 3 6 10 15 15 10 6 3 2 7 10 14 14 10 7 2 3 7 12 15 15 12 7 3
6. Idem avec les cordes Sol, Ré et La.
Dm Dm/F Dm/A Dm Dm Dm/A Dm/F Dm 1 2 3 4 el.guit. 2 7 10 14 14 10 7 2 3 7 12 15 15 12 7 3 5 8 12 17 17 12 8 5
7. Et enfin avec les cordes Ré, La et Mi grave.
Dm/A Dm Dm/F Dm/A Dm/A Dm/F Dm Dm/A 1 2 3 4 el.guit. 3 7 12 15 15 12 7 3 5 8 12 17 17 12 8 5 5 10 13 17 17 13 10 5 GuitarPart 87
PÉDAGO TUTO
III. ALBUM HOMMAGE À B.B. KING
TOUSTOUS
NIVEAUXNIVEAUX
RETROUVEZ LA VIDÉO PÉDAGOGIQUE « ALBUM HOMMAGE À B.B. KING »
VIA VOTRE APPLI GUITAR PART !
Le projet de JOE BONAMASSA en hommage à B.B. KING est une pépite. Les invités sont des références dans leur domaine et on va en profiter pour travailler dans le style de B.B. KING, puis dans celui de certains guests du projet, toute une aventure !
1. Dans la pure tradition de B.B. KING. Un blues en C.
Vous remarquerez que son style très épuré touche en plein cœur. Même quand des notes sont répétées, elles changent de dis- cours quand l’accord de la rythmique change. La petite note en case 20 est typique de son jeu. Enjoy !
C F C
1 2 3 ½ 4 ½½ full ½ el.guit. 8 9 8 10 8 10 12 8 (8) 10 F 5 6 7 ½ full 1 ½½ 20 ½ 9 8 10 8 10 12 13 10 13 C G 8 9 10 ½ ½ full (13) 12 ½ ½12 13 13 11 12 10 13 10
F C G
11 12 13 1½ ½ 12 ½½12 ½ ½ ½ ½13 10 13 13 13 11 12 10 12 88 GuitarPart
© KEVIN WESTENBERG
GuitarPart 89
PÉDAGO TUTO
2. Cascades à la JOE BONAMASSA. On connait bien le phénomène ! Ce prodige de la guitare a redonné goût au blues à toute une génération. Grâce à son initiative, cet hommage au grand B.B. KING a pris forme. NIVEAU Ici, on s’éloigne de son influence pour s’attaquer à une descente des plus flamboyantes. Attention, vous allez AVANCÉ faire fumer la touche de votre guitare. Em 1 2 3 el.guit. 15 121512121512 1412141214121412 121412 1412141214 14 12 14 121412 9 12 14121012 9 12 9 12 9 7 9 7 12 10 7 7 10 7 7 14 14 4 5 6 full full full full full full full 12 15 12 15 12 12 14 12 14 12 14 15 12 12 15 (15) 15 12 14 12 12 12 14 12 14 12 12 14 12 14 12 14
© IAN POTTER
90 GuitarPart 3. Passons à ERIC GALES, ce guitariste extraordinaire sait comment garder ses solos hyper attractifs en glissant des notes improbables, des diminués, des secondes mineures, des incartades en Phrygien dominant en plein solo
NIVEAU
INTERMÉDIAIRE
blues. Il est juste incroyable. Je vous recommande chaudement d’aller le voir et l’écouter. = 120 1
A7 H
2 3 H
full full full el.guit. 9 H 5 H 5 8 8 5 8 5 5 9 5 6 7 7 5 7 5 6 5 5 4 5 D7 6 ½ ½ ½ ½ ½ ½ ½ ½ 8 5 6 6 6 7 (7) 7 5 8 8 5 8 3 7 A7 H E7 7 8 9 full H 5 (5) 5 6 5 7 7 7 5 7
D7 A7 E7
10 11 12 ½ 9 5 8 5 5 4 7 8 7 ½8 7 8 5 7 5 5 6 5 8 9 (7) 7 5 7 5 5 6 8 7 5 6 7 10 7 7 7 5 ½ ½ 4. Dans les autres intervenants, on a le grand ROBBEN FORD. Pour l’occasion, on va pouvoir aborder un sujet assez avancé sur son utilisation de la gamme diminuée. La fameuse gamme ton-demi ton. Sur un A7, ça représente les intervalles suivants (en partant du La) : T - b2 - 3m - 3M - #4 - 5 - 6 - 7 - T. Robben l’approche comme une gamme très NIVEAU blues. On peut passer de la tierce mineure vers la tierce Majeure (on évite l’inverse). La #4 est considérée comme la AVANCÉ « blue note » et à partir de la 5te, ce sont les notes du mode mixolydien. La note la plus délicate à placer est la b2. Elle donne un côté assez « out », mais convient parfaitement si l’accord de A7 est agrémenté d’une b9 ou d’une #9. Ne pas l’utiliser sur un accord 7alts, car on va frotter si la rythmique joue la #5. Vous l’aurez compris, c’est un peu plus complexe que le jeu blues traditionnel. Mais ROBBEN FORD est le roi quand il s’agit d’avoir un jeu blues trad et sortir du cadre quand il le souhaite. A7 1 2 3 5 5 8 el.guit. 5 5 8 7 7 8 8 8 5 6 8 5 6 7 5 7 7 8 GuitarPart 91
PÉDAGO TUTO
A7 1 2 3 el.guit. 8 5 8 5 6 5 8 7 5 7 8 5 8 7 5 7 7 8 8 5 6 4 5 6 ½½ 9 5 8 ½ 5 8 7 8 5 5 7 8 5 7 7 6 5 8 5 7 8 9 10 6 5 7 3 5 4 7 6 5 8 7 6 9 8 5 6 (6)0 5. Passons au style bien traditionnel de JIMMY VAUGHAN. Pour réussir ce tour de force, vous pouvez jouer sans médiator. Le pouce de la main droite va assurer la « rythmique » sur les cordes graves et sur tous les temps. Pendant ce temps, une ligne mélodique va être jouée sur les autres cordes. Ça semble simple quand on l’écoute, NIVEAU mais c’est très difficile au niveau de la coordination. Si vous maîtrisez ce type de plans, vous devriez pouvoir INTERMÉDIAIRE vous attaquer à tous les blues traditionnels. E7 1 2 3 ¼ ¼
P.M. ¼ P.M. ¼
¼ P.M. ¼
el.guit. P.M. P.M. 3 0 3 0 (0) 3 0 4 3 2 0 3 0 2 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 A7 4 5 6
P.M. P.M. P.M. P.M. P.M. P.M. P.M. P.M.
(0) 0 3 0 0 3 0 0 3 0 2 0 5 3 2 6 4 2 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 E7
7 H 8 H 9
P.M.
H P.M. P.M. H P.M. P.M. P.M. P.M. P.M.
2 0 0 1 222 000 1 0 2 0 3 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 2 2 2 92 GuitarPart
© JEAN-PIERRE SABOURET
10 11 12
P.M. ¼ ¼
¼ ¼
P.M. P.M. P.M. P.M.
3 0 0 0 0 2 0 2 3 3 0 0 0 0 0 2 2 2 2 0 0 0 0
13 14 H 15 H
P.M.
P.M. P.M. P.M. H P.M. P.M. H P.M. P.M.
0 0 0 0 3 0 3 0 3 2 0 0 2 0 0 1 2 0 1 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
19 H 20 H 21
P.M.
H P.M. P.M. H P.M. P.M. P.M. P.M. P.M.
2 0 2 0 0 2 0 3 0 0 1 2 0 1 2 0 2 2 2 2 0 0 0 0 0 0 0 0 22 23 24
P.M.
¼ ¼
P.M. P.M. P.M.
3 0 0 0 0 ¼ ¼ P.M.
2 0 2 3 3 0 0 0 0 0 2 2 2 2 0 0 0 0 GuitarPart 93
PÉDAGO TUTO
© CARL STUDNA
6. Parmi les légendes qui jouent sur cet album, il y a un certain Eric CLAPTON. Ici, dans le style de The Thrill Is Gone. Version en Bm. = 90 Bm
1 2 H 3
H el.guit. 12 10 9 7 9 7 9 9 Em 4 5 6 full full ¼ 7 7 10 10 7 10 7 7 (7) 10 7 10 7 9 7 9 7 Bm P 8 9 ¼ full P 7 79 77 9 7 9 9 9 7 9 9 9 7 9 94 GuitarPart ¼ F7 Bm F7 10 11 12 13 ½ 7 10 10 7 9 7 7 7 7 9 7 9 9 9 9 (9) 9 7 9 7 9 9 9 7 5
7. Revenons au style de B.B. KING. Ici, dans un blues mineur.
Am7 Dm7 1 2 3 full ½ el.guit. 5 5 5 7 5 5 5 7 7 7 Am7 Dm7 4 5 6 5 5 7 7 5 7 Am7 7 8 9 ½ 17 5 5 5 5 5 5 7 7 7 7 7 FM7 Em7 FM7 10 11 12 ½ full ½ full 5 5 8 (8) 5 5 5 5 5 7 5 7 5 7 5 7 7 7 GuitarPart 95 ½ ½
PÉDAGO TUTO
E7 Am7 E7(9) 13 14 15 (7) 7 5 5 5 7 5 7 5 7 5 7 8. Pour bien illustrer le changement de fonction d’une note selon les accords qui sont joués derrière, je vous ai préparé un blues très simple à exécuter, mais qui vous forcera à vous concentrer sur vos oreilles, votre feeling et votre placement rythmique. Eh oui, juste quelques notes répétées et on fait monter la tension pour le plus grand plaisir des amateurs de blues. = 120
A7 D7 A7
1 2 3 ½ el.guit. 5 7 5 7 5 7 5 7 5 7 5 7 5 5 7 5 7 D7 4 5 6 ½ 5 7 5 7 5 7 5 7 5 (5) 7 5 7 5 7 5 7 5 7 5 7 5
A7 E7
7 8 9 full ½ full ½ ½ (5) 8 8 5 8 8 5 7 5 (5) 7 5 7
D7 A7 E7
10 11 12 full ½ 8 8 5 7 5 (5) 7 5 5 8 5 96 GuitarPart
© ROBERTKEELEY.COM
IV. LES SECRETS DU « SON » À LA GUITARE
TOUS
NIVEAUX
Comment régler son matériel pour avoir LE SON. Le mois passé, nous avons éclairci quelques sujets élémentaires pour notre quête et notamment les réglages de base d’un ampli selon les marques et les modèles. (Les fréquences des potards de basse, médiums et aigus, entre autres). En effet, pour utiliser des pédales, il vaut mieux avoir soigné la base sur laquelle elles seront branchées (son clair ou un peu dirty). GAIN On sait que beaucoup d’amplis ont un son clair et un son saturé. Nous y reviendrons plus tard. Dans ce numéro, nous allons parler des boosts en tout genre et surtout comment les utiliser selon le contexte. CLEAN BOOST Les Boosts : L’objectif est des pousser le signal qui vient de la guitare à un niveau plus élevé. Il faut donc bien différencier les différents boosts : Les boosts transparents : la pédale ne dénature pas le son de base et ne fait qu’amplifier son niveau de sortie. On retrouve plusieurs références qui font très bien ce travail. Petit conseil, si vous avez une pédale d’égaliseur de fréquences, mettez les fréquences au milieu (neutre) et ne montez que le level d’output de la pédale. Dans ce cas un ampli avec un son clair va V surtout avoir plus de volume. Par contre, si le son de base est un peu dirty, le boost va le rendre encore plus saturé. EQ La saturation va compresser naturellement le volume et c’est le taux de distorsion qui va monter (plus rock). Dans ce contexte, ce boost peut transformer un son crunch en son lead ou un son distorsion en un son liquide au sustain infini ! GuitarPart 97
PÉDAGO TUTO
Les boosts typés : certaines pédales restent des boosts, mais ont des particularités sonores qui donnent du caractère à votre son. Imaginons que votre ampli ait un son clair assez froid et sans grain, le boost peut amener une légère saturation et des fréquences moins neutres. C’est le cas quand vous prenez une tube screamer (qui est un overdrive à l’origine) et que vous mettiez le drive à 0 et le level à 10. Ensuite, vous ajustez la brillance avec le potard « tone » de la pédale et là… écoutez
STEVIE RAY VAUGHAN.
Ce type de boost fonctionne aussi très bien devant une pédale de saturation ou un canal saturé d’ampli. Le taux de distor- sion va drastiquement monter, mais les fréquences de la pédale vont jouer sur le timbre. Pour reprendre l’exemple de la tube screamer, elle a la particularité de couper un peu les basses et de mettre les médiums en avant, votre son sort du mix global du groupe, c’est très utilisé pour faire un son « solo ». Au contraire, certains boosts sont reconnus pour donner de l’épaisseur à votre son (essayez une Klon Centor ou une imita- tion avec le même type de réglages en montant juste un peu le drive et vous comprendrez).
GAIN VOLUME
IN GAIN
TONE OUT
IN
GUITARE
OVERDRIVE CLEAN BOOST
Dans ces boosts typés, on retrouve le treble boost et autre benders. Très utilisés par BRIAN MAY devant ses VOX. Un treble boost est un boost qui est très coloré, car il va surtout booster les médiums et les aigus. Si vous connaissez le son du guita- riste de QUEEN, il est assez « vocal ». Un VOX poussé va devenir bien saturé et très compressé. Mais le son va devenir assez « boueux », donc assez brouillon. Avec un treble boost, les fréquences deviennent plus précises et la guitare sort du mix.
GAIN VOLUME GAIN VOLUME
OUT IN IN
TONE OUT TONE GUITARE
DISTORTION OVERDRIVE
Ce qu’il faut retenir : un boost permet de monter le signal d’entrée de l’ampli ou d’une autre pédale. Sur un son clair, on aura une différence de volume, sur un son saturé, on aura un taux de saturation plus fort. Si le boost est placé en fin de chaîne des pédales ou dans la boucle d’effets de l’amplificateur, il va surtout servir à monter le niveau général de votre son, donc le volume. Dans ce cas, il n’influencera pas ou peu le taux de distorsion, mais permettra de monter le volume pour un solo en son clair, crunch ou saturé. 98 GuitarPart
SPACE 6
HEADLESS GUITARS
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