guitar-part · GP380
MATOS>>>> SPRINGER FIREHAWKLAVABLACKSTARELECTRO-HARMONIX STUDIO TV10A & > CORT B - BLACKSTAR EARTH GO HYVIBE H2 ATOMIC CLUSTER...PELHAM BLUE — GP380
MATOS>>>> SPRINGER FIREHAWKLAVABLACKSTARELECTRO-HARMONIX STUDIO TV10A & > CORT B - BLACKSTAR EARTH GO HYVIBE H2 ATOMIC CLUSTER...PELHAM BLUE LIGHT RELICTER... TV10 112TV10 112TV10 112 >TUTOS>>>> LES SECRETS DU SONLES SECRETS DU SONTAPPING AVANCÉERIC JOHNSONLES SECRETS DU SON LE PERFECTIONISTE DU SON DEUX MAINS, MULTI DOIGTS À LA GUITAREÀ LA GUITAREÀ LA GUITARE GuitaruitaruitaruitarPartPPPP artart
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LE GUIDE DE GUITAR PARTFESTIVAL D’ÉTÉALORS, ON VA OÙ ? RENCONTRES
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usical Instruments Corporation. Tous Droits Réservés. GuitarPart +TEST DE L’ EPIPHONESG FATOUMATA DIAWARAEN ENTREN ENTRETIENENTRETIEN L 13659 - 380 H - F: 8,50 - RD ∞ N380MAI - JUIN 2026MAI - JUIN 2026BELUX 9,50Ä - CH 15,50 CHF - CAN 15,50$CAD - DOM/S 9,50 Ä- ESP/IT/GRE/PORT.BELUX 9,50Ä - CH 15,50 CHF - CAN 15,50$CAD - DOM/S 9,50 Ä- ESP/IT/GRE/PORT.CONT 9,50 Ä - D 10,50 Ä - TOM/S 1 100 XPF - MAR 97 MADCONT 9,50 Ä - D 10,50 Ä - TOM/S 1 100 XPF - MAR 97 MAD DIRECTEUR DE LA PUBLICATIONMORGAN CAYREmorgan@bleupetrol.com
ASSISTANTE DE DIRECTION-COMPTABILITE-ABONNEMENTSMÉLANIE BORIE PAILLE À SON
melanie@bleupetrol.comCONTACT RÉDACTION contact@guitarpartmag.frDIRECTEUR DE LA RÉDACTION BERTRAND LE PORTbertrand@bleupetrol.com l ne faut pas se mentir, en 2026, on écoutede plus en plus la musique avec les yeux. RÉDACTEUR EN CHEFJEAN-PIERRE SABOURET I Quelquespour décider si un morceau mérite notre secondes suffisent désormais COORDINATION ÉDITORIALECYRIL TRIGOUST placée, un geste reconnaissable, un costume origi-attention : une dégaine, une lumière bien RESPONSABLE MATOSFLO S. nal ou une grimace « authentique » capturée au bonmoment. Avant même d’avoir vraiment entendu une RESPONSABLE PÉDAGOAYMERIC SILVERT chanson, on l’a déjà regardée défiler. ENREGISTREMENT AUDIOBERNARD GIONTA / Studios La Mantewww.studioslamante.com Aujourd’hui, même les morceaux semblent parfoisLe phénomène dépasse largement les réseaux. ONT COLLABORÉ À CE NUMÉROPHILIPPE LANGLEST, ELODY DI COCCO,JULIEN MEUROT, DAVID NAMIAS. pensés pour survivre en bande-son d’une vidéo surYouTube : une intro immédiatement identifiable, un DESIGN GRAPHIQUEVALENTINE LE PORT (Bleu Petrol Presta)www.bleupetrol.com pour devenir un gimmick visuel autant que sonore.Les guitaristes eux-mêmes deviennent parfois desrefrain calibré pour quinze secondes, un riff conçu COMMUNICATIONDIRECTEUR DE LA COMMUNICATIONTIMOTHÉ MENDES GONCALVES personnages avant d’être des musiciens. On recon-naît une posture, une coupe de cheveux, une collec- Une leçon d'humilité attribuée à timothe@bleupetrol.com tion de guitares ou un décor de scène avant de détec- Jésus dans l'Évangile selon Saint PUBLICITÉ ter un vibrato ou un toucher unique… Matthieu, Saint Luc et Saint Thomas. DIRECTRICE DE CLIENTÈLESOPHIE FOLGOAS - 06 62 32 75 01sophie@bleupetrol.com cipant. Et, à force de traquer la moindre paille dans l’oreille du voisin, on ne voit plus la poutreLe plus ironique, c’est que nous sommes nombreux à dénoncer ces dérives… tout en y parti- RESPONSABLE MARKETINGGauthier Enguehard plantée dans notre propre œil. Cette habitude moderne de consommer la musique d’abordcomme une image est désormais bien ancrée. Tant et si bien que l’on peut tous douter d’une CONTACT DIFFUSEURSET DÉPOSITAIRES DE PRESSEMP CONSEIL réelle objectivité dans notre façon d’écouter la musique. Laurent Charrié01 42 36 96 65 DISTRIBUTIONMLP avaient compris depuis longtemps la puissance d’une silhouette et d’une mise en scène. Mais lin, Deep Purple, Bowie, Prince, Kiss, Hendrix et tant d’autres Van Halen, Metallica ou Muse,Bien sûr, le rock n’a jamais été aveugle. Les Beatles, les Rolling Stones, les Who, Led Zeppe- ÉDITEURGUITAR PART est un mensuel édité par :Raykeea, société à responsabilité limitée au chez eux, l’image prolongeait le son. Elle ne le remplaçait pas. Jean-Pierre SABOURET capital de 2 000 euros.GÉRANT Rédacteur en chef
MORGAN CAYRESIÈGE SOCIAL
66, avenue des Champs-Élysées75008 Paris PHOTO DE COUVERTURE :XXXX XXXXSiret : 793 508 375 00052 RCS PARIS - NAF : 7311ZTVA intracommunautaire :FR 25 793 508 375 Commission paritaire :n° 0129 K 84544ISSN : 1273-1609 Recevez Guitar Part directement chez vous et réalisez 47 % d’économie !ABONNEZ-VOUS ! Dépôt légal : à parution. (rendez-vous page 47 ou scannez le QR code ci-contre) Imprimé en Communauté Européenne RETROUVEZ www.guitarpart.fr EN NUMÉRIQUE pédagogiques et la versionToutes les vidéos PLAYLISTSPOTIFY Gp Gp Gp Gp numérique du magazine La rédaction décline toute responsabilité L'APPLI GUITAR PART sont à retrouver sur concernant les documents, textes et photosnon commandés. Rendez-vous page 69
SOMMAIRE 16
GUITAR PART 380 - MAI - JUIN 2026
78 38 16 74 16 6 ACTU DOSSIERS/RUBRIQUES 81 Laney Black Country Customs 26 L’été des festivals Loudpedal Supergrace Billy Corgan 58 Vintage : MXR Distortion + 82 Bacchus Universe BJB-1 12 CHRONIQUES 64 Luthier : Loïc Le Pape 83 Jet Guitars JJ350 Purple LES ALBUMS DU MOIS 66 Mais pourquoi ? Le tempérament égal PÉDAGO TUTO sonne faux. 84 Sommaire-présentation Organisez votre jeu avec le À LA UNE MATOS CAGED. La pentatonique majeure. 16 PAT METHENY 68 News 87 Application 92 Eric Johnson TESTS 94 Tapping avancé : deux mains, ENTRETIENS 70 low gainGuide d’achat : Les overdrives multi-doigts 32 Eric Johnson 72 Springer Firehawk Pelham 96 Les secrets du « son » à laguitare 36 Fatoumata Diawara Blue Light Relic 42 Adrian Belew - Beat 74 Epiphone SG Fatoumata 50 Devin Townsend Diawara PÉDAGO TUTO GUITAR PART 380 - MAI 2026 54 Gérard Manset 75 Gretsch Guitars Electromatic 60 Sidilarsen Premier Jet CE LOGO INDIQUE LES RUBRIQUES ACCOMPAGNÉESDE VIDÉOS DANS L’APPLICATION GUITAR PART ! 62 Les Wampas 76 Lava Studio 77 Cort Earth Go HyVibe H2 AYMERIC SILVERTL’ÉQUIPEar la musique dès Quel numéro de Guitar Part ! Ce mois-ci, on a la chance d’avoir deuxdes plus grands guitaristes de ces quarante dernières années : Pat
SOMMAIRE
Bercé par la musique dès LIVE REPORT 78 Blackstar TV10A & B – TV10 112 son plus jeune âge (sa METHENY et Eric JOHNSON. Deux univers, deux sons iconiques, et mère est professeur demusique), il devient viteaccro à la batterie, puis une passion commune pour la perfection musicale. Que vous aimiezle jazz fusion ou le rock texan au son cristallin ou crémeux à souhait,vous allez être servis ! à la guitare. Première On continue bien sûr notre aventure dans la méthode « Organisez 24 Joe Bonamassa 80 Electro-Harmonix Atomic Cluster/ tournée au Québec à votre jeu avec le CAGED ». Après les triades majeures et mineures l’âge de 18 ans, il devientprofessionnel à 23 ans.Session man, pédagogue, auteur de la méthode des numéros précédents, on aborde ce mois-ci un chapitre clé : lapentatonique majeure. Vous allez découvrir comment cette gammeincontournable s’inscrit naturellement dans le système CAGED, etcomment l’utiliser sur tout le manche avec logique et musicalité « Organisez votre jeu avec le CAGED », plusieurssion man, pédagogue, auteur de la méthode vient On va bien sûr en profiter pour travailler des phrases et des solos 48 Laura Cox Duet Audio Sonora albums en rock progressif, puis sous son nom (« OpenRock »), il devient démonstrateur de grandes marquesd’instruments et tourne et joue avec des artistes directement inspirés par le jeu d’Eric JOHNSON. Un régal pour lesoreilles… et pour les doigts !Du côté de la technique, on pousse encore plus loin notre exploration comme Steve Lukather, Ron Thal (Bumblefoot)ou Guthrie Govan… Sa signature principale est lapolyvalence. Aymeric est aussi titulaire d’un C.A. en du tapping. Cette fois, on attaque le tapping avancé : plusieurs doigtsdes deux mains, techniques combinées, arpèges en tapping… De quoiouvrir des portes sonores que vous ne soupçonniez peut-être pas ! musiques actuelles (30 en France). Sa passion estcommunicative et son sens aigu de la pédagogievous permettra de progresser vite et bien, car vous Et pour les secrets du son, numéro spécial ! En partenariat avecSAVAREZ et leur gamme Hexagonal Explosion pour guitare électrique,on plonge dans le monde du tirant de cordes et de son impact sur 4 GuitarPart intègrerez toutes les notions en les comprenant et enles jouant. Vous en ferez VOTRE jeu. votre son. On en profite aussi pour démystifier les trois grandesfamilles de saturation : overdrive, distorsion et fuzz — avec des pédalesmythiques, des guitaristes de légende et les styles qui vont avec.Bonne lecture, bonne pratique, et surtout… bon son à tous !!!!!
DEFY
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ACTUS
UN 25Après une campagne mystérieuse menée sous le pseudonymee dévoilé deux premiers titres :The Cockroaches (clin d’œil aux Beatles et à un alias déjà
ALBUM POUR LES STONES
utilisé lors de concerts secrets à Toronto en 1977) puis ladiffusion de vinyles white label ultra-limités, le groupe arock nerveux, et Chad Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, ainsideux morceaux sont disponibles sur leur chaîne YouTube.Produit par Andrew Watt, l’album réunit un casting In The Stars, plus pop rock et mélodique. Les Rough and Twisted, un blues participationtout, cet immenslors de ses dernières sessions. Plus surprenante, laqu’une apparition posthume de Charlie Watts, captée impressionnant : Paul McCartney, Steve Winwood (Traffic), participation de Robert Smith de The Cure. Mais aprèstout, cet immense compositeur et guitariste avait déjàrepris avec son groupe, en 2010,reprisune compilation dédiée à Paul McCartney. Beatles,une LondrLondres, est attendu pour le 10 juillet 2026.Stones : pourquoi choisir quand on aime les deux !StoneCe 25Ce 2enr e album studio nommé « Foreign Tongues », Hello Goodbye, sur enregistré en 4 semaines au Metropolis Studio de
UNE SG SIGNATURE POURGRETA VAN FLEET
Membre fondateur de Greta Van Fleet, Jake Kiszka s’est imposécomme l’un des jeunes guitar heroes les plus flamboyants dela scène rock américaine. Son jeu, nourri de blues, de vibratolarge et surtout de riffs hérités de Jimmy Page ou Joe Perry, de vibratoa s’est imposé repose depuis toujours sur une SG. Gibson lui consacre uneSG Standard Faded Vintage Cherry, un modèle signature quireprend l’esthétique qu’il affectionne. On retrouve un corpslamboyants deou Joe Perry incrustations trapézoïdales classiques. Côté son, laen acajou à double pan coupé asymétrique et un manche signature quimanchee un corpsacre une guitare embarque une paire de humbuckers de typeT, pour le grain et leur réponse dynamique, idéalepour les attaques franches de cordes et les envoléespleines de sustain du guitariste. Petite excentricitéacajou SlimTaper rapide sous les doigts. La touche enpalissandre accueille 22 frettes medium jumbo et desouche endes amusante, cette guitare reprend le look du vibratoSideways Vibrola original des SG de 1961, mais il © DR cache un chevalet fixe afin de ne pas souffrir ducaractère instable et imprécis de son ancêtre.Riche idée, car avoir la classe, c’est bien, garderson accordage sur scène, c’est encore mieux !6 GuitarPart
LONG LONG ROAD - RINGO STARR
Enregistré à Nashville et à Los Angeles avec quelques invités de prestige tels que Sheryl Crow, St. Vincent et Billy Strings, le 22e album de Ringo Starr débarque dans une édition vinyle malheureusement assez sobre. Le collector Ultraviolet Dream ajoute un peu de couleur et fait monter le tarif à 33 €, sinon la version noire plus classique se trouve à moins de 30 €.
CREAM – WHEELS OF FIRE
Continuons ce tour d’horizon des sorties avec encore des petits jeunes puisque ce n’est autre qu’un triple vinyle de l’album de Cream qui arrive en version Deluxe au tarif de 55 €. Si les galettes manquent un peu de couleur, on ne peut que craquer pour cette édition de l’un des sommets du rock psyché, paru en 1968, porté par d’excellents titres tels que White Room, Sitting On Top Of The World et surtout par l’énergie d’Eric Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker. Une version numérique en cinq volumes avec de nombreux lives et version remastérisées sera disponible dans l’année.
TOOL – LATERALUS
Si vous l’aviez raté à sa sortie, le picture disc de Lateralus est de nouveau disponible sur les sites de vente en ligne au tarif de 67 €. Il s’agit d’un double album illustré par quatre dessins d’une découpe peu ragoûtante d’un buste humain. Heureusement il ne s’agit que de dessins, mais pour réellement se fendre le crâne en deux, vous pouvez toujours chercher la métrique de l’inoubliable morceau Schism.
ACTUS
THE ARISTOCRATS
EN CONCERT À PARIS
Depuis 2011, The Aristocrats s’imposent sur la scène rock fusion instrumentale par leur audace et leur virtuosité débridée. Composé du guitariste Guthrie Govan (Steven Wilson, Hans Zimmer, Asia/GPS), du bassiste Bryan Beller (Joe Satriani, Steve Vai, Dethklok) et du batteur Marco Minnemann (Steven Wilson, Joe Satriani, Steve Hackett), le trio a fait le buzz en 2011 lors de leur concert de lancement au Anaheim Bass Bash pendant le Winter Namm avant de sortir un premier album éponyme. Après quatre tournées mondiales, trois albums à succès et un concert complet à Paris en 2023, le groupe sera sur la scène de La Cigale le 1er juin 2026. Un show explosif, taillé pour les fans de guitare affûtée et de grooves imprévisibles.
É
ARCTIS NOVA PRO OMNI LANEY PRISM-MINILANEY PRISM-MINI
Le Nova Elite était un casque premium remarquable, Nous avions évoqué, dans notre dossier sur les mais positionné à 650 €, un peu cher pour un produit enceintes Bluetooth, la possibilité de troquer les que l’on ne peut classer en hi-fi. Ce Pro Omni reste une Marshall, Bose et autres Ultimate Ears contre des minis solution premium, mais plus accessible, puisque proposé amplis capables de diffuser votre musique. Ajoutons à à 400 €. Équipé d’une puce Bluetooth LE Audio et d’une la gamme de ces petits portables la Laney Prism-Mini entrée jack 3,5 mm, le casque est accompagné d’un DAC absolument charmante dans son habit bleu et sa grille compatible Hi-Res 96 kHz/24bits. Nous l’avons eu en test beige en façade. Cet ampli à modélisation de 2 x 3 watts, plusieurs semaines et sommes ressortis impressionnés ne pèse que 500 grammes et mesure 17 cm de large, 11 par sa qualité : les basses affirment leur présence sans cm de hauteur et 8 cm de profondeur. De quoi emmener se montrer écrasantes, les médiums et les aigus sont dans son sac 17 simulations d’amplis et IR intégrés, 32 équilibrés, une légère brillance gênera peut-être les plus effets (jusqu’à six simultanés) et une boîte à rythmes, le exigeants, mais l’égalisation de l’application mobile ou tout couplé à l’application mobile Tone Wizard pour plus PC corrigera le problème. Au final, cette marque pour de praticité. La batterie rechargeable via USB-C propose « gamers » sort un produit audiophile convaincant jusqu’à 14 heures d’autonomie, et cette petite boîte trop © DR à un tarif abordable au regard de sa qualité. chou à la marque prestigieuse coûte environ 115 €. 8 GuitarPart
DEEP PURPLE FAIT UN GRAND SPLAT !
Début juillet signera décidément le retour des légendes puisque le 3 sortira « Splat! » un album présenté comme le disque le plus heavy de Deep Purple depuis des décennies. Produit par Bob Ezrin, il renoue avec l’énergie brute du début des années 70, celle des Highway Star, Lazy ou Smoke on Vous leVous leVous leVous le the Water, porté par Ian Gillan et l’élan du guitariste Simon McBride, désormais pleinement intégré au groupe. Enregistré dans les conditions proches du live, « Splat! » affiche un protégez...protégez...protégez...protégez... son massif et une bonne dynamique hard rock. Le groupe sera au Hellfest le 18 juin, à Montreux le 13 juillet, et fera cinq dates en France aux mois d’octobre et novembre. et si vouset si vouset si vouset si vous l’assuriez ?l’assuriez ?l’assuriez ?l’assuriez ?
GEORGE THOROGOOD AU BATACLAN
Le 26 juin, le chanteur de Bad To The Bone, I Drink Alone ou One Bourbon, One Scotch, One Beer (tout un programme), sera en concert avec son groupe The Destroyers au Bataclan. À cette occasion sortira, le 12 juin, « The Baddest Show On Earth », une compilation retraçant 50 ans de concerts du groupe blues rock préféré des bikers.
UNE GAME BOY ADVANCE COMME
GROOVEBOX
On termine cette page vintage avec une nouveauté improbable : Fors sort sur la console de Nintendo de 2001, une véritable groovebox FM. Compatible console réelle ou émulateur, cette application offre 4 pistes, un séquenceur, des opérateurs FM modulables et une interface optimisée pour la GBA. Dingue, inutile… on adore. adagioassurance.comadagioassurance.comadagioassurance.com GuitarPart 9
ACTUS
JACKSON KELLY DIABLO IV,
UN PACTE AVEC LE DIABLE
Cette édition limitée hommage au jeu de Blizzard affiche un look d’enfer avec ses bindings et décorations couleur sang, et surtout le visage de Mephisto, le boss ultime de « Diablo », en illustration principale sur la façade. Son corps en Nyatoh favorise un sustain équilibré, tandis que son manche traversant en érable renforcé par des tiges en graphite, promet des riffs bien lourds et des solos diaboliques. Ici pas de fioritures techniques : un unique humbucker actif relié à un simple bouton de volume, nul autre réglage ne viendra perturber le Diabolus in Musica. S’il s’agit avant tout d’une collaboration commerciale pour la sortie de la mise à jour et de « Lord of the Hatred » de Diablo IV, il faut reconnaître que cette Kelly en impose…on vendrait notre âme pour en posséder un exemplaire.
JOHN BUTLER, TROIS DATES EN FRANCE
Dire que nous sommes fans de John Butler est bien en dessous de la vérité. Nous l’avons interviewé récemment dans Guitar Part à l’occasion de la sortie de l’album « Prism » et rencontré plusieurs fois en tournée : il est à la fois un grand artiste, un excellent guitariste et un homme accessible, simple, très ouvert à plusieurs styles de musique. Aussi nous sommes ravis d’être partenaires de trois dates, cet été, en France. Le 19 juillet à Bordeaux, le 21 juillet à Toulouse ou le 22 juillet à Sète, il montera sur scène entouré de Michael Barker à la batterie, Michael Boase aux percussions et Ian Peres à la basse et au clavier. Ce quatuor donne une nouvelle énergie aux compositions du musicien australien, un show live inoubliable.
MUSE, À QUAND LA
CRYOGÉNISATION ?
Nous n’avons pas caché notre admiration pour Bellamy autant que de ses deux compères même si leurs derniers albums ne tournent jamais sur nos platines. Mais à chaque fois on croit au retour du feu sacré. On attend donc le 26 juin, date de sortie de « The Wow ! signal », avec une grande impatience. Le groupe a révélé un second titre, Cryogen, accompagné d’un clip : riff tendu, basse dominante, voix haute… on retrouve l’énergie d’un Plug In Baby et une esthétique rock © DR plus frontale. Croisons les doigts. 10 GuitarPart
UNE SIGNATURE
POUR BEN HARPER
Taylor dévoile la Ben Harper Gold Label 512e, une Grand Concertand Concert plus profonde conçue avec l’artiste californien, maître du lap steeldu lap steel et du folk-blues. La lutherie associe table en épicéa de Sitka massifSitka massif torréfié au fond et aux éclisses en acajou, pour un timbre chaud et une projection étonnante pour ce format compact.ompact. Le barrage V-Class en éventail renforce le sustain et le volume, tandis que le Système Action Control du manche en acajou facilite les réglages précis et la tenue d’accord. Le micro Claria, intégré discrètement à la rosace, restitue fidèlement le grain acoustique. Esthétiquement, la guitareare adopte une identité vintage : touche en palissandre du Honduras, binding crème, un sunburst sombre en contraste avec le pickguard reprenant la couleur crème et enfin mécaniques bronze, l’ensemble est très élégant. Une acoustique premium au tarif de 3200 €.
KAEDERIC NE MENT PAS
Continuons sur une note sanglante avec ce premier extrait d’un projet métal alternatif accompagné d’un excellent clip. Lie navigue entre science-fiction et horreur et traite du pouvoir du mensonge, celui que l’on se fait à soi-même, autant que celui que l’on adresse aux autres. C’est surtout un court métrage bien réalisé, une porte d’entrée pour découvrir ce projet né en 2023, porté par le parcours atypique d’un ancien membre des forces spéciales ayant choisi la musique comme espace d’expression et de lutte.
SORTIES
DEEP PURPLE
SPLAT!
earMUSIC / Verycords On n’attendait plus forcément Deep Purple à ce niveau-là. Et pourtant, « Splat! » est probablement son meilleur album depuis « Purpendicular ». Une fois encore épaulé par Bob Ezrin, le groupe retrouve cette alchimie rare entre lourdeur, groove, sens de la rupture et science du riff qui faisait la grandeur de « In Rock » ou « Machine Head ». Arrogant Boy, The Beating Of Wings ou My New Movie avancent avec une classe insolente, tandis que The Lunatic ou Sacred Land rappellent la période plus mélodique et injustement sous-estimée de « House Of Blue Light ». Ailleurs, Guilt Trippin’ et Scriblin’ Gib’rish osent des détours presque prog, Jessica’s Bra balance un mélange curieux de groove et de traditionnel totalement irrésistible, Third Call son énergie et son sens du phrasé dynamitent littéralement flirte avec un jazz-rock élégant, tandis que le morceau-titre l’album. Quant à Ian Gillan, annoncé fini depuis… hum, trente remet une bonne couche de heavy rock à l’ancienne. Surtout, ans, il fait encore taire les rageux avec une prestation pleine Simon McBride confirme définitivement qu’il était la recrue de caractère et d’intelligence. Franchement bluffant. On idéale : capable de rappeler tour à tour Blackmore, Morse a peine à croire que ce sera probablement le dernier. Et ou Bolin sans jamais sonner comme une copie. Son toucher, maintenant ? Ben vivement la tournée, pardi. JPS
FATOUMATA DIAWARA SKIP THE USE MATTHEW STEVENS
MASSA LOVE & ANXIETY MATTHEW STEVENS
Nare Production 6&7 Candid Records Fidèle à l’élégance de ses précédents Dans le précédent Guitar Part, nous avions Pour son nouvel album éponyme, opus, la musicienne malienne déploie eu la chance d’interviewer Nelson Martins Matthew Stevens signe son œuvre ici un univers acoustique raffiné où dans son studio, d’écouter cet album ainsi que la plus personnelle après plusieurs la musique traditionnelle africaine certains morceaux écartés de celui-ci. Il est années au service de quelques grands rencontre des arrangements pop temps de donner notre avis sur ce diptyque noms du jazz. Le guitariste canadien contemporains. Le jeu de guitare reste émotionnel. Côté « Anxiety », le groupe renoue fusionne ses racines jazz avec des le moteur central du disque ; précis, avec une énergie punk et des riffs agressifs expérimentations électroniques un inventif, d’une fluidité remarquable, comme sur le formidable Distorter, dont la peu déroutantes, sans jamais être il dialogue avec sa voix de velours production brute lorgne sur le grunge et l’indé inélégantes. Le morceau Hazy ou SLMS pour porter des messages d’espoir des années 90. Côté « Love », les mélodies se affiche ainsi des textures étranges et de résistance. L’album évoque font plus solaires, avec un influence électro- sur les solos, de celles que l’on décrit la maternité, la foi, la mémoire, rock à l’image de We Are Good, plus proche lorsque l’on teste des pédales comme la résilience : même si nous ne de l’ADN du groupe. Notre morceau préféré l’Atomic Cluster, ce mois-ci dans partageons pas la même langue, tous reste Say That You Love Me : d’abord, yes we nos pages. La différence est que le ces messages se ressentent dans le love you guys, et ce titre rappelle combien bougre sait transformer le bizarre en très entraînant Mogo, dans le plus Skip The Use garde sa science du tube avec mélodieux. Il propose ainsi un voyage mélancolique Lahidou. L’album entier des morceaux exigeants, mais qui gardent émotionnel très riche de détails, est une formidable porte d’entrée vers l’élégance de la simplicité pour nous accrocher du miel à savourer, si possible, en les sonorités africaines, touchant de dès la première écoute. Un disque nerveux, Hi-Res sur un excellent casque (chez la première à la dernière note. CT hybride, maîtrisé de bout en bout. CT notre partenaire Qobuz !). CT 12 GuitarPart
B.R.E.T.O.N.S DUST IN MIND PLINI
D.A.O.U HCNO AN UNNAMEABLE DESIRE
Aztec Musique / PIAS Dark Tunes Music Group Autoproduction Solides comme les menhirs qui jalonnent les On peut le dire, Dust In Mind opère Plini Roessler-Holgate continue tranquillement de Côtes-d’Armor, les nouvelles compositions ici un virage radical et totalement redéfinir ce que peut être la guitare instrumentale de B.R.E.T.O.N.S montent en puissance assumé. Exit les textures industrielles moderne. Avec ce troisième album, l’Australien sur ce deuxième album taillé pour et le chant féminin : place à un metal mélange une nouvelle fois metal prog, jazz embraser les scènes. Chantés en anglais, moderne plus rugueux, direct et fusion, post-rock atmosphérique et mélodies en breton et en français, les morceaux résolument metalcore. Porté par aériennes avec une fluidité bluffante. Ici, la bâtissent un pont musclé entre héritage la voix écorchée de Dam, l’album technique monstrueuse ne donne jamais dans celtique et énergie rock frontale. Très frappe d’abord par son efficacité l’esbrouffe : chaque plan, chaque break ou envolée engagé dans la culture sociale bretonne, immédiate. Riffs massifs, refrains harmonique reste au service de l’ambiance et de la le groupe signe notamment Penn mémorables et breaks nerveux composition. Les riffs peuvent cogner sévèrement Sardin, inspiré de la grève des ouvrières s’enchaînent sans temps mort, tandis avant de déboucher sur des passages presque de Douarnenez en 1924. Porté par un que les compositions alternent tension, contemplatifs, le tout avec un son immense, véritable mur de guitares, « D.A.O.U » urgence et mélodies plus sombres. mais toujours chaleureux. Là où beaucoup de enchaîne les titres avec une puissance Plus dense, plus tendu, « HCNO » disciples du djent transforment leurs albums en communicative. Même les reprises choisies marque une véritable renaissance concours olympique de mesures impaires, Plini — I’m Shipping Up To Boston des Dropkick pour le groupe, qui affirme ici une garde le groove, l’émotion et surtout le sens de Murphys ou Brest de Miossec — débordent identité forte et cohérente. Il ne reste la respiration. Un disque moderne, virtuose et d’une énergie volcanique. Un disque à plus qu’à vérifier tout ça sur scène, étonnamment accessible, qui confirme surtout dégoupiller d’urgence, et surtout un groupe mais une chose est sûre : le tournant une chose : il est devenu l’un des guitaristes les à voir absolument sur scène. PL est négocié avec brio. JM plus passionnants de sa génération. JPS directement connectées à l’ADN Lennon… Mais sans jamais tomber THE CLAYPOOL LENNON dans l’imitation facile. Le plus fort reste sans doute l’équilibre du disque. Derrière son concept délirant de rock opera psyché-SF, « The Great DELIRIUM Parrot-Ox… » demeure incroyablement accessible. Les morceaux regorgent d’idées, de changements d’ambiances, de claviers vintage, THE GREAT PARROT-OX AND de guitares liquides, de passages presque Canterbury ou jazz-prog, mais tout reste fluide, mélodique et souvent terriblement accrocheur. THE GOLDEN EGG OF EMPATHY Là où beaucoup de groupes prog modernes confondent complexité ATO Records et démonstration, Claypool et Lennon gardent toujours la chanson au centre du jeu. On pense parfois au meilleur de la face B d’« Abbey Road », Il y a des albums qu’on admire. Et d’autres qui donnent immédiatement ailleurs à certaines folies de Syd Barrett, à XTC, à Camel, voire à des envie de replonger dans sa discothèque entière, des Beatles à King moments plus récents de Steven Crimson en passant par Gong, Yes, Genesis ou le Floyd période Wilson... Mais surtout, le duo psychédélique. Avec ce nouveau délire monumental, The Claypool réussit ce miracle rare : faire un Lennon Delirium réussit précisément cet exploit. Et autant le dire disque profondément progressif franchement : si les Beatles avaient survécu à « Abbey Road » avant de sans jamais devenir réservé aux traverser les années 70 les yeux rivés sur le prog britannique, ça aurait seuls amateurs de mesures en probablement ressemblé à ça. Sur le papier, l’association entre Les 17/8 ou de solos interminables. Claypool et Sean Ono Lennon pouvait sembler totalement improbable. Un album foisonnant, drôle, Dans les faits, elle fonctionne de manière presque surnaturelle. Claypool halluciné, virtuose, mais surtout apporte ses lignes de basse bondissantes, son sens du bizarre et ses incroyablement vivant. Exactement dérapages contrôlés hérités de Primus, pendant que Sean injecte ce qu’on rêvait d’entendre sans des harmonies vocales, des mélodies et des textures psychédéliques vraiment oser l’espérer. JPS GuitarPart 13
SORTIES
YES
AURORA
Inside Out Music / Sony Music À ce stade de sa carrière, voir Yes sortir encore un album aussi inspiré semble presque une énigme. Et pourtant, « Aurora » rappelle immédiate- ment pourquoi le groupe reste l’un des grands architectes du rock progres- sif mélodique. Dès le morceau-titre, introduction symphonique presque digne d’une grande musique de film (quelque part entre fantasy anglaise et vieux Disney psychédélique) le ton est donné : voix célestes dans la par- faite lignée de Jon Anderson, refrains lumineux, harmonies immenses et envolées instrumentales à couper le souffle. Impossible notamment de ne pas saluer l’état de grâce permanent de Steve Howe, absolument impérial de bout en bout. Très proche par moments du Yes de « Tales From Topo- graphic Oceans », l’album réussit pourtant à éviter le piège de l’auto-ci- tation poussiéreuse. Turnaround Situation déroule un prog pastoral et franchement étonnants : Outside The Box mélange chœurs néo-clas- aérien porté par un Hammond superbe et des touches de guitare espa- siques, fuzz, flanger et montée en puissance très rock, tandis que Jambus- gnole acoustique, tandis que Love Lies Dreaming prolonge cette élégance tin’ balance un rock’n’roll presque beatlesien revisité à travers le prisme très britannique. Plus loin, Countermovement surprend avec ses syncopes prog. Enfin, Watching The River Roll clôt l’ensemble sur des couleurs folk- joyeuses, ses parties instrumentales foisonnantes et une slide guitar inat- rock lumineuses et apaisées. Le plus bluffant reste sans doute la qualité tendue mais irrésistible. Ariadne replonge dans un climat symphonique des compositions. Beaucoup de groupes légendaires survivent grâce à presque dansant, comme un menuet prog sous acide délicat, avant qu’All leur héritage. Yes, lui, continue encore parfois à l’enrichir. Et franchement, Hands On Deck ne durcisse franchement le ton avec un esprit presque en 2026, entendre un disque aussi vivant, aventureux et mélodique Jethro Tull période hard-rock. Le groupe ose même quelques détours signé par ces vétérans force tout simplement le respect. JPS
WIDOWSPEAK HELL IS NOTHING GHALIA VOLT
ROSES THIS THING WE CALL SILENCE
Modulor Klonosphere BURN THE HOUSE DOWNRuf Records Duo indie-rock basé à Brooklyn, Avec « This Thing We Call Silence », Native de Belgique, Ghalia Volt s’est très Widowspeak poursuit avec « Roses » Hell Is Nothing signe un premier tôt passionnée pour les pionniers du blues son délicat mélange de jangle pop, album dense, habité et d’une vraie américain, de Skip James à JB Lenoir. d’americana et de rêverie mélancolique. profondeur. Entre riffs djent capables Le genre de musiciens capables de vous Quelque part entre Yo La Tengo, Neil de tout emporter sur leur passage, mitrailler le cœur à coups de riffs rugueux Young et R.E.M., Molly Hamilton et Robert respirations atmosphériques et et de récits déchirants. Guitare en main Earl Thomas façonnent des chansons émotions à fleur de peau, le groupe jour et nuit, elle affine son jeu slide avant lumineuses sans jamais forcer le trait. Le développe une approche ambitieuse de partir tenter sa chance aux États-Unis. très byrdsien If You Change déroule ainsi et étonnamment mature. Les Depuis une dizaine d’années, elle construit des guitares cristallines particulièrement contrastes permanents entre violence là-bas une discographie solide, nourrie de inspirées. Plus loin, Wondering étire sa maîtrisée, technicité impressionnante blues-rock vintage et de guitares abrasives. pedal-steel sur une ballade somptueuse et passages plus planants évoquent Enregistré à Nashville, ce septième album bercée par la voix solaire de Molly, parfois Meshuggah ou Between The confirme largement la montée en puissance évoquant parfois Cat Power. Un disque Buried And Me, sans jamais sacrifier de la musicienne belge. Sur No Ice Please ou élégant, apaisé et terriblement une identité déjà très affirmée. Une Where Do We Go, son jeu mordant et son sens attachant, comme un dimanche de entrée en matière solide, inspirée et du groove font mouche. Un disque direct, printemps à Greenwich Village. PL particulièrement prometteuse. JM généreux et particulièrement efficace. PL 14 GuitarPart
TORI AMOS DEVIN TOWNSEND
IN TIMES OF DRAGONS THE MOTH
Fontana Records Inside Out Music L’inquiétant Shush, premier titre de l’album, nous renvoie à une Même si c’est loin d’être la première fois, Devin Townsend triste réalité. Bien sûr, la voix magnétique de Tori Amos toujours atteint un nouveau sommet de démesure maîtrisée. Véritable délicatement posée sur son Bösendorfer caresse l’oreille, mais opéra metal, l’album déploie une richesse émotionnelle le concept de ce dix-huitième opus n’a rien de réjouissant. « In impressionnante portée par des orchestrations monumentales Times of Dragons » évoque le combat contre toutes les formes et une écriture profondément introspective. Loin d’un simple de tyrannie dans un conte mystique où la part de dragon qu’elle exercice symphonique, la musique progresse comme un voyage a en elle lutte contre un démon lézard revêtant plusieurs initiatique où la tension dramatique mène progressivement formes. Elle évoque différents moments de sa vie autant qu’elle vers une forme de libération cathartique. La voix de Townsend, brocarde les élites, avec Trump en ligne de mire, toujours de tour à tour fragile, céleste ou totalement habitée, guide manière symbolique : la peur, la mémoire, les combats et la l’auditeur au cœur de cette métamorphose permanente. transmission hantent ses compositions. Stronger Together Entre metal progressif, lyrisme cinématographique et majesté composé et chanté avec sa fille est une parenthèse touchante, orchestrale, « The Moth » résume finalement assez bien ce autant pour le message entre les deux femmes que pour la qu’est devenu Devin Townsend en 2026 : un artiste toujours façon dont les voix se superposent puis s’entremêlent. CT aussi exigeant, visionnaire et profondément singulier. JM
FOO FIGHTERS
YOUR FAVORITE TOY
Roswell / RCA Après le très sombre « But Here We Are », enregistré en plein deuil, Foo Fighters aurait pu continuer à regarder ses pompes en alignant les ballades cathartiques et les montées émotionnelles. À la place, Dave Grohl et sa bande ont décidé de remettre les amplis dans le rouge. « Your Favorite Toy » est un disque plus sec, plus nerveux, presque punk parfois, qui retrouve cette urgence garage et cette énergie immédiate que le groupe avait un peu perdues depuis « Wasting Light ». Les morceaux vont tous droit au but, les riffs déboulent sans prévenir, et l’arrivée d’Ilan Rubin derrière les fûts apporte une vraie confiance au groupe. Caught In The Echo cogne fort d’entrée, le morceau-titre balance un refrain aussi furieux qu’imparable. Of All People ou Spit Shine retrouvent ce mélange de mélodie et d’agressivité qui faisait les grands Foo Fighters des années 90. Même les passages plus introspectifs comme Asking For A Friend évitent le piège du pathos. Mais, surtout, Grohl semble enfin arrêter de vouloir être « Dave Grohl le mec trop sympa ». Il redevient ce type qui aime le punk, les grosses guitares, Hüsker Dü, les refrains énormes et les chansons jouées comme si le studio allait exploser dans cinq minutes. Ça déborde parfois, tout n’est pas parfait, mais justement : ce disque vit, transpire et sature dans tous les sens. Et franchement, entendre les Foo Fighters sonner à nouveau dangereux et excitant en 2026, on ne l’avait pas vu venir. Une sorte de retour à la case départ sur des bases enfin saines et presque apaisées. JPS GuitarPart 15
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© JIMMY KATZ
16 GuitarPart
L’ŒIL EN COIN
LA MUSIQUE PLUTÔT QUE LES MODES, LES CHAPELLES… OU MÊME LA GUITARE ELLE-MÊME.À 71 ANS, PAT METHENY CONTINUE D’AVANCER COMME IL L’A TOUJOURS FAIT : EN SUIVANTÀ 71 ANS, PAT METHENY CONTINUE D’AVANCER COMME IL L’A TOUJOURS FAIT : EN SUIVANTL’OCCASION DE « SIDE-EYE III+ », VASTE PROJET DEVENU BIEN PLUS QU’UN SIMPLE TRIO, LE À MUSICIEN AMÉRICAIN REVIENT SUR SON RÔLE DE LEADER, SA FASCINATION INTACTE POUR LATECHNOLOGIE, SON RAPPORT TRÈS PRAGMATIQUE AU MATÉRIEL ET CETTE QUÊTE PERMANENTE
D’UN SON, D’UN GROUPE ET D’UNE ÉMOTION CAPABLES DE TRAVERSER LA SCÈNE COMME LETEMPS
JOURS L’IMPRESSION D’ÊTRE « ENCORE EN TRAIN D’ASSEMBLER LES PIÈCES DU PUZZLE.. RENCONTRE AVEC UN ARTISTE QUI, MALGRÉ CINQ DÉCENNIES AU SOMMET, DONNE TOU- GuitarPart 17
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Un toucher inimitable et même irréel, y compris sur cordes nylon. Avec Side-Eye, vous avez créé une sorte de plateforme évolutive de collaboration. Quelle était l’idée de départ ? Pat Metheny : Au départ, je voulais créer un contexte qui me ADRIAN BELEW permet d’écrire pour de jeunes musiciens avec lesquels j’ai- Toujours imprévisible et mais jouer, mais aussi leur faire vivre ce que j’ai eu la chance de chaleureux, Adrian Belew a préféré connaître moi-même plus jeune : partir sur la route, jouer énor- envoyer à Pat Metheny un message mément, apprendre sur scène. Avec le temps, évidemment, entre vieux compagnons de route presque tout le monde est devenu plus jeune que moi (rires) ! plutôt qu’une question technique. Chris Fishman et Joe Dyson sont devenus l’une de mes combi- naisons de musiciens préférées parmi tous les groupes que j’ai Hello Pat, quand est-ce que je eus. J’ai donc commencé à écrire de nouvelles compositions pourrai te revoir à Prague ? La pour eux, mais la musique elle-même semblait me dire : « On a dernière fois que je t’ai vu, c’était besoin de plus de monde. » J’ai toujours suivi cette « voix-là ». justement là-bas, lors d’un Ça m’était déjà arrivé auparavant. On pense souvent qu’un concert, et je crois bien que c’est disque naît d’un concept très précis, mais, dans mon cas, les la dernière fois que nos chemins choses changent souvent en cours de route. Au départ, « Side- se sont croisés. Je suis curieux Eye III+ » devait être un disque de trio. Puis certaines cou- de savoir si tu t’en souviens — leurs, certaines textures, certains arrangements ont commencé je suis sûr que oui. Et puis j’ai à apparaître naturellement dans ma tête. À partir de là, mon travaillé pendant des années travail consiste simplement à écouter ce que la musique semble avec ton tech André, alors demander et essayer de lui donner cette direction. passe-lui le bonjour de ma part. Pat Metheny : « Formidable, Il y a beaucoup d’écoute mutuelle dans ce groupe… Adrian… Tu fais partie de mes héros. Et, oui, nous partageons C’est le mot le plus important de tous : écouter. C’est vraiment cette grande amitié avec André (Cholmondeley), et nous la clé du royaume pour moi. La première chose à laquelle je avons énormément de chance de le connaître. C’est quelqu’un fais attention lorsque je joue avec quelqu’un, c’est sa capacité de vraiment unique. Je ne sais pas encore si Prague est au à être présent dans l’instant comme auditeur, puis à répondre programme cette année. J’espère que oui, parce que j’adore cette musicalement à ce qui se passe. Le plus difficile à trouver, ce ville. Mais surtout, j’espère vraiment pouvoir te revoir bientôt. © JIMMY KATZ, DRsont des musiciens capables de tout faire : jouer des choses 18 GuitarPart très complexes, mais accepter aussi de jouer quelque chose de simple si la musique le demande. Beaucoup de musiciens savent faire compliqué. Peu savent ne pas le faire. J’ai besoin de gens capables de comprendre tout l’héritage du langage improvisé moderne, mais égale- ment de jouer des parties écrites extrêmement détail- lées, ou au contraire des choses très dépouillées. Cette souplesse est rare. Et au fond, ce n’est même pas uni- quement une question de niveau instrumental : c’est une question de maturité musicale. Qu’est-ce qui fait qu’un musicien est « compatible » avec votre univers ? À ce stade de ma vie, je veux surtout être entouré de gens cool. Pendant des années, j’ai dirigé mes groupes un peu comme une garderie géante… je ne peux plus faire ça aujourd’hui (rires). J’ai besoin de gens matures, fiables, qui arrivent à l’heure, qui ne créent pas de problèmes sur la route. Et ça, combiné aux exigences musicales, c’est finalement assez rare. Il existe beaucoup de musiciens fantastiques avec lesquels j’adore jouer ponctuellement, mais qui ne seraient pas forcément adaptés à une tour- née de 150 concerts. Ce n’est pas seulement une ques- tion de talent. C’est aussi une question de personnalité, d’énergie humaine, de manière de vivre ensemble pen- dant des mois. Et puis, il y a cette capacité très particu- lière à produire un son qui traverse littéralement la pièce et parle même à quelqu’un qui n’est pas musicien. Ça, c’est extrêmement difficile à définir… mais je sais immé- diatement quand quelqu’un possède ça. Pourtant, sur scène, « Side-Eye » donne presque l’impression d’un collectif… Pas du tout (rires) ! J’ai toujours dirigé mes groupes comme une sorte de « dictature bienveillante ». Il faut quelqu’un qui fixe une direction musicale claire, sur- tout quand on joue des centaines de concerts. Je ne crois pas beaucoup aux groupes fonctionnant comme des co-leaders permanents. Ça finit souvent par produire des conflits ou une musique déséquilibrée. Mon vrai métier, finalement, a toujours été celui de bandleader bien plus que celui de guitariste. Cela dit, j’ai toujours essayé de construire des groupes où chaque musicien peut devenir le musicien préféré de quelqu’un dans le public ce soir-là. J’aime l’idée qu’un spectateur puisse ressortir en disant : « Le batteur m’a bouleversé » ou « Le pianiste était incroyable. » Mais il faut malgré tout quelqu’un qui organise l’ensemble, qui décide comment tout cela fonctionne musicalement. Les modèles absolus pour moi dans ce domaine ont toujours été Thelonious Monk et Keith Jarrett. Votre musique semble toujours osciller entre écri- ture très structurée et improvisation… Pour moi, la musique raconte une histoire. Chaque morceau possède sa personnalité propre. Certains nécessitent beaucoup d’improvisation, d’autres beau- coup plus d’écriture. Mais j’ai aussi l’impression que tout ce que j’ai fait depuis « Bright Size Life » (Premier album de Pat, NDR) constitue en réalité une seule et GuitarPart 19
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« PARCE QU’IL N’EXISTE PAS “UN” SON PAT METHENY. J’UTILISE ÉNORMÉMENT DE GUITARES
DIFFÉRENTES ET BEAUCOUP D’APPROCHES DIFFÉRENTES. MON CENTRE D’INTÉRÊT N’A JAMAIS
VRAIMENT ÉTÉ L’INSTRUMENT LUI-MÊME. CE QUI COMPTE, C’EST LA CONCEPTION MUSICALE. »
longue histoire, avec différents chapitres et personnages à la jouer encore et encore… Parfois deux cents fois d’affi- qui apparaissent puis disparaissent au fil du temps. Pendant lée ! Tout ça pour voir si j’ai vraiment envie de vivre avec elle longtemps, j’écrivais surtout des compositions destinées à sur scène pendant des mois. Ensuite seulement, viennent les permettre aux improvisateurs du groupe, moi compris, d’at- arrangements, le choix des musiciens et l’instrumentation. Et teindre certains endroits émotionnels ou musicaux. Puis, pro- si le morceau résiste à toutes ces transformations, c’est géné- gressivement, j’ai découvert le plaisir d’écrire simplement ralement bon signe. Les meilleures compositions sont sou- pour les notes elles-mêmes, pour la composition pure. C’est vent celles qu’on peut malmener dans différentes directions ce qui m’a conduit récemment à écrire davantage pour des tout en conservant leur identité. musiciens classiques, dans des contextes entièrement écrits, sans improvisation. C’est une évolution intéressante pour Vous avez l’un des sons les plus reconnaissables de l’his- moi. J’aime l’idée que certaines pièces puissent éventuelle- toire de la guitare moderne. Pourtant, vous semblez ment continuer à vivre dans cent ans à travers des partitions. presque minimiser l’importance du matériel… Parce qu’il n’existe pas « un » son Pat Metheny. J’utilise énor- Quand vous composez, pensez-vous d’abord guitare ? mément de guitares différentes et beaucoup d’approches Très peu, en réalité. J’écris presque tout au piano. C’est différentes. Mon centre d’intérêt n’a jamais vraiment été mille fois plus simple que la guitare. Et souvent, je compose l’instrument lui-même. Ce qui compte, c’est la conception même sans instrument. Paradoxalement, l’un de mes plus musicale. La guitare n’est qu’un élément de l’histoire, pas le gros problèmes arrive à la fin : trouver la partie de guitare ! sujet principal. Je considère souvent la musique comme une Très souvent, je n’entends même pas de guitare dans ma tête entité autonome. Je suis simplement là pour essayer de l’aider au départ. Une fois que l’idée semble valable, je commence à devenir la meilleure version possible d’elle-même. ERIC JOHNSON relation entre le jeu et l’écriture a toujours été intéressante pour moi. Pendant longtemps, j’ai composé une musique qui permettrait à Entre deux maîtres du son et de la mélodie, l’échange ne pouvait moi-même — et aux musiciens que je choisissais pour mes groupes — qu’être aussi élégant qu’admiratif. Eric Johnson venait justement d’atteindre un certain état en improvisation. L’improvisation guidait d’assister à un concert du projet Side-Eye de Pat Metheny à Austin. donc souvent ce que j’écrivais. Puis, à un moment, j’ai découvert que j’aimais aussi écrire simplement pour les notes elles-mêmes, Salut Pat. J’ai vu ton concert Side-Eye la semaine dernière et pour la composition pure. C’est ce qui m’a amené récemment à j’ai absolument adoré chaque minute. Ça faisait quelques années écrire des pièces entièrement écrites pour des musiciens classiques, que je ne t’avais pas vu jouer et c’était vraiment formidable de des gens qui jouent uniquement ce qui est sur la partition… Sans te revoir sur scène. Je regrette juste de ne pas avoir pu venir toute cette « embarrassante » histoire d’improvisation (rires) ! te saluer après le concert. Tu sonnais incroyablement bien, et C’est une évolution intéressante pour moi, même si, au fond, ton batteur était fantastique : tellement musical et toujours j’écrivais déjà énormément de partitions très détaillées selon au service de ce que tu faisais. C’était un très beau concert. les projets. C’est donc assez naturel. Mais j’aime l’idée qu’il Ma question serait finalement très simple : qu’est-ce que existe désormais quelques pièces qui pourront peut-être ça fait d’être aussi bon ? Qu’est-ce que ça représente encore être jouées dans cent ans, et transmettre quelque chose d’atteindre un tel niveau de profondeur musicale tout en de complet aux musiciens du futur. En tout cas, Eric, je suis continuant à écrire des chansons et des compositions aussi vraiment heureux que ça t’ait plu. Ça me touche beaucoup. fortes ? C’est quelque chose que j’ai toujours admiré chez toi : au-delà du jeu, il y a la musique elle-même, le sens de la composition, qui reste immédiatement en mémoire. Pat Metheny : Mais excellent, Eric. Et ça me fait vraiment plaisir d’avoir de tes nouvelles. Je n’arrive pas à croire que tu étais là à Austin. J’aurais adoré te voir. Tu es un musicien vraiment unique et je suis toujours curieux de découvrir ce que tu fais. J’aime tout ce que tu proposes. C’est extrêmement gentil de ta part. Mais honnêtement, je n’ai pas vraiment l’impression d’être « arrivé » quelque part. J’ai plutôt le sentiment d’être encore en train d’assembler les pièces du puzzle. Chaque année, j’ai l’impression de progresser et de me rapprocher de ce que je voudrais être musicalement… mais plus je m’en approche, plus cet objectif semble s’éloigner au même rythme. Et finalement, je crois que c’est une bonne chose. Ça fait partie du voyage. La
© DR
20 GuitarPart Une longue collaboration avec Ibanez qui n’est pas près de se terminer.
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GuitarPart 21
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BIRELI LAGRÈNE
Virtuose admiré aussi bien dans le jazz manouche que dans la fusion, Bireli Lagrène a préféré demander à Pat Metheny quels guitaristes écouter aujourd’hui. Salut Pat, si tu devais me recommander un guitariste — quelqu’un d’un peu sous les radars, jeune ou non — que devrais-je écouter aujourd’hui ? Quelle serait ta « recommandation Pat Metheny » personnelle ? Pat Metheny : Wow, Bireli… quel plaisir d’avoir de tes nouvelles ! Tu es un musicien tellement incroyable. Pascal Grasso est un musicien qui me sidère complètement. Il réalise quelque chose que beaucoup essaient de faire depuis cinquante ou soixante ans, mais à un niveau exceptionnel. Il a absorbé le langage que Bud Powell avait développé au piano et l’a véritablement transposé à la guitare d’une manière très particulière. Et puis, c’est aussi l’un des meilleurs guitaristes d’accompagnement derrière un chanteur que j’aie entendus. Surtout dans son travail avec Samara Joy. Et puis il y a Antoine Boyer, dont beaucoup parlent actuellement. C’est un musicien profondément musical. Pour moi, c’est ça que j’écoute avant tout : la manière dont quelqu’un parvient à transmettre son esprit à travers son jeu. Et je trouve qu’il possède vraiment cette capacité, au-delà même de sa maîtrise phénoménale de l’instrument. D’ailleurs, ces deux-là devraient vraiment jouer ensemble… si ce n’est pas déjà fait.
© JEAN-PIERRE SABOURET
Quels sont aujourd’hui les éléments centraux de votre son ? mon cas. Tout vient surtout du toucher, du micro, de la gui- Depuis quelques années, j’utilise un Kemper. Ça a changé ma tare et de cette attaque très particulière. Côté guitares, mes vie, parce que je peux transporter ma configuration sonore Ibanez signature, surtout la nouvelle PM3, sont devenues sur une simple clé USB et retrouver quelque chose de très idéales pour tourner. Elles sont incroyablement stables. On proche de mon son partout dans le monde. Mais ce qui sur- peut jouer dans le désert un jour, puis en Alaska le lendemain, prend souvent les gens, c’est que 95 % de mon son vient elles fonctionneront parfaitement avec très peu de réglages. en réalité du DI. Je peux entrer dans n’importe quel studio, Évidemment, j’utilise aussi les Linda Manzer, la Picasso Gui- brancher directement dans une DI et sonner immédiatement tar, le système Roland GR-300 ou d’autres instruments selon comme moi. L’ampli joue finalement un rôle très réduit dans les besoins du morceau. C’est toujours la musique qui décide. © ELI BROWN22 GuitarPart Sur scène avec ses complices de Side Eye III+. « MÊME AUJOURD’HUI, JE VEUX CONTINUER À APPRENDRE D ES GENS AVEC QUI JE JOUE. JE CROIS
QUE C’EST ESSENTIEL POUR RESTER MUSICIEN : FRÉQUENTER DES GENS DIFFÉRENTS DE SOI, OU
MEILLEURS QUE SOI DANS CERTAINS DOMAINES. C’EST COMME ÇA QUE L’ON CONTINUE À AVANCER. » Vous avez longtemps été associé aux technologies Roland plus amusant, c’est que ce son est ensuite devenu une réfé- et au GR-300… rence pour énormément de guitaristes, alors qu’au départ, C’est assez drôle : après quarante ans, personne n’a encore j’essayais simplement de créer quelque chose qui ressemble vraiment réussi à reproduire ce qui fait exactement le son du davantage à la manière dont un instrument à vent se diffuse GR-300. Cette machine possède une personnalité unique. dans l’espace. Je continue donc d’y revenir sans cesse. Elle m’a offert une sorte de fenêtre vers un registre différent, presque une octave Vous restez très curieux vis-à-vis des nouvelles au-dessus de mon territoire habituel. C’est devenu une exten- technologies ? sion très naturelle de mon langage musical. Complètement. Je plaisante souvent en disant que mon pre- mier acte musical a été de brancher une prise électrique (rires). Votre utilisation des effets a toujours été extrême ment Depuis le début, les câbles, les boutons, l’électricité et toutes musicale… ces choses font partie intégrante de l’instrument pour moi. Dans les années 70, je voulais absolument trouver un son J’adore découvrir les nouvelles technologies. différent. À l’époque, ça faisait presque partie du travail : il fallait développer une identité sonore immédiatement recon- Même l’intelligence artificielle ? naissable. J’avais commencé à utiliser des enceintes de délai Oui, absolument. Je vois ça comme un nouvel outil fantas- réparties autour de la scène pour éviter que le son provienne tique. Je n’ai jamais eu peur de la technologie. Je ne considère d’un seul endroit. Pour moi, les saxophonistes avaient un son pas l’IA comme une menace. Et puis, soyons honnêtes : depuis qui remplissait naturellement l’espace, contrairement à la gui- 2005 environ, les revenus liés aux disques ont déjà quasiment tare jazz traditionnelle très directionnelle. Puis j’ai rencon- disparu pour la plupart des musiciens. Aujourd’hui, c’est tré quelqu’un qui travaillait chez une toute nouvelle société « concerts et t-shirts ». D’une certaine manière, on est simple- appelée Lexicon. Ils développaient alors le Prime Time, et j’ai ment revenus à ce qu’était la musique avant les années 1920. pu leur suggérer une idée : utiliser une modulation en onde sinusoïdale plutôt qu’en onde carrée. J’envoyais ensuite le Après toutes ces années, qu’est-ce qui vous motive préampli de mon Acoustic 134 vers deux autres amplis placés encore ? de chaque côté de la scène : un avec 13 millisecondes de délai, Être entouré des meilleurs musiciens possibles. Même l’autre avec 26 millisecondes, chacun légèrement modulé, aujourd’hui, je veux continuer à apprendre des gens avec qui je tandis que le son principal restait totalement intact. Les gens joue. Je crois que c’est essentiel pour rester musicien : fréquen- ont commencé à appeler ça du « chorus », mais, pour moi, ter des gens différents de soi, ou meilleurs que soi dans certains ce n’en était pas du tout. Je détestais le son typique du cho- domaines. C’est comme ça que l’on continue à avancer. rus. C’était plutôt une sorte de stéréo en trois dimensions. Le Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET
PATRICK RONDAT
Virtuose français reconnu dans le monde entier, passionné de fusion et de métriques complexes, Patrick Rondat ne pouvait évidemment pas éviter la question du rythme… Bonjour Monsieur Metheny. On parle souvent de l’improvisation sous l’angle de l’harmonie et des modes, mais la dimension rythmique est tout aussi importante. Comment avez-vous développé votre sens du timing au fil des années ? Et quelle est votre approche lorsqu’il faut improviser sur des mesures impaires ou des signatures rythmiques complexes ? Pat Metheny : Salut Patrick, merci et j’apprécie beaucoup ton jeu depuis des années. Tout, pour moi, tourne autour du rythme et du temps. C’est de très loin l’aspect le plus important dans la musique telle que je l’ai toujours envisagée. J’ai eu la chance d’être entouré de grands batteurs dès le début, et le son d’un groupe dépend presque entièrement de la façon dont chacun ressent le groove et le flux du temps ensemble. Aujourd’hui encore, c’est probablement ce que je travaille le plus. Concernant les mesures impaires, je suis toujours surpris quand j’écris quelque chose et que je réalise ensuite que ce n’est ni du 4/4 ni du 3/4 classique. Je ne m’assois jamais en me disant : « Tiens, je vais écrire un morceau compliqué. » Ça vient naturellement. Pour l’improvisation, c’est pareil. Je me retrouve souvent à jouer des polyrythmies ou des décalages rythmiques vers lesquels je n’irais probablement pas si j’y réfléchissais intellectuellement. Ça arrive spontanément. Et, de manière générale, même lorsque j’écris dans des mesures asymétriques, je préfère éviter d’avoir à improviser dessus trop longtemps. Ce n’est pas ce que je préfère faire.
© JEAN-PIERRE SABOURET
GuitarPart 23
LIVE REPORT
Photo de famille, classic rock en majesté : Joe Bonamassa et son groupe prets à faire rugir le Angus en casquette du Graal. blues comme à la grande époque à La Seine Musicale. Xxx xxxx xxxxxXxx xxxx xxxxx Joe Bonamassa, chaque note s’impose avec l’évidence d’un fin connaisseur. L’union sacrée de Brian et Angus. 24 GuitarPart
BONAMASSA KEEPS THE
BLUES SHARP IN PARIS
JOE BONAMASSA
IL Y A, DANS LA TRAJECTOIRE DE JOE BONAMASSA, QUELQUE CHOSE QUI RELÈVE AUTANT DE LA RIGUEUR OBSESSIONNELLE QUE DE LALA SEINE MUSICALE, BOULOGNE-BILLANCOURT ñ 25 AVRIL 2026 OFFERT UNE DÉMONSTRATION DE CE QUE SIGNIFIE PORTER À BOUT DE BRAS UN HÉRITAGE AUSSI LOURD QUE CELUI DU BLUES-ROCK.VOCATION. À LA SEINE MUSICALE, LE GUITARISTE/CHANTEUR AMÉRICAIN EST VENU LIVRER BIEN PLUS QU’UN SIMPLE CONCERT. IL A MÉTHODIQUE, PRESQUE HISTORIEN, MAIS JAMAIS FIGÉ. UN MUSICIEN QUI JOUE AVEC LA MÉMOIRE PLUTÔT QUE DE S’Y ENFERMER.DANS UNE ÉPOQUE OÙ LE GENRE OSCILLE SOUVENT ENTRE NOSTALGIE ET RECYCLAGE, BONAMASSA S’IMPOSE COMME UN ARTISAN epuis ses débuts précoces, lui qui ouvrait déjàpour B.B. King à l’âge de 12 ans, Bonamassa un cadre à la fois dense et maîtrisé. Très vite,vient durcir légèrement le propos, sans rompre la continuité 24 Hour Blues oscillant entre fidélité aux canons du blues et ouvertureD a construit une discographie d’une densitérare, amorcée avec « A New Day Yesterday »en 2000 et prolongée par une série d’albums générale du spectacle qui ne reviendra que sur un nouveautitre,Ce qui caractérise immédiatement le concert, c’est sa Drive Past The Exit Sign. vers des textures plus contemporaines. Mais, au-delà des d’intensité isolés, le guitar-hero structure son set comme unconstruction interne. Plutôt que de fonctionner par pics rer ses influences que réside sa singularité. Là où d’autresrevendiquent une filiation directe avec le blues américain, lechiffres et des classements, c’est dans sa capacité à digé- ensemble continu, où chaque morceau sert de transition oude point d’appui au suivant. Les solos, souvent très longs, guitariste regarde volontiers vers l’Europe, et plus particu-lièrement vers cette tradition britannique et irlandaise qui a ne relèvent jamais de la démonstration brute su électrifier le genre. Cette tension entre deux continents, ment progressif, des retours thématiques et une gestion du dans une logique narrative, avec des phases de développe- : ils s’inscrivent entre tradition et réappropriation, irrigue en permanenceson jeu et prend une résonance particulière dans le contexte silence et de la tension qui rappelle davantage une approchebritannique classique du rock qu’une lecture purement bluesaméricaine centrée sur l’impact immédiat. Des titres comme The Last Matador Of Bayonne Rory Gallagher donnés à Cork l’an dernier, auxquels j’ai euquer le souvenir encore brûlant des concerts hommage à actuel de sa tournée. Impossible, en effet, de ne pas convo- cette méthode, avec une construction lente, presque ciné- illustrent particulièrement la chance d’assister. matographique, qui laisse le temps au jeu de s’installer etd’évoluer sans précipitation. À l’inverse, B.B. King reste central, prolongement direct d’une rela-Outre Rory, parmi ses projets, son travail autour de apporte une respiration plus directe, recentrant brièvement Hard But It’s Fair tion musicale et symbolique avec celui qu’il considèrecomme une figure tutélaire. Ce type d’initiative confirme le concert sur une écriture plus mélodique. une chose essentielle dans sa démarche particulièrement marquant : une reprise du Le rappel vient prolonger cette logique avec un moment quement d’un interprète, mais aussi d’un acteur structu- : il ne s’agit pas uni- Away de Rory Gallagher. Placé en fin de concert, ce mor- A Million Miles rant de la scène blues actuelle, capable de mettre en circu-lation un répertoire, des musiciens et une certaine idée du ceau n’est pas traité comme un hommage isolé ou un clind’œil appuyé, mais comme une extension naturelle du lan- live. C’est avec ce bagage que s’ouvre le concert parisien.Dès les premières minutes, pas d’introduction spectacu- gage développé tout au long de la soirée. L’interprétationreste sobre, précise, sans emphase inutile, mais avec une laire ni de mise en scène particulière intensité parfaitement dosée, qui résonne particulièrementpour ceux qui ont vécu les concerts de Cork. C’est ici que reconnaissable, massif, mais parfaitement défini, avec unedirecte, presque fonctionnelle. Le son est immédiatement : l’entrée en matière est la boucle se referme subtilement : non pas par une rupture, clarté de mix qui permet de distinguer chaque élément sansjamais perdre en puissance. Les deux premiers titres, issus mais par une continuité logique entre deux moments d’unemême trajectoire. À La Seine Musicale, Joe Bonamassa a faitparler le blues en le laissant circuler librement à travers un © ELODY DI COCCOfluidité, notamment le robustede son dernier album « Breakthrough », s’enchaînent avec Trigger Finger, qui installe héritage qu’il porte avec sérieux et constance.Elody Di CoccoGuitarPart 25 FESTIVALSFESTIVALS Steve Harris défend toujours sa bête.
LA SÉLECTION FESTIVALS DE GUITAR PART
CHAQUE ÉTÉ, LA FRANCE SE TRANSFORME EN UN IMMENSE TERRAIN DE JEU MUSICAL OÙ COHABITENT MASTODONTES, FESTIVALS INTIMISTES,ALORS ON VA OÙ ?! VOLONTAIREMENT SUBJECTIVE, GUIDÉE PAR L’ENVIE DE METTRE EN LUMIÈRE DES ÉVÉNEMENTS QUI COMPTENT, SURPRENNENT OU SIMPLEMENTRENDEZ-VOUS POINTUS ET CÉLÉBRATIONS POPULAIRES. IMPOSSIBLE, ÉVIDEMMENT, DE CITER TOUT LE MONDE : CETTE SÉLECTION EST DONC DIFFÉRENTE DE CETTE EFFERVESCENCE ESTIVALE. UN PANORAMA VIVANT, IMPARFAIT PAR NATURE, MAIS FIDÈLE À L’ESPRIT DE LA SAISON !NOUS FONT VIBRER. ROCK, ELECTRO, CHANSON, METAL, BLUES OU MUSIQUES INDÉ : CHAQUE FESTIVAL RETENU RACONTE UNE FACETTE
LES FESTIVALS PARTENAIRES DE GUITAR PART
FESTIVAL estivaux les plus spectaculaires de France. Chaque année,entre juin et juillet, ce cadre antique accueille une série DE NIMES JUIN-JUILLET11-26 de concerts qui mêlent rock, pop, chanson, rap, électroet légendes internationales. Depuis sa création, l’évé- ARÈNES DE NÎMES 2026 nement s’est imposé comme un incontournable grâce àune programmation ambi-tieuse et éclectique, atti-
– GAËTAN ROUSSEL – CLAIR OBSCUR : EXPEDITION 33PROGRAMMATION : THEODORA – VANESSA PARADIS
rant aussi bien les grandsnoms que les artistes BLACK EYES PEAS – LENNY KRAVITZ – GLADIATOR LIVE– FEU ! CHATTERTON – BENJAMIN BIOLAY – SABATON – émergents. La magie dulieu — acoustique naturelle, – JOHN HISAISHI – DAMSO – JAMIROQUAI – LUDOVICOEINAUDI – JULIEN DORÉ – STING – PIXIES – MARILYN ambiance solaire, atmos-phère unique — trans- MANSON – BÉJART BALLET LAUSANNE – KATY PERRY forme chaque soirée en CHRISTOPHE MAÉ – CHARLOTTE CARDIN + SÉBASTIEN– LORDE – NICK CAVE & THE BAD SEEDS – BIGFLO & OLI – expérience hors du temps.L’édition 2026 promet une TELLIER – TOM ODELL – GIMS – ORELSAN – THE CURE. nouvelle salve de concertsexceptionnels, confirmantune fois encore la place du © JEAN-PIERRE SABOURET, DRromaines, le Festival de Nîmes est l’un des rendez-vousPRÉSENTATION :26 GuitarPart Installé dans les mythiques Arènes festival parmi les plus pres-tigieux d’Occitanie. Nina Attal vous mettra en transe dans le Cher.
13 GUITARE EN CHER
JUIN
2026 CIVRAY-DE-TOURAINE
PROGRAMMATION : NINA ATTAL – TRYOGENIC – ON
THE ROAD OF LAVILLIERS – THE HEALING TREE – CAT J
SWING (+ MASTERCLASS NÉO GÉO FANATIC/GÉRALD
MOIZAN, SCÈNE OUVERTE, EXPOSANTS LUTHIERS)
PRÉSENTATION : Créé en 2022, Guitare en Cher s’est imposé en un temps record comme un rendez-vous incontournable pour les passionnés de guitare en CentreVal de Loire. Installé sur les bords du Cher, à deux pas du château de Che- nonceau, le festival offre un cadre bucolique unique pour une journée entière dédiée à l’instrument roi. Concerts en plein air, masterclasses, ate- liers d’éveil musical, scène ultraconviviale, Guitare en Cher attire autant les ouverte et même une bourse familles que les musiciens confirmés. L’édition 2026, aux instruments rythment cinquième du nom, aligne une programmation éclec- l’événement, pensé comme tique allant du blues au rock en passant par la chan- une fête populaire et acces- son, et se clôturera comme toujours par un feu d’ar- sible. Avec un tarif sym- tifice. Un festival à taille humaine, chaleureux, bolique et une ambiance passionné, où la guitare se vit au plus près. John Butler sera au rendez-vous avec l’esprit « Guitare En Scène ». JUILLET14-18 GUITARE EN SCENE
2026 SAINT-JULIEN-EN-GENEVOIS
PROGRAMMATION : GREGORY PORTER – BEN HARPER & THE INNOCENT
CRIMINALS – PIXIES – AIRBOURNE – THE INSPECTOR CLUZO – STEEL
PANTHER – JOHN BUTLER – KOOL & THE GANG – THIS IS MICHAEL
& JENNIFER BATTEN – SARAH BROWN – TAJ FARRANT – FLORIAN
DESBAILLET – FANTASTIC NEGRITO – MANU LANVIN PACÔME ROTONDO
– ROBBEN FORD – JANGO JANICE – FRANCK CARDUCCI + VAINQUEURS
DU TREMPLIN (PENSEZ À VOUS INSCRIRE POUR LE PROCHAIN !)
PRÉSENTATION : Depuis près de vingt ans, Guitare en Scène cultive un ADN unique : celui d’un festival à taille humaine où les légendes jouent à portée de main. Niché aux portes de Genève, l’événement accueille chaque été 5 000 passionnés par soir, dans une ambiance intimiste qui tranche avec les mastodontes du circuit. Ici, pas d’écrans géants ni de barrières interminables : juste une scène couverte, un son impeccable et une proximité rare avec les artistes. Au fil des éditions, GES a vu défiler des géants — de Santana à Satriani, de Dream Theater à Simple Minds — tout en préservant son esprit chaleureux et exigeant. L’édition 2026 perpétue cette tradition avec une affiche mêlant rock, soul, funk et guitar-heroes, et les fameuses jams improvisées qui font la répu- tation du festival. Un rendez-vous incon- tournable pour vivre la musique en vrai, sans filtre, sans foule oppressante, juste avec l’essentiel : les artistes et nous ! GuitarPart 27 FESTIVALSFESTIVALS Robert Smith a le remède pour vous soigner à Saint-Cloud. la onzième année du 31-2 MEGEVE BLUES rendez-vous, avec trois JUILLET-AOÛT soirées mêlant bluesrock, soul, rock’n’roll 2026 FESTIVAL MEGÈVE et performances élec-triques. Le festival pro- PROGRAMMATION : TROY REDFERN – MATT pose aussi des tremplins PASCALE & THE STOMPS – LOVESICK – ALLY gratuits l’après-midi, VENABLE – KENNY WAYNE SHEPHERD – BETTE dédiés aux groupes SMITH – NIKKI HILL – COCO MONTOYA. locaux. Entre cadre mon- tagnard, ambiance cha- PRÉSENTATION : Créé en 2014 par Stéphane Huget, leureuse et program- le Megève Blues Festival s’est imposé comme un mation internationale, « Petit Grand Festival » où l’authenticité prime sur le Megève offre une paren- gigantisme. Après dix ans sur la place de l’Église, l’évé- thèse estivale unique nement s’est installé au Pré SaintAmour, un écrin de où la musique se vit au plus près des artistes. Un verdure au cœur du village, permettant au festival de rendez-vous incontournable pour ceux qui aiment grandir sans perdre son âme. L’édition 2026 marque le blues… et tout ce qui gravite autour !
– WILCO – DEFTONES – TURNSTILE – AMYL & THE
ROCK EN SEINE 26-30 SNIFFERS – CLIPSE – LANDMVRKS – THE CURE –INTERPOL – MOGWAI – SLOWDIVE – WOLF ALICE. DOMAINE NATIONAL AOÛT2026 PRÉSENTATION : Depuis 2003, Rock en Seine DE SAINT-CLOUD (92) demeure l’un des plus grands festivals européens,niché dans le cadre majestueux du Domaine national PROGRAMMATION : de Saint-Cloud. Chaque fin d’été, l’événement réu- TYLER, THE CREATOR – nit légendes, têtes d’affiche internationales et révé- SOMBR – MIKI – RAVYN lations, dans une programmation qui embrasse rock, LENAE – LORDE – pop, indie, hip-hop et musiques alternatives. L’édi- DJO – KOMPROMAT tion 2026 aligne une affiche impressionnante, mêlant – LYKKE LI – TASH icônes cultes et artistes qui façonnent le son d’au- SULTANA – NICK CAVE jourd’hui. Avec ses grandes scènes, son ambiance & THE BAD SEEDS – familiale, ses espaces chill et sa scénographie soi- THE BLACK KEYS – gnée, Rock en Seine reste un rendez-vous incontour- FRANZ FERDINAND nable pour clôturer l’été en beauté. Un festival qui – WET LEG – BIFFY sait évoluer sans perdre son âme : exigeant, popu- © JEAN-PIERRE SABOURET CLYRO – SPARKS laire, ouvert, et toujours tourné vers l’avenir. 28 GuitarPart Bon Béziers de Reuno (Lofofora).
25-26 LANGUEDEROCK
SEPT
2026 BÉZIERS (SALLE ZINGAZANGA)
STORM ORCHESTRA - ASHEN - GRANDMA’S ASHES- NOT SCIENTISTS - KARTAGE - MUTT FISH.PROGRAMMATION : LOFOFORA - LOCOMUERTE - PRÉSENTATION : Né en Occitanie, Languederock est devenu en quelques années comme l’un des évènement rock les plus énergiques du sud de la découvertes et groupes régionaux. Pensé comme un France. Installé à la Salle rassemblement convivial et accessible, Languederock Zinga Zanga de Béziers, mise autant sur la puissance des concerts que sur l’ex- le festival revendique une périence globale : bars, food trucks, espaces détente identité simple et sans et une ambiance chaleureuse typique du sud. Avec détour : deux jours de une édition 2026 annoncée comme encore plus ambi- rock à l’état brut, portés tieuse, le festival confirme son statut incontournable par une programmation de rendez-vous pour tous ceux qui aiment le rock sans qui mêle têtes d’affiche, artifices, mais avec une bonne dose d’énergie pure. GuitarPart 29
FESTIVALS
NOS COUPS DE CŒUR
HEAVY WEEK END NANCY
5–7 JUIN 2026 - NANCY
PROGRAMMATION : SABATON – GOJIRA – ELECTRIC CALLBOY
– SAVATAGE – TRIVIUM – THREE DAYS GRACE – AVANTASIA.
End s’impose déjà comme unmoment majeur pour les fans demetal moderne et de shows XXL. Installé en plein air au ZénithPRÉSENTATION : Pour sa troisième édition, le Heavy Week de Nancy, le festival aligne des têtes d’affiche internationaleset une production massive. L’ambiance est résolument festive, entre pyrotechnie, gros riffs et public survolté. Avec Sabaton,Gojira et Electric Callboy en leaders, l’édition 2026 promet FESTIVAL GUITARES MIREMONT trois jours d’intensité pure.
5–7 JUIN 2026 - PLAN-DE-CUQUES
PROGRAMMATION : ANTOINE BOYER & YEORE KIM – GET THE
BEATLES BACK (TRIBUTE) – NUIT DE LA GUITARE : RAPHAËL FAŸS
& JOSÉ M. PALOMO – JEAN-FÉLIX LALANNE – LOUIS WINSBERG
– MARYLISE FLORID – ERIC GOMBART – MICHEL HAUMONT
– TSIPORA & PASCAL FOURNIER + GUESTS (+ SHOWCASES
GRATUITS & SALON DES LUTHIERS – 40 EXPOSANTS).
PRÉSENTATION : En seulement trois éditions, le Miremont Guitares Festival est devenu un rendez-vous majeur pour les amoureux de guitare et de lutherie. Installé au Parc de Miremont, il combine concerts intimistes, showcases gratuits et un salon réunissant près de 40 luthiers français. L’édition 2026 aligne RETRO C TROP une programmation prestigieuse, entre virtuosité acoustique, 26–28 JUIN 2026 + CONCERT SPÉCIAL LE 5 JUILLET - TILLOLOY (SOMME) hommages et grande Nuit de la Guitare. Un festival chaleureux, passionné, où l’instrument est célébré sous toutes ses formes. PROGRAMMATION : MATMATAH – GHINZU – RAZORLIGHT -
THE B52’S – ROLAND GIFT (FINE YOUNG CANNIBALS) – THE
MOLOTOVS – SQUEEZE – XTC – CHÉRI CHÉRI - JOAN JETT & THE
BLACKHEARTS – EUROPE – ULTRA VOMIT – NEW MODEL ARMY –
FOOLS GARDEN CONCERT SPÉCIAL 5 JUILLET : LENNY KRAVITZ.
PRÉSENTATION : Installé dans le cadre somptueux du château de Tilloloy, Rétro C Trop s’est developpé come le lieu idéal où tous les amoureux du vintage et du rock au sens large se réunissent au fin fond de la Picardie. Le festival mêle légendes internationales, groupes cultes et ambiance familiale, avec foodtrucks, espaces ombragés et camping sur place. Chaque édition célèbre l’esprit rock des années 70 à 90, sans nostalgie poussiéreuse : juste de l’énergie pure et des shows généreux. Avec une affiche 2026 par-
HELLFEST
18–21 JUIN 2026 - CLISSON ticulièrement solide et un concert exclusif de Lenny Kravitz, le fes-tival confirme son statut d’incontournable du début d’été.
PROGRAMMATION : BRING ME THE HORIZON, IRON MAIDEN,
LIMP BIZKIT, THE OFFSPRING, PAPA ROACH, HELLOWEN,
A PERFECT CIRCLE, THE HIVES, DEEP PURPLE, SABATON,
VOLBEAT, ALICE COOPER, OPETH, MEGADETH, ARCHITECTS.
PRÉSENTATION : Devenu l’un des plus grands festivals metal au monde, le Hellfest transforme chaque année Clisson en capitale internationale des musiques extrêmes. Avec plus de 180 groupes répartis sur six scènes, l’événement offre une expérience immer- sive unique, entre scénographies monumentales, atmosphère brûlante et communauté passionnée. L’édition 2026 affiche déjà complet, confirmant l’aura exceptionnelle du festival. Un rassem- © DR blement incontournable pour tous les Hellbangers. 30 GuitarPart
GAROROCK FRANCOFOLIES 10-14 JUILLET 2026 - LA ROCHELLE
26–28 JUIN 2026 - MARMANDE
(LOT-ET-GARONNE)
PROGRAMMATION : ORELSAN – GIMS – AYA NAKAMURA – MIKA
– FEU! CHATTERTON – NISKA – HELENA – GAËTAN ROUSSEL – ZAZ
– GAËL FAYE – LOUANE – JOK’AIR – YOUSSOU NDOUR – JULIEN
PROGRAMMATION : BIGFLO & OLI – CLERC – VINCENT DELERM – SKIP THE USE – MIKI – MARGUERITE – DISIZ – GIMS – KAYTRANADA – KI/KI – HUGUES AUFRAY – RAPHAËL – ODEZENNE – YAEL NAIM & KEREN MAJOR LAZE – NICO MORENO – PLK ANN – AGNÈS JAOUI – EMILY LOIZEAU – MPL – ANNE PACEO – – SARAH LANDRY – SOFI TUKKER INO CASABLANCA – SUPERPOZE – CHRISTOPHE MALI – SYLVAIN – THEODORA – TIMMY TRUMPET – DUTHU – SALEBARBES – BRIEG GUERVENO – URUMI – PEIO SER- TOM ODELL – VALD – VIAGRA BOYS. BIELLE – RAU_ZE – STÉPHANE – MICHEL HUBERT – COCANHA –
STORIES FROM NASHVILLE – LA TRAVERSÉE
PRÉSENTATION : Pour sa 30e édition, Garorock confirme son statut de mastodonte électropoprap du début d’été. Installé sur PRÉSENTATION : Depuis plus de trente la plaine de la Filhole, le festival aligne chaque année une pro- ans, les Francofolies célèbrent la scène grammation XXL mêlant têtes d’affiche internationales, scènes francophone sous toutes ses formes, électroniques et ambiance camping survoltée. L’édition 2026 entre têtes d’affiche populaires et décou- promet trois jours intenses, précédés d’un warmup déjà explosif. vertes audacieuses. La Rochelle devient Un endroit incontournable pour celles et ceux qui veulent com- chaque juillet un véritable village musi- mencer l’été dans une atmosphère festive et débridée. cal, vibrant et accessible. L’édition 2026 aligne une programmation massive mêlant chanson, pop, rap et projets EUROCKEENNES DE BELFORT spéciaux. Un festival idéal pour vivre la 2-5 JUILLET 2026 - PRESQU’ÎLE DU musique francophone en grand, au bord MALSAUCY (TERRITOIRE DE BELFORT) de l’Atlantique !
PROGRAMMATION :
THE OFFSPRING – ORELSAN – LA ROUTE DU ROCK 12-15 AOÛT 2026 - SAINT-MALO
BEN HARPER & THE INNOCENT
CRIMINALS – AYA NAKAMURA – PROGRAMMATION : FONTAINES D.C. - MOGWAI – DARK-
PULP – THE LUMINEERS – SOCIAL SIDE – BAXTER DURY – THE DIVINE COMEDY – KURT VILE DISTORTION – RISE OF THE & THE VIOLATORS – ALDOUS HARDING – PEACHES – DRY NORTHSTAR – ULTRA VOMIT – CLEANING – SMERZ – DITZ – CATE LE BON – SPRINTS – AIRBOURNE – FEU! CHATTERTON – THE HIVES – SLEAFORD HORSEGIRL – MOIN – ALICE COSTELLOE – CHEST – CIEL
MODS – CURTIS HARDING – JEHNNY BETH – NICO MORENO.
PRÉSENTATION : Sur trois décen- PRÉSENTATION : Installées sur la presqu’île du Malsaucy, les nies, La Route du Rock a défendu Eurockéennes restent l’un des plus grands festivals français, l’indé avec une exigence rare, mêlant têtes d’affiche internationales et découvertes pointues. mêlant têtes d’affiche pointues et Entre rock, rap, électro et pop, l’édition 2026 affiche une diver- découvertes internationales dans sité impressionnante et une vraie ambition artistique. Le site le cadre unique de Saint-Malo. Entre naturel, entre lac et forêt, offre une atmosphère unique, festive soirées au Fort de Saint-Père et et immersive. Un rendez-vous unique du début juillet, toujours concerts en bord de mer, le festival aussi libre, populaire et vibrant. offre une expérience à la fois sau- vage, élégante et profondément fidèle à l’esprit indie. L’édition 2026 prolongera cette identité singulière, avec une program- MAIN SQUARE FESTIVAL mation superbe portée par Fontaines D.C. Recommandé parti- 3-5 JUILLET 2026 - ARRAS culièrement aux amoureux de musiques alternatives !
PROGRAMMATION : KATY PERRY – PAUL KALKBRENNER –
ORELSAN – ASAF AVIDAN – TWENTY ONE PILOTS – CASSISU LES INTERNATIONALES DE LA GUITARE EN OCCITANIE – LUIZA – L2B – MARSHMELLO 20 SEPT-11 OCT 2026 - MONTPELLIER, HÉRAULT & OCCITANIE PRÉSENTATION : Situé dans la majestueuse Citadelle d’Arras, PROGRAMMATION : PROGRAMMATION COMPLÈTE EN COURS le Main Square est l’un des grands ren- D’ANNONCE (100 CONCERTS & ÉVÉNEMENTS + 2 JOURS dez-vous pop-rock electro du début DÉDIÉS À LA GUITARE À TOULOUSE) d’été. Le festival attire chaque année des têtes d’affiche interna- PRÉSENTATION : Les Internationales de la Guitare font vibrer tionales et un public venu de toute Montpellier et toute l’Occitanie avec un mois de concerts, ren- l’Europe. L’ambiance est à la fois fes- contres et actions culturelles. Le festival mêle têtes d’affiche, tive, accessible et très grand public, découvertes et événements gratuits dans les lieux embléma- avec une production massive et un tiques de la région. Point d’orgue : deux journées entièrement site classé au patrimoine mondial. dédiées à la guitare à Toulouse, avec 100 luthiers, masterclass L’édition 2026 promet une nouvelle et showcases. Un festival innatendu, éclectique et populaire, qui salve de concerts majeurs ! célèbre l’instrument sous toutes ses formes. GuitarPart 31
ENTRETIEN
ERIC JOHNSON
DISCRET, PERFECTIONNISTE ET TOUJOURS AUSSI HABITÉ PAR SA QUÊTE DU SON PARFAIT, ERIC JOHNSON REVIENT ENFIN EN EUROPETEXAS TONES RANGER RÉFLEXION SUR LES GUITARES DU FUTUR, FIDÉLITÉ AUX VIEUX AMPLIS À LAMPES ET ADMIRATION INTACTE POUR HENDRIX OU JEFF BECK,LE TEXAN NOUS A ACCORDÉ UN ENTRETIEN AUSSI HUMBLE QUE PASSIONNANT AVANT SON PASSAGE PARISIEN À CÔTÉ DU MOULIN ROUGE.APRÈS PLUS DE DIX ANS D’ABSENCE AVEC SON NOUVEAU PROJET TEXAPHONIC. ENTRE NOUVEAUX MORCEAUX DÉJÀ ENREGISTRÉS, mencer à faire long…Eric Johnson :Plus de dix ans sans tournée européenne, ça devait com- Ce qui est amusant, c’est qu’aujourd’hui beaucoup d etournées servent surtout à vendre quelque chose : u n née possible, avec de nombreuses dates un peu partout enun promoteur français formidable qui a rendu cette tour- Oui, je suis bien d’accord. On a rencontré nouvel album, un coffret, un documentaire… Là, on a sur-tout Europe. Je suis très impatient. Ça faisait longtemps et j’adore Exactement. On va reprendre des morceaux plus anciens, l’impression que vous revenez simplement pour jouer. venir jouer ici. mais aussi jouer de nouveaux titres que je n’ai pas encoreenregistrés officiellement. J’ai travaillé récemment sur plu-sieurs sessions. On fera aussi quelques standards jazz, peut- Eric Johnson semble encore chercher la noteparfaite et le pire, c’est qu’il la trouve souvent. être un peu de country, un passage acoustique… Une sortede panorama de tout ce que j’aime faire.Mais avec vous, « nouveau morceau » ne veut pas for cé- ment dire « nouvel album imminent » (rires).C’est vrai (Rires). Peut-être dans trois ans et demi si j’accé- lère un peu ! Mais, cette fois, j’ai déjà une dizaine de mor-ceaux enregistrés, donc il faut maintenant que je décide quoi en faire exactement. Dix morceaux, c’est déjà un album… À moins que cene soit votre disque punk avec des titres d’une min ute trente ?Un album punk (rires) ? C’est vrai, il faudrait peut-être que je fasse ça un jour ! On parle souvent de vous comme d’un « guitarist’s g ui-tarist ». Tous les grands disent du bien d’Eric Joh nson. Vous avez même ce statut presque mythique chez cer-tains musiciens… C’est gentil, mais je me considère toujours comme un étu- manence et de trouver comment mieux faire les choses. Monidée a toujours été d’apporter une certaine élégance à la gui-diant de la guitare. J’essaie simplement d’apprendre en per- tare électrique, un peu comme on peut le faire avec un vio-lon, un saxophone ou un piano acoustique. C’est très diffi- cile, mais c’est justement ce défi qui me passionne. IlOui. Quand on pense à Hendrix ou Jeff Beck, ces musiciens y a aussi cette recherche du beau son, presque d u chant. ont complètement changé les règles. Aujourd’hui encore, çareste incroyable, mais il faut se remettre dans le contexte l’époque, personne ne jouait comme ça. C’était comme voir : à 32 GuitarPart débarquer quelqu’un d’une autre planète. © DR
« JE ME CONSIDÈRE TOUJOURS COMME UN ÉTUDIANT DE LA GUITARE. J’ESSAIE SIMPLEMENT
D’APPRENDRE EN PERMANENCE ET DE TROUVER COMMENT MIEUX FAIRE LES CHOSES. MON
IDÉE A TOUJOURS ÉTÉ D’APPORTER UNE CERTAINE ÉLÉGANCE À LA GUITARE ÉLECTRIQUE, UN
PEU COMME ON PEUT LE FAIRE AVEC UN VIOLON, UN SAXOPHONE OU UN PIANO ACOUSTIQUE.
C’EST TRÈS DIFFICILE, MAIS C’EST JUSTEMENT CE DÉFI QUI ME PASSIONNE. »
GuitarPart 33
ENTRETIEN
Sourire discret, vieille Fender fatiguée et toucher de velours : la classe texane. 34 GuitarPart D’une certaine manière, certains guitaristes parlent aussi Oui, je continue à trimballer des amplis énormes partout de vous comme ça… (rires). C’est totalement archaïque ! Pourtant, les systèmes Haha ! Je suis surtout heureux de faire partie de cette grande digitaux deviennent de plus en plus performants. Mais je n’ar- famille de guitaristes. Comme tout le monde, je prends des rive pas encore à obtenir exactement ce que je cherche. En choses chez mes musiciens préférés et j’essaie d’en faire ma revanche, si on accepte le numérique pour ce qu’il est, sans propre recette. essayer d’imiter l’ancien matériel, ça peut ouvrir de nouvelles portes très intéressantes. Sauf que chez beaucoup de gens, les doigts ne suive nt pas forcément… Quels amplis utilisez-vous aujourd’hui ? Oui, mais chacun a ses forces et ses limites. Chez moi, ça ne J’ai trois configurations différentes. Je peux utiliser deux vient pas naturellement. Je dois énormément travailler. Si je Fender Deluxe Reverb pour les sons rythmiques, un Super ne pratique pas, je peux très vite sonner très mal ! Je ne suis Reverb pour un crunch plus sale, ou un Marshall 50 watts pas le musicien le plus constant du monde, loin de là. pour les leads. C’est assez surprenant d’entendre ça venant de vous . Et les effets incontournables ? Mais c’est vrai ! Pour moi, tout part d’une vision. Comme Michel- Plus ou moins dans l’ordre, ce sera BK Butler Tube Driver, Ange, qui voyait déjà David dans le bloc de pierre avant de com- Ibanez Tube Screamer, Memory Man Deluxe, chorus stéréo mencer à sculpter. Quand j’imagine un son ou une phrase musi- TC Electronic, Dunlop Eric Johnson Fuzz Face… Et surtout cale, au début, c’est souvent catastrophique. Ça ne ressemble un vieux delay numérique MXR des années 80 que j’adore. absolument pas à ce que j’ai dans la tête. Mais si tu gardes cette vision très claire, tu peux progressivement enlever les obstacles Pourquoi celui-là précisément ? jusqu’à atteindre quelque chose qui s’en rapproche.qui s’en rapproche. Parce qu’avec une Fuzz Face, il garde un son trèsParce qu’avec une Fuzz Face, il garde un son très lisse et naturel. Quand Hendrix enclenche lalisse et naturel. Quand Hendrix enclenche la Et parfois, les compliments ou la recon-s ou la recon- fuzz surfuzz sur Voodoo ChildVoodoo Child (Slight Return), il n’y naissance peuvent justement brouillert brouiller a pas ce côté « granuleux numérique ».a pas ce côté « cette vision… C’est saturé, mais fluide. J’adore cetteC’est saturé, mais fluide. J’adore cette Complètement. C’est même probable-Complètement. C’est même probable- texture-là.texture-là. ment le plus difficile. LesLes prochains mois vont être Parlons un peu matériel. Qu’al-Qu’al- chargés pour vous…cha lez-vous emmener avec vous pourous pour Oui. On a d’abord une tournée amé-Oui. On a d’abord une tournée amé- cette tournée européenne ? ricaine d’environ cinq semaines,ricaine d’environ cinq semaines, Probablement deux Fender Stra-Probablement deux Fender Stra- puis la tournée européenne. Ensuitepuis tocaster. Une Eric Johnson signa-. Une Eric Johnson signa- je participe à une masterclass enje participe ture et une réédition 1954 du début1954 du début Écosse avec Mike Stern, Tom BukovacÉcoss des années 2000 que j’aime beaucoup.des années 2000 que j’aime beaucoup. et Guthrie Trapp. Puis je retourne àet Guthrie T Je prendrai aussi sans doute une Les PaulJe prendrai aussi sans doute une Les Paul Austin pour une autre masterclass avecAustin pour une autre masterclass avec Custom Shop et une acoustique. Tommy Emmanuel.Tommy Emmanuel. Vous continuez à développer de nouveaux modèles ? Pas exactement les pires partenaires possibles… J’ai déjà plusieurs modèles signature chez Fender, mais je Non, c’est vrai (Rires) ! travaille aussi sur un prototype assez particulier. Mon idée était de créer une guitare avec un overdrive intégré vrai- Vous évoquiez aussi un possible anniversaire autour de ment convaincant. Quelque chose qui permettrait d’avoir « Tones »… un superbe son clair et un très bon lead sans pédalier. Oui, on aimerait faire une tournée spéciale pour les quarante ans de l’album. On avait déjà célébré « Ah Via Musicom », Le rêve absolu du guitariste de tournée… mais jamais « Tones ». Ce serait sympa. Oui, exactement ! Et honnêtement, le son fonctionne très bien. Mais le problème, c’est que l’électronique supplémen- Et le G3 ? Revoir Steve Vai et Joe Satriani sur scè ne taire influence le son naturel de la guitare. Les batteries, ensemble semblait presque naturel… les circuits, les câbles… tout ça enlève un peu de pureté au La réunion de l’an dernier était vraiment géniale. Ça faisait signal. Donc, j’essaie encore de trouver une solution pour très longtemps. Et écouter Joe et Steve aujourd’hui reste très isoler correctement le système. inspirant. On apprend toujours quelque chose avec des musi- ciens de ce niveau. Et côté acoustique ? Je joue beaucoup sur des Maton australiennes, comme On aimerait beaucoup voir ça revenir en Europe… Tommy Emmanuel. Ce sont des instruments fantastiques. Il y a eu quelques discussions à ce sujet. Peut-être un jour. Ce serait vraiment génial. Beaucoup de guitaristes abandonnent désormais les Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET amplis traditionnels pour des systèmes numériques. Vous Eric Johnson sera en concert à La Machine © DR résistez encore… du Moulin Rouge de Paris le 2 juillet. GuitarPart 35
ENTRETIEN
36 GuitarPart
UN OCÉAN DE COULEURS
DANS UN MONDE BIEN GRIS...
DOUCEUR ET D’ÉNERGIE QUI RÉCHAUFFE TOUT ! ENTRE LUCIDITÉ SUR LE MONDE, AMOUR DE LA SCÈNE, MATERNITÉ, DESTINRENCONTRER FATOUMATA DIAWARA, C’EST COMME OUVRIR UNE FENÊTRE EN PLEIN HIVER : UNE BOUFFÉE DE LUMIÈRE, DE « MASSA », SUR SA COLLABORATION FUSIONNELLE AVEC M, ET SUR LA NAISSANCE DE SA GUITARE SIGNATURE : UNE EPIPHONEET COMBATS ESSENTIELS, L’ARTISTE SE LIVRE AVEC UNE SINCÉRITÉ DÉSARMANTE. ELLE REVIENT SUR SON NOUVEL ALBUM,ÉCLATANTE, À SON IMAGE, PENSÉE POUR ÊTRE BELLE, ACCESSIBLE ET PORTEUSE D’ESPOIR ! monde, qu’est-ce que t’inspire la situation géopolitiqueactuelle ?Toi qui as ce parcours international et cette vision du Le talent de plonger le public penser, ni quand tout ça va s’apaiser. On est en plein hiver, ettout le monde sait que cette période est difficile pour le moral.La situation est vraiment particulière. On ne sait plus quoi dans univers unique... Les gens sont fatigués, mentalement et psychologiquement. moyens de sauver le monde que de s’entretuer. Qu’on accepteMoi, je rêve que tout cela s’arrête, qu’on trouve d’autresenfin la différence, la diversité. Je ne comprends pas pourquoi on fait la guerre. Je suis comme un enfant : j’ai encore du mal àaccepter que l’être humain ne cherche pas d’autres solutions pour faire évoluer le monde. C’est douloureux. Beaucoup degens souffrent. Et puis il y a aussi le climat : la situation est dramatique, mais on n’en parle pas assez. Si on était un peuintelligents, on unirait nos forces pour sauver la planète. C’est bilisé. Il y a de vrais problèmes, de vraies causes à défendre.l’urgence absolue. La planète ne va pas bien, tout est désta- nous, en tant qu’artistes, tout ce qu’on peut faire, c’est essayerd’apporter de la joie. Être l’opposé de tout ça. Sur scène, siMais on n’a pas trop le choix. Alors on regarde, on subit. Et toute la journée sur leurs réseaux ou dans les journaux, ilsn’auraient plus aucun espace pour respirer. La musique serton se mettait à débattre des mêmes sujets que les gens voient à ça : offrir un répit. Heureusement qu’elle existe. C’est unebouffée d’oxygène. Les salles sont pleines, les gens revivent, et c’est exactement ce qu’il faut : combattre tout ça avec lajoie, l’amour, la bonne énergie. nombre de dates incroyable, et on aura la chance devoir à l’Olympia à la rentrée. Comment tu l’appréhe ndes ?Justement, cette tournée qui arrive est énorme. Tu as un te Je suis excitée, vraiment motivée. J’ai hâte de rencontrertout ce beau monde et qu’on se guérisse ensemble. Qu’on se puissent oublier ce qu’ils ont vu dans la journée sur leursfasse du bien, qu’on passe un bon moment, et que les gensécrans. Quand ils viennent au concert, j’aimerais qu’ils se © LYDIA TEFERA, DRdisent : « Il y a de l’espoir. » Pour moi, c’est comme partir enguerre… mais avec des fleurs. GuitarPart 37
ENTRETIEN
Je valide !!! Alors, parlons du nouvel album justement, Et cet album, tu l’as produit avec M. qui « t’accompagne » « Massa ». Je ne comprends pas les textes évidemment depuis Lamomali. Comment s’est passée votre rencont re, (rires), mais j’ai lu que tu abordais des thèmes plus person- et cette collaboration qui ressemble presque à un d uo ? nels : l’espoir, la fatalité, l’idée que chacun a un destin écrit… C’est un peu la continuité de Lamomali. On a écrit et travaillé et aussi la maternité. Qu’est-ce que ça a changé pour toi ? sur cet album pendant la tournée. On sent cette complicité : La maternité a beaucoup changé ma vie. Plus les enfants gran- dans les arrangements, dans la confiance, dans la détente. Il dissent, moins j’ai l’impression de les voir grandir. Il y a beau- y a beaucoup d’amour, de sérénité, de joie. C’est mon frère coup de sacrifices. Plus le temps passe, plus tu t’éloignes de d’amour. Je l’aime énormément. Je suis ravie de l’avoir sur tout le monde, et en même temps… plus ça te manque. On ce projet, et de voir ce qu’il peut faire avec mes composi- ne se prépare pas à ça. On croit que le succès, c’est la per- tions. On travaille dans une confiance totale. On n’a même fection, mais en réalité, tu perds beaucoup de choses. Dans pas besoin de parler pour se comprendre. On se regarde, on cet album, je parle de ce décalage dans mes relations person- sourit, et tout est dit. Ça n’a pas de prix. Travailler ensemble, nelles. Les gens changent, toi aussi, mais tu ne t’en rends pas c’est un pur plaisir ! compte. Parfois, ils pensent que tu te moques d’eux, comme si tu faisais exprès. Ça crée des fossés avec des personnes Je comprends tout à fait. En France, Mathieu est te lle- très proches. C’est douloureux, mais c’est la règle du jeu. Il ment aimé, c’est incroyable. On parle souvent du fa it que, faut l’accepter. Être mère ajoute une autre couche : la culpa- quand on est « fils de », c’est plus facile… mais l ui, il bilité de ne pas être assez présente. Dans l’éducation clas- mérite totalement sa place. Et puis, j’aimerais bie n jouer sique, une mère reste à la maison, cuisine, accompagne les de la guitare comme lui aussi ! (rires) Pour reveni r à ton enfants jusqu’à ce qu’ils prennent leur envol. Ce ne sera pas parcours : tes parents étaient dans le milieu du sp ectacle, mon cas. Les enfants l’ont compris, moi aussi. Mais on ne et j’ai cru comprendre que c’est ton père qui t’a m is une peut pas tout avoir. guitare entre les mains. Qu’est-ce qui t’a plu dans cet ins- trument au départ ? En réalité, je n’ai pas appris la guitare au Mali. Je l’ai apprise Couleurs vives et joyeuses, de la guitare à la tenue ! à Paris. Je jouais beaucoup dans les bars, je faisais des workshops, je rencontrais des musiciens de tous horizons : jazz, rock, pop… Avant ça, j’étais comédienne. J’ai appris la guitare sur le tas, en collaborant avec plein d’artistes diffé- rents. J’aime la guitare parce qu’elle a participé à ma liberté. Quand j’ai commencé à chanter à Paris, je jouais dans Kiri- kou au Casino de Paris. Les gens me voyaient en Karaba, puis me retrouvaient le soir dans un bar, seule avec ma guitare, en train de chanter mes propres chansons. Ça les surprenait, mais pas toujours dans le bon sens. Ils se demandaient : « Elle est comédienne ou chanteuse ? » Je leur disais : la comédie, c’est un métier, peut-être un don… mais au fond, je suis chan- teuse. C’est ce qui me fait du bien, ce qui me soulage, ce qui me permet d’exprimer mes traumatismes. J’ai une histoire lourde, et le théâtre ne suffit pas. La musique, je peux la faire partout, même dans ma salle de bain. C’est vital. Mais les gens ne me croyaient pas. Ils pensaient que c’était un passe- temps, comme beaucoup de comédiennes qui chantent. Sauf que pour moi, c’était l’inverse : je suis d’abord chanteuse. Et j’ai galéré. Quand j’ai commencé à composer, certains musiciens m’ont lâchée en pleine tournée. Deux jours avant un concert, ils partaient parce qu’ils trouvaient mieux payé ailleurs. Ça m’est arrivé plusieurs fois. Alors je me suis dit : « Je ne peux pas dépendre des autres pour m’exprimer. » Si je ne chante pas, je tombe malade. Ma voix est chargée, mon passé est lourd. Je me suis enfuie de ma famille, seule, sans dialogue. C’est mon chemin. Je ne peux pas m’arrêter à cause de gens qui ne croient pas en moi. Alors je suis allée ache- ter une guitare à 200 euros, deux jours avant un concert qui devait être annulé. J’ai dit : « Je n’annule pas, j’y vais seule. » J’ai fait un concert d’une heure et demie toute seule, et j’ai appris la guitare un peu sur scène. J’ai acheté un cahier de solfège, j’ai appris les accords, et j’ai tout misé sur la voix. C’est là que je me faisais du bien. Je me suis dit : « Chante, chante avec ton cœur. Le reste suivra. » Ça a été le vrai début. J’ai beaucoup joué dans les bars à Paris avant d’arriver sur les © MARKO STEVIC, DR 38 GuitarPart « SUR SCÈNE, SI ON SE METTAIT À DÉBATTRE DES MÊMES SUJETS QUE LES GENS
VOIENT TOUTE LA JOURNÉE SUR LEURS RÉSEAUX OU DANS LES JOURNAUX, ILS
N’AURAIENT PLUS AUCUN ESPACE POUR RESPIRER. LA MUSIQUE SERT À ÇA : OFFRIR
UN RÉPIT. HEUREUSEMENT QU’ELLE EXISTE. C’EST UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE. »
grandes scènes. Ensuite, j’ai été signée par des Anglais, j’ai moment-là, et les autres guitares — Stratocaster et compagnie tourné en Allemagne, partout en Europe. En France, je fai- — étaient trop lourdes pour mon dos. Avec mon manager, on sais du théâtre et du cinéma ; ailleurs, je faisais de la musique. cherchait une guitare électrique, mais légère. On a trouvé une Epiphone toute rouge. Elle me plaisait énormément, alors j’ai Et dans ton parcours, tu as aussi eu la chance de t ravail- commencé à jouer avec. Ensuite, on a contacté Gibson. Ils ont ler avec Dee Dee Bridgewater, Herbie Hancock, Damon répondu tout de suite : ils aimaient ma musique, et en plus, Albarn… Tu penses que c’est le destin ? Ou que c’es t ton il n’y a pas beaucoup de femmes qui jouent ce type de gui- ouverture, ton énergie, qui attire ces gens-là ? tare. Pour eux, c’était nouveau, enthousiasmant. On a donc Je pense que c’est un peu tout ça. Les gens qui ont de l’ex- continué ensemble, sur deux albums. Pendant cette période, périence et qui sont bienveillants sentent qu’ils peuvent j’ai beaucoup changé de couleurs de guitare. Je demandais m’approcher. Je ne suis pas une artiste compliquée. J’ai du du rouge vif, du rouge sang, du blanc, du bleu… Je changeais caractère, oui, mais ils aiment ce caractère, parce que je suis tout le temps. Je pense qu’ils se sont dit : « Il faudrait qu’on moi-même, comme un enfant : oui ou non, mais toujours sin- lui fasse SA guitare. » Parce qu’aux États-Unis, parfois, ils cère. Mathieu, Damon, tous ceux avec qui j’ai travaillé ont n’avaient pas la bonne couleur, alors ils m’envoyaient des aussi ce côté enfant : une innocence, une fragilité, mais aussi rouges plus sombres que je n’aimais pas. Je me plaignais un une grande clarté dans ce qu’ils veulent, sans orgueil. Ça peu, oui ! (rires) Alors ils m’ont dit : « Pourquoi ne pas créer attire les gens, que tu sois un grand chanteur ou pas. Et puis une guitare avec TES couleurs ? Dessine-nous ta guitare. » il y a peut-être quelque chose dans ma voix que je ne contrôle Et c’est comme ça qu’on a créé la guitare Fatou. La forme me pas, quelque chose qui vient de mes ancêtres. Les gens res- plaisait, mais leurs couleurs ne correspondaient pas à mon sentent cette énergie. Mais tu peux avoir une voix chargée : si univers. Avec un designer, on a travaillé à partir de tissus humainement tu n’es pas ouvert, si tu juges, si tu penses que africains. Je porte souvent des tenues traditionnelles, alors ce que tu fais est supérieur, ça ne passe pas. Au contraire, si je me suis dit : faisons quelque chose qui n’a jamais existé. tu es ouvert, si tu accueilles les autres, si tu vois chaque ren- Allons vers l’Afrique, ouvrons les horizons. Ça parlera à la contre comme une bénédiction, alors les choses se mettent nouvelle génération. J’ai intégré mes couleurs : bleu, rouge, en place. Je crois qu’il y a de la chance, oui, mais aussi mes jaune, noir… un peu de tout. J’adore cette guitare. C’est moi. choix. On rencontre beaucoup de monde, mais j’ai une sensi- C’est tout ce qui se passe dans ma tête : des couleurs ! bilité extrême. Je détecte les belles personnes, les belles âmes. Quand c’est une belle personne, je le sens immédiatement. Ce que j’ai trouvé fantastique, c’est qu’ils ont ré ussi à la sortir à un prix accessible pour beaucoup de gens. On va parler de cette fameuse guitare ! Comment est né Oui, c’était le but. Je voulais que même des Africains puissent ce projet ? D’où ça vient ? Est-ce que c’est Gibson qui t’a l’acheter. J’aimerais que, quand des Africains viennent en contactée ? Bref, comment ça s’est passé ? Europe, ils puissent en ramener quelques-unes ! C’est vrai- Pour mon album précédent, « London Ko », j’avais essayé une ment l’objectif. Et apparemment, ça marche : beaucoup guitare Gibson qui me plaisait beaucoup. J’étais enceinte à ce d’amis m’ont dit qu’ils l’avaient déjà ! GuitarPart 39
ENTRETIEN
« ILS M’ONT DIT : “POURQUOI NE PAS CRÉER UNE GUITARE AVEC TES COULEURS ?
DESSINE-NOUS TA GUITARE.” ET C’EST COMME ÇA QU’ON A CRÉÉ LA GUITARE FATOU.
LA FORME ME PLAISAIT, MAIS LEURS COULEURS NE CORRESPONDAIENT PAS À MON
UNIVERS. AVEC UN DESIGNER, ON A TRAVAILLÉ À PARTIR DE TISSUS AFRICAINS.
JE ME SUIS DIT : FAISONS QUELQUE CHOSE QUI N’A JAMAIS EXISTÉ. »
Pour te raconter la blague : Gibson m’a dit que c’était un Sincérité, franchise et un sourire grand carton absolu. À tel point que ce n’est même pas eux qui comme ça ! C’est aussi ça Fatoumata ! m’ont envoyé la guitare : ils n’en avaient plus en stock ! (Rires.) Oui, c’est incroyable. Et pour le prix, franchement, c’est magnifique. Ça prouve qu’on peut faire de très bons ins- truments à des tarifs démocratiques. Certaines marques l’ont oublié. Là, tout mon entourage a pu en avoir une. C’est génial. On va peut-être continuer. Peut-être qu’ils vont me proposer d’en faire une autre ! On pourrait partir sur un design plus bleu. Là, c’est le rouge qui domine. J’aimerais bien changer. J’adore changer les couleurs. Je m’ennuie si je ne change pas. Même sur scène, je ne porte jamais deux fois la même tenue. Je change tout le temps. J’avais une dernière question, plus personnelle. J’ ai lu que tu mènes un combat contre l’excision au Mali. O ù en est-on aujourd’hui ? Ça évolue. Les filles et les femmes commencent à se poser de vraies questions sur cette pratique. Et c’était ça, le but. Ça bouge énormément. On s’est rendu compte que ce n’était pas vraiment une tradition malienne, mais quelque chose venu d’autres influences religieuses. Les animistes, par exemple, ne pratiquent pas l’excision. L’éveil a commencé. Mais on ne va pas lâcher. Il faut continuer, surtout dans les villages. Il faut que la communication passe. Sur cet album, je n’ai pas fait de chanson sur le sujet, mais sur le prochain, certainement. Je ne lâcherai pas. La musique doit continuer à sensibiliser. Ce n’est plus comme il y a quelques années. Beaucoup de parents ne le font plus. Les hommes nous soutiennent. On est sur la bonne voie. C’est une note positive. Mais il ne faut pas croire que c’est acquis. Certains sont têtus, très attachés aux traditions. J’ai l’impression que c’est pareil pour beaucoup de com- bats : dès qu’on relâche un peu l’attention, ça rep art. Regarde ce qui se passe au Sénégal, avec ces lois h omo- phobes complètement dingues. Comment ça peut encore arriver aujourd’hui ? Exactement. Quand j’ai vu ça, j’ai été choquée. On est peu de choses dans ce monde. Il faut rester éveillés. On a besoin de paix. Mais quand il y a la guerre, quand tout s’enflamme, on passe à côté de ces combats qu’on croyait acquis. On perd nos valeurs, on n’est plus concentrés. Oui, et peut-être aussi parce qu’en Occident, on es t deve- nus très égoïstes. Chacun regarde à sa porte, et pl us le bien de la communauté. Il faut que ça change. Il faut qu’on se réveille. Et qu’on prône l’amour ! Un immense merci Fatoumata ! Propos recueillis par Flo S. © NICO M, DR 40 GuitarPart
JOUE ET GAGNE
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ENTRETIEN
GHINZU – JOHN DESCAMPS, MIKA HASSON ET GREG REMY
ÉPISODE 1 : TOUR DU MONDE
UN DISQUE NOURRI PAR LE TEMPS, LES ACCIDENTS, LES VIES QUI PASSENT, HUIT ENFANTS, DES DISQUES DURS REMPLIS D’IDÉES, DES STUDIOSDIX-SEPT ANS APRÈS « MIRROR MIRROR », GHINZU REVIENT ENFIN AVEC « WHEN OTHER WORLDS AWAIT » (« W.O.W.A. », POUR LES INTIMES). EMMENÉS PAR JOHN DESCAMPS, MIKA HASSON ET GREG REMY, AVEC JEAN WATERLOT ET ANTOINE MICHEL, LES BELGES TRANSFORMENT LEUREN BELGIQUE, À NEW YORK OU LOS ANGELES… ET UNE ENVIE RETROUVÉE DE FAIRE PARLER LES GUITARES SANS COMPLEXE. TOUJOURSABSENCE EN MATIÈRE PREMIÈRE. UN RETOUR ? NON, PAS VRAIMENT… PLUTÔT UNE DISTILLATION LENTE, CHAOTIQUE ET TRÈS ROCK. un nouvel album ?John Descamps :Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de sortir Vous n’êtes pas King Gizzard, en gros…John : de très spécial, qui peut se faire de plein de manières diffé- La création d’un album est quelque chose térêt de ce disque, c’est justement qu’il contient des mor- Non, on n’est pas King Bizarre (rires) ! Mais l’in- rentes. Il y a des gens qui font dix albums par an, et d’autrescinq albums en vingt ans. C’est une manière de vivre et de ceaux composés il y a longtemps, qui ont maturé pendantdes années, et d’autres beaucoup plus récents. Certaines travailler. Pour nous, ces années, ce sont aussi des histoiresde vie, des familles, huit enfants, des remises en question matières ont quinze ans, d’autres datent de cette année.On a fait un énorme puzzle de toute notre créativité depuis2012. tées, des choses qu’on a laissées reposer.de se dire : «artistiques. On a parfois travaillé pendant deux ans avant Je ne sais pas… » Il y a eu des tentatives avor- ceau n’est jamais vraiment terminé. Il peut être enregistréGregÀ partir du moment où tu n’as pas de date fixée, un mor- Remy : Il y a aussi le fait qu’on n’avait pas d’échéance. jusqu’au bout, puis transformé parce qu’on l’a joué unefois ou parce qu’on entend autre chose qui prend le dessus. Cet album, c’est une évolution constante des morceaux.John : loin…dans : « Il y a quelque chose d’un peu obsessionnel là-de- Non, ce n’est pas fini, c’est plus loin, c’est plus énorme, des disques durs dans tous les sens, des idéesqu’on prenait pour des morceaux. Puis certaines résolu- » À un moment, on se retrouve avec une matière douze années.Mika Hasson :tions apparaissent au moment où elles doivent apparaître. Cet album, ce sont les survivants de ces On entend beaucoup de guitares. Plus que sur certai nsdisques précédents, non ? moins bienvenues. Et puis, au moment où on a commencéà faire un son qui était notre son, actuel, avec les guitaresMika : Pendant des années, les guitares étaient peut-être en avant, on s’est sentis soulagés. On n’était plus com-plexés. Je pense que ça a rendu l’exécution finale de l’al- bum plus évidente. Certains morceaux traversaient ces époques, peu importele style. D’autres moins. Les guitares se sont imposéesJohn : Les styles ont changé pendant toutes ces années. parce qu’elles étaient justes à ce moment-là. qui peut presque faire penser à Van Halen dans un mor-LightsMika : , il y a un effet flanger, on y va à fond, avec un riffOn n’a plus peur de les mettre devant. Sur Morning ceau un peu new-wave. C’est ça qui est chouette. Ce n’est Mika Hasson, Jean Waterlotet John Descamps.42 GuitarPart pas toujours prémédité. En 2026, Ghinzu prend de la hauteur. Vu d’ici, même les ego semblent accordés… Enfin presque. L’album a aussi été enregistré dans beaucoup d’endroits Vous avez mixé chez lui à Los Angeles ? différents… John : Oui, à Hillside Manor, son studio à Hollywood. On y a John : Le DIY a beaucoup changé les choses. Avant, on brico- passé une quinzaine de jours. C’est un endroit incroyable, rem- lait avec un Tascam et des SM57. Maintenant, avec les ordina- pli de micros, d’amplis, de claviers, de guitares. Noel Gallagher teurs, les plugins, la possibilité de simuler des amplis ou d’im- venait de partir. Tu sens l’histoire dans les murs. porter plein de sons, tu peux vraiment t’enregistrer toi-même. À ça s’ajoutent les histoires de vie, les blessures, les belles Il y a aussi chez Ghinzu une vraie dimension choses, les moins belles, qui changent aussi mon écriture. Ce cinématographique. studio mobile nous a donné une forme d’itinérance. On a tra- John : Oui, mais pas forcément le cinéma blockbuster. On vaillé dans les Ardennes, dans le nord de la Belgique, à Knocke, est plus proches de Morricone, François de Roubaix, Alain puis à New York, comme par impulsions, par aventures… Goraguer (« La Planète Sauvage »), Michel Colombier, Michel Magne, Michel Legrand… Des compositeurs avec un sens de Que s’est-il passé à New York ? l’harmonie énorme. Cette culture vient ponctuer certains mor- John : On a enregistré dans un studio chez Joakim, un super ceaux. Breathless, par exemple, est inspiré par ça. Dans Fore- gars français. On y a fait des choses sur Forever, une pre- ver, il y a une guitare un peu devant, très années 70… mière version d’Out Of Control qui n’est plus du tout la même aujourd’hui… Mais le moment décisif est venu d’un concert Ce disque semble plus direct, mais pas forcément pl us d’anniversaire chez un ami. On n’avait pas joué depuis long- simple. temps. Il y avait des copains, des plus jeunes, des gens du label, John : Le live reste notre point de départ. Et aujourd’hui, la du tourneur… Et tout le monde est parti en vrille, dans le bon communication entre les gens devient compliquée. Tout est sens. On s’est regardés et on a compris que quelque chose se polarisé, on ne sait plus ce qui est vrai ou faux. La musique passait. reste un endroit où l’on échange, où l’on joue ensemble. C’est de plus en plus rare. Avec ces nouveaux morceaux, on retrouve C’est là que l’album est vraiment reparti ? quelque chose d’urgent. Ils sont enivrants à jouer. Peut-être John : Oui. On s’est dit : pourquoi ne pas faire les 20 ans de parce qu’ils sont neufs pour nous. « Blow », pourquoi ne pas sortir ce disque ? On avait confiance. On avait toute cette matière accumulée, cette porosité entre Vous avez l’impression d’avoir retrouvé le meilleur niveau ? maquette et produit fini. Il fallait quelqu’un pour valider tout ça. John : Sur la tournée 2024, oui. On n’avait pas joué depuis longtemps, donc on a vraiment travaillé. On n’est pas tou- Et ce quelqu’un, c’est Dave Sardy. jours les plus précis du monde, mais on arrive à faire illusion, John : Dave avait beaucoup d’atouts pour nous. Il est de notre et c’est ça qui est beau. Quand on devient un peu plus précis, génération musicalement, il a grandi à Brooklyn, il connaît les ça prend encore mieux. Beastie Boys, il a cette culture rock forte, grunge, mais aussi Greg : Mais pas trop précis non plus ! cinéma. Il a aussi cette polyvalence rock-electro. Il peut com- John : Bien sûr. Si c’est trop clean, c’est mort. Les belles cica- prendre des textures très rock, le côté direct de certains mor- trices, c’est beau. En live, tu peux préparer autant que tu veux, ceaux, et intégrer des éléments plus electro. C’est un malade il y aura toujours des accidents. Et les accidents, c’est aussi ce de compression. Grâce à lui, l’album a pris forme. Il y a un gros qui rend la musique vivante. © JEAN-PIERRE SABOURET, DRson, mais ça reste rough. Ce n’est pas du rock FM. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET GuitarPart 43
ENTRETIEN
ADRIAN BELEW - BEAT
LA DISCIPLINE
STUDIO, ADRIAN BELEW CONTINUE D’AVANCER COMME IL L’A TOUJOURS FAIT : À CONTRE-COURANT, SANS NOSTALGIE, MAIS AVEC UNEENTRE BEAT, KING CRIMSON, FRANK ZAPPA, DAVID BOWIE ET SES 28 ALBUMS SOLO BRICOLÉS EN TOTALE LIBERTÉ DEPUIS SON
D’UN DRÔLE D’OISEAU
MÉMOIRE TRÈS PRÉCISE. RENCONTRE AVEC UN MUSICIEN QUI PARLE DES BEATLES COMME D’UN MODE D’EMPLOI, DE ZAPPA COMMED’UNE ÉCOLE MILITAIRE, ET DE KING CRIMSON COMME D’UN ORGANISME VIVANT À PRÉSERVER. La dernière fois qu’on s’était croisés, c’était avec Giz- on se retrouve avec Beat. Qu’est-ce qui t’a poussé àmodrome sur une jolie terrasse parisienne. Cette fois, marquer le coup. Il m’a répondu qu’il ne pourrait pas s’encharger, mais m’a donné sa bénédiction pour le faire moi- même. Je ne crois pas qu’il imaginait que j’allais voir aussi du quarantième anniversaire de mon arrivée dans KingAdrian Belew :remettre cette période de King Crimson en circulation ? En 2019, j’ai réalisé qu’on approchait grand. Crimson, avec Tony Levin. Je trouvais impensable delaisser passer ça sans rien faire. J’ai appelé Robert Fripp Et toi, bien sûr, tu as tout de suite vu grand…Oui, parce que je ne voulais pas d’un simple hommage entre © DR et je lui ai dit : peu importe la forme, quelques concerts,une tournée, même quelque chose de modeste… Il fallait obsession, c’était surtout de remettre en lumière les troisamis. Mon idée était de monter le meilleur groupe possiblepour défendre cette musique au plus haut niveau. Mon 44 GuitarPart
« PEU IMPORTE LE VECTEUR : CETTE MUSIQUE RESTE INTEMPORELLE.
IL Y A CEUX QUI L’ONT VÉCUE ET VEULENT LA RÉENTENDRE, ET PUIS CEUX QUI N’ONT JAMAIS EU LA CHANCE DE LA VOIR JOUÉE SUR SCÈNE. BEAT SERT AUSSI À ÇA. » albums des années 80. Cette période-là avait été un peu laissée de côté au profit du Crimson plus ancien. Je trouvais Un guitariste aussi dommage que cette musique-là échappe à toute une géné- inventif que modeste. ration. Elle est encore incroyablement moderne. Donc Beat n’est pas un « best of » de King Crimson déguisé. Non. C’est très cadré. On s’est concentrés sur cette période, uniquement. Pas de medley nostalgique, pas de détour, pas de « tiens, on va glisser un solo de chacun pour le fun ». On joue cette musique parce qu’elle mérite d’être rejouée sérieusement. Et, honnêtement, elle sonne encore comme si elle avait été enregistrée hier. Tu parles souvent de transmission. Beat, c’est auss i une façon de présenter ce répertoire à un public plus j eune ? Bien sûr. Les jeunes ne découvrent plus la musique comme avant. Ce n’est plus la radio, c’est Internet. Mais peu importe le vecteur : cette musique reste intemporelle. Il y a ceux qui l’ont vécue et veulent la réentendre, et puis ceux qui n’ont jamais eu la chance de la voir jouée sur scène. Beat sert aussi à ça. Ce qui frappe aussi, c’est que tu n’as pas cherché à « moderniser » le répertoire de force. Non, au contraire. J’ai même fait l’inverse. Pour Beat, j’ai ressorti une partie de mon vieux matériel. La moitié de mon rig est vintage. J’ai remis en service le Roland GR-300, le synthé guitare que j’utilisais déjà à l’époque, ainsi que le même ampli Roland. Ce son-là est impossible à reproduire parfaitement aujourd’hui. Il glitch, il bippe, il déborde de partout… Mais c’est précisément pour ça qu’il est vivant. Cette musique a besoin de cette instabilité-là. Donc, tu joues avec deux systèmes en parallèle ? Exactement. J’ai mon setup actuel, celui que j’utilise pour mon travail récent, et à côté une chaîne entièrement dédiée à cette époque-là. J’ai même récupéré les guitares de cette période. Il fallait retrouver cette texture, pas juste rejouer les notes. Et puis il y a toutes ces parties en guitare claire, très précises, en duo. Là-dessus, Steve Vai est parfait. Il peut tout jouer. Justement, comment Steve Vai s’est retrouvé dans l’histoire ? C’était mon premier et seul choix. Je savais qu’il adorait cette période de King Crimson. Il en avait parlé depuis long- temps. Je l’ai appelé depuis le parking d’un supermarché, littéralement. Je lui ai expliqué l’idée en deux minutes, et il m’a répondu immédiatement : « J’ai toujours voulu faire ça ! » Il m’a dit que c’était exactement le genre de défi qu’il attendait. Ensuite le Covid a tout gelé pendant deux ans et demi. Quand je l’ai rappelé, il était encore plus motivé. Et pour compléter le groupe ? Tony Levin était une évidence. Cette musique est impen- sable sans lui. Quant à Danny Carey, je savais depuis GuitarPart 45
ENTRETIEN
longtemps qu’il était le bon choix. La première fois que je J’aime autant écrire une bonne chanson que faire hurler une l’ai rencontré, il m’a presque broyé dans ses bras en me disant guitare. Mon vrai langage est dans ce mélange : les mélodies, que ce Crimson-là avait changé sa vie. À partir de là, il fallait les mots, et puis soudain quelque chose de complètement juste attendre que les calendriers de tout le monde s’alignent. tordu qui surgit au milieu. Entre Zappa, Bowie, King Crimson… On a l’impression Tu cites souvent les Beatles comme matrice absolue. que tu as traversé toutes les écoles les plus exige antes. Je les ai vus en concert à Cincinnati. C’était mon tout pre- Zappa, c’était l’école absolue. Steve Vai et moi en par- mier concert. Vingt-cinq minutes d’hystérie pure. On a lons souvent comme d’un diplôme. Quand tu as survécu hurlé du début à la fin. Je n’oublierai jamais ça. Les gens à Frank Zappa, tu es prêt pour à peu près n’importe quoi. qui n’ont pas vécu cette époque ont du mal à comprendre Il t’apprend la discipline, la rigueur, le professionnalisme, ce que c’était. Mais tout est parti de là. la scène, le studio, tout. Ce sont des choses qu’on ne lit pas dans un manuel. Il te les transmet en situation réelle, Et, aujourd’hui, tu sembles totalement apaisé avec ta tous les jours. place en dehors de l’industrie. Parce que je suis libre. J’ai fait 28 albums solo, tous depuis Zappa t’a donc « discipliné » avant Robert Fripp ? mon studio, un étage plus bas. J’ai tout fait moi-même : Complètement. Il m’a appris à être un musicien profes- la musique, les guitares, les voix, les visuels. Je n’ai plus sionnel. Et il m’a appelé le jour exact où ma voiture était de label depuis longtemps. Personne ne me dit quoi faire. en panne et où j’avais trois mois de loyer de retard. Donc C’est la forme la plus pure de créativité que je connaisse. oui, techniquement, Frank Zappa a aussi payé ma fac- ture de garage. Et pourtant, beaucoup ignorent encore cette discographie. Puis David Bowie t’appelle, un cas de conscience pe u Justement. Beat va peut-être permettre à certains de décou- banal… vrir le reste. Ces disques contiennent tout ce que je suis. Il Et là, tu ne réponds pas non (rires). J’aurais probablement y a des choses complexes, d’autres très simples, des chan- continué avec Frank encore longtemps, mais Bowie arrivait sons, du bruit, de la beauté, des accidents. Toute ma vie avec une autre proposition, un autre monde. Même Frank est là-dedans. Et l’an prochain, comme Beat sera à l’arrêt, m’a dit d’y aller. Il m’a serré la main et m’a dit : « Tu dois je vais enfin pouvoir remettre toute mon énergie là-dessus. faire ça, maintenant ! » C’est aussi ça, les grands. Repartir en solo, donc ? On parle souvent du guitariste expérimental, du typ e qui Oui, avec mon power trio. Ça fait dix-huit ans qu’il existe. martyrise sa guitare. Mais on oublie parfois le son gwriter. Et j’adore ce format. J’y joue énormément de guitare, ce Pourtant, tout part de là. J’ai appris l’essentiel avec les Beat- qui reste une bonne nouvelle pour un guitariste. les. Comme compositeur, chanteur, arrangeur… Tout est là. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET
© JEAN-PIERRE SABOURET
Avec Stewart Copeland, son complice d’un jour dans Gizmodrome.46 GuitarPart Abonnez-vous ‡ L’ABO PAPIER + NUMÉRIQUE + PÉDAGO 12 numÈros + accËs illimitÈ79 Äau lieu de 145 GuitarPart TUTOS
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NOUVEAU CAP, ET CE CONCERT AU TRIANON APPARAÎT AINSI, EN PLUS D’ÊTRE L’ABOUTISSEMENT DE PRÈS DE DEUX DÉCENNIES DEDEEP PURPLE… EXCUSEZ DU PEU. AVEC LA SORTIE DE SON EXCELLENT NOUVEL ALBUM « TROUBLE COMING », ELLE FRANCHIT UNTRAVAIL ACHARNÉ, COMME UNE ÉTAPE SUPPLÉMENTAIRE DANS UNE CARRIÈRE EN PENTE ASCENDANTE. Pigalle affiche presque complet devant un public déjàconquis, c’est la solidité de ses compositions. Rien de révolutionnaire, certes, mais un hard blues aux accentssudistes, joué pied au plancher par des musiciens dont la maîtrise n’a d’égal que l’enthousiasme, communicatif.Nous avons droit, bien évidemment, à une sélection géné- reuse de « Trouble Coming », ainsi qu’à une large poi- à ressembler à une belle carrière. Chaque morceaudevient prétexte à un solo héroïque, mais, heureuse-gnée de titres issus de l’ensemble de ce qui commence ment, Laura Cox ne verse jamais dans la démonstrationgratuite, chaque intervention de guitare vient ponctuer, colorer ou relancer la chanson. À ce titre, c’est unvéritable festival, son jeu se montrant tour à tour intense et bluesy sur les ballades, UN VÉRITABLE FESTIVAL, où ses bends plaintifs font merveille, oufulgurant sur les morceaux plus ner-veux. Robuste et fluide, il comble les amateurs venus en nombre. Et
INTENSE ET BLUESYSE MONTRANT TOUR À TOUR
SON JEU c’est sans doute à la slide qu’elle impressionne le plus : là encore,pas d’esbroufe, mais un toucher n première partie, TheLowland Brothers pro-Lowland Brothers pro-The La bonne humeur domine tout auprécis et un sens de la note juste. E pose une soul éléganteet racée, teintée d’Ameri-pose une soul élégante FONT MERVEILLE OÙ SES BENDS PLAINTIFSSUR LES BALLADES, rise même un détour par la batterielong du concert, et Laura s’auto- déliques. Emmenés par Nico Duportal,cana et de touches psyché- et racée, teintée d’Ameri-cana et de touches psyché- une figure dans le rhythm and blues fran-déliques. Emmenés par Nico Duportal, reprise de la soirée. Son backing band assure mouth Strikes Againlors d’une relecture iconoclaste de des Smiths, unique Big- çais depuis trois décennies, leur set de quaranteminutes convainc un auditoire pourtant, a priori, plusune figure dans le rhythm and blues fran-çais depuis trois décennies, leur set de quarante friand de riffs épais et de guitares rugueuses que de groo- set terminé, la dame s’offre même un petit plaisir en sau- guitare, au centre de toutes les attentions. Une fois leune assise solide, mettant en valeur sa voix et sa ves chaloupés. tant dans le public pour se faire porter par la foule, momentmagique qu’il lui sera bientôt possible de revivre tout son Togethergroupe déboulent sur scène. Dès le riff inaugural de Il est 21 heures précises, lorsque Laura Cox et son Une belle soirée pour les amateurs de guitare et de bluessoûl, le concert faisant l’objet d’une captation. de la guitare sans limites. Mais ce qui distingue Laura Cox, le ton est donné, la soirée se place sous le signe Rise rock, et, sans doute, le début d’un nouveau chapitre. Après © ÉRIC CHAMPARNAUDde la pléthore de jeunes virtuoses révélés sur YouTube, avoir conquis son public à domicile, la prochaine étape estclairement la conquête du marché international. 48 Guitaret ce qui explique que cette vénérable salle du quartierPart Éric CHAMPARNAUD Laura en barré. Taylor Momsen, invitée d’honneur. Angus en casquette du Graal. Duportal et Julien Bouyssou aux claviers. Max Genouel des L’union sacrée de Brian et Angus. Lowland Brothers. GuitarPart 49
ENTRETIEN
Devin en pleine cartharsis au Motocultor le 20 août 2017. 50 GuitarPart
DEVIN TOWNSEND
BIEN D’UNE ŒUVRE COMPLEXE AVEC UN ORCHESTRE SYMPHONIQUE. PENDANT STUDIO DE SON OPÉRA ROCK QUI NE DEVAIT ÊTRE ÀLE TEMPS N’A PAS D’EMPRISE SUR LA PRODUCTIVITÉ DU CANADIEN. ET L’ON NE PARLE PAS D’UN DISQUE DE ROCK BASIQUE, MAISMOTH INTO FLAME LA BASE QU’UN ONE SHOT LIVE, « THE MOTH » DÉMONTRE UNE FOIS DE PLUS L’IMMENSE TALENT DE MR TOWNSEND. Devin, c’est un vrai plaisir de te retrouver. Commentvas-tu ? Pendant longtemps, j’ai essayé de forcer les choses. J’ai cher-ché à sécuriser des financements, à trouver un orchestre, à ver. Et comme souvent ici… il pleut. J’ai parfois l’impres-Devin Townsend : Je suis actuellement chez moi à Vancou- organiser chaque détail. J’étais convaincu, à tort, que j’avaisun certain contrôle sur ma vie. Je pense que chez moi, cettepeur intérieure se manifeste par un besoin constant de contrôle. Je veux contrôler la musique, les situations, par- On avance, jour après jour.gris, de lourd, de pesant. Mais, honnêtement, tout va bien. logique global du monde en ce moment : quelque chose desion que cette météo correspond assez bien à l’état psycho- fois même les gens. Mais, évidemment, ça ne fonctionne jamais. J’ai essayé pendant des années, et rien n’aboutis-sait. À un moment donné, j’ai simplement lâché prise. J’ai démesuré. À l’origine, il devait s’agir de deux con certs« The Moth » est un projet immense, ambitieux, pres queavec orchestre. Mais, finalement, on découvre une œ uvre accepté l’idée que « The Moth » ne se ferait peut-être jamais.J’ai continué à tourner, à créer, à avancer autrement. Et puis, la genèse de ce projet, qui semble t’habiter depuisdéclinée en trois versions distinctes. Peux-tu reve nir surd’une décennie ? près Tous mes projets commencent à peu près de la même façonet c’est sans doute ce qui les rend parfois compliqués à expli- quer. Je ne les planifie jamais. Je ne sais jamais vraimentce qu’ils vont devenir. Souvent, une idée surgit, très floue, presque abstraite, et ma première réaction est la peur. Jeme dis immédiatement : « ment compliquéque je pourrais appeler un murmure intérieur. Je me suis (rires). » Il y a environ dix ans, j’ai eu ce Oh là là… ça va être extrême- dit qu’un jour, il y aurait un projet qui s’appellerait « The serait pas quelque chose d’accessible, ni même de particu-Moth ». Je savais qu’il impliquerait un orchestre, que ce ne rait à quelque chose de très charnel, de très humain, parfoislièrement beau au sens classique du terme, et que ça touche-même dérangeant. Puis j’ai rangé cette idée quelque part dans ma tête et je n’ai pas cherché à la développer. C’estexactement comme ça que fonctionnent toutes mes idées. Certaines apparaissent, puis disparaissent complètement.Ce n’est pas qu’elles sont mauvaises. Mais, simplement, la vie prend une autre direction et elles ne trouvent pas leurplace. D’autres, au contraire, persistent. Elles reviennent exister. Je ne travaille pas activement dessus : je les laisseévoluer par elles-mêmes. Et quand elles sont mûres, lorsquesans cesse, encore et encore. Et ce sont celles-là qui doivent le moment est venu, je les attrape. Pourtant, « The Moth » semblait longtemps impossibl e à © JEAN-PIERRE SABOURETconcrétiser, notamment à cause de l’orchestre…Oui, totalement. Et avec le recul, c’est presque ironique. GuitarPart 51
ENTRETIEN
Le presque calme avant la tempête. « IL Y A ENVIRON DIX ANS, J’AI EU CE QUE JE POURRAIS APPELER UN MURMURE INTÉRIEUR. JE ME SUIS DIT QU’UN JOUR, IL Y AURAIT UN PROJET QUI S’APPELLERAIT « THE MOTH ».
JE SAVAIS QU’IL IMPLIQUERAIT UN ORCHESTRE, QUE CE NE SERAIT PAS QUELQUE CHOSE D’AC-
CESSIBLE, NI MÊME DE PARTICULIÈREMENT BEAU AU SENS CLASSIQUE DU TERME, ET QUE ÇA TOU-
CHERAIT À QUELQUE CHOSE DE TRÈS CHARNEL, DE TRÈS HUMAIN, PARFOIS MÊME DÉRANGEANT. »
presque du jour au lendemain, l’orchestre est apparu. Litté- Mais je ne pouvais pas me permettre de m’effondrer, ni ralement. Et pas n’importe lequel : un orchestre de tout pre- devant le chef d’orchestre ni devant les musiciens. Il fal- mier plan, avec un chef exceptionnel, d’excellentes conditions lait continuer à communiquer, à expliquer, à guider, tout artistiques, des lieux incroyables, une organisation solide. en gérant une tempête intérieure permanente. Trouver cet C’est à ce moment-là que j’ai compris que « The Moth » équilibre demande une solidité émotionnelle énorme. Hon- m’obligeait à faire quelque chose que je fais très rarement : nêtement, si j’avais eu les moyens financiers de monter un faire confiance. Faire confiance au processus. Accepter que projet comme celui-ci quand j’étais plus jeune, je pense sin- certaines choses arrivent sans que j’aie à les contrôler. cèrement que j’aurais été invivable. Là, au contraire, les contraintes m’ont obligé à développer une vraie discipline Effectivement, avec un orchestre, on passe d’un gro upe et une ténacité que je n’aurais peut-être jamais acquises resserré à une véritable communauté… autrement. « The Moth » est un projet extrêmement fragile Absolument ! Et contrairement à ce qu’on pourrait imagi- dans son essence, mais il n’existe que grâce à une structure ner, ce n’est pas tant un défi technique que psychologique. émotionnelle très solide. Bien sûr, sur le plan pratique, c’est un cauchemar logistique : partitions, répéti- Et comme si cela ne suffisait pas, il a fallu tions, coordination, déplacements, nour- recommencer le processus deux fois : en riture, timing… Mais tout ça, ce ne sont live, puis pour l’enregistrement studio… que les fondations. Pour moi, l’essentiel Oui (rires)… Mon grand-père avait une est ailleurs. Chaque projet correspond phrase que j’aime beaucoup, même si à un état psychologique bien précis de je ne suis pas religieux. Il disait : « Dieu ma vie. « The Moth » est né pendant une déteste les lâches. » On l’utilisait presque période émotionnellement très intense. comme un mantra. Chaque fois que tout Il y avait beaucoup de douleur, beau- semblait absurde, irréalisable, ou totale- coup de questionnements, beaucoup de ment déraisonnable, on se regardait et on © TOM HAWKINSchoses lourdes à porter intérieurement. « The Moth », Devin Townsend. se disait ça. Et on avançait. 52 GuitarPart À l’arrivée, « The Moth » existe aujourd’hui sous trois formes différentes. C’est un accomplissement rare. C’est vrai, mais ma plus grande fierté, honnêtement, ce n’est pas seulement le résultat artistique, mais le fait d’avoir encore des amis (rires). Toute l’équipe est tou- jours soudée : l’orchestre, le chef, le groupe, les techni- ciens, les ingénieurs, les arrangeurs. Sans cette équipe, il n’y aurait même pas eu une seule version de « The Moth », alors trois… Ce projet n’a tenu que grâce à la communi- cation, à la confiance mutuelle, à l’humour aussi, et à une vraie maturité émotionnelle dans la résolution des conflits. L’album propose également deux mix Dolby Atmos distincts. Oui, un pour la version principale, et un autre pour la version orchestrale. Mais il faut bien comprendre que ce n’est pas aussi simple que d’envoyer neuf mille pistes à un ingénieur Atmos et de lui dire : « Bonne chance ! » Il a fallu mettre en place un véritable pipeline de travail, défi- nir des repères très précis, créer des templates permet- tant de traduire notre intention artistique sans la figer. Nous ne voulions surtout pas transformer « The Moth » en démonstration technologique, avec des sons qui tournent dans tous les sens. L’objectif était une immersion naturelle, cohérente, respectueuse de la musique. Quand on écoute l’album, on doit toujours écouter « The Moth », pas une vitrine d’effets spéciaux. D’autant qu’il est conçu comme une œuvre à écouter de bout en bout, comme un véritable voyage. Oui, mais je refuse d’imposer une manière de consommer la musique. Les gens vivent à cent à l’heure aujourd’hui. Certains vont écouter un seul morceau. D’autres vont s’immerger complètement, lire les paroles, suivre le par- cours narratif. Les deux approches sont légitimes. Je me considère comme étant au service de la musique. Elle est vitale pour moi, mais je dois aussi accepter qu’elle ne soit pas « importante » au sens universel. C’est une contradic- tion que j’assume pleinement : c’est essentiel pour moi, sans avoir besoin de l’être pour tout le monde. Plusieurs clips sont encore prévus pour accompagner cette sortie… Home At Night arrive prochainement, dans un esprit volontairement kitsch et rétro. Ensuite, il y aura Prepare For War combiné à The Big Snit, et probablement Lexin. Mais il y a toujours ce paradoxe : découper « The Moth » en morceaux indépendants reste forcément trompeur par rapport à l’œuvre globale. Pour finir, il semblerait que tu sois déjà tourné v ers la suite… Absolument. Un projet beaucoup plus direct arrive bien- tôt : « Ruby Quaker ». Des morceaux heavy, simples, presque thérapeutiques après l’intensité émotionnelle de « The Moth ». J’ai énormément de projets en cours, en parallèle. Tant que des gens comme toi me permettent de continuer à créer, tant qu’il y a un public pour écouter, il y aura toujours de la musique. Propos recueillis par Julien MEUROT GuitarPart 53
ENTRETIEN
GÉRARD MANSET
FIGURE À PART, SILHOUETTE FUYANTE, PRÉSENCE PARADOXALEMENT CONSTANTE DEPUIS PRÈS DE SOIXANTE ANS, GÉRARD MANSETOCCUPE UNE PLACE UNIQUE DANS LE PAYSAGE FRANÇAIS. VOYAGEUR AUTANT QUE RECLUS, ARTISAN SOLITAIRE CAPABLE D’ÉCRIRE,CE QU’IL VEUT… OU PAS ! PROFONDÉMENT LIBRE, LOIN DES USAGES, MAIS JAMAIS DU TEMPS. PLUS DE VINGT ALBUMS, DONT LE NOUVEAU « JE NE VEUX PAS »,COMPOSER, ARRANGER, JOUER, ENREGISTRER ET SOUVENT PRODUIRE PRESQUE SEUL, IL A BÂTI UNE ŒUVRE DENSE, SINGULIÈRE, ANGLO-SAXONNE QUE LITTÉRAIRE. YVES BIGOT LE DISAIT DÉJÀ DANS BEST IL Y A TRENTE ANS : MANSET EST, AU FOND, UN ARTISTE ROCK.QUELQUES TUBES DEVENUS ANACHRONIQUES, UNE CULTURE MUSICALE ATYPIQUE ICI, PLUS INSTINCTIVE QUE PATRIMONIALE, PLUS du mouvement, Gérard Manset apparaît comme on l’ima-Dans le jardin feutré d’un hôtel parisien, à l’abri du bruit etgine depuis toujours : discret, précis, insaisissable. La poi- est trompeuse. Chez lui, la guitare n’est pas un instrumentmal… Bon, je me console, je compose… » Mais la formule gnée de main est franche, le regard mobile, la parole déjàailleurs. Le moment sera bref, cadré, presque chorégraphié. de démonstration. Elle est un point d’entrée. Un outil decontact. Une façon de prendre la température d’une idée. Quelques thèmes seulement. Le reste, prévient-il d’emblée,passera par l’écrit. Pas par goût de la distance, plutôt par La Fender, surtout, reste un territoire mental autant qu’uninstrument : « exigence de contrôle. Avec Manset, la parole n’est jamais mystérieuse, on se prend pour une des stars des années Rien que de la saisir, y toucher, cette Fender abandonnée Tout est là : la projection, le fantasme, l’élan. Puis la limite,
70. »
Même dans l’échange le plus simple, elle reste une matière àtravailler. L’enregistreur, lui, n’est toléré qu’avec parcimo- : elle se mesure, s’organise, se reprend, s’affine. immédiatement. Le jeu rêvé se heurte au réel, aux autres, nie. Quelques fragments, à peine. Une exception, presque. décalage. Chez lui, la guitare n’est pas affaire de virtuosité. au studio, aux musiciens. Manset sourit presque de ce À condition de parler guitare. Le sujet l’amuse. Il regarde lacouverture du magazine, les Fender en vitrine, sourit légè- C’est une impulsion, une pulsation, une manière d’entrerdans la musique avant de la confier à plus habile que soi. Il rement. La brèche est là. évoque David Woodville, guitariste anglais avec lequel il alongtemps travaillé, « stupéfiant » dans l’art du chorus. À Mille et une guitares« l’entendre, le souvenir n’est pas celui d’une collaborationméthodique, mais d’un dialogue de timbres, de gestes, de Stratocaster et la Telecaster…plus tactile. Gérard Manset parle soudain comme parlent Je suis un inconditionnel de la Fender, évidemment. La » Le ton change. Plus direct, répliques entre deux acoustiques qui se répondent. Mansetn’a jamais mythifié la technique, mais il reconnaît immédia- les amateurs sincères, ceux qui ont aimé l’objet avantmême de prétendre le maîtriser. Il se souvient d’une Tele- tement ceux qui savent transformer une intention en pré-sence sonore. Les grands musiciens, chez lui, ne sont pas caster semi-hollow, légère, presque idéale, disparue depuislongtemps. « des exécutants. Ce sont des révélateurs. tonne. » Il y a dans cette remarque quelque chose de très J’en ai essayé mille. Depuis, elles pèsent une Le juste mystèreC’est sans doute ce qui frappe d’emblée chez Manset : der- exacte, et déjà la nostalgie d’un rapport physique au son.L’artiste dit ne jamais avoir été un grand guitariste et mêmemansetien : le goût du détail, la mémoire d’une sensation rière la réputation d’ermite, derrière le refus ancien du spec-tacle et des usages, tout ramène à une question de sensation. avec une franchise presque amusée. « Je joue très peu, très Rien n’est théorique. Tout est affaire de perception, de jus-tesse, de climat. Il raconte cette scène minuscule, presque MANSET DIT N’AVOIRTRAITER. PAS DE PLAN. LA CRÉATION, CHEZ LUI, NE PROCÈDE PAS D’UNE INTENTION, MAIS« JAMAIS RIEN AU PRÉALABLE ». PAS DE CONCEPT. PAS DE SUJET À © DR DEMANDE À ÊTRE MIS EN LUMIÈRE. ENSUITE SEULEMENT COMMENCE LE TRAVAIL. LE VRAI.D’UNE APPARITION. « UNE MISE AU JOUR », ÉCRIT-IL. QUELQUE CHOSE VIENT, S’IMPOSE, 54 GuitarPart GuitarPart 55
ENTRETIEN
C’EST SANS DOUTE CE QUI FRAPPE D’EMBLÉE CHEZ MANSET : DERRIÈRE LA RÉ-
PUTATION D’ERMITE, DERRIÈRE LE REFUS ANCIEN DU SPECTACLE ET DES USAGES,
TOUT RAMÈNE À UNE QUESTION DE SENSATION. RIEN N’EST THÉORIQUE. TOUT EST
AFFAIRE DE PERCEPTION, DE JUSTESSE, DE CLIMAT.
absurde, comme un manifeste involontaire. Un matin, moins pensé qu’extrait. Lui récuse pourtant toute idée avant de descendre prendre un café, il saisit une guitare d’abandon romantique. « La diriger ? Je suis capitaine à sèche à peine accordée. Il joue doucement, au médiator, bord du galion éponyme sur la mer des sargasses musicales presque en frôlant les cordes. Le son est légèrement faux, qui me viennent ad libitum… » La formule est superbe, mais l’équilibre est parfait. L’intention est là. Le lende- évidemment, et typiquement mansetienne : image, dis- main, il recommence. Même guitare, même morceau, cette tance, ironie légère, souveraineté intacte. Il ne subit rien. fois accordée comme il faut, proprement, sur une base Il gouverne, mais sur une matière qu’il ne prétend pas pro- rythmique déjà installée. Tout s’effondre. « Elle est fausse. duire. Il la reçoit, l’organise, la canalise. Je ne sais pas pourquoi. La veille, elle était parfaite. » Cette Depuis toujours, Manset dit n’avoir « jamais rien au préa- logique innerve tout « Je Ne Veux Pas », son nouvel album, lable ». Pas de concept. Pas de sujet à traiter. Pas de plan. sans doute l’un de ses plus resserrés, de ses plus frontaux La création, chez lui, ne procède pas d’une intention, mais © DR aussi. Un disque qui semble moins construit qu’apparu, d’une apparition. « Une mise au jour », écrit-il. Quelque 56 GuitarPart Le capitaine Manset aux commandes de son gallion. aussitôt rattrapé par une rigueur presque artisanale. Man- set n’idéalise pas l’inspiration. Il la traite. Il la reprend sans cesse. « Le regard est là en permanence », écrit-il encore. Chaque réécoute rebat les cartes. On change une orchestra- tion, on retire un couplet, on remplace un mot, on déplace un contrechant. Travail continu, continuel. Et dans cette souveraineté absolue, une formule qui résume sans doute le mieux sa position : « Napoléon des contrechants et des octosyllabes. » Le mot amuse, mais dit l’essentiel. Gérard Manset contrôle tout. Non par manie. Par nécessité. Un train peut en cacher un autre Ses chansons naissent souvent chez lui, sous forme de maquettes rapides, intuitives, encore instables. Une gui- tare, un tempo, quelques accords, un fragment de voix. Puis vient le studio, presque toujours vite. Une journée. Quelques musiciens. Une rythmique, un orgue, parfois une batterie. On joue. On capte. On avance. « Je veux suivre le train et ses wagons », écrit-il. Le reste viendra après. Dans ce processus, les autres comptent, mais à condition d’en- trer immédiatement dans le cadre. Manset ne théorise pas la collaboration. Il n’en parle ni comme d’un échange idéal ni comme d’un collectif rêvé. Il parle d’efficacité, de pré- cision, d’instinct. Il lui est arrivé de refuser des chœurs, d’écarter des batteurs. Mais il reconnaît avoir presque toujours travaillé avec « des musiciens remarquables, des cadors ». Là encore, pas de romantisme. Pas de camarade- rie de façade. Ce qu’il cherche en studio, c’est une compré- hension immédiate. Une intelligence de l’intention. Cela éclaire aussi, autrement, son absence de scène. Depuis un demi-siècle, Gérard Manset reste l’un des très rares artistes majeurs français à n’avoir jamais fait du concert le prolongement naturel du disque. On a souvent voulu y voir un refus, une posture, un retrait principiel. Sa réponse est plus simple, plus sèche aussi, et il faut la lais- ser telle quelle : « C’est surtout qu’en notre pauvre France il n’y a jamais eu l’imaginaire du groupe, du band, celui qui se forme à 15 ans avec des farfelus brillantissimes et ne se construira plus à 35. » chose vient, s’impose, demande à être mis en lumière. Ensuite seulement commence le travail. Le vrai. Et il le Il ne parle d’ailleurs ni des concerts ni des disques avec précise dans toute sa rigueur : « Non, je n’ai aucune espèce plus de dévotion que ça… Aucun concert, dit-il, ne l’a de réserve sur ceux qui travaillent autrement, mais il faut « profondément marqué ». Aucun, du moins, au point de affirmer que la création naît d’elle-même, surtout pas en modeler sa musique. Et lorsqu’il faut citer deux disques, sa y songeant ou en l’élaborant au préalable. Il n’est pas réponse tombe, nue, sans développement, presque comme question de vouloir, comme en peinture ou en littérature, une note griffonnée : « Non, aucun, mais j’ai été impres- « traiter » d’un sujet et en vouloir affiner les proportions sionné (pas influencé) par 1 : « Revolver » (Beatles, NDR), ou le propos. Ce serait puéril et chimérique, illusoire, ceux 2 : le Brian Ferry d’« Avalon » (Roxy Music, NDR). » Mais, qui font ça se trompent, croient remplacer l’imaginaire qui lorsqu’il regarde le présent, Manset ne cède ni à la nostal- fait défaut par une mise au propre trop scolaire, l’alexan- gie ni au mépris. Il cite Damien Saez, dont il salue « la dif- drin etc. La poésie (musicale, expressive) doit être rim- férence » et « la marginalité » : « Il crée, il est à l’écoute, baldienne, instantanée, et si, comme moi, on est versé il laisse la libre part à la spontanéité… donc c’est encore dans cette posture martiale, il faut laisser la place à Dame possible, c’est rarissime, aujourd’hui prohibé, contesté, Nature qui sait les choses et vous les restitue par le phé- pas un cadeau… Bravo à ceux, comme lui, qui tiennent le nomène de « l’infiltration », ce qui n’empêche pas, une coup : pas de télé, pas de journaux, au moins il a la scène. » fois cette gesticulation mentale mise en lumière, une fois Même estime pour Manu Chao, « à respecter pour son iti- née, de la nourrir, s’en occuper, la choyer, lui parler, donc néraire ». Chez l’un comme chez l’autre, Manset reconnaît quelquefois donner à l’appétit qui est le sien le combus- ce qu’il aura toujours défendu sans doctrine : une manière tible qu’elle veut… Ajouter, retrancher, polir, faire luire… » de tenir sa ligne. Le vocabulaire pourrait prêter au mysticisme s’il n’était Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET GuitarPart 57
VINTAGE
MXR DISTORTION + : LA PETITE JAUNE QUI RUGIT ENCORE !
DEUX POTARDS ET CINQUANTE
ANS DE CHAOS CONTRÔLÉ
SIMPLES JAMAIS CRÉÉES… ET POURTANT L’UNE DES PLUS MYTHIQUES. DE RANDY RHOADS À JERRY GARCIA, ELLE A FAÇONNÉUN PAN ENTIER DU ROCK AVEC SON GRAIN GRANULEUX ET SON CARACTÈRE INDOMPTABLE. RETOUR SUR UNE LÉGENDE JAUNESORTIE AU MILIEU DES ANNÉES 70, 1974 POUR ÊTRE PRÉCIS, LA MXR DISTORTION + EST L’UNE DES PÉDALES LES PLUS
QUI REFUSE OBSTINÉMENT DE VIEILLIR !
leurs menus cachés, leursI l y a des pédales quiimpressionnent parleur complexité, minimaliste qu’on pour-rait presque dessiner surun coin de table… et pour- au début des années 70,à une époque où MXR compacte, facile à utiliser,capable de pousser un ampli algorithmes, leurs presets. tant un son qui a marqué n’est encore qu’une petiteentreprise du Midwest qui à lampes dans ses retran- Et puis il y a la MXR Distor-tion +. Deux potards, un boî- l’histoire du rock. Commequoi, parfois, la magie fabrique des effets simples, chements sans le dénaturer.Pas de tone, pas de switch compliqué, pas de fiori- tier jaune poussin, un circuit tient dans trois fois rien. robustes, et surtout effi- La Distortion + apparaît caces. L’idée est limpide :proposer une saturation tures. Juste un Output, unDistortion, et un circuit basé 58 Guitar58 G58 G58 Guitaruiuitaruitar PartPPPP artart La version Un circuit L’hommage à Randy Rhoads Block logo ! d’une grande simplicité. avec cette édition limitée.
DEUX POTARDS, UN BOÎTIER JAUNE POUSSIN, UN CIRCUIT MINIMALISTE
QU’ON POURRAIT PRESQUE DESSINER SUR UN COIN DE TABLE…
ET POURTANT UN SON QUI A MARQUÉ L’HISTOIRE DU ROCK.
sur un opamp 741 et deux rugosité qui transforme un logo des années 70 sont tourne un peu trop. Elle diodes au germanium pour simple accord en décla- les plus recherchés : grain n’est pas là pour flatter, pour le clipping. Le strict mini- ration d’intention. plus doux, clipping plus lisser, pour arranger. Elle est mum. Et c’est précisément C’est ce son si particulier organique, mojo garanti. là pour révéler. Pour mettre ce qui va faire sa force. qui va séduire des guita- Les block logo des années en lumière ce qu’il y a de ristes très différents. Randy 80 sont plus agressifs, plus brut dans ton jeu, dans ton SIMPLE COMME BONJOUR Rhoads en fait sa signa- tranchants, et encore rela- ampli, dans ton intention. MAIS QUEL SON ! ture : ses solos tranchants, tivement abordables. Les Et c’est peut-être pour ça Le grain de la Distortion +, son sustain chantant, cette versions modernes, elles, qu’elle traverse les décen- c’est ce mélange unique attaque précise mais sau- respectent l’esprit d’ori- nies sans perdre une ride. de crunch granuleux, de vage… c’est elle. Jerry Gar- gine tout en ajoutant un Parce qu’elle ne cherche médiums agressifs et de cia l’utilise pour épaissir true bypass bienvenu. Un pas à être parfaite. Elle hautes fréquences légère- son clean légendaire. Dave modèle signature Randy cherche à être vivante. ment acides. Une satura- Murray, période early Iron Rhoads a même vu le La Distortion +, c’est un tion qui n’essaie pas d’être Maiden, s’en sert pour jour ! Mais quelle que soit peu comme un vieux pote belle, mais qui assume donner du mordant à son l’époque, la philosophie de répète : elle grince, elle son côté brut, presque grain déjà incisif. Même reste la même : simpli- râle, elle ne fait aucun effort sale, avec une personna- Steve Jones des Sex Pistols cité, caractère, efficacité. pour être polie… mais lité qui déborde du cadre. l’adopte pour son côté « Ce qui frappe, quand on elle te rappelle pourquoi Sur un ampli à lampes déjà plug and destroy ». Une la rebranche aujourd’hui, tu joues. Dans sa petite chaud, elle devient une pédale jaune, des mondes c’est à quel point elle reste boîte jaune, il y a un mor- machine à riffs, un boos- opposés, un seul dénomina- actuelle. Dans un monde ceau d’histoire, un éclat de ter de caractère, un géné- teur commun : l’efficacité. saturé de simulations, de vérité, et ce grain granu- rateur de chaos contrôlé. modélisations, de deep edi- leux qui ressemble étran- Sur un Marshall Plexi ou IL N’Y PLUS QU’À CHOISIR... ting et de presets à rallonge, gement à la vie : imparfait, un AC30 poussé, c’est du Côté collection, la Distor- la Distortion + rappelle une rugueux, mais terrible- miel brûlant. Sur un petit tion + est devenue un petit vérité simple : parfois, il suf- ment authentique ! © MXR, DR combo, elle apporte cette trésor. Les modèles script fit d’un seul bouton qu’on Flo S GuitarPart 59
ENTRETIEN
SIDILARSEN
UNE NOUVELLE ÈRE
100% HUMAINE !
ENTRE SALLES PETITES ET GRANDES, NOUVEL ALBUM EN GESTATION ET RENCONTRE DÉCISIVE AVEC AMS AMPLIFIERS, LES TOULOUSAINSQUELQUES MOIS APRÈS UN OLYMPIA INCANDESCENT, SIDILARSEN REPREND LA ROUTE, PLUS PROCHE QUE JAMAIS DE SON PUBLIC.OUVRENT UN NOUVEAU CHAPITRE OÙ AUTHENTICITÉ, PRÉCISION SONORE ET ÉNERGIE BRUTE SE MÊLENT COMME JAMAIS ! RENCONTRE AU SOMMET AUJOURD’HUI AVEC VIBER ET BENBEN MAIS AUSSI MARC ET BENJAMIN DE CHEZ AMS ! ’Olympia, pour beaucoup, c’est un sommet. PourSidilarsen, c’est un point d’orgue… suivi d’un « Si demain je devais fabriquer des amplis en partant d’unBenjamin, fondateur d’AMS, incarne une philosophie rare. joué juste après Paris. Pas de projecteurs géants, pas de grandL nos chansons, on revient sur terreen repensant à la toute petite salle où le groupe aretour immédiat au réel. « Comme on le dit dans », sourit Viber schéma connu, je ne ferais pas ce boulot-là.page blanche, quitte à jeter 40 % de ses prototypes. Il veut uneidentité sonore reconnaissable, qu’il s’agisse d’un clean cris- » Lui part d’une décor, juste la sueur, les amplis et les gens. «même manière, mais différemment », ajoute-t-il. BenBen, lui, On a kiffé de la chaud, lourd, clair, dynamique… on ne trouve pas ça ailleurs.tallin ou d’un highgain sauvage. «des cordes », s’enthousiasme BenBen. Viber renchérit : « On sent presque le grattage C’est énorme melon maintenant.l’Olympia a laissé une trace : plus de monde, plus d’élan, et sur-désamorce avec humour : « » (rires). Avant de reconnaître queCe qui a changé, c’est qu’on a un Pourquoi ce modèle AMS Revenge ? Parce que Sidilarsen a » évolué. «de bas, énormément de disto. Au début, on voulait des amplis creusés, beaucoup tout encore plus d’envieversaire : les 50 ans de David au chant et les 10 ans de ! Mars a aussi marqué un double anni- la précision des médiums, la présence dans le mix, la cou- » Aujourd’hui, ils cherchent «floor Bastards. L’occasion pour moi de rappeler à quel point Dance- leur. AMS leur offre exactement ça : un son organique, vivant, écrit ce morceau, je ne pensais pas tant…sur l’époque. Visionnaires malgré eux, les Toulousains observent Guerre à vendre » résonne encore aujourd’hui. « », confie Viber, lucide Quand j’ai moderne, taillé pour la scène. public, un nouvel album en germination et une collaboration quiEntre un Olympia historique, une tournée qui reconnecte au le monde avec la même acuité qu’ils mettent dans leurs riffs. redéfinit leur son, Sidilarsen avance avec une énergie renouve- explique Viber. Les prémices du prochain album prennentEt l’avenir ? Il s’écrit déjà. « On en parlait encore ce matin », lée. Fidèle à lui-même, ouvert au futur, branché sur du 100 %humain. Et prêt, une fois encore, à faire trembler les murs forme : des maquettes, des idées qui circulent, des envies qui Propos recueillis par Flo S ! nos petits bouts. Après, on compose vraiment tous les cinq.s’aiguisent. «Une méthode artisanale, collective, fidèle à l’ADN du groupe. Ce qui est important, c’est qu’on vienne tous avec » Les têtes AMS Revenge avec la signaturede chacun des guitaristes. pagnes de toujours. BenBen joue sur sa LTD mais encore aussiCôté guitares, les deux hommes restent attachés à leurs com- milliardsbeaucoup la couleur de cette guitare, l’articulation, les notessur sa Telecaster « ». Viber, lui, ne lâche pas sa Les Paul Custom : « J depuis vingt ans », celle qui a vu naître «’aime Des mon. «pleines. Le meilleur de l’analogique et du numérique » Les effets restent simples : Tube Screamer, OCD, Stry- Car la rencontre avec AMS Amplifiers a tout bousculé. FiniBenBen. Mais tout ça, disent-ils, « va changer avec AMS », résume ». les Mesa et Peavey 5150 ! Un hasard, d’abord : Marc, respon-sable artiste, tombe sur Sidilarsen en festival. Une discussion, un intérêt, puis BenBen monte à Puteaux pour tester les amplis.« les convaincre : précision, dynamique, IR bluffantes, tout y est.tard, leur résidence au Bikini, dans leur fief de Toulouse, finit de même temps avec du MIDI Direct, ce qui nous a séduits, c’est le côté tout lampe… et en », raconte Viber. Quelques jours plus 60 GuitarPart © DR Viber et sa Les Paul Custom chérie ! Xxxx xx xxxx xxxxLa consécration à l’Olympia ! Toujours une guitare xxxx xxxx à portée de main ! La complicité du live... GuitarPart 61
ENTRETIEN
LES WAMPAS - DIDIER WAMPAS, EFFELLO WAMPAS
LES CHIENS ABOIENT,
LES WAMPAS
CHAPPEDELAINE, LA LOGIQUE N’A JAMAIS ÉTÉ UNE OBLIGATION, LE BON GOÛT ENCORE MOINS. POUR CE NOUVEL ALBUM, « OÙ VA NOUS ? », PRODUITTROIS GUITARES DANS LES WAMPAS ? ÉVIDEMMENT, PUISQUE DEUX, C’ÉTAIT PRESQUE RAISONNABLE. AVEC DIDIER WAMPAS, ALIAS DIDIER EFFELLO WAMPAS, ALIAS FLORIAN, JEUNE RECRUE DÉSORMAIS BIEN INSTALLÉE, RACONTE COMMENT CE JOYEUX BAZAR TIENT DEBOUT. ENFIN, PRESQUE.PAR FRED LEFRANC, LE GROUPE REVIENT À UNE FORMULE DIRECTE : GUITARES, GUITARES ET ENCORE GUITARES. À CÔTÉ DU CHANTEUR-GUITARISTE, Trois guitares dans les Wampas, ce n’est pas un peu trop ?Didier Wampas : Didier que pas assez. Au début, il n’y en avait qu’une avec Marc Police. Des fois, oui ! Mais mieux vaut trop de guitares sur les autres albums, mais là c’est autre chose. Plus que des : Et ce n’est pas plus mal. J’étais content des petits trucs Après,tariste. Puis notre éclairagiste nous a parlé de Joe Dahan, qui avait quand Philippe est arrivé, il ne voulait pas de deuxième gui- guitares, c’est très bien. joué dans la Mano Negra, et finalement, ça marchait très bien. Joeavait un jeu très rythmique, Philippe faisait les solos. Après, moi, Il y a quand même toujours des morceaux un peu à pades slows, des ballades… rt, je me suis mis à jouer un peu plus de guitare, donc on s’est retrou-vés à trois. Ça s’est fait comme ça, par hasard. Didier :partie du rock and roll. Dès le deuxième album, on s’est ditqu’on ferait tout ce qu’on voulait. Des slows, des ballades, Ah oui, ça, c’est normal. Il y en aura toujours. Ça fait EtEffello Wampas : aujourd’hui, comment On a chacun notre jeu. Tony (Truant, NDR) a ça se répartit ? ce qu’on a envie. Si on fait du rock et qu’on commence à semettre des limites, c’est un peu con. À la base, le rock and roll, un côté plus rock sudiste, Didier est vraiment punk rock, powerchords à deux doigts… c’est faire tout ce qu’on veut. Si en plus, on ne peut pas fairece qu’on veut, ce n’est pas la peine, merde ! DidierEffello : : Même pas barré (rires) ! Il n’y a jamais de « trucs qui viennent se placer autour. On essaye de ne pas se mar- Voilà. Et moi, je fais plutôt les petits solos, les riffs, les paroles. Quand il disait : «Didier : Non. Enfin, ça arrivait avec Philippe sur certaines non, là, on ne peut pas » ? Didier :cher dessus. Chacun apporte sa petite touche. En général ça voulait dire que c’était une bonne chanson. Mais Non, là, les gars, trop c’est trop ! » prends ma place. » Chacun se démerde. On ne s’engueule jamais pour ça. Personne ne dit : « Tu le bon goût, chez nous, ça n’existe pas. SurDidier : album, Moi, j’écris les chansons chez moi, à la guitare, avec des comment ça se construit ? Tu as une vision particulière en studio ?Didier accords. Je ne joue pas des barrés compliqués. Après, ils mettent chacun fait ce qu’il veut, le producteur fait ce qu’il veut. J’aime : Pas du tout. Aucune vision. J’arrive avec les morceaux, leurs guitares. Effello fait le petit solo, la rythmique, les riffs. Tonyfait un peu comme moi, en différent. En gros, Tony et moi, on fait bien me laisser faire en studio. Déjà, j’écris les chansons et lesparoles. Si, en plus je commence à dire à tout le monde quoi la rythmique, et Effello est le guitariste soliste. jouer, ce n’est plus drôle. Chacun fait ce qu’il veut. savoir où nous placer. Des fois, il disaitpartie, là sur la seconde.Effello : Sur le dernier album, Fred Lefranc nous a bien aidés à C’est presque démocratique. certains albums où on faisait n’importe quoi. » Ça nous a guidés un peu plus que sur : « Là, joue plutôt sur cette à la batterie, le bassiste fait ce qu’il veut à la basse. Bon, moi,Didier : Oui, chacun à son niveau. Le batteur fait ce qu’il veut je m’en fous de la basse. Dans Guitar Part, on peut le diren’en a rien à branler de la basse ! : on Qu’est-ce qui change sur ce disque composées pareil, et en studio, on a joué live comme d’habitude.Didier : On a travaillé de la même manière. Les chansons ont été ? Et niveau matos, vous arrivez avec un camion rempli Après, c’est surtout une histoire de production. guitares ? de Effello :albums d’avant, il y avait du tambourin, du Mellotron, des petits Fred est arrivé avec une approche très claire. Sur les en studio, souvent, on n’a même pas notre matos. On joue sur ceDidier : Ni l’un ni l’autre. Moi, j’ai un paquet de guitares, mais trucs62 Guitar de synthé…Part Là, il nous a dit: « Cet album, c’est que guitare ! » qu’il y a. Là, on était dans les Landes. Faire un aller-retour Paris-Landes avec un camion pour tout le matériel, on laisse tomber... Effelo et Didier Wampas, frères de guitare. Effello : Généralement, c’est pour des problèmes de budget. Effello, toi, tu as appris comment ? Didier : Moi, j’avais ma guitare. Pour les amplis, un vieil Effello : J’ai commencé vers 15 ou 16 ans, en autodidacte. Je Orange ou un Marshall, je ne sais même pas. Je n’ai même n’ai jamais pris un cours. J’ai appris en jouant par-dessus les pas touché aux réglages, je crois. albums des Wampas et des Ramones, principalement, avec deux ou trois tutos sur Internet. Une fois que tu as compris Ta guitare principale, c’est toujours ta Custom 77 ? le principe du barré, tu te dis : « Voilà, je peux jouer du punk Didier : Oui, depuis quinze ans. C’est magique, cette guitare. rock. » Et ça tombe bien, parce qu’apprendre tous ces mor- J’en ai d’autres, des Custom, mais celle-là, je ne sais pas ce ceaux des Wampas ne m’a finalement pas servi à rien (rires). qu’elle a. Tu prends le même modèle et, tout d’un coup, il y en a une qui sonne mieux que les autres. Custom 77, c’est une Didier, c’est quand même classe d’avoir dans le groupe marque lyonnaise. Ça coûte 400 ou 500 balles, et ça sonne. quelqu’un qui a appris la guitare sur tes chansons… Didier : Oui, c’est cool. Quand on cherchait un guitariste, Effello, toi, tu joues sur quoi ? il était gentil, disponible, il avait envie de le faire, il jouait Effello : Sur scène, j’ai une Gretsch Electromatic, parce que ce bien. Il cochait toutes les cases. Et il n’était pas chiant. Il y sont quand même les moins chères et qu’elles restent bien. Et je a tellement de casse-couilles dans un groupe, ce n’est pas la joue sur un VoxAC30 classique. Rien d’incroyable, mais ça sonne peine d’en rajouter. bien. On a un ingénieur du son qui fait très bien sonner ça, une petite pédale de reverb pour faire spring reverb, et voilà, ça suffit. Après plus de quarante ans, tu es surpris par la lo ngé- Didier : Moi, j’achète plein de guitares pas chères, à 300 ou vité des Wampas ? 400 balles. J’aime bien. J’en achète plein, de toutes les cou- Didier : Non. Quand j’ai fait un groupe, c’était pour la vie. leurs, et après je les revends au même prix quand elles ne vont Je n’ai jamais eu envie de faire autre chose. Il suffit de ne pas pas. J’ai presque acheté toute la série Squier Paranormal. Il y arrêter pour continuer. C’est simple : tu ne t’arrêtes pas, tu en a une, la Tele avec des micros Jazzmaster, c’est une tuerie. continues. J’ai réussi à avoir une famille, à travailler, et ça J’aime bien les guitares, même si je joue mal. n’a pas empêché le groupe. J’étais électricien à la RATP, pas conducteur, pas contrôleur, quand même (rires) ! Je faisais Justement, tu as commencé tard ? les trois-huit, je bossais le matin, je jouais le soir, je permu- Didier : Très tard. Au début, il y avait Marc Police dans le groupe, tais, je posais des congés sans solde. On n’a jamais annulé donc je n’avais pas besoin de jouer. C’est après sa mort, quand une date parce que je ne pouvais pas. Philippe est arrivé. Il jouait très bien de la guitare, mais il ne com- posait pas. Donc je me suis retrouvé à faire les morceaux. Moi, je Et aujourd’hui, toujours pas dégoûté ? joue pour écrire des chansons. Je mets les doigts au hasard sur la Didier : Pas du tout. Je suis heureux comme tout. Je ne pen- guitare et la chanson vient. Je ne réfléchis pas du tout. sais pas vivre un centième de ce que j’ai vécu. Je suis content de continuer à écrire des chansons, faire des concerts, des Hum, c’est une
méthode (rires). disques. On fait du rock and roll, on est contents. C’est déjà Didier : Oui. Et si c’est pour jouer de la guitare comme tout le pas mal. © JEAN-PIERRE SABOURETmonde, mais en plus mal, je ne vois pas l’intérêt. Propos recueillis par Jean-Pierre SABOURET GuitarPart 63
ENTRETIEN LUTHIER
LOÏC LE PAPE
MAN OF STEEL
AU HASARD DES ALLÉES DU SALON DE MONTROUGE, NOUS AVONS EU LE PLAISIR DE RENCONTRER LOÏC LE PAPE, UN HOMMEDISCRET ET POURTANT L’UN DES PIONNIERS DES GUITARES ÉLECTRIQUES EN MÉTAL - EN ACIER, EN CE QUI LE CONCERNE – QUI, DEPUIS PRÈS DE VINGT ANS, ÉLABORE DES INSTRUMENTS UNIQUES AVEC UNE PATINE DONT LUI SEUL A LA RECETTE. J’aimerais que l’on revienne sur ton début de carrière,le moment où tu as voulu faire des guitares en acier. pas les moyens de m’offrir une Trussart, mais cette gui-Loic Le Pape : Le début est assez simple, je n’avais construire une, moi, je garde ça dans un coin de ma têteen me disant « Peut-être, quand j’aurai le temps ». Mal-tare me fascinait. Mon beau-frère se décide un jour à en heureusement, je me retrouvais gravement invalide, je à la maison un manche, de l’accastillage d’une vieilleguitare, un poste à souder et des connaissances dans lene pouvais plus travailler, j’étais bloqué chez moi. J’avais domaine, je me suis mis à fabriquer un corps en métal,juste pour m’occuper. J’ai fait tant bien que mal une copie pour moi et, étonnamment, ça sonnait très bien.J’ai refait ensuite une dizaine d’exemplaires, sans réin- venter la roue, j’essayais juste de m’approcher au plusprès du maître, et puis est venu le moment où s’est posé la question de suivre mon propre chemin. Depuis, j’aitoujours gardé cette inspiration vintage, avec le faïen- çage, très peu répandu à l’époque, et qui ne s’était jamaisfait sur du métal. Donc tu es autodidacte ?Oui, j’ai appris sur le tas, et je partais de loin, je ne savais même pas ce qu’était un diapason ni un radius. Je me suisvite formé, amélioré, puis j’ai modernisé mes guitares. Impressionnant. Le côté vintage est important pourtoi, tu fais beaucoup de trompe-l’œil renvoyant ver s le bois ainsi que du relicage. Pourquoi ce choix ?La réponse va être simple, parce que je sais le faire ! Au départ, c’était un prétexte, je me suis interrogé sur lafaçon d’user la guitare pour que l’on voie le métal. Mais c’est aussi une bonne façon d’avoir des manches plusconfortables avec des vernis plus fins, mieux travailler la latéralité des frettes, chose que l’on fait difficilement surune guitare neuve. Le vintage est donc aussi un confort. Est-ce que le relicage se fait de la même façon que Près de 20 ans de carrière, un autodidacte désormai strès connu pour la superbe sonorité de ses instrume nts. pour le bois, et est-ce que je peux te demander comment tu procèdes ? - 64 GuitarPart Absolument pas, et oui, tu peux demander…
« LE RELICAGE EST AUSSI UNE BONNE FAÇON D’AVOIR DES MANCHES PLUS CONFORTABLES
AVEC DES VERNIS PLUS FINS, MIEUX TRAVAILLER LA LATÉRALITÉ DES FRETTES. »
OK, je comprends ! C’est donc une technique qui dispa- Ce n’est pas forcément facile de te contacter, il n ’y a même raîtra quand tu arrêteras, ou tu comptes la transmettre ? pas de numéro sur ton site. Comment fait-on pour av oir C’est vrai que je commence à envisager la fin de ma carrière, une Le Pape ? et je songe à la transmission. Peut-être que ça disparaîtra J’ai 35 guitares en commande actuellement alors que je ne fais avec moi, mais peut-être aussi que je formerai quelqu’un pas les salons, ma clientèle se fait plutôt grâce au bouche-à- à qui je vendrai l’entreprise. Tout ça est en réflexion en ce oreille. Ce n’est pas quelque chose que je cultive, mais j’avoue moment. que je n’ai pas eu besoin de faire de la com’ pour remplir mon carnet de commandes, alors c’est un élément que je néglige. Quel est le prix, approximativement, de tes guitares ? Elles vont prendre de la valeur si tu ne transmets pas Tu élabores des guitares inspirées Les Paul, Teleca ster, ton expertise ! ES 335 et autres, tu as dû aussi apprendre à t’éloi gner Je demande environ 3 500 €, ce qui n’est pas excessif pour de ces modèles pour éviter les procès, je suppose. Tu du fait main, et le peu que j’ai vu en occasion se vend à as aussi des modèles plus personnels et tu fonction nes un prix proche du neuf. Ce que je fais est plutôt rare, avec quels micros ? avant je ne m’en rendais pas compte, j’étais juste dans Oui, j’ai eu une fois des nouvelles de Gibson… Je n’exporte l’effort. Aujourd’hui je prends un peu de recul. Et oui, pas les guitares concernées par l’USPTO (ndlr : United States si on a une Le Pape, il vaut mieux la garder, je pense. En Patent and Trademark Office). Je n’ai pas fait de modèle spé- dehors de la valeur, chacune est un exemplaire unique, cifique à l’exportation, là encore, je n’en ai pas eu le besoin réputée pour sonner. pour le moment. Concernant mes modèles, j’ai la 1946, qui est une guitare Delta Blues avec des process qui me permettent Justement, pas mal d’artistes ont déjà craqué pour tes d’avoir un son soit solid body, soit archtop en modifiant la guitares, tu peux me donner quelques noms ? flottabilité du chevalet. J’ai aussi créé des électro-acoustiques Le plus connu, je pense, c’est Johnny Depp, il y a aussi Alice en acier qui fonctionnent étonnamment bien, je les appelle Cooper. Norbert Krief les utilise régulièrement. Beaucoup les 1949 ou Acousteal. Pour les micros, je travaille majoritai- sont exploitées en studio, il y a eu notamment Étienne Daho rement avec SP custom sur des micros faits à la main et que avec François Poggio et Marcello Giuliani. Judge Fredd a l’on a développés ensemble pour la plupart. Pour mes P-90, été un de mes premiers clients, puis pas mal de gens de je fonctionne avec Kent Armstrong auprès duquel j’ai trouvé la scène punk comme Les Sales Majestés, Didier Wam- des micros bobinés très serrés pour éviter que la caisse en acier pas, Yan Péchin, le guitariste d’Alain Bashung… il y en a crée des interférences, ce qui est généralement le cas avec des d’autres, mais j’avoue que je ne suis pas très fort pour le micros vintage. name-dropping. Propos recueillis par Cyril TRIGOUST GuitarPart 65
MATOS
LE TEMPÉRAMENT
ANGINE DE POITRINE SONNE DOULOUREUSEMENT FAUX SELON CERTAINS, ET NOUS NE SOMMES PAS LOIN DE LE PENSER. PLUTÔTQU’UNE ANALYSE DE LEUR MUSIQUE ET DÉMONTRER UNE ÉNIÈME FOIS QUE CE SONT MALGRÉ TOUT DES MUSICIENS DE GRANDÉGAL SONNE FAUX TALENT, REVENONS SUR LA GAMME TEMPÉRÉE, LE TRUE TEMPERAMENT, LES QUARTS DE TON ET LES MICROTONALITÉS. entre mathématiques,L ’histoire desgammes tempéréesest un compromis tempérament égal. Letournant vint avec Jean-Sébastien Bach dont le physique et esthétique.Nous n’avons Clavier bien tempéréfavorise l’adoption d’un malheureusement pas laplace (ni les compétences) tempérament égal, ousinon compatible avec de nous lancer dans untraité de musicologie ; plusieurs tonalitésvia un tempérament aussi, vous nouspermettrez de passer outre inégal bien réglé, car iln’est pas certain que le une explication fastidieusesur le tempérament compositeur de génieutilisât un tempérament mésotonique etl’intonation juste dans égal. Laissons ce débataux historiens, pour la musique occidentale.Notre récit commence nous, Bach est une plus tard, ausiècle, alors que la XVIIe rock star : son œuvrea progressivement conduit à l’adoption du musique polyphoniqueet l’élargissement des tempérament égal surles claviers modernes, répertoires invitent àtempérer les intervalles, siècle. Celui-ci inclut doncsurtout à partir du XIXe donc ajuster légèrementleur taille pour que 12 notes par octave : 7naturelles et 5 altérations l’octave soit diviséeen 12 demi-tons. (les #). Chaque demi-ton est exactement égal, Le mathématicien etthéoricien Simon Stevin et tant pis si les quintesne sont pas parfaitement fut l’un des premiers àdécrire cette division pures (elles sontlégèrement rétrécies) et égalitaire de l’octave, les tierces majeures un peuplus larges par rapport « Jean-Seb, dit Andreas Werckmeister à l’intonation juste. Le notre maître à tous. Le bien tempéré », formalisera plusieurstempéraments inégaux, tempérament égal est donc dont le Werckmeister un compromis qui rend 66 GuitarPart III, très proche du tous les intervalles (saufl’octave) légèrement faux,
LA TEMPÉRAMENT ÉGAL EST, EN QUELQUE SORTE, LA CHARENTAISE
DE LA MUSIQUE : C’EST MOINS JOLI, MAIS C’EST PRATIQUE.
Fretless ou pas, certains ont encore du mal à choisir. pour nous faire découvrir ou bien n’en disposant d’autres formes de justesse. d’aucune (et bonne chance cela reviendrait Ainsi, la True Temperament à ceux qui se lancent dans à passer de 88 à 176 est une guitare dont les le fretless). Elle permet de touches. Pour une guitare, frettes sont courbées afin jouer des intervalles plus il faudrait doubler le de corriger les erreurs fins que le demi-ton. L’idée nombre de frettes, utiliser d’intonation dues à la est, selon nous, de ne pas en des frettes mobiles, ou géométrie de la guitare. abuser pour préserver un jouer en fretless. Cela aurait Elle permet des accords minimum de musicalité changé à jamais la sonorité plus justes, avec moins et d’harmonie, du blues et du rock, mais de battements, même si mais on ne va pas mais permet de transposer l’histoire en a décidé elle reste en tempérament s’étendre sur le librement et de jouer dans autrement. Entendons- égal. Inventée par le sujet, car c’est un toutes les tonalités sans nous bien, beaucoup Suédois Anders Thidell, retour à la case départ réaccorder l’instrument. d’instruments peuvent se cette disposition n’a rien (d’aucuns diraient Il est, en quelque sorte, permettre le quart de ton : d’anecdotique. Nous vous une épanadiplose) : la Charentaise de la les instruments à cordes invitons à chercher des Angine de musique : c’est moins joli, non frettés, les cordes tests vidéo de morceaux Poitrine sonne mais c’est pratique (si on vocales, la trompette classiques joués sur une douloureusement ne reste pas dans l’histoire d’Ibrahim Maalouf… Mais guitare normale et sur une faux selon de la pédagogie musicale ce sont les pianistes et les True Temperament, la certains. avec cette formidable guitaristes qui ont eu le différence est saisissante. Cyril TRIGOUST comparaison…) dernier mot (normal…). Alors pourquoi toutes nos En réalité, la gamme guitares ne sont-elles pas LE CAS DE QUART tempérée n’est pas du même calibre ? Déjà, Pendant que nous une loi absolue, libre parce que ça coûte cher, sommes dans les petits aux musiciens de s’en mais aussi parce que tout arrangements avec le écarter et d’aller vers le groupe doit adopter le « beau », passons au le quart de ton, voire la même type de manche. quart de ton. La musique microtonalité. Angine de Même si la différence est occidentale standard a Poitrine, Erik Truffaz, Ben ténue, on peut finir par pour habitude d’employer Monder, et plein d’autres percevoir un déséquilibre le demi-ton et beaucoup explorent les territoires gênant, à moins que le moins le quart, donc la très larges que l’on trouve deuxième guitariste ou le moitié de l’intervalle entre, entre une note et son bassiste se lancent dans par exemple, le do et le do#. altération. Nous-mêmes, des accordages alternatifs Il s’agit d’un intervalle jamais nous ne ratons spécifiques. On retombe très élégant comme en un bending, nous avons alors sur un niveau témoignent les musiques juste l’audace d’introduire d’exigence trop élevé : indiennes et arabisantes, des microtonalités dans retour à la simplicité. mais son absence dans nos nos solos, dussions-nous Enfin, aux antipodes de musiques tient aussi à une faire saigner les oreilles la True Temperament raison très pragmatique. de nos congénères peu se trouve la guitare Si on divise l’octave en 24 familiers des joies de microtonale, embarquant quarts au lieu de 12 demis, l’expérimentation. tellement de frettes que Headless, True Temperament, on multiplie le nombre de Des guitares s’éloignent l’on a l’impression que le il ne manque plus que baritone et notes par 2. Pour un piano, de la gamme tempérée guitariste en fait collection, multiscale pour le bingo ! GuitarPart 67
MATOS NEWS
1 WARM AUDIO REAM-PER :1GUITARE–STUDIO elle s’adresse clairementaux amateurs de belles fini- hybride pensé commeun véritable hub entreWarm Audio dévoilele Reamper, un boîtier LE HUB ULTIME en paral-Use). On yretrouvetrouvechitecturemêmee). On y guitare, ampli, pédales,synthés et équipe- LÉGENDE PASSE EN tions et de circuits soignés ! ments de studio. L’ap- FORMAT TOUT EN UN... TWOROCK : LA lèle mêlantla mêmearchitectureen paral- pareil permet d’inté-grer du matériel studiodans une chaîne guitare— ou l’inverse — tout en 3sion combo 35 W, reprenantl’architecture de la têteTwoRock décline son offrant un préampli swit- présentée au NAMM. L’am- Studio Overdrive en ver- fuzz, maisde réglagespour une uti-lèle mêlantclean boost,overdrive etfuzz, maisavec moinsec moinserdrive etan boost, chable JFET/OpAmp,un réglage d’impédance pli embarque deux 6L6,deux canaux avec Master de réglagespour une uti-lisation plusintuitive. La pédale proposeation plus 55 2 et plusieurs options dephase. Le Reamper sertaussi d’atténuateur depuissance pour amplià lampes jusqu’à 50 W. indépendants, et un nou-vel EQ activable via switch.On retrouve les réglagescomplets habituels (Gain,Lead Gain, Presence…) trois volumes séparés, unswitch de tonalité et un Connectique complète ainsi que les switches Bri- mode Voice pour boos- en jack et XLR, transfor- ght, Mid, Deep, Bypass et ter les médiums via inver- mateurs CineMag à bord. Lead. Une boucle d’effets sion de phase. Plus simple, à lampe avec niveaux d’en-voi/retour vient complé-ter l’ensemble. Là où çapique, le combo est dispo- plus compacte, mais tou-jours aussi polyvalente.CAPARISON HORUS- nible en précommande au CSLTD :MODERNISÉ DU MODÈLECULTE DE 1995 !Caparison revisite son LE RETOUR 3 2DER EN VERSION prix de 3 998 €. Ouch !
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Green Wonder dansHANDWIRED !SOR RELANCE LALITTLEMad Professor remet GREEN WON- GIBSON CENTURY12FRET : une version Handwired,assemblée à la main avecdes composants haut deen avant sa Little MAGE CENTENAIREAU FOLK ORIGINELPour fêter le cente- UN HOM- 6de 1995 avec la nouvelleHorusCSLTD, un instrumentqui mêle esthétique vintagemodèle emblématique gamme. Cette série arti-sanale vise à offrir uneréponse plus organiqueet un grain plus expressif 4Flat Top, Gibson dévoile uneCentury Collection qui revi-site trois modèles emblé-naire de ses guitares et construction moderne.On retrouve un corps enacajou, un manche vissécinq pièces érable/noyer et que la version standard. matiques : la J45, la L-00 une touche en palis-sandre au rayoncompensé. La gui-tare embarqueouche en palis La pédale reste fidèle àl’esprit “overdrive/boost” et la J185. Chaque guitarereprend l’esprit des pre- 27 frettes, un ompensé. La gui- qui a fait son succès, maisavec une constructionplus robuste et un carac-tère sonore peaufiné. mières acoustiques de lamarque, avec un look vin-tage et une approche plusroots. Un concept 12fret, Fabriquée en Finlande, rare chez Gibson, qui ren-force encore son caractèrerétro. L’ensemble forme pushpush intégré SH27FCA5. Let une paires Capa-challer vibrato SchallerSFRT II et une pairede micros Capa-arque, unrayon rison SH27FCA5/ PHba5. Le 4 une série hommage pen-sée pour reconnecter avecl’ADN folk originel de lamarque. Une collection qui Flo Spushpush intégréau volume permetde basculer entreles micros.micros.olume permetuler entre vise autant les nostalgiquesque les amateurs de bellesacoustiques intemporelles !
SKIP THE USE ENFORMAT RÉDUIT !5LA TAMPCO DISTOR-TER SIGNATURE
tion, une version allégéede la pédale signatureNelson Martins (Skip TheTampco dévoile la Dis-torter – Compact Edi- 66 68 GuitarPart
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GUIDE D’ACHAT
LES OVERDRIVES LOW GAIN
POUR BOOSTER VOTRE SON!LES OVERDRIVES LOW GAIN SONT DEVENUES DES OUTILS ESSENTIELS POUR TOUS LES GUITARISTES EN QUÊTE D’UN GRAIN SUBTIL, AMPLI DÉJÀ CHAUD OU D’AJOUTER UNE POINTE DE MORDANT SANS DÉNATURER LE JEU, CES PÉDALES OFFRENT UNE PALETTEDYNAMIQUE ET RESPECTUEUX DU CARACTÈRE DE LEUR INSTRUMENT. QU’IL S’AGISSE D’ÉPAISSIR UN CLEAN, DE POUSSER UNÉTONNAMMENT LARGE. VOICI 10 RÉFÉRENCES INCONTOURNABLES POUR SCULPTER VOTRE SON AVEC FINESSE ! NOBELSClassique absolu du son « Nashville », l’ODR1 BC est réputéepour son grain naturel, ample et chaleureux. Elle offre un bas ODR1 BC AMPLIFICATIONBROWNE généreux et un haut doux, parfaits pour épaissir un cleanou dynamiser un crunch sans jamais devenir agressive. Leswitch BassCut interne permet d’adapter la réponse selon l’ampli ou le style. Simple, efficace, musicale, elle reste unevaleur sûre pour les amateurs de sons organiques. Unepédale qui traverse les décennies sans prendre une ride. La Browne The Carbon V2 est devenue une référence dulowgain moderne : un grain clair, doux, légèrement granuleux,BROWNE AMPLIFICATION THE CARBON V2 Prix conseillé : 99 € qui rappelle les meilleures overdrives transparentes. Trèsdynamique, elle réagit parfaitement à l’attaque et respectetotalement le caractère de la guitare et de l’ampli. Elle peut servir de clean boost, de crunch subtil ou de premierétage d’empilement. Toujours musicale, jamais agressive,elle s’intègre dans n’importe quel pedalboard. Une pédale haut de gamme, pensée pour les joueurs exigeants.Prix conseillé : 239 € NOBELS WAMPLERInspirée de l’esprit “Nashville” mais plus moderne et plusprécise, la Belle est une lowgain ultratransparente qui BELLE OVERDRIVE JHS respecte totalement le signal. Elle peut fonctionner enclean boost, en léger crunch ou en drive subtil, avec unedynamique remarquable. Le contrôle de basses permetd’ajuster parfaitement la réponse selon la guitare. Toujours claire, toujours définie, elle s’intègre dans n’importe quel rig.Une alternative haut de gamme aux classiques du genre.Prix conseillé : 139 € JHSLa Morning Glory est l’une des overdrives les plus appréciéespour son grain clair, ouvert et légèrement granuleux. MORNING GLORY V4 Elle excelle pour pousser un ampli déjà chaud, donnerdu mordant à une rythmique ou apporter un crunchbluesy très musical. Le switch de gain permet de passer d’un voile subtil à un drive plus affirmé. Très dynamique, WAMPLER © DR 70 Guitar70 Guitarelle réagit parfaitement à l’attaque du médiator. Unepédale expressive, polyvalente et toujours inspirante.Prix conseillé : 229 €PartPart
MAD PROFESSOR
IBANEZ TS9 TUBE SCREAMER
La TS9 n’est pas totalement transparente, mais son léger midboost et son grain doux en font une lowgain incontournable. Elle excelle pour pousser un ampli à lampes, resserrer un son trop flou ou donner du mordant à un solo. Son caractère est immédiatement reconnaissable, mais toujours musical. Une pédale mythique, utilisée dans tous les styles depuis 40 ans. Prix conseillé : 131 €
MAD PROFESSOR SWEET
HONEY OVERDRIVE FACTORY
La Sweet Honey est conçue pour réagir directement à l’attaque du guitariste : douce en jeu léger, plus nerveuse IBANEZ quand on pousse. Son grain organique et chaleureux en fait une pédale très expressive, idéale pour le blues, le roots ou les sons vintage. Elle ajoute une texture subtile sans jamais écraser le signal. Très vivante sous les doigts, elle donne l’impression de jouer “dans” l’ampli. Une pédale sensible, musicale et addictive. Prix conseillé : 189 €
XOTIC BB PREAMP
Le BB Preamp combine transparence, chaleur et une pointe de compression naturelle. Il peut fonctionner en clean boost, en overdrive léger ou en crunch plus appuyé, tout en restant très défini. Son égalisation active permet de sculpter le son avec précision. Très musical, très équilibré, BOSS il s’intègre parfaitement dans un pedalboard moderne. Une pédale haut de gamme pour joueurs exigeants. Prix conseillé : 179 €
BOSS BD2 BLUES DRIVER
Le BD2 est un classique du low gain, capable d’aller du clean boost légèrement granuleux à un crunch bluesy très musical. Il offre une dynamique étonnante pour une pédale Boss, avec un grain clair et légèrement rugueux qui rappelle les amplis vintage. Parfait pour réveiller un ampli trop sage ou ajouter un peu de caractère à un clean. Fiable, polyvalent, XOTIC indémodable, il reste un incontournable pour tous les styles. Prix conseillé : 105 €
MAXON OD808
L’OD808 est l’ancêtre direct de la Tube Screamer, avec un grain légèrement plus doux et une compression plus subtile. Elle apporte une chaleur naturelle et un resserrement du bas du spectre très utile pour clarifier un son. Parfaite pour épaissir un clean ou booster une saturation, elle reste une référence du low gain vintage. Une pédale simple, efficace et toujours pertinente. Prix conseillé : 124 € MXR
MXR TIMMY
La version MXR du Timmy reprend l’esprit de l’original dans un format compact et accessible. Même philosophie : transparence, dynamique, respect du signal. Elle fonctionne aussi bien en boost qu’en premier étage d’empilement. Le grain reste subtil, précis et très réactif à l’attaque. MAXON Une excellente option pour ceux qui veulent le son Timmy dans un format plus simple et plus robuste. Prix conseillé : 149 € GuitarGuitarPartPart 7171
MATOS TEST
SPRINGER FIREHAWK PELHAM BLUE LIGHT RELIC
LA FIREBIRD RÉINVENTÉE
EN CHEF-D’ŒUVRE VIVANTDANS SA VERSION PELHAM BLUE LIGHT RELIC, LA FIREHAWK DE MIKAËL SPRINGER NE SE CONTENTE PAS ANS AVANT D’ARRIVER ENTRE VOS MAINS, AVEC UNE FINITION HYPNOTIQUE ET UN SON D’UNE MATURITÉANS AVANT D’ARRIVER ENTRE VD’ÊTRE UNE GUITARE : C’EST UNE APPARITION. UN INSTRUMENT QUI SEMBLE AVOIR VÉCU CINQUANTED’ÊTRE UNE GUITDÉCONCERTANTE. UNE PIÈCE RARE, FAÇONNÉE PAR UN LUTHIER AU SOMMET DE SON ART...DÉCONCERTANTE. UNE PIÈCE R PRIX PUBLIC
À PARTIR DECONSEILLÉ
tête sculptée !La superbe traversé des décennies 4 200 € de concerts, de voyages,de nuits trop courtes ettraverséde concerts, dense, légèrement huilée,ajoute une sensation tactile au moindre changement de scènes trop petites.de presque sensuelle. On sent d’attaque. On peut passer Le faïençage est d’unede le bois, on sent la matière, d’un murmure à un rugisse- finesse presque irréelle : on sent la main du luthier. ment simplement en chan- Branchée, la Firehawk geant la manière de tou-cher la corde. C’est le genre il y a des guitares quiRR arement j’ai trem-arement j’ai trem-blé à l’écriture d’unblé à l’écriture d’un un réseau de microcraque-lures qui capte la lumièrecomme une porcelaine confirme ce que son esthé-tique promettait déjà : uninstrument vivant, vibrant, d’instrument qui vousrend meilleur, qui vous il y a des guitares quibanc d’essai maisbanc d’essai mais ancienne. Rien d’exagéré, expressif. Les micros Sun- pousse à jouer avec plus de impressionnent, d’autres rien de forcé. C’est un bear, fidèles aux choix de nuances, plus de contrôle, qui séduisent, et puis il yimpressionnent, d’autres relic qui raconte une his- Springer, délivrent un grain plus d’intention. Une gui- a celles qui vous arrêtentqui séduisent, et puis il toire sans jamais tomber tare qui vous écoute autant net, comme si le temps secelles qui vous arrêtent dans la caricature. On a riche, articulé, avec cette que vous l’écoutez. contractait autour d’elles.le temps littéralement l’impression pointe de mordant typique La Springer Firehawk de tenir une guitare qui des Firebird, mais sans la Et puis il y a cette sensation fait partie de cette der- aurait vécu une vie entière dureté parfois associée aux difficile à décrire : celle nière catégorie. Dès qu’on avant de nous choisir... modèles historiques. Ici, d’un instrument qui semble ouvre l’étui, on comprend Le corps en cèdre espagnol tout est plus ample, plus déjà « fait », déjà mature, qu’on n’est pas face à un apporte une légèreté sur- musical, plus maîtrisé. Le déjà stabilisé. Comme si le simple instrument, mais à prenante, presque décon- registre aigu chante sans bois avait eu le temps de se une vision. Une interpré- certante pour qui s’attend jamais percer, le médiumest charnu, le grave est poser, de sécher, de vibrerpendant des décennies. tation personnelle, pro- à la densité habituelle des tendu mais jamais enva- C’est rare. Très rare. Et fonde, presque intime, de inspirations Firebird. Cette hissant. On peut jouer en c’est précisément ce qui fait ce que devrait être une légèreté n’est pas qu’un clean, en crunch, en drive la magie de cette Firehawk. Firebird moderne. Mikaël confort : elle influence le plus poussé : la guitare Mikaël Springer signe ici Springer ne copie pas : son, elle ouvre le spectre, reste toujours lisible, tou- une pièce qui dépasse le il réinvente, il distille, il elle donne une résonance jours noble, toujours juste, cadre du simple banc d’es- épure. Et cette Firehawk plus rapide, plus immé- avec un grain inimitable ! sai. On n’évalue pas une Pelham Blue light relic en diate. Le manche, profil Mais attention, le kit Sun- guitare comme celle-ci : est la preuve éclatante. Modern C, tombe naturel- bird ne pardonne rien ! on la rencontre. On la La première claque, c’est lement dans la main. Ni Tout absolument tout est découvre. On la laisse évidemment la finition. trop fin, ni trop massif : parfaitement retranscrit, nous transformer un peu. Ce Pelham Blue subtile- un équilibre parfait entre y compris mes pains ! Et quand on la repose, ment désaturé, patiné juste modernité et tradition. Et Ce qui frappe surtout, c’est on sait qu’on vient decroiser quelque chose © DR 72 Guitarce qu’il faut, semble avoirPart cette touche en palissandrede Madagascar, sombre, la réactivité. La Firehawkrépond au moindre souffle, d’exceptionnel... Flo S
TECH
CORPS Cèdre espagnol MANCHE Cèdre espagnol TOUCHE Palissandre de Madagascar SILLET Os MÉCANIQUES Kluson CHEVALET KWS « the 50 » MICROS Kit Sunbear Sunbird aged nickel CONTRÔLES 2 volumes, 2 tonalités, sélecteur 3 positions, câblage 50’s avec caps P10 ÉTUI Springer Deluxe rigide CONTACT www.springerguitars.com LES PLUS Absolument tout !!! LES MOINS L’état de mon compte en banque... ★ ★ ★ ★ ★
ÉLECTRONIQUE : 5/5
JOUABILITÉ : 5/5
QUALITÉ/PRIX : 4,8/5
Miroir, ô miroir ! Dis-moi qui est la plus belle ? La Springer Firehawk est bien plus qu’une guitare inspirée de la Firebird : c’est une œuvre d’art jouable, une pièce où chaque détail respire la maîtrise et la sensibilité d’un luthier au sommet de son art. Son faïençage d’une finesse hypnotique lui donne l’aura d’un instrument ancien, chargé d’histoires imaginaires. Légère, réactive, expressive, elle offre un son riche et nuancé, capable de passer du murmure au rugissement sans jamais perdre sa noblesse. C’est une guitare qui ne se contente pas de sonner : elle raconte, elle inspire, elle accompagne. Une compagne de route pour ceux qui cherchent plus qu’un outil : une présence. Mes chers lecteurs, je viens de fêter mes 50 ans, c’est peut être la meilleure guitare jamais eue dans mes mains et pourtant j’en ai eu des centaines... Tout simplement... Ne regardez pas son prix, c’est juste la guitare d’une vie... Et cerise sur la gâteau, pour ceux qui seraient intéressés, n’hésitez pas à contacter Mikael qui non content d’être un luthier de génie est un type fabuleux !GuitarGGGuitaruiuitaruitar PartPPPP artartart 737373
MATOS TEST
EPIPHONE SG FATOUMATA DIAWARA
UNE SG À L’IMAGE D’UNE ARTISTE
QUI PARLE À TOUT LE MONDE !
COULEUR QUE SA MUSIQUE : UN MODÈLE EMBER RED AU LOOK FLAMBOYANT, AUX DÉTAILS SOIGNÉS ET AUAVEC SA SG SIGNATURE, EPIPHONE ET FATOUMATA DIAWARA SIGNENT UNE GUITARE AUSSI HAUTE EN PRIX PUBLICCONSEILLÉ RAPPORT QUALITÉ/PRIX PRESQUE INDÉCENT. UNE SG PENSÉE POUR ÊTRE BELLE, INSPIRANTE, FIABLE…ET SURTOUT ABORDABLE ! L’ARTISTE TENANT À NE LAISSER PERSONNE DE CÔTÉ !
699 € ★ ★ ★ ★ ★ÉLECTRONIQUE :JOUABILITÉ : 4,8/5 4,5/5
QUALITÉ/PRIX : 5/5
l existe des guitaressignature qui se acajou au profil Custom suffisamment de définitionpour rester lisible en toutes un nom sur une tête, et puisI contentent d’apposer C est une réussite : assezrond pour offrir du soutien, circonstances. En manche, ressent dans l’instru-ressent dans l’instru-ment : une guitarebelle, fiable, expres-: une guitare il y a celles qui prolongent assez fin pour rester rapide on obtient des sons ronds sive, mais surtoutouverte à tous.mais surtout fiable, expres- réellement l’âme de l’artiste.La Epiphone Fatoumata et moderne. La toucheen palissandre, bordée de et enveloppants, parfaitspour les lignes mélodiques Au final, cette Epi-phone Fatoumatafinal, cette Epi-à tous. Diawara SG appartientclairement à cette seconde filets simples, apporte unesensation naturelle et cha- et les arpèges. En chevalet,la guitare gagne en mordant, Diawara SG est uneDiawara SG est uneFatoumata famille. Dès qu’on ouvrel’étui, on comprend qu’on leureuse, avec des frettesmedium jumbo parfaite- avec un médium présent n’est pas face à une simple ment posées. Le diapason qui traverse facilement un signature qui a dusignature qui a du SG relookée, mais à un ins- 24,75’’ et la largeur au sillet mix. Mais la vraie surprise lumineux, géné-sens : un instrumentlumineux, géné-un instrument trument pensé pour reflé- de 43 mm placent instan- vient des push/pull : coils- ter la lumière, la générosité tanément les repères sous plit sur les volumes, mode reux, inspirant, quimet de la couleurdans les mains etde la couleurinspirant, qui et l’énergie de Fatoumata. les doigts. C’est une gui- phase sur un tone. Résul- Une guitare qui respire la tare accueillante, facile, tat : une palette sonore de la joie dans lejeu. Une guitarela joie dans leles mains et couleur avant même qu’on qui donne envie de jouer ! bien plus large qu’on ne joue la première note. Côté construction, Epi- l’imagine à ce tarif ! qui fait du bien,tout simplement,fait du bien,Une guitare La finition Ember Red est phone a mis le paquet : En simple bobinage, la gui- superbe ! Un rouge pro- manche collé, chevalet tare devient plus claire, tout simplement, fond, chaleureux, presque LockTone, cordier Stop Bar, plus percussive ! Le modephase apporte des textures Fatoumata !à l’image deFatoumata !l’image de Quand c’estQuand c’est fines, légèrement nasales, Flo SFlo S beau, il n’y ajuste rien àbeau, il n’y a incandescent, qui semble mécaniques à blocage, sillet idéales pour se glisser dans dire ! juste rien à fait pour la scène. Rien Graph Tech… On est sur un dire ! d’austère ici : cette guitareest un sourire, une présence, instrument pensé pour êtrefiable, stable, prêt pour la un arrangement sans tout une invitation. Les incrusta- scène. Rien ne bouge, rien envahir. On sent que cette tions trapèzes, la tête ornée ne craque, rien ne trahit son guitare a été pensée pour de nacre, la signature dorée prix. On accorde, on joue, et accompagner une musique sur le cache truss rod… on oublie la technique. C’est où la rythmique, la voix et le tout est soigné, élégant, exactement ce qu’on attend mouvement sont essentiels. affirmé, sans jamais tom- d’une bonne SG moderne. Et puis il y a ce rapport qua- ber dans l’excès. On sent Branchée, la Fatoumata lité/prix totalement indé- une vraie intention artis- Diawara SG révèle un cent. Cette guitare pour- tique derrière chaque détail. caractère sonore éton- rait coûter bien plus cher En main, la SG surprend namment riche. Les deux sans que personne ne s’en immédiatement par son humbuckers Alnico Clas- étonne ! Mais Fatoumataa insisté pour qu’elle reste © NICO M, DRconfort. Le manche en74 GuitarPart sic PRO offrent un grainchaud, chantant, avec accessible au plus grandnombre ! Cette intention se La meilleure définition que l’on puisse faire d’une guitare s’agissant du prolongement de l’artiste !
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CONSEILLÉ
À PARTIR DE TECH
4 200 € CORPS Acajou MANCHE Acajou TOUCHE Palissandre SILLET Graph tech MÉCANIQUES À blocage CHEVALET Locktone Tune-O-Matic MICROS Alnico Classic PRO CONTRÔLES 2 volumes avec push/pull, 2 tonalités dont 1 avec push.pull, sélecteur 3 positions Xxxx xxxxxx xxxxxx ÉTUI Rigide xxxxxx xxxxxx xxx LES PLUSCONTACT Tellement belle ! Un rapport qualité/ www.gibson.com prix incroyable, grande polyvalence sonore LES MOINS Rien pour le prix La Epiphone Fatoumata Diawara SG est une signature comme on aimerait en voir plus souvent : un instrument qui prolonge réellement l’univers de l’artiste, sans se contenter d’un simple vernis marketing. Sa finition Ember Red flamboyante, ses détails soignés et son manche Custom C confortable en font une guitare immédiatement attachante. Sous les doigts, les humbuckers Alnico Classic PRO, associés aux push/pull (coil-split et phase), offrent une palette sonore étonnamment large, capable de passer du chant chaud et soul à des textures plus fines. Le tout avec un accastillage sérieux (LockTone, mécaniques à blocage, sillet Graph Tech) et un prix pensé pour rester accessible, conformément au souhait de Fatoumata. Une guitare lumineuse, généreuse, qui donne envie de jouer longtemps… et de sourire beaucoup ! GuitarPart 75
MATOS TEST
Le design en aluminiumfait son petit effet, l’objet est beau. Le Lava Studio est aussi PRIX PUBLICCONSEILLÉ Bluetooth pour le streaming.une très bonne enceinte 849 €
LAVA STUDIO
AMPLIFICATEUR D’INSPIRATIONCETTE BOÎTE À TOUT FAIRE, À LA FOIS AMPLI, MULTIEFFET, MINI-DAW ET TABLETTE TACTILE, EST UN OUTIL D’UN GENRE NOUVEAU. DU TOUT-EN-UN ASSEZ CHER AU PREMIER ABORD, MAIS QUI POURRAIT ÊTRE AU BON PRIX S’IL TIENT TOUTES SES PROMESSES ! ALORS, VRAI AMPLI OU GADGET ? es mauvaises lan-gues diront que le petite boîte à tout faire Lava Studio marque vrai-ment des points. Son mini- jouet pour les quadras fri-L Lava Studio est un est étonnante au vu duvolume occupé. Le système DAW, simple et efficace, autour du Lava Studio n’estpas usurpée. Tout n’est qués qui veulent gratouil- de 40 W RMS est de type permet de capturer rapi- pas parfait, mais l’essen- ler le soir après une journée 2.1, autrement dit deux dement des idées, tandis tiel est ailleurs : on branche de labeur. L’image n’est enceintes plus un module et on joue. Et ça, mine de pas fausse, mais on a envie de type « bass-reflex » pour que les plus de 300 backing de rétorquer : « And, so les graves. Guitare bran- tracks disponibles offrent rien, ça devient rare.Zedave what ? » C’est vrai, d’am- chée, ça le fait. Le chaînage un terrain de jeu immé- pli à lampes, il n’est point de huit effets et/ou amplis diat. La magie s’opère ici : question ici. On reste dans est pilotable depuis l’écran on se branche, on bidouille l’ère du tout numérique tactile. Le maniement des le son en deux temps trois avec des simulations d’am- items et la navigation dans mouvements, on lance plis – une bonne trentaine les menus restent d’une une backing track, une PROCESSEURTECH – confiées à l’IA. C’est vrai simplicité enfantine. Certes, boucle de batterie, et on jusqu’à 1,8 Ghz 6 cœurs aussi, à 849 € (sans le pied on ne retrouve pas le plai- s’éclate. Un plaisir solitaire,à ce détail près que l’on PROCESSEUR AUDIO vendu 109 €) l’objet n’est sir physique des potards peut partager ses réglages PUISSANCE DSP audio 800 MHz pas donné. Enfin, le design d’un Marshall, d’un Vox ou sonores et ses impros en 40 W RMS Classe D Amplificateur « façon Apple » avec unetablette repliable au som- d’un Mesa sous les doigts,mais on garde la main sur répondant à celles desautres utilisateurs. Le Système 2.1 avec wooferHAUT-PARLEURS met s’éloigne beaucoup descodes esthétiques habituels. le son. Noise gates, reverbs,delays et modulations s’en volet pédagogique est enrevanche conditionné à en fibre de carbone + Au moins, le Lava Studio sortent honorablement. l’utilisation de crédits CONNECTIVITÉ 2 tweeters de 2’’ ne dépareillera pas dans le Seules les pédales de dis- payants. On comprend CONSTRUCTION+ Bluetooth 5.0, USB-C Wi-Fi 2,4 / 5 GHz salon Roche-Bobois. Maislaissons de côté les précau- torsions et fuzz peinent àconvaincre pleinement. le modèle économique,mais on grince des dents. DIMENSIONSen aluminium Boîtier tions oratoires et voyons ceque la bête a dans le ventre. UN BEAU TERRAIN DE JEU Heureusement, on peutcontourner la difficulté POIDS 314 x 168 x 197 mm © DR C’est en explorant ses fonc- en installant l’application CONTACT 4,5 kg 76 GuitarLa qualité sonore de cettePart tionnalités annexes que le YouTube. Au final, la hype https://lavamusicfrance.com
★ ★ ★ ★ÉLECTRONIQUE : ★ CORT EARTH GO HYVIBE H2 PRIX PUBLIC
JOUABILITÉ :QUALITÉ/PRIX : 5/5 4/5 4/5 UNE GUITARE CONSEILLÉ440 €
QUELQUES SEMAINES AVEC CETTE SURPRENANTE PETITE CORT. DÉDIÉE AU JEU EN NOMADE ET À L’APPRENTISSAGE,TESTÉE PAR CHRIS MARTINS SUR LA CHAINE YOUTUBE DE GUITAR PART, J’AI AUSSI EU LE PLAISIR DE PASSER
QUI FAIT DE L’EFFET !
ELLE PEUT DEVENIR UN SECOND INSTRUMENT À LA SONORITÉ SINGULIÈRE POUR LES JOUEURS CONFIRMÉS.
l suffit de manipulerla guitare une pre- GOOD HYVIBRATIONLe module calé sur l’éclisse prendre que l’on n’a affaireI mière fois pour com- se prend en main en quelques CORPS Dos/éclisses acajou et table en épicéa massifTYPE Dreadnought format 3/4
TECH
ni à un « instrument/jouet »malgré sa petite taille, ni à secondes. Parmi tous leseffets, réverb, chorus, delay, de l’entrée de gamme pour tremolo et boost seront les SILLET MANCHE PPS Acajou – 19 frettes ÉLECTRONIQUE MÉCANIQUES Scellées, boutons noirs TOUCHE Laurier débutants. Sillet et cheva-let bien taillés, mécaniques plus utilisés alors que lesphaser, octaver, disto amu- CONTRÔLES Accordeur, effets, looper, métronome HyVibe H2 robustes, bonnes finitionset frettes qui ont le bon seront la galerie une fois detemps en temps. Il n’y a pas de CONTACTSystème HyVibe H2 intuitif, poidsÉTUI www.lazonedumusicien.com/ Housse incluse goût de ne pas dépasser dumanche : cette Earth Go est haut-parleur au sens propre,la table d’harmonie et des LES PLUSet encombrement, excellente tenue d’accord bien conçue, reste à voir cequ’elle nous propose. Son actionneurs fixés à celle-cifont office de diffuseur, don- LES MOINSeffets, son à équilibrer sur un ampli Saturation sur quelques diapason de 22,8 poucescombiné à une action basse nant ainsi un son organique etflatteur aux effets, notamment (2 mm) favorise un jeutout en souplesse, d’autant les modulations. Accordeuret métronome sont évidem- qu’il n’est pas question de ment de la partie, et le looper, Le système HyVibe intégré transforme shredder mais plutôt de lui aussi, s’appréhende rapi- cette petite acoustique de voyage en unoutil créatif autonome et connecté. s’accompagner à la voix enfrisant le moins possible. dement. L’application mobilepermet d’aller plus loin dans Les premiers accords sontsurprenants tant elle offre les paramétrages et trans-forme l’Earth Go en haut- une bonne projection auregard de son gabarit. Évi- parleur Bluetooth pour lebacking track (ou pour avoir demment, cette taille decaisse privilégie les aigus et du flow avec une enceinteen forme de gratte !), mais les médiums, ce n’est pasforcément ce que l’on pré- l’essentiel reste accessiblesur l’éclisse. L’Earth Go dis- fère, mais elle a su se faireentendre face à la Nor- pose enfin d’une sortie jackpour être connectée à un man B20 que nous avonsutilisée en parallèle. Sur- ampli ou une carte son, maisattention, son côté scintil- tout, elle ne se limite pasà l’acoustique pure, elle a lant, dû à sa taille, ressort unpeu trop, il faudra un peu un petit truc en plus qui luidonne beaucoup de cachet. d’égalisation pour redon-ner davantage de corps.Cyril TRIGOUST GuitarPart 77
MATOS TEST
BLACKSTAR TV10A & B - BLACKSTAR TV10 112
BACK TO BASICS !
BLACKSTAR REVIENT AVEC UNE SÉRIE TV10 QUI SENT BON LE VINTAGE MODERNISÉ : DEUX TÊTES D’AMPLI 10 WATTS DISTINCTES. ET POUR COMPLÉTER LE TABLEAU, UN BAFFLE 1X12 AU LOOK IRRÉSISTIBLE, TAILLÉ POUR SUBLIMER CESMÊME THÈME. MÊME FORMAT, MÊME ERGONOMIE, MÊME PHILOSOPHIE… MAIS DEUX PERSONNALITÉS SONORES BIENEN CLASSE A, L’UNE AMÉRICAINE (6L6), L’AUTRE BRITANNIQUE (EL34), PENSÉES COMME DEUX VARIATIONS D’UN PETITES TÊTES AUSSI BIEN EN STUDIO QU’EN APPARTEMENT. ON A PASSÉ LES TROIS AU BANC D’ESSAI, ET ON VOUSRACONTE POURQUOI CE TRIO POURRAIT BIEN DEVENIR VOTRE NOUVEAU TERRAIN DE JEU PRÉFÉRÉ. l y a des produitsqui arrivent sans son œuvre : le son res-pire, s’arrondit, se densi- harmoniques chantent, qui imposent immédia-I faire de bruit, mais fie. On sent que Blacks- les attaques claquent, eton retrouve cette sen- jamais agressif. Le VTypeapporte une belle ron- tement une évidence : tar a travaillé l’équilibre sation de « réponse deur dans les graves, Blackstar a voulu créer entre chaleur et défini- immédiate » qui fait le un médium doux et un une gamme compacte, tion, avec une belle marge charme des EL34. Là où aigu soyeux. Avec les simple, chaleureuse, et de nuance sous les doigts. la 6L6 caresse, l’EL34 deux têtes, il forme un surtout cohérente. Les A noter la reverb très pousse gentiment dans couple parfait : il arron- deux têtes TV10 — la ver- transparente également ! le dos. Deux personnali- dit la 6L6 sans la brider, sion A 6L6 et la version B Mais évidemment, ce tés, deux couleurs, mais et il canalise l’EL34 sans EL34 — partagent ainsi qui distingue ces deux une même musicalité. la durcir. C’est un baffle un châssis identique, un têtes, ce sont les lampes Et pour compléter ce qui embellit sans trahir. design délicieusement de puissance. La TV10 A duo, Blackstar propose le Au final, ce trio TV10 a rétro, et une philosophie 6L6 offre un grain plus baffle TV10 112, équipé quelque chose de pro- commune : 10 watts en large, plus aéré, avec d’un Celestion VType. Et fondément attachant. On classe A, un seul canal, ce bas-medium typique là, on doit le dire : c’est sent une vraie cohérence un contrôle de tonalité, des sons américains. Le un petit bijou. Le look esthétique et sonore, une un master volume, un clean est ample, légère- « TV » est irrésistible, volonté de proposer des réglage de reverb et un ment spongieux, par- avec cette façade crème outils simples mais inspi- gain associé à un boost. fait pour les arpèges, les et ce format compact rants, capables de s’adap- Pas de fioritures, pas de accords ouverts, les tex- qui évoque les amplis ter à tous les styles. Et menus cachés, pas de tures planantes. Quand des années 50. Mais sur- surtout, on retrouve ce multifonctions : ici, on on pousse le master, tout, le son est à la hau- plaisir immédiat : bran- branche, on joue, et on le crunch reste doux, teur : ample, équilibré, cher, jouer, sourire ! retrouve ce plaisir immé- velouté, presque « cali- Flo S diat que seuls les amplissimples savent offrir. fornien ». C’est un ampliqui invite à respirer, à Les deux modèles par-tagent également une laisser de l’espace, à joueravec la dynamique plu- Difficile de ne pas tomber sous le charme de cettenouvelle série TV10. Les deux têtes partagent un dynamique exemplaire. tôt qu’avec la saturation. ADN commun — simplicité, chaleur, musicalitétout en offrant deux identités sonores bien distinctes :la douceur ample de la 6L6 et la nervosité chantante — À faible volume, ilsrestent expressifs, réac- La TV10 B EL34, elle,joue dans une autre cour. tifs, vivants — parfaits Plus nerveuse, plus ser- de l’EL34. Quant au baffle 1x12, il complète l’ensemble pour jouer à la maison rée, plus mordante. Le avec une élégance rare, autant visuelle que sonore. Un sans sacrifier le toucher. clean est plus droit, plus trio pensé pour les guitaristes qui veulent retrouver Et quand on pousse un focalisé, et le crunch le plaisir brut de la lampe, sans complication, sans peu, la compression natu- arrive plus tôt, avec ce excès, juste l’essentiel : un son qui inspire. Blackstarsigne ici une gamme compacte mais ambitieuse,capable de séduire aussi bien les amateurs de vintage © DR 78 Guitarrelle de la classe A faitPart grain british qui crépitejuste ce qu’il faut. Les que les musiciens modernes en quête de caractère.
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TYPE Tête d’ampli TECHNOLOGIE Lampes PUISSANCE 10w RÉGLAGES Master, tone, gain, reverb, boost CONNECTIQUE Boucle d’effets DIMENSIONS : 404 x 230 x 203 cm POIDS 9 kgs
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ELLE DÉCONSTRUIT L’ÉLÉGANCE À
VOTRE SON LA FRANÇAISE
N Harmonix avec son effet de Swell (montée enous avons testé le mois dernier la Swello d’Electro- L a Sonora est une pédale de reverb pensée commeun bel objet autant que comme un outil musical. de maîtrise tant elle manipule le signal pour en faire àdans ses solos. Cette Atomic Cluster demande bien plusvolume) assez simple à comprendre et à intégrer est gravée au laser, le tout est assemblé en France, à laSon boîtier mêle aluminium et noyer, la plaque peu près ce qu’elle veut. EHX la qualifie de décomposeurspectral, nous voilà bien avancés… Plus concrètement, main et en série limitée. En somme, c’est très beau, maisil en faut un peu plus pour nous convaincre ! Sur le plan la pédale dispose d’un algorithme qui selon le réglage del’oscillation crée des effets de glitch, d’arpégiateur, des conçus pour couvrir une large palette de réverbs. Delay,fonctionnel, la Sonora va à l’essentiel avec trois réglages sons lo-fi et tout un tas d’autres sonorités qui dépendrontde la façon dont vous actionnez les boutons Speed et Decay et Level permettent, en substance, de régler le tempsavant que l’effet ne se lance, d’agir sur l’ampleur afin Atoms. Le premier ajuste la vitesse de rafraichissement desoscillations, le second… fout le bordel (on pourrait tenter d’aller de courts renvois discrets à de longues traînes plusenveloppantes, et enfin d’ajuster la quantité d’effet dans une explication plus scientifique, mais celle-ci colle bien).On ne va pas prétendre que l’on a dompté cette pédale et le mix. Cette pédale privilégie clairement la simplicitéd’usage plutôt que l’empilement de paramètres. Cetteapproche la rend facile à intégrer dans un pedalboard, nous avons tâtonné jusqu’à ce qu’il en sorte quelque chosede délicieux. C’est le genre d’excentricité qui s’utilise avecdonné un son à des compositions que nous avions en tête : que l’on cherche simplement à aérer un son clair en« always on » ou à construire une ambiance plus ample beaucoup de patience et un carnet de notes, car une foisque vous arrivez à un résultat harmonieux, vous dessinez la pour des parties lead. Le true bypass et le silent switchvont dans le même sens : préserver le signal quand position des boutons et des réglages de l’ampli pour recréerplus tard cet heureux hasard. Certes, en mode Smooth, l’effet est coupé tout en évitant les bruits parasitesau déclenchement. Au final, la Sonora est une réverb l’Atomic Cluster colore votre son, ça peut être à peineaudible (selon vos réglages) et élégant. Nous avons surtout inspirante plus que démonstrative, avec une capacité àpasser du discret au généreux sans perdre en naturel. évoqué ici le mode Sharp qui transforme votre guitare Nous nous sommes surpris à jouer d’avantage en arpège età ralentir nos solos afin d’apprécier la chaleur et la texture aiment expérimenter afin de trouver des sonorités d’unen un autre instrument. L’Atomic Cluster visent ceux qui de cette pédale. Duet Audio met en avant la longueur de laréverb (Decay à fond) et l’ambiance désert américain que essayez avant d’acheter.autre monde. Ça nous a beaucoup amusés, mais un conseil,Cyril TRIGOUST cela évoque, d’où le dessin en façade. Elle excelle en effetdans ce domaine, mais a bien plus encore à offrir.Cyril TRIGOUST CONTACT www.fillingdistribution.com CONTACT https://duet-audio.com 80 GuitarPart
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TECH
triel, qui respire la fiabilité. relle qui donne l’impression chantants, graves tendus, incluse Alimentation 24v Les contrôles sont nom-breux mais parfaitement d’un mur de son parfaite-ment contrôlé. On retrouve aigus doux ou plus agres-sifs selon le besoin. On peut LES PLUS www.lazonedumusicien.com CONTACT lisibles, organisés comme ce grain large et envelop- sculpter un son moderne, fier qu’au nom Corgan !!! Il fait Ne surtout pas se un véritable ampli. On peut pant qui a fait la signature vintage ou alternatif… Le tellement d’autres choses... l’utiliser en façade, dansune boucle, en direct dans des Smashing Pumpkins,mais sans imitation forcée.Le Supergrace passe du Supergrace est un véritablecouteau suisse du gain !La polyvalence de routage LES MOINSextrême, qualité des sons Simplicité d’utilisation est un autre point fort. La la concurrence « numérique » Un poil cher au vu de sortie dédiée pour simu-lation de baffle permet de jouer en direct sans perdreen présence, tandis que les signature qui dépasse lar- options de stacking en fontun excellent compagnon gement l’hommage. C’estun outil moderne, inspi- pour d’autres pédales. Onpeut littéralement construire rant, capable de couvrirun large spectre sonore un rig complet autour de lui. tout en portant l’empreinte © DR Au final, le Laney d’un guitariste unique. La connectique archi complète. Supergrace est un préampli Une réussite totale ! GuitarFlo S.Part 81
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Une forme indémodable ! PRIX PUBLICCONSEILLÉ Le très beau manche torréfié... 329 € BACCHUS UNIVERSE BJB-1 ★ ★ ★ ★ÉLECTRONIQUE :JOUABILITÉ :QUALITÉ/PRIX : ★ 4,5/5 4,5/5 4,5/5
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INSOLENT. LOOK CLASSIQUE, MANCHE EN ÉRABLE TORRÉFIÉ, CONFORT IMMÉDIAT ET SONORITÉS FAMILIÈRES : UNE ENTRÉE DE GAMME QUI A TOUTAVEC SA BJB1 RSM, BACCHUS PROUVE UNE NOUVELLE FOIS QU’ON PEUT PROPOSER UNE VRAIE BASSE « JAZZ » SÉRIEUSE À UN TARIF PRESQUED’UNE GRANDE, ET QUI POURRAIT BIEN SURPRENDRE PLUS D’UN BASSISTE. main, donnent l’impres-I l y a des instru-ments qui, dès lapremière prise en clinquant : juste l’essen-tiel, mais bien fait. Lesmicros délivrent un grain UN INSTRUMENT POURPROGRESSER…ET PLUS SI AFFINITÉS cherche pas à impression-ner : elle joue, tout sim- sion d’être déjà chez eux. clair, précis, légèrement Là où la BJB1 surprend plement. Et c’est souvent La Bacchus Universe BJB1 creusé, parfait pour les vraiment, c’est dans sa ce qu’on demande à une RSM/M 3TS fait partie lignes funk, pop ou rock. capacité à suivre le musi- bonne Jazz Bass ! Flo S de ceuxlà. Avec son for-mat Jazz Bass traditionnel, Le micro chevalet apportece mordant typique, tandis cien. Débutants, inter-médiaires, voire bassistes son corps bien équilibré etson manche en érable tor- que le micro manche offreune rondeur très musicale. confirmés cherchant une réfié, elle affiche immé- Ensemble, ils couvrent un basse de répétition ou de diatement une maturité spectre étonnamment large scène « sans stress » : tout étonnante pour une basse pour cette gamme de prix. le monde y trouvera son proposée à moins de 400€. La finition 3Tone Sun- compte. Le manche torréfié MANCHECORPSTECH Le toucher est sec, rapide, burst est propre, sans excès apporte une vraie sensation Érable torréfié Hardwood stable — un vrai plus pour de vernis, et le pickguard de qualité, et les micros, une entrée de gamme, où tortoise ajoute une touche sans être haut de gamme, avec touche palissandre l’on s’attend souvent à un vintage bienvenue. On restent parfaitement exploi- MICROSOriginal JB Type 2x micros manche plus capricieux. sent que Bacchus a voulu tables en studio comme en Côté ergonomie, Bacchus proposer un instrument live. On peut lui reprocher PRÉAMPLICONTRÔLES Passif reste fidèle à la recette qui simple mais valorisant, un léger manque de pro- volume, 1x tonalité, 2x fonctionne : deux micros qui donne envie de jouer. fondeur dans les graves simple bobinage façon Et c’est exactement ce qui ou une dynamique un peu CONTACTLES PLUSÉTUI https://dimfrance.com Housse JB, un volume par micro, se passe : la basse réagit sage, mais à ce tarif, diffi-cile d’être plus exigeant. torréfié confortable, look Jazz Manche en érable © DR une tonalité générale. bien, reste stable, et nedemande pas de réglages La BJB1 est une basse 82 GuitarRien de superflu, rien dePart interminables pour sonner. honnête, fiable, agréable,qui ne triche pas. Elle ne LES MOINSrapport qualité/prix excellentBass classique très réussi,micros polyvalents, Graves un peu sages
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le paysage des instru-J et Guitars s’est faitune place en untemps record dans Le micro chevalet offre uncrunch rock très exploi-table, tandis que le micro débutants motivés qu’auxguitaristes confirmés cher- ments abordables, et cette manche se montre doux et chant une guitare secon- JJ350 Purple en est une crémeux, parfait pour les daire au caractère affirmé.Jet Guitars continue de Sexy as hell ! nouvelle démonstrationéclatante. Avec son look lignes plus bluesy ou lesarpèges enveloppants. On prouver qu’on peut faire résolument rétro — corps n’est pas dans la haute vol- des instruments acces- offset, pickguard vintage tige, mais dans une polyva- sibles qui ne sonnent pas à souhait, et cette finition lence honnête et musicale. « cheap ». Et cette JJ350Purple en est l’un des meilleurs exemples. ★ ★ ★ ★ÉLECTRONIQUE : ★ Purple aussi improbable La JJ350 Purple brille JOUABILITÉ : 4,5/5 4,5/5 qu’attachante — la gui-tare attire immédiatement aussi par son équilibregénéral. Le corps, en til- Flo S l’œil. Mais la vraie surprise leul, reste léger sans être
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arrive une fois en main !Le manche en érable tor- creux. L’accès aux aigusest confortable, et l’en- réfié, désormais signaturede la marque, change tout. semble inspire confiance.On sent que Jet a com- MANCHE CORPSTECH Sec, stable, confortable, il pris ce que les guitaristes Érable canadien torréfié Tilleul Une config donne à la JJ350 un toucher attendent d’un instrument TOUCHE basique et efficace. bien supérieur à ce que son de cette gamme : du fun, du SILLET Palissandre prix pourrait laisser croire. confort, et un son qui tient CHEVALET Os Le profil en C est acces- la route sans prise de tête. MICROS 2x Humbuckers Fixe sible, la finition satinéeglisse toute seule, et l’en- UNE GUITARE PLAISIR, CONTRÔLEScéramiques semble respire une vraie SANS COMPLEXE 1x Tonalité sélecteur 3 positions 1 Volume maturité. Pour une guitareà ce prix, c’est un luxe rare. La JJ350 Purple n’a pasvocation à rivaliser avec des CONTACTLES PLUSFINITION www.wood4music.comÉTUI Non Purple Côté électronique, Jet optepour une configuration HH modèles premium, mais ellecoche toutes les cases de simple et efficace. Les deux la guitare « plaisir » : look torréfié superbe, look rétro Manche érable humbuckers délivrent unson rond, chaleureux, avec fort, jouabilité immédiate,sonorités polyvalentes, rapport qualité/prix excellentunique et très réussi, suffisamment de mordantpour sortir du mix sans et un tarif qui permet dese faire plaisir sans réflé- LES MOINSmais pas très détaillés, Micros corrects jamais devenir agressifs. chir trop longtemps. Elleconviendra aussi bien aux finition Purple : on adoreou on déteste ! GuitarPart 83
PÉDAGO TUTO GUITAR PART 380 - MAI 2026
CE LOGO INDIQUE LES RUBRIQUES ACCOMPAGNÉESDE VIDÉOS DANS L’APPLICATION GUITAR PART !
L’ÉQUIPE SOMMAIRE
AYMERIC SILVERTBercé par la musique dès Quel numéro de Guitar Part ! Ce mois-ci, on a la chance d’avoir deuxdes plus grands guitaristes de ces quarante dernières années : Pat son plus jeune âge (samère est professeur dear la musique dès METHENY et Eric JOHNSON. Deux univers, deux sons iconiques, etune passion commune pour la perfection musicale. Que vous aimiez musique), il devient viteaccro à la batterie, puis le jazz fusion ou le rock texan au son cristallin ou crémeux à souhait,vous allez être servis ! à la guitare. Premièretournée au Québec à On continue bien sûr notre aventure dans la méthode « Organisezvotre jeu avec le CAGED ». Après les triades majeures et mineuresdes numéros précédents, on aborde ce mois-ci un chapitre clé : la l’âge de 18 ans, il devientprofessionnel à 23 ans.vient pentatonique majeure. Vous allez découvrir comment cette gammeincontournable s’inscrit naturellement dans le système CAGED, et Session man, pédagogue, auteur de la méthode« Organisez votre jeu avec le CAGED », plusieurssion man, pédagogue, auteur de la méthode comment l’utiliser sur tout le manche avec logique et musicalitéOn va bien sûr en profiter pour travailler des phrases et des solos albums en rock progressif, puis sous son nom (« OpenRock »), il devient démonstrateur de grandes marques directement inspirés par le jeu d’Eric JOHNSON. Un régal pour lesoreilles… et pour les doigts ! d’instruments et tourne et joue avec des artistescomme Steve Lukather, Ron Thal (Bumblefoot) Du côté de la technique, on pousse encore plus loin notre explorationdu tapping. Cette fois, on attaque le tapping avancé : plusieurs doigts ou Guthrie Govan… Sa signature principale est lapolyvalence. Aymeric est aussi titulaire d’un C.A. en des deux mains, techniques combinées, arpèges en tapping… De quoiouvrir des portes sonores que vous ne soupçonniez peut-être pas ! musiques actuelles (30 en France). Sa passion estcommunicative et son sens aigu de la pédagogie Et pour les secrets du son, numéro spécial ! En partenariat avecSAVAREZ et leur gamme Hexagonal Explosion pour guitare électrique, vous permettra de progresser vite et bien, car vousintègrerez toutes les notions en les comprenant et en on plonge dans le monde du tirant de cordes et de son impact survotre son. On en profite aussi pour démystifier les trois grandesfamilles de saturation : overdrive, distorsion et fuzz — avec des pédales les jouant. Vous en ferez VOTRE jeu. mythiques, des guitaristes de légende et les styles qui vont avec.Bonne lecture, bonne pratique, et surtout… bon son à tous !!!!! 84 GuitarPart
I. MÉTHODE « ORGANISEZ VOTRE JEU AVEC LE CAGED »
LA PENTATONIQUE MAJEURE
TOUSTOUS
NIVEAUXNIVEAUX
RETROUVEZ LA VIDÉO PÉDAGOGIQUE « LA PENTATONIQUE MAJEURE »
VIA VOTRE APPLI GUITAR PART !
Vous vous souvenez de notre point de départ ? Nous avons commencé par les accords et leurs formes CAGED, puis nous avons vu comment les triades — majeures, puis mineures — venaient se greffer naturellement sur ces formes. Eh bien, aujourd’hui, on franchit une nouvelle étape : la pentatonique majeure ! C’est LE moment que beaucoup d’entre vous attendaient. Car la pentatonique, c’est souvent la première gamme qu’on apprend… et paradoxalement l’une des moins bien comprises ! On la joue, on la monte, on la descend — mais on ne sait pas toujours pourquoi ça fonctionne, ni comment l’utiliser intelligemment sur tout le manche. C’est exactement ce qu’on va régler aujourd’hui !!!!! ATTENTION ! On parle souvent de la gamme pentatonique en sous-entendant la gamme pentatonique mineure… soyez patients, on en parle bientôt. Rappel : le principe de base La pentatonique majeure contient 5 notes (c’est dans le nom !). Pour la construire, c’est simple : on prend la gamme majeure et on supprime le 4e et le 7e degré. Voilà tout. Gamme de Sol majeur : Sol – La – Si – Do – Ré – Mi – Fa# – Sol Pentatonique de Sol majeur : Sol – La – Si – Ré – Mi Je pense que l’approche la plus logique est de penser à l’arpège à 3 sons majeur que nous avons déjà vu et d’y ajouter la seconde et la sixte. Ainsi, vous ne faites qu’ajouter un « calque » sur un schéma que vous maîtrisez déjà. Sol – Si – Ré et on ajoute La et Mi, 5 notes, pas de demi-ton, et pourtant une richesse musicale immense. C’est pour ça qu’elle est universelle : elle fonctionne dans le blues, le rock, le jazz, la country, la pop, la world music… Elle ne sonne jamais « faux ». C’est votre filet de sécurité musical — et votre trampoline expressif ! Astuce : Écoutez cette pentatonique dans votre tête avant de la jouer. Chantez Sol – La – Si – Ré – Mi.Astuce : Écoutez cette pentatonique dans votre tête avant de la jouer. Chantez Sol – La – Si – Ré – Mi. Reconnaissez-vous ce son ? C’est le son de milliers de morceaux que vous connaissez. L’oreille d’abord, toujours !Reconnaissez-vous ce son ? C’est le son de milliers de morceaux que vous connaissez. L’oreille d’abord, toujours ! Le lien fondamental avec le CAGED Voici la vraie nouveauté de notre approche. Dans la plupart des méthodes, on apprend les gammes d’un côté et les accords de l’autre. Chez nous, c’est différent : tout part de la même base. Rappel du principe : le système CAGED divise le manche en 5 zones, chacune centrée sur une forme d’accord (C, A, G, E, D). Vous avez déjà travaillé ces 5 formes avec les accords, puis avec les triades. Maintenant, on ajoute la couche mélodique : la pentatonique majeure se construit autour de ces mêmes formes d’accords, dans les mêmes zones du manche. La règle d’or : là où vous voyez la forme d’accord, vous avez les notes de la pentatonique. C’est ça, la cohérence du CAGED. Vous ne mémorisez pas des gammes abstraites — vous enrichissez des zones du manche que vous connaissez déjà. La pentatonique devient une extension naturelle de votre connaissance des accords. Astuce : Pour chaque position, commencez par jouer l’accord CAGED correspondant. Ensuite seulement, jouez laAstuce : Pour chaque position, commencez par jouer l’accord CAGED correspondant. Ensuite seulement, jouez la pentatonique autour de cet accord. Vous verrez immédiatement le lien — et vous comprendrez pourquoi ça sonne !pentatonique autour de cet accord. Vous verrez immédiatement le lien — et vous comprendrez pourquoi ça sonne ! GuitarPart 85
PÉDAGO TUTO
Les 5 positions sur le manche On travaille en Sol majeur. Les 5 positions de la pentatonique majeure couvrent l’intégralité du manche, de la tête au corps. Travaillez- les dans l’ordre, puis apprenez à les enchaîner. C’est là que votre manche deviendra un territoire que vous maîtrisez vraiment. Position C Position A Sol Majeur penta : G(T) ñ A(2) ñ B(3M) ñ D(5) ñ E(6) Sol Majeur penta : G(T) ñ A(2) ñ B(3M) ñ D(5) ñ E(6) 7 8 9 10 9 10 11 12 e 3M 5 e 5 6
B T 2 B 2 3M
G 5 6 G 6 T
D 2 3M D 3M 5
A 6 T A T 2
E 3M 5 E 5 6
T = Tonique = 3M / 5 = Note T = Tonique = 3M / 5 = Note Position G Position E Sol Majeur penta : G(T) ñ A(2) ñ B(3M) ñ D(5) ñ E(6) Sol Majeur penta : G(T) ñ A(2) ñ B(3M) ñ D(5) ñ E(6) 12 13 14 15 2 3 4 5 e 6 T e T 2
B 3M 5 B 5 6
G T 2 G 2 3M
D 5 6 D 6 T
A 2 3M A 3M 5
E 6 T E T 2
T = Tonique = 3M / 5 = Note T = Tonique = 3M / 5 = Note II. Sous la structure D (frettes 5ñ8)Position D Sol Majeur penta : G(T) ñ A(2) ñ B(3M) ñ D(5) ñ E(6) 4 5 6 7 8 e 2 3M
B 6 T
G 3M 5
D T 2
A 5 6
E 2 3M
T = Tonique = Note Commencez en jouant à partir de la tonique la plus grave du quartier, montez puis descendez toute la gamme pour ensuite remonter jusqu’à cette même tonique. Ainsi, votre oreille entendra la pentatonique majeure et les « calques » se mettront en place naturellement. Astuce : Travaillez chaque position en boucle, lentement, en vous concentrant sur la régularité du son. Chantez les notesAstuce : Travaillez chaque position en boucle, lentement, en vous concentrant sur la régularité du son. Chantez les notes pendant que vous jouez — si vous ne pouvez pas les chanter, vous ne les avez pas vraiment intégrées !pendant que vous jouez — si vous ne pouvez pas les chanter, vous ne les avez pas vraiment intégrées ! 86 GuitarPart
II. APPLICATION
TOUS
NIVEAUX
Maintenant qu’on a nos 5 positions, on va se les mettre sous les doigts !!! Parce que connaître une gamme, c’est bien… mais l’utiliser avec style, c’est mieux ! Ce qui fait la différence entre un guitariste qui « joue des gammes » et un guitariste qui « improvise », c’est la qualité des phrases musicales. On ne monte pas, on ne descend pas mécaniquement : on raconte une histoire, on chante avec les doigts. Mais pour bien faire le lien entre la forme de l’accord, son arpège à 3 sons et sa pentatonique, on va devoir être méthodique et devoir passer par ce passage fastidieux. Commençons par des exercices. 1. Attaquons-nous à la structure C. On joue en tonalité de Ré Majeur mais vous pourrez l’utiliser dans toutes les tonalités en la déplaçant. Le seul réflexe sera d’avoir le T sur la note de l’accord désiré. On plaque l’accord avec un barré, on joue son arpège, puis la pentatonique.
1 D 2 3
el.guit. 32 3 2 3 2 54 2 5 4 2 4 5 5 2 5 5 4 5 6 5 2 4 2 4 3 5 2 5 2 5 3 4 2 4 2 5 2 5 2 5 2 5
2. Sous la structure A.
D 1 2 3 el.guit. 75 57 7 5 4 7 7 7 5 7 7 7 4 5 5 5 4 5 6 4 7 5 7 5 7 5 7 5 5 7 4 7 7 4 7 4 7 5 7 5 7 5 GuitarPart 87
PÉDAGO TUTO
3. Sous la structure G.
D 1 2 3 el.guit. 107 10 7 7 7 109 77 7 7 10 10 10 9 7 9 10 4 5 6 7 10 7 10 7 7 9 7 9 7 10 9 7 9 7 10 7 9 9 7 10 7 10
4. Sous la structure E.
D 1 2 3 el.guit. 1010 1211 12 11 10 10 10 11 1012 12 10 9 12 12 9 10 4 5 6 10 12 10 12 10 12 10 10 12 9 12 9 12 9 11 11 9 12 9 12 9 12 10
5. Sous la structure D.
D 1 2 3 el.guit. 1214 1514 12 11 14 15 14 15 14 11 12 12 14 12 12 4 5 6 12 14 11 14 12 15 12 14 12 15 12 14 11 14 12 14 12 14 12 14 12 14 12 88 GuitarPart La connexion entre les positions Maîtriser 5 positions séparées, c’est un début. Les relier entre elles, c’est là que votre jeu prend une tout autre dimension ! On va travailler des cellules de liaison qui vous permettront de « voyager » sur le manche. Astuce : Pour lier les positions entre elles, repérez les notes communes à deux positions adjacentes. Ces notesAstuce : Pour lier les positions entre elles, repérez les notes communes à deux positions adjacentes. Ces notes de jonction sont vos « passerelles » sur le manche. Il n’y a pas de frontières — le manche est un tout !de jonction sont vos « passerelles » sur le manche. Il n’y a pas de frontières — le manche est un tout ! 6. À partir de cet exercice, nous allons enchainer en boucle la pentatonique majeure sous 2 structures pour commencer à lier nos quartiers. Ici, C et A. D sl. 1 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 2 5 7 5 3 5 7 5 2 4 7 4 2 4 7 4 5 7 5 2 7 5 2 5
7. Puis dans l’autre sens A et C.
D sl. 1 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 5 7 5 2 5 7 5 3 4 7 4 2 4 7 4 2 5 7 5 2 5 2 5 7
8. La même chose sous A et G.
sl. 1 D 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 5 7 5 7 10 7 10 7 4 7 9 7 4 7 9 7 5 7 9 7 10 7 5 7
9. Dans l’autre sens
D sl. 1 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 7 10 7 10 7 5 7 5 7 9 7 4 7 9 7 4 7 9 7 5 10 7 5 7 GuitarPart 89
PÉDAGO TUTO
10. Sous les structures G et E.
1 D 2 3
7 10 12 el.guit. 7 10 7 9 9 7 9 7 10 10 12 10 11 9 12 9 12 9 12 10
11. Dans l’autre sens.
sl.
1 D 2 3
sl. el.guit. 12 9 11 10 12 10 12 10 7 10 7 10 12 9 12 9 9 7 9 7 9 7 10 7
12. Sous les structures E et D. sl.
1 D 2 3
sl. el.guit. 10 12 14 12 15 9 11 10 12 12 10 12 9 12 9 12 14 11 14 12 14 12 14 12
13. Dans l’autre sens.
sl.
1 D 2 3
sl. el.guit. 12 14 11 14 12 15 12 14 12 10 12 10 11 9 12 9 12 9 12 10 12 9 12 9
14. Sous les structures D et C pour finir la boucle.
sl. 1 D 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 12 15 12 14 17 14 12 14 11 14 17 15 16 14 16 14 17 14 17 14 12 14 12 14 90 GuitarPart
TOUSTOUS
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15. Dans l’autre sens. Logiquement, à ce stade, vous êtes capables de jouer directement un accord majeur, son arpège à 3 sons ou sa pentatonique majeure dans n’importe quel quartier du manche et, en plus, vous commencez à lier ces structures pour ne pas être prisonniers d’une position. Vous allez avoir une vue beaucoup plus globale de votre manche de guitare. Pensez à revoir les anciens numéros pour bien synthétiser tout ça. sl. 1 D 2 3 sl. el.guit. 14 17 14 12 15 17 15 12 14 16 14 11 14 16 14 12 17 14 12 12 14 14 12 14 16. Vous êtes maintenant prêts pour le grand final… on va enchainer toutes les positions. sl. 1 2 3 sl. sl. sl. el.guit. 3 5 2 5 7 5 7 5 2 4 7 4 2 4 7 4 5 7 5 7 7 5 7 10 D sl. 4 5 6 sl. sl. sl. 7 10 12 10 7 10 12 10 7 9 11 9 7 9 12 9 9 12 9 12 12 10 12 14 sl. 7 8 9 sl. 12 14 17 14 12 15 17 15 11 14 16 14 12 14 16 14 14 17 14 14 17 17 14 17 GuitarPart 91
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III. ERIC JOHNSON
NIVEAU
AVANCÉ
Une guitare, un univers, une passion : la recherche du son parfait et une technique totalement au service de la musique. Eric Johnson est un des guitaristes les plus influents de ces quarante dernières années. Ce mois-ci, on s’en inspire directement ! Eric Johnson — Le perfectionniste du son Cet Américain d’Austin, Texas, est littéralement obsédé par le son au point de choisir ses piles 9V en fonction de leur impact sur le son de ses pédales !!! (Voilà ce qu’on appelle une vraie démarche sonore…) Son jeu est d’une pureté cristalline : des notes qui chantent, un vibrato parfaitement dosé, et une technique irréprochable. Chaque note est articulée, pesée, placée exactement où elle doit être. Eric Johnson est aussi un grand utilisateur de la pentatonique majeure dans le contexte rock/blues fusionné. Il illustre parfaitement comment cette gamme « simple » peut devenir un outil d’expression très sophistiqué entre de bonnes mains. Astuce : ÉcoutezAstuce : Écoutez Cliffs Of DoverCliffs Of Dover — la pièce signature d’Eric Johnson. Observez comment il articule chaque note,— la pièce signature d’Eric Johnson. Observez comment il articule chaque note, comment son alternate picking est d’une précision chirurgicale, et surtout… comment son son (une Strat branchée surcomment son alternate picking est d’une précision chirurgicale, et surtout… comment son son (une Strat branchée sur un Marshall Plexi) est au service de chaque phrase.un Marshall Plexi) est au service de chaque phrase.
1. Phrase à la Eric Johnson.
1 2 3 full full el.guit. 12 10 7 12 10 10 15 12 12 10 12 12 11 12 10 8 9 10 15 12 15 13 12 14 14 7 10 9 9 11 4 5 6 full AH (14) 8 10 9 12 15 12 15 7 9 7 9 9 14 7 9 5 7 9 <21> 12 14 7 0
2. Montée arpèges typiques
A Cm D Edim E Fm E/G Gdim A 1 2 el.guit. 6 5 7 7 9 9 10 12 12 14 7 9 10 11 14 12 14 5 7 4 6 5 7 6 7 8 9 11 11 12 92 GuitarPart
© DR
3. Voicings à la Eric Johnson sur un Em. Ici, Eric « éclate » les accords et ajoute des couleurs avec une septième, une seconde, une quarte… Em 1 2 3 17 15 el.guit. 15 12 15 12 10 7 16 12 9 7 4 14 14 12 10 7 4 5 6 14 12 15 10 12 8 11 11 9 4 12 14 14 10 7 GuitarPart 93
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IV. TAPPING AVANCÉ :
DEUX MAINS, MULTI-DOIGTS
On continue notre exploration du tapping, et cette fois… on passe au niveau supérieur !!! Deux mains sur le manche, plusieurs doigts qui tapent simultanément — bienvenue dans le monde du tapping avancé ! Cette technique permet de créer des lignes mélodiques et harmoniques qui seraient tout simplement impossibles à jouer autrement. Eddie Van Halen a ouvert la porte avec un seul doigt. Stanley Jordan a montré qu’on pouvait jouer à deux mains complètes. Entre les deux, il y a tout un univers à explorer ! Le principe Dans nos précédents numéros, nous avons travaillé le tapping classique : un doigt de la main droite qui tape sur le manche pendant que la main gauche gère les autres notes. Cette fois, on implique 2, 3 voire 4 doigts de la main droite pour créer des intervalles, des arpèges et des lignes impossibles autrement. Astuce : Avant de vous lancer dans ces exercices avancés, assurez-vous que votre tapping de base (un doigt) est parfaitement propre et régulier. Un exercice simple joué net vaut toujours mieux qu’un exercice compliqué joué brouillon. La clarté sonore est votre priorité absolue ! Le tapping à plusieurs doigts On commence par impliquer 2 doigts de la main droite (index et majeur), puis on ajoutera l’annulaire. Chaque doigt de la main droite doit avoir une attaque franche et propre — travaillez lentement au début, la vélocité viendra naturellement. 1. Technique utilisée par Joe SATRIANI, on va faire entendre une harmonie avec une cascade de notes. = 120 A7 1 2 el.guit. 14 14 12 12 10 10 8 8 14 12 9 5 7 14 5 7 5 7 12 11 11 9 5 7 5 7 5 7 5 7 5 7
2. Cette fois, on tape 2 doigts de la main droite en même temps.
= 84 Dm C B 1 2 3 el.guit. 1010 1010 1010 1010 1010 1010 1010 98 76 76 76 76 5 5 5 5 5 5 3 3 3 3 3 3 1 1 1 1 1 1 94 GuitarPart
NIVEAU
AVANCÉ
A 4 5 6 5 5 5 5 10 10 10 10 11 11 13 13 7 7 6 6 10 10 10 10 12 12 14 14 5 5 5 5 5 5 3 3 3 3 3 3 5 5 5 5 5 5 7 8 5 5 5 5 6 6 6 6 5 7 5 7 7 7 6 6 1 1 1 1 1 1 5 5 5 5 5 5
3. Et maintenant, une phrase qui utilise tous les doigts des 2 mains.
Cm P P P P P 1 P P P P P sl. 2 sl. P P P P P sl. P P P P P sl. el.guit. 5 7 8 12 13 15 13 12 8 7 5 4 5 3 5 6 10 11 13 11 10 6 5 3 2 3 P P P P
P P P P P
3 P P P 4 5
P P P P P P P P P P P P
17 15 13 17 10 17 8 17 7 17 5 4 5 (5) 3 10 5 11 6 13 8 15 10 17 11 18 GuitarPart 95
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V. LES SECRETS DU « SON »
À LA GUITARE
Ce mois-ci, on aborde un sujet qui passionne (et parfois divise !) les guitaristes : l’impact du tirant de cordes sur votre son ! Et on a la chance de traiter ce sujet en partenariat avec SAVAREZ, la maison française de référence en matière de cordes, avec leur gamme dédiée à la guitare électrique : les Hexagonal Explosion. C’est quoi un tirant ? Le tirant (ou gauge en anglais) correspond à l’épaisseur des cordes, mesurée en millièmes de pouce. Les tirants les plus courants pour la petite corde vont du .008 (très légères) au .013 (très lourdes), avec toute une gamme entre les deux. Un jeu de cordes est généralement désigné par le calibre de la corde la plus fine (la première corde). Ainsi, un « .010 » est un jeu dont la première corde mesure 0,010 pouce de diamètre. L’impact sur le son des cordes lourdes (tirant élevé) donne : Un son plus chaud et plus plein dans les graves, davantage de sustain, plus de dynamique — votre attaque est directement amplifiée par la tension de la corde. Des cordes légères donnent : Un son plus brillant, plus de facilité de jeu (bends, vibrato plus souples), moins de sustain mais une réactivité accrue. Les références Jimi Hendrix jouait en .010, tout comme Eric Clapton dans certaines périodes. Stevie Ray Vaughan utilisait du .013 sur une Strat accordée un demi-ton en dessous — un son monumental, mais des mains d’acier en prime !!! Eric Johnson — notre homme du mois — tourne autour du .010-.011 pour conserver ce sustain signature tout en gardant la souplesse nécessaire à ses bends expressifs. Pat Metheny utilise des cordes plates (flatwound) sur ses guitares jazz pour ce son chaud et velouté si caractéristique. Astuce : Essayez un tirant que vous n’avez jamais testé ! Si vous jouez habituellement en .009, montez en .010 pendant un mois et observez l’impact sur votre son et votre jeu. Changez un seul paramètre à la fois — si vous changez les cordes ET l’ampli EN MÊME TEMPS, vous ne saurez jamais ce qui a changé votre son… Mon conseil Commencez par le .010 si vous jouez électrique avec un style équilibré — c’est le tirant le plus universel, celui qui vous donnera le plus de polyvalence. Si vous faites beaucoup de bends et de vibrato (rock, blues, lead), le .009 peut être votre meilleur allié. Si vous cherchez du grain, de la chaleur, et que vos mains sont prêtes : montez en .011 ou .012. Dans tous les cas, changez vos cordes régulièrement — des cordes mortes, c’est un son mort !!! Overdrive, Distorsion, Fuzz — Quelle pédale pour quel son ? Le tirant de vos cordes interagit directement avec vos pédales d’effet. Et puisqu’on parle de son, profitons-en pour démystifier les trois grandes familles de saturation en pédale — avec des exemples concrets, des noms, et des références à écouter !
L’OVERDRIVE
L’overdrive simule la saturation naturelle d’un ampli à lampes poussé à fond. Le son reste « organique », dynamique, totalement réactif à votre toucher. Si vous jouez doucement, ça sonne propre. Si vous attaquez fort, ça grogne. C’est la saturation la plus expressive, celle qui vous « parle ». 96 GuitarPart Les pédales incontournables : • Ibanez Tube Screamer TS808 / TS9 → La référence absolue. Son médium chaud et sa légère compression en ont fait la pédale de blues la plus copiée au monde. Stevie Ray Vaughan l’empilait avec un Dumble pour son son légendaire. Eric Johnson (notre homme du mois !) en est un utilisateur fervent — il considère la TS808 comme une extension naturelle de son ampli. Styles : blues, blues rock, rock classique. • Klon Centaur (et ses clones : KTR, Tumnus…) → La pédale la plus mythique et la plus chère du marché de l’occasion ! Son boost transparent et sa légère saturation mid-forward ont séduit John Mayer, Joe Bonamassa ou encore Jeff Beck. Styles : blues contemporain, rock texan, pop-rock. • Boss Blues Driver BD-2 → Le rapport qualité/prix imbattable. Kurt Cobain l’utilisait à fond pour le son de Nirvana en concert, Weezer en a fait un outil de travail. Styles : rock alternatif, indie, pop-rock. • Fulltone OCD → Un overdrive chaud et musical, très apprécié des guitaristes de session. Robben Ford et Larry Carlton ont été vus avec cette pédale sur leurs boards. Styles : jazz-blues, fusion, rock.
LA DISTORSION
La distorsion est plus agressive. Elle « écrase » le signal de façon prononcée et constante — le son reste saturé quelle que soit votre force d’attaque. C’est l’outil du metal, du hard rock, du grunge, du punk. Les pédales incontournables : • Boss DS-1 → La pédale distorsion la plus vendue de l’histoire, et pour cause ! Kurt Cobain en avait plusieurs sur son board. Steve Vai et Joe Satriani l’ont utilisée en début de carrière. Styles : grunge, punk, hard rock, metal. • ProCo RAT → Un son plus complexe et harmoniquement riche que la DS-1. Jeff Beck, Dave Grohl (Foo Fighters) et Thom Yorke (Radiohead) sont de grands utilisateurs. Styles : rock alternatif, grunge, post-rock. Ce numéro est réalisé en partenariat avec les cordes SAVAREZ Hexagonal Explosion pour guitare électrique. Savarez est une entreprise française fondée en 1770, spécialisée dans la fabrication de cordes pour instruments de musique, notamment pour guitares classiques, électriques et basses. Re- connue mondialement pour la qualité et l’inno- vation de ses produits, Savarez équipe de nom- breux musiciens professionnels et amateurs à travers le monde. GuitarPart 97
PÉDAGO TUTO
Ce numéro est réalisé en partenariat avec les cordes SAVAREZ Hexagonal Explosion pour guitare électrique. • MXR Distortion+ → Le son hard rock des années 70-80. Randy Rhoads (Ozzy Osbourne) en a fait sa signature sonore sur des classiques comme Crazy Train. Mick Mars (Mötley Crüe) l’affectionne également. Styles : hard rock, heavy metal classique. • Mesa Boogie Throttle Box / Rectifier Recording Preamp → Le son metal américain moderne par excellence. Très apprécié des guitaristes de metal progressif, comme John Petrucci (Dream Theater). Styles : metal, metal progressif, djent.
LE FUZZ
Le fuzz est la saturation la plus extrême et la plus vintage. Il crée une distorsion velue, parfois instable, très colorée — un caractère presque « cassé » qui ne ressemble à rien d’autre. C’est la saturation la plus organique et la plus imprévisible. Les pédales incontournables : • Dallas Arbiter Fuzz Face (et ses rééditions Dunlop) → LA pédale de Jimi Hendrix. Sur Purple Haze, Voodoo Child (Slight Return), Foxey Lady… ce son énorme et velours vient de là. David Gilmour (Pink Floyd) en a aussi été un grand utilisateur sur les premiers albums. Styles : rock psychédélique, blues-rock, rock 60’s-70’s. • Electro-Harmonix Big Muff Pi → Le fuzz le plus polyvalent. David Gilmour (sur Comfortably Numb !), Billy Corgan (Smashing Pumpkins) sur Siamese Dream, Jack White ou encore J Mascis (Dinosaur Jr.) en ont tous fait leur son signature. Styles : grunge, shoegaze, stoner, rock alternatif. • Tone Bender (Sola Sound) → Le fuzz britannique par excellence. Jimmy Page (Led Zeppelin) et Jeff Beck ont contribué à sa légende dès la fin des années 60. Styles : blues rock britannique, hard rock des origines. Astuce : Règle d’or : si vous cherchez à conserver votre dynamique de jeu, choisissez un overdrive. Si vous voulez un mur de son constant, choisissez une distorsion. Si vous voulez de la personnalité et du caractère vintage unique, essayez le fuzz ! Et dans tous les cas : commencez toujours par avoir un bon son propre avant d’ajouter de la saturation. Une bonne saturation embellit un bon son — elle ne peut pas en créer un. 98 GuitarPart Gina Gleason joue sur la
TELECASTER®
AMERICAN
ULTRA
LUXE
II 75e
ANNIVERSAIRE
en finition Liquid Gold. Celle qui a tout déclenché. S’il n’en fallait qu’une. ©2026 Fender Musical Instruments Corporation. Tous Droits Réservés.